Harry était dans le jardin des Dursley. Il avait eut comme punition de désherber l'intégralité de la pelouse car il avait osé dire le mot « chaudron » devant son oncle au cours d'une de leur nombreuses disputes. Du coin de l'œil, il vit une ombre noire approcher derrière le grillage. Il tourna vivement la tête. Il ne pu que voir les pattes postérieures et la queue, toutes noires de ce qu'il semblait être un chien. Harry haussa les épaules et retourna à son travail.
Dans le Poudlard Express, Harry entra dans un des compartiments. Deux filles y étaient déjà, elles étaient l'une en face de l'autre côté fenêtre. L'une était d'un blond très clair et l'autre rousse. Cette dernière portait un débardeur et on pouvait voir une multitude de tâches de rousseurs sur ses épaules. Harry l'a reconnue directement.
-Bonjour Ginny, on peut s'asseoir ici avec Hermione et tes frères ?
Harry savait que Ginny avait mal pris son rejet de l'année dernière, elle l'avait snobé le reste de l'année, mais il s'était promis d'essayer de se rattraper en troisième année.
-Oh, salut Harry... lui répondit-elle. Oui, bien sûr ! Je vous présente Luna, ma meilleure amie.
-Bonjour Luna, dit la brune en s'asseyant, heureuse de te connaître.
La blonde sourit, posa le bout de ses doigts sur son menton et envoya son avant bras en direction d'Hermione.
-Heu… Hermione regarda Ginny du coin de l'œil en recherche d'une aide.
-Elle te dit bonjour, fit la rousse avec un grand sourire.
Harry était sûr qu'elle voulait rigoler mais en personne bien élevée elle se retint.
-Elle est aphasique. Elle a perdu la parole, termina Ginny
-Oh ! S'exclama Hermione, désolée, je ne savais pas, je-
Hermione vit Luna prendre sa baguette et fit un arc de cercle devant son visage. On pouvait lire « ne t'inquiète pas ». La blonde rigola silencieusement, ça ne devait pas être la première fois que ça lui arrivait visiblement.
La première fois que Ginny pris la peine de regarder Luna, c'était devant la porte de métamorphose où elle attendait pour le cours commun. C'était en première année, Luna attendait par terre, le dos contre le mur. Autour d'elle quelques élèves de Gryffondor et de Serdaigle chuchotaient entre eux en la regardant de travers. Pourquoi ? Ginny ne le comprit pas tout de suite. Alors elle observa plus attentivement l'inconnue, car oui, elle ne l'avait jamais vue. Elle s'en souviendrait sinon.
D'après son blason, elle était de Serdaigle et visiblement de la même année que Ginny. Elle avait de très longs cheveux d'un blond étrange, presque sale. Elle ne devait pas en prendre grand soin car la rousse pouvait discerner quelques nœuds ici et là. La blonde replaça ses cheveux derrière son oreille gauche pour ne pas les avoir dans la figure et Ginny cru rêver. Des radis. Elle avait des radis en guise de boucles d'oreilles. Les yeux de la cadette Weasley glissèrent sur son collier, son pendentif pour être plus précis, enfin, si on pouvait appeler cela un « pendentif », c'était un bouchon en liège venant sûrement d'une bouteille de bièraubeurre. Puis Ginny remarqua qu'elle avait quelque chose sur ses genoux, un journal semblait-il. Elle faillit éclater de rire. Elle tenait le journal à l'envers mais elle semblait être réellement plongée dans sa lecture donc la rousse se tut, mais elle ne pu retenir son sourire.
Pas étonnant que les autres la regardaient de façon aussi bizarre. Même chez les sorciers, les excentriques étaient vus d'une façon différente des autres. Mais ce qui perturbait le plus Ginny était le fait qu'elle n'avait aucun souvenir d'elle. Comme si elle était apparue le jour même. Nous étions le 3 octobre, l'année avait commencée depuis un peu plus d'un mois à présent. Une fraction de seconde plus tard, Ginny était assise aux côtés de la « nouvelle ». Elle souhaitait non seulement de faire sa connaissance, mais aussi de faire cesser les chuchotements des autres élèves. Elle était en effet appréciée des autres élèves et tout le monde savait qu'elle avait encore trois grands frères prêts à en découdre si on touchait à un cheveu de leur cadette. Et les amis de Ginny étaient leurs amis.
-Qu'est ce que tu lis ? demanda la rouquine.
La blonde tourna vivement la tête vers elle, elle semblait ne pas l'avoir entendue arriver. Ses yeux étaient grands ouverts, ils étaient d'un bleu limpide, d'un bleu magnifique. Ginny resta quelques secondes incertaine. Elle était mignonne, on ne pouvait pas dire « belle » à cet âge là. Puis enfin la blonde bougea. Elle leva sa baguette et fit un arc de cercle devant son visage. Des mots dorés apparurent.
-« Le Chicaneur », lut Ginny à voix haute, et comment tu t'appelles ?
-« Luna Lovegood et toi ? »
-Ginny Weasley, il me semble que c'est toi qui habite derrière la colline ? Avec ton père c'est ça ?
-« Oui ! Parfois je vous voyais jouer au quidditch de ma chambre ».
-Et… Pourquoi tu ne parles pas ? Comment tu fais pour faire des informulés à ton âge ?
