Il l'avait regardé dormir, il n'arrivait pas se résoudre à partir. Elle était devenue son plus grand point faible, tout allait se compliquait si leur histoire se savait. Il était général, elle était au même titre qu'un esclave.
Quand elle ouvrit les yeux, il était assis en face d'elle sur le fauteuil, il s'était rhabillé. Elle resserra le drap contre sa poitrine, il avait un regard dur, qu'elle ne connaissait que trop bien. Elle eut quelques frissons, elle se força à sourire.
- Je pars en mission!
Elle hocha la tête. Il s'était préparé à répondre à toutes ses questions, mais contre tout attente, elle ne se montra pas curieuse.
- Je ne sais pas quand mon retour est programmé!
- Je sais comment ça se passe…
Il se redressa en s'étirant et se dirigea vers la porte, il posa la main sur la poignée, tournant la tête vers elle.
- Attend moi! Lui demanda t'il.
- Je ne bougerais pas.
- J'espère bien que si, dit-il en souriant, au moins pour une question d'hygiène.
Elle eut un moment de doute, il venait de faire de l'humour!
- T'es drôle quand tu veux! Lui fit-elle remarquer…Baddack?
Elle se leva d'un bond emportant le drap avec elle, elle se jeta dans ses bras. Il la laissa faire sans réagir. Elle l'embrassa longuement en lui tenant le visage.
- Reviens-moi!
Il sortit de la pièce, et au fur et à mesure qu'il s'éloignait, il se sentait redevenir lui-même. Son ego, sa fierté, reprenait enfin leur place. Il fut rassuré de voir qu'il pouvait être deux personnes à la fois.
Il prit place à bord du vaisseau avoir écouté les élucubrations de l'opérateur concernant la mission.
- La planète Kikoho s'attend plus ou moins à une attaque de notre part, le seigneur Zarbon avait essayé de convaincre leur dirigeant mais sans résultat. La planète doit être préservée et si, ma fois vous faites des survivants, ils seront envoyés en esclaves dans nos colonies.
- Elle est destinée à être vendue?
- Euh! Non, je ne pense pas, il y a un projet de construction de base de ravitaillement et de tour de contrôle.
- Très bien.
- Les plans, approximatif de la planète sont enregistrés dans votre scanner. La population est pour une grande partie civile. Une partie de plaisir pour vous!
Baddack lui prit le scanner avant de le placer sur son œil. Il regardait le petit caméléon qui le suivait encore.
- Tu as autre chose à me dire?
Il fut un instant dérouté, il aimait son boulot, donner des explications le valorisait. Mais il dut admettre que sa tâche était finie.
- Non, mon général.
- Alors dispose!
Il salua le Général avant de faire demi-tour. Il pressa le pas jusqu'à la salle commune où l'attendaient les autres. Ils levèrent un regard interrogateur sur leur responsable, il n'aimait pas le silence qui y régnait. Il comprit assez rapidement que le manque d'ambiance était dû à la gueule de bois de la veille et du concours de danse lamentablement perdu face au commando Ginue.
- Nous sommes prêts au décollage! Fit une voix par l'interphone, quatre, trois, deux, un… Décollage.
Dans un grondement de moteur et de vibrations le vaisseau décolla. Il s'éloignait enfin de Végéta, loin de son trouble. Il allait reprendre les missions sans elle, il était de nouveau pressé de se servir de ses poings, de se battre sans devoir la protéger. Il se sentait à nouveau libre.
Ils attendaient quelques minutes que le vaisseau prenne une vitesse de croisière avant de se lever. Toma se jeta sur le Général en le prenant par les épaules, il se plaça contre son oreille:
- Non, mais qu'est ce qui t'as pris hier soir? T'es passé à côté d'un feu d'artifice…Cette race d'alien, c'est vraiment de la bombe, si tu vois ce que je veux dire.
- J'imagine, dit-il simplement en voyant le regard brillant de son ami qui semblait revivre sa nuit.
- C'est vraiment dommage!
- Je pense qu'on a autre chose penser!
Il opina du chef en s'éloignant, il se plaça sur une chaise avec les autres, ils attendaient les explications.
Le temps de voyage était de quarante jours. Il se sentit prisonnier maintenant, quatre-vingt jours de voyage additionnés à ceux de la mission, il partait pour trois mois, trois mois… Il eut un léger pincement au cœur.
Ils avaient passé leur temps à s'entraîner, Baddack avait retrouvé Toma. Discuter, rigoler avec lui, lui faisait du bien comme si tout était normal. Personne ne parlait d'elle, elle n'avait jamais existé.
Après entraînement éreintant, il n'eut pas le courage de repartir dans ses appartements pour se laver, il s'était rendu aux douches communes. Il détendait ses muscles sous l'eau brûlante, il tourna la tête se sentant épier. Sélipa le regardait, appuyée contre le mur les jambes et les bras croisés. Sans aucune gêne il continua à se doucher.
