Hello people ! Vous savez que vous êtes ravissants ? Sérieux. Vos reviews...AWESOME. Vous êtes fantastiques, tous. Pepe, tu sais que tu es géniale et je vais surement me répéter mais tu ES géniale ! x3


You will not be alone...


C'est étrange. Lorsque l'on souffre un tant soit peu, tous les moments heureux qui ont un jour pu se glisser dans notre vie, s'effacent. Comme si la douleur actuelle surplombait votre existence. Ridicule. Car ce n'est pas parce que notre peine est trop grande qu'elle nous donne cette impression de domination. Non. C'est juste que dans un sens, on aime s'y complaire afin que même nous, êtres odieux, raclures, puissions éprouver un filament de pitié et pleurer sur nos propres sorts.

_Mycroft, j'appelle d'une voix si enraillée qu'on pourrait penser que je me suis chatouillé les cordes vocales avec du papier de verre.

Le roux, qui s'était endormi à mon chevet (douleurs articulaires…), s'éveille mollement. Il n'a pas ôté son smoking de la veille.

_Sherlock. Ça va mieux ? S'enquiert-il.

_De l'eau, s'il te plaît, fais-je en me redressant ou en mourant en essayant.

Le roux me regarde surpris, il m'aide à me mettre en position assise tout en acquiesçant doucement.

Est-ce que ce genre de chose arrive aussi aux gens normaux ? Je veux dire, de repenser plus d'un million de fois à la même chose. Son visage quand il a quitté la salle de bal : extrême. Fichument et diablement douloureux. Cette image tourne sans fin dans ma tête. Je n'analyse plus, ne parviens pas à esquisser ne serait-ce qu'une pensée étrangère à hier soir. Les personnes stupides, celles qui s'attachent, ont-elles également ce problème ? Comment arrivent-elles à le surmonter ? Y parviennent-elles seulement ?

_Ton eau, indique Mycroft dont je n'ai pas noté le retour.

Il me tend un verre et je me retiens de hurler de frustration. J'ai été si lent à comprendre. La sensation étouffante précédant les larmes m'embrase la gorge, je ravale difficilement le souvenir de lui, s'éloignant et de mon impuissance folle à un moment qui me semble à présent être le pire de toute mon existence. Je m'empare du verre tendu avec une lenteur handicapante tant elle sévit également dans ma tête.

_Que s'est-il passé ? Je demande après avoir vidé mon verre d'une traite, manquant de me noyer.

Le roux fronce les sourcils devant ma question. Il reprend sa place initiale et lance :

_Tu as eu un choc anaphylactique. J'ai oublié de te donner ton traitement et de te mettre de la crème hier matin et… Même si tes vêtements étaient adaptés à ton hypersensibilité, ceux des autres étudiants en revanche, ne l'étaient mais alors pas du tout. La bousculade à l'entrée, la foule à l'intérieur, tu as dû toucher une quinzaine, si ce n'est plus, de tissus différents.

_D'accord, dis-je inutilement.

Parce que c'est le mot. Inutile. Qui peut être aussi idiot ? Moi.

Le silence se glisse doucement dans ma chambre. Pas d'odeurs d'expériences en cours, pas d'encens pour couvrir les éventuels relents de chair en putréfaction. Rien. Pourquoi ? Eh bien tout simplement parce que je suis un imbécile fini. Dans un élan de je ne sais quoi, je me suis laissé emporter dans… dans quoi au juste ? Tout ça n'était qu'un jeu, je me suis laissé distraire et j'ai perdu.

_Le médecin t'a injecté une dose d'épinéphrine, ajoute Mycroft, les yeux égarés dans mes draps. Maintenant, il te faut un peu de repos.

_D'accord, je répète, la voix fine, anéantie.

Mes yeux me brûlent. Je les sens devenir humides pour… Je ne sais pas. Je ne sais rien. Mon souffle s'accélère comme je baisse la tête, gémissant :

_Mycroft, je…ne sais pas quoi faire. Je n'y comprends… J'y comprends plus rien.

Le roux bondit de sa chaise, se rapprochant, pour m'encadrer de ses bras comme mon âge me rattrape.

_Tu vas te relever. Tu te relèves toujours, assure-t-il doucement.

Les larmes, je n'arrive pas à les retenir. C'est dur. Je n'aime pas ressentir toutes ces émotions. C'est… Je ne comprends pas ce qui m'arrive. J'aimerais penser comme avant, ne pas ressentir cette peine, ce regret. Avant… ce n'était pas comme ça. Je me fichais de tout, rien ne pouvait me blesser.

_Mycroft… J'appelle, les sanglots s'abattant sur moi avec violence.

_Je suis là, Sherlock. Si tu tombes, je te rattraperai.


X POV JOHN X


_Harry, tu triches, je dis mollement, les yeux fixé sur l'écran de télé.

_Ouais, sourit malicieusement la blonde.

