Salve les gens !
Je suis terriblement désolée du retard, je n'ai pas d'excuse. Le chapitre était prêt. Tout comme le chapitre 12. J'étais juste trop fatiguée pour le recopier sur Word.
MERCI ! Nous sommes sauvés de SOPA pour le moment !
EDIT du 21 avril 2016 : correction par Yukiche
Réponse aux reviews anonymes !
Sisi : Merci beaucoup de ta review ! J'étais triste pour Chrome aussi :( ( En plus, c'était une partie difficile à écrire ) Tu vas enfin pouvoir savoir ce qu'est la mission de Tsunayoshi et Hibari ! Yééééé ! :D
Disclaimer
Katekyo Hitman Reborn appartient à Akira Amano
L'idée d'A Minis' Life m'appartient
Ce chapitre n'a pas été corrigé par Yukiche
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(: Enjoy :)
Que devaient-ils faire ? A cause de lui, ils étaient repérés – est-ce que la mission était ratée ? Avait-elle échoué par sa faute ? Qu'allait-il se passer ? Seraient-ils écrasés ? Tsuna avait du mal à respirer, il avait l'impression qu'on lui serrait tout doucement les poumons et la gorge, et il se sentait nauséeux il voyait des points noirs danser devant ses yeux au rythme effréné de son pauvre petit cœur, qui ne savait plus où donner de la tête.
C'est tout dire s'il remarqua à peine qu'on le tirait violemment par le bras. Il reprit tout de même ses esprits lorsque Hibari le força à rentrer dans un nichoir en vente qui trônait non loin sur l'étagère.
La petite maison était sombre et assez large de l'intérieur. Mais le trou n'était pas ASSEZ grand pour qu'un humain vienne déranger les oiseaux.
Le carnivore entra dedans à la hâte, une fois que Tsunayoshi s'y fut étalé de tout son long avec une douloureuse grâce, une généreuse dédicace à sa fâcheuse maladresse. De lourds pas suivis de cris dénonciateurs s'approchèrent de l'étagère, le nichoir à côté du leur racla contre le bois, indiquant qu'il était vérifié par le propriétaire.
Evidemment, Tsuna commença à paniquer.
Lambo avait envie de pleurer. Mais pas pleurer pour rien, non. Cette fois-ci, c'était vraiment pour quelque chose de très, très, très, trèèèès important ! Lampo n'était pas revenu. Ca voulait dire qu'il n'aurait pas ses bonbons ! Mais il était un grand garçon, maintenant, il avait même quinze ans, donc il ne pleurerait pas. Mais il voulait quand même ses bonbons.
Son humain avait envoyé une lettre, aussi courte fut-elle, disant que ses parents l'avaient invité à manger et à loger à la maison parce que 'ça faisait longtemps'. Ce n'était pas juste ! Lambo voulait ses bonbons aux raisins, oui, il était un grand garçon, et alors ? Ca ne l'empêchait pas d'avoir ses caprices, non ?
Et puis… et puis ce n'était pas logique : son grand-frère – bien qu'il soit humain – était en froid avec sa famille depuis des années, et ce, depuis qu'il avait commencé à côtoyer les Vongola.
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Lambo avait toujours du mal à se souvenir du début de sa vie – avoir une bonne mémoire ne faisait malheureusement pas partie de ses qualités – il se souvenait vaguement d'avoir été adopté, lui et ses parents par une riche famille de noble humains qui se vantaient d'être riches assez pour se permettre des animaux aussi chers que des Minis. A cette époque là, il devait avoir deux ou trois ans. La famille en question, du moins les parents, n'avaient pas grand-chose à faire, si vous vouliez connaître son avis, car ils avaient cinq enfants. Et lorsque le petit dernier, qui était souvent rejeté ou ignoré, posa ses grands yeux verts sur Lambo, il s'en était émerveillé.