- Tu ne visites plus ma couche? Lui fit-elle remarquer sèchement.
Il arrêta l'eau et commença à se sécher à l'aide d'une serviette. Elle se dirigea vers lui, arrivant à sa hauteur, elle ne put s'empêcher de faire glisser un doigt pour essuyer une goutte d'eau qui s'écoulait tranquillement le long de sa colonne vertébrale.
- Je te sens tellement distant ces derniers temps?
Il arrêta le mouvement de son amie qui descendait de plus en plus bas, tenant fermement son poignet, Il la regardait de façon sévère.
- Et alors? Cracha t'il, Turnip ne te suffit plus?
Elle s'approcha encore plus près, pressant son corps au sien en minaudant.
- Depuis, quand tu te poses autant de questions? Tu es jaloux?
- Laisse tomber.
Il la repoussa doucement avant de se diriger vers la sortie, il ne prit même pas le temps de s'habiller, il s'enroula dans la serviette pour rejoindre son appartement.
Il l'avait laissé là, sidérée, dégoûtée d'avoir été rejetée de cette façon. Elle n'en revenait toujours de la façon dont il l'avait repoussé, elle qui avait toujours eut ce qu'elle voulait de sa part ou de celle Toma. La colère s'empara d'elle.
La pilule fut dure à avaler pour elle, mais elle se fit une raison. On ne la rejetait qu'une fois, elle ne s'abaisserait pas à ramper devant quelqu'un, sa fierté le lui interdisait.
Kikoho était en vue. Les mercenaires seraient les seuls à mettre pied à terre, ils avaient prit les navettes pour s'y rendre.
Il faisait bon, la température idéale, ils avaient atterrit dans la ville la plus importante.
Les yeux terrorisés, les cris effrayés, les mères qui se jètent sur les enfants pour les emmener loin d'eux. Le caméléon n'avait pas tort, à la réaction de la population, ils étaient attendus. Quel agréable sentiment de se savoir craint? Quelle bonne sensation que celle de se sentir puissant! On entendait crier:
- La garde! Appelez la Garde… Aux abris…
Toma sourit, en se frottant les mains d'un air maléfique.
- Oui, faites ça, appelez la garde!
Une sirène violente retentit. Les mercenaires durent plaquer leurs mains sur leurs oreilles pour atténuer le bruit si strident.
Des milliers de soldats arrivèrent enfin dans un bruit de métal assourdissant. Tous portaient une armure scintillante qui épousait leur corps musclé, ils n'avaient pas de visage qu'un simple masque en métal. Ils étaient armés d'un long sabre, encore pensa Baddack en remarquant l'arme.
- Tout ça pour nous! Continua Toma.
Les sayens se préparaient à combattre, se mettant en garde mais d'un coup, les soldats posèrent un genou à terre, en signe de respect, un chemin se faisait dans la foule pour facilité le passage d'un autre guerrier portant une cape rouge. Il s'était approché des mercenaires sans hésitation, sans crainte il retira son masque.
Il était jeune, une vingtaine d'année à peine, il avait un visage doux et angélique. Il avait de longs cheveux blancs tressés, une barbe hirsute tressée aussi. Il ressemblait beaucoup aux sayens anatomiquement parlant. Il était confiant et cette assurance interpella le Général.
- Nous savions que vous alliez venir, nous nous sommes préparer à vous combattre qui que vous soyez. L'armée de Kikoho ne se rend pas, elle se battra à mort si nécessaire..
Il prit le temps de dévisager les guerriers de l'espace, la queue de singe, les cheveux noirs indisciplinés. La réaction qu'il eut, ne laissa aucun doute. Il baissa la tête trouvant difficile d'avouer la suite.
- Nous savons que nous n'avons aucune chance, votre réputation vous devance, sayen… Nous donnerons jusqu'à notre dernier souffle dans ce combat perdu d'avance.
Baddack s'était attendu à tout mais certainement pas ça. Il avait même pensé qu'ils capituleraient, qu'ils se renderaient.
- Vous avez beaucoup de mérite de venir nous dire ça!
- Attendez juste quelques instants avant de commencer, que nos civils puissent se mettre à l'abris…
La requête l'étonna et Toteppo se mit à rire gravement trouvant la situation ridicule, depuis quand on leur donnait des ordres.
- Bande de Mécréants! On se fout de tes civils!
Le soldat eut un regard très dur, de l'inconscience de sa part. Connaissait-il vraiment les sayens pour demander ça?
- C'est une question d'honneur! Nous sommes tous soldats ici, battons-nous ensemble, laissons-les
- Pauvre crétin! Cracha Toma, qu'est ce que tu crois qu'il va arriver à ton peuple quand on en aura finit avec ta garde?
