Chapitre 10 : Souvenir (part 1)
Je rouvris donc les yeux pour découvrir qu'il me regardait avec un immense sourire. Je fondais alors et rougis de plus belle. Je lui adressais un sourire timide. « Pincez-moi, je suis en train de rêver ! » pensai-je.
- Voilà qui est mieux, me dit-il. Il relâcha mon menton trop tôt à mon goût et ajouta
- Bella, excuse-moi…« Mais pourquoi s'excusait-il ?... » … Mon comportement avec toi en ce moment est incongru, mais c'est la meilleure manière que j'ai trouvée pour que tu …
Il ne finit pas sa phrase. Il se retourna alors et alla chercher sa serviette qu'il avait posée à côté du vélo. Il s'épongea rapidement le front ainsi que la nuque. Je ne pus m'empêcher de le reluquer de nouveau et me rendis compte que je venais de me mordre la lèvre inférieure. Edward eut un sourire embarrassé. Je devais rester calme et me concentrer… ce n'était pas chose facile.
- Pour que je quoi ? Lui demandai-je.
Merci à ma grande curiosité. Grâce à elle, je n'avais pas besoin de cette concentration herculéenne. J'eus derechef droit à ce sourire embarrassé si craquant. Il se passa alors la main dans les cheveux et ouvrit la bouche pour parler, mais rien n'en sortit. Il finit tout de même par reprendre la parole.
- Bella, est-ce que tu me détestes ? Me désarçonna-t-il. Je répondis instinctivement.
- Non, bien sûr que non!
- Alors pourquoi m'évites-tu constamment ? Ai-je fait quelque chose de mal?
Son sourire s'évanouit pour laisser place au doute. Il pensait que je le détestais alors que je pensais justement que lui avait de l'aversion pour moi. C'était complètement irrationnel.
- Je ne t'évite pas, ne crois pas ça… c'est juste que je ne suis pas très... bavarde. Et pour être honnête avec toi, je pensais que c'était toi qui me détestais, pas l'inverse,lui dis-je d'une traite, préférant regarder ses lèvres plutôt que ses yeux. Elles avaient l'air si douces et si savoureuses que je ne pus m'empêcher de rêver de les embrasser.
Je me perdis dans mes pensées… me retrouvant ainsi sur du sable chaud allongée à ses côtés, le sable collant à notre peau, nous embrassant tendrement… ma main posée sur son torse musclé et la sienne caressant mes cheveux. «Ressaisis-toi Bella, il est en face de toi… » me sonnai-je. Heureusement, il parla, ce qui eut le don de me sortir de mes rêveries.
- Je crois qu'il y a eu un petit malentendu alors, me sourit-il de nouveau dévoilant ses magnifiques dents blanches parfaitement alignées. Comment avais-je fais pour tenir jusque là ? Il voulait me faire mourir ou quoi ?
- Oui, je crois, lui répondis-je bêtement.
- Alors, on évite de s'éviter ? Rigola-t-il.
Ce jeu de mot était bien trouvé. Je souris timidement à ses paroles.
- Je suppose que ce sourire équivaut un oui, me dit-il. J'acquiesçais.
Un long silence s'imposa alors à nous. Mes rougissements étaient plus qu'embarrassants mais je ne pouvais vraiment rien y faire, Edward était tellement intimidant et, de surcroît, j'avais l'impression qu'il faisait tout pour que je ne m'arrête pas de rougir. Sa main dans ses cheveux, sa voix douce et chantante, ses yeux posés sur moi, ce sourire discret…
- Je dois aller me préparer pour l'entrainement,me dit-il dans un souffle pour rompre le silence.
J'acquiesçais de nouveau, ravie que cet échange inattendu se soit bien déroulé, mais aussi qu'Edward ne me déteste pas finalement. Il voulait que l'on arrête de s'éviter ?... Ok, j'allais m'entrainer pour paraitre normale, et surtout m'exercer afin de penser de manière cohérente en sa compagnie. C'allait être très difficile. Je le regardais alors partir vers la sortie. Il se retourna et ajouta :
- A demain.
- A demain,répondis-je réservée.
POV Edward :
Je m'étais empressé d'aller à la salle de musculation, espérant la devancer. J'avais besoin de lui parler. Avoir l'impression d'être évité était plus que frustrant… surtout lorsqu'il s'agissait de la fille que l'on aimait. Cela faisait un mois qu'Alice, Emmett et moi étions arrivés dans ce lycée et les seules paroles que j'avais eues d'elle étaient grâce à Alice. Je n'étais pourtant pas impoli, j'allais lui dire bonjour tous les matins, espérant qu'elle vienne me parler, en vain. Elle me souriait, mais rien de plus.