Pour dire la vérité, Lambo ne se souvenait plus du vrai prénom et du vrai nom de Lampo : il était bien trop long et ennuyeux. Tout ce dont il se souvenait était le 'Bovino' tout, tout à la fin. Aussi loin que sa mémoire lui permettait d'aller, ils avaient toujours été ensemble, toujours l'un avec l'autre, jamais l'un sans l'autre. Sauf la première fois qu'ils étaient allés en ville ensemble. Lampo avait onze ans et Lambo six. Les Minis n'étaient pas autorisés dans un restaurant chic où ses parents avaient été conviés. Et Lambo avait été obligé de rester sur l'appui de la fenêtre, dehors, à les attendre – Lampo pouvait revenir facilement, on le voyait très rarement, où qu'il soit, de toute façon.
Alors Lambo avait attendu, faisant les cent pas en attendant que la nourriture de son humain arrive, et qu'il l'engloutisse pour venir à ses côtés. Ce, jusqu'à ce qu'un coup de vent violent le jette dans un tas de paille gras et sale au pied de la fenêtre.
Toussant, se remuant, il sortit de son coussin de fortune puant et, tout en fermant les yeux et gigotant de tous les côtés, il réussit à s'évader des quelques restes de paille qui l'empêchaient de passer. Il appela son grand frère avec une petite voix. Il ne savait pas comment remonter. Il s'avança un peu sur la route, sur le trottoir, peu conscient du danger dans lequel il se mettait. Il réessaya d'appeler l'humain avec un peu plus de détresse, jusqu'à ce qu'un pied ne s'écrase devant lui, à quelques millimètres de son nez.
Lambo déglutit, se reculant, et remarquant enfin les dizaines et les dizaines d'humains adultes qui marchaient sans prendre gare au petit bout de vie qu'il était. Il se retourna subitement et vit une semelle énorme planer au dessus de lui. Il fut tenté de crier, mais un corps plus petit que le sien le poussa hors du chemin à temps, se redressant rapidement pour le mettre hors du trottoir. « Tu vas bien ?! »
C'était un petit garçon aux cheveux décoiffés, très courts à quelques endroits, tandis que d'autres commençaient à peser sous le petit poids de quelques mèches bien trop longues. On aurait dit un délinquant, mais il portait des vêtements comme les petits garçons normaux un short sale, des chaussures étrangement vieilles et trouées et un T-shirt qui devait absolument être lavé. En fait, non, il n'était pas normal. « Heu… Oui. Tu es qui ? »
L'autre Minis ouvrit la bouche, mais la referma bien vite, détournant la tête subitement, alerte. D'une voix des plus monotones, ce qui contrastait avec l'inquiétude précédente, il lui dit : « Je dois y aller. » Il courut vers les pieds-tueurs et, alors qu'une jambe passait devant lui, le cachant à Lambo, il disparut. Même s'il n'avait rencontré ce garçon qu'une seule fois, et qu'il était plus jeune que lui, la petite vache décida qu'il serait à jamais son sauveur.
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Alors Lampo venait fraîchement d'atteindre ses seize ans, et Lambo ses onze ans, ils décidèrent d'un commun accord de faire un tour en ville pour s'acheter des cadeaux - lesdits cadeaux gravitant majoritairement autour de la confiserie.
C'est ce jour-là qu'ils les avaient rencontrés, tandis qu'ils paradaient en ville avec une classe meurtrière, jusqu'à ce qu'un gamin à peine plus jeune que Lampo se fasse agresser par un groupe de délinquants mal famés. Un blond suivi d'autres personnes dispersèrent les malfrats, et ledit blond, Giotto Vongola s'était ensuite agenouillé devant le gosse pour l'aider à se relever.
Personne du groupe de protection n'avait remarqué que l'un des délinquants se précipitait vers eux, ou plus précisément vers le dirigeant des futurs Vongola, un bâton à l'air bien robuste entre les mains. Il allait le frapper. Pour la première fois, Lampo avait, ce jour-là, agi sans penser à son tout petit frère. Ce dernier dut d'ailleurs s'accrocher aux cheveux bruns de Lampo pour ne pas tomber : l'humain venait de saisir une casserole – une sorte de wok – et l'avait lancée sur le malfrat.
Lampo avait toujours été un champion de lancer de bonbons sur les domestiques en mouvement – il n'avait rien de mieux à faire – ce ne fut donc pas un exploit de sa part, lorsque son arme improvisée frappa de plein fouet le visage de l'homme, non. Ce qu'il ne comprit jamais, c'était pourquoi le métal avait étincelé d'éclairs verts électriques, et… avait plus ou moins eu un effet taser sur le pauvre type.