Le jeune soldat se raidit, enfin la terreur dans ses yeux, il prenait conscience de la barbarie de ses adversaires. Il ne pouvait admettre cette issue pour eux.
- Ils ne savent pas… Vous ne respectez donc aucunes règles, vous n'avez aucun sens moral?
- Mais on est pas ici pour jouer, on en a rien à foutre de tes putains de règles! Lança à son tour Sélipa
Baddack n'était pas intervenu, écoutant les arguments et le dialogue de cet homme courageux. L'armée semblait prête à agir, n'attendant qu'un geste de sa part pour fondre sur l'ennemi. Il avait devant lui un peuple dévoué, courageux, qui avait des valeurs.
- Ton nom soldat? Demanda le Général sans le regarder.
Tous furent surpris.
- Shurik! Répondit-il en se courbant rapidement.
- Baddack! Dit-il en se désignant d'une main sur le plastron. Dis-moi, vous ne capitulerez pas ?
- Qu'est ce que c'est que cette question? S'étonna doucement Pumpkin.
- Non, Baddack, notre nature nous interdit de nous rendre. Nous nous battrons, c'est un code d'honneur. Tu peux comprendre ça. Nous sommes tous deux soldats?
- Ne nous compares pas… Commença Toteppo excédé par ce discours.
- La ferme! Cria Baddack.
Il baissa les yeux sur le soldat.
- Shurik, tu as ma parole, nous ne toucherons pas à ton peuple!
- Quoi? Dirent les autres sayens à l'unissons.
Shurik ne savait pas s'il pouvait vraiment faire confiance en cet homme, mais avait-il le choix de toute façon? Il vit le mercenaire lui tendre la main en signe de pacte, il hésita quelques instants.
- J'admire ton sens du devoir! Dit simplement Baddack.
Le jeune soldat lui serra la main en souriant.
- Rejoins tes rangs et lance l'assaut. Tu as peur de mourir?
- Je ne sais pas, Baddack, mais j'y suis préparé.
Il s'éloigna de lui pour rejoindre le fond des rangs, un autre muni d'une sorte de corne attendait. Il le vit fermer son casque en métal sur son visage.
- Qu'est ce que c'est que cette mascarade? Balança Pumpkin
- Je vous préviens, dit-il, on ne s'amuse pas, on se bat et c'est tout.
Les épées se brandirent, la corne retentit. Les soldats chargèrent.
La bataille ne fut pas aussi simple qu'il avait pu penser, ils possédaient une vitesse incroyable, ils maniaient leurs épées avec beaucoup de précisions.
Ils n'avaient aucune chance contre eux, c'était visible, les soldats tombaient comme des mouches. Aucuns soldats n'attaquaient Baddack, à croire qu'ils ne méritaient pas de l'affronter. Shurik se préparait, il n'aurait que lui en adversaire, ça irait vite.
Ils se battaient donnant tout ce qu'ils pouvaient, ils n'avaient plus rien à perdre, ils se battaient avec honneur.
Les sayens déversaient sur eux des boules d'énergie, les troupes ne montraient aucune peur, aucune souffrance.
Enfin Shurik s'élançait sur lui. Baddack esquiva le coup d'épée destiné à l'éventrer, il essaya encore en vain d'abattre son arme sur sa tête. Le mercenaire l'évita de nouveau, le frappant d'un coup de poing sur la nuque. Shurik envoya un coup de pied en plein menton, suivit d'un autre à la poitrine. Baddack alterna les coups de poings au plexus, finit par un balayage accélérant sa chute coup de pied écrasant avec le talon sur le torse.
Il resta ainsi quelques instants maintenant la pression.
Shurik se dégagea en lui faisant perdre l'équilibre en frappant la jambe d'appuie. Ils se faisaient de nouveau face à face, se jaugeant. Shurik alterna une série de coups de pied ascendant au niveau des côtes du général. Baddack repoussa le dernier coup violemment pour frapper à son tour d'un coup de pied retourné, et le dégagea à l'aide d'une boule d'énergie.
Le jeune soldat se releva presque aussitôt. La résistance qu'il montrait étonnait le guerrier de l'espace. Ils s'élancèrent dans un corps, Shurik encaissa plusieurs coups au niveau du visage, pour recevoir un double coup de pied au niveau de thorax. Les dommages, qu'il reçut en dernier, n'étaient pas négligeables. Il se releva encore une fois tenant une posture moins sûre, la main posée sur son plastron. Il grognait de douleur. Le général remarqua le sang qui coulait le long de son cou. Il respirait difficilement.
Shurik jeta un regard autour de lui, tout n'était que désastre, les corps s'empilaient, déchirés, brisés. Il s'y était préparé, mais il n'avait pas pensé que la réalité serait si dure à regarder.
Il leva la tête sur le sayen, il marmonna quelque chose qui ressemblait à une prière, agitant une main devant lui, il formait des cercles, des points et des croix.