Sans rien ajouter, nous continuons notre partie. Les images du jeu vidéo défilent et j'appuie mécaniquement sur les boutons de ma manette.

_T'es rentré tôt hier, déclare Harriet, mâchant bruyamment un chewing-gum.

Des bonbons dépassent de la poche de son short.

_Ne mange pas de sucreries entre les repas, je gronde sans conviction.

_C'est maman qui me les a données.

_Menteuse.

Mon personnage est encore rentré dans un mur et je perds face à ma petite sœur. En un mot : pitoyable. Quand je repense au bal, c'est le premier mot qui me vient à l'esprit.

_T'as pas aimé danser ? Continue l'enfant. Sarah n'était pas une bonne cavalière ? Moi je l'aimais pas trop.

_Parce qu'elle t'a piqué un bonbon.

_Oui, je sais et d'ailleurs, je ne lui pardonnerai jamais, déclare la blonde, rancunière.

Je souris machinalement. Que vais-je bien pouvoir faire ? Je sais que ce n'est rien. Que ce n'est pas si grave. Ce n'est pas la fin du monde.

_À quoi tu penses ? Demande Harriet, mettant le jeu en pause.

_Pourquoi tu me demandes ça ? Je vais bien, je lance, les yeux rivés sur ma manette.

_Bien sûr que tu vas bien. Tu réponds pas quand je te pose des questions et ça fait une heure que tu rentres dans le même mur à chaque course.

_Depuis quand tu fais dans l'ironie toi ? Je m'étonne.

_Dans la quoi ?

J'ai un sourire franc. Je me laisse lentement glisser du canapé et m'allonge à ses côtés. Ouh là ! Je n'ai plus l'âge d'être à plat ventre moi ! Mon dos hurle à la révolte.

_Il m'est arrivé un truc pas cool hier au bal, je commence en essayant de faire fi de ma vieille colonne.

Harry acquiesce, tranquille comme elle enfourne une autre sucrerie dans sa bouche déjà pleine de gomme à mâcher.

_Il y a un gars, un ami. On s'est… dit quelque chose de secret mais il m'a trahi. Avec un de ses copains, ils ont montré notre secret à tout le monde, je raconte grossièrement, modifiant quelque peu certains détails.

C'est que je me vois mal raconter mes histoires de cœur à ma petite sœur de neuf ans*. Enfin, histoire de cœur... Oui, un peu.

_Et t'as réagi comment ?

_Je suis rentré à la maison.

La blonde enlève la grosse masse rose qu'elle a en bouche avant de l'emballer dans le papier d'un autre bonbon.

_Tu ne vas pas le remettre en bouche, si ? M'enquis-je.

_Yep. Faut pas gaspiller. Il est encore tout sucré !

Je passe une main lasse sur mon visage. Dire que je suis accablé par ses pratiques est un euphémisme. Cette gamine va perdre toutes ses dents et attraper une cochonnerie par-dessus le marché !

_T'aurais dû le frapper, reprend l'enfant.

_Je sais. J'approuve doucement.

Elle me détaille longuement et j'en fais autant sans réellement connaître les raisons d'une telle étude. Au bout d'une minute d'étrangeté de première classe, je demande :

_Pourquoi tu me fixes ?

_Parce que tu sais que t'aurais dû lui casser une dent et que tu l'as pas fait.

_Maman ne serait pas contente si elle t'entendait dire des trucs du genre, je souris.

Elle balaie ma remarque de la main en tripotant distraitement les oreilles d'une peluche traînant sur le tapis.

_Oui sauf que ça t'a fait du mal, dit la blonde. Il devrait avoir mal aussi. Tu crois qu'il a de la peine ? Moi je crois pas.

_Je ne sais pas, Harry. Je ne pense pas qu'il en ait, je souffle.

_C'est ce que je dis.

Éprouver de la tristesse ? Lui ? Non. Jamais. J'ai vraiment cru que c'était quelqu'un de bien. Je continue de le croire et c'est sûrement ça qui me fait me sentir encore plus con.

_Tu peux remettre play s'il te plaît ? Fais-je, la douleur dans mon dos me semblant ridicule comparée à celle qui sévit dans mon être tout entier.

Je suis un idiot fini. Voilà ce que je suis. Lundi il y aura tous ces gens affreux, dans les couloirs, dans ma propre équipe, partout. Et je vais devoir subir leurs regards sans broncher. Tout cela parce que j'ai cru en Sherlock Holmes.

La petite acquiesce, nous reprenons la course et je continue de foncer dans le même mur à chaque tour.


*En fait, j'ai cherché mais je n'ai pas réussi à trouver l'âge d'Harriet. Neuf ans, c'est cool de toute façon ahaha !

J'avoue, ce chapitre n'est pas sympas du tout XD Mais on sait tous qu'il faut #BelieveinSherlockHolmes# n'est-ce-pas ?

Bisous tout le monde !

H.