Voilà la suite ! Bonne lecture mes amis.
Le lendemain, Sherlock ne prit pas le temps pour petit-déjeuner, il s'habilla rapidement et attendit patiemment John à la Jeep. Sans un mot il se mit à conduire en direction de la maison de Henry, regardant droit devant lui. Il pouvait sentir le regard de John se poser de temps en temps sur le profil de son visage, sa bouche s'ouvrant et se refermant plusieurs fois en une chorégraphie démontrant à quel point il mourrait d'envie de le questionner sans pour autant trouver les mots.
Il sembla se décider finalement puisqu'il l'interrogea sur le mail de la petite Kirsty.
- Kirsty Stapleton, fit remarquer Sherlock en se replongeant dans l'affaire, dont la mère est spécialisée dans les manipulations génétiques.
- Elle a modifié le lapin de sa fille pour qu'il brille dans le noir ?
- Sûrement un gène fluorescent. Elle le lui a implanté. C'est devenu techniquement facile.
- Donc ?
« Ne sois pas idiot tu sais où je veux en venir. »
- Le Dr Stapleton se livre à des expériences génétiques sur des animaux. La question est de savoir si elle se limite aux lapins.
- Il faut admettre que le sujet est vaste.
Sherlock ne put s'empêcher de regarder John avec désapprobation. Est-ce qu'il était en train de défendre ce docteur ? Il n'eut pas le temps de creuser plus son sujet puisqu'il arrivait chez Henry. Dans un manoir mixant le rétro et le moderne avec élégance, mélangeant ses vieilles pierres taillées avec les larges fenêtres le tout entouré d'une végétation magnifique. Sherlock se savait insensible à la beauté d'un logement tel que celui-ci, pour lui l'important était ce qu'on y cachait à l'intérieur, tout ses secrets exprimés en quelques objets plus ou moins mit en évidence… ce lieu semblait donner une toute autre impression à John qui n'hésitait pas à lancer des petits coups d'œil approbateur sur la bâtisse.
Arrivé à la porte, Sherlock sonna, ignorant la forte inspiration de John. Il faisait toujours cela. A chaque fois qu'ils enquêtaient sur le terrain. Henry les accueillit et alors que John semblait s'attarder sur la nature des biens de leur client, Sherlock regardait dans chaque pièces d'un rapide coup d'œil, les secrets cachés.
- Êtes vous riche ?
Sherlock s'empêcha de lever les yeux au ciel. John semblait avoir un vrai soucis avec l'argent. Il en parlait assez souvent et il semblait aimer la richesse, ce qui était en parfaite contradiction avec leur situation financière. Sherlock suivit Henry dans sa cuisine pour discuter, se servant une bonne tasse de café avec deux sucres. Avec de la chance, cela éveillerait ses neurones endormis qui ne semblaient n'être intéressé que par les réactions de John ce matin.
- Il y a deux mots.
« Mon dieu de quoi il parle ? »
- Ils reviennent sans cesse, continua à dire Henry. Liberté et In. Juste ça.
Sherlock inclina sa tête alors qu'il réfléchissait à tout les sens connu en lien avec Liberté dans.
- Ça te dit quelque chose ? Lui demanda John.
- Liberté dans la mort. La seule vraie liberté.
« J'espère que c'est pas ça pour ce pauvre Henry »
- Alors ? S'enquit leur client.
- Sherlock a un plan, répondit nonchalamment John.
« Toujours se reporter sur ce cher Sherlock lorsque personne n'a d'idée, brillant. »
- Oui, répondit le détective en forçant un sourire.
- Bien.
- On va sur la lande, reprit Sherlock. On verra si on vous attaque.
- Quoi ? Dit John interloqué.
« Bon déjà ça t'apprendra à n'élaborer aucun plan et en plus… honnêtement quels sont nos autres alternatives ? »
- Efficace, se contenta de dire Sherlock.
- La nuit ? L'interrogea Henry. Je dois y aller la nuit ?
- C'est ça ton plan ?
John eut un rire nerveux face à la proposition du détective mais ne sembla pas avoir autre chose à proposer.