La lumière fut violente, baddack dut protéger ses yeux, le temps qu'ils s'habituent. Le vent soufflait férocement, le faisant reculer. Le général n'en revenait pas, médusé devant lui se tenait un monstre de trois mètres de hauteur sur deux de larges, une crinière de feu entourait sa tête. Une bête à cornes impressionnante, des bras très longs avec de grosses mains terminées par de puissantes griffes acérées. Un croisement hideux entre un loup, un homme aux pattes de chèvre. Le monstre ouvrit la bouche pour lâcher un cri déversé de flammes.
- Qu'est…ce…que?
Il jeta un regard à ses collègues qui continuaient à se battre comme si de rien n'était. Ils étaient loin, mais on ne pouvait ne pas remarquer ce monstre. Il esquiva une boule de feu qui semblait puissante. Le sol n'était pas calciné. Les griffes voulurent le déchiqueter, il les évita aussi en roulant sur le côté. Il ne comprenait pas ce qui se passait, il envoya une déferlante violente qui frappait le monstre au visage sans dégât apparent. Toma tourna un regard interrogateur sur son ami, il ne voyait pas ce monstre. C'était un mirage, un leurre. Il sentait le danger, son instinct le poussait à absolument éviter tout contact physique. Baddack réussit à éviter la montagne de muscles et à se frayer un chemin jusqu'à l'esprit qui semblait le manipuler. Il attrapa Shurik pour le frapper durement au visage, son adversaire n'avait rien vu venir. Il se semblait se désarticuler au fur et à mesure des coups. Le monstre hurlait de douleur, l'image vacillait. Il continuait à le marteler de toutes ses forces et finit par lui administrer une puissante déferlante qui fit voler en éclat son armure.
Il se retourna, la bête avait disparut. C'était quoi ce bordel?
Les mercenaires achevaient les derniers survivants en souriant presque, aucunes blessures à déplorer. Baddack se pencha sur le corps à moitié brûlé et brisé de Shurik. Il le délivra de son masque de fer. La respiration difficile, le soldat se noyait dans son sang.
- Tu t'es battu vaillamment, mais c'était quoi ça?
Il sourit légèrement déversant un flot de sang de sa bouche. Il se mit à trembler d'une façon irraisonnée, le froid de la mort l'entourait.
Des hurlements lointains leurs parvenaient. Les mercenaires s'étaient précipités sur les cases qui servaient d'abris à la population. Toteppo avait attrapé une femme brutalement par les cheveux, la jetant par terre comme si elle n'était rien.
- Tu… Tu avais pro…Promis! S'affola t'il en avalant le sang.
Il suffoquait, en toussant. L'émotion qu'il dégageait était forte, une étincelle de supplication dans le regard.
- Je n'ai qu'une parole, Shurik!
Il redressa la tête, arma une boule d'énergie qu'il fit exploser devant Toteppo qui se tourna vers lui stupéfait!
- J'étais sérieux, Toteppo, personne ne les touche!
- C'est une plaisanterie! Souffla Sélipa, depuis quand ce sont eux qui décident?
- Depuis que j'ai donné ma parole, tu as quelque chose à redire?
- Bien sûr que non, c'est toi qui vois!
Ils s'alignèrent et croisèrent les bras comme un seul homme, les visages défaits et frustrés de ne pas pouvoir détruire, broyer. Ils ne quittèrent pourtant pas des yeux les civils entassés, ils avaient le regard inquiétant et fou d'un animal affamé contraint à ne pouvoir que regarder sa proie.
Baddack baissa les yeux sur le mourant, il pouvait lire le soulagement d'avoir réussit à leur sauver la vie.
- Personne de ton peuple ne moura de notre main, Shurik! Mais connaissant le sort des esclaves, tu devrais me supplier d'abréger leur souffrance.
- Que la vie…est, l'espoir…per…persiste…
- Tu es bien naïf, il n'y a que vous qui respectiez un code d'honneur…
- Et toi…
- Les personnes pour qui je bosse, se foutent de ma parole et de la condition de ceux que tu protèges, leur vie va être un enfer.
- J'ai…Espoir… La vie…Mérite qu'on se batte…quelles que soient les condi…tions
Il toussa violemment attrapant le bras du sayen. Baddack tiqua à cette attitude mais laissa faire. La volonté de Shurik était claire, il se mourait, il ne voulait plus souffrir, partir dans la dignité d'avoir été le dernier souffle de son armée. Les deux hommes se regardèrent un instant dans un silence pesant. Il avait pourtant des questions à lui poser sur son étrange attaque, mais il savait qu'il n'obtiendrait plus rien de lui. Shurik ferma les yeux quelques secondes, il arborait un visage fier, presque victorieux malgré la défaite. En les ouvrant de nouveau, il encouragea le général.
Le geste fut rapide et précis, il lui écrasa d'un coup violent la gorge. Les yeux de Shurik se perdaient dans les méandres de la mort.
