NE FAIS PAS UN BRUIT
Chapitre 10
PDV Edward
J'avais encore de l'espoir, Bella n'avait pas déménagé. Grâce à mon charme, j'avais convaincu sa propriétaire, une 'cougar' d'une cinquantaine d'années, de m'ouvrir l'appartement pour que je récupère soi-disant un livre. J'avais constaté que Bella n'avait emmené en Floride que le strict minimum. J'avais bien sûr été tenté de fouiller et de percer le mystère de mon amante, je n'en avais pas le temps. Contre ce service, j'avais invité à boire un café ladite propriétaire.
Après cela, je tentais de joindre sa mère, je ne savais rien d'elle, juste qu'elle et le père de Bella avaient divorcé quand Bella était encore un bébé. Je ne pus la localiser, la mère de Bella ne portait plus le nom Swan sans doute.
Alors je me mis à arpenter le quartier de Bella et mes efforts furent récompensés au bout de deux jours, même si je n'aurais pas envisagé ainsi ce nouveau face-à-face. Il était près de dix-neuf heures, je me commandais un café au coin de la 47ème, à deux cent mètres de l'appartement de Bella quand je fus poussé contre le mur.
« Où est-elle ?! »
C'était ce garçon qui avait provoqué Bella lors de notre remise de diplômes, celui que j'avais guetté, persuadé qu'il n'avait pas abandonné non plus.
« Chez sa mère. Lâche-moi. » grognai-je en l'empoignant par le col.
« Va te faire foutre ! Cette fois-ci, je vais me battre ! »
Il semblait plus désespéré que moi, mal rasé, mal habillé, de larges cernes sous ses yeux noirs. Il paraissait bien plus impressionnant, sans Bella pour le rabaisser.
« Pourquoi ?! Elle ne voulait pas quitter Seattle ! » argua-t-il.
Voilà un détail que j'ignorais, j'avais eu raison de le rechercher.
« Lâche-moi ! »
Les passants nous lançaient des regards curieux et alarmés. Je vis à l'intersection à ma droite, deux policiers en train de parler avec une femme qui nous pointa du doigt.
« Viens, j'ai à te parler. »
Le garçon me suivit, ses poings serrés, il refusa de me lâcher du regard. Je l'entraînai dans un bar et nous commandai deux whiskies.
« Tu t'appelles comment déjà ? »
« Jake. » répondit-il, méfiant.
« Tu as été avec elle combien de temps ? »
« Huit moins. Ca aurait dû continuer mais elle t'a rencontré et m'a jeté. »
« Et tu l'as mal pris. » conclus-je, me souvenant de ses suppliques à Bella.
« Tu sais ce que c'est. Un contrat rompu aussi abruptement... c'est difficile. »
« Un contrat ? » tiquai-je.
« Ouais, enfin pas un contrat écrit mais tu sais bien, le contrat entre un dominant et un soumis. »
J'ouvris grand la bouche et les yeux, que me racontait-il ?
« Tu n'as pas eu de règles à respecter, peut-être ? » se moqua-t-il.
Oui j'avais eu des règles et oui l'attitude de Bella, souvent digne d'un dictateur, m'avait parfois choqué et blessé. Mais jamais elle n'avait employé de mots comme soumis, domination, sadique. Jake n'était pas qu'un simple ancien amant.
« Paul et moi, on ne t'a jamais vu, tu es nouveau c'est ça ? »
« Qui est Paul ? »
« C'est lui qui aide Isabella à se trouver des soumis. Il a enquêté sur toi quand je lui ai dit qu'Isabella t'avait pris comme soumis. »
« Elle n'est pas adepte de ça. » répliquai-je avec colère.
Pas elle, pas ma douce Bella, pas celle qui n'avait que peur de la nuit et des monstres, pas celle qui aimait le cheesecake à la banane...
« Je t'accorde qu'elle est du côté des gentils dominateurs. »
« Je te colle un poing si tu continues ! » m'écriai-je.
Au moins, personne ne faisait attention à nous, le bar était bondé et bruyant.
