Note de l'auteur : Kai est le pro de l'arrangement de coup xD
Linda Linda ! Chapire 11 : ...Vraiment [Blanc.
Aoi
A croire qu'ils l'ont fait exprès. Ruki et Uruha à l'avant, Kai seul derrière. Ce qui nous laisse... Reita et moi au milieu. Connaissant Ruki, il a du faire en sorte que je me retrouve seul avec celui qui hante mes rêves.
Je jette un oeil vers lui. Il a l'air si heureux, si impatient.
Moi, je suis angoissé.
"Ça va, Aoi ?"
Ta voix est douce, calme. Je t'embrasserais bien à nouveau, si c'était décent. As-tu réfléchi à ma proposition ?
"Non..."
La mienne n'est qu'un murmure, qui s'échappe avec difficulté de mes lèvres.
"Qu'est-ce qui t'arrive ?"
Je m'y attendais, à cette question. Je ne veux pas y répondre, mais...
"J'ai le vertige..."
...Les mots se sont enfuis de ma bouche sans que je n'ai pu les retenir. Je m'attends au pire, à ce que tu éclates de rire, que tu te moques de moi. Mais tu te contentes de poser ta main sur la mienne, m'arrachant un regard surpris alors que tu souris.
"T'inquiètes pas, j't'empêcherais de t'envoler."
Tes mots me font rire. Je suis rassuré. Rassuré que tu sois là, rassuré que tu ne te moques pas, rassuré de sentir ta main sur la mienne. Ça tombe bien, parce que cette foutue attraction démarre, faisant tendre jusqu'à mon plus petit muscle.
Uruha
Le départ provoqua en lui un haut-le coeur. La vitesse était bien trop grande, le bruit lui broyait les tympans. Il n'en pouvait plus, et ça venait à peine de commencer. Il voulait que ça s'arrête, il voulait s'allonger, et décuver. Son visage était crispé, ses yeux fermés. Il avait peur.
Le vent était glacial, Uruha se crispait à la barre, inquiêté d'une quelconque possibilité de chute, malgré la sécurité de l'attraction. Et puis il entendit le grand rire moqueur de Ruki. Le guitariste se tourna vers le chanteur blond qui semblait hilare. Il lui aurait bien demandé ce qui lui prenait s'il n'avait pas l'impression qu'il allait se vider de ses organes s'il ouvrait la bouche.
Lorsque le cauchemard cessa enfin, il avait l'impression que sa cervelle avait explosé, tout comme ses tympans; il fonça vers les toilettes les plus proches, de la manière qu'Aoi l'avait fait sur le bâteau. Ses forces le quittèrent en même temps que sa gueule de bois. Uruha était à peine remis de ses émotions que déjà il entendit Ruki qui voulait l'emmener ailleurs. Il sortit des toilettes en boitillant. Le chanteur lui jeta un regard halluciné et il s'évanouit.
Lorsqu'il se réveilla, allongé dans un lit, il crut être de retour à l'hôtel, se disant que tout ce qui s'était passé n'avait été qu'un rêve. Mais la puissante voix d'un Ruki le ramena à la réalité.
"Uruha ! Eh, Uruha ! Ouvre les yeux, merde ! Réponds ! Uruha !"
Le guitariste blond, pas encore tout à fait conscient, ouvrit lentement les yeux. Il vit un plafond blanc, d'une matière indistincte, une salle très petite, entièrement blanche, et d'ailleurs, il était allongé dans des draps eux aussi blancs.
"C'est pas l'hôtel ? On est où ?" demanda-t-il faiblement, d'une voix très calme.
"Putain, Uruhan t'es au poste de secours du parc ! T'es tombé dans les pommes !" s'écria Ruki.
Reita s'approcha du chanteur, posant une main sur son épaule.
"Calmes-toi," fit le bassiste, "c'est de ta faute, hein, à emmener quelqu'un qui a la gueule de bois dans un grand huit."
Ruki
Ruki baissa la tête. Il s'en voulait. Et surtout, il avait été paniqué en voyant l'état d'Uruha.
"Pardon," fit la voix tremblante du chanteur qui se jeta sur le guitariste. "Pardon Uruha, j'voulais pas aller jusque-là..."
Ses mains attrapèrent le vide et le corps de l'alcoolique, comme s'il voulait l'empêcher de disparaître.
"C'est bon," grommela celui-ci.
"NAN, c'est pas bon, putain !" s'énerva Ruki. "J'voulais t'apprendre la leçon pour que t'arrêtes de te bourrer, mais là c'est trop ! Merde ! Réalises un peu !"
Il avait fait perdre à son meilleur ami une heure de sa vie, et se disait qu'il ne pourrait jamais le pardonner.
"C'est bon," fit doucement Kai en s'approchant du chanteur. "Uruha a dit que ça allait, donc ça va."
Le souffle du petit blond ralentit. Son amour venait de le calmer. Son amour non-réciproque qu'il cherchait à oublier. Ce putain d'amour qui le détruisait de seconde en seconde. Il respira un grand coup.
"Non," s'obstina-t-il. "Non, ça va pas, okay ? Et puis je m'inquiête si je veux."
Il vit un sourire sur le visage de l'abîmé.
"Et de toute façon on sait tous que ce sale égoïste va faire semblant que tout va bien pour pas nous inquiêter."
