Oliver
Je ne comprends pas, ça fais trois jours que Félicity travaille ici et je ne l'ai pas croisée une seule fois à l'entreprise. Bon il faut dire que j'ai été très occupé, entre les réunions, mes dossiers, les clients à gérer, les devis à valider, je n'ai pas vraiment eu de temps pour moi. Je descends donc à l'étage inférieur dans l'espoir de la voir, elle me manque terriblement, elle est près de moi mais je n'en ai pas l'impression. J'ai tenté de l'appeler mais elle n'a pas pris la peine de me répondre, je lui ai envoyé des mails, aucune réponse non plus. J'aimerai discuter avec elle pour lui dire combien je suis désolé d'avoir réagi ainsi, d'avoir été un tel crétin. Je pousse les portes de la salle de la recherche et du développement, je souris m'attendant à voir sa belle chevelure blonde mais, en entrant je m'aperçois rapidement qu'il n'y a que Curtis et Cisco, je suis de suite très déçu et je me pose un million de question. J'espère qu'elle n'a pas pris la fuite, qu'elle n'est pas repartie parce que je serai capable de prendre mon jet et d'aller la rejoindre, de lui montrer par a+b, qu'elle est plus utile ici qu'en Europe.
- (Curtis) Monsieur Queen, vous cherchez quelqu'un ?
- Euh... Oui mademoiselle Smoak.
- Elle n'est pas ici...
- (Cisco) En fait, elle ne travaille pas ici... Enfin avec nous !
Je sens mes jambes faiblir lorsque j'entends Cisco dire qu'elle ne travaille pas là, mais où est-elle alors ?
- Où est-elle alors ?
- (Curtis) Elle travaille depuis chez elle, elle n'est passée qu'une fois hier pour récupérer des informations. On pensait que vous étiez au courant, elle nous a dit qu'elle avait vu cela avec vous.
- (Cisco) A voir votre tête vous n'en saviez rien.
Je leur lance un regard noir, pousse un soupir d'exaspération et sors en trombe de la salle, je décroche mon téléphone et demande à Dig de m'attendre en bas. Lorsque je monte dans la voiture et que je donne l'adresse de destination à Dig ma colère n'a pas diminuée. Je n'arrive pas à croire qu'elle me prenne pour un imbécile.
- Au risque de me faire engueuler, je peux savoir pourquoi nous allons chez Félicity ? Elle n'est pas supposée travailler à l'heure qu'il est ?
- Apparemment elle a prit des dispositions sans m'en informer. Je vais lui remettre les idées en place de suite.
- Ne sois pas trop dure avec elle Oliver... N'oublie pas qu'elle n'est pas venue ici de son plein gré, tu l'as en quelque sorte forcé... Je la comprends tu sais.
Je ne réponds, je sais que Dig à raison, mais c'est plus fort que moi, je suis tellement attiré par elle que j'en viens à faire n'importe quoi.
Je sors dès que la voiture s'arrête, je remonte l'allée de bitume et vais sonner à la porte. J'attends cinq minutes mais personne ne daigne ouvrir, je contourne la maison par le jardin, tout est très bien entretenu, c'est bluffant, ça fait trois ans que la maison est inhabitée mais on dirait que quelqu'un y vit, le gazon est propre, de même que les peintures et les vitres. Félicity doit dépenser une fortune tout les mois pour l'entretien de la maison, même les rosiers sont taillés. Je regarde discrètement par la baie vitrée, on dirait qu'il n'y a personne. Je repars sur l'avant, lorsque j'arrive devant la porte d'entrée je me retrouve face à une dame d'une soixantaine d'année.
- Vous cherchez quelque chose monsieur ?
- Félicity Smoak.
- Félicity ? Ça fait trois ans que je n'ai pas entendu ce prénom... Félicity ne vit plus ici depuis longtemps monsieur.
- Elle est revenue il y a trois jours, mon chauffeur l'a déposé devant cette maison avant de partir...
