Chapitre 10

PDV Leslie

Je me réveillai au son de bruits étouffés. D'un bond, je me redressai sur le lit, croyant être revenu au foyer. Fébrile, je balayai des yeux la pièce qui m'était inconnue.

Un tableau devant moi, représentant ce qui devrait être une scène mythologique. A droite, se dressai une immense armoire en chêne, qui devait avoir plusieurs décennies, plaquée contre un papier peint de couleur bleu océan, créant un constate saisissant. Le lit, assorti à l'armoire, était placé au centre de la pièce, au coté d'une petite table de nuit, sur lequel était posé mon fameux mp3.

Définitivement pas le foyer.

Petit à petit, les souvenirs de la veille me revinrent en mémoire, et c'est le sourire aux lèvres que je sortis de ma chambre pour rejoindre la cuisine. Tempérance était déjà là, attelée aux fourneaux, fraîche et habillée. Elle dû m'entendre car elle se retourna soudain, son visage s'éclairant lorsqu'elle me reconnut.

-Bonjour, Leslie, m'accueillit-elle joyeusement, bien dormie ?

Mon sourire s'élargit devant cette marque de tendresse, et je répondis :

-Bonjour. Oui, je crois que je n'ai pas aussi bien dormi depuis un bon mois, et vous ?

-Toi, rectifia t-elle, je… J'ai vu que toi et Booth vous tutoyez, alors, on peut faire pareil, non ?

-Bien sur, acquiesçai aussitôt. Vous êtes… Euh, tu es réveillé depuis longtemps ?

Elle regarda l'horloge et dit :

-Bientôt 2 heures, pourquoi ?

A mon tour, mes yeux se posèrent sur le cadran, et j'étouffai une exclamation de stupeur lorsque je compris qu'il n'était que 7 heures. Un bref calcul, et…

-Euh… Attends, tu… Tu es t'es réveillée à 5 heures !

Elle rit que mon expression horrifiée et répliqua :

-C'est ça. Sinon, j'ai fais des pain cakes. Tu en veux ?

Mes yeux pétillèrent de gourmandise et je sautai sur le tabouret. Elle pouffa de rire, et, après avoir récupéré les fameuses crêpes, vint me rejoindre.

-Bon, ils ne sont pas aussi bons que ceux que fait Booth, mais j'espère que tu vas aimer.

Elle me servit, se servit, et me tendit un pot de confiture aux fraises et un pot de miel.

-Désolé, s'excusa t'elle, mais j'ai pas de chocolat, ni de beurre de cacahuète. J'essaye d'en acheter ce soir.

-C'est rien, ne v… ne te tracasse pas, j'adore le miel.

Elle me sourit simplement en réponse, et nous dégustâmes notre déjeuner en silence. Mais, de mon coté, mes méninges tournaient déjà à plein régime. Elle m'avait tout de même tendu une très belle perche à l'instant, en citant Booth. Alors je ne devais pas laisser passer ça, et, comme je l'avais dit à Booth, tâter le terrain ». Finalement, je me lançai :

-Alors… Booth fait de bons pains cakes ?

Elle releva la tête vers moi, et je constatai avec un grand bonheur que ces yeux s'étaient éclairés a la seconde même ou j'avais parlé de Booth.

-Oh, oui, ils sont… pour reprendre son expression, divin ». Bien que ça n'est aucune logique, puisque, on est d'accord, les dieux n'existent pas.

-Je suis croyante, précisai-je aussitôt.

-Qu… quoi ?

Elle semblait totalement abasourdie. Je précisai :

-Oui, je suis catholique, je crois en Dieu, aux saints, aux miracles, à Adam et Eve…

-Pourtant, je te croyais plus réfléchi…

Je fus un instant blessée par la remarque mais me rappelant ce que m'avais dit Booth à ce sujet, à savoir que Brennan n'avait pas la même perception de ce qui ce dit, et de ce qui ne ce dit pas, je laissai passer. A la place, je repris :

-Aucun rapport. Tenez, Booth est aussi croyant, pourtant il est intelligent.

-Moins que moi, précisa t'elle sérieusement.

Je la regardai un instant, avant d'éclater de rire.

-Quoi ? demanda t'elle

-Ce… ce n'est pas une chose à dire.

-Pourquoi ?

