Raphael se réveilla le lendemain, calme et satisfait comme il ne l'avait jamais été. Une odeur sucrée et agréable régnait dans la pièce, la même qui avait baigné ses rêves lui semblait-il. Il jeta les yeux sous lui pour remarquer un Léo pelotonné contre lui, comme un chaton frileux. Il tourna la tête pour regarder l'heure en écarquillant les yeux. Il n'était que 5h00 et donc ils pourraient paresser presqu'une heure au lit, mais ce n'était pas ce qui l'étonnait. C'était le fait que Léo dormait encore, alors que lui, habituellement pas un lève-tôt, était éveillé. Il sourit : il ne se rappelait plus trop de la veille, mais il devina avoir épuisé son frère de caresses et c'était pour lui, le titre le plus enviable. De plus, il se sentait en pleine forme et d'excellente humeur, ce qui était aussi une rareté.
Il passa la main doucement dans les cheveux noirs, pressé de récolter des brides de ce qui s'était passé la veille entre eux, puisqu'étrangement, il ne se rappelait de rien, excepté que cela lui avait semblé , être hautement satisfaisant et libérateur.
« Fearless… hé, réveille-toi » appela-t-il doucement.
Il ressentit un léger mouvement sur son torse, comme si Léo voulant presque rentrer sous sa peau et il entendit une vague protestation :
« Nah. Je suis trop bien ».
Le sourire de jeune homme brun s'accentua. Jamais Léonardo n'avait voulu demeuré au lit, suivant un régime spartiate qui le faisait se lever avec le soleil. Il posa de légers baisers sur la chevelure noire, heureux de voir son frère si bien avec lui qu'il en mettait de côté son stress habituel.
« D'accord, » concéda-t-il de bonne grâce, « repose-toi encore un peu. Nous avons le test d'endurance physique et de tir aujourd'hui et je ne veux pas que tu utilises le manque de sommeil comme prétexte à tes résultats inférieurs au miens ».
La pique taquine eut l'effet escompté. Léonardo releva la tête, ses yeux encore embrumés par le sommeil, mais lançant quelques éclairs, malgré tout.
« Dans tes rêves, Raph » articula-t-il le plus fermement qu'il put. » Dois-je donc conclure que toute ta mise en scène fétichiste d'hier était préméditée dans le but de me battre à la course ou je ne sais quoi? » finit-il moqueusement. "Ce n'est pas du sexe brutal qui va me mettre sur le banc".
Raphael ne répondit pas immédiatement. Il ne se souvenait de rien de bien de précis. Pourtant, il n'avait ni le goût de l'alcool en bouche, ni mal à la tête. Il regarda autour de lui, cherchant des indices, lui rappelant ce qui s'était passé. Ne s'inquiétant pas de son silence outre mesure, Léo se redressa, s'étirant avec la grâce d'un félin repu. Raphael alors avisa les nombreuses marques violacées ornant les épaules, les omoplates, la clavicule et le cou de son frère. Même ses lèvres lui semblaient pourpres, comme meutries par des baisers trop féroces. Il fronça les sourcils : c'était lui qui avait fait cela? Il avait toujours été passionnés avec Léo, mais il ne s'était jamais laissé emporter à ce point. Il sourit : Léo n'avait pas l'air courroucé et même il ne l'avait jamais vu aussi détendu. Il devait avoir apprécié ce qu'il lui avait fait. Peu importe ce que c'était. Et le fait d'avoir ainsi marqué Léo lui plaisait. Avec le cou aussi mâchouillé, son frère ne pourrait agir comme un célibataire. C'était un clair avertissement à quiconque poserait les yeux sur lui : cet homme est pris.
Se disant que, peu importe qu'il ne s'en souvienne plus, l'important étant que l'expérience était plaisante, il se leva également, remarquant ne s'être jamais, en un mois, senti aussi confortable dans son corps d'humain.
