Disclaimer: Les personnages de cette histoire ne m'appartiennent pas et appartiennent, bien évidemment, à J.K Rowling! Par contre, cette histoire m'appartient.

Chapitre 11

Drago ne put s'empêcher d'hausser un sourcil perplexe alors que son professeur de littérature s'extasiait sur un poème qui vantait les joies de l'enfance et déplorait le monde des adultes. Pourquoi est-ce que tous les poètes se sentaient-ils obligés de pleurnicher sur leur enfance perdu? Est-ce que l'enfance était vraiment une si magnifique période? L'enfance était une époque qu'il oublierait avec la plus grande joie. Une époque où il ne comprenait rien et où tout lui faisait mal. L'enfance était le moment où tout le monde ignorait que le monde était laid et cruel.

L'enfance était l'époque de la plus grande stupidité. Premièrement, les enfants ignoraient que le monde était tout sauf joli et lorsque la cruauté leur revolait en pleine face, parce qu'elle finissait toujours par se pointer, ils réagissaient très mal et n'arrivaient pas à se raisonner. Ils pleuraient pendant des heures et des heures, se rebellaient contre le monde, sentaient ce troue béant dans leur poitrine et, s'ils n'arrivaient pas à supporter la laideur du monde, ils finissaient par essayer d'en finir.

Pourquoi est-ce que les poètes vantaient-ils donc cette époque? Si lui avait écrit de la poésie, ce qu'il ne ferait jamais, il aurait vanté les bienfaits du monde adulte. C'est en devenant adulte qu'il avait réussi à rationnaliser les choses. Pourquoi est-ce que sa mère et son père se fichaient de lui? Parce qu'ils avaient mieux à faire voilà tout. Les parents n'étaient pas obligés d'aimer leurs enfants. Pourquoi est-ce que sa Grand-mère le regardait comme si elle ne le reconnaissait pas? Parce qu'elle était malade et qu'il était impossible de lutter contre ce type de maladie. Pourquoi est-ce que les autres enfants ne lui parlaient pas? Parce qu'il avait toujours l'air dans la lune et qu'il ne pouvait s'empêcher de se sentir mal à l'aise dès que l'un d'eux lui parlait.

C'était en grandissant qu'il avait compris tout cela. L'enfant ne comprenait rien de rien. L'enfant cherchait des excuses à tout le monde, refusant catégoriquement que les gens autour de lui ne l'aimaient pas tout simplement. Refusant encore et encore qu'il n'avait aucun contrôle sur la destinée des autres. Il ne pouvait pas contrôler les sentiments que les autres éprouvaient pour lui. Mais, l'enfant ne comprenait pas ça. Il continuait à espérer et à essayer jusqu'à ce que la colère le domine et qu'il finisse par exploser. L'explosion n'était jamais très jolie d'ailleurs. Et c'était cette époque dont les poètes chantaient les louanges? Avaient-ils donc oublié à quoi ressemblait l'enfance? Insécurité, colère, remord, haine. Toujours de la haine. Une haine dégoûtante qui avait failli lui pourrir l'intérieur et le tuer. Ses yeux se posèrent sur la cicatrice qui se trouvait sur son poignet et il poussa un long soupir. C'était parce qu'il était jeune et qu'il ne comprenait rien qu'il avait essayé de se suicider. C'était parce qu'il était jeune que la douleur dans sa poitrine avait pris du temps à s'estomper. Et maintenant qu'il avait enfin grandi… Maintenant qu'il avait quitté le monde merveilleux de l'enfance… Il se sentait bien mieux. Il savait que théoriquement il était encore un enfant. Un adolescent au mieux. Mais, il connaissait des adultes qui se comportaient encore comme des enfants. Dépasser le stade de l'enfance n'avait rien à voir avec l'âge. Il y avait des personnes de 15 ans qui étaient bien plus matures que ceux qui en avaient 70. Quitter l'enfance voulait dire souffrir. Il fallait souffrir et accepter cette souffrance pour grandir. Enfin, c'était sa propre conclusion. Un nouveau soupir s'échappa de ses lèvres et il sursauta violemment en voyant quelqu'un passer une main en face de son visage. Il releva vivement le regard et lança un coup d'œil peu amène à Harry.