- Si ce monstre existe, il faut découvrir où il vit.
Alors ce fut décidé.
Le reste de la journée passa très rapidement pour Sherlock. Il passait son temps dans son palais mental, arrangeant ses pensées pour ne plus être distrait par John lors de son enquête. Il s'était même rendu compte que la pièce affiliée à John était devenu trop petite et il s'était décidé à le faire déménager dans une bien plus grande pièce, la plus grande de son palais à vrai dire. Juste au cas où il ait encore beaucoup d'informations à stocker au sujet de son ami dans les prochaines années. Au pire, il pourrait abattre la cloison et faire jumeler cette pièce avec celle de ses parents. Il mettrait ses parents dans un coin et le reste sera à John.
Sherlock se fit sortir de ses pensées par son blogueur préféré, légèrement excédé qui croisait les bras avec une moue désapprobatrice.
- Maintenant que tu as passé ta journée dans ton palais mental nous laissant seul, Henry et moi, est-ce qu'on pourrait éventuellement aller sur la lande pour exécuter ton plan foireux ?
Sherlock leva les yeux au ciel cette fois avant de se lever et de conduire jusqu'au bort de la lande, sortant trois lampes de torche et proposant à ses camarades de sortie d'en prendre une chacun pour qu'ils puissent faire le reste du chemin à pied.
Ils marchèrent tout les trois dans un silence pesant, leur faisceaux de lumières balayant le sol à la recherche de pistes ou de traces. Leur marche était lente et tortueuse, les pas d'Henry semblant peser des tonnes.
Au bout d'un moment, Sherlock se retourna ses yeux balayant le noir à la recherche de John. Mais son ami était absent. Il fit mine de retrousser chemin mais Henry l'appela pour lui dire qu'ils étaient presque arrivés. Alors Sherlock tâta juste rapidement sa poche pour vérifier que son téléphone était bien là, au cas où John se soit perdu puis suivit Henry sur la fin du chemin.
- J'ai vu un de vos amis, commença à dire Sherlock. Le Dr Frankland.
- Ah oui. Bob.
- Il semble très inquiet à propos de vous.
- Il est anxieux. Il a été très gentil avec moi depuis mon retour, expliqua Henry.
- Il connaissait votre père. Qu'il travaille à Baskerville ne gênait pas votre père ?
- Un ami est un ami. Regardez vous et John.
- Quoi ?
- Il n'est pas compliqué alors que vous… Oncle Bob et mon père ne parlaient jamais boulot. Dewer's Hollow, indiqua Henry d'un mouvement de tête.
Sherlock descendit en premier, pestant intérieurement contre la brume qui l'empêchait de voir correctement. Mais il réussit tout de même à trouver des empruntes de chien énorme, son cœur s'emballant avec force, ses gestes devenant saccadés alors qu'une sueur froide dégringolait le long de sa colonne vertébrale. Sa respiration s'accélérait tandis qu'il levait les yeux vers le haut, sa vision floutée par des larmes contenues ne lui offrant pas tout de suite la vision d'horreur qu'il eut l'occasion de voir.
- Vous l'avez vu ? S'enquit Henry sortant Sherlock de sa stupeur.
Il courut hors de ce trou, tombant face à face avec John. Il ne savait pas ce qu'il avait envie de faire. Le prendre dans ses bras pour se rassurer ou le jeter au loin pour être certain de n'être touché par personne.
- Vous avez entendu ça ? Lui demanda John.
- On l'a vu ! S'exclama Henry.
- Non je n'ai rien vu, répliqua Sherlock.
- Comment ça ?
- Je n'ai rien vu, répéta Sherlock en détachant tout ses mots.
Il était terrifié intérieurement et il ne souhaitait surtout pas le montrer. Il n'avait jamais montré sa terreur à quiconque, il n'allait pas commencer maintenant. Jamais dire à qui que ce soit que l'on a peur, c'était la leçon de vie que Mycroft lui avait apprit.
