Jeux forcés
Auteur : Angelscythe
Genre : Noir, violence, drame, shonen-ai quand même
Couple : RiffelXCain et RiffXCain !
Disclaimers : Tous les personnages appartiennent à Kaori Yuki, je ne devrais pas avoir le droit d'y toucher…
Chapitre 11
L'oncle Neil était assis dans le sofa, serrant ses doigts sur sa tasse brûlante. Il était en unique compagnie d'Oscar et de Dominique, Cain s'étant retiré dans ses appartements avec son majordome et Mary recevant ses cours.
Cléhadore fut le premier à attaquer, ne s'imposant pas le mutisme à l'inverse des deux autres :
- Riff n'est pas redevenu lui-même. Sa version des faits ne correspond pas. Il s'est présenté comme l'émissaire principal d'Alexis, pourquoi n'a-t-il pas vu Cain plus tôt en ce cas ? Pourquoi n'a-t-il pas réagi plus tôt ? Ça fait deux semaines !
- Je suis d'accord… Et cette façon dont Cain a d'agir avec lui… Je sais qu'il a besoin de sa présence mais elle est plus craintive.
- Il a été violé… Souffla Oscar.
- Que penses Maryweather du retour de Riff ? Cingla Dominique.
- Ce n'est pas une peur envers tout le monde. Il s'est tendu lorsque le cuisinier a posé les plats… Mais il surveille Riff. Releva Neil.
- Il a peut-être des doutes… Suppose l'héritier Gabriel.
- Je me méfie de cet homme comme de la peste ! … Mais… Il peut nous aider à venger Cain.
- C'est la vengeance qui l'a mis dans l'embarras. Rappela Oscar.
- Une vengeance que je n'aurais pas tant que Riff vivra ! S'écria le voyant.
- Tu ne peux pas choisir ce qu'il adviendra de Riff ! Si Cain veut le garder, il restera.
- Qui parle ? Lui demanda agressivement Dominique.
- L'ami de Cain…
µµµ
- Tu ne peux plus me duper, Riffel.
- Qu'est-ce que j'ai fait ? S'amusa-t-il.
- Riff est là. Il vibre en toi. Je l'ai senti. Chaque fois que j'ai cru en lui et que tu m'as détrompé… Ces mensonges !
- Tu n'avais pas beaucoup de foi pour me croire si aisément. Se moqua le majordome.
Riffel l'encercla de ses bras et mordilla sa gorge.
- Tu peux être Riff cette nuit ?
- Tu me désires à ce point ?
- R.I.F.F. Je n'ai pas prononcé de « el » que je sache ! Tu me l'as proposé quand tu désirais que je te souffle l'amour que je n'ai pas à ton égard.
L'homme carra la mâchoire.
- Idiot.
- Alors ?
- Pourquoi pas ? Si tes lèvres s'occupent de moi le lendemain matin.
Cain retint un soupir tant énervé que de bien-être lorsque la langue lécha un point délicat de son cou.
- Très bien.
Il le repoussa mais ne pouvait rien contre sa force brute.
- À présent, lâche-moi. Nous devons rejoindre mon oncle et les autres.
- Prononce-le encore une fois.
- Non. Lâche-moi.
Le valet carra la mâchoire. Il le relâcha lentement. Cain se dégagea et partit hâtivement vers le salon pour éviter d'être entraîné dans un autre jeu sexuel contre son gré.
Il arriva quelques instants avant son bourreau et put voir ses proches qu'il avait surpris en pleine discussion. À voir leur regard paniqué voire gêné, il en était clairement le centre…
Il s'affubla d'une expression neutre et prit place dans son fauteuil.
- Désolé pour l'absence. Des… détails médicaux à régler.
Il lança un regard acide à Cléhadore pour ponctuer sa phrase.
- Ce n'est pas ma faute.
- Si. Et vous ne vous êtes pas beaucoup démené pour me rechercher.
- C'est faux ! Cria Neil.
Riffel entra dans la pièce. La plongeant brusquement dans le silence.
- Ma présence dérange toujours autant. Remarqua-t-il de son ton de Riff. Je peux me retirer, my Lord…
- Cain, c'est une bonne chose. Insista son oncle.
Le jeune Comte secoua la tête.
Riffel retint un sourire. Il se dirigea vers la commode et entreprit la préparation du thé.