Décidément, Booth avait raison. A des moments, elle avait exactement les mêmes réactions qu'une enfant. Je poursuivis :

-Parce que les gens pensent que tu te vantes. Du coup, ils se sentent inférieures et deviennent amers. Donc, il vaut mieux éviter ce genre de réflexions.

Elle ouvrit la bouche, prête à répliquer, mais je la devançai :

-Même si c'est vrai…

Aussitôt, je changeai de sujet, essuyant de peu un débat que je n'aurais pas supporté à cette heure si matinale.

-Booth sort avec quelqu'un en ce moment ?

Bien sur, je connaissais déjà la réponse, mais je voulais voir s'ils avaient déjà parlé de leurs amours. Surprise par la question, elle mit un moment avant de répondre :

-Je… Je ne sais pas, je crois que non, mais il… Ne me le dit pas toujours…

-Ah oui ?

Je me m'attendais vraiment pas à ça. Pas plus qu'à la petite touche d'amertume et de tristesse que je sentais dans sa voix. Elle continua, m'expliquant :

-I ans, il est ressortit avec Camille…

Je la coupai aussitôt :

-Camille… Camille la légiste ?

-Je… je ne sais pas s'il y a d'autres légistes qui s'appellent Camille, mais moi je te parle de celle qui travaille avec nous au labo. Bref. D'après ce que j'ai compris, il la connaît depuis de nombreuses années, et ils sont sortis ensemble alors qu'elle était encore légiste à New York, mais c'était… une histoire de sexe, sans relation sérieuse derrière. I ans, ils ont repris, et… Il ne me l'a pas dit.

-Comment l'a tu su ?

-Euh… on… on a eu une enquête, où un groupe d'étudiant en cinéma avait fait un documentaire en forêt sur la légende d'une sorcière qui hanterait ces bois, et… on a retrouvé la cassette. Angéla l'a reconstitué et nous l'a montré. C'était… assez violent. Moi… moi j'étais derrière, et juste devant Booth et Camille étaient a coté. Et j'ai vu la main de Cam agrippée la main de booth. Au début, j'ai cru qu'il allait la repousser, ou du moins la lâcher, mais… il… il a entrelacé leurs doigts et j'ai compris qu'ils avaient une relation.

-Tu…. Tu en as parlé à Booth ?

-Oui, juste après. Je voulais savoir pourquoi il ne m'avait rien dit. Après tout, il clame sans arrêt que la confiance entre partenaires est primordiale, et que, ils doivent se parler de choses de ce genre.

-Tu as étais blessée qu'il ne t'accorde pas sa confiance.

-Oui. Et tu sais ce qu'il m'a répondu ?

Je fis non de la tête, tout en sachant pertinemment que cette question n'attendait pas de réponse. Justement, elle continua :

-Il a parlé du fait que j'était un femme, et lui un homme et, qu'ils ne parlait pas de ces choses là avec d'autres femmes. Pas très convaincant. Mais… mais c'est pas le plus important. Le fait qu'il soit sor…

Tout à coup, elle s'arrêta, comme si elle était allée trop loin. Elle m'adressa un regard d'excuse et baissa la tête. Malheureusement pour elle, ou heureusement pour moi, selon le point de vue, j'avais une petite idée de ce qu'elle s'apprêtait à dire. Et c'est sans réfléchir un seul instant que je poursuivis à sa place :

-Tu as surtout été blessée qu'il sort avec elle, c'est tout.

Elle alla répliquer, mais je ne lui en laissai pas le temps.

-Le fait qu'il puisse sortir avec une autre femme, qui n'est pas toi, c'est ça qui t'a le plus touché.

Aussitôt, elle me fusilla du regard, et lança d'une voix qui ne trahissait aucunes émotions :

-Va t'habiller, on va être en retard.

Elle se leva, débarrassa ces affaires, et, sans me regarder, commença la vaisselle.

Si j'avais pu, je me serais mis une, voire deux bonnes baffes. Et moi qui avais dit, pas plus tard qu'hier à Angéla, qu'il fallait y allais doucement ! Mais voila, j'ai vu cette ouverture est je me suis précipiter dedans, sans songer qu'elle n'était pas encore prête à entendre ça. Je regagnai ma chambre, pensant déjà à la façon d'arranger les choses.

-Je suis désolé pour ce que j'ai dis tout à l'heure.