Cette fille avait réussi - de je ne sais quelle manière - à bouleverser mon traintrain quotidien. La veille de notre rencontre, j'avais déposé Alice chez elle. Ma sœur nous en avait parlé toute la soirée, disant que cette fille allait devenir sa meilleure amie - alors qu'elle la connaissait à peine - qu'elle n'avait pas eu peur de s'embrouiller avec une fille de l'équipe pour la défendre et qu'elle était super jolie. Bref, Alice ayant toujours eu un comportement loufoque et rocambolesque plus qu'exagéré, je ne l'avais écoutée que d'une oreille. Son prénom m'était cependant resté en tête. Il semblait être à la fois pur, raffiné, subtil et exquis. Si cette fille était vraiment jolie comme le disait ma sœur, alors ce prénom lui allait à merveille. Parce qu'il fallait être belle pour porter un pareil prénom.
Aujourd'hui, je savais pertinemment que ce prénom était fait pour elle. Je me souviens encore du jour où j'ai rencontré ses yeux pour la première fois. La seule rentrée des classes dont je me souviendrais toute ma vie.
Flash back :
J'étais en route pour le lycée - ma première journée en tant qu'étudiant Américain - et ici, pas d'uniforme. Je pouvais enfin exploiter ma garde-robe comme je le voulais, c'était fabuleux. J'avais opté pour un simple jean et ma chemise préférée. J'espérais juste une chose… que les filles me laissent tranquille et qu'elles n'aient pas de lubies soudaines à vouloir s'amouracher de moi ou quelque soit d'autre d'approchant.
A Londres, j'avais été considéré comme le bad boy aux milles conquêtes que les filles voulaient toutes… Si elles savaient! Je m'amusais comme tout lycéen. Je jouais au football, fumais beaucoup, buvais un peu trop lors des soirées mais à part ça, je n'avais jamais eu l'occasion d'avoir une fille dans mon lit… du moins, je ne l'avais jamais souhaité. Je rêvais d'une histoire d'amour qui dure. J'étais, qui plus est, très difficile. Je rêvais de tomber amoureux d'une fille intelligente, belle et passionnée. Je n'avais jamais trouvé… mais j'étais jeune, j'avais la vie devant moi pour trouver la perle rare. Pour tout avouer, je me suffisais à moi-même en réalité… du moins, pour l'instant.
J'aurais aimé pouvoir passer inaperçu cette année mais c'était sans compter sur Emmett, qui m'avait soudoyé pour que l'on s'inscrive aux sélections afin de faire partie de l'équipe de football. Il avait de ces idées parfois, mais j'avais accepté… pour Alice.
Elle voulait faire partie de l'équipe de cheerleaders du lycée, et vu son talent, je savais très bien qu'elle serait acceptée, il ne pouvait pas en être autrement. Savoir qu'elle allait se dandiner devant les joueurs de foot était peu appréciable… alors être aux premiers rangs pour taper le premier qui se permettrait de la reluquer était la meilleure chose à faire.
Moi, Edward Cullen, avais un fichu caractère, je n'étais pas protecteur mais plutôt possessif. Mon meilleur ami Jasper avait eu du mal à me faire accepter la relation qu'il entretenait avec Alice. J'avais fini par approuver, me disant qu'il était préférable de la voir avec lui plutôt qu'un inconnu dont je ne connaissais rien. Et, aujourd'hui, je la surveillais de près, plus pour lui que pour moi.
Je n'avais pas eu trop de mal à trouver ma salle de cours et arrivais même avec un peu d'avance. Le peu d'élèves déjà installé me regardaient avec insistance, je détestais cela. Cette année allait être lugubre et ennuyante, c'est-à-dire, à l'image de celles passées à Londres. La salle se remplissait peu à peu, personne ne s'étant installé à ma paillasse. Faisais-je peur? Aux chuchotements des filles assises derrière moi, pas du tout. « En voilà déjà deux! » Pensai-je.
- Tu crois qu'il s'appelle comment ? Chuchota la première.
- On s'en fiche… regarde-le, c'est un dieu ma parole! Il est trop craquant! Je te parie que c'est un athlète!Lui répondit la seconde.
Pff… pitoyables! J'arrêtais de les écouter bavasser et me résignais à regarder la paillasse - attendant que le prof de biologie arrive - jusqu'à ce que j'entende le tabouret voisin se déplacer. Instinctivement, je levais la tête pour voir qui était la source de ce bruit et tombais nez à nez avec une paire d'yeux marron chocolat d'une extrême profondeur.