Sur le chemin du retour, plus aucunes paroles n'avaient été échangé. Sherlock s'était arrêté avec la Jeep devant la maison d'Henry, avait demandé à John de le raccompagner chez lui et était reparti seul. Il était retourné à l'auberge, s'installant face à la cheminée, ses pensées embrouillées par la vision affreuse qu'il lui avait été donné de voir.
- Il ne va pas bien, lui dit John en s'asseyant dans le fauteuil à ses côtés, ça l'obsède. Il est persuadé qu'il y a un chien géant sur la lande. Et il n'y en a pas. Si il y en avait un, cela se saurait. Il serait même dispo à la vente.
Sherlock se mordit la joue alors que sa tête tombait en arrière, ses yeux fermés, ses doigts joints, se contrôlant pour ne pas hurler à John qu'Henry avait raison. Son cœur battait toujours aussi rapidement, il se sentait mal, il avait l'impression de faire un mauvais trip. Il fallait que John se taise.
- J'ai vu quelqu'un faire du morse, continua John en sortant son calepin. Enfin j'imagine. Mais cela n'a pas beaucoup de sens. UMQRA. Ça te dit quelque chose ?
Sherlock inspira bruyamment en fermant les yeux de nouveau, mon dieu qu'il avait envie de pleurer. De se mettre en boule dans un coin et attendre que ce terrible monstre le dévore. Les doigts de Sherlock se mirent à trembler plus fort. C'était incontrôlable. Et John qui ne cessait jamais de parler !
- Bon résumons, reprit ce dernier. Il y a des empreintes trouvés par Henry et le guide. On a entendu quelque chose.
Sherlock essaya de contrôler sa bouche qui semblait former cette moue significative de forts sanglots. Et John qui était si prêt. Il pourrait le prendre dans ses bras… non… ne jamais montrer qu'on a peur. A personne. Même pas aux membres de sa famille.
- Cherchons qui a un gros chien, résuma John.
- Henry a raison.
« Et merde ! Je ne sais pas me contrôler ! Mon dieu ! Je tremble en plus… »
- Quoi ? L'interrompit John dans ses pensées.
- Je l'ai vu aussi.
- Quoi ?
- Je l'ai vu aussi, John.
Ce dernier sembla réaliser l'état de stupeur de son ami puisqu'il se pencha vers lui en reprenant la parole.
- Attends, tu as vu quoi ?
- Un molosse. Au Hollow. Un Molosse Gigantesque.
Sherlock papillonna des yeux pour chasser les larmes qui menaçaient de tomber sur ses joues.
- Sherlock, il faut rester rationnel.
« Je m'en fou de la rationalité mon dieu, tu ne l'as pas vu... »
- Toi, plus que quiconque. Tu ne peux pas… Concentrons-nous sur ce que nous savons, sur les faits.
- L'impossibilité écartée, tout le reste, même improbable doit être vrai.
- Pardon ?
Sherlock essaya de porter à ses lèvres son verre de whisky, ses doigts tremblaient tellement que cela l'amusa presque. Il fit alors la chose qu'il s'était promit de ne jamais faire.
- Regarde John, j'ai peur. Peur. J'ai toujours réussit à rester détaché. Faire abstraction de mes sentiments.
« Même mes sentiments pour toi. »
- Tiens, regarde. Mon corps me trahit. Intéressant, les émotions. La poussière dans l'œil, la mouche dans le lait.
- D'accord, Spock. Calme toi. Tu as été très affecté récemment, reconnais le. Tu as été là-bas et tu t'es un peu emballé.
- Emballé ?
- C'était sombre et effrayant.
- Moi ? Rien ne cloche chez moi.
Sherlock se sentit plonger dans une peur indescriptible, le plus terrible bad trip ne l'avait jamais mit dans un état pareil. Tout ses mauvais souvenirs, toutes ses peurs remontaient comme un million de bulles d'air essayant de regagner la surface.
- Rien ne cloche chez moi ! Hurla Sherlock. C'est clair ? Tu veux une preuve ? On cherche un très gros chien, voilà ta grande théorie. Super, par qui on commence ?
