Salutations à tous et à toutes ! Voici le onzième chapitre de Lady Moon. Mais tout d'abord, laissez-moi répondre à la review.

Rieko-sama : Bonjour ! Bienvenue sur ma fiction ! Je suis ravie que ma fiction t'ait redonnée espoir xD Saches que si tu parles anglais, grainofsand est une très bonne auteur de Gaara/Hinata, bien qu'elle ait - semblerait-il - abandonné toutes ses fictions en cours... Mais en tout cas Silent Angel est terminée, et c'est assez drôle car très WTF ^^ Oui, c'est vrai que les fictions sur Hinata sont souvent les mêmes, c'est assez dommageable ! Je suis également heureuse que la relation Gaara/Hinata te plaise, c'est mon couple préféré ! On a la même waifu visiblement x3 Et je t'adore aussi, ta review est joviale et toute chouette, ça fait plaisir !


Chapitre Dix : La liberté.

Je me réveillai le matin, seule dans mon lit. Gaara avait quitté ma chambre après m'avoir racontée qui étaient ses parents. Lorsqu'il m'avait annoncé être le fils du Kazekage, j'étais restée interdite durant quelques minutes, surprise. Puis il m'avait raconté son histoire. En réalité, Gaara était le fils légitime du Kazekage. Lorsque Rasa (le Kazekage) avait appris pour la grossesse de sa femme, il avait alors tenté une expérience : il avait scellé Shukaku dans Gaara avant sa naissance, afin que mon amant puisse mieux exploiter les compétences du démon. Il était né un soir de pleine lune, et fût confié à Yashamaru, le frère de la reine Karura, qui était au courant de la nature de l'enfant. On le fit passer pour mort-né afin que personne ne posât de questions. Yashamaru était un commerçant riche, et personne ne lui avait posé de question quant à la présence de Gaara, puisqu'il n'allait jamais à la Cour. Il l'avait élevé durant six années, puis on l'avait confié à Baki pour qu'il devienne un Assassin Royal. Selon ses dires, Yashamaru n'avait jamais été bon avec lui, et avait parfois essayé de le tuer. Six fois, pour être précise. Il lui lançait des kunaïs dessus, et prétextait ensuite que c'était pour tester la vitesse de réaction du sable. Ce récit me mit en colère. Comment pouvait-on traiter ainsi un enfant ? Ce n'était pas la faute de Gaara s'il était un réceptacle ! Et de toute façon, pourquoi traiter un réceptacle différemment d'un être humain « normal » ? Plus tard, il fut adopté par Baki, qui déclara qu'il avait eu pitié de lui lorsqu'il l'avait trouvé dans la rue. Je poussai un soupir. Nous étions semblables sur bien des aspects. En plus de notre cruauté, nous étions tous les deux des erreurs, des indésirables. Nous étions de ceux dont l'existence en tant que personne n'était pas nécessaire. Je levai mes yeux vers le plafond voûté fait de pierres de ma chambre. Je me redressai et regardai autour de moi. Un sourire peiné se dessina sur mon visage. Je ne m'habituerais jamais à être seule dans ces appartements.

Je viens de me rendre compte d'une chose. Dans mon chapitre précédent, je ne vous ai pas mentionnés les autres Assassins Royaux. Ils étaient présents, et sont tout deux arriver peu de temps avant l'enterrement, mais nous n'avons pas communiqué en-dehors des politesses nécessaires. Ils ont rendu hommage à mon père, m'ont présentée leur condoléances et sont retournés dans leurs appartements. Cela ne me dérangea pas, ni me marqua car nous n'étions pas proches. Nous étions homologues, tout simplement. Ni plus, ni moins. Je n'avais aucune raison de les aimer ou de ne pas les porter dans mon corps. Les combattre ne me ferait ni chaud ni froid. J'avais du respect pour eux en tant que combattant, mais en tant qu'homme, ils ne m'importaient pas. Après avoir poussé un soupir, je quittai mes appartements, vêtue de noir, la couleur du deuil. J'étais armée, comme à mon habitude. Alors que je montais les marches, je sentis une présence en haut des escaliers. Je posai un main sur mon épée et activai mon Byakugan. Il s'agissait d'Itachi qui m'attendait, appuyé contre le mur de pierres. Je soupirai, rassurée, et finis de monter les escaliers. D'après ce que m'avait dit l'Hokage la veille, Itachi allait mettre mis au courant de mon véritable statut après l'enterrement par ses frères d'armes. Bien entendu, il ne saurait rien de mon Byakugan ou de mon nom, comme eux. Lorsque j'atteignis enfin le haut des marches, il s'inclina devant moi. J'eus un sourire doux, mais faux. Je ne savais pas sourire aussi de manière sincère, cela m'était impossible. Aujourd'hui, j'en suis capable, même si cela arrive rarement.

_ Je vous en prie, Itachi-san, relevez-vous. Ne vous inclinez pas devant moi.

Il se redressa et me tendit son bras en souriant mélancoliquement. Je le pris, heureuse qu'il ne dise rien quant à mon rôle. Il m'escorta jusqu'aux jardins, et nous nous installâmes dans un des nombreux kiosques cachés au milieu des fleurs et des arbres. Je m'assis dos aux jardins, le regard rivé sur l'immensité de Konoha qui s'étalait au pied du château. Je fis signe à Itachi de s'asseoir, agacée de le voir debout. Il obéit, et s'installa sur une des chaises en bois, en face de moi. Ses yeux se baladaient partout dans les jardins. Son corps était tendu, il était prêt à bondir en cas de danger. Cela m'amusa et je croisai mes jambes, la visage appuyée sur ma main. Personne ne connaissant mon identité serait assez fou pour m'attaquer ici, dans les jardins royaux.

_ Est-ce Sa Majesté qui vous a demandée de m'escorter ? Demandai-je pour le détendre. Le voir tendu ainsi était finalement agaçant.

_ Oui ma Lady. Mais je l'aurais fait de toute façon, répondit-il. Bien que ce ne soit pas très utile, n'est-ce pas ? Ajouta-t-il, amer.

_ Vous me permettez de garder ma couverture, Itachi-san. Et vous êtes quelqu'un de bien, j'apprécie votre compagnie.