Et, par une question, tout éclata comme des morceaux de verre :
« Tu sais que Donnie était furieux de ton absence d'hier? Tu m'as vaguement parlé d'avoir été faire des emplettes pour m'acheter des cadeaux, mais cela ne justifie pas que tu ne répondes pas à ton T-phone. D'ailleurs qu'as-tu acheté, à part les accessoires érotiques? Je n'avais besoin de rien…Est-ce que c'est ce qui est dans ce sac? »
La réalisation le frappa si fort, qu'il poussa un couinement. Enfin, tout lui revint.
Léo se retourna, surpris;
« Tu ne veux pas que je regarde? Tu avais l'air très enthousiasme, hier pourtant. Tu étais… » Léo s'interrompit, rougissant un peu, mais cessa lorsqu'il vit le teint cendreux de son frère.
« Raph? Qu'est-ce qui se passe? Cela t'a coûté trop cher? Tu regrettes? Nous pouvons sans doute retourner cela ».
« T'as effectivement pas idée, de ce que cela a coûté, Fearless » pensa Raph, se reculant dans le lit, alors que Léo déposait les nombreux sacs de Shawn, le gamin qu'il avait tué et mutilé, sur le lit, afin que les sacs ne le touchent pas. Il remarqua sur un d'eux, une éclaboussure d'un rouge vif, séchée là, virant au brunâtre, lui rappelant en un coup d'œil toute la brutalité du meurtre.
La panique le prit et il sortit du lit comme s'il avait le diable aux trousses, devant les yeux stupéfaits de Léo.
« Raph, qu'est-ce qui se passe…Je ne comprends pas…Dis-moi la vérité…as-tu pris de la drogue, hier? » questionna l'ex-leader sombrement.
Raphael secoua la tête avec hystérie, chaque mot de Léo empirant son état. Non, il n'avait pas pris de drogue, laissant le reste de la marchandise achetée par le joueur de basketball, brûler, mais il aurait souhaité presque en avoir pris pour justifier ses actes insensés.
Il tenta de se calmer, mais il n'y arrivait pas. Il devait se confier à son frère avant qu'il ne se doute de quelque chose. Mikey, bien entendu, lorsqu'il reviendra de l'école, alignerait les points. Raphael quittant un soir régler le cas du garçon et celui-ci retrouvé égorgé, mutilé, écrasé et à demi carbonisé, le lendemain. Mikey, effrayé, dirait tout à Léo. Autant avouer tout de suite et que le leader l'apprenne de sa bouche, même si cela signifiait de le perdre pour toujours et se faire sauter la tête à lui-même, par la suite.
« Léo, j'ai fait quelque chose de mal, je sais que je n'aurai pas dû… » commença-t-il nerveusement.
Son amant sourit chaleureusement :
« Raph, je ne t'en veux pas. Oui, tu as été brutal et possessif, mais, en un certain sens, j'ai aimé cela. Tu n'avais jamais été aussi passionné et en contrôle. C'était différent... Je crois que cela a été notre plus belle nuit. J'espère que tu recommenceras » fini le porteur de katana avec un clin d'œil coquin, suivit d'un baiser langoureux, étouffant la confession de Raphael dans sa gorge.
Il s'était rappelé soudain l'autre terrible nouvelle de la veille, l'inceste, comme s'il n'était pas déjà suffisamment un criminel maintenant. Si un jour, même sans savoir pour le meurtre, Léo apprenait que ce qu'ils faisaient étaient contre la loi, il allait rompre. A moins que…Léo l'aime trop pour cela. Voyant son amant si indolent et si relaxé pour la première fois de sa vie, il se dit que, peut-être, si Léonardo avait plus souvent des nuits comme la dernière, il deviendrait trop accro au sexe avec son partenaire pour l'abandonner.