Les futurs Vongola relevèrent soudainement la tête, les yeux rivés vers Lampo, puis vers le délinquant assommé.
Ainsi commença la relation entre le ciel et la foudre. Ils se rencontrèrent avec Lambo de plus en plus souvent – ces types là avaient aussi des Minis ! Peu de temps après une dispute avec sa famille, l'humain changea son nom en Lampo Bovino et se teint les cheveux en verts, au grand dam de ses nobles parents.
Il fut rapidement déshérité, mais Lampo n'en avait que faire son tout petit frère et lui venaient de se trouver une vrai famille.
En plus, Lampo Bovino, c'était plus court que son ancien nom de trois kilomètres.
Tsuna avait plusieurs dons. Celui de se cogner aux objets, celui de trébucher sur une surface parfaitement plane et le don pur et simple de pouvoir passer d'extrêmement pâle à extrêmement rouge pour pouvoir se cacher et se fondre dans l'ombre du nichoir, Hibari l'avait plaqué contre un mur, corps pressé contre le sien, une main contre le mur, l'autre sur la bouche du brun, lui interdisant le moindre cri.
Etant donné que sa joue était plaquée contre le torse du noir de jais, Tsunayoshi était capable d'entendre le cœur battant lentement de ce dernier, comme s'il n'était pas effrayé du tout - comment faisait-il ?! Lui, son cœur battait à tout rompre, prêt à exploser. Sans dire que ce manque étouffant d'espace entre leurs deux corps entrelacés, dans la pénombre, n'aidait pas. « Sortez de votre cachette ! »
La respiration de Tsunayoshi s'accentua contre la main du noir de jais, et ce dernier, en réponse, se pressa plus fort encore, pour s'assurer que le propriétaire ne les voit pas, et que l'herbivore reste silencieux. 'Hibari-san a beaucoup de muscles, il est grand et ses mains sont plutôt tièdes…' observa Tsuna pour essayer de se calmer sans que ça ne fonctionne particulièrement.
Par chance ou miracle, ils entendirent une petite voix endormie crier au loin : « C'est bon ! C'était juste un courant d'air…
- Qui a cassé mon vase ?! Tu te fous de ma gueule ?! » Aboya le propriétaire, s'avançant vers la cage des Minis. La petite voix répondit à nouveau : « Des petites choses engendrent des catastrophes. »
Le propriétaire grogna quelques insultes, et rentra tout en grommelant des 'je t'en foutrai des courants d'airs' dans sa chambre. Il y eut un brouhaha durant quelques instants avant que tout ne redevienne silencieux. Hibari plissa les yeux, suspicieux, se pressant un peu plus contre le mur, oubliant complètement le brun qui était en train d'asphyxier contre sa cage thoracique. Pourquoi s'étaient-ils tous tus et rendormis aussi vite ? Les Minis… ça pouvait se comprendre, c'était des 'animaux' pensants, avec une conscience. Ils avaient dû se dire que tout était fini, et qu'ils pouvaient retourner dormir. Mais les autres animaux ? Pourquoi s'étaient-ils calmés aussi vite ?
Tandis qu'il réfléchissait, il sentit un petit souffle court contre sa nuque, mais il n'y prêta aucune attention. « H-Hibari-saaaan… » La bouche du noir de jais se tordit sous la complexité peut-être très simple de ce calme soudain. Une fois encore, il sentit des bouffées d'air chaud contre sa nuque. Ce n'était pas vraiment désagréable, pensa-t-il distraitement. « Hibari-sa-… ur. »
Le carnivore baissa les yeux pour voir un Tsuna partagé entre le rouge et le bleu. Donc c'était lui, l'air. Il s'éloigna, méditant sur le relaxation distrayante que le brun avait provoqué chez lui en respirant contre son cou.
Il avait une mission à accomplir, cependant. « Hn. Par où est le bureau ? » grogna-t-il, s'approchant de l'entrée du nichoir – ils seraient trop petits pour être remarqués par un quelconque animal. Le brun donna donc rapidement les indications et bien vite, ils se retrouvèrent dans la base des transactions du petit magasin.