_ Je vous remercie, ma Lady. Mon épée est vôtre, comme je vous l'ai déjà dit.

_ Lady Moon, je vous cherchais ! Intervint une voix avant que je ne puisse répondre.

Je me retournai, pour faire face à Gaara, qui s'avançait vers nous. Il pénétra dans le petit kiosque sous lequel nous étions installés, et me fit un baise-main, le tout sans accorder le moindre regard à Itachi. Je l'invitai à s'asseoir, et il s'assit à mes côtés, un rictus cruel sur le visage. Il se tourna vers Itachi, et l'étudia un instant avant de se tourner à nouveau vers moi. Son sourire se fit plus doux, et il posa sa main sur la mienne.

_ Ma Lady, je suis malheureux de vous annoncer que je ne pourrais être à vos côtés durant le procès. Le Kazekage ne m'a pas autorisé à séjourner ici longtemps, il désire que je parte dès ce soir.

_ Ce n'est pas grave, Gaara-san. Il est normal que le Kazekage requiert votre présence alors qu'il est malade. Je vous suis déjà reconnaissante d'être venu pour l'enterrement de mon père, répondis-je en cachant ma tristesse.

Gaara prit mon bras et Itachi nous suivit en silence, une main toujours sur le pommeau de son épée. Nous marchâmes jusqu'à la salle de réception où je pus avaler un copieux petit-déjeuner. Cela me rappela mon enfant, et toute l'énergie qu'il me demandait malgré le peu de temps durant lequel je l'avais porté. Je reposai ma tasse de thé et fixai l'assiette de nourriture qui se tenait devant moi. J'eus un soupir et reculai ma chaise pour me lever. Gaara, assis en face, me jeta un coup d'œil inquiet mais ne réagis pas. Itachi, qui attendait que je finisse de déjeuner à l'entrée de la pièce (lui avait déjeuné plus tôt) se dirigea vers moi rapidement. Je lui souris tristement, et pris son bras avant de quitter la salle. Le garde royal respecta mon silence, et je l'en remerciai intérieurement. Il se contentait d'être là tandis que je déambulais sans but réel dans les couloirs. L'Hokage m'avait demandée de me reposer jusqu'au jour du procès, et de faire mon deuil. Il avait également ordonné à Itachi de rester auprès de moi, afin de veiller à ma sécurité et à ce que je ne sois jamais seule. J'étais touchée par cette attention, car c'était la première fois que je pouvais être une femme normale. J'étais juste une fille pleurant son père, à ce moment précis. J'en fis part à Itachi, qui me sourit tristement.

_ Je ne sais quoi vous dire, ma Lady. J'aurais aimé que vous goûtiez à la normalité dans d'autres circonstances.

Je hochai la tête et m'assis sur un banc au milieu des fleurs aux couleurs bariolées. Le soldat s'assit à mes côtés et nous restâmes assis silencieusement dans le jardin durant de longues minutes. Je ne savais quoi dire, je ne savais quoi faire. Heureusement, Gaara arriva, les bras croisés sur la poitrine, comme à son habitude. Exceptés les moments où je tenais son bras, il les avait toujours fermement croisés sur la poitrine. Son regard était sérieux, et il regarda rapidement autour de lui après être arrivé à notre hauteur.

_ Lady Moon, vous m'aviez fait part d'un sujet dont vous vouliez discuter. Voulez-vous que nous trouvions un endroit pour commencer ?

Je hochai la tête et pris la main qu'il me tendait. Je me levai et époussetai ma robe tandis que Gaara s'adressait à Itachi, probablement pour la première fois. Je ne me souviens pas avoir entendu ces deux-là converser avant ce moment et, si c'est le cas, c'était très certainement une conversation banale et oubliable sans intérêt. Or, ici, les deux hommes s'affrontaient dans un duel de regards haineux. Je poussai un soupir de découragement. Même aujourd'hui, la fierté masculine est quelque chose qui m'échappe totalement. Pourquoi ont-ils toujours besoin de prouver qu'ils étaient les plus forts, sachant qu'il y a des femmes extrêmement puissantes qui marchent sur cette terre ? Vraiment, c'est tout à fait incompréhensible. Mais reprenons. Gaara et Itachi s'affrontaient dans un duel de regards, et un sourire cruel tordait le visage de mon amant, qui finit par prendre la parole au bout de quelques instants. Je sentais dans sa voix toute sa haine et son mépris pour Itachi. Il mourrait d'envie de le tuer. Je mis cela sur le compte de sa possessivité, puisqu'avant, Gaara n'avait pas montré le moindre intérêt envers Itachi.

_ Itachi, c'est bien cela ? Rendez-vous donc utile, et allez prévenir l'Hokage que Lady Moon et moi devons discuter d'une collaboration en vue d'une problématique commune.

_ Il n'en est pas question. L'Hokage m'a ordonné de rester à ses côtés pour la protéger.

_ La protéger ? S'amusa Gaara. Comment pourriez-vous protéger Lady Moon ?

_ Il suffit ! Tonnai-je, énervée, avant qu'Itachi ne réponde. N'avez-vous pas honte de vous comporter de la sorte en ces temps de deuil ? On croirait avoir affaire à des enfants ! Itachi-san, ne vous en faîtes pas. Prévenez l'Hokage que je serais dans les jardins en compagnie de Gaara-san.

_ A vos ordres ma Lady. Je m'assurerai ensuite que personne ne vous dérange.

Ses mâchoires étaient serrées par la frustration et la jalousie. Cependant, il me fit un baise-main, s'inclina devant Gaara et fit demi-tour pour s'éloigner rapidement. J'adressai un regard furieux à Gaara, qui se contenta de sourire. Il était satisfait de sa petite victoire sur Itachi, et me tendit son bras en silence. Nous marchâmes dans les jardins jusqu'à atteindre le kiosque le plus reculé de tous. Il y avait des fauteuils et un canapé moelleux, et nous nous installâmes face à face. Gaara sortit un tas de parchemin de son manteau, qu'il me tendit. Je les déroulai rapidement, et les parcourus des yeux. Il s'agissait des missions des Assassins Royaux, et des lois concernant l'utilisation du chakra, écrites par une plume très belle, avec une calligraphie très agréable. Je les connaissais déjà mais je les ai écrites pour vous, puisque vous ne les connaissez très certainement pas.