Ses yeux cherchèrent sa première victime, faisant fit de l'humeur massacrante dans laquelle il mettait John qui ne se risquait jamais à faire des théories par peur d'être moqué et c'était exactement ce qu'il comptait faire.
- Eux ? Continua Sherlock. La veuve sentimentale et son fils pêcheur au chômage. La réponse est oui.
- Oui ?
- Elle a un westie nommé Whisky, pas ce qu'on cherche ! Un pull à peine usé. Il le déteste. Sûrement à cause des motifs hideux, certainement un cadeau de Nöel. Il veut plaire à sa mère pour de l'argent. Il l'a invité, mais il mange peu. Il veut l'impressionner, mais il se prive.
- Il n'a peut-être pas faim, répondit John.
- Non il a presque lécher l'assiette d'entrée. Elle a presque fini sa pavlova. Si elle payait, il en aurait pris plus. Il a faim et en vue de sa tenue il n'est pas très riche. Pourquoi sa mère ? Seule une mère ferait un tel cadeau. Ou une tante ou une sœur mais ça serait peu probable. De vieilles cicatrices d'hameçon donc un pêcheur. Et il ne travaille plus depuis longtemps. Peu de travaille par ici, il se tourne vers sa veuve de mère. Veuve ? Évidemment. L'alliance de son mari pend à son cou car trop large pour son doigt. Joli haut mais bijou en toc. Elle les garde par sentimentalisme. Maintenant, le chien. Des poils sur sa jambe mais rien au dessus du genoux. C'est donc un petit chien, certainement un terrier. C'est un westie nommé Whisky, comment tu le sais ? Elle était dans notre train, je n'ai pas triché. J'écoute, j'utilise mes sens, pas comme certains. Je n'ai jamais été aussi bien alors laisse moi tranquille !
En regardant John dans les yeux, Sherlock ne fut pas certain de ce qu'il y vit. John semblait énervé, toujours impressionné et très déçu à la fois. Trop de sentiments inscrit sur ses yeux bleus marines. Sherlock détourna le regard pour le plonger dans le foyer fumant qui réchauffait son visage.
- Ok. Ok. Pourquoi m'écouter ? Je ne suis que ton ami.
- Je n'ai pas d'amis.
- Nan, je me demande pourquoi.
En sentant John partir, Sherlock inspira une profonde bouffée. John n'allait pas lui pardonner ce qu'il venait de dire. Et Sherlock n'avait pas pensé un traite mot de ce qu'il venait de dire. Si… Si il avait pensé au fait de ne pas avoir d'amis. Car John était bien plus que ça. C'était un tout. C'était tout ce qu'il avait de cher.
Sherlock décida de prendre l'air et il entendit au loin le nom de la psy de Henry être prononcé. Il sortit son téléphone et envoya John sur l'affaire. Avec un peu de chance, le courant allait passer entre les deux et John oublierait leur interaction.
Sherlock passa la nuit à se terrer dans sa chambre jusqu'à ce que finalement il ne se lève, la sueur froide et ses visions traumatisantes disparus. Cela ressemblait bien trop à un mauvais trip pour ce que ça n'en soit pas un. Alors rassemblant le peu de données qu'il possédait, Sherlock se dirigea vers la maison d'Henry, prêt à faire quelques tests.
Il rentra dans la maison avec son humeur habituelle lorsqu'il était sur une piste, faisant fit de la mine affreuse qu'arborait ce pauvre Henry. Il proposa de faire du café afin de faire son test, ne levant ses yeux de sa tâche que lorsque Henry se mit à parler.
- Écoutez, hier soir… Pourquoi avez vous menti ? J'ai vu le molosse très brièvement.
- Le molosse ? Pourquoi l'appeler comme ça ? Pourquoi l'appeler un hound ?
- Quoi ? Essaya de comprendre Henry.
- Bizarre non ? Drôle d'analogie. J'ai accepté l'affaire pour ça. Une empreinte d'un gigantesque molosse. Pourquoi ce serait un molosse ?
- Je sais pas…
- Je ne prendrais pas de café, continua Sherlock prêt à s'éclipser.