Nous étions dans la voiture, en route pour l'institut. Depuis notre petit accrochage, l'air était on ne peut plus froid. Brennan ne m'avait presque pas adressée la parole, et moi, je ruminais trop mon échec pour pouvoir parlé. Finalement, je me jetai a l'eau, voulant plus que tout regagner la confiance qu'elle m'avait apporté ce matin en se confiant a moi.

Elle tourna la tête vers moi, et lorsque je vis le petit sourire qu'elle arborai, je su que j'étais pardonné. Elle répondit :

-Je sais. Moi aussi je n'avais pas du te parler comme ça. J'ai juste… Des difficultés pour me confier aux autres. Il… Il me faut du temps.

-Je comprends. J'y suis allé trop fort.

Elle ne répondit pas, et je cru que la discussion était terminé. Quelques minutes passèrent puis, à ma grande surprise, elle reprit :

-Tu n'avais pas tout à fait tords, néanmoins. Bien que je ne comprenne pas ce sentiment, j'étais… jalouse de Camille.

OH. MY. GOD!

Ok, Leslie. Calme. Respire a fond. Ok, bien, expire. Ne cris pas. Surtout, ne crie pas comme si tu avais le diable aux trousses. Qu'elle ne se demande pas si tu as besoin d'être interné. Cool. Respire.

Plusieurs fois, j'inspirerai et j'expirai a fond, jusqu'a se que Brennan se tourne vers moi, intrigué. Aussitôt, j'arrêtai mon manège, et répondit :

-Et tu penses qu'un simple partenaire peut-être jaloux ?

Craignant être a nouveau allée trop loin, je me mordit la lèvre inférieur, mais au contraire, Brennan, sembla pensive, et j'ajoutai aussitôt :

-Réfléchis à ça.

Le reste du trajet se passa en silence, moi surtout occupée à me remettre de mes émotions et à ne pas crier comme une possédée.

Au bout de ce qui me semblait être une éternité, Brennan se gara enfin devant l'institut Jefferson. Un brin agitée, je sautai de la voiture a peine arrêtée et fonçai dans la bâtiment. Je sentis le regard étonné de Tempérance derrière moi, mais je ne me retournai pas pour autant, l'esprit trop embrouillé par cette révélation.

Comme une furie, je déboulai dans le bureau de l'artiste, seulement pour récolter une exclamation de stupeur de sa part. D'un bond, elle s'était relevée du siège sur lequel elle était assise, pour me lancer un regard assassin.

Tant pis.

J'avais beaucoup plus important.

Après un bref hochement de tête en guise de bonjour, je m'exclamai, laissant enfin le trop plein d'énergie sortir.

-Elle a avouée !

Son regard vide me fit lever les yeux au ciel, et je précisai :

-Brennan a avoué être jalouse de Camille car elle fréquentait Booth !

Pour le coup, j'avais captée son attention. Elle ouvrit dans les yeux, ouvrit la bouche, pour faire sortir un son qui s'apparentait plus à :

-Whaou…

Comme assumée, elle se laissa tomber sur son bureau, faisant tomber quelques documents qui traînaient. Pourtant, elle gardait son regard fixé sur moi, l'air hagard. Finalement, elle sembla retrouver ses esprits et demanda d'une voix hésitante :

-Comment as-tu… ? Enfin… je… tu… euh…

Je souris et l'aidai un peu :

-Comment j'ai réussi à lui faire dire ça ?

Et, alors qu'elle acquiesçait vigoureusement :

-Ne t'inquiète pas, je n'ai pas eu besoin de la torturer. En faite, je sais pas trop comment j'ai fait. C'était une déclaration… spontanée.

-Spontanée ? Répéta t-elle.

Je lui aurais appris que JFK avait été assassiné par des martiens, qu'elle aurait eu la même expression. Comme si le ciel lui était tombé sur la tête.

Aussi j'entrepris de lui raconter toute l'histoire, ponctuant mon récit par des onomatopées très…vivantes.

Une fois que j'eus fini, elle affichait un petit sourire que j'aurais pu qualifié de diabolique, et elle assura :

Y aller doucement hein ? Tu appelles ça, y aller doucement »? Faire dire à Brennan qu'elle est jalouse d'une ex petite amie de Booth ?