Première règle : l'Assassin Royal doit obéir en toutes circonstances à son Kage, quelque soit l'ordre.

Deuxième règle : pour ses missions, l'Assassin Royal peut mettre qui il désire au courant de son identité.

Troisième règle : l'Assassin Royal est le seul à décider qui sera son Apprenti.

Quatrième règle : l'Assassin Royal n'est pas autorisé à tomber amoureux d'une autre personne ou de procréer. Il n'a ni terre, ni fief, ni château.

Cinquième règle : l'Assassin Royal ne rend de compte qu'à son Kage. La garde royale et les nobles n'ont rien à lui demander.

Sixième règle : l'Assassin Royal est également le Conseiller de son Kage et se doit de l'épauler en toutes circonstances.

Voici les six règles qui dirigeaient notre vie. Nous étions véritablement des armes sans personnalité aux yeux des Kage. Je serrai les dents. Mon pauvre père avait été utilisé toute sa vie et, malgré mon amour pour cette existence, je ne pouvais m'empêcher d'en vouloir à ces règles qui nous transformaient en armes et nous privaient de notre humanité pour nous plonger dans folie froide qui nous rongeait tous lentement. À cet instant, une envie pressante de tout abandonner m'envahit. J'avais envie de quitter le palais, Konoha, et même le Royaume de Feu ! Je voulais juste disparaître dans la nature avec Gaara, et vivre en paix avec lui. Je jetai un coup d'œil à mon amant, qui attendait que je finisse de lire tout cela. Je pris alors rapidement les lois concernant l'utilisation du chakra. C'était assez simple : en dehors des membres des Clans Royaux, de la lignée des Conseillers (et encore c'était tout juste toléré) et de la garde royale, personne n'avait le droit d'utiliser le chakra. Si quelqu'un pouvant utiliser le chakra était découvert, trois choix s'offraient à lui : rejoindre la garde royale (seulement s'il en avait le niveau), mourir de ma main, ou épouser un membre d'un Clan Royal pour le rejoindre, ce qui n'arrivait presque jamais. Seul Minato Namikaze avait rejoint un Clan Royal grâce à sa puissance, à ma connaissance. Je soupirais de découragement. Comment atteindre la liberté ? Notre rôle ne pouvait disparaître du jour au lendemain ! Je repoussai les feuilles et levai les yeux vers Gaara. Il attendait patiemment que je parle.

_ Comment faire ? Nous ne pouvons pas disparaître comme cela.

_ Je ne sais pas. Peut être qu'il suffirait que nous rejoignions la garde royale ?

_ Non, ils n'ont pas non plus le droit de se marier. De plus, nous serions toujours éloignés l'un de l'autre... Ce n'est pas la liberté que je désire ! Répondis-je.

Ma réponse nous plongea dans le silence à nouveau, alors que nous réfléchissions intensément. Il nous fallait trouver une bonne idée, pour la soumettre à nos Kage. Si cela ne leur convenait pas, ils nous puniraient sans aucun doute. Alors que nous étions murés dans notre silence, nous reçûmes de la visite. Roshi, Killer Bee et Haku. Je me redressai, surprise. Que faisaient-ils ici ? Je leur posai la question, à laquelle Roshi répondit par « la liberté est quelque chose d'intéressant ». Un grand sourire se dessina sur mes lèvres. Ils voulaient eux aussi être libres. Nous leur fîmes de s'asseoir, et nous leur fîmes part du peu de choses auxquelles nous avions pensé. Roshi sourit sous sa barbe, et posa devant nous un rouleau.

_ Lisez-le, nous dit-il. Cela pourrait vous intéresser.

J'ouvris le rouleau rapidement et le lus attentivement. Le texte était nommé « Projet militaire ». Roshi semblait avoir déjà réfléchi à la question de la liberté des Assassins Royaux. Le document traitait de former les gens possédant du chakra, afin d'éviter tout débordement si nous les laissions courir en liberté sans qu'ils ne contrôlent leurs capacités, et de les charger de la sécurité du Royaume en intégrant les forces de police, et de gérer des situations qui ne nécessitait pas l'intervention de la garde royale et de l'Assassin Royal. Ce dernier deviendrait une sorte de général de ces forces spéciales, et formerait ces personnes au combat et à l'utilisation du chakra. La garde royale conserverait son travail, mais aurait l'autorisation de se marier. Je souris grandement et fis passer le rouleau à Haku, assis à côté de moi.

_ Roshi-dono, je me dois d'applaudir cette idée ! Il nous l'approfondir ! M'écriai-je avant de me tourner vers les autres. N'êtes-vous pas d'accord ? Mais j'ai une question... Comment êtes-vous au courant de notre projet ?

_ Votre père et moi en avions déjà parlé, me répondit Roshi. Lorsque j'ai entendu un garde royal prévenir l'Hokage que vous étiez dans les jardins avec Gaara-dono pour discuter d'une problématique commune, j'en ai déduit que vous étiez la digne héritière de Jiraiya-sama.

Je m'inclinai profondément devant Roshi, qui me sourit sagement. Ensuite, nous reprîmes notre conversation. Tout le monde approuva l'idée de Roshi et nous nous mîmes à y réfléchir. L'idée de former les utilisateurs de chakra était intéressante, mais les utiliser comme forces spéciales revenaient à créer d'autres Assassins Royaux. Il fallait qu'ils aient une mission qui leur permettait d'avoir une famille, une vie. Cependant, il nous fallait garder quelques membres en retraits afin qu'ils puissent gérer les problèmes liés à ces personnes, comme la criminalité ou la désertion. Même s'ils pouvaient être pris en charge par les autres utilisateurs de chakra, traquer et exécuter un de vos ancien homologue n'est pas chose facile, et mieux vaut être détaché de sa cible. Tuer quelqu'un que l'on aime relève presque de l'impossible, ou alors, il faut mourir avec la personne, accepter de perdre ce qui fait de nous un être humain, et devenir un monstre. Or, nous voulions que cela cesse, que plus personne n'ait à supporter la solitude dévorante qui rongeait les Assassins Royaux. Soudain, une idée me vint. Une armée. Voilà ce que nous allions créer. Une armée de soldats utilisant le chakra. Un groupe de ces soldats se chargeaient des missions plus secrètes, tels que l'assassinat ou l'espionnage, mais ils travailleraient constamment en équipe. Les Assassins Royaux, quant à eux, abandonneraient leur devoir secret, et deviendraient général des armées de chakra et commandant de la garde royale. Ils auraient le droit de se marier, et d'avoir une famille. Ils n'interviendraient personnellement dans de missions secrètes qu'en cas d'absolue nécessité. De plus, la nomination à ce poste n'aurait plus rien à voir avec la « lignée » des Assassins Royaux, mais chacun pouvait espérer le devenir. Je proposai immédiatement mon idée à mes homologues, qui semblèrent enthousiasmés.