-« Je suis aphasique, j'ai perdu l'usage de ma voix quand j'étais petite », elle sourit, « j'ai toujours appris à lancer des informulés ».
-Oh ! C'est à cause de ça que tu viens juste d'arriver ?
-« Oui, mon père ne voulait pas me mettre à Poudlard, il avait peur que l'on se moque de moi, j'ai donc suivit le mois de septembre à la maison ».
-D'accord et-
-Miss Weasley, Miss Lovegood, vous terminerez votre conversation plus tard leur dit le professeur McGonagall.
-Oui Professeur !
-Ginny ? Ginny !
La rouquine revint brusquement à la réalité. Elle se trouvait dans son compartiment du Poudlard Express, Harry la secouait par l'épaule.
-Désolée, je rêvassais, lui sourit-elle.
-On a vu ça, dit Hermione en rigolant.
Ginny remarqua que Luna la regardait avec des yeux… attendris ?
-Qu'est-ce qu'il y a ?
-« Tu disais mon nom dans ton sommeil ».
La rousse écarquilla les yeux. Elle n'avait pas fait ça quand même. Mais Luna lui fit un sourire encore plus grand.
À l'arrivée, à Pré-au-lard, il tombait des trombes d'eau, on ne pouvait voir à 1 mètre. Tous les 6 se dépêchèrent d'entrer dans une calèche qui se mit directement en route vers le château.
Un mois plus tard
Harry était dans la tour d'astronomie. Il n'avait pas pu aller à pré-au-lard car son oncle et sa tante n'avaient pas signé le formulaire. Il regardait donc les autres élèves se préparer à la sortie.
Ses yeux se portèrent sur la forêt interdite. Un énorme oiseau était en train de planer. « C'est gros quand même pour un oiseau... », se dit-il.
Il sortit discrètement du château et s'avança jusqu'à l'orée de la forêt interdite. Il y entra à pas de loup. Plus il avançait, moins il y avait de lumière. Au bout de dix minutes de marche il arriva à une clairière. Ce qu'il vit le stupéfia. Ce n'était pas un oiseau qu'il avait vu mais un cheval ailé. Pas un Pégase ou un hippogriffe, comme ils avaient étudiés lors du premier cours de soins aux créatures magiques fait par Hagrid, mais le même animal qui tirait les calèches lors de leur arrivée à pré-au-lard.
Il en avait vu l'année dernière mais il devait avouer qu'il n'avait pas regardé à cause de l'orage qui avait éclaté à ce moment là. À présent il pouvait les voir à la lumière du jour.
On aurait dit qu'ils étaient dépourvus de toute chair, leur pelage était noir et collait à leur squelette. Leur tête ressemblait à celle d'un dragon et leurs pupilles étaient blanches. L'aspect final faisait ressembler à une chauve-souris géante.
Il entendit des pas derrière lui, il se retourna d'un coup, pensant avoir affaire à un professeur, mais relâcha son souffle quand il reconnut Luna, l'amie de Ginny. « Elle est mignonne », se dit-il. Pas dans le sens « je voudrais sortir avec elle » mais juste qu'il appréciait sa beauté simple, sa peau pâle, ses grands yeux bleus et ses cheveux qui semblaient former une auréole lumineuse tout autour d'elle. Elle avait l'air légère, comme si le moindre coup de vent, le moindre toucher, pouvait lui faire mal. Il voulait la protéger comme un grand frère qui protège sa petite sœur.
- « Bonjour Harry Potter » commença-t-elle d'un air rêveur.
-Bonjour Luna, mais appelle moi Harry s'il-te-plaît.
- « D'accord Harry ».
-Eum... Qu'est-ce-que... Qu'est-ce-que tu fais là ?
- « Je suis venue les voir tout comme toi », dit-elle en se rapprochant tout près d'Harry.
-Tu peux les voir aussi ? Je ne suis pas fou ?
- « Tu es aussi sain d'esprit que moi ».
Harry décida de prendre ça comme un compliment. Du peu qu'il la connaissait, il l'enviait d'avoir autant d'imagination, de se moquer du regard des autres. Luna Lovegood n'était définitivement pas une fille comme les autres.
-Et qu'est-ce-que c'est au juste ?
- « Des sombrals, seuls ceux qui ont vu quelqu'un mourir sous leurs yeux peuvent les voir ».
-Je vois... Attend, ça veut dire que toi aussi tu-
- « Oui, ma maman. Elle aimait faire des expériences et un jour l'une d'elles a mal tourné ».
-Je suis désolé.
- « Oui, c'était très triste, c'est suite à ça que j'ai perdu la voix ».
-D'accord.
À présent tout un troupeau de sombrals les entouraient. Il y avait deux poulains. Luna sortit de sa sacoche un morceau de viande crue et le lança à l'un d'eux. Le petit le goba tout de suite.
-Tu es en deuxième année et tu vas déjà dans la forêt interdite ? Rigola Harry.
- « Oui, mis à part Ginny, peu de personnes me parlent, peut être à cause de ma différence ».
-Il ne faut pas que tu en ai honte, c'est prodigieux de savoir faire des informulés à ton âge.
- « Merci Harry, toi aussi tu es différent des autres, tu t'en sors très bien aussi ».
-Comment ça je suis différent ?
- « Tu verras, cette différence sera ta plus grande force, j'en suis sûre ».