Alors que j'allais répondre, le dit Booth jaillit par la porte en verre, nous faisant sursauter :

-On parle de moi ?

N'ayant jamais été très habile avec les mensonges, je lançai un regard rapide a angéla. Elle comprit aussitôt mon message, et, se tournant vers le beau spécimen de la gente masculine, lança :

-Hey G-Man ! Comment allez vous ?

L'agent du F.B.I. sourit largement et répondit d'une voix enjouée

-Parfaitement bien.

Nous lui envoyâmes toutes deux un coup d'œil étonné, moi surprise qu'il soit si heureux de si bon matin, Angéla, qu'il soit heureux tout court. Il du le remarquer, car il ajouta, les yeux brillant tels ceux d'un enfant le matin de Noël.

-Les Capitals ont battu les Panther hier soir.

Comprenant qu'il parlait de sport, nous lui offrîmes un sourire indulgent, et nous échangeâmes tout de suite un clin d'œil complice. Amusé, il laissa passer ceci, mais répéta :

-Alors, que disiez-vous sur moi, avant que je ne n'arrive ?

Je répliquai aussitôt :

-La prochaine fois, au lieu de rentrer pour nous interrompre et nous questionner, reste sur le pas de la porte et essaye de surprendre la conversation. Ca aura plus de succès.

-Pourquoi ne laissez vous pas tomber ? Renchérit Angéla derrière moi.

Choisissent de répondre à l'artiste plutôt qu'a moi, il me fit un sourire charmeur, et dit à Angéla :

-F.B.I. C'est mon métier de ne pas laisser tomber.

Il se tourna vers moi, et changea de sujet :

-J'ai du nouveau concernant l'affaire.

Comme mue par un ressort, je me redressai d'un coup, et il su qu'il avait toute mon attention.

-Hier, tu sais que j'ai téléphoné à l'université de tes parents ? Et bien, j'ai appris un tas de choses. Tes parents étaient des génies sur tout ce qui était cerveau. Elèves modèles, ils étaient destinés à être de grands chercheurs. Leur professeur de sciences s'en rappelle encore. Ils faisaient partis d'une classe spéciale de 10 étudiants, tous très bons dans le domaine cérébral.

Il fit une pause, me laissant le temps d'appréhender la nouvelle. Si je m'attendais a ça ! Jamais, en 16 ans d'existence, je n'avais suspecté que mes parents étaient aussi doués ! Ils avaient toujours fait preuve d'un esprit vif et de connaissances très vaste, mais de la à apprendre dans une des plus prestigieuse université au monde, et a faire parti de l'élite !

J'étais estomaquée. Pourtant, je pressentais que Booth n'avait pas fini. En faite, j'étais persuadée que tout ceci n'était qu'un prélude a ce qui allait suivre. Il reprit

-Avant de rentrer dans cette classe, tes parents ne se connaissaient pas. Jamais vu, jamais rencontré. Ce ne fut que plusieurs mois après le début de l'année scolaire, qu'ils commencèrent à se fréquenter. Mais, le professeur comme l'ami de ton père a qui j'ai téléphonée ce matin ont tout deux affirmé qu'ils n'étaient pas vraiment ensemble. Ils buvait un café de temps en temps, se souriaient en cours, ou s'envoyaient des messages, rien de bien sérieux.

-Comme toi et Brennan, fis-je remarquer doucement.

Il me lança un drôle de regard, que je ne sus déchiffrer. Etait-ce de l'amusement ? Ou de la gène ? Ou encore un éclat de lucidité ?

A deux pas de moi, j'entendis Angéla pouffer de rire.

-Mais, poursuivit le bel agent, au beau milieu de l'année scolaire, tes parents sont partit.

-Partit ? M'exclamai-je

-Mmm, à Hawaï, acquiesça t-il. Au mois de février, ils ont laissé une lettre au doyen de l'université, l'informant qu'ils partaient pour une durée indéterminée.

-Cool !

-Non, pas cool, me contredit Booth. Ils sont partis deux mois, et, à leur retour, ont dit adieu à tout le monde, et sont repartis sans une explication. Deux semaines après, et Anthony et Virginie se mariaient, prenant le nom de Swan.

-Donc, c'est à la suite de ce voyage à Hawaï qu'ils ont changés d'identités ?

