Auteur : CatsAreCool
Traductrice : Moi
Spoilers : -
Rating : T
Genre(s) : Family/Drama
Disclaimers : Tout l'univers de Harry Potter appartient à JK Rowling. L'histoire que vous allez lire appartient à CatsAreCool. Quant à moi, je ne suis qu'une humble traductrice.
Bêta : Sophia...Merci Sophie!
Notes : Pour ceux que ça intéresse de lire cette histoire en version originale, le lien se trouve dans mon profil.
Je rappelle que vous pouvez désormais me trouver sur Facebook sous le nom de Saw Trombone... Si vous voulez discuter de mes fics ou vous tenir au courant de ma vie :D Vous êtes les bienvenus!
Juste un petit message à toutes celles et ceux qui suivent cette histoire:
Je tenais à vous dire que même si IRL me garde terriblement (horriblement!) occupée, je lis chacune de vos reviews et qu'elles me font toutes très plaisir, que ça aille du simple merci à la review plus longue (bien que j'ai, comme tous