-D'accord, lui sourit Harry. Au fait où est Ginny ? Pourquoi tu n'es pas avec elle ?
- « Je savais que tu allais venir à un moment ou un autre. Ginny ne t'en veux plus tu sais, pour l'année dernière, mais elle a un trop fort caractère pour s'excuser de son comportement ».
-J'irai lui parler dans ce cas, je n'aimais pas l'idée qu'elle soit contre moi. Si tu te sens seule, tu peux venir avec moi, Hermione et les jumeaux, on sera ravi d'être avec toi, surtout si les autres élèves t'embêtent.
- « Merci Harry, c'est très gentil. J'aime bien l'idée d'avoir des amis, même si ça fait bizarre ».
-Tu n'en as jamais eu à part Ginny ?
- « Non, pourtant j'habite pas très loin de chez elle. Mais mon père voulait me garder en sécurité à la maison pour que je ne me fasse pas embêter ».
-Je vois... viens nous voir quand tu veux !
Le soir même, Harry était le dernier de sa maison à être resté dans la salle commune. Il devait impérativement finir son rouleau sur les niffleurs pour le lendemain. Le son de la radio avait été baissé au minimum. Une chanson moldue passait, Night in white satin des Moody Blues si Harry se souvenait bien. Elle était douce, relaxante, donnant presque envie de dormir. Soudain elle s'arrêta laissant place à un message important :
« Le criminel Sirius Black s'est évadé de la prison d'Azkaban. Tous les aurors sont à sa recherche, si vous avez le moindre renseignement le concernant, veuillez contacter immédiatement le ministère de la magie, je répète le criminel- »
Harry venait d'éteindre la radio, il n'était plus l'heure pour ce genre de nouvelles. Il termina rapidement ce qui lui restait à écrire et partit se coucher.
Quelques semaines plus tard
Le match de quidditch Poufsouffle contre Gryffondor venait de commencer. Un énorme orage était en cours, le tonnerre retentissait et des éclairs faisaient régulièrement une apparition et, comme à leur arrivée à Poudlard, il tombait des trombes d'eau. Harry ne savait pas trop qui supporter, d'un côté il y avait sa maison et de l'autre deux de ses meilleurs amis jouaient. Il était donc posté entre les supporter des deux maisons. Soudain, il sentit derrière lui une présence. Il était à l'avant dernier rang. Il tourna la tête et faillit hurler. Un énorme chien noir squelettique le regardait de ses yeux luisants. Il n'avait pas l'air d'être en confrontation avec le jeune homme. Il avait les oreilles basses et semblait même timide, mais son aspect misérable ne jouait pas en sa faveur. Rapidement, il se souvint du « morceau de chien » qu'il avait vu à Privet Drive.
Harry sentit l'air se rafraîchir tout autour de lui. Il reporta son attention sur le match pour voir ce qu'il se passait puis se retourna encore une fois vers le chien. Il avait disparu. Harry vit au dessus de sa tête des dizaines de fantômes noirs qui évoluaient un peu partout sur le terrain et les gradins. Le jeune homme était tétanisé. L'un d'eux s'approcha de lui. Tout ce qu'il pu voir et entendre avant de s'effondrer fut une bouche noire et la phrase : « Pardonne-moi Lily, mais je n'ai pas le choix ». Il s'évanouit.
Il s'éveilla à l'infirmerie de Poudlard, une Hermione inquiète à ses côtés.
-Harry, tu vas bien ?
-J'ai l'impression qu'un troupeau d'hippogriffes m'a marché dessus, mais oui, je vais bien, marmonna-t-il. Qu'est-ce-qu'il s'est passé ?
-Tu t'es fait attaqué par un détraqueur qui était à la recherche de Sirius Black et tu t'es évanoui, lui dit-elle inquiète.
-Oh... Et... Quelqu'un d'autre s'est évanoui ?
-Non, nous nous disions seulement que nous ne pourrions plus rire du tout. On était littéralement glacé.
-Ah Monsieur Potter ! Dit l'infirmière en arrivant avec le plus gros rocher de chocolat qu'il n'avait jamais vu. Mangez ça, ça vous fera le plus grand bien, dit-elle en cassant l'aliment avec une pioche, elle en donna un gros morceau à Harry.
-Merci, lui dit-il.
L'infirmière pris sa tension d'un coup de baguette et partit vers un autre élève, l'attrapeur de Gryffondor qui avait visiblement été touché par la foudre à en croire ses cheveux en bataille et son teint grisâtre. Harry se remémora les derniers moments avant d'être tombé dans les pommes. Il connaissait la voix de l'homme. Elle était douce et calme, parfaite pour se faire pardonner de tout et d'avoir la confiance de n'importe quel interlocuteur.
-Hermione, j'ai... J'ai entendu une voix avant de m'évanouir. Ça disait « pardonne-moi Lily ». C'est sûrement celui qui a tué mes parents.
-Tu veux en parler à Madame Pomfresh ? Elle pourrait faire venir un psychomage au cas où...
-Non, je ne veux pas les embêter avec ça. C'est juste bizarre de me dire que j'arrive à me remémorer de ça… ce qu'il s'est passé il y a 12 ans de cela. Le seul problème c'est que la voix me paraît familière, comme si je l'avais déjà côtoyée, or, je ne l'ai jamais vu...
-On ne peut pas en parler ici, on pourrait nous entendre.