Booth hocha la tête, avant de reprendre :

-Angéla, j'aurai besoin que vous fassiez des recherches sur leur séjour. Tout ce que vous pouvait trouver. Paiement dans un restaurant, un achat de maillot de bain dans un magasin de sport, même un témoin les ayant vu sur une plage. Tout.

-Pourquoi ? Demandai-je, interrogative.

-Tes parents étaient des bosseurs. Des vrais. A l'époque ou ils sont partis pour Hawaï, les examens de fin d'années étaient dans a peine quelques mois. Ca ne correspond pas. Je veux dire… Ils ont travaillés toute leur vie pour arriver dans cette université. Ils seraient brusquement partis en vacances, au milieu de l'année, alors qu'ils se connaissaient a peine ?

Ça n'a aucun sens !

-Juste, approuvai-je. Mais alors, ou seraient t-ils allés ?

-Peut-être que quelqu'un a tout simplement réservé une chambre d'hôtel a Hawaï, a écrit une lettre pour l'université, et ainsi, personne ne se doutait de rien.

-Et quoi, ils se seraient fait enlevés par des petits bonshommes bleus, emmenés sur Mars, pour subir un lavage de cerveau, ou je ne sais quoi, et seraient retournée sur terre après deux mois. Tout cela pour être exterminés par ces mêmes extraterrestres plus de vingt ans après ?

Restant malgré tout sérieux, Booth répliqua :

-Peut-être pas par des petits hommes verts, mais…

-A quoi penses-tu ?

-Rien, c'est qu'une intuition, on verra plus tard.

Malgré moi vexée par le manque de confiance qu'il m'accordait, je lui passais devant pour rejoindre le bureau de Brennan.

Pourtant je ne pus m'en empêchai, et je me retournai pour lui lancer :

-Au fait, c'était bleu.

Il m'envoya un regard stupéfait, et je précisai :

-Mes petits bonshommes extraterrestres, ils étaient bleus, pas vert.

Il ria, son rire et celui d'Angéla me suivant, me faisant moi-même sourire.

Une heure plus tard, et j'étais confortablement assis sur la banquette arrière du S.U.V., tandis que devant moi, les deux partenaires s'étaient engagés dans un débat pour le moins passionné sur la pollution, après que Brennan eu vu Booth jeter nonchalamment son gobelet de café près d'une poubelle, la ratant de peu. Il ne s'était pas déplacer pour la remettre dans la poubelle, et Brennan lui avait fait la morale. Depuis maintenant 25 longues minutes, ils animaient l'ambiance d'une discussion digne d'un débat politique, alors que dans mon coin, je m'empêchai désespérément de ne pas rire.

Apres notre discussion dans le bureau d'Angéla, Booth et moi étions allé voir Brennan, a qui l'examen supplémentaire des deux corps n'avaient rien appris que nous ne savions déjà. Booth nous avait donc annoncé que la visite chez les amis de mes parents tenait toujours. Et nous étions partit.

-Mais Bones ! s'écria tout a coup l'agent, me faisant sursauter, ce gobelet était en carton ! Donc dissoluble !

-Au moins, apprenez à parler correctement votre langue natale, Booth, répliqua aussitôt sa partenaire. Le mot dissoluble se dit pour les liquides. Et, à ma connaissance, le carton n'est PAS un liquide, non ?

-Hors Sujet ! Contra t-il en échange. Le carton est… c'est quoi déjà… ah oui, biodégradable, donc, non polluant ! Hé Hé Hé…

Je soupirai doucement, Booth avait quelque fois vraiment tout d'un gamin. Brennan du se faire la même réflexion car elle lança

-Gamin !

Aussitôt, Booth se redressa pour répliquer :

-Intello !

-Je ne vois pas ce que ça veut dire…

-Apprenez au moins votre langue natale, Bones !

Je souris.

Le reste du trajet ce passa dans la même ambiance.

Ce fut ainsi que, lorsque je sortis devant la maison assez délabrée des Sander, les plus proches amis de mes parents, un mal de tête carabiné avait envahi mon cerveau. Les deux protagonistes se lancèrent un regard déçu, comme s'ils avaient espéré continuer cette discussion pour le moins mouvementée. Je rêve, pensai-je aussitôt, ou ils aiment se chamailler ainsi ? et, alors qu'ils se sourirent bêtement, je confirmait mon hypothèse.

A savoir qu'ils étaient complètement cinglés.

