Note : Et HOP ! Les productions Ya et Wa sont fières de vous présenter le chapitre 11, avec joie et satisfaction ! Comme je l'avais dit la fois précédente, ce chapitre est mon préféré, bien qu'il ne soit pas le plus important au niveau de la compréhension de l'histoire. En effet, je compte vous réserver une belle surprise pour le chapitre 12, avec pleins d'éclaircissements ! Mais vous verrez en temps venu...
Passons aux remerciements : Nuity, Rin-BlackRabbit, Flower-Power1511, et Milou-sarcastic-yaoiste sont des lectrices merveilleuses. Merci à vous de suivre cette histoire, je tiens toujours compte de vos avis ! La preuve, j'ai même ajouté un poll sur mon profil. :D
Merci aussi à ceux qui lisent cette histoire en toute discrétion...
Je vous fais à tous pleins de bisous, Bonne lecture !
Note 2 : Je rappelle que Wa à fait une bêta-lecture, mais quelques fautes sont volontaires, vu qu'il s'agit d'un journal.
Crédit : Les personnages de Kingdom Hearts ne sont pas à moi, mais aux Studios Square Enix et Disney.
Tu colores mon âme.
11. Les Lignes de Miel.
Le 17 décembre de cette année.
Oh, si tu savais. Oui. Mais actuellement, tu ne sais rien, alors je vais écrire. J'ai le sourire aux lèvres, les membres qui tressautent chaque minute, je ne tiens pas en place. Comment pourrais-je… ?
Mais avant ça, laisse-moi te raconter.
Hier. Ouais, sûrement hier, j'étais au supermarché. Je l'ai noté, c'est inscrit entre tes pages. Hier, nous étions deux. Lui, et moi. Il m'a tué de l'intérieur, cet Ange. Il m'a rué de coups avec un regard, il m'a paralysé entre ses lèvres, comme à chaque fois que je le vois. J'étais foutu. Un légume violet, une connerie visqueuse et flasque qui trainait à ses pieds, et qu'il a écrasé sous son talon. Une vermine. Un nuisible.
Alors j'ai déraillé.
Et ça m'a fait du bien.
J'ai gueulé, oh ça, tout le monde m'a entendu. Plus jamais je ne remettrais les pieds dans ce market à esquimaux made in climatisation. Jamais. Après avoir bu ses paroles, lorsque le son de sa voix eut suffisamment imbibé ma chair, j'ai déchiré mon pull. Comme une bête enragée, avec les ongles, écartant le tissu, déliant chaque maille dans un craquement céleste, foudroyant les conventions sociales qui vous invitent gentiment à ne pas vous déshabiller en public.
Mais, hé. Qui parlait de se déshabiller ?
Se déshabiller, c'est volontaire. C'est un verbe, une action définie. Se rendre libre, cracher sur des fringues qui vous semblent une prison, déchainer sa fureur la plus animale sur une masse de laine en haïssant son être, devenir dingue à cause d'une couleur, même de par la simple évocation de cette teinte ignominieuse que je ne perçois même plus…
Honnêtement, moi j'appelle pas ça « se déshabiller ».
Je me souviens même de chacune de ses paroles. C'était comme une transe, une délivrance hideuse, un combat entre mon être actuel et la conscience fragile dont je m'étais enrobé.
J'étais comme un bonbon à la violette, mais avec un sympathique goût de moisi, en somme.
« Le violet est une couleur à double tranchant : Il n'y a pas de demi-mesure psychologique la concernant. Derrière son allure électrique, le violet est la couleur de la douceur et du rêve. On la raccroche aussi à la mélancolie et à la solitude. »
« Et toi, tu me rends triste. »
Douceur, rêve, mélancolie, et plus que tout, solitude. Je me souviens de son air déçu, de ce visage-là. Je le rendais triste ? Non. J'étais triste. Il l'a vu. Oh, ce mec me trouble, on le saura. Il a lu en moi. Et ça m'a fait peur.