-Je sais Mione, je sais, Harry soupira, il était encore traumatisé de sa « rencontre » avec le détraqueur.
-Pour ce qui est des détraqueurs, commença Hermione comme si elle avait lu dans ses pensées, le directeur nous a dit qu'ils étaient normalement placés aux entrées de l'école. Ils n'avaient pas le droit d'entrer dans l'enceinte du parc. Ils sont là pour Sirius Black. Apparemment c'est le fait qu'il y ait eu beaucoup d'euphorie qui les a poussés à venir.
« Je demanderai au professeur Lupin s'il y a un sort contre ces créatures », se promit-il. Il avait honte d'être le seul à s'être évanouit.
Le lendemain, Harry sortit de l'infirmerie encore tout tremblant à l'idée de recroiser un détraqueur sur sa route. Il se rendit en cours de Défense contre les forces du mal, présidé par le Professeur Remus Lupin. Harry l'aimait bien, c'était un homme simple qui leur apprenait de bonnes choses. C'était le meilleur qu'ils avaient eut en trois ans.
-Bien, aujourd'hui nous allons étudier les épouvantards. C'est une créature qui prend la forme de ce qui nous effraie le plus, elle est donc différente pour chacun de nous. Le sort pour y échapper est Riddikulus. Qui veut essayer ?
Voulant passer inaperçu, Harry se cacha dans la petite foule d'élèves qui s'était formée. Cependant, le professeur Lupin ne l'entendit pas de cette oreille.
-Tenez, Monsieur Potter, veuillez approcher je vous pris.
-Oui Monsieur... Fit Harry à contre cœur.
Il s'approcha doucement de l'armoire dans laquelle était la créature.
-Savez-vous de quoi vous avez le plus peur ?
L'image le l'oncle Vernon en colère passa dans son esprit. Puis celle du détraqueur qui l'avait attaqué pendant le match, il pouvait encore entendre les dernières paroles du criminel à sa mère. Oui, c'était ça, ce qui lui faisait le plus peur était cette créature qui lui faisait remonter les souvenirs les plus horribles qu'il avait au fond de lui.
-Oui, je crois que je le sais, répondit-il finalement, après quelques secondes de doute.
-Très bien, je veux que vous pensiez à cette chose de manière comique puis dire distinctement la formule que je viens de vous apprendre. Vous pouvez faire ça ?
-Oui, fit Harry déterminé mais quelque peu apeuré de se retrouver face à un détraqueur aussi vite.
Le professeur donna un petit coup de baguette dans le vide et la poignée de la porte s'ouvrit. Un détraqueur, exactement le même que celui du match en sortit. Il était à 30 centimètres du sol et se dirigea directement vers le jeune homme. Ce dernier ne pu rien faire, il était paralysé, ne se rappelait plus de la formule. La bouche du détraqueur s'approcha dangereusement de cette d'Harry.
-Pas Harry, pas Harry, je vous en supplie, pas Harry…
-Je suis désolé Lily mais je n'ai pas le choix.
Harry se réveilla en sursaut. Il était allongé au beau milieu de la salle de cours, Remus Lupin le regardait avec inquiétude, il avait une tablette de chocolat dans la main. Il la tendit à Harry qui se releva sur ses coudes, il remercia poliment le professeur et mâchouilla la confiserie. Le professeur se releva et dit aux autres élèves que le cours était terminé. Harry entendit des soupirs de déception derrière lui. Il s'en voulu tout de suite. Il allait sûrement faire perdre des points à sa maison et il était sûr qu'il allait faire l'objet de remarques de la part de ses camarades pendant les prochains jours, si ce n'est semaines. Il doutait qu'il en recevrait des Poufsouffle, mais le cours était en commun avec les Serpentard, Draco Malfoy avait dû profiter pleinement du spectacle.
Ce n'est que quand le professeur revint à sa hauteur, après avoir rassuré les élèves des blaireaux qui s'inquiétaient pour leur camarade, que Harry releva la tête.
-Je suis désolé professeur, je savais qu'un détraqueur allait apparaître mais je n'ai pas réussi à le contrer...
-Ne vous inquiétez pas pour cela, Harry, j'avais entendu parler de ce qu'il s'était passé pendant le match, j'aurai dû être plus vigilant. Mais, si je puis me permettre, quels souvenirs refont surface ?
-La première fois j'ai entendu une voix dire « pardonne moi Lily, mais je n'ai pas le choix ». Je sais que je connais cette voix, elle ne m'est pas inconnue, c'est celle d'un homme d'âge mûr je dirais, et cette fois-ci, j'ai entendu celle de ma mère plaider pour ne pas que je me fasse tuer.
-Les derniers mots de votre mère donc.
Remus s'assit près d'Harry, ce dernier pouvait voir ses yeux s'embuer de larmes.
-Professeur ?
-Oui, désolé Harry, mais j'ai connu votre mère, ainsi que votre père et leur assassin.
-Vous... vous avez connu mes parents ? S'exclama Harry. Qui les a tués ?
-Oui, je les ai connus. Je ne devrais pas te le dire, mais selon moi tu dois être au courant, après tout il s'est échappé d'Azkaban pour « terminer son travail ». Son nom est Sirius Black, il était le meilleur ami de James et moi. Nous formions un trio quand nous étions à Poudlard. Par la suite, Lily est arrivée. Elle est sortie avec James en dernière année et est devenue une de mes plus proches amies. Elle, comme ton père et Black, ne me jugeaient pas...