Ou sado-masochistes.

Au choix.

Booth ouvrit la marche jusqu'au perron, suivit de Brennan, puis de moi. Il me lança un regard inquiet, puis sonna à la porte.

C'est la que je me rendis compte de deux choses. La première, c'était que le fait de revenir dans cette ville ou j'avais tant souffert, le faite de repasser devant la large place de la mairie, devant monlycée, ou ce parc que je connaissais si bien, tout cela me paraissait bien moins difficile que je croyez.

La deuxième, alors que la porte s'ouvrait sur une femme a l'air revêche, un long tablier de cuisine étalé autour des hanches, le visage squelettique mais étrangement aimable, était que les souvenirs qui commençaient doucement a remonter a sa vue ne faisaient pas autant de mal qu'avant.

Booth sortit sa plaque de sa taille, et se présenta d'une voix forte :

-Je suis l'agent spécial Seeley Booth, du F.B.I., et voici le docteur Tempérance Brennan, du l'institut Jefferson, nous souhaiterions vous poser quelques questions sur…

Mais elle n'écoutait pas. Enfin, plus depuis qu'elle avait posé le regard sur moi. Je ne sais pas ce qui me mit le plus mal à l'aise. Les larmes que je voyais se former dans ses yeux d'un vert clair, la voix d'Amy, ma meilleure amie qui retentit derrière, ou son expression lorsqu'elle demanda :

-Leslie, c'est… c'est bien toi ?

Mais je fus incapable de lui répondre quoique ce soit. Et avant que personne ne puisse n'en empêchai, je courait en arrière jusqu'à la voiture de Booth, ou je m'engouffrai aussitôt, incapable de me confrontai a mon passé, si doux par rapport a ma vie d'aujourd'hui.

Du coin de l'œil, je vis Booth s'excuser poliment auprès de Mme Sander, avant de dévaler le jardin pour me rejoindre. Il s'avança vers moi, et j'eut tout a coup une soudaine et irrépressible envie de me blottir dans ses bras. Quand était la dernière fois ou j'avais pu faire ça ? Me réfugier dans des bras d'homme parce que j'avais peur, ou que j'étais triste ? Pas depuis la disparition de mon frère, en tout cas.

Pourtant, je rejetai cette idée. Ce n'était ni le lieu, ni le moment pour les états d'âmes. Alors, je me contentai de dire :

-Je suis désolé, mais je ne peux pas. J'ai cru que je pouvais, mais je peux pas. Pas maintenant. Je suis désolé, je…

-Chuttt… me coupai t-il tendrement, d'une voix si douce que j'en frissonnai, c'est pas grave, je ne t'en veux pas, calme toi…

Et soudain, cette envie fut plus forte que le reste. Plus forte que la raison, plus forte que Brennan et Mme Sander qui étaient rentrés dans la maison, plus forte que tout. Et, tandis qu'il plaçait sa main sur mon bras, en un geste de réconfort, je me jetai dans ses bras.

Un instant désarçonné par mon action, il se reprit vite et plaça ses bras dans mon dos, alors que je les enroulait autour de son cou. Il me tint contre lui, et me caressa doucement le dos, m'incitant doucement à me calmer. Ce que je fis, de longues secondes plus tard. Je le lâchai, et lui offrit un regard d'excuse.

-Pardonnes moi, je… je suis juste…Désolé.

-Quand tu veux, contra t'il doucement. Mes bras seront toujours à ta disposition si tu as besoin de réconfort. Toujours. Ma grand-mère disait que le meilleur remède contre un problème de cœur était un câlin. Elle avait raison.

Pour tout réponse, je lui offrit le plus beau sourire que je puisse faire, ma façon de le remercier. Brennan avait vraiment un partenaire en or. A moi de lui faire remarquer.

Booth me rendit mon sourire, et ajouta, me replaçant en même temps sur la banquette.

-Je dois aller l'interroger. Toi, reste ici. Tu n'es pas obligée de venir.

Et, alors qu'il repartait vers la maison, il ajouta :

-Si tu veux, il y a le livre de Bones dans la boite à gants.

Je sourit, et murmurai :

-Merci.

Je le vis disparaître par la porte d'entrée que j'avais moi même tant de fois passer, avant de m'emparer du roman, attendant déjà avec impatience leur retour.

A suivre...