- Cain…
Dominique fut lardé férocement d'un regard empoisonné pour avoir osé prononcer son nom.
- Delilah doit sombrer.
- Je sais. Et je compte bien la voir disparaître. Je fais ce qui est en mon pouvoir pour cela.
- Voici ma proposition : Riffel ne doit jamais quitter la demeure.
- Il reste avec moi. Je n'ai pas de raison de partir.
Riffel s'approcha de Neil pour lui proposer une autre tasse. Il glissa sur le tapis et de l'eau brûlante jaillit de la théière. L'homme hurla de douleur. Cain ouvrit de grands yeux, choqué. Oscar se précipita vers le vieux Noble pour l'aider à éponger ou retirer ses habits imbibé de liquide bouillant.
Le valet attrapa immédiatement un essuie pour aider aux soins.
- Éloigne-toi, empoté ! S'écria Neil.
- Mon oncle…
Riffel vint s'agenouiller devant Cain. Il lui prit les mains et pressa son front contre celles-ci.
- My Lord, excusez-moi de vous faire honte… J'ai meurtri quelqu'un de votre sang.
- Mon oncle !
Cain se dégagea brusquement et se hâta de venir auprès de Neil. Celui-ci lui sourit, le coin des lèvres tordu de douleur.
- C'est superficiel, ne t'inquiète pas.
- Va te faire soigner par notre médecin.
- Oui. Chasse cet air soucieux de ton visage.
Cain opina.
- Je t'accompagne.
- Non. Oscar, s'il te plaît.
Celui-ci l'aida à se lever et l'emmena auprès du docteur.
- Cain…
- Cléhadore ! Pars ! Je ne veux pas rester avec toi !
Dominique fronça les sourcils. Il se leva néanmoins et partit à grand pas, sa fureur se répercutant jusqu'à la porte.
- Un accident… En était-ce vraiment un ?
- Comment je m'appelle ?
- C'est pour ça ? Tu l'as blessé parce que je n'ai pas prononcé ton nom ? Asséna-t-il avec mépris.
- Je t'ai dit qu'ils me permettraient de te briser ? Cette expression de peur était exquise. Je n'avais pas réalisé que tu tenais tant à lui. C'est émouvant.
- Je te hais.
- Je sais. Maintenant… Comment je m'appelle ?
- Riffel…
- C'est ça.
Le valet vint à lui et l'embrassa.
- Encore. Ordonna-t-il.
- … Riffel. Se résigna le descendant Hargreaves.
µµµ
Cain dévisageait Riffel. Torse-nu, l'homme se glissait dans le lit à ses côtés. Il voulut l'enlacer mais le jeune Comte se déporta, le défiant du regard.
- J'ai bien assez attendu.
- Oui.
- Pas d'entourloupe ! Coupa-t-il. Je veux parler à Riff, ersatz !
- Pour de vrai ? Je pensais que tu voulais que je l'imite…
- Non. Je n'en ai que faire de toi.
- My Lord…
- Ce n'est pas possible. Ricana Riffel.
- Tu l'entends ?
- Oui.
- Répète ses mots. Fais ce qu'il t'ordonne. Nous avons un arrangement.
- Non. Pour un tel arrangement, j'exige tes talents pendant… hum…
Il attendit, faisant traîner la chose. Mais ses lèvres s'étirèrent en un sourire.
- Une semaine !
Cain souffla en le dévisageant. Une semaine. C'était énorme. Mais il pourrait être avec Riff. Du moins en apparence… ou plutôt en mental. Et il avait horriblement besoin d'un peu de sa présence, de sa bonté.
- My Lord, n'acceptez pas !
- D'accord.
- « My Lord, n'acceptez pas ». Dit Riffel d'un ton monocorde, le poing appuyé contre sa joue.
- Riff…
Le valet serra les dents.
- « My Lord… ».
- Comment savoir que c'est toi ?
- « Je ne peux rien faire vous le prouver. Je comprendrais que vous doutiez. Surtout à cause de lui. Je ne prétends pas à obtenir une confiance aveugle de votre part. Mais si je peux me le permettre, pouvoir vous répondre est une libération. »
Cain sourit.
- Même lui ne peut t'inviter à ce point.
- « My Lord… »
Le jeune homme serra les dents, lassé du ton vide de son majordome.
- Riffel ! Mets-y les formes ! Ordonna-t-il.
- Cher Comte des poisons, je ne suis pas ton chien.