Il avait réussi à voler le sucre et il ne lui restait plus qu'à le tester sur sa victime préférée. En se promenant dans les environs, Sherlock aperçu celle-ci assit dans un cimetière. Il se dirigea vers elle, s'interrogeant à savoir si leur dispute d'hier était encore d'actualité. A vrai dire Sherlock n'était jamais certain de comment leur disputes se terminaient et au bout de combien de temps.
C'est pourquoi Sherlock s'approcha de John, les mains dans les poches, ses yeux évitant de regarder son ami dans les yeux trop longtemps, une moue d'excuse cachée imprimé sur son visage. Il savait que John craquait généralement lorsqu'il faisait cette tête.
- Alors le morse à donner quelque chose ? S'enquit-il d'une voix douce et poli pour engager la discussion. UMQRA c'est ça ? Umqra. U.M.Q.R.A.
- Rien. Je pensais avoir une piste, mais en faite non.
Sherlock arrêta de penser quelques secondes à ce message, interrogeant John sur son travail avec Louise Mortimer. Il souhaitait savoir si il avait des informations sur elle et jusqu'à quel point il avait dû aller pour les avoir… Non il ne souhaitait pas savoir ça… Peut-être que si… Sherlock n'était pas certain de ce qu'il souhaitait savoir ou non à vrai dire.
- Non.
- Dommage. Elle a lâché des informations ?
« Mon John ne couche plus avec quiconque depuis quasiment un mois, depuis Irène Adler… Soit Louise Mortimer n'était pas si intéressante soit John devient moins accro au sexe… intéressant »
- Tu fais de l'humour maintenant ?
« Ok il est encore énervé à propos d'hier »
- J'essaie de briser la glace.
- Ça ne te va pas du tout. Restes en à la glace.
Le cœur de Sherlock se serra en se rendant compte qu'il avait été beaucoup trop loin la veille au soir.
- John.
- Ça ira.
- Attends, quelque chose m'est arrivé hier soir. Je n'avais jamais ressenti ça.
- Oui tu l'as dis, peur. Sherlock Holmes a eu peur.
Sherlock ne se contrôla plus lorsqu'il attrapa John par le bras, ses yeux trahissant tout les sentiments qu'il ressentait en cet instant : la peur de perdre John, la peur de revivre cette angoisse une fois de plus, l'effroi de s'être mit à nu face à John et de le refaire de nouveau. Mais Sherlock ne supportait pas de voir son ami s'enfuir à grandes enjambées pour ne plus lui faire face. Tout cela était trop nouveau pour eux, ils ne s'ignoraient pas d'habitudes. Il y avait des éclats de voix mais aucun ne fuyait face à l'autre. C'est pourquoi Sherlock recherchait dans les yeux de John une promesse qu'il resterait auprès de lui.
- C'était bien plus que ça. C'était le doute. J'ai ressenti du doute. Je me suis toujours fié à mes sens jusqu'à hier soir.
- Tu ne peux pas croire que tu ai vraiment vu un monstre ?
- Non, impossible. Mais je l'ai vu. Comment est-ce possible ?
« Une hallucination. »
- Oui. Très bien. Tu sais donc où creuser, bon courage.
« C'est pire que ce que je pensais. »
Sherlock ferma brièvement les yeux alors que John s'éloignait. Il n'arrivait pas à croire qu'il allait dire ça.
- Je pensais ce que j'ai dis, John. Je n'ai pas d'ami, j'en ai juste un.
Sherlock avisa les sourcils froncés de John. Celui-ci se tourna vers lui, ses yeux criant « qui est ce foutu Justin ? » * avant de réaliser en opinant, se remettant à marcher pour se donner contenance. Malgré le léger défaut de compréhension, Sherlock su qu'il avait touché au bon endroit. La démarche de son ami était plus légère, son expression moins grave. Il avait été touché. Sherlock aurait presque dansé si un indice n'avait pas percuté son esprit en cet instant.
- John… John !
Sherlock courut après lui, ses lèvres formant un sourire de bonheur. Il avait envie d'embrasser John face à l'intelligence de se dernier.