« Huit mois avec elle, c'était génial et j'ai cru que nous pouvions avoir plus. Je ne pouvais plus me contenter de ses nuits. »
« Vous avez couché ensemble ? »
Chaque mot de ma question me laissa un goût de bile dans la bouche. J'étais jaloux, j'étais furieux, j'étais perdu.
« Oui, répondit-il en me regardant avec arrogance. Et toi ? Je parie que non, ça fait à peine quelques mois. »
Pas besoin de répondre, il comprit à mon regard que j'avais aussi été son amant.
« Quoi ?! Si tôt ?! J'ai dû attendre près de six mois, faire mes preuves... »
Il se prit la tête dans les mains et tout d'un coup envoya son verre se briser à terre devant lui. Le barman ramassa sans plus de cérémonie les éclats puis resservit une dose à Jake.
« Elle t'a jeté sans explications ? » tenta-t-il, espérant que je partageais sa déchéance.
« Elle va vivre chez sa mère pour continuer ses études. » contrai-je.
Je me sentais tellement mal, j'avais la tête qui tournait, la bouche pâteuse. Je n'étais pas un grand buveur, ça n'avait pourtant rien à voir avec le whisky bon marché que l'on vendait huit dollars ici.
« Elle t'a trouvé un remplaçant... merde... c'est fini. » se lamenta-t-il pour lui, pas pour moi bien évidemment.
Nous restâmes silencieux de longues minutes, le temps pour lui de finir son deuxième verre et d'en commander un troisième.
« C'est toi qui paies. » me lança-t-il.
« Tu vas continuer à la harceler ? »
« Tu y vas fort, je ne la harcelais pas. Je voulais juste lui parler... Je n'arrive pas à croire que c'est mort. Putain... mais je dois avancer. Paul m'en a trouvé une autre mais j'ai retardé à cause d'Isabella. Si elle t'a jeté et qu'elle ne m'a pas recontacté... »
Il ne termina pas sa phrase, il ravala ses larmes puis se leva et alla vers les toilettes. Je laissai un billet de cinquante dollars au barman et quittai l'endroit.
Je ne pouvais pas croire que Bella m'ait quitté pour un autre. Nous avions couché ensemble, moi je lui avais fait l'amour, et ça avait été incroyable. Ce matin-là dans la douche, je n'avais pensé qu'à la rejoindre et à l'embrasser. Bêtement, j'avais oublié pour quelques minutes qu'elle avait besoin d'espace.
Je devais savoir si toute cette histoire de dominé-dominant était vraie. Je ne désespérais pas de la reconquérir mais ces révélations sur ces habitudes m'avait troublé. Je pensais avoir affaire à une jeune femme apeurée, peut-être était-elle plus.
Le lendemain, je partais pour la petite ville de Forks.
« Bonjour, monsieur Swan, je suis Edward Masen, un ami de Bella. » me présentai-je quand il m'ouvrit la porte de chez lui.
« C'est shérif Swan, gamin. »
Il passa ses pouces dans sa ceinture, dévoilant sans ambages son arme de service. Dans une si petite ville, trouver l'adresse de Charlie Swan avait été facile, je comprenais mieux pourquoi désormais.
« Shérif Swan, puis-je vous parler ? »
Il me laissa entrer après m'avoir toisé une longue minute.
« Je t'écoute, gamin. »
Il me désigna un canapé usé. Je soufflai puis me lançai, croisant les doigts pour qu'il ne me tire pas dessus.
« Monsieur, je suis amoureux de votre fille, nous nous sommes fréquentés trois mois mais elle a rompu avec moi avant de partir chez sa mère en Floride. »
Il se tendit, lui ne s'était pas assis, il me fusilla du regard.
« Tu lui as fait quoi ? »
« Je suis amoureux d'elle, shérif, je jure que je n'ai voulu que la rendre heureuse. Je pense qu'elle a pris peur et a préféré fuir. Mais je ne peux pas vivre sans elle, j'ai besoin de votre aide. » plaidai-je comme si ma vie en dépendait.
C'était le cas.
Bon, j'espère que vous ne croyez pas Bella adepte du BDSM, ça a déjà été expliqué, c'est juste plus simple pour elle de choisir un homme soumis car elle tient à ses règles.
Prochain chapitre, PDV Bella.
Ça vous a plu quand même ?