La fille qui venait de s'installer à mes côtés avait de fines lèvres qui n'appelaient qu'aux baisers et ses joues rosies n'appelaient qu'au toucher. Sa magnifique chevelure brune retombait sur ses épaules telles des vagues. Une petite pince retenait quelques mèches de ses cheveux, dégageant ainsi son front et faisant finement ressortir ses prunelles. Je n'avais jamais vu pareille beauté.
En l'espace d'une seconde, j'en étais tombé littéralement amoureux. Je ne l'avais regardée qu'une seconde mais savais qu'elle allait bouleverser ma petite existence. Je n'avais d'ailleurs osé la regarder durant le reste de la matinée, de peur de me mettre à rêver d'une relation qui n'arriverait sans doute jamais. Une si magnifique fille ne pouvait être célibataire et j'enviais l'heureux élu.
A la pause du déjeuner, j'arrivais avec un peu de retard au réfectoire. Il était bondé de monde. Je n'eus cependant pas besoin de chercher après Emmett ou Alice. Cette dernière me faisait de grands signes m'invitant à aller la rejoindre. Je n'avais pas vu qu'elle était en charmante compagnie, jusqu'à ce que je voie ce rayon de soleil courir en direction de la porte de sortie de secours, car oui, je la considérais ainsi. Ma vie était un ciel parsemé de nuages, tantôt gris, tantôt blanc, et aujourd'hui, le soleil avait fait une apparition surprise, sans même que je le sache. Il avait balayé les nuages d'un tel coup de vent que j'en avais été ébloui.
Arrivé à hauteur de ma sœur, je l'embrassais rapidement sur la joue, le sourire jusqu'aux oreilles.
- Coucou mon petit lutin adoré. Comment s'est passé ta première matinée de cours ? Lui demandai-je de bonne humeur.
- Très bien, et toi ?
- De même, me contentai-je de lui répondre.
- Alors… je suppose que tu as déjà dû rencontrer Bella ? J'ai vu que vous étiez dans la même classe au panneau d'affichage, me désarçonna-t-elle.
Sa nouvelle future amie était donc dans ma classe. Mais qui était-elle? Il y avait tellement de filles qui partageaient la même salle de cours que moi. Et, à vrai dire, je n'avais pas cherché à enregistrer tous les visages de mes camarades féminines… trop ébloui par un visage en particulier, et celui-ci ne pouvait être le visage de cette Bella. Certes, ce prénom pourrait lui aller à ravir mais Alice m'avait dit que c'était la capitaine de l'équipe des cheerleaders. Cette tête d'ange ne pouvait être leader d'un groupe… c'était impossible! Elle avait l'air trop douce et trop timide pour être aussi populaire.
- Pas du tout en fait, lui dis-je, pensant encore à cette beauté. Mais j'étais extrêmement curieux alors je lui demandais :
- Dis-moi à quoi elle ressemble et peut-être que je pourrais te répondre par l'affirmative, souris-je.
- Mon cher Edward, je t'ai dit qu'elle était jolie, ça ne suffit pas? M'engueula-t-elle.
Elle finit tout de même par me la décrire.
- Elle a de longs cheveux bruns, les yeux marron… et je ne sais pas si tu l'as vue mais c'était la fille qui se trouvait juste à mes côtés avant que tu ne t'approches de moi.
Je cessais alors de respirer… je me retrouvais dans le pétrin. Je me trompais rarement d'habitude. Comment étais-je tombé sous le charme de la capitaine des cheerleaders ? Elle n'était pas célibataire, j'en étais certain. En général, ce genre de filles était la petite amie du quater back ou alors d'un autre joueur de l'équipe de foot. J'avais le chic pour toujours compliquer les choses et me mettre dans des situations embarrassantes.
Si Emmett l'apprenait, je serais charrié à vie, j'en étais quasi certain. Je me demandais d'ailleurs lequel des joueurs pouvait être son petit ami… Julian peut-être? Ou alors ce Mike? Ou peut-être Sam? J'espérais de tout cœur que ce ne soit pas Julian. J'avais commencé à sympathiser avec lui la veille et ne voulais en aucun cas me le mettre à dos. En fait, j'espérais profondément que ce ne soit aucun d'eux. Alice me sortit de mes questionnements intérieurs.
- Alors Edward, tu l'as remarquée ou pas? Me harcela-t-elle. « Remarquer » était un faible mot, cette fille m'avait complètement déboussolé.
- Euh… je crois que oui. Il me semble que c'est la fille qui a partagé ma paillasse de biologie, lui dis-je, feignant l'indifférence. Personne ne devait savoir mon ressenti sur cette resplendissante jeune fille.