_ Cependant, le groupe secret reste un groupe d'Assassins Royaux, opposa Killer Bee en croisant les bras sur sa poitrine.

_ Non, ils auront le droit d'avoir une famille, de se marier. Pardonnez-moi, j'ai oublié de le préciser, m'excusai-je.

_ Ce n'est pas grave, j'aurais dû le savoir moi-même. Ma foi, cette conception me plaît bien. Que fait-on de la garde royale ? Ajouta-t-il.

_ Faisons de même. Chacun doit être libre d'aimer et de vivre, intervint Haku.

_ Parfait. Il faut à présent nommer ces groupes. La garde royale gardera son nom, mais qu'en est-il de l'armée des utilisateurs de chakra ? Comment voulez-vous la nommer ?

_ Nous n'avons qu'à les appeler « ninjas », ironisa Gaara, resté silencieux jusque là.

_ Ce n'est pas une si mauvaise idée, rétorqua Roshi. Autrefois, avant l'apparition du chakra, les ninjas étaient les soldats d'élites. Ce nom conviendrait bien à nos soldats.

Je vis mon amant rouler des yeux. Pour vous, ce nom est synonyme de puissance et de force mais pour nous, à cette époque, il était tout bonnement démodé et ridicule, rappelant un monde sans chakra et où les hommes ne vénéraient pas Erin mais des dieux dont j'ignore le nom, car cela ne m'a jamais intéressée. J'eus un sourire amusée mais, finalement, le nom fut adopté. Gaara roula des yeux, blasé par un tel choix. Cependant, comment l'annoncer aux Kage ? Nous ne pouvions pas débarquer dans la salle du trône et jeter notre idée sur le tapis. Killer Bee décréta que nous l'annoncerions au prochain sommet des Kage, dans onze lunes. Nous approuvâmes, et Haku entreprit de rédiger proprement tout ce que nous avions établi. Les règles, et les rangs de l'armée. Le rang le plus bas serait celui des Genin, puis au-dessus nous aurions les Chunin, et enfin les Jounin. Ensuite, il y aurait les chefs de régiment, au nombre de cinq, comme le nombre d'affinités existantes. Roshi se proposa pour garder le précieux parchemin, mais Gaara refusa fermement. Les Royaumes du Vent et de la Terre ne s'entendant pas, il était sûr que l'animosité entre ces deux-là serait ravivée par la discussion.

_ Il en est hors de question. Chacun doit avoir un exemplaire, identique à celui des autres, imposa mon amant.

Tout le monde approuva, et nous recopiâmes mot pour mot le parchemin. Je ne me souviens pas parfaitement de ce que nous avons écrit. J'avais beau placé tout mon espoir de liberté dans ce parchemin, les mots écrits dessus ne me marquèrent point. J'écrivais machinalement, j'avais du mal à comprendre que tous les Assassins Royaux souhaitaient la même chose : la liberté. Mon regard se porta sur chacun d'entre nous. Sur ce que nous étions réellement. Des tueurs de sang-froid. Des bourreaux. Des survivants. Des tueurs capables d'exterminer cinquante hommes et de se relever, couverts du sang de nos victimes, sans que cela ne nous donne de cauchemars. Mes homologues et moi finîmes notre copie du parchemin puis nous saluâmes. Il était pour eux de repartir. Gaara partirait le soir, afin d'arriver à Suna dans la nuit, et de ne pas avoir à affronter l'importante chaleur du désert. Lorsque les autres Assassins furent partis, Gaara et moi nous retrouvâmes seuls. Itachi avait été rappelé auprès de l'Hokage, et je pus partager un moment avec mon amant. Nous nous promenions dans les jardins du palais, échangeant sur nos missions, nos entraînements.

_ Je suis le dernier Apprenti, grommela mon amant. C'est stupide, je pourrais largement vaincre Haku, si je m'en donnais la peine !

_ Haku-dono et moi-même n'avons pas totalement terminé notre entraînement, répondis-je en ignorant son manque de politesse envers Haku. Nos maîtres nous ont été arrachés avant l'heure.

_ Je le sais. Sauf que Zabuza a eu ce qu'il méritait. Jiraiya-sama a été assassiné.

Je baissai les yeux. Je me sentais toujours coupable quant à la peine qu'avait dû endurer Haku lors de l'exécution de Zabuza sous ses yeux. Gaara le remarqua et, grognant sourdement, me saisit brusquement par le bras pour m'entraîner à sa suite. Je poussai un petit cri d'indignement, mais le suivis tout de même. Je ne craignais pas qu'il puisse me faire de mal. Il me guida à l'écart, au fond des jardins, près du temple d'Erin. Nous étions cachés des autres gens de la Cour par d'épais arbres, dont les feuillages offraient une certaine protection. Gaara me plaqua contre un arbre centenaire et mit un coup de poing dans ce dernier à quelques centimètres de ma tête.

_ Arrête de te faire du mal ! Ce n'est pas parce que tu laisses la culpabilité et la tristesse te ronger que ton maître ou même Zabuza reviendront à la vie ! Ils sont morts, Hinata ! Morts, tu comprends ? Ton maître ne souffre pas, il est avec Erin, et il est libre ! Qu'est-il arrivé à la femme la plus cruelle des cinq Royaumes dont je suis tombé amoureux ? S'écria-t-il.