Remus avait dit cette dernière phrase dans un soupir, c'était à peine audible mais Harry était proche de lui et avait pu l'entendre. Il allait lui poser une question mais quand il vit que le professeur avait fermé les yeux pour éviter de pleurer, il ne voulut rien dire.
Le soir après manger
-Il y a quelque chose d'important que je dois vous dire, dit Harry à Hermione, Luna, Fred et George
-Tu as l'air tendu Harry, remarqua Hermione, qu'est-ce qu'il y a ?
-Il faut que je trouve une salle où on pourrait parler librement.
Ils étaient au 7ème étage, devant une tapisserie représentant la tentative de Barnabas le Follet d'apprendre la danse classique à des trolls. Harry faisait les 100 pas, essayant de rester calme. Tout d'un coup, une grande porte apparut en face de la tapisserie. Tous les cinq se regardèrent avec étonnement Harry entra en premier. La salle était plutôt petite mais largement assez grande pour les accueillir tous. Il y avait au fond une cheminée allumée qui réchauffait la pièce et juste devant des poufs et des coussins éparpillés en rond.
-C'est… C'est exactement ce que je voulais, dit Harry, le regard ébahi.
-Wouah, firent les jumeaux.
-Gred, je ne me souviens pas d'avoir vu une salle comme ça sur la carte…
-Moi non plus Feorge, attend, je vais vérifier.
Sous le regard attentif de son frère et étonné des trois autres, Fred sortit un vieux morceau de parchemin de sa poche gauche.
-Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises… George ! On a disparu !
-Hein ? Impossible, à moins qu'ils n'aient jamais découvert cette pièce.
-Oui, je pense que c'est ça, dit Fred.
-C'est quoi ça ? demanda Harry.
-Une carte qu'on a volé dans le bureau de Rusard en première année. C'est la Carte du Maraudeur. Elle indique l'emplacement de chaque personne à Poudlard, sauf que là on n'apparaît pas…
-C'est bizarre, dit George.
-Qu'est ce que tu voulais nous dire Harry ? Demanda Fred, pour en revenir au sujet initial.
-Ah oui, venez vous asseoir.
Tous s'assirent en cercle devant le feu crépitant. Alors Harry commença :
-Alors voilà, après le cours de Défense contre les forces du mal-
- « Celui où tu t'es évanoui ? » dit Luna.
-Oui celui-ci... Attend, comment t'es au courant de ça ?
-Malfoy s'est fait un plaisir de le crier dans les couloirs quand tout le monde changeait de cours, dit Fred. Tu t'es vraiment évanoui alors ?
-Ouais, ragea Harry qui sentit ses joues se teinter de rouge en pensant à la honte qu'il allait avoir lors du dîner le soir même.
-Et donc ? Tenta de le calmer Hermione.
-Eh bien, comme avec le vrai détraqueur j'ai entendu une voix qui m'est familière, celle du criminel, mais cette fois-ci, j'ai aussi entendu la voix de ma mère plaider pour que je ne me fasse pas tuer.
-Oh Merlin, souffla Hermione. Mais ça doit être horrible !
-Oui, mais le pire c'est que le tueur est en ce moment même en cavale, il s'agit de Sirius Black...
-Mais... comment tu sais ça ? C'est Dumbledore qui te l'a dit ?
-Non, le professeur Lupin. Il m'a avoué avoir été ami avec mes parents et Black pendant ses années à Poudlard.
- « Et qu'est ce que tu vas faire à présent en sachant ça ? »
-Je ne sais pas Luna... à présent il veut sûrement terminer son travail.
-Il ne faut pas que tu ailles à sa rencontre, d'accord Harry ? Ce serait trop dangereux, dit Hermione d'un ton ferme.
-J'aviserai au moment donné Mione, je ne sais absolument pas comment je vais réagir lorsque je serai devant lui.
- « Je vous propose de reparler de ça une prochaine fois, il est temps de retourner dans nos maisons », écrivit Luna.
-T'as raison, dit George.
Tous sortirent de la salle à tour de rôle et se dépêchèrent de rentrer dans leur salle commune. Mais au dernier moment, les jumeaux entraînèrent Harry dans un couloir désert.
-Tiens Harry, on a su que tu ne pouvais pas aller à pré-au-lard. On te donne notre carte, tous les passages secrets y sont dessinés. On te suggère de prendre celui de la sorcière borgne, il t'emmènera directement chez Honeydukes.
-Merci les gars ! Dit Harry tout content.
-Évite juste de te faire chopper, lui sourit Fred. À plus Harry !
Quelques jours après
Le cours de défense contre les forces du mal venait de se terminer. Tous les élèves rangeaient leurs affaires. Harry prenait le plus de temps possible, il voulait parler à Lupin. Une fois qu'il fut sûr que tous les élèves étaient partit, il se retourna vers le professeur qui le regardait d'un air étonné.
-Monsieur, j'avais une requête à vous faire.
-Je vous écoute Harry.
-Je... Je voudrais savoir s'il existait un sort contre les détraqueurs.
-Oui, il en existe un, pourquoi voulez-vous savoir cela ?
