Bienvenue sur Interlude ! On se retrouve après comme chaque fois!


Interlude aveugle...

Elle avait peur. Et c'était normal.

Tout le monde avait peur.

Le fait été que ça venait de la frapper. Une douleur sourde qui vrille le cœur.

Auparavant rien ne l'intéressait à part les garçons, le maquillage les revues de mode et les commérages au coin du feu. Alors maintenant qu'elle expérimentait la peur. Maintenant qu'elle voyait les ravages de cette guerre débile, elle se laissait emporter par la peur et l'impuissance. Elle n'avait plus du tout envie de se foutre de Granger, qui baignait dans ces abominations depuis ses onze ans.

Il était impossible pour elle de faire preuve de courage. Elle n'avait qu'une envie, fermer les yeux et tout oublier.

Revenir à ces moments où elle pouvait encore rapporter des ragots, baignée dans la chaleur du feu. Passer des heures à chercher comment raccourcir ses jupes. Tout ça s'était beaucoup mieux. Elle voulait l'insouciance et l'ignorance. Elle se préférait bête plutôt que morte. Elle aurait aimé que ses moments passés avec sa guimauve lui reviennent. Elle avait besoin qu'on la chouchoute et qu'on lui répète inlassablement que c'était faux. Que cette guerre n'avait pas inutilement pris des vies. Que la tache sombre sur le trottoir, dans le parc du château, au bar, incrustée dans les rideaux, les tapis n'était pas le sang de quelqu'un ou le sien. Tout ce sang, c'était trop, beaucoup trop. Intenable. Il fallait s'en débarrasser...

Elle allait tourner folle.

Ça n'existe pas.

Voilà, c'est ça, c'est juste une farce. Une grosse blague débile. Tout est faux.

C'est plus facile.

Fermer les yeux.

Se dire que c'est une farce. Juste une petite farce, de mauvais goût, mais une farce tout de même.

Passer devant ceux qui se battent.

Fermer les yeux.

Entendre les sorts qui fusent.

Se boucher les oreilles.

Marcher sur les cadavres.

Hurler.

Hurler pour tout oublier.

Et enfin être incapable d'émettre le moindre son.

Ça ne la concerne pas.

Elle ne doit pas être concernée. Elle ne veut pas être concernée.

Alors ce n'est pas la guerre parce qu'elle a peur. Et qu'elle ne veut pas avoir peur.

De toute façon, elle ne voit plus, n'entend plus, et ne peut plus protester.

On lui a tout pris.

Elle n'est plus.

Fin Interlude...

Lavande


Eh bien, on se retrouve après un long moment d'absence de ma part. Je dois avouer que je n'ai pas eu de grandes motivations ces derniers temps, malgré mes quelques chapitres d'avance. Le problème, c'est que les serveurs ff.net sont capricieux, et je mets parfois plus d'une heure pour poster un chapitre. C'est plutôt décourageant...

Pour ce qui est du personnage d'aujourd'hui, je ne dis pas qu'elle n'est qu'une pimbêche, et une écervelée, je pense qu'elle est le meilleur moyen de présenter une transition brutale entre un monde aveugle à la guerre et aux dangers, et un monde en panique. J'ai totalement adoré écrire ce chapitre. J'espère qu'il vous a plu autant qu'a moi. On se retrouve très bientôt pour un chapitre que j'affectionne énormément.