Comme mes deux plans de sortie sont tombés à l'eau, je poste un "petit chapitre bonus"
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House était rentré directement chez lui. Heureusement, aucun cas ne remonta jusqu'à son service en cette fin de journée.
Assis devant son piano, il effleura les touches sans appuyer, faisant défiler la mélodie dans sa tête. Il inspira et souffla pour évacuer le trop plein de pression. Il avança la main à côté de la partition, s'empara du verre de bourbon et le porta à ses lèvres. Il se délecta du liquide amer coulant dans sa gorge. Il reposa le verre et, à côté, trouva le tube orange.
Plusieurs sentiments s'emparaient de lui à présent: De la colère contre une décision médicale qui avait fait de lui un infirme. Du regret aussi de savoir que quelqu'un aurait pu le diagnostiquer. A cet instant, il ne savait pas s'il détestait Cuddy ou s'il lui avait pardonnée. Il ne s'était jamais réellement penché sur cette question. Il l'avait détesté, ça c'était sûr. Mais aujourd'hui? Il pensa finalement que Cuddy avait fait ce qui lui semblait le mieux pour lui, son patient ; jamais elle n'avait voulu le rendre misérable. House avait joué toutes ces années sur la culpabilité de celle qui était devenue sa patronne mais jamais il n'avait pris en compte qu'elle pouvait elle-même souffrir de cette situation, des séquelles dont elle était seule responsable.
Mais plus que ces interrogations sur sa vie passée, House n'arriva pas à comprendre la boule qui lui enserrait le ventre en pensant à Marie.
Marie...
Elle lui était tombé dessus sans qu'il eut le temps de se protéger. Elle était tellement imprévisible.
Marie...
Les notes défilèrent finalement sous ses doigts. Des images de la jeune femme se matérialisèrent derrière ses paupières closes. Lorsqu'elle était concentrée, lorsqu'elle essayait de rester imperturbable face à ses remarques. Et puis ce regard. House arriva à se rappeler les moindres détails du vert clair de ses yeux. Il sentit les battement de son coeur s'accélérer à mesure qu'il se rappelait avec exactitude la forme de son visage et ce grain de beauté, qu'il voulut soudainement touché. Il s'enivrait de la musique, une musique qu'il jouait de tout son être. Il jouait pour elle.
Il s'accorda ainsi plusieurs minutes avant d'émerger de cette trance. Il saissa de jouer, soupira les yeux baissés sur les touches noires et blanches. Il remarqua que ces mains tremblaient.
Non, cela ne doit plus m'arriver. Je ne pourrais plus revivre ça. J'ai trop souffert.
Il se rendit compte à cet instant que Stacy n'était plus l'objet de ses tourments. Il fallait qu'il mette fin à cela, quelque soit le nom que l'on pourrait donner à cette attirance pour la jeune médecin. Il ne devait plus se laisser avoir. Il fallait mettre la jeune femme à la faute pour l'éloigner de lui.
Il ne trouva le sommeil que très tard cette nuit là.
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En sortant de l'hôpital, Marie entreprit de s'occuper de meubler son logement. Matelas, drap, couverture, vaisselle : elle trouva tout grâce à Jake, le manutentionnaire qui connaissait de nombreux dépôts. Elle compléta sa moisson avec une armoire branlante. C'était un jour où tout lui souriait, il fallait qu'elle en profite.
Mais lorsqu'elle fut seule, assise sur son matelas à même le sol, elle sentit soudain la détresse s'emparer d'elle. Elle pleura de longues minutes, la tête dans les bras. Elle n'avait pas pleuré depuis son agression. Après de multiples tentatives infructueuse pour se calmer, Marie se laissa aller. Enfin, les pleurs cessèrent peu à peu et elle se sentit apaisée.
Marie regarda autour d'elle: un réchaud de camping en guise de cuisine, une bassine en plastique et un pommeau de douche pour toute salle de bain. Et surtout, elle était seule même si elle pouvait compter sur ses nouveaux compagnons de galère. Le silence qui régnait dans la pièce pesa sur la jeune femme. Et pour couronner le tout, elle avait son futur entre les mains d'un médecin complètement fou. Ses pensées s'attardèrent sur cet homme.
Il était unique, c'était le moins que l'on puisse dire. Il pouvait se montrer ignoble, méchant parfois mais cela ne suffisait pas à le définir, pensa Marie. Il avait un côté terriblement drôle avec ses réactions infantiles. Cet homme cachait quelque chose qui ne voulait pas dévoiler. Tout comme elle. Elle convenait aussi qu'il était terriblement séduisant. Son style négligé collait parfaitement à sa personnalité. Sa barbe et ses cheveux poivre et sel lui donnaient un air bourru, inaccessible et cela le rendait finalement attirant. Marie ne pu s'empêcher de se voir lui enlevant sa chemise froissée puis son tee-shirt. Elle imaginait très bien ce que pouvait être son torse mis ainsi à nu. Elle avait encore en mémoire les regards qu'il lui lançait : elle pouvait maintenant lire à livre ouvert dans ses yeux. Elle sourit en se mordant la lèvre.
Finalement, la jeune femme se leva et ouvrit la glacière électrique qui faisait office de frigo. Elle sortit un pack entier de bière. Elle les bu toutes, bien plus qu'elle ne pouvait en supporter sans tomber dans l'ivresse. Elle s'éffondra toute habillée, l'esprit embué. Elle n'était plus seule : il était là, la fixant de ses beaux yeux bleus, un rictus aux lèvres.
