Ils rejoignirent les autres dans le grand hall. Lorsqu'il les vit, Rhésos décocha une flèche, tuant le garde qui essayait de les attaquer par derrière.

- bien joué, Robin des Bois ! Dit Enaya

- qui ? demanda Rhésos.

- Oubliez.

- C'est vrai qu'il fait un peu Robin des Bois, confirma Tom. Il a même les collants verts.

- Qui ? Insista Rhésos.

- Oubliez, je vous dis, répéta Enaya. Qu'en est-il d'Euristhée ?

- Mort, dit Hercules.

- Tout comme Sytaclès ajouta Liz.

Tom remarqua alors le sang sur la main de son amie et fronça les sourcils. Elle cacha sa main à sa vue, et le regarda droit dans les yeux.

- finissons-en dit-elle.

Tous furent d'accord et sortirent. Ils se retrouvèrent nez à nez avec l'armée de Cotys. Hercules les exhorta à se joindre à lui contre le tyran. Le roi rétorqua qu'il tuerait sans état d'âme toute personne qui se joindrait à lui et déclara qu'il allait le prouver. Il fit amener Ilian devant lui. Un garde tenait un couteau sous la gorge du garçon. Enaya serra les poings et blêmit.

- Hercules ! Cria Cotys. Tu n'as pas su sauver ta famille, mais tu peux encore sauver celui-ci. J'ignore comment vous avez pu le faire passer pour Arius, mais je l'épargnerai si tu me prêtes serment.

- Tom, murmura Enaya. Tu te souviens que l'arbalète a été faite pour moi ? Quand il sera en sécurité, fais moi revenir.

Tom hocha discrètement la tête. Elle s'adressa alors à toute l'armée.

- Vous tous, cria-t-elle, vous devriez fuir, tant que vous en avez encore le temps, car je vais tous vous détruire. Cotys, laisse partir mon fils et j'oublierai que tu as posé la main sur lui.

- Si je ne le fais pas, prendrais-tu le risque de le blesser ?

Enaya sembla grandir, puis ses pieds quittèrent le sol. Ses yeux devinrent noirs et sa peau plus pâle que jamais.

- je suis l'ange noir, dit-elle d'une voix inhumaine. Je suis pour toi l'ange de la mort. Je suis les ténèbres, le cauchemar des dieux.

Elle tendit, la main vers le garde qui menaçait son fils. Celui-ci lâcha son arme et elle le fit léviter. Puis une boule de ténèbres entoura le soldat, et dans un cri, il disparut. Instinctivement, Benedict laissa échapper un sifflement. Le char d'Autolycos revint à ce moment.

- par tous les dieux, que se passe-t-il ? Demanda-t-il en descendant du char.

- Je crois qu'elle est en colère..., dit Ampharios.

- Qu'est ce qui t'as fait changer d'avis ? Demanda Hercules.

- Quand j'ai vu le garçon changer d'apparence, j'ai compris qu'il y avait un problème. Je me suis dis que vous auriez peut-être besoin d'aide.

- Que quelqu'un sorte le gosse de là, dit Tom.

Tydée fonça donc dans la bataille suivi par tous les autres. Seul Tom resta en hauteur. Tydée se précipita vers Ilian. Il prit l'enfant dans ses bras et fit barrière de son corps pour le protéger lorsque les archers les visèrent. Cependant aucune flèches ne le toucha. En effet, Enaya l'avait vu et s'était posé devant lui, arrêtant toutes les flèches. Hercules et ses compagnons se trouvèrent rapidement dépassés par l'armée de Cotys. Ils se replièrent donc vers les marches du palais.

- il faut les arrêter, dit Liz à Benedict.

- Tu as une idée ? Demanda-t-il.

Elle regarda tout autour d'elle et vit que Tom était monté à coté d'un brasero qu'il tentait de faire tomber . Benedict le vit aussi, et tous deux montèrent le rejoindre.

- faites tomber les braseros ! Hurla Benedict à l'intention de ses compagnons d'armes.

Rhésos, Atalante et Ampharios l'entendirent et montèrent sur le second brasero. Autolycos vint rejoindre Tom, et dans un effort conjoint, ils réussirent à les faire tomber, créant une ligne de feu qui stoppa temporairement les ennemis. Autolycos donna une tape sur l'épaule de Tom pour attirer son attention et désigna Enaya qui se trouvait de leur coté de la ligne.

- oui, vous avez raison, cria Tom pour couvrir le bruit. Il est temps de la faire revenir.

- Et comment on fait ça ?

Tom redressa l'arbalète et la pointa sur l'ange noir. Il l'arma d'une pointe en argent.

- on lui tire dessus, dit-il.

- Et si on se rate ?

- Il vaut mieux pas.

- Donnez moi ça.

Tom lui donna l'arbalète.

- visez la main ou l'épaule.

Autolycos visa et tira. La pointe vint transpercer l'épaule d'Enaya qui reprit forme humaine et tomba. Hercules la rattrapa. La jeune femme était à bout de force. Il la déposa en haut des marches.

- et maintenant ? Demanda Autolycos.

- Maintenant, c'est l'heure du bowling dit Liz avec un sourire carnassier.

- De quoi ?

- Du bowling, répondit Benedict. C'est un sport de chez nous. On lance une boule et on dégomme des quilles.

- Je crois qu'on ferait mieux de ne pas rester là, dit Tom.

En réponse au regard interrogateur d'Autolycos, il montra du doigt Hercules. Le colosse se tenait sous la statue de Junon, et tentait de la faire basculer en avant. Tom siffla pour attirer l'attention des trois autres, et les sept se précipitèrent à l'abri derrière Hercules. Celui-ci réussit à faire tomber la statue, dont la tête se détacha, roula, et alla heurter Cotys.

- bowling, déclara froidement Benedict.

- Strike, lui répondit Tom.

Un demi sourire apparut sur leurs visages. Les soldats de Cotys déposèrent leurs armes, et s'inclinèrent devant Hercules, puis se mirent à l'acclamer.