Après être monté avec de grandes difficultés sur le bureau, Tsuna ne résista plus à la curiosité : il savait qu'ils devaient s'introduire pour quelque chose dans le magasin, mais ne savait pas pour quoi. Il déglutit, prit son courage à deux mains, et dit, d'une petite voix : "H-Hibari-san ? Qu'est-ce qu'on cherche ?
- Drogue." Q-Quoi ?! Le brun aurait bien poussé un cri, si ce n'était pour une main qui venait de gifler pour la énième fois sa bouche. Le carnivore relâcha une aura noire qui envoya des frissons de terreur dans le dos de Tsunayoshi. Doucement, avec une lenteur calculée, la main s'écarta et le jeune Minis poussa un long soupir silencieux, avant de relever les yeux, et de demander : "Pourquoi ?"
Dans un élan de grande bonté, Hibari Kyoya daigna lui répondre.
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Apparemment, il y avait des transactions pas très nettes qui couraient entre les murs de ce magasin, et qui permettait aussi au propriétaire d'arrondir ses fins de mois déjà bien généreuses. Le problème, c'était de savoir qui étaient ses partenaires et où il cachait la 'drogue'. En fait, ils n'étaient même pas sûrs que ce soit de la drogue, mais c'était l'option la plus probable.
Le noir de jais regarda partout sur le bureau, mais ne trouva qu'un magasine rose caché sous une pile de dossier légaux concernant les arrivées et les ventes d'animaux. Sentant la frustration monter à la vitesse V-prime au cerveau d'Hibari, Tsuna se retourna, et demanda timidement : "Tu as cherché dans le tiroir caché ?" Le carnivore se retourna brusquement, les yeux plissés, et les tonfas logés dans les mains. D'où sortaient-ils, ses tonfas ? Ce serait une question aussi mystérieuse que ce qu'il y avait après la mort, ou encore la raison de notre existence même.
L'aura même d'Hibari criait 'Tu ne pouvais pas me le dire plus tôt, herbivore ?!'
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Une bosse sur la tête et un tiroir bien caché ouvert plus tard, Tsuna réceptionna tant bien que mal une lettre que lui avait lancé Hibari. La troisième lettre qu'il lui avait lancée, pour être précis. "A quoi vont-elles servir ?" questionna le brun lorsque l'autre Minis était redescendu pour l'aider à faire passer le papier sous la porte.
"Des preuves pour Alaude, ce sera plus que suffisant pour faire une recherche légale-
-Donc ce n'était pas léga- Ah ! Désolé !
- La justice surpasse en tous points le pouvoir législatif." Lui répliqua-t-on sèchement, un regard noir posé sur sa silhouette, un regard qui l'empêchait de crier quoi que ce soit - sa tête lui faisait déjà assez mal ainsi, merci beaucoup.
Ils s'éclipsèrent silencieusement du magasin, et Tsuna, une fois dehors, se laissa sourire; mission accomplie. Il ne restait plus qu'à rentrer avant que certains Minis ne s'inquiètent de trop.
Ryohei avait toujours été quelqu'un d'extrêmement matinal, et aujourd'hui n'était pas une exception : il s'était extrêmement réveillé, plus pétillant que jamais, s'était jeté dans ses vêtements habituels de sport, et avait commencé son extrême entraînement quotidien, rayonnant à l'extrême, comme à son habitude. Mais quelque chose d'inhabituel se déroula à ce matin là.
Alors qu'il commençait son jogging - après un petit millier de pompes - il vit Hibari et Tsunayoshi approcher du manoir. Hibari avait toujours l'air complètement neutre, impassible, mais le brun semblait au bord de l'épuisement. En fait il ne semblait fonctionner que grâce à la force de sa volonté. Le boxeur était sûr que si on lui disait : 'C'est bon, la journée est terminée.', il s'écroulerait sur place, et dormirait.
Ryohei s'approcha d'eux avec son éternel sourire de l'extrême.
"Yo, Sawada, Kyoya !" dit-il - hurla-t-il - une fois qu'il se considéra assez près d'eux. Le pauvre sportif ne comprendra jamais pourquoi Tsunayoshi avait sursauté, et pourquoi Kyoya avait envoyé un tonfa droit sur sa mâchoire. Pauvre de lui, en effet, il ne saura jamais à quel point il parlait fort.