J'étais atterrée. Gaara ne s'était jamais énervé contre moi. Pire encore, son œil droit se transformait lentement. Il dut remarquer mon inquiétude, car il respira profondément pour se calmer. Lorsqu'il rouvrit les yeux, son œil était revenu à la normal. Je soupirai, rassurée.

_ Le démon refaisait surface, lui dis-je.

_ Ne change pas de sujet ! Hinata, arrête de te bouffer le moral, putain ! Ce n'est pas bien de pleurer les morts comme ça ! Il faut les honorer en aimant la vie ! Tu crois vraiment que Jiraiya-sama voudrait que tu te comportes ainsi ?

_ Je sais, pardon... m'excusai-je.

_ Mais cesse donc de t'excuser ! Hinata, dois-je te rappeler que tu es un Assassin Royal ? Les morts ne devraient pas te peser sur la conscience.

_ Je sais qui je suis ! M'écriai-je, agacée qu'il s'en prenne ainsi à moi. Crois-tu que j'ai oublié ? Je suis malheureuse d'avoir perdu mon père, est-ce si inconcevable ?! Je me fiche des morts ! Je me fiche de tuer ! Je pourrais tuer des gens nuit et jour sans que cela ne me fasse rien ! Je pourrais être couverte de sang et continuer ma vie comme si de rien n'était ! Non ! Pire ! J'aime tuer des gens ! Alors crois-tu vraiment que les morts me pèsent sur la conscience ?

Il resta silencieux un instant, puis un rictus cruel déforma son visage et il éclata de rire. C'était un rire hystérique et fou, un rire qui glacerait jusqu'aux os le plus téméraire des soldats, mais qui laisse un Assassin Royal impassible. Un rire qui peut être plus efficace qu'une lame dans une séance de torture. Un rire qui signifie « j'aime tuer, et j'aime voir les gens souffrir. Je vais bien m'amuser, avec toi ». Un rire qui n'appartient qu'à Gaara. Parce qu'il est le seul à pouvoir rire de tout cela. Comme si, pour lui, tout cela n'était qu'un grande farce. Finalement, lorsqu'il fut calmé, il écrasa brutalement ses lèvres sur les miennes, et me serra violemment contre lui. Mes mains se perdirent dans ses cheveux, les tirant presque. Il émit un grognement étrange, et m'attira plus fort contre lui. J'aime Gaara. Je ne peux rien y faire, je ne pouvais rien y faire. À ce moment précis, j'étais perdue dans ses bras, bercée par son odeur et charmée par son corps. Et soudain, naquit le premier vrai sourire d'Hinata Hyuga. Le premier sourire instinctif, sincère. Cela me mit en joie, et j'avais envie de sourire encore et encore. Néanmoins, le temps des séparation arriva. Le soir tomba et avec lui, le départ de mon amant. Il monta dans son carrosse, suivie par celle que je devinai être Matsuri. C'était une gamine d'une douzaine d'année, aux cheveux bruns et aux yeux couleurs de boue. Elle était petit et maigre, mais semblait robuste. Elle souriait beaucoup, ce qui la rendait plutôt jolie pour une enfant. Son plus gros défaut était son besoin de parler. Elle ne se taisait jamais. Il fallait toujours qu'elle dise quelque chose. Elle était pire qu'Ino Yamanaka qui m'avoua qu'elle la trouvait particulièrement insupportable, puisqu'elle n'arrêtait pas de lui poser des questions sur tout et n'importe quoi. Avant de grimper dans le carrosse, la petite servante me fit un signe de la main, me surprenant. Je ravalai une remarque acerbe et une expression dégoûtée. Elle m'agaçait profondément. Je l'aurais bien tuée. Ino sembla le remarquer, puisqu'elle se pencha à mon oreille.

_ Évitez de tuer cette petite, ma Lady, ce n'est pas le moment de causer un incident diplomatique, sourit-elle.

Je hochai la tête et jetai un coup d'œil à la couturière. Après le départ de Gaara, elle m'annonça qu'elle avait décidé qu'elle était à présent ma suivante. Elle trouvait cela inconcevable de me laisser seule, et que j'avais besoin de compagnie. Si je fus tentée de refuser, je me rappelai qu'Ino était au courant de mon identité et qu'ainsi, elle ne poserait pas de questions si je devais m'absenter pour une mission. J'acceptai donc, et elle me répondit avec un sourire malicieux qu'elle ne m'aurait pas laissé le choix. Cela m'étonna, mais je me radoucis. Ino était une personne ayant prouvé plus d'une fois sa loyauté au Royaume, je n'avais rien à craindre d'elle. Elle passa donc la soirée en ma compagnie, et entreprit de m'expliquer le processus de fabrication des tenues d'Assassin Royal. Elle plaisanta en prétendant que personne ne pouvait la battre du moment qu'elle tenait une aiguille. Cela me rappela soudainement qu'elle avait été l'espionne ayant permis de démasquer Sasuke, et qu'elle risquait d'être attaquée par de potentiels alliés à n'importe quel moment. Je sortis donc un de mes couteaux à lancer de ma tenue, et un dizaine de senbons avant de les lui tendre.

_ Vous nous avez aidés à démasquer Sasuke, vous êtes potentiellement en danger. S'il devait vous arriver quelque chose, je viendrai vous aider, mais je préfère que vous puissiez vous défendre en cas de besoin.

_ J-Je ne sais pas les manier, balbutia-t-elle.

_ Le couteau peut soit se lancer soit être utilisé au corps à corps. Il porte un poison paralysant. Quant aux senbons, ils sont recouverts d'un poison qui endort ses victimes. Donc, où que vous frappiez, votre adversaire sera immobilisé. Ou au moins ralenti.