Quand j'eus calmé mon accès de colère, il n'avait pas bougé. Déjà, les employés du supermarché se ruaient sur moi avec leurs têtes de molosses baveux, plusieurs clients terrorisés ayant couiné à l'aide dans tous les interphones du magasin. Vulnérable, à demi-nu mais le regard brillant, je l'ai toisé, mon Ange. Et tandis qu'on m'attachait les bras dans le dos avec brusquerie, je n'ai pas cessé de plonger mes yeux dans les siens. J'étais presque heureux. Son sourire triste avait disparu et une certaine fierté perçait dans ses prunelles lumineuses, comme s'il avait attendu ça. Comme s'il avait voulu me mettre hors de moi, le fourbe.
Je ne disais rien, maitrisé, mais pas vaincu. Quand un des vigiles s'est approché de lui, avec cette nonchalance pleine d'assurance, ce menton volontaire, le surplombant avec indifférence et courtoisie, j'ai bien cru que j'allais lui retailler les burnes avec un couteau à beurre.
- Ce fou furieux ne vous a rien fait, jeune homme ? qu'il a marmonné.
Et lui, une main dans ses cheveux en désordre, toujours cette sublime ébauche de sourire peinte sur la figure, il a répondu, avec douceur :
- Non, monsieur. Je suppose que son pull ne lui plaisait plus. On n'est pas toujours content de ses achats, vous savez ?
Puis il m'a rendu mon regard, en miroir, avant de saisir son cabas et d'esquiver le représentant de l'ordre. En passant, il m'a frôlé, et j'ai pu sentir son odeur. Une fragrance légère, à demie-marquée, comme portée de la veille : un mélange entêtant de miel et de gel pour cheveux, masqué sous un parfum d'amande. Peut-être un reliquat de déodorant, qui sait ?
Je devais avoir une tête bien trop rêveuse pour ma situation, car je me suis vu gratifié d'un sec coup dans les côtes une fois « le jeune homme » disparu en direction de la caisse. A ce moment, je n'ai même pas senti mes bras ankylosés, ni les mains puissantes et fermes qui m'enserraient les poignets. Il y avait juste cette odeur posée sur moi comme un voile, et la grosse voix du mec derrière moi qui hurlait en me bourrinant les talons.
- On l'emmène au poste le plus proche. Ce type a de sérieux problèmes.
Actuellement, c'est-à-dire à l'instant où j'écris, je ne suis plus au poste de police, bien sûr.
Cependant, on peut dire que j'y ai largement passé la nuit du 16. Interrogatoire revêche et consternation devant les papiers d'identité périmés qui trainaient au fond de mon pantalon, inspection sanitaire passée de justesse, (la faute aux cheveux et à mes guenilles sales, fichtre) , inquiétude quant au fait que je sois chômeur sans être SDF, rapide auscultation d'un médecin fatigué. Celui-ci, la voix grinçante et l'air suspicieux, m'a d'abord traité comme un enfant en pleine crise de folie.
- Alors ? Pourquoi on a enlevé son pull-over, hein ? Tu peux me l'expliquer ?
Devant ma face d'homme vingtenaire blasé, il a préféré oublier son ton mielleux, optant pour un élégant :
- Bon. Monsieur. Il faudrait que vous nous expliquiez la cause de votre coup de sang. Ensuite, nous passerons à l'auscultation complète. Entendu ?
J'ai acquiescé sans conviction, prétextant une pseudo-crise d'épilepsie partielle. Les médecins nous font bien dire ce qu'ils veulent, après tout. Tout ce que je voulais à ce moment, c'était rentrer chez moi et me coucher.
En rêvant de pouvoir le revoir, ce type, et lui demander, encore :
« T'es le type du Kebab, hein ? »
Le toubib me tourne autour, peu convaincu, puis baille. Il soulève mes bras, observe avec suspicion mon torse dénué de toute masse graisseuse, détaille de ses yeux morts les larmes encrées sous mes paupières. Il scrute mes jambes, mes pieds, vérifie si j'ai pas d'infection clandestine, me force à ouvrir la bouche comme un poisson béat, tripote mes dents pendant un temps interminable. C'est presque dire si j'ai pas envie de lui bouffer la main. Puis, après une heure d'examen physique et mental passé –étrangement- haut la main, il s'apprête à me relâcher.