- Ah Edward, tu ne changeras donc décidément jamais, souffla-t-elle.
Elle me connaissait parfaitement et savait pertinemment que je n'étais pas du genre dragueur, donc ma réponse ne l'étonna pas. J'étais en général bon menteur et bon cachotier. J'en avais la preuve en direct. Alice n'avait pas remarqué mon brusque changement d'humeur. Mais elle était beaucoup trop observatrice et finirait par s'en rendre compte… J'espérais néanmoins que ce soit le plus tard possible.
Nous arrivâmes alors à la table qu'occupaient Emmett et les autres. Je serrais la main de chacun d'eux, à l'exception des filles, que je saluais d'un simple geste de la main et d'un «bonjour» poli. Il valait mieux pour moi garder mes distances. J'en avais la preuve, je pouvais le deviner ne serait-ce qu'à voir leurs regards.
Emmett, comme à son habitude, racontait des blagues, faisant rire nos nouveaux camarades et futurs amis peut-être. Il s'arrêta un instant et me dit :
- Edward, si tu étais arrivé cinq minutes plus tôt, tu aurais pu avoir l'occasion de croiser Bella, la nouvelle amie d'Alice. D'ailleurs, notre petite sœurette me l'a présentée. Elle a l'air fort sympathique et elle est magnifique,me raconta-t-il.
Je me crispais, il avait pu la rencontrer en bonne et due forme… et pas moi. Alice s'en chargerait bien assez tôt cependant, je la connaissais assez pour savoir qu'elle adorait nous présenter ses amies. Pour une fois, j'en étais plus que ravi, à l'inverse de toutes les autres fois où elle avait voulu faire les entremetteuses. Alice arborait un immense sourire. Je me contentais de lui répondre :
- Ce n'est pas grave, ce sera pour une autre fois.J'y comptais bien, même si je devais me contenter de garder ces sentiments nouveaux et jamais ressentis auparavant pour moi-même.
- Ouais... Par contre, un petit conseil, évite de t'amouracher d'elle sinon elle risque de ne pas trop t'apprécier,ajouta-t-il… D'après ce que j'ai pu voir, les footballeurs, c'est pas trop son truc, rit-il.
Tout le monde l'accompagna en chœur. Ce qu'il venait de me dire me désarçonna. J'avais l'habitude de ses remarques sibyllines que personne ne comprenait - il me répétait assez que j'étais un mec coincé, incapable de s'intéresser aux filles - mais il venait de dire que les footballeurs ne l'intéressaient pas. De plus, les rires de tous ceux présents à notre tablée en disaient long. Cela voulait donc dire qu'aucun de mes coéquipiers n'était son petit ami. Ma bonne humeur refit surface, j'étais ravi de cette nouvelle. Je me surpris à sourire. Cependant, cela ne voulait pas dire qu'elle n'était pas accompagnée.
- De toute façon, personne n'est assez bien pour elle,renifla Mike.
Au ton plein de rancœur qu'il venait d'utiliser, j'imaginais aisément qu'elle avait dû refuser ses avances à un moment ou l'autre. Je me mordis la langue voulant cacher ma satisfaction. J'étais maintenant quasi certain que son cœur n'était pas pris. Je me mis alors à espérer de toutes mes forces. Je plaisais à la quasi majorité des filles de mon âge alors pourquoi pas elle?
D'ailleurs, une fille qui s'avérait être dans ma classe et que j'avais entendue commérer à mon égard dans la matinée me regardait avec plein d'envie. Elle m'accosta aussitôt, jouant les provocatrices. Ne voulant pas me faire des ennemis aussi vite, je la laissais faire. Elle commença alors son monologue, me racontant sa misérable petite vie dans les moindres détails. Elle s'appelait Loren… un vrai pot de colle.
J'avais finalement réussi à me débarrasser de cette glue et arrivais en maths enthousiaste. Enthousiaste à l'idée de revoir cette magnifique Bella. Malheureusement, lorsque le prof arriva, elle n'était toujours pas là. Je fus surpris de l'effet qu'elle me procurait. A chaque élève qui entrait dans la salle, mon cœur battait plus fort, espérant que ce soit elle. C'était comme si on m'injectait une décharge d'adrénaline en plein cœur. C'était vraiment étrange mais tellement agréable. Je n'avais d'ailleurs jamais ressenti cela auparavant. Peut-être parce que je n'étais jamais tombé amoureux.