Il ne savait ce qu'il avait fait et n'allait certes par tuer à nouveau pour retenter l'expérience, mais si Léo aimait le sexe brutal, il lui donnerait du sexe brutal, qui de toute façon, il s'en apercevait maintenant, correspondait plus à ses goûts et devait le satisfaire davantage lui-même, puisqu'il se sentait si bien, nonobstant sa conscience. C'était comme, si un soir, il avait laissé la bride sur le cou à ses pulsions et que cet abandon les avait tous deux comblés. Bien entendu, cela ne devait plus jamais se produire-à ce point- se spécifia-t-il admettant qu'il s'en sorte, trouvant de quoi faire taire Michelangelo.
Il passa nerveusement sa main dans les cheveux, bredouillant pour cacher son trouble
« Ah ouais…qu'est-ce que tu as le plus aimé? »
« Tu sais…c'était un amalgame du tout…Que dirais-tu que je te l'explique dans la douche… » proposa lascivement l'autre mâle.
Raphael obtempéra rapidement. Le sexe allait lui occuper l'esprit, l'empêchant de se repasser la scène de l'assassinat sordide de la veille. Et puis, c'était peut-être la dernière fois qu'il pourrait toucher son amant, avant que tout lui éclate à la figure et que Léo, horrifié, le renie.
Sous la douche, Léo pressa son corps nu contre le sien.
« Touche-moi…touche-moi comme hier » chuchota son frère devant un Raphael trop tourmenté pour quoique ce soit. Il se sentait plus en mode d'être lui, guidé, aimé et rassuré. Il n'osait décevoir son frère, mais ses caresses furent maladroites, attirant une déception claire dans les yeux de son partenaire, malgré qu'il ne verbalisât rien.
Raphael était trop tourmenté par son petit frère et ce qu'il allait lui dire pour mettre de la conviction dans ses étreintes. Léo avait dit que Donnie était venu. Et si Mikey avait parlé à Donatello? Le génie se figurerait vite ce qui s'était vraiment passé et s'il arrivait à faire taire le benjamin, le scientifique rapporterait le tout exactement. Cette pensée lui fit perdre son érection devant un Léo qui soupira et prit le parti de sortir de la douche.
« Fearless…attends…arrête…je suis désolé, je suis …nerveux, tu sais pour l'examen » inventa-t-il.
Léo ouvrit grands les yeux
« Raph, c'est les tests physiques… Tu t'en sortiras si bien. Tu es si fort... " ajouta lascivement son frère "Personne n'a de chance contre toi. »
Raph pesa les paroles de son frère. Non, personne. Surtout pas un gamin de 18 ans, pesant 25 kilos de moins que lui. Il repensa au sang sur le volant, où se mêlait encore la cocaïne, lorsqu'il avait fracassé l'os nasal du garçon. Il ressentir encore le sentiment de puissance qui l'avait étreint à ce moment -là. Un drôle de frisson le parcouru. Il devait chasser ses images sanglantes qui, à sa grande horreur, le fascinaient autant qu'elles le révulsaient.
Il fit tourner Léo vers lui, alors que celui-ci s'apprêtait à sortir pour s'habiller.
« Regarde-moi dans les yeux et caresse-toi » ordonna-t-il dans un gargouillis. Le même genre de gargouillis qu'avait fait Shawn avant que la roue écrase sa cage thoracique. « Je veux te voir succomber au plaisir ».
Machinalement, les yeux dans les siens, Léonardo s'exécuta, s'obligeant à ne pas cligner des yeux, conscient de Raphael qui semblait boire goulument son image.
« C'est ça, continue…continue… »
Voir les yeux bleus se révulser et tout le visage se tordre dans une expression de jouissance ramena le calme dans l'esprit échauffé de Raphael et ce magnifique spectacle chassa ses idées sombres. Porté par il ne sait quel instinct, il le mordit au col juste au dernier moment, alors que mollement, après s'être tendu comme un arc, son amant s'abandonna dans ses bras. Léo aurait tombé au sol, s'il ne l'avait soutenu.