- Une seconde, Monsieur.
- Hum ?
- Vous n'avez pas de problèmes de vue ?
Mon estomac semble apprécier les sauts dans le vide, ces derniers temps. La gorge serrée, le dos droit, j'enfile le t-shirt de fortune qu'il m'offre machinalement.
- Non. Je réponds, et c'est une voix lointaine qui parle, une voix trop polie pour être la mienne.
- Très bien.
Et c'est tout. J'expire bruyamment et passe la porte du cabinet policier, négligeant les agents qui s'affairent de part et d'autres, comme des fourmis.
Mine de rien, c'est loin, le poste de police. Fauché, j'ai dû marcher jusqu'à mon appart' et quand je suis arrivé, il faisait nuit. Une nuit noire pour mes yeux, mais bleue pour le cœur.
J'étais bien.
J'ai tourné la clé dans la serrure, en sueur, sans N. XIII, sans miroir qui parle, sans ce sentiment de brûlure permanent qui me tenaillait le ventre depuis des jours. Mon loft est froid et vide, seulement comblé par les saccades de ma respiration trop rapide. Je ferme les yeux.
Puis doucement, à pas de loup, je me faufile jusqu'à la salle de bain et me lave. Le savon glisse sur mon corps, l'odeur apaisante de la cannelle –maman ?- m'enivre jusqu'à ce que mon esprit en meure, l'eau froide n'entame même pas mon bien être naissant. Je regarde les serpents sinueux de l'eau se lover contre mes jambes, j'essaie de saisir le liquide entre mes mains.
C'est en sortant de la douche, trempé des pieds à la tête, torché aux épices et un sourire flottant sur la face, que j'ai remarqué quelque chose. Un petit truc blanc qui dépassait de mon pantalon posé à terre. Je me suis accroupi, j'ai tâté la chose, l'ai faite passer devant mes yeux, histoire d'être sûr.
Oh, si tu savais comme j'ai souris.
En vérité, ce n'était qu'une vulgaire liste de course, raturée par endroit, froissée et fine. Cependant, lorsqu'on la regardait bien, il y avait quelque chose, au dos. Une écriture, penchée, à la typographie élégante et serrée. Un mot tracé qu'IL avait dû glisser dans mes poches, à l'intérieur du magasin. Un mot à mon attention.
« A l'homme roux et violet, espion des restaurants, aveugle aux yeux verts.
Passes me voir, je tiens un atelier. Midi, le dix-huit.
Roxas. »
Le tout suivit d'une adresse.
Maintenant, tu sais pourquoi je tremble. Après avoir lu ce mot, je n'ai même pas pris la peine de me rhabiller. Abandonnant lâchement ma serviette, j'ai couru dans le couloir, à la fois perplexe et mièvre, imaginant mille possibilités, mille questions à lui poser.
Il est tard, à présent. Je rédige une dernière ligne, pour la forme, avant d'aller réclamer une berceuse à Morphée. Un vrai gamin.
Parce que je sais au fond que, grâce à ces trois lignes, je le reverrais demain.
Taaa-da. Vers la fin, on jurerait du fluff. (C'est pour Rin-chan). Dans tous les cas, j'espère que vous avez aimé ce chapitre autant que moi, et que vous êtes prêts pour la suite des événements ! Parce que oui, on se retrouve à un point de l'histoire où je n'ai plus que des idées, avec aucun chapitre d'avance. Même pas peur.
Je vous jure que le chapitre 12 va clarifier les éléments, j'ai été très heureuse de voir que Roxas vous intriguait ! Pour finir, avez vous remarqué que les chapitres étaient de plus en plus longs ? Mes efforts et vos encouragements portent leurs fruits ! Avec les vacances, je ne sais pas si je pourrais vous offrir le prochain chapitre à temps... Mais j'essayerais. Promis. Pleins de bisous à vous et merci ! Bon courage si vous passez vos examens, aussi.
Ya.