Mon exaltation s'évapora une fois le cours commencé. Elle ne viendrait donc pas. Le prof énonça les différentes parties du programme que l'on allait étudier ce semestre. Je maitrisais déjà chacune d'elles… les maths n'avaient jamais eu de secret pour moi, contrairement à ma sœur jumelle, Alice. Quelques fois, j'avais l'impression que l'on avait des caractères complètement opposés. Elle, étant passionnée par le milieu artistique, et moi par les sciences, même s'il m'arrivait parfois de lire des pièces de théâtre. Lorsque j'étais petit, je rêvais de jouer dans l'une d'elles, mais finalement, j'avais préféré suivre les pas de mon père. Ma sœur était plutôt du genre sociable et extraverti à l'inverse de moi, qui étais un grand timide, préférant jouer ma musique plutôt que d'aller draguer les filles. Bref, malgré ces différences, on s'adorait.
Un coup à la porte interrompit le professeur, et moi par la même occasion, m'étant perdu dans mes pensés.
- Entrez, cria le prof, dont je n'avais pas retenu le nom.
Lorsque la porte s'ouvrit, mon cœur eut un raté. Je ne pus m'empêcher d'esquisser un sourire bête, trop heureux de la revoir.
- Merci de nous faire l'honneur de votre présence Mlle Swan, lui lança-t-il, d'un ton presque méprisant.
Bella s'empourpra, ses joues se teintant de rouge. Je crois que je n'allais pas apprécier ce prof s'il se permettait de lui parler ainsi.
- Veuillez m'excuser pour ce retard Mr Banner,prononça-t-elle.
Je recevais de nouveau un choc, le même que précédemment. Elle avait la voix la plus magnifique et la plus douce qu'il m'avait été donné d'entendre.
- Je sais que vous n'aimez pas beaucoup les maths mais j'aimerais vous voir à l'heure la prochaine fois. Et, vu votre niveau dans cette matière, vous ne pouvez pas vous permettre de manquer ne serait-ce que cinq minutes de cours. Vous pouvez aller vous asseoir,ajouta-t-il devant tout le monde.
Cette phrase était plus que mal placée et il était clair que je ne le porterais pas haut dans mon cœur celui-là. Mais l'idée qu'elle n'aima pas les maths me fit sourire, elle pouvait donner la main à Alice. « Je lui donnerais volontiers des cours de soutien si elle le souhaitait. » Pensai-je, même si je savais très bien que jamais je ne lui proposerais. Lorsqu'elle alla s'asseoir, je baissais la tête, cherchant à cacher mon rire ganache.
Une fois la journée finie, j'étais allé à l'entrainement en compagnie de Julian. Il était vraiment sympa…
En entrant dans le hall du gymnase, Julian tourna la tête en direction d'une salle où l'on pouvait entendre de la musique. Je l'imitais donc. Elle était là - en compagnie des autres filles de l'équipe - à s'entrainer. Je ne pus m'empêcher de l'observer discrètement. Elle avait relevé ses cheveux en une queue de cheval et portait une tenue super sexy, dévoilant son ventre et ses fines jambes… une vraie déesse. J'aurais bien aimé m'approcher pour l'observer de plus près mais je m'abstins, Julian étant à mes côtés.
- Qui est-ce que tu mates comme ça ?Me désarçonna-t-il.
Je venais d'être pris en flagrant délit de matage. En même temps, je n'étais pas doué niveau discrétion, n'ayant jamais reluqué une fille avant aujourd'hui. En à peine quelques heures, j'avais battu tous les records. Je ne me lassais pas de ce visage d'ange. Je devais trouver un mensonge à raconter. Ma sœur était le bon prétexte.
- Qui? Moi? Personne! Je viens juste de voir ma sœur, c'est tout,mentis-je.
- Pas touche à ma cousine ok?Me dit-il d'un air taquin. Mais pourquoi me parlait-il de sa cousine?
- Quoi? Mais je ne mate personne,lui dis-je sur un ton qui disait le contraire.
Moi qui étais d'habitude bon menteur, je savais à peine jouer la comédie sur ce coup… je perdais tous mes moyens de concentration à la voir dans cette tenue. Il fallait que je me concentre avant d'être dévoilé au grand jour. Tu as une cousine? Lui demandai-je de confirmer ensuite, pour qu'il me laisse tranquille.
- Oui, Bella Swan, la capitaine,me désarçonna-t-il.
Je restais muet, choqué par cette révélation. Je me retrouvais alors dans une situation gênante et ennuyeuse. Comment avais-je pu ne pas le remarquer? J'étais si bon lecteur en temps normal. J'avais failli me noyer dans les yeux de Bella et n'avais même pas remarqué que Julian avait exactement les mêmes. Certes, dans ceux de celui-ci, aucune chance de m'y noyer, mais c'est vrai qu'ils se ressemblaient fortement.