Bingo. Il allait blesser Uruha. Et Uruha allait lui en vouloir jusqu'à la fin de sa vie. C'en était fini de Ruki, et de GazettE, et de...
"J'suis grillé, là..."
Le chanteur releva la tête.
"Pardon ?" fit-il intrigué.
"J'ai dit que j'étais grillé, je pourrais pas faire semblant," répéta le guitariste.
"Et...?" s'enquit le plus petit.
"Et c'est tout, pourquoi ?"
Il n'en revenait pas. Uruha ne lui en voulait pas ?
"Euh... Nan rien."
Ruki était rassuré. Son visage se détendit. Il se retint tout de même de pleurer... Pas quesrion de se lâcher maintenant, devant eux, devant LUI.
'Oublier Kai, okay ? L'o-u-b-l-i-e-r. Et vite,' pensa-t-il.
Kai
Ruki était au bord des larmes, il le voyait, mais il ne pouvait rien faire. Lui éviter seulement de verser des larmes qui n'auraient pas lieu d'être.
"En fait, j'ai mal à la tête, j'ai plus de forces et je veux dormir," murmura l'évanoui blond.
Il allait l'emmener, quand il se dit que Ruki, qui s'en voulait décidemment beaucoup, devrait avoir l'occasion de discuter avec Uruha, sinon il allait se sentir coupable et gâcher sa propre journée, ainsi que celle de tout le monde. Lui vint sa deuxième idée lumineuse depuis leur arrivée à Okinawa.
"Ruki," fit Kai, "tu pourrais raccompagner Uruha à l'hôtel ?"
Le chanteur, visiblement intrigué, ne sut quoi répondre sinon un vague et incertain "Pourquoi moi ?"
Le batteur lui jeta un regard noir.
"T'es responsable de ça, donc tu t'en occupes. Logique, non ?" expliqua le leader avant de retrouver son habituel sourire.
'Et si tu le fais pas je te fais griller avec mon prochain repas et je te sers à Reita,' ajouta-t-il intérieurement.
Il vit le chanteur acquiescer, et l'aida à emmener le guitariste jusqu'à la voiture. Puis il revint auprès d'Aoi et Reita, un petit sourire satisfait aux lèvres en voyant que le bassiste avait gardé sa main posée sur celle du guitariste. Aoi devait être heureux, ça suffisait à Kai. Le batteur récupéra sa jovialité habituelle, passant ses bras autour des épaules de ses amis.
"La fête est pas finie," dit-il. "Sûr que les deux autres voudraient qu'on continue. On y va ?"
Aoi et Reita acquiescèrent, le premier avec un faible sourire, l'autre visiblement très inquiêt pour son meilleur ami. C'était son rôle de leader de les rassurer, de les réconforter.
Ils se dirigèrent donc, tous ensemble, vers les attractions du parc, prenant soin d'éviter les montagnes russes pour que le cas d'Uruha ne se reproduise pas. Ils prennaient une pause, devant une glace ou un verre, lorsque les deux autres réapparurent. Kai sursauta, Aoi leur adressa son sourire faible de la journée, et Reita, rassuré, se jeta presque au cou de l'autre guitariste.
"Alors," fit le batteur en passant un bras autour des épaules de Ruki, "on revient déjà ?"
Reita
Il soupira de soulagement. Uruha allait mieux, et en plus souriait... Jusqu'à ce que retentisse dans les hauts-parleurs qui parcouraient cette partit du parc une voix féminine qui lançait...
"Linda Linda ! Linda Linda Lindaa !
Moshi mo, boku ga, itsuka kimi to..."
Le bassiste soupira, retournant s'assoir à sa place, et posant par réflèxe sa main sur celle du guitariste brun, pour se rassurer lui-même plus qu'autre chose, cette fois. Uruha avait baissé la tête. Le guitariste semblait déprimé par la chanson; d'un autre côté, c'était normal... Reita voulait l'aider, mais comment ? Sa main fine serra celle d'Aoi, qui lui jeta un regard inquiêt. Le bassiste cherchait un des nombreux moyens qu'il connaissait pour rassurer Uruhan mais rien ne lui vint. Il paniquait à l'idée que le guitariste blond ne fasse une rechute, même s'il n'avait pas vraiment cessé de boire. Alors il cherchait du réconfort auprès du guitariste brun; et par chance, il le trouvait. Il remercia intérieurement Aoi et termina sa bière.
Reita regarda à nouveau sa main, celle qui avait été blessée, celle qui tenait la main d'Aoi. Et il repensa au baiser que lui avait donné le guitariste, à sa déclaration à laquelle il n'avait pas répondu. Le bassiste se surprit à admirer le corps du brun à ses côtés.
'Calmes-toi, Reita,' se dit-il. 'Calmes-toi et aide Uruha, mh ?'
La chanson tournait toujours, et Reita voyait son ami, effondré sur une chaise, perdant son regard dans le vide, tandis que Ruki l'appelait. Sa main lâcha à contre-coeur celle d'Aoi, le blond se dirigeant vers son vieil ami.
"Hey, Uruha, penses pas à ça, okay ? On est là, calmes-toi," dit-il.
Le guitariste cligna des yeux, l'air d'avoir compris quelque chose que les autres ne connaissaient pas.