"O-O-Onii-s-san !
- Qu'est ce que vous faites avec des lettres ? C'est légal au moins ?" cria-t-il, heureux de sa petite taquinerie dans la deuxième partie de la phrase - il n'était pas doué pour taquiner. Il ne remarqua pas le hoquet de terreur qui traversa le corps entier de Tsuna, ou l'aura meurtrière de Kyoya qui s'était soudainement déployée. "H-Heu... C-Comment tu le s-
- Hn. Non. Giotto nous a demandé de lui apporter des lettres.
- Oh ! Extrême !" Ryohei s'arrêta un instant, pensif. Sa matière grise semblait travailler, ce matin. "Aussi tôt ?
- Hn. Oui." répondit sèchement Hibari lorsqu'il jeta un oeil à Tsuna, qui était au bord de la crise de panique. Le boxeur rit un bon coup, criant qu'il comprenait, bien qu'il n'y avait rien à comprendre, et un 'extrême' extrêmement puissant et assourdissant retentit dans le jardin.
Et le sportif continua son jogging, sa mémoire ne lui faisant pas défaut, pour une fois.
D'un point de vue cérébral, Ryohei n'avait jamais été le plus brillant des garçons, loin de là. Mais d'un point de vue caractériel, il était un véritable soleil à lui tout seul: toujours un peu impulsif, surtout lorsque les gens approchaient sa petite soeur de trop près. Et Dieu seul sait combien il y en avait, des gens qui l'approchaient.
Ils avaient rapidement été achetés par une famille adorable, grâce à la bouille de Kyoko, sa soeur, qui était irrésistible. Ils étaient très unis, s'aimaient beaucoup, vivaient leur petite vie comme tant d'autres. Ce fut le paradis terrestre deux ans durant, jusqu'à ce que la mère retombe enceinte d'un autre enfant. Tout le monde - même les Minis - qui avait célébré l'événement... finit par bien vite le regretter.
Il était compréhensible que l'enfant, étant bambin, fasse n'importe quoi, mais lorsqu'il commença à penser et à raisonner, Ryohei et Kyoko découvrirent qu'il était un véritable démon : toujours prêt à les enfermer dans une boîte, ou à leur jeter des objets dessus. D'ailleurs, si le boxeur n'avait pas été aussi dénué de méninges, il aurait certainement écrit : "La cohabitation avec un enfant humain"
Que ce soit avec les Minis, à la limite, soit. A cet âge-là, on faisait rarement la différence entre animal de compagnie et jouet, mais ce n'était pas uniquement avec eux : c'était aussi avec les parents, le frère, et la soeur. Par exemple, un jour, il était d'humeur joueuse, et pour le prouver, il avait jeté un vase sur un mur - vase qui était destiné à la tête de son grand-père. L'objet avait explosé et envoyé des bouts de verre coupant partout. L'un d'entre eux - un très petit - avait percuté le front de Ryohei, et y avait fait une petite cicatrice.
L'adorable petite famille fut complètement détruite lorsque le petit monstre qui leur semblait géant de leur taille de Minis avait mis le feu aux cheveux de la petite humaine, et aux rideaux de sa chambre. La petite fille avait toujours été très fière de ses longs cheveux : elle y faisait souvent diverses coiffures plus originales les unes que les autres. Elle était dans sa chambre, à ce moment-là, son frère et ses parents étaient sortis pour aider la voisine avec son accouchement - le frère y allait plus pour le chien que pour l'accouchement, par contre.
Personne n'était là pour sauver la petite fille, ou pour épargner la maison des flammes vengeresses. Et, en tant que Minis, ils ne pouvaient pas faire grand chose. Ils avaient bien essayé d'aller prévenir les parents chez les voisins, mais il était trop tard. Un Minis ne parcourait pas une dizaine de mètres aussi vite qu'un humain, après tout. Et, bien que personne ne puisse les blâmer, ils s'en voulaient tellement.