- J'ai dit quelque chose de mal ? Me demanda-t-il.
- Non, pas du tout, lui dis-je en avançant vers les vestiaires, encore confus.
L'entrainement s'était plutôt bien passé. Je n'avais cependant pas arrêté de penser à Bella. Ça commençait à m'effrayer d'ailleurs. Cette fille ne m'attirait plus… elle m'obsédait carrément. Le pire dans tout ça, c'est que je savais que c'était irrévocable. Soit j'allais devenir le plus heureux des hommes et allais pouvoir conquérir son cœur tout comme elle avait conquis le mien par sa simple beauté, soit j'allais passer le reste de ma vie malheureux à pleurer pour un amour que je n'aurais jamais eu l'occasion de savourer.
J'avais donc décidé d'aller tenter ma chance en allant voir Alice après son entrainement, espérant que Bella reste en sa compagnie. Je savais très bien que ma sœur en profiterait pour me la présenter. Je voulais savoir ce qu'elle pensait de moi, comment elle me trouvait, si j'étais craquant à ses yeux. Je l'espérais plus que tout et j'avais pensé à demander à ma sœur mais oubliais cette requête aussitôt. Ma moitié était bien trop bavarde et je ne souhaitais pas qu'elle sache que sa copine m'attirait. Je ne voulais en aucun cas toucher le feu pour m'y brûler… J'avais demandé à Julian de m'accompagner. Il avait accepté sans hésiter, à mon plus grand soulagement.
Nous étions donc à cet instant derrière la baie vitrée à les attendre. J'en profitais pour l'observer de nouveau… essayant de me faire discret cette fois-ci. J'étais plus proche que tout à l'heure et pouvais voir quelques petits détails en plus sur sa beauté. Elle avait une silhouette de rêve à en faire craquer plus d'un et à en faire des jalouses. Elle portait aussi un joli piercing au nombril qui brillait en fonctions de ses mouvements… bref, elle était resplendissante et cette tenue lui allait à merveille.
Ma sœur me fit un petit signe de main que je lui rendis. Bella se retourna alors en regardant dans notre direction. Ce regard n'avait duré qu'une seconde mais m'avait rendu pithiatique. Mon cœur se mit à battre à tout rompre et je sentis mon pouls jusque dans mes tempes. Mes cheveux gouttaient encore de la douche que je venais de prendre. J'avais tellement envie de la revoir que j'avais presque omis de les essuyer. Quelques minutes plus tard, l'entrainement se termina. Venant de se rendre compte qu'il avait oublié ses clés de voiture dans son casier au vestiaire, Julian me demanda de l'excuser quelques instants. Cela tombait bien, j'avais besoin d'être seul pour me concentrer. J'expirais alors un bon coup, mon cœur n'arrêtant pas la course qu'il avait commencée quelques minutes plus tôt. Bien au contraire, il battait de plus en plus fort, comme s'il allait s'extirper de ma poitrine. La sensation que je ressentais alors était vraiment plus qu'intense.
J'appréhendais ces présentations de peur d'être nul. Car, j'en étais sûr, avec ma diablesse de sœur, il y aurait des présentations donc autant en profiter. Il fallait que j'emploie mon plus magnifique sourire et mon plus doux regard dont j'étais capable. Faire craquer cette fille de manière « intentionnelle » était mon but premier. Pour la première fois de toute ma vie, j'allais devoir employer mes pouvoirs de séduction pour qu'elle daigne s'intéresser à moi. J'avais peur de me planter, je n'avais jamais fait cela auparavant… en temps normal, je ne faisais rien pour attirer les filles, elles venaient d'elles-mêmes. Mais, elle, elle n'était pas comme les autres et je le sentais… j'étais quasi certain que j'allais devoir ramer pour ne serait-ce qu'un sourire de sa part. Pour ma seule poisse, j'étais tombé amoureux de la seule fille qui ne m'avait pas reluqué une seule fois depuis mon arrivée ce matin. «La belle affaire!» pensai-je, ironique.
Lorsqu'elles s'approchèrent de moi, mon pouls s'intensifia encore. Ma sœur me sourit, fière de me présenter sa nouvelle amie :
- Coucou Edward.
- Salut, lui répondis-je simplement.
J'avais employé le ton que je pensais être le mieux pour mettre à l'aise les gens… enfin, c'est ce que je croyais. Mais, encore une fois, j'avais merdé. Bella ne leva même pas la tête pour me regarder, préférant regarder ses baskets. Etait-ce de la timidité ou de l'ennui profond de faire ma rencontre? La deuxième possibilité ne pouvait être que la bonne. J'essayais de combattre le stress en moi pour prendre les devants et elle, elle ne voulait pas me regarder! J'avais pourtant follement envie de revoir ses magnifiques prunelles me regarder de nouveau… et plus qu'une seconde cette fois-ci.