-J'aimerais pouvoir me défendre la prochaine fois que l'un d'eux attaquera, dit Harry, un air déterminé au visage.
-Je vois... venez dans mon bureau demain soir après manger. Mais je vous prévient, ce n'est normalement pas un sort à la portée d'un 3ème année.
-Je veux quand même essayer professeur.
-Bien, vous ressemblez bien plus à votre père que vous ne le pensiez.
Harry se présenta au bureau à l'heure prévue. Remus le fit entrer avec un sourire.
-Bien, j'ai dans cette malle l'épouvantard du dernier cours. Il se transformera en détraqueur à votre vue. Pour lancer le sort, il faut que vous pensiez à un souvenir heureux, le plus heureux que vous aillez. Le sortilège est Spero Patronum.
-Spero Patronum, répéta Harry.
Il se concentra quelques instants pour chercher le souvenir adéquat. Il décida de choisir le souvenir le plus ancien qu'il avait en réserve. Celui d'un sourire, de son père sans doute.
-D'accord professeur, je suis prêt.
Lupin déverrouilla la malle et comme prévu, un détraqueur en sortit.
-Spero Patronum !
Un très mince filet argenté sortit de sa baguette. Harry réussit à tenir quelques secondes, le temps de faire reculer la créature et de l'enfermer dans la malle.
-Fantastique Harry ! S'écria le professeur, vous venez de vous hisser à la hauteur de votre père, et ce n'est pas peu dire !
-Je... Je crois que je vais arrêter pour aujourd'hui, haleta Harry.
-Bien sûr ! Tenez, du chocolat.
Les mois passèrent vite, sans nouvelles de Sirius Black. Harry l'avait même presque oublié, mais soudain, au loin, il vit une forme noire bouger. Il plissa les yeux et se concentra. C'était un chien noir. Le même qu'il avait vu à Privet Drive et lors du match de quidditch. Le chien semblait le regarder, puis fit demi-tour et entra dans la forêt. Il tourna la tête pour regarder Harry, comme pour lui dire « suis-moi ». Curieux, Harry le suivit. Il eut un léger remord quand il franchit le seuil de la forêt et espéra ne pas faire perdre de points à sa maison, il n'était pas du genre à prendre des risques inconsidérés. Mais là, c'était différent, le chien le suivait depuis la maison moldue de la tante et son oncle.
Il lui fallut quelques secondes pour que sa vue s'ajuste à la pénombre du lieu, mais il vit l'animal à quelques mètres de lui seulement. D'un coup, le chien changea de forme, celle d'un homme adulte. Il avait dû être très beau dans sa jeunesse, mais les années qu'il avait passées en prison avaient presque tout emporté. Car Harry le reconnu tout de suite, après tout il faisait la une des journaux. Sirius Black.
Harry allait faire demi-tour, partir en courant mais son instinct lui disait « non, reste et écoute le ». Black commença à parler.
-Comme tu as grandis Harry...
-Comment osez-vous me parler comme cela alors que vous avez tué mes parents ?!
-Je n'ai pas tué tes parents. J'aurai même préféré mourir plutôt que de faire ça.
-Alors qui l'a fait ? Qui les a tués ?!
-Albus Dumbledore.
-Mais vous êtes malade ! Harry était choqué par l'audace de l'homme. Dumbledore est celui qui m'a sauvé. S'il n'était pas arrivé à temps je serais mort !
-C'est ce qu'il a raconté à tout le monde, mais écoute moi jusqu'à la fin, je t'en supplie !
-Faite vite sinon j'appelle le directeur pour vous renvoyer à Azkaban.
-James et Lily ne sont pas tes vrais parents. Tu es en fait le fils de Rodolphus et Bellatrix Lestrange. Tu as été kidnappé par des membres de l'Ordre du phénix qui-
-L'Ordre du quoi ? Qu'est-ce que c'est ?
-Un groupe dirigé par Dumbledore qui sont contre les mages noirs, c'est une société secrète dont je faisais partie. Cinq d'entre eux se sont introduit chez tes parents et ton enlevé. Dumbledore a fait en sorte de faire faire une potion de parenté afin que tu deviennes le fils légitime de James et Lily.
-C'est à cause de cette potion que je leur ressemble ?
-Exactement. Ce n'est qu'un an plus tard que j'ai appris la vérité par Andromeda, la sœur de Bellatrix et Narcissa. J'en ai tout de suite informé James et Lily. Dumbledore l'a su et les a tué le soir d'après. Quand je suis arrivé sur les lieux ils avaient déjà été tués, je suis arrivé à temps pour le distraire avant qu'il n'en fasse de même avec toi. Avec tout le désordre il en a profité pour appeler les aurors en cachette et me faire passer pour le meurtrier.
-Mais-
-Remus m'a dit que tu entendais la voix d'un homme que tu semblais avoir déjà côtoyé quand un détraqueur t'attaque, or, la dernière fois que je t'ai vu tu avais un peu plus d'un an.
-C'est le professeur Lupin qui vous a laissé entrer ? Comment avez vous échappé aux détraqueurs ?
-Non, il n'y est pour rien. Je leur ai échappé de la même manière que je me suis enfuis de cette maudite prison. Je suis un animagus non déclaré, ils ne m'ont pas senti quand je suis passé près d'eux.
-Et qui me dit que vous n'êtes pas un mangemort, vous comme... Andromeda ?