- Tu es génial, tu es fantastique !
- Pas besoin d'en faire trop, se plaignit John avec son ton de voix qui signifiait je-t-ai-pardonné-on-passe-à-autre-chose.
- Tu n'es pas le plus brillant mais tu es le meilleur stimulant.
« Mon dieu je viens pas de dire ça à l'oral il y a tellement de double sens à ce que je viens de dire »
- Merci. Quoi ?
« Faites qu'il pense être insulté et non pas qu'il vient de penser au mot stimulant dans le sens sexuel du terme… Mon dieu je viens de l'imaginer en tant que stimulant sexuel… l'affaire, l'affaire, faut se concentrer ! »
- Certaines personnes ont le don de stimuler les génies, éclaircit Sherlock.
- Tu t'excusais, ne gâches pas tout. Qu'est-ce que j'ai fais de si stimulant ?
Sherlock lui montra le mot hound sur son calepin.
- Et si ce n'était pas un mot mais des lettres individuelles ?
- Un acronyme ?
- J'en ai aucune idée.
Sherlock finit sa phrase, tournant son visage vers l'auberge, son sourire triomphant s'effaçant en reconnaissant l'homme à l'intérieur.
- Qu'est-ce que tu fou là ? S'exclama Sherlock à l'intention de Gregory Lestrade.
- Content de vous voir aussi. Je suis en vacances figurez vous.
« Comme si une paire de lunettes et un pantalon décontractés allaient avoir le Grand Sherlock Holmes »
- Sûrement pas, répondit Sherlock.
- Pourquoi êtes vous ici ? Pour le chien de l'enfer ?
- J'attends des explications.
- Je vous l'ai dit, je suis ici en vacances.
Sherlock inspira bruyamment.
- Vu votre bronzage vous revenez de vacances.
- Je voulais repartir.
- C'est Mycroft ?
« Je m'imagine à quoi ressemble une conversation entre ces deux là »
- Évidemment, reprit Sherlock en effaçant sa réflexion mentale, on est à Baskerville, il nous envoie donc un chaperon. Pour m'espionner incognito. Greg c'est votre pseudonyme ?
- C'est son prénom, rétorqua John interloqué.
« Il ne s'appelle pas Graham ? »
- Ah bon ? Souffla Sherlock à l'intention de son meilleur ami.
- Oui ! S'exclama Greg. Comme si ça vous intéressez. Je ne suis pas votre chaperon. Ni le sbire de votre frère.
- Mais vous pourriez nous aider, reprit John.
- En quoi ? S'enquit Sherlock.
- Je suis pas resté sans rien faire. J'ai peut-être une piste. Je l'ai pris à tout hasard, mais c'est peut-être utile. Ça fait beaucoup de viandes pour un restaurant végétarien.
Sherlock se retint d'embrasser John une nouvelle fois. En plus d'être un excellent stimulant, il semblait avoir une dextérité appréciable en vue de la facture volée.
- Un gentil inspecteur de Scotland Yard pourrait passer des coups de fil, reprit John.
John appela les aubergistes puis avec Sherlock attendit que les comptes soient vérifiés par Greg. Pendant ce temps, le détective prépara du café pour John, glissant à l'intérieur un peu de sucre provenant de chez Henry pour vérifier sa théorie. Il l'emmena à John qui sembla incrédule en le voyant faire.
- Qu'est-ce que c'est ?
- J'ai fais du café.
- Tu ne fais jamais de café, arrête de t'excuser.
Sherlock resta plonger dans les iris bleus marines de son ami, culpabilisant de le droguer sous son regard aussi doux. John semblait vraiment touché par ses attentions et sa volonté de s'excuser. Sherlock devrait vraiment s'excuser de le droguer après que cette affaire soit élucidée.
Sherlock observa John boire avec insistance, se faisant penaud lorsque John fit remarquer qu'il buvait son café sans sucre. Il savait que John allait prendre sa réaction comme une preuve de son affection et allait donc boire le café entièrement malgré le sucre, ce que John fit. Sherlock ne su pas à quel point il pouvait être touché. John était certainement le meilleur des meilleurs amis.