C'est en se retournant vers un mur de flamme que Ryohei la vit : la silhouette. La silhouette déformée par la chaleur, déformée par les flammes, et pourtant se tenant réellement devant ce mur de flamme. Et pour une raison qui lui échappait - beaucoup de chose échappaient à Ryohei - il lui demanda : "Est-ce que c'est toi qui lui a donné l'idée de brûler la maison ?"
La silhouette bougea lentement le bras, disant oui de la main, un pouce vers le haut.
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Ce fut à l'enterrement qu'ils firent connaissance avec Knuckle. Le prêtre avait proposé de les aider à surmonter cette énorme perte, ou du moins de réussir à vivre avec. De ce fait, tous les dimanches, après la messe à laquelle ils n'assistaient jamais, ils rendaient visite à Knuckle.
Jusqu'à ce qu'un jour, ils soient oubliés. Ils s'étaient endormis sur un banc, en attendant que la séance des humains se termine. C'était un acte tout à fait innocent. Malheureusement, lorsqu'ils se sont réveillés, ils étaient seuls dans la grande église, seuls sous le silence oppressant des statues de marbre.
En contrepartie, la panique n'eut pas la moindre chance d'exploser : Knuckle - le prêtre dont ils s'étaient rapprochés avec le temps - apparut de derrière une colonne tout en s'étirant. Il venait apparemment de terminer l'une de ses longues journées de travail. L'humain les remarqua, et leur donna un toit pour la nuit, les rassurant, en disant que leurs 'parents' reviendraient bien vite lorsqu'ils se rendraient compte de leur absence.
Mais ils n'étaient jamais revenus.
Ni Ryohei, ni Kyoko ne connaissaient le chemin du retour, et ils supposaient que, s'ils n'étaient pas revenus les chercher, c'était qu'ils ne voulaient plus d'eux. Alors leur toit d'un soir devint leur toit permanent. Pour pouvoir être d'une quelconque utilité au prêtre, ils effectuaient des petites tâches simples à réaliser, mais qui pouvaient s'avérer très fatigantes pour une journée déjà bien remplie.
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Un jour, un homme dont les cheveux blonds avaient l'allure d'une crinière de lion débarqua dans l'église, et demanda à Knuckle de l'accompagner. L'homme avait parlé vite, trop vite pour que les Minis puissent le comprendre avec les échos de l'église. Ils n'avaient donc pas compris les explications, mais leur nouveau 'propriétaire' les avait empoigné sans les écraser et quitté les lieux fissa.
Ils ne se furent pas éloignés de vingt mètres que l'église dans leur dos s'effondra soudainement, sous le coup de violentes explosions. Une attaque commençait sur le village.
Un homme aux cheveux rouges fit signe à Knuckle de venir. Il avait une cigarette au bec. "G.", dit le prêtre. "Mets-les en sécurité, je dois sauver les âmes de ce village." Ils furent placés dans les mains du fumeur, et rapidement, ce dernier courut vers une cabane de bois à cinq minutes de là. Ils y rencontrèrent d'autres Minis, qui s'occupaient les un des autres - à deux exceptions près.
Tandis que l'attaque faisait rage, Ryohei et Kyoko firent connaissance avec les Vongola.
Les humains rentrèrent après quelques heures, éreintés mais satisfait : ils avaient réussi à repousser l'attaque, et mis à part le dommage matériel, aucune vie n'avait été perdue, grâce aux soins de Knuckle.
Hibari appréciait la douceur des rayons de soleil sur sa douce peau blanche, tout en reposant gracieusement son corps. Certes, il pouvait rester éveillé des jours durant sans pour autant ressentir le besoin de dormir, mais... il n'était plus un assassin. Et là, il avait envie de dormir.
Tsuna pour sa part, dormait à poing fermés - il s'était presque endormi sur le noir de jais après avoir mis les lettres dans le bureau d'Alaude. Mais l'autre Minis trouva que ce manque de droiture était indécent, et l'avait donc frappé violemment de son tonfa-mordeur. Comme précisé, ce fut violent, mais pas assez violent pour étourdir ou assommer le brun. Juste assez pour le réveiller quelques minutes encore. On l'aida tout de même à retourner dans sa chambre. 'On' étant Hibari frappé par l'un de ses rares moment de pitié, qui semblaient se manifester de plus en plus souvent, en présence du brun.