-Aucun de nous deux ne porte la marque des ténèbres. Andromeda est effectivement restée en contact avec sa sœur cadette, Narcissa, la mère de Draco Malfoy, mais elle a épousé un né moldu, elle a pour cela été déshéritée.
-Et vous-
-Moi aussi je l'ai été, j'ai été admis à Gryffondor et j'ai été ami avec des sorciers de la lumière, les ennemis de tes parents, oncles et tantes. Mais je sais beaucoup de choses sur eux, notamment que les Lestrange de sang peuvent se transformer en loup. Je suppose que Dumbledore t'a interdit de retirer ce collier. C'est une pierre d'aconite tue loup. Elle t'empêche de te transformer, sans quoi tu aurais découvert qui tu étais vraiment.
Sirius ne pu finir sa phrase que des détraqueurs arrivèrent de tous les côtés.
-Sirius ! Courrez ! Cria le jeune homme.
Il emmena le Black un peu plus profondément dans la forêt. Il savait où aller. Très vite ils arrivèrent dans une clairière, à l'enclos des Hippogriffes, là où Hagrid leur avait fait cours quelques mois plus tôt. Harry fit rapidement les salutations à Buck, un bête grise et le détacha.
-Vite ! Montes sur son dos !
Sirius fit ce qu'Harry lui dit. Ce dernier tapa sur le postérieur de l'animal qui se cabra et s'envola.
Mais les détraqueurs avaient bien repéré l'ex-prisonnier et comptaient bien faire leur travail. Harry se remémora la séance avec le professeur Lupin, pensa au sourire d'un de ses parents, ce sourire chaleureux, et cria la formule.
-Spero Patronum !
Un énorme filet argenté sortit du bout de sa baguette, très vite, il changea de forme pour devenir un animal. Il avait quatre pattes, un pelage blanc et un museau pointu.
-Un loup, murmura Harry.
L'animal galopa jusqu'aux détraqueurs qui fuirent à son approche. Il fallu 5 bonnes minutes pour que chaque détraqueur ai fait demi-tour. Harry couru jusqu'au château, l'heure avait vite tournée et il ne voulait pas rater l'extinction des feux. Il toqua 4 fois sur le tonneau et entra. Il ne restait plus personne dans la salle commun de Poufsouffle, mis à part des 7ème années qui semblaient s'arracher les cheveux à retenir l'histoire de la magie. Harry se dirigea vers son dortoir et entra. Ses trois camarades étaient en train de dormir. Il se mit en pyjama et les imita quelques minutes plus tard, trop fatigué pour réfléchir aux révélations qu'il venait d'avoir.
Le lendemain
Harry se réveilla tardivement. Heureusement nous étions samedi, il pouvait prendre son temps avant d'aller prendre son petit déjeuner. Il passa derrière Hermione et lui chuchota à l'oreille « réunion de crise ». Elle fit passer le mot aux jumeaux qui le firent passer à Luna derrière eux.
Ils se retrouvèrent tous dans la salle sur demande. Hermione avait relu tout l'Histoire de Poudlard afin de connaître le nom de ma salle et ses propriétés. Cette pièce contenait tout ce que la personne qui l'avait invoqué désirait. Il fallait pour cela passer trois fois devant en y pensant. Elle était aussi appelée la salle va et vient. Tous entrèrent dedans et découvrirent comme d'habitude des poufs et coussins éparpillés par terre.
-Ok, commença Harry, tout d'abord ne me criez pas dessus.
-« Tu commences mal Harry, tu as la tête pleine de joncheruines »
-De quoi ?
-« Ça embrouille le cerveau, tu devrais faire attention » termina-t-elle.
-Ok, pas de soucis. Bon, Sirius Black est venu me parler.
-Ne me dis pas que tu l'as suivit Harry, dit Hermione, une main devant la bouche. Tu aurais pu te faire tuer !
-Je sais... Mais s'il avait voulu il l'aurait fait depuis les dernières grandes vacances.
-Comment ça ? Demanda Fred.
-C'est un animagus non déclaré. Je l'ai vu une fois à Privet Drive, une autre fois lors du premier match Poufsouffle contre Gryffondor et là, hier soir, à l'orée de la forêt interdite. C'est un grand chien noir.
-Il est en cavale depuis les dernières grandes vacances ?!
-Oui, apparemment ils ne s'en sont pas rendu compte avant. Enfin bref. Il m'a avoué plusieurs choses.
- « Comme ? », demanda Luna, elle semblait être la plus calme de tous, comme si elle était déjà au courant de tout.
-Je ne suis pas le fils de James et Lily Potter.
-Hein ? Demandèrent les trois autres.
-Je suis le fils de Bellatrix et Rodolphus Lestrange.
-Mais c'est imp- commença Hermione.
-Ce n'est pas Sirius qui les a tués mais Dumbledore. Je vous avais déjà parlé de la voix que j'entendais quand je me faisais attaquer par un détraqueur, je savais que je connaissais l'homme mais je ne savais pas qui c'était. Mais là tout s'explique.
-Et comment ça se fait que tu sois arrivé chez les Potter ?
-On m'a kidnappé.
Luna souriait, Hermione le regardait droit dans les yeux et les jumeaux échangèrent un regard.
-Écoutez, je sais que ça peut paraître dingue dit comme ça, mais mon instinct me hurle que Sirius m'a dit la vérité.