- J'admire ton optimisme.
Les civils avaient été rassemblés non loin de tous les cadavres. Ils se cachaient les yeux pour ne pas voir ce charnier. Les femmes pleuraient dans les bras des hommes, les enfants hurlaient de terreur. Ils ne savaient pas ce qui allait advenir d'eux.
Il avait vu cet homme responsable de la disparition de ses héros, de son père, arriver tranquillement près des autres singes. Il semblait tellement indifférent à ce qui était en train de se passer. Il avait un visage serein, tâchés du sang des soldats. Comment pouvait-on se montrer aussi cruel et brute? Il ne pleurait pas contrairement aux autres, il était habité par la colère, la haine, cette envie destructrice de tout anéantir, d'anéantir leurs petites vies insignifiantes. Il n'avait jamais entendu parler d'eux auparavant, et maintenant il découvrait leurs existences après ce carnage. Il tenait fermement un pieu en métal, le regard vide, il émettait un grondement.
Ces monstres s'envolaient, où allaient-ils? Son corps brûlait de l'intérieur, enragé.
Cette main douce se posa sur son bras, il la connaît, elle s'approcha pour l'enlacer tendrement chuchotant à son oreille. Il connaît cette odeur, il connaît cette voix qui le suppliait de faire flancher sa colère. Elle attrapa le pieu pour lui arracher des mains.
- Retiens tes démons!
L'énorme vaisseau atterrit près d'eux, soulevant poussière et gravats. Les ennuis continuaient, une armée de soldats de l'empereur dévalèrent le pont d'une même cadence, ils se mirent à les encadrer, les menaçant d'une arme.
Baddack s'était approché du groupe de survivants, il scrutait rapidement les visages.
Les paroles douces n'avaient plus aucun effet, l'approche du monstre était pour lui insupportable, la colère explosa. Il échappa à l'écrin de douceur pour se jeter sur lui, la rage devait sortir. Baddack n'eut absolument aucun mal arrêter l'attaque en le stoppant d'un coup de poing au visage. Etourdi, désemparé, l'enfant resta au sol quelques secondes avant de se redresser. Il s'était mis en garde, prêt à bondir. Le général avait empêché d'un geste, les soldats d'intervenir pour le malmener.
Baddack remarqua la colère du jeune garçon, il le voyait serrer les dents et les poings jusqu'à faire blanchir les jointures de ses mains. Il s'accroupit à sa hauteur, la femme à la douce odeur fut prise d'une peur incontrôlable, elle avait voulu se jeter sur lui pour le protéger d'éventuelles représailles. Les autres femmes la retenaient malgré ses protestations, elles ne la lâchaient pas.
- Un jour mon garçon, tu grandiras, tu deviendras quelqu'un de fort et tu seras à même de mener ta revanche à terme. Je serais là et je donnerais l'occasion d'aboutir à ton désir de me tuer.
- Je vous tuerais… Grogna t'il.
- Nous verrons plus tard, mais pour l'instant essaye de survivre en gardant cette motivation au fond de toi.
Il le poussa doucement à l'aide d'un doigt sur la poitrine. Il avait scruté le reste des survivants, enlacés les uns aux autres, affolés, tremblants.
- J'ai fais une promesse à votre soldat Shurik!
Les pleurs redoublèrent et finirent en plaintes en entendant ce nom. Shurik devait être bien plus qu'un simple soldat, pourtant il était tellement jeune. Autant de maturité dans cette petite tête, il en arrivait presque à l'admirer.
- Nous ne vous ferons aucun mal, je ne garantis pas votre survis. Je ne suis pas responsable de votre devenir car vous appartenez dorénavant à l'empereur Freezer. Respecter les règles qu'on vous donne et vous vivrez.
Il remarqua cette jeune femme dans le lot, celle qui avait essayé de se jeter sur l'enfant. Elle était richement vêtue avec un diadème sur la tête. Elle était protéger par d'autres femmes, cela le confortait dans le sens qu'elle devait avoir de l'importance.
Il se fraya un chemin jusqu'à elle pour attraper son poignet afin de l'extirper du lot. L'enfant poussa un cri.
- Il y a d'autres guerriers?
- Sauvage! Hurla t'elle
- Ce n'est pas la réponse que j'attendais!
- Je n'ai pas peur de toi!
Il lui attrapa violemment les joues d'une poigne de fer. L'obligeant à la regarder dans les yeux et surtout à se taire.
- Tu n'as donc rien entendu de ce que je viens de dire. Ecoute-moi bien, j'ai donné ma parole à ton soldat, c'est ce qui te sauve la vie pour le moment mais ne tire pas trop sur la corde, je vous ai aussi prévenu que vous deviez vous plier à nos ordres.
Il la lâcha pour lui permettre de répondre, il s'était assuré qu'elle avait bien comprit. Elle massa ses joues rougies, baissant la tête, résignée.