- Monsieur, je ne sais pas qui votre chauffeur à déposé ici mais je peux vous assurer que ce n'est pas Félicity... Après le drame qu'a connu cette fille, elle n'a plus jamais remis les pieds dans cette maison. Et honnêtement je pense qu'elle ne reviendra pas, c'est au dessus de ses forces.
Je sors mon téléphone de ma poche et affiche la photo de Félicity dessus, je tourne l'écran vers la dame qui semble être sa voisine. Lorsqu'elle voit la photo elle porte ses mains à sa bouche.
- Oh on dieu ! C'est elle, mais elle est si différente...
- Comment ça différente ?
- Et bien après l'accident, la petite a changé radicalement, elle a sombré dans une dépression, qui lui en voudrait ? Elle venait de perdre ses parents. Nous l'avons prise en charge durant six mois jusqu'à ce qu'elle finisse ses études... Avec mon mari nous l'avons vu changer et plonger de plus en plus, son style vestimentaire a changé, elle a teint ses cheveux en noirs, s'est habillée de noir aussi, bref ça été très dur de la voir ainsi. Nous avons fait ce que nous avons pu, nous ne la voyons que très peu, mais chaque fois qu'elle rentrait, elle venait chez nous... Puis un jour, après qu'elle ai eu son diplôme elle est partie, elle nous a laissé une lettre de remerciement et c'est tout... Nous n'avons plus jamais entendu parler d'elle... Elle a fait ce qu'il fallait pour la maison mais on ne l'a pas revu.
Lorsqu'elle termine son récit je me prends la tête entre les mains, je suis vraiment qu'un sale égoïste, Félicity a souffert et elle souffre encore de la perte de ses parents, tout quitter était en quelque sorte une façon pour elle de survivre, en la faisant revenir ici, son passé a ressurgit... Bon dieu elle doit me détester ! Et si tel est le cas je la comprends. Je serre la main de la voisine en la remerciant et file vers la voiture.
- Dig est-ce que tu veux bien regarder dans les hôtels s'il y a une réservation au nom de
Félicity ? Apparemment elle n'a pas mis les pieds dans la maison.
- Ça va prendre un moment Oliver... Je te ramène ?
- Non dépose moi au bureau... J'ai des choses à faire... Dès que tu as l'adresse envoie-la moi... Je vais m'y rendre en moto.
Trente minutes après m'être posé sur ma chaise de bureau, je reçois un message avec l'adresse de l'hôtel où Félicity a pris une chambre. Je réunis les documents que je viens d'imprimer, les cale dans ma veste en cuir, prend mon casque puis pars la rejoindre.
Félicity
Trois jours que je suis ici et je n'en peux plus de cette chambre d'hôtel. Elle est spacieuse certes mais je me sens à l'étroit, mon appartement me manque, Zélie me manque, même si nous discutons tout les jours au téléphone ce n'est pas pareil. Je ne peux pas dire que mes amis me manquent parce qu'en dehors de Zélie je n'en ai pas.
Mon téléphone sonne, je regarde le numéro et sourit tout en décrochant, c'est Curtis.
Je l'apprécie beaucoup ce garçon, il est gentil, drôle, je suis sortie avec lui hier soir et je dois avouer que ça m'a fait un bien fou. Je n'avais pas autant rit avec quelqu'un depuis le départ d'Oliver. Après le dîner, nous sommes allés au cinéma, c'était vraiment agréable. Nous avons beaucoup discuté lui et moi, il m'a appris qu'il était gay et marié. Nous avons discuté boulot aussi et je me suis confié à lui, je lui ai raconté ma vie, toute ma vie. Ça faisait bien longtemps que je ne m'étais pas livrée ainsi, je ne l'ai d'ailleurs jamais fait pour ainsi dire. Même Oliver ne sait pas le quart de ce qui s'est passé après l'accident de mes parents.
Je ne voulais lui en parler parce que je ne voulais pas gâcher un seul moment que nous avons passé tout les deux. Aujourd'hui, je le regrette, je me dis que si je m'étais ouverte à lui, si je lui avais expliqué pourquoi c'était si dur de revenir ici, il l'aurait compris et peut être que nous aurions fait les choses différemment, peut être qu'il les aurait faites autrement.