« Raph…je t'aime. J'ai tellement besoin de toi. Tu es mon ancre » murmura l'ex-leader, récupérant de son orgasme. Ses paroles firent l'effet d'un baume sur son reste d'inquiétude et touché, il répondit.
« Pareil, ici. Fearless. Habillons-nous. Tu dois avoir la plus sexy des paires de fesses en uniforme. ».
Semblant brisé, Léonardo hocha la tête et se dirigea vers la chambre, suivit par un Raphael goguenard. Jamais il n'avait cru que son leader, si jaloux de ses prérogatives et de son pouvoir, pouvait apprécier la soumission. Mais le voir ainsi, avec la résistance d'une poupée de son, et heureux de cela, lui plut. Léo était toujours beaucoup trop stressé. Il repensa à la cage, vue à la boutique érotique en se léchant à nouveau les lèvres. L'idée l'excitait autant que la veille, quoiqu'il admît qu'elle n'était peut-être pas si nécessaire. Jamais Fearless n'oserait aller voir ailleurs, quand il était de tout évidence, satisfait de lui. Mais l'image d'un Léo ne pouvant même pas se soulager manuellement sans son autorisation lui plaisait trop. Il serait encore plus nécessaire à son frère et celui-ci, encore plus heureux de le voir.
Il regarda Léo fouiller les sacs, sans plus aucun atome de remord, tous ses sentiments étant couvert sous un appétit de posséder le corps devant lui, n'écoutant pas Léo se recrier sur le fait que Raph n'aurait pas dû lui acheter toutes ses choses.
Alors que les fesses parfaites se couvrirent d'un boxer gris, il gronda :
« Enlève ça, j'ai pas fini avec toi »
Il couvrit le corps de son amant sous le sien, y mettant tout son poids et clouant ses poignets au matelas pour l'empêcher de résister.
« Raph, ça suffit. Nous n'avons plus le temps » protesta l'autre mâle.
Sans porter attention à ce que Léo disait, Raphael travaillait pour faire descendre les boxers, de sa main libre, son membre insistant contre celui de son frère.
« Raphael, j'ai dit non » insista l'ancien chef, s'emportant quelque peu.
« Et moi j'dis que je m'en fous. Arrête de protester, tu sais que tu aimes ça. » gronda l'autre entre deux morsures plus que baisers dans le cou du plus âgé, libérant les mains pour prendre le lubrifiant.
Un instant plus tard, Raph était sur le dos, paralysé, devant un Léo suffoqué de colère, crachant feu et flammes. Foutus points de pression.
« Qu'est-ce qui te prends, Raph? Un non est un non. Hier était un jeu. Il y a un temps pour jouer et là, cela ne l'est pas. Dépasse encore une fois les bornes et c'est terminé! » martela-t-il, ses yeux flamboyant d'indignation montrant qu'il en pensait chaque mot, tout en réajustant ses sous-vêtements.
Raphael sentit une frayeur le figer plus sûrement que les points de pression. Il ne pourrait pas survivre à une rupture.
« Léo, je… »
« Pas un mot. Je pars au boulot. Je n'ai pas eu le temps de te le dire, mais Donnie a réussi à obtenir, je ne sais comment, deux véhicules supplémentaires. Une moto pour toi et une voiture pour moi. Il garde la VUS, pour transporter du matériel. Tu es content, non? Tu as toujours voulu une moto. Ainsi, quand tu décideras de partir je ne sais où, toute une soirée, nous ne serons pas immobilisés à la maison. Je n'ai rien contre le transport en commun, mais pour faire des courses, ce n'est pas l'idéal. Ainsi, tu auras ton indépendance ».
Raphael protesta, toujours immobilisé, que non, il ne voulait pas d'indépendance. Il avait été bête de croire que Léo aurait laissé son absence de la veille, impunie. Léonardo avait été inquiet de son silence et sa tentative de forcer son frère avait dû réveiller la rancune de celui-ci pour la soirée à se faire un sang d'encre. Il quêta le pardon de Léo, maintenant habillé de pied en cap.