- Il est bon, merci, fit remarquer John en s'éloignant.
Sherlock se recomposa un visage neutre en écoutant l'histoire des aubergistes. Il s'avérait qu'ils avaient bien acheté un chien. Mais ils en parlaient au passé.
- Était ? S'enquit donc le détective.
- Impossible de contrôler cette bête, trop malfaisante. Il y a quelques mois, Billy l'a emmené chez le véto. Vous voyez.
- Il est mort ? Les interrompit John.
- Euthanasié, répondit Gary.
- Nous n'avons pas eu le choix. C'est fini, compléta Billy.
- C'était pour rire, reprit Gary.
- Hilarant, dit Greg son visage trahissant toute son amertume, un homme y a presque perdu l'esprit !
Sherlock vérifia que John avait bien terminé son café avant de les suivre. Il sortit de l'auberge à son tour, arrivant au moment où John parla de son syndrome d'Asperger.
« Vraiment agréable lorsqu'on parle derrière mon dos, je commence à déculpabiliser de te droguer. »
- Vous les croyez ? S'enquit Lestrade.
- Pourquoi pas ? Répondit Sherlock
- Il n'y a pas mort d'homme, reprit Greg, je ne les arrêterai pas pour ça. J'en parlerai à la police locale. Bon à plus tard. Je commence à apprécier l'air de la campagne.
- Les gens ont vu leur chien, alors ?
- Peut-être.
Sherlock restait sur la piste de la drogue. Seule celle-ci pouvait causer un mauvais trip comme celui-ci et faire halluciner la personne pour qu'il puisse voir un énorme chien là où il y aurait un chien d'une taille classique.
- Mais c'est pas celui que tu as vu, remarqua John.
- Le mien était énorme. Il avait des yeux rouges et un corps flamboyant.
Sherlock mentait. Il avait vu des yeux rouges en effet mais aucun corps flamboyant. Mais si sa théorie se confirmait, John serait capable de trouver dans sa description ce qu'il verrait.
- On doit retourner à Baskerville pour tester une de mes théories.
- Mais tu ne pourras pas réutiliser le passe.
Sherlock sortit son téléphone et composa le numéro maudit.
- Je n'en aurais pas besoin, dit-il à l'attention de John avant de parler au téléphone. Bonjour mon frère. Tu vas bien ? Je suis en charge d'une enquête à Baskerville.
- Qu'est-ce que tu veux, Sherlock ? S'enquit Mycroft au téléphone.
- J'ai besoin d'entrer là-bas.
- Tu ne retentes pas ta chance avec un autre passe que tu m'aurais volé ?
- Je suppose que tu les as tous bloqués.
Mycroft soupira au téléphone.
- Qu'est-ce que tu veux faire là-bas ?
Sherlock regarda autour de lui, John semblait s'être éloigné. Il murmura donc son plan au téléphone.
- Tu as drogué John ? Dit Mycroft incrédule. Qu'est-ce que tu lui as donné exactement ?
- Je n'en sais rien, je pense que c'est dans le sucre mais pour ça j'ai besoin d'aller à Baskerville.
Mycroft soupira une nouvelle fois.
- Donne moi vingt minutes, concéda t-il.
- Tu es le meilleur frère au monde.
- Je t'en prie, je n'ai pas envie de faire d'attaque si jeune.
Sherlock ricana alors qu'il raccrochait au nez de son aîné.
- Alors ? S'enquit John qui était revenu auprès de lui.
- Alors direction Baskerville.
* A la base c'est un jeu de mot car quand Benedict dit en anglais "Just got one" on peut entendre "Just got Juan" qui se traduit par "je n'ai que Juan" donc pour faire une blague traduisible en français j'ai du un peu modifier la blague de base mes excuses ^^ J'ai trouvé cette blague lors d'un visionnage de vidéo et l'ayant trouvé vraiment drôle j'ai voulu l'intégrer à ma fiction.
J'espère que cette suite vous a plu ;)
TJSC