- Quelle vie avons-nous gagnée? Soupira t'elle.
- C'est ce que je lui ai dit, il a répondu "espoir"…
- Ca ne m'étonne pas… Souffla t'elle en plaquant sa main sur sa bouche pour étouffer un sanglot. Notre armée était concentrée ici… Il n'y a plus de guerriers…Il n'y a plus que nous.
- Bien, j'espère que tu ne nous mens pas…
- Quel serait mon intérêt?
- Quel est ton rôle sur cette planète?
Elle leva la tête, les yeux humides pour regarder les membres de son peuple. Elle avait bien prit conscience que maintenant, elle n'était plus rien, toutes les richesses qu'elle avait ne pourraient pas les sortir de là.
- Je suis l'impératrice Khin.
- Rectification! Lança une voix nasillarde, tu étais, maintenant tu es esclave…
Baddack se retourna stupéfait d'entendre cette voix. Kiwi venait d'arriver, encore un sbire de Freezer. La jeune femme baissa la tête en signe de soumission.
- Qu'est ce que tu fais? Murmura l'enfant indigné.
- Maintenant notre le seul but est tenir jusqu'à demain, et demain on verra bien…
- Je ne veux pas…
- Tais-toi!
Elle se mit à sangloter silencieusement en lui tenant la main.
Les mercenaires avaient rassemblé toutes les âmes vivantes de la planète à la recherche éventuelle de guerriers, comme elle l'avait prédit aucun guerriers que des paysans.
Cinquante mille esclaves avaient été rassemblés.
Kiwi était arriver avec un autre vaisseau, il les avait suivit, avait assisté à la bataille, et maintenant, il allait gérer les opérations. Il y eut une sélection, les femmes et les hommes faibles, maigres, vieux et enfants étaient isolés des autres plus costauds. Les petites mains seraient parfaites pour le service sur la planète Végéta ou sur les autres planètes colonisées. Ils les faisaient monter à bord, les pleures avaient reprit, les familles, les amis se séparaient, sans doute pour toujours. La partie d'entre eux qui restaient, devaient faire le ménage de la planète, brûler les morts, détruire leurs villages pour construire les projets de Freezer.
Baddack avait assisté à la montée des esclaves dans son vaisseau, Il avait revu le regard meurtrier du môme.
- Ton nom? Lui demanda t'il quand il arriva à sa hauteur
- Gotlas!
- Je n'oublierai pas…
- Moi, non, plus.
Ils les avaient entassés dans une salle bien trop petite pour eux. Ils étaient compressés les uns contre les autres, pouvant à peine bouger.
Il avait voulu ignorer ce peuple mais la curiosité reprenait le dessus, comment marchait cette attaque ? Cette invocation qu'il avait été le seul à voir?
Il s'était diriger vers le hangar de stockage. A peine la porte s'ouvrit que son estomac se souleva, l'odeur était insupportable, nauséabonde. Ils ne ressemblaient plus à rien, ils ressemblaient à des âmes déchues. Les vivants côtoyant les morts, les plus faibles n'avaient pas survécu à quinze jours de voyages. Ils étaient devenus des animaux réduits à manger leurs morts et à boire leur urine pour survivre. Il lorgna les gardiens qui s'amusaient à leur jeter de la nourriture, qui se résumait surtout à des restes et à des déchets de la cuisine.
Baddack avait remarqué l'enfant dans les bras de la femme au diadème, bien entendu cette dernière avait été dépouillée, leurs vêtements n'étaient plus que des haillons poisseux. Le spectacle était affligeant. Elle avait levé les yeux sur lui, elle serrait dans ses bras l'enfant endormit. Elle était désespérée.
Elle l'avait suivit des yeux, elle l'avait vu s'entretenir avec leurs gardiens, elle n'avait même pas réagit quand il la désigna du doigt. A quoi bon? Elle était bien trop fatiguée pour avoir peur!
Khin fut traînée par les soldats jusqu'aux appartements de Baddack. Les soldats qui les croisaient, étaient écœurés de sentir une telle odeur. Ils la firent entrer à l'aide d'une crosse afin d'éviter de la toucher.
- Mon Général, nous allons nous arrêter afin de permettre aux navettes alliées de venir récupérer les esclaves pour les conduire sur les planètes colonisées.
- Combien de navettes sont attendues?
- Je crois, hésita t'il un instant.
Le regard de Baddack devint si froid qu'il lui provoqua un frisson, "on ne croit pas, on est sûr", le second soldat s'inclina à son tour la voix tremblante.
- Trente navettes, mon général, pour une charge moyenne de vingt esclaves selon les besoins, nous en gardons dix pour Végéta.
- Très bien, je pense que ça va prendre une bonne heure. Disposez et faites en sorte que ça ne s'éternise pas.