- Edward, laisse-moi te présenter Bella Swan, tu sais la fille dont je vous ai parlé hier. Bella, voici Edward. Mais je suppose que vous vous êtes déjà rencontrés,ajouta ma sœur.
Alice était la meilleure pour jouer les entremetteuses et ça se voyait. Pour une fois, je la laisserais faire volontiers, si jamais je ne finissais pas par attirer son attention.
- Enchanté Bella,lui dis-je de mon plus magnifique sourire.
Je la regardais alors intensément et me sentis tout à coup euphorique, comme si mon stress avait complètement disparu. Je n'avais alors qu'une envie… la toucher. Je lui tendis la main, toujours avec mon sourire tombeur, mais j'avais l'impression que ce geste ne changeait rien. Bien au contraire, je l'avais rendue hésitante et effrayée. « Et mince ! » me dis-je. J'allais la faire fuir. Elle finit tout de même par me la serrer, sans même un regard.
Et là, feu d'artifice en moi… Mon corps fut prit d'intenses décharges électriques, commençant de la paume de ma main pour parcourir chaque parcelle de mon corps. C'était sublissimement extraordinaire. Etait-ce elle qui me procurait cela? Ou alors sa main si douce et si fragile? Je ne pus m'empêcher d'ancrer mon regard au sien à l'instant où elle leva ses yeux pour me regarder, le sourire toujours aux lèvres. Enfin elle me regardait! J'étais complètement aux anges…
- Enchan…
Tout s'est passé tellement vite. D'instinct, je m'étais accroché à elle, sentant qu'elle allait s'écrouler. Ce qui fut le cas d'ailleurs! Je la tenais dans mes bras en position de secours. J'avais encore les doigts qui fourmillaient suite à notre échange. J'évitais de paniquer, sachant très bien que dans des cas comme celui-là, la meilleure chose à faire était de garder toute sa maitrise. Alice criait presque, paniquée. Elle se demandait surement ce qu'il venait de se passer. Je lui tapotai alors la joue… déçu de ne pouvoir les caresser à la place.
- Bella,l'appelai-je doucement.
Pourquoi avait-elle fait ce malaise? Etait-elle malade? Avait-elle mangé correctement? Ou alors, lui avais-je fait peur? Ca arrivait souvent dans les films que les filles s'évanouissaient lorsqu'elles avaient peur. Mais peur de quoi? Je m'ôtais instinctivement cette idée de la tête, trop effrayé à l'idée que ce soit le cas. Je n'étais pas un monstre quand même!
- Bella,continuai-je de l'appeler.
Ma main, que j'avais évité de poser sur son flanc droit jusque là, s'était posée instinctivement sur sa peau douce. Les décharges électriques reprenaient de plus belle, insatiables. Impossible pour moi de la retirer. Même si mon cerveau m'ordonnait de le faire, une force magnétique extrêmement puissance m'en empêchait. Nom de dieu, j'étais raide dingue de cette fille. Julian arriva en courant, ayant certainement entendu Alice crier.
- Oh mon dieu! Qu'est-ce qu'il lui est arrivé?Me demanda-t-il affolé. Ma sœur me devança.
- J'ai fait les présentations avec Edward et… pouf elle s'est comme évanouie.
Julian la regarda en fronçant les sourcils, comme s'il réfléchissait… puis son regard dévia vers moi. Je ne comprenais pas son expression… comme si son affolement avait automatiquement disparu. Il se rapprocha alors de moi pour venir voir sa cousine, encore dans mes bras. Je la sentais reprendre doucement conscience. Il lui caressa la joue, comme un grand frère l'aurait fait à sa petite sœur. A en croire mes yeux, ces deux-là devaient être aussi proches qu'Alice est moi vu les gestes tendres qu'il avait envers elle. J'étais jaloux qu'il puisse lui caresser le visage ainsi. Bella remua doucement la tête, sans pour autant rouvrir les yeux.
- Bella, ma belle, tu m'entends ?Essaya-t-il de l'interroger.
J'espérais qu'elle lui réponde, ce qui ne fut pas le cas cependant.
- On devrait peut-être l'emmener à l'hôpital,suggéra Alice.
- Elle ne s'est cognée nulle part Alice, je l'ai rattrapée à temps, lui dis-je d'une voix calme.
- Donne-la-moi Edward, ça va aller, me désarçonna Julian.