-Tu avais l'air perdu dans tes pensées. C'était très sexy pendant 5 minutes, mais après c'était assez ennuyant.

-Et si je te disais que je pensais à toi et à tout ce que nous pourrions faire? Demanda calmement Drago.

Les yeux émeraude s'écarquillèrent avant qu'une lueur révélatrice n'enflamme le regard de son petit-ami. Drago se contenta de rouler des paupières avant de se lever à son tour. Il n'avait même pas remarqué que toute sa classe était partie. Seigneur… Il devait vraiment commencer à écouter davantage en classe. Ou peut-être que non. De toute façon, son professeur ne disait absolument rien d'intéressant.

-Devrais-je demander à quoi tu pensais? Finit par déclarer Harry.

-Je pensais à l'enfance. Répondit vaguement Drago. Aux joies de l'enfance.

À sa grande surprise, il entendit le brun laisser échapper un reniflement méprisant alors qu'ils marchaient vers la sortie. Le sportif l'entraîna alors jusqu'à sa moto et Drago ne put que gémir intérieurement. Il ne voulait pas monter sur cet engin infernal! Il ne trouvait pas ça sexy ni érotique! Il trouvait cela désagréable! Sans compter qu'il finissait toujours par avoir le tournis.

-Je ne vois pas pourquoi les poètes n'arrêtent pas de pleurnicher sur leur enfance perdue. Déclara Harry en s'installant sur sa moto. Les enfants sont stupides.

Drago ne put qu'hausser un sourcil avant de s'installer à contrecœur derrière le sportif. Avant qu'il ne puisse poser quelques questions au brun, celui-ci démarra sa moto et se mit à rouler et il n'eut d'autre choix que de s'accrocher du mieux qu'il put tout en essayant de ne pas vomir. Ils s'arrêtèrent brusquement devant un grand immeuble en pierres grises et Drago s'empressa de descendre de l'engin infernal, la respiration haletante.

-Où sommes-nous? Demanda-t-il glacialement. Et pourquoi n'achètes-tu pas une foutue voiture?

-Nous sommes chez moi et n'insulte pas mon bébé.

Pourquoi est-ce qu'Harry appelait une moto « son bébé »? Voulait-il même savoir pourquoi le brun avait attribué ce sobriquet ridicule à cet engin maléfique? Ils se trouvaient… chez lui? En voyant son regard perplexe, son petit-ami éclata de rire.

-Je n'ai aucune pensée malfaisante promis! S'exclama-t-il. C'est juste que nous serons plus confortables chez moi non? Je te promets de ne pas abuser de ta vertu.

Drago n'aurait su dire s'il croyait le brun, mais il se contenta de le suivre silencieusement tout en sentant son cœur battre à la chamade. Ils allaient dans l'appartement du sportif. Dans un appartement où il vivait seul. Dans un appartement où ils seraient tous les deux. Ses mains se couvrir de sueur et il s'obligea à déglutir. Tout allait bien. Il n'était pas nerveux. Bon d'accord, il était nerveux. Après tout, il ne connaissait pas vraiment Harry. Ils sortaient ensemble depuis moins de deux jours et déjà il l'emmenait chez lui? N'était-ce pas bizarre? Mais, Harry était quelqu'un de bizarre. Ah merde alors… Il pénétra alors dans l'appartement du brun et ne put empêcher son regard de se mettre à vagabonder partout. L'appartement était assez spacieux et propre. Il s'attendait à rentrer dans une porcherie et pourtant… Les sofas étaient rouges vifs et il y avait des tas de tableaux abstraits. Il avait toujours détesté l'art abstrait, mais ici… cela semblait parfait.

-Donne-moi ton manteau. J'espère que tu as faim! Je vais te préparer un excellent petit plat.

-Tu me nourris?

-Hé oui. Ça va me permettre de te séduire plus aisément. Je suis bien plus intelligent que j'en ai l'air.

-Non, vraiment pas.

-Aie. S'esclaffa le brun.