Les deux soldats le saluèrent avant de sortir. Ils se retrouvaient tous les deux dans cette grande pièce tout confort, rien à voir avec l'espace qu'elle a connu jusqu'ici.
Elle n'avait plus rien à voir avec ce qu'il avait vu, i peine deux semaines. Ses cheveux étaient très gras, très lourds, sa peau était crasseuse, les ongles et les pieds noirs. Une puanteur infernale envahissait la pièce, l'air devenait suffocant. Ses vêtements avaient été réduits en lambeaux, faisant découvrir un corps meurtris couvert de griffures.
Une chose était évidente pour lui, il ne pourrait pas l'interroger dans cet état, il était à deux doigts de rendre son déjeuner.
- Prend une douche! Lui ordonna t'il en lui désignant la salle de bain. Tu as des vêtements à l'intérieur.
Elle ne réfléchissait plus, elle avait appris à écouter, à obéir.
Quand elle reparut devant lui, elle avait revêtu une simple robe faite d'un seul morceau tel une toge noire sans forme et bien trop grosse pour elle. Ses cheveux avaient retrouvé leur vitalité, leur brillance, leur liberté. Elle redressa enfin la tête. Elle avait reçu un coup au visage, un hématome était apparu sur sa joue, et sa lèvre était fendue.
Elle avait perdu ce feu qu'il l'animait quand elle s'était rebellée. Il l'avait regardé en silence. Il sentait sa peur, son stress, son angoisse. Il entendait sa respiration saccader, quinze jours avaient suffit pour transformer cette femme.
Sans rien dire, elle s'avança vers lui en faisant glisser la robe noire, découvrant son corps entièrement nu. Elle possédait une magnifique silhouette svelte, légèrement marquée par la faim, recouvert d'un tatouage noir représentant des flammes. Elle était quand même magnifique. Il fut surpris par cette attitude, elle avait pensé qu'elle servirait de catin au général. Il s'était approché ramassant la robe au passage pour la revêtir, elle fut étonnée.
- Je n'ai pas besoin de ça…
- Qu'est ce que tu me veux alors?
Il baissa la tête en la secouant légèrement.
- Tu vas apprendre à tes dépends les règles de l'esclavage, tu ne poses pas de questions, tu réponds quand on t'interroge, tu n'existes plus, tu exécutes, tu gardes pour toi tes réflexions, si tu veux vivre assez longtemps pour espérer te faire affranchir.
Elle baissa la tête comprenant qu'elle n'avait pas à lui poser des questions, elle n'avait plus aucun droits.
- Mets toi assise, je dois te parler de cette invocation de feu que shurik a fait apparaître.
Elle baissa la tête pour éviter le regard du général, elle semblait légèrement paniquée.
- Que veux-tu savoir?
- Qu'est ce que c'était que ça ? Je suis le seul à l'avoir vu?
- Il semblerait bien…
Il s'installa sur la table en verre en face d'elle, il la sondait et son attitude prouvait qu'elle cherchait à lui dissimuler la vérité, elle cherchait à lui mentir.
- Ecoutes-moi bien, ici, plus personne ne te protègera.
- Alors quel est mon intérêt à te répondre!
Un accès de colère l'envahit, il lui attrapa le bras fortement, la jetant contre la vitre du vaisseau qui montrait l'infini de l'espace, les astres, les navettes qui arrivaient. Elle recula étouffant un cri avec sa main. Les corps mutilés de ceux qui n'avaient pas survécu, étaient balancés dans l'espace, ils flottaient lentement.
- Il me suffit d'un appel, et les prochains corps que tu verras, ne seront pas vos morts.
Elle restait immobile, impossible pour elle de détacher son regard du funeste spectacle. Elle sentit le général bouger pour se diriger vers un interphone, et avant même qu'il ne l'actionne, elle lui hurla de s'arrêter.
- C'est l'invocation de contrôle de l'esprit!
- Bon, dit-il en l'éloignant de la vitre et la jetant sur le canapé. Il va falloir être plus précise.
- C'est compliqué à expliquer.
Baddack s'installa à son tour sur le canapé, montrant qu'il avait son temps.
- C'est un phénomène courant, certains élus de mon peuple, ont la capacité d'invoquer un être surnaturel, un démon. Celui de Shurik était Pyros, le feu.
Se rappeler de lui, était douloureux, elle laissa une larme rouler sur sa joue, et tomber sur ses mains jointes.
- C'est un démon? Il n'était pas fort…
- C'est un démon de contrôle de l'esprit…
- Qu'est ce que c'est que cette connerie, je comprends rien…
Elle inspira fortement.
- Je t'ai dit que c'était pas évident à expliquer…
Il avait hurlé en frappant sur la table en verre qui explosa. Elle devait être claire, elle devait arrêter de le noyer dans des explications inutiles sinon, c'est elle qui finirait brisée comme cette table.