Je lui montrai ensuite les mouvement de base du maniement du poignard et du lancer de senbons. Elle assimila plutôt bien les bases, ce qui me rassura. Elle n'était pas une combattante d'élite, loin de là, mais au moins, elle n'était pas sans défense. Soudain, quelque chose me frappa. Ino Yamanaka était mon amie. Je la considérais comme un amie. Je fus abasourdie par cela, et je restai figée un certain temps en fixant le plafond de ma chambre en y repensant. J'avais une amie. Une véritable amie. Un lien qui s'était forgé avec le temps, avec les interactions. Et soudain, naquit un sourire sur mon visage. Le second de la journée. J'avais souri pour les deux personnes à qui je tenais le plus et qui étaient en vie. Mon amie, et mon amant. Croyiez-vous que les héritiers étaient les personnes les plus chères à mes yeux ? Il n'en est rien. Je tenais à peine à eux, si l'on excluait ma famille, pour qui j'éprouvais un amour naturel. Ce n'était pas des liens qui s'étaient seuls, naturellement. C'était des liens presque forcés. Or, je ne voulais plus de ça. Je ne voulais plus être forcée à quoi que ce soit. Je voulais être libre, être maîtresse de mes actions. Ce fut sur cette pensée que je m'endormis profondément. Le procès finit par arriver. Un matin, Itachi vint me chercher, en silence. Il ne dit rien, il ne parla pas. Il me guida simplement jusqu'à la salle où aurait lieu le procès de Sasuke, dans l'aile est. Deux soldats nous ouvrirent les portes et les refermèrent aussitôt derrière nous. Tout le monde n'était pas convié au procès d'un noble comme Sasuke. Il avait toujours le droit à certains égards, bien que cela me donna envie de vomir. Le tribunal du palais royal n'était pas très grand. Il y avait tout d'abord deux rangées de cinq bancs pouvant accueillir une dizaine personnes maximum, puis le bureau de l'avocat devant la rangée de gauche et à côté, devant l'autre rangée. Au milieu se trouvait l'accusé, qui était maintenu par des chaînes anti-chakra et encadré par les gardes royaux, et enfin, au fond, la place du Juge de la Cour de Konoha : Shikaku Nara, un homme extrêmement intelligent. L'avocat était une femme nommé Tenten Higurashi, avocate du Royaume, et le procureur Shino Aburame, un homme silencieux à qui je n'avais jamais eu la chance de parler. J'avais discuté avec Tenten Higurashi lors d'une réception. C'était une femme honnête, qui croyait que tout le monde méritait d'être défendu. Cependant, au vu de l'accusé, j'ignorais totalement sur quoi elle avait basé sa défense. Itachi m'accompagna jusqu'au premier rang de la rangée de Shino Aburame, qui s'inclina rapidement devant moi. L'Hokage et Hanabi occupait une place d'honneur et les Clans Royaux étaient installés derrière. J'étais seule. Les Hyuga était au second rang de ma rangée, et derrière se trouvaient les Uzumaki et les Senju. Dans la rangée de Tenten se trouvaient les Uchiha et les rares Sarutobi présents à Konoha. Itachi m'adressa un regard compatissant et rejoignit ses frères d'armes. Alors que le procès allait commencer, la porte s'ouvrit sur Ino Yamanaka, qui balaya son regard glacial sur la pièce. Lorsque le juge lui demanda ce qu'elle faisait là, elle répondit qu'elle faisait son rôle de suivante, et qu'elle était là pour me soutenir. Ensuite, sans attendre l'accord de personne, elle vint s'installer à côté de moi, et défia le juge du regard. J'étais abasourdie. Elle n'avait pas le droit d'être ici ! Je lui en fis part, mais elle haussa les épaules et répondit « Au diable les règles. Je suis ici pour m'assurer que vous ne soyez seule, ma Lady ». Le juge finit par sourire, amusé, et l'autorisa à rester. Ma suivante sourit grandement, et serra doucement ma main. Je portai mon attention sur le procès qui venait de commencer. Tenten et Shino s'étaient lancés dans un duel impressionnant de paroles. Tenten défendait corps et âme son client, ce qui était tout à fait étonnant. Pourquoi se donnait-elle tant de mal pour un assassin ? Il y avait des dizaines de témoins ! Mais ce fut en voyant l'expression de Lady Mikoto Uchiha, mère des deux frère, que je compris. Il fallait apaiser cette femme. Il fallait que Sasuke Uchiha soit jugé correctement pour qu'elle ne déchaînât pas son Sharingan contre nous – vous n'avez pas idée des dégâts qu'un parent peut faire pour son enfant – ou qu'elle attentât à sa vie. Ce n'était pas notre but. Mais reprenons. La premières chose sur laquelle il fallait débattre était la diffamation. Sasuke avait-il, oui ou non, porté atteinte à mon honneur ?

_ Votre Honneur, j'aimerais appeler un témoin à la barre, demanda Shino.

_ Quel est-il ?

_ Le garde royal Itachi. Il est celui ayant secouru Lady Moon après qu'elle ait été agressée par Zabuza Momochi.

_ Objection Votre Honneur ! S'écria Tenten en se levant d'un bond. Nous ne traitons pas de l'agression de Lady Moon !

_ Objection rejetée. Itachi-san ? Venez à la barre, je vous prie.

Itachi fit un pas en avant et s'inclina poliment devant le procureur. C'était étonnant et amusant de le voir s'agenouiller ainsi devant un procureur, lui qui, auparavant, ne s'inclinait devant personne, excepté les Kage. Son expression était sérieuse, il attendait les questions. Shikaku lui fit d'abord jurer devant Erin qu'il ne dirait que la vérité, puis Shino fut autorisé à poser ses questions.

_ Lady Moon, je tiens tout d'abord à m'excuser si mes propos venaient à réveiller des cauchemars. Mais sans cela, nous n'obtiendrons jamais justice.

_ Allez-y, dis-je. Nous voulons tous la même chose.

_ Je vous remercie. Itachi-san, êtes-vous bien celui ayant secouru Lady Moon lors de son agression par le Conseiller Zabuza Momochi dans les jardins du palais d'Iwa ?

_ Oui.

_ Et lorsque vous êtes intervenu, pouvez-vous me décrire dans quel état était Lady Moon ? Quel était son comportement, son expression ?

_ Sa chemise de nuit était déchirée et elle était blessée. Elle avait été étranglée et frappée. Son nez était visiblement brisé et elle saignait de la bouche. Lorsque Lady Kurotsuchi est arrivée, Lady Moon s'est réfugiée dans ses bras. Elle semblait refuser tout contact avec un homme.

_ Et à votre avis, comment a-t-elle reçu ces blessures ? Quelle est la cause de son rejet des hommes ?