Drago le suivit alors jusqu'à la cuisine et il s'installa sur l'une des chaises alors que le sportif s'amusait à faire cuir quelque chose sur le four. Un sportif… cuisinier? N'y avait-il pas une antithèse dans ça? Ou peut-être était-ce encore ses stéréotypes qui parlaient? Les sportifs étaient censés être des brutes épaisses qui vivaient dans une porcherie et qui couchaient avec des filles faciles.

-Qu'est-ce que tu fais? Demanda Drago.

-Du spaghetti. Rien de bien compliquée. Tu vas adorer.

-Tu es sur de toi.

-J'adore cuisiner. Si tu n'aimes pas, mens-moi.

-Mentir est stupide. Répliqua le blond.

Harry lui lança un léger sourire tout en continuant à cuisiner.

-C'est ça que j'aime chez toi. Tu ne mens pas.

-Tout le monde ment. Fit remarquer Drago.

-Ouais, mais tu mens moins que la moyenne ce qui est déjà pas mal. C'est très sexy.

-Potter, je suis convaincu qu'une casserole est sexy pour toi.

-Ça dépend. Qu'est-ce que tu fais avec cette casserole exactement?

Drago ne put que rouler des yeux alors qu'Harry se mettait à rire aux éclats. Le brun riait souvent. Même lorsqu'il était en colère, il riait. Comment faisait-il? Lui n'avait jamais été capable de sourire. Il aurait voulu pourtant. Surtout pour sa grand-mère. Lorsque ses parents ne venaient pas à sa fête et qu'elle était la seule à être présente… Il aurait voulu pouvoir lui sourire et lui dire que sa présence était suffisante. Ouais… les enfants étaient vraiment stupides.

-Tadam! S'exclama le brun tout en lui présentant une assiette.

Le blond respira avec délice l'odeur des spaghettis et ne prit même pas la peine d'attendre que son petit-ami s'installe avant de se mettre à manger. Mon Dieu! Il ignorait qu'il mourrait de faim à ce point et la nourriture qui touchait son palet lui faisait voir des étoiles.

-Depuis quand cuisines-tu? Demanda-t-il avec enthousiasme. C'est excellent!

-Est-ce que tu as la même expression quand tu jouis?

Drago faillit s'étouffer avec ses spaghettis alors qu'Harry lui envoyait un sourire innocent.

-Arrête de penser au sexe! S'indigna le blond.

-D'accord, d'accord. Je cuisine depuis longtemps. Depuis que j'ai environ 9 ans en fait.

-Les gens ne cuisinaient pas pour toi dans ton orphelinat? Demanda Drago, visiblement surpris.

-Je n'étais pas dans un orphelinat. J'habitais chez mon oncle et ma tante.

Le sourire d'Harry s'agrandit alors que son regard devenait lointain. Drago ravala lentement sa bouchée et se mordit doucement la lèvre. Était-il censé demander des questions sur son oncle et sa tante? Par exemple, pourquoi ne vivait-il plus avec eux? Cela ne le regardait en rien pourtant… Mais, tout de même…

-Moi et ma famille ne nous entendons pas. Finit par expliquer Harry.

-Ah, je vois.

Il pouvait sentir une crispation désagréable à sa poitrine qui lui coupait l'appétit. Il comprenait parfaitement ce que les gens pouvaient ressentir en n'étant pas en phase avec les membres de leur famille. Mais la famille… était la famille. Il fallait se résigner avec eux voilà tout. Mais, Harry les avait quittés. Qu'avaient-ils bien pu lui faire pour qu'il les quitte? Le brun leva soudainement son verre.

-À la famille et aux maux de tête qu'elle peut causer!

Drago cogna son verre contre celui de son petit-ami avant de se remettre à manger, la tête dans les nuages. La famille était la famille. Malgré qu'il sache que ses parents se fichaient éperdument de lui, il n'arrivait pas à imaginer la vie sans eux. Comment Harry faisait-il? Pourquoi l'avait-il fait? Est-ce que cela le regardait vraiment? Il poussa un faible gémissement en sentant les lèvres chaudes du brun se promener sur son cou.

-Qu'est-ce que tu fais? Murmura Drago.

-Je vis.

Le blond se tourna alors vers lui et laissa ses lèvres être happées par celle de son petit-ami.

À suivre…