-J'ai lu quelque chose sur les Lestrange... De quoi est fait ton pendentif ? Demanda Hermione.
-Aconite tue loup d'après ce que m'a dit Sirius.
-Oh Merlin, il a raison, se lamenta presque la jeune fille.
-Et devine quelle est la forme de mon patronus ?
-Un loup...
-Gagné.
-Attendez une seconde, tu nous a bien dit que tu avais vu Black hier soir ? Il est où là ? Demanda George.
-Je l'ai mis sur le dos de Buck, l'hippogriffe et ils sont partis. Où ? Je ne sais pas, dit Harry.
-Oh la soirée de dingue, soupira Fred.
-Et vous vous souvenez l'année dernière ce qu'avait dit le professeur Lockhart à propos de Dumbledore ? Qu'il avait une « voix qui mettait tout de suite à l'aise » et « un beau sourire ». Combien vous pariez qu'il l'a ensorcelé pour que tout le monde pense que ce soit Lockhart qui m'avait donné le mot ?
- « Et tu voudras aller voir tes vrais parents ? »
-Je ne sais pas... Sirius m'a dit qu'Andromeda avait été déshéritée car elle avait épousée un né-moldu et Sirius aussi car il avait fraternisé avec James. Je n'ai pas envie de me faire rejeter par eux, je ne sais pas si je le supporterai. De plus j'ai été « élevé » par des moldus et je suis à Poufsouffle...
- « Sache que je te suivrai Harry, même si tu rejoins tes parents », lui écrivit la blonde.
-Pareil pour nous, dirent les roux.
-Hors de question que je t'abandonne non plus, affirma la brune.
Harry ne sut pas comment les remercier. D'un côté il était mort de trouille. Sérieusement, quel parent sang-pur voudrait d'un gringalet comme lui ? Il n'avait rien d'un digne héritier. D'un autre côté, il se disait qu'il voudrait avoir enfin une famille, il voulait avoir son père et sa mère, il voulait pouvoir se confier à un adulte. Une révélation se fit dans son esprit. Les deux personnes qu'il avait vues dans le miroir en première année… Et si c'était eux ? Et si c'était ses parents ? Ils avaient tous les deux un regard attendri… Un regard que des parents auraient quand ils auraient retrouvés leur enfant. Comme les années précédentes, il décida de ne pas en parler.
-Merci. Sérieusement, merci, dit Harry, un poids s'enlevant de ses épaules.
-Au fait, comment tu t'appelle ? Ça m'étonnerai qu'un Lestrange et une Black aient donné Harry comme prénom pour leur fils, rigola Fred.
-Oserais-tu te moquer de mon prénom, Fred Weasley ? Dit Harry, un grand sourire s'étirant sur son visage. Non, plus sérieusement je n'ai aucune idée de quel est mon vrai prénom. Sirius non plus je pense, il me l'aurait dit sinon.
-En tout cas, Dumbledore a bien caché son jeu, marmonna Hermione. Je ne le regarderai plus de la même manière.
-Il a essayé de m'embrouiller dès le départ en envoyant Hagrid me chercher. C'est lui qui m'a parlé de Poudlard et des maisons pour la première fois. Selon lui, les Poufsouffle sont des cancres, les Gryffondor sont les meilleurs, les Serpentard sont de futurs mages noirs en puissance et il ne m'a même pas parlé une seule fois de Serdaigle, s'indigna-t-il.
-Lui aussi est un pion de Dumbledore, s'attrista Hermione.
-Au moins je sais que je suis né le 31 juillet, c'est à cette date là que Hagrid est venu me chercher.
Harry reçu une lettre le dernier jour de cours :
Harry,
Je n'ai pas eu le temps de te le dire, mais James et Lily m'avaient désigné comme parrain pour toi. Je sais que tu n'es pas bien traité chez tes moldus. J'ai déjà vu ton « oncle » et ta « tante » et je sais qu'ils sont de la pire espèce. C'est pourquoi je te propose de venir vivre avec moi dans le manoir de mon oncle malheureusement décédé : Alphard Black.
Mais après ce que je t'ai dis, je comprendrai que tu veuilles retrouver tes vrais parents. Sache juste que je suis, depuis 12 ans à présent, de leur côté.
En attente d'une réponse,
Sirius Black
Harry relu la lettre au moins 5 fois pour être sûr de ne pas être en train de rêver. Sirius -son parrain-, lui proposait de quitter les Dursley pour venir habiter avec lui dans un manoir. Cependant, Sirius relevait un point important : allait-il un jour avoir le courage d'aller voir ses vrais parents ? Il espérait que oui. Bien sûr, il n'oubliait pas leur passé de mangemort mais si Sirius disait vrai et que sa mère était devenue folle suite à sa disparition, il avait des chances de ne pas se faire rejeter s'il se présentait à eux.
Malgré tout, il était trop dangereux pour lui et Sirius d'habiter ensemble. Le Black était toujours associé à un tueur mangemort psychopathe dans la tête des gens et Dumbledore saurait directement que Harry savait la vérité. Or, ce dernier ne savait pas ce que le directeur lui réserverait s'il venait à le découvrir. Il envoya donc une lettre à Sirius pour lui dire qu'il était obligé de décliner l'invitation pour les raisons qu'il venait de citer.