- Ne t'inquiète pas, je peux très bien le jouer. Sourit le noble. Je sais mordre. Souffla-t-il d'un ton entendu.
Riffel serra les crocs à l'idée de pouvoir être mordu à un endroit aussi tendu malgré sa résistance.
- « My Lord ! Vous n'auriez pas dû passer ce pacte ! » Lança-t-il du même ton désespéré que son double.
- Riff… Est-ce que tu sans quand je le touche ?
- Tu parles ! Ricana Riffel. « Oui » Dit-il. Ajouta l'homme.
- Chaque geste ?
- « Chaque geste. »
Cain lui effleura la joue. Une main vint caresser le dos de la sienne avec douceur. Les yeux du jeune Comte s'illuminèrent.
- « Vous voir ainsi me comble. Excusez-moi de n'avoir pas pu vous protéger ».
- Ne parle pas de ça.
- « Excusez-moi de l'avoir laissé vous blesser de ses mots ».
- Et de ça non plus.
- « My Lord… Que puis-je vous dire ? »
Des larmes émues aux yeux, Cain secoua la tête. Il rêvait de lui dire qu'il l'aimait mais il avait soudainement peur. Et si Riff ne partageait pas ses sentiments ? Et si ce n'était que de la dévotion sans borne ?
Des habitudes.
- Tu as essayé de m'étrangler…
- « Je voulais seulement vous sauver ! My Lord ! Je suis un danger pour vous tant je n'aurais pas le contrôle de mon corps. » C'est le mien abruti.
Cain appuya sa joue contre l'épaule de Riffel. Sous l'ordre de Riff, ce dernier l'enlaça très tendrement et caressa ses cheveux sans arrières pensées. Bien que lui pouvait en imaginer une pléiade, au contraire.
- Riff… Même comme ça, tu n'as pas le droit de m'abandonner.
- « Il en sera fait cela votre désir. Je me bats depuis ici pour vous protéger. J'essaie de revenir à moi. » Comme si j'allais te laisser faire !
- Riffel ! N'interfère plus ! Je retirerais un jour à notre arrangement à chaque intervention inutile. Menaça l'héritier en le défiant du regard.
- Penses-tu ?
- Oui. Tais-toi, fais l'intermédiaire.
- J'espère que cette bouche est talentueuse pour exiger ça.
L'adolescent entrouvrit les lèvres.
- « La ferme ! » … Ah non, ça, ça m'était adressé ! Ricana Riffel.
- … Riff… Tes sentiments sont-ils inchangés ?
- « Non ».
- Tu… me hais ? Tu aurais le droit…
- « My Lord… Ne dites pas de bêtises. Je vous suis dévoué. »
Riffel se tut.
- Termine de lui dire ce que j'ai dit…
- Tout ce que j'ai fait avec ton corps…
- « N'était pas de votre faute. Vous êtes la victime. »
Là encore, il se tut.
- Riffel !
- Et…
Il ne put parler, des lèvres venant de se coller aux siennes. Il s'éloigna vivement la panique marquant son visage.
- RIFFEL !
- « C'était moi, my Lord. Je tenais à le faire réagir… Il est juste stupide. »
- Je t'emmerde. « Et surtout… »
- Dis-le !
Cain le regarda, désemparé, désespéré.
- « Il ne veut pas le dire. »
- Parce que… tu m'aimes.
Riffel s'emmura dans le mutisme.
Le jeune Comte sourit et posa ses mains sur ses joues.
- Riff… Je t'aime depuis toujours. Serre-moi dans tes bras. Je ne veux pas les quitter.
Riffel soupira en l'enlaçant étroitement.
- Continue de ne pas m'en vouloir. Je devrais m'entacher un peu plus mais je te ferai revenir.
- « My Lord… Aurais-je le droit de le faire vous embrasser ? »
- Je ne penserai qu'à toi.
- « Je vous présente mes excuses. »
L'héritier secoua la tête, irradiant de bonheur. Il ferma les yeux et accueillit le baiser.
Il restait celui de Riffel. Il était rude.
Mais il lui venait de Riff. Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine. Jamais il n'avait été si heureux. Mais le bonheur n'était rien comparé à celui qu'il éprouvait lorsque ce serait le vrai Riff.
- Décidement… Je vais vraiment devoir vous arracher ce bonheur… Souffla Riffel.