Giotto ne s'était pas posé de questions sur le sommeil lourd de Tsuna, il était bien trop affolé par la réunion qui aurait lieu le lendemain, et par son intuition qui devenait insupportable tant elle s'agitait. C'était un meeting très important, où pouvait se jouer l'avenir de la famiglia entière. Tout dépendait de l'attitude du dirigeant d'en face : s'il voulait s'associer pour des raisons de pouvoir et de puissance personnelle, ce serait un 'non' aussi diplomatique que possible. Si, en revanche, l'homme s'avérait patient, et ne cherchait qu'à faire alliance pour protéger les villages sous son joug, ils trouveraient un terrain de bonne entente, et seraient capables de couvrir, de sécuriser plus de terrain. Plus personne ne devait mourir comme sa mère, son village, et toutes les autres personnes de toutes les autres villes qu'il ne connaissait ni d'Eve ni d'Adam.
Il les protégerait tous.
Il n'aimait pas toute cette histoire de mafia. Mais, être connu de cette manière avait plus d'influence, et inspirait plus de respect. Cela intimidait parfois certaines famiglia aux intentions peu honorables, et les retenait, les dissuadait de porter une attaque.
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Et le lendemain arriva bien vite. Bien trop vite. Il essaya de réarranger, pour la énième fois, son indomptable crinière blonde, les lèvres sèches, le coeur battant. Il jeta un oeil à Tsunayoshi, qui était dans le même état de panique que le sien; il était en train de se débattre avec une cravate et sa chemise. C'était une première, pour lui, de mettre un costar-cravate. Un groupe de l'autre famiglia - leur leader compris, bien sûr - arriverait dans une vingtaine de minutes, et le Minis aux cheveux bruns ne se sentait pas prêt du tout. Il avait un mauvais pressentiment. Son coeur battait à tout rompre, non pas à cause du trac, mais à cause de tous les scénarios catastrophiques que son esprit passait en revue - des cadavres éventrés, têtes explosées, du sang sur toute la longueur de ses bras... - et aussi à cause de cette désagréable impression d'avoir son estomac compressé de toutes parts, avec quelqu'un qui le titillait à coup de bâton, sans qu'il lui fut possible de bouger.
Une Minis rousse, au regard doux et compréhensif - Kyoko de son nom - l'aida à faire le noeud de sa cravate, avant de lui souhaiter bonne chance. Il était propre et, d'un point de vue vestimentaire, prêt. Giotto l'aida à monter sur son épaule et, heureusement pour Tsuna, les domestiques avaient prévu le coup, et avaient cousu deux petites poignées, visibles uniquement par le Minis que serait perché sur ladite épaule. Il ne fallait pas ruiner le beau costume du beau Maestro Giotto, après tout.
Grâce à ces deux petites poignées, le brun pourrait donner l'impression d'être habitué à se tenir en équilibre sur une épaule, et aussi de donner l'impression d'être à l'aise en meeting.
La sonnerie de la porte retentit longuement dans leurs oreilles, alors que leurs deux intuitions faisaient des bonds monstrueux. C'était tellement fort et désagréable que si on leur disait que leur coeur allait s'arrêter là, tout de suite, ils le croiraient volontiers, même si ces derniers battaient méchamment à leurs tempes. La réunions si crainte commença finalement, sonnant le glas dans le manoir entier, qui laissa tomber sa chaleur et sa bonne humeur pour revêtir un masque neutre et professionnel.
Giotto observa discrètement le leader opposé, qui fit de même de son côté. Les Minis se dévisageaient ouvertement, un choc passant pour les deux partis.
Le Minis adulte en face de Tsuna n'avait rien de spécial : il était vieux, les traits tirés, et fatigués, quelques rides fleurissant sur un visage combattant pour la jouvence. Des cheveux longs, rassemblés en une natte élégante surmontée d'un noeud de soie, le tout retombant sur son épaule. Il avait une cicatrice sur la joue gauche. Cet homme, qui pouvait passer pour n'importe qui lui décocha un regard plein de danger.
L'intuition de Tsuna lui voila les yeux un instant durant lequel il crut tomber de l'épaule de son humain - Giotto le protégerait de la menace qui le perçait de part en part, n'est-ce pas ?
N'est-ce pas ?