_ Zabuza Momochi l'a probablement battue pour l'empêcher de s'échapper et d'appeler à l'aide. En l'étranglant, il ne voulait pas la tuer, mais la faire taire, j'imagine. Son rejet des hommes doit être due à sa peur que ce qu'elle venait de vivre recommence.

_ Donc ces blessures ne seraient pas dues à un type particulier de relation. Nous sommes bien d'accord que nous étions face à une agression sexuelle emprunte d'une violence sans nom qui a par la suite conduit à une grossesse avortée chez Lady Moon.

_ Oui, répondit encore Itachi en serrant ses points plus fort.

Son corps était tendu comme un arc. Shino le laissa retourner s'asseoir et le garde regagna sa place, aussi stoïque que possible. Quant à moi, je tremblais de tout mon corps. Tout le monde savait que j'avais été forcée, et mes blessures étaient encore visibles. Pourquoi devoir tout raconter à nouveau ? J'en voulus beaucoup à Shino, même si je savais qu'il y avait probablement une explication logique à tout cela. Mais mes souvenirs étaient revenus à la charge, et ce n'était évidemment pas une chose que je désirai. Cependant, je n'eus pas le temps de m'apitoyer sur mon sort puisque Shino reprit la parole.

_ Votre Honneur, comme vous pouvez le constater, Lady Moon n'aurait pas pu apprécier ce que Zabuza Momochi lui a infligée. Dès lors, il est évident que l'accusé a attaqué frontalement son honneur et a tenté de le souiller.

_ Tenten-san, une objection ?

La jeune femme serra les dents et secoua la tête. Une pause pour déjeuner fut finalement décrétée. De plus, cela laisserait le temps à la défense de se préparer, et au juge de réfléchir. On escorta Sasuke à sa cellule, et je quittai la salle pour me rendre directement à la salle de réception. Naruto et Neiji se dévouèrent pour être mes gardes du corps, et ne me lâchèrent pas d'une semelle durant toute la réception. Agacée, je finis par demander pourquoi. Je n'aimais pas être surveillée, je voulais un peu de solitude et de calme. Malheureusement pour moi, Naruto n'était pas calme, et il s'entendait très bien avec Neiji.

_ Lady Mikoto et son garde du corps vous regardent depuis tout à l'heure. Il serait totalement insensé de vous laisser seule, répondit finalement Neiji.

Aidée par mon Byakugan, je jetai un coup d'œil aux membres du Clan Uchiha. Lady Mikoto me regardait haineusement. Mon Kekkei Genkai se désactiva tout seul et je m'entourai de mes bras, honteuse. Comment pourrais-je regarder cette femme dans les yeux ? Même si je maudissais son fils, je n'avais rien contre elle. Je ne souhaitais pas qu'elle fût malheureuse, mais Sasuke méritait la peine de mort. Pourquoi s'embêter à le garder enfermé à vie ? Ce serait un gâchis de ressources, et il y avait toujours le risque d'un évasion. Je poussai un soupir, découragée. Tout cela aurait été beaucoup plus simple si l'on m'avait laissée exécuter Sasuke. Finalement, après un déjeuner rapide mais nourrissant, le procès reprit. Alors que je m'installais à ma place, je vis Tenten discuter avec Sasuke. Elle était embarrassée, signifiant qu'elle avait comprit qu'elle ne pouvait pas sauver son client. Il hocha la tête, et se tourna vers le juge.

_ Votre Honneur ? Je plaide coupable. Pour la diffamation et le meurtre, déclara-t-il.

Sa mère poussa un gémissement de douleur étranglé, et son père baissa les yeux, honteux. Le juge considéra un moment Sasuke puis se massa l'arrête du nez, en profonde réflexion. Il finit par demander aux autres représentants de la loi s'ils avaient quelque chose à ajouter. Ce fut Tenten qui parla. Elle se leva, et tenta de sauver Sasuke.

_ Votre Honneur, j'aimerais faire une proposition de peine pour mon client. La diffamation est passable de six mois de travaux forcés. Pour cela, je ne demanderai aucune réduction. Cependant, si le meurtre est normalement passible de la peine capitale, j'aimerais rappeler que mon client a des circonstances atténuantes. Il s'agit d'un homicide sans préméditation, dont la cause est la colère. Mon client, honteux d'avoir perdu, s'est senti humilié par sa défaite et, sous le coup d'une regrettable impulsion, a attaqué Jiraiya-sama. Je réclame vingt ans de travaux forcés pour mon client, sans aucune réduction de peine possible, même s'il se comporte de manière exemplaire.

Je faillis hurler de colère et de frustration. Comment pouvait-elle espérer sauver son client ainsi ? Je retins une expression de dédains. Même si Sasuke n'était pas condamné à la peine de mort, j'irais l'exécuter. Il avait signé son arrêt de mort le jour où il avait trahi son Royaume. Je croisai les bras, attendant le verdict du juge. Après quelques minutes durant lesquelles juge, avocat et procureur discutèrent, Shikaku se prononça. Sa réponse faillit m'arracher un rire de joie hystérique. Sasuke Uchiha, pour le meurtre de Jiraiya, était condamné à la décapitation. Dans la salle, le silence tomba. Personne ne sût comment réagir. Soudain, Lady Mikoto hurla et se précipita vers son fils, suppliant qu'on l'épargne. Sasuke, quant à lui, parut surpris de la réaction de sa mère. Les gardes s'interposèrent, mais ce fut Fugaku qui la rattrapa par la taille. Je me levai également, une main sur mon épée, prête à intervenir. Elle se débattait dans les bras de son mari, implorant la merci de l'Hokage. Je jetai un coup d'œil à mon seigneur, qui secoua négativement la tête. Sasuke n'obtiendrait pas la grâce royale. Lady Mikoto hurla de douleur, et son Sharingan s'activa. En une seconde, elle s'était libérée de l'emprise de son mari et avait volé son épée.

_ Tu oses laisser ton fils mourir ! Hurla-t-elle. N'es-tu pas un Uchiha ? N'es-tu pas un père aimant ?

_ Mikoto, cesse donc ta folie...

_ Jamais ! L'Hokage m'a pris mes deux fils ! Si tu es complice de cela alors tu ne mérites pas mon pardon ! Hurla-t-elle en levant l'épée.