Elle s'était repliée sur elle-même pour se protéger des éclats.
- Shurik n'était pas à l'aise, son invocation était faible parce qu'il l'avait reçu en héritage d'un ancien invocateur qui se mourrait. Il ne la contrôlait pas depuis très longtemps. Elle était faible parce que le but de l'invocation n'est pas de tuer mais…
Baddack comprenait maintenant pourquoi il avait été le seul à la voir, elle lui était destinée. Il l'avait envoyé sur lui pour qu'elle pénètre dans son esprit, pour qu'il puisse prendre le contrôle de son corps.
- Il voulait que je devienne sa marionnette…
- C'est à peu près ça, sous l'emprise de l'invocation tu te voues corps et âme à ton invocateur.
- Il a échoué!
- Nous ne serions pas là, sinon.
Il sourcilla à cette nouvelle réflexion, elle baissa les yeux immédiatement. Il s'imaginait comment se serait passé l'avenir si Shurik avait réussi à le contrôler. Cette idée le répugna.
- Tu dis qu'il l'a reçu en héritage? C'est un pouvoir qui se transmet?
Elle hocha la tête.
- Oui, c'est la façon la plus courante de devenir invocateur, mais il arrive que l'enfant démon naisse seul, pur, agressif, l'invocation est puissante et il contrôle tous les esprits même les plus forts très facilement… Mais c'est assez rare.
Quelqu'un frappait à la porte, il se redressa agacé.
- J'en ai pas fini… Dit-il.
Il ouvrit la porte sur les deux soldats. Ils s'entretenaient à propos des opérations qui se déroulaient. Khin s'était levée, prenant un long morceau de verre pointu. Elle se mit debout, le serrant fermement dans son dos, coupant sa peau.
Baddack n'écoutait presque plus les futilités des soldats à propos des esclaves. Quelle plaie d'être le plus haut gradé dans ces moments. Il eut un mauvais pressentiment, les opérations étaient achevées, ils venaient de répartir les esclaves aux quatre coins de l'univers dans les colonies. " C'est courant comme phénomène, ils prennent possession des esprits, ils contrôlent…"tant que la vie est, l'espoir persiste"" j'ai espoir"… Les mots de Shurik lui revenaient sans cesse en mémoire, il tenait tellement à ce qu'il les épargne, que son peuple finisse esclave de l'empereur" Tout était lucide pour lui, Shurik savait que son peuple pouvait s'en sortir, pouvait survivre grâce à ces invocations. Baddack avait cautionné le fait, qu'il venait de mettre un virus dans chaque colonies. Shurik avait été malin, il s'était joué de lui. "L'enfant démon, agressif"… Elle tenait tellement à cet enfant. Il se tourna vers elle un air furieux.
- Vous nous avez trompés!
Elle se mit à sourire. Il venait de comprendre.
- Comment on les reconnaît, les invocateurs? Gotlas est l'enfant démon? C'est ça?
Il se dirigea vers elle d'un pas pressé attendant des explications qui ne venaient plus.
- Je ferais tuer ton peuple jusqu'au dernier si tu ne parles pas…
- C'est trop tard. Murmura t'elle. Je ne te parlerais plus…
- Tu crois ça!
Il avait remarqué les gouttelettes de sang sur le sol. Il ne put réagir à temps, sans aucune hésitation, elle se planta dans la gorge le morceau de verre, le sang jaillit en giclé. Il avait essayé de lui sauver la vie en appuyant sur la plaie.
- Ton peuple va mourir…
Elle ferma les yeux avec un sourire victorieux.
Le sang s'écoulait abondamment entre les doigts du Général. La fureur, le regard meurtrier.
- Tuez-les tous! Cria-t'il aux deux soldats.
L'ordre fut envoyé à toutes les navettes et bientôt l'espace se remplit de pleins de nouveaux astres. Les corps avaient été jetés dans le vide. Sur la planète Kikoho, Kiwi les avait massacrés et maintenant il regardait le brasier de chair se consumer. Les projets de l'empereur allaient prendre du retard et ça le contrariait.
Il regardait Khin, elle était prête à être envoyé dans l'espace. Elle avait figé ce sourire sur son visage, le sang séché sur sa gorge donnait l'impression qu'elle portait un foulard. Le sas s'ouvrit et le corps fut aspiré par le vide sidéral.
Elle ne serrait pas le corps de l'enfant démon endormi, elle avait serré le corps mort de Gotlas.
- On aurait gagné du temps si tu nous avais laissé faire! Dit Sélipa en arrivant vers lui.
- La ferme! Cracha t'il.
Le corps flottait, partant à la dérive dans l'espace. Khin souriait simplement, elle avait su qu'elle finirait comme ça, elle avait réussi à emporter son secret en elle. Les flammes noires dessinaient de nouvelles traces sur son corps. Le ventre bougeant doucement.