Curtis m'explique qu'Oliver me cherchait, et qu'en quittant le laboratoire il semblait fâché. Il a peur que j'ai des ennuis mais je l'assure que ça ne sera pas le cas. Après avoir mis fin à la discussion je me concentre sur les documents que m'a donné Curtis hier soir, je travaille sans relâche depuis que je suis ici, j'aime beaucoup ce que je fais, ce travail est enrichissant. Oliver avait raison, j'ai les capacités requise pour ce travail mais ça n'empêche pas qu'ici, je ne me sens plus chez moi.
Un coup est porté à ma porte, je me lève et vais ouvrir, je suis surprise de voir Oliver sur le pas de la porte tenant des documents dans une main et un casque de moto de l'autre. Il ne semble pas du tout en colère, il esquisse un petit sourire.
- Est-ce que je peux entrer ? Je dois te parler.
Je m'efface pour le laisser passer, puis ferme la porte derrière moi. Je m'adosse à celle ci tandis qu'Oliver balais la pièce du regard. Il pose son casque sur le sol puis ancre son regard au mien.
- Félicity, je suis désolé... Pour tout... Je n'aurai jamais du te forcer à revenir alors qu'à Paris tu m'avais dit que tu ne remettrais jamais les pieds ici. J'ai pensé bêtement que tu me faisais un caprice. Jamais je n'aurai pu penser que tu étais mal... Je veux dire, je ne pensais pas que revenir ici aurait été si dur pour toi... J'ai été égoïste... Je suis désolé, j'espère que tu vas accepter mes excuses. Je t'ai réservé un billet d'avion. Tiens.
Il me tend un document, je le regarde. Il ne ment pas, un billet a été réservé à mon nom pour un vol direct vers Paris demain à onze heure.
- Félicity, je veux que tu sois heureuse... C'est tout ce qui compte pour moi, que tu le sois et, il est clair qu'ici tu l'es pas et tu ne le seras peut être jamais. Sache que tu m'as offert des jours de bonheur, je n'avais pas ressenti des sentiments aussi fort pour une femme depuis des années, voir même jamais. Je te voulais près de moi, pour te montrer à quel point la vie avec moi aurait pu être géniale, mais il est clair que ce n'est pas ce que tu veux... Et je le regrette sincèrement. Félicity, je crois que je suis tombé amoureux de toi et parce que je le suis, je te laisse repartir, parce que je ne veux que ton bonheur.
Je regarde le sol, jamais personne ne m'a fait une si belle déclaration. Je dois dire qu'Oliver s'est surpassé. J'ai les larmes au yeux. Je m'avance vers lui et le prend dans mes bras, il dépose un léger baiser dans mes cheveux, il me relâche et je sens tout de suite un immense sentiment de vide. Il reprend son casque, pose une main sur la poignée et avant qu'il ne l'ouvre je lui dis ce que je ressens.
- J'ai été la plus heureuse aussi Oliver, pour une fois je me suis permise d'espérer qu'avec toi ce serai diffèrent... Mais tu m'as abandonné à ton tour...
Il se tourne vivement vers moi.
- Je ne t'ai pas abandonné Félicity, jamais je ne le ferai. J'utiliserai tout les jours qui me seront donner pour te prouver que jamais je n'ai voulu t'abandonner.
Il serre ma main doucement puis quitte ma chambre me laissant de nouveau seule et en larmes. Je me rue sur mon lit et serre l'oreiller le plus fort que je peux pour étouffer mes sanglots, mais aussi pour apaiser la colère qui vient de monter en moi subitement. Je me maudis parce que je refuse d'être heureuse, je refuse que quiconque me fasse du mal et si je continue ainsi, je sais que je finirais seule mais c'est plus fort que moi, je n'arrive pas à faire confiance, je n'y arrive plus. Cette vie est vraiment merdique, si je n'avais pas perdu mes parents, nous n'en serions pas là aujourd'hui.