Je fus déçu qu'il me demande cela. J'aurais tellement aimé qu'elle ouvre les yeux dans mes bras. Mais, dans un sens, il était préférable que ce ne soit pas le cas, c'était peut-être moi qui étais à l'origine de ce malaise. Je ne voulais pas lui faire peur de nouveau.
- Tu crois que ça va aller?Lui demandai-je inquiet. Inquiet de sa santé mais aussi inquiet pour moi. J'avais peur qu'elle ne veuille plus m'approcher après ce qu'il venait de se passer.
- J'espère,me dit-il en me désarçonnant de nouveau. Comme si je n'étais je ne me sentais pas assez coupable de cet incident, il fallait qu'il en rajoute!
- Pourquoi est-ce que tu dis ça?Le questionna Alice.
- Disons que j'ai une vague idée de la cause de ce malaise,répliqua Julian.
Il ne me fusillait pas du regard néanmoins. Il avait d'ailleurs un mince sourire sur le visage. Je n'étais donc peut-être pas le responsable au final. Je commençais à être perdu. Mon esprit bafouillait complètement et moi, j'étais totalement impuissant, incapable d'en connaitre la cause. Je tirais des conclusions négatives trop rapidement. Etait-elle malade finalement? Elle n'avait pourtant pas l'air de l'être tout à l'heure.
- Elle n'est pas malade au moins? Je l'ai vue danser i peine 10 minutes, elle avait pourtant l'air en pleine forme,leur expliquai-je.
- Oui, mais disons que ce qu'elle a ne se guérit pas facilement, me répondit Julian, moqueur? Mais pourquoi? Alice se mit à rire elle aussi. Avais-je loupé un épisode?
- Pourquoi est-ce que vous riez ? Il n'y a rien de marrant. Elle aurait pu se faire mal en tombant… du style une entorse ou autre, m'énervai-je. Je n'en revenais pas de leur comportement.
- Tu as raison, ce n'est pas marrant. Ce malaise est certainement dû à une hypo. Il me semble qu'elle n'a rien mangé à la pause de midi. Et de s'être donnée à fond durant cette séance, ça a dû très certainement l'assommer, se rattrapa-t-il. Tu veux bien me la donner, je vais la ramener chez elle.
- Euh… oui, acquiesçai-je encore énervé par leur attitude.
Il me fallait une cigarette de toute urgence afin de me calmer. C'était mon antistress quotidien et, à cet instant précis, j'en avais bien besoin.
- Tu es sûr que ça va aller ?Lui demanda gentiment ma jumelle.
- Mais oui, ne t'inquiète pas. Regardez, elle reprend déjà ses esprits,nous rassura-t-il.
En effet, Bella reprenait des couleurs. Et de l'avoir lâchée pour la donner aux bras de son cousin, me provoqua un grand vide. Je n'avais qu'une envie, la reprendre dans l'étau de mes bras. Cette force magnétique était bien plus puissante que je ne le pensais et retenir de m'approcher d'elle devenait de plus en plus difficile. Il fallait partir pour que ma sœur et lui ne se doutent de rien.
- Moi, je pense qu'il serait plus raisonnable de l'emmener voir Carlisle quand-même, non? Et puis ce serait l'occasion de la présenter aux parents.
Ce ne fut cependant pas avec l'aide d'Alice que j'allais réussir.
- Alice, je ne pense pas que ce soit une bonne idée pour les présentations,lui dis-je persuadé que, si elle me suppliait, je serais incapable de lui dire non.
- Aller, Edward… s'il te plait,me supplia-t-elle.
Il fallait s'en douter. Je lui faisais de grands yeux, espérant qu'elle les prendrait plus pour un non-vouloir plutôt qu'une supplication. Le silence s'installa alors. Ce fut Julian que le rompit en premier.
- Non, ça va aller Alice, je t'assure. Une autre fois, Bella doit se reposer. Et, promis, je lui demanderai de consulter un médecin, lui dit-il. J'étais soulagé, grâce à lui, ma sœur n'insisterait pas.
- Laisse-moi au moins t'aider à la raccompagner,souffla-t-elle, déçue.
Je m'éclipsais alors, les laissant la raccompagner jusqu'à leur voiture. Enfin seul, je me mis à réfléchir, ressassant le moindre détail de cette journée dans mon esprit. Ce visage me revenait sans cesse: ses yeux me fixant profondément, ses cheveux se soulevant dans le vent, sa bouche si tentante s'entrouvrant. Voilà que je me mettais à rêver d'elle tout en restant éveillé! Je sortis alors une cigarette de la poche de mon jean et la fumait sans même la déguster.