« Raph. Je te pardonne » soupira le leader. Mais j'aimerais que tu fasses quelque chose pour moi, en échange »
« Tout ce que tu veux, Fearless, mais sors-moi de cette paralysie et attends-moi pour aller au boulot. »
« Elle partira d'elle-même dans un quart d'heure, Raph, mais je ne peux t'attendre. L'instructeur m'a demandé d'arriver une heure plus tôt pour me montrer le fonctionnement des différentes armes. Je passe un examen de tir alors que je n'ai jamais tenu une arme de ma vie. » expliqua patiemment le jeune policier.
« Je peux t'apprendre mieux que lui et même pas besoin d'une heure » protesta l'homme toujours étendu malgré lui.
« Tu sais que je t'aime, toi, malgré tous tes défauts » soupira le leader, avec une pointe d'indicible tendresse « Parfois, j'ai le pressentiment que cet amour va me mener à ma perte » ajouta-t-il, rêveur, devant un Raphael qui se tut, soudainement oppressé. « Mais nous en venons à ce que je voulais te demander ».
Léo sorti de sous son oreiller un bandana rouge et avec beaucoup d'amour, l'attacha au biceps droit de Raphael.
« Je t'attache ceci, car, malgré que tu sois ambidextre, c'est toujours ta droite qui frappe ou saisit en premier. Avant de commettre un geste avec cette main, je veux que tu penses à ton bandana et que tu te rappelles qui tu es vraiment, sous cette enveloppe humaine. Hamato Raphael, le mutant dont je suis tombé amoureux » expliqua sérieusement l'aîné. « Dans ce monde, plein de stimuli et de distraction, je ne veux pas que tu perdes ton toi, intrinsèque. Est-ce que tu comprends? » questionna avec affection l'ex-leader.
Raph cligna des yeux, ne pouvant hocher la tête, étrangement remué par les propos de son amant.
« Je t'aime, Raphael. » finit-il avec un baiser chaste sur la bouche de son frère. « Désolé de la situation. Nous nous reverrons tout à l'heure ».
Raphael ne dit rien, ses émotions comme une boule dans sa gorge, l'empêchant de répondre quoique ce soit, alors que son frère quitta la pièce en lui envoyant un dernier baiser.
Les pensées se mêlaient si vite dans son esprit, qui ne savait sur laquelle s'arrêter. Il avait impulsivement commis un meurtre. Mikey allait le deviner. Donnie, tout intelligent qu'il était le savait peut-être déjà. Ses iris vertes se tournaient vers son bandana. Ce pense-bête aurait-il été suffisant pour retenir son bras, la veille?
Peu à peu, son corps se désengourdit et il retrouva l'usage de ses membres. Sombrement, il se vêtit et descendit. Il devait parler à Mikey. L'odeur d'œufs indiquait que son jeune frère était bien éveillé et avait préparé le petit déjeuner, malgré ses soucis.
Le benjamin était, assis, morose, à la table de la cuisine, piochant sans appétit dans son assiette contenant une omelette et du bacon. Ses yeux bleus se levèrent plein d'espoir à l'entrée de son frère et l'estomac de Raph se tordit, devant ce regard pur.
« J'ai voulu parler à ton petit con…mais, je l'ai perdu de vue, en ville, hier… »
Le regard de Mikey se brouilla et, les yeux pleins de larmes d'angoisse, il regarda à nouveau son assiette. Raph, en un élan protecteur, perdit la moindre once de regrets pour de bon. Son petit frère-et celui de son amant-avait été terrorisé par cette brute qui avait mérité amplement son sort, comme lui-même l'avait constaté. Ce qu'il avait fait était juste, délivrant des tas de victimes innocentes d'un tel bourreau. D'un air tourmenté, Mikey tendit son assiette à Raphael, silencieux.