Je poussai Ino hors de mon chemin et me précipitai vers Lady Mikoto et Fugaku. L'intention meurtrière de Lady Mikoto augmentait d'instant en instant et je pus m'interposer entre elle et son mari à la dernière seconde, bloquant son arme avec la mienne. Le bruit des deux armes se cognant résonna dans toute la pièce. Lady Mikoto était perdue dans sa folie. Rien ne l'arrêterait à part la mort. Je serrai les dents, agacée. Je jetai un coup d'œil aux gens autour de moi. Il y avait trop de gens ignorant mon identité ici, je ne pouvais pas révéler toutes mes capacités. Je me contentai donc de repousser violemment Lady Mikoto. Elle réussit à rester debout grâce à son Sharingan, mais je sentis qu'elle se reposait entièrement dessus. Comprenant qu'elle n'aurait aucune chance contre moi, elle fit volte face et s'élança vers quelqu'un d'autre. Son fils. Les gardes royaux s'interposèrent, mais, comme je vous l'ai déjà dit, une mère en colère est presque impossible à arrêter. Je la poursuivis, imitée par Fugaku. Mais elle les atteignit rapidement et lança l'épée. Les quatre soldats d'élites l'évitèrent, ne comprenant que bien trop tard son but. Sasuke. L'épée atterrit dans les mains du prisonniers qui fit un bond arrière et brisa ses liens anti-chakra avec. Il était libre. Il se précipita alors vers la fenêtre, poursuivi par les gardes royaux pendant que plaquais Lady Mikoto au sol.

_ Gardes royaux ! Exécutez Sasuke Uchiha ! C'est un ordre ! Hurlai-je tandis que Lady Mikoto ruait sous moi.

_ Allez les aider, ma Lady ! Je retiens Lady Mikoto ! S'écria Ino en sortant ses senbons.

Je hochais la tête et m'élançai vers la fenêtre sans prendre la peine de regarder en arrière. Sasuke était à quelques mètres de celles-ci. Soudain, quelqu'un apparut devant, bloquant le passage au traître. L'Hokage en personne. Il avait l'air extrêmement sérieux. Sasuke chargea son bras d'électricité, comme lorsqu'il avait assassiné mon père. Hiruzen forma quelques mutras, loin d'être impressionné et plaça ses mains devant sa bouche, formant un entonnoir.

_ Katon ! Karyû Endan !

Une flamme immense jaillit de sa bouche, forçant Sasuke à se jeter sur le côté pour éviter, tandis que les gardes royaux se jetaient au sol. Ayant deux mètres de retard à cause de ma tenue, je n'eus pas besoin d'esquiver le jutsu et je pus me jeter sur Sasuke. Nous percutâmes la fenêtre et basculâmes tout deux dans le vide. Le verre explosa dans un bruit assourdissant et je sentis des morceaux déchirer ma robe et ma peau, mais je ne bronchai pas. J'avais expérimentée pire douleur. J'étais fermement agrippée à Sasuke. Je ne lâcherais pas. Jamais. Tant qu'il ne serait pas mort, je ne laisserais jamais Sasuke en paix. Il se débattait sous moi. Probablement connaissait-il un jutsu capable de l'aider, mais il ne voulait le partager avec moi. Le sol se rapprochait dangereusement. Je fermais les yeux. Personne ne pouvait survivre à une chute pareille. Ni lui, ni moi. Les pavés nous attendaient en bas. J'entendis quelqu'un hurler « Moon » avec une voix déchirante. J'activai mon Byakugan pour ce que je crus être la dernière fois et désactivai mon Henge. Je voulais admirer le monde avec mes propres yeux une dernière fois. C'est alors que je les vis. Les gardes royaux courraient le long du mur à notre poursuite. Le visage d'Itachi était déformé par une grimace de terreur et de désespoir absolu. Nous n'étions plus qu'à une dizaine de mètres du sol. Il était trop tard pour qu'ils nous sauvent. J'entendis Sasuke pousser un juron, puis je sentis son chakra pulser. « Susano ! » appela-t-il. Une armure squelettique violette se développa alors autour de nous et amortit notre atterrissage. J'avais l'impression de tomber sur un matelas. Mais l'atterrissage me fit rouler au sol à quelques mètres de Sasuke. Il se redressa, en parfaite santé, alors que j'avais quelques hématomes. Je me relevai lentement, quand soudain, l'armure grandit et me saisit, m'arrachant un cri de surprise. J'expulsai cependant du chakra via tous mes tanketsus, la faisant exploser. J'atterris souplement au sol, et fixai Sasuke dans les yeux. Il grognait, agacé que j'ai pu me libérer de son emprise. Mes yeux virèrent naturellement au vert, et me mis en position de combat.

_ Crois-tu pouvoir m'arrêter avec si peu ? Me moquai-je.

_ Honnêtement ? Oui. Je n'ai même pas le droit de te tuer. Orochimaru-sama veut ton corps. Il m'a promis un de tes yeux ! Ronronna-t-il.

Je réprimai un grimace de dégoût, et regardait autour de nous. Nous étions dans les jardins arrières, non loin du temple. Il n'y avait personne autour de nous. Ici, je pouvais me déchaîner. Je défis alors ma robe, jetai mes chaussures sur le côté, et déclenchai mes lames rétractables. Je pouvais enfin le défier. Un rictus cruel déforma mon visage tandis que mes veines faciales gonflaient familièrement sous mon Henge. Les gardes royaux arrivèrent enfin, et se plantèrent à côté de moi. Aucun ne posa de questions, ils attendaient mes ordres. Ces derniers furent simples. Trois d'entre eux devaient retourner auprès de l'Hokage. L'autre me rapporterait un cheval et des armes de rechange. Il devait être prêt à me suivre si jamais Sasuke s'échappait pour que nous puissions le poursuivre. Ils hochèrent la tête et repartirent immédiatement. Le vent se leva et balaya les jardins. Et, enfin, Sasuke et moi nous jetâmes l'un sur l'autre. Il hurlait de rage, je souriais sadiquement, excitée à l'idée de le tailler en pièces.

Père, je vais vous venger. Votre Majesté, je vais vous protéger. Je suis l'Assassin Royal du Royaume de Feu !