« Mais, j'suis certain qu'il t'embêteras pas. Tu veux que je t'accompagne à l'école? Questionna-t-il pour éloigner les soupçons. « T'as parlé de cette ordure à Donnie? »
« Non » répondit Mikey. « Il l'aurait dit à Léo et Léo aurait manqué son examen pour voir le principal. Ou Léo aurait provoqué en duel le grand frère de Shawn et cela aurait été pire pour moi. »
Il fallut toute sa maitrise de lui-même pour ne pas pousser un soupir de soulagement.
« Pourquoi pire? » se permit de rigoler Raphael. « Léo aurait cassé les dents de n'importe qui »
« Tu comprends pas, Raph. T'es pas dans une école. Y a au lycée des sous-règles à chaque règles des humains. » soupira le benjamin.
« Tu pourras alors leur faire part d'une autre règle : On ne se frotte pas à un Hamato. Léo et moi, on va leur rentrer dans le crâne à la dure, s'il le faut. Hé, on a connu pire que des gamins trop gâtés, non? »
« On n'est plus des Hamatos, on est des Johnson, on n'est plus rien » se buta Mikey. « Avant, je pouvais me défendre et vous suivre. Et maintenant, avec ce corps trop frêle…. Pourquoi je suis si jeune? J'me demande de quoi Donnie aura l'air. Mais lui, il aura toujours son cerveau. Moi, j'ai rien. Même mes nunchakus sont illégaux… »
« T'as ton skateboard, non? Puis, il y a des jolies filles à ton école, non? Plus que dans les égouts » tenta Raphael en avalant son petit déjeuner. Il n'était pas doué à réconforter, mais il faisait son maximum, tentant d'être gentil pour racheter toutes ses fautes du dernier mois.
« Oui, t'as raison » concéda, rêveur le gamin… « Quoique t'es pas à plaindre…Léo m'a raconté qu'il y avait une tonne de nanas sensass à l'Académie et qu'elles étaient vachement sexy en uniformes. »
Raph s'étouffa avec son omelette, levant un regard vif sur le benjamin pour voir si celui-ci se moquait de lui, soupçonnant sa liaison avec l'ainé. Mais, à sa grande frayeur, la remarque du plus jeune semblait innocente, celui-ci attendant ingénument sa réponse. Léo avait réellement fait ce commentaire, nul doute possible, le fils de pute!
Il jet un regard sur l'heure. Léo devait être presque arrivé, étant parti depuis près de 40 minutes. Et si cette histoire de pratique de tir était un mensonge? Si l'ainé, en réalité, avait un rendez-vous galant? Alors qu'il avait perdu connaissance, la veille, peut-être une femme l'avait approché et lui avait donné son numéro. Léo, profitant de son absence, lui avait téléphoné le soir venu et voyant qu'il ne pouvait rejoindre sa flamme, avait pesté contre Raphael ayant pris sa voiture. D'où sa demande d'avoir la sienne, prétextant que lui, Raph, voulait être indépendant, alors que c'est Léo qui voulait se farcir des minettes en paix, sur sa banquette arrière. D'ailleurs était-ce bien lui qui avait laissé tant de marques sur le cou du beau mâle? La pensée que quelqu'un ait pu pénétré, ne serait-ce que des dents, la chair de son amant lui fit voir rouge, encore plus que les remarques homophobes de Shawn. Il avait reçu sa paye enfin, et il savait ce que serait son premier achat, se repassant des images du tube de silicone cadenassé. Il ne laisserait pas Léonardo le trahir ainsi. Il ne laisserait PERSONNE lui soufflé son petit ami.
Il frappa du poing sur la table, faisant sursauter Mikey. Il fouilla dans sa poche, tirant deux des 20$ dérobés à Shawn.
« Prends le taxi, Mike. J'vais à l'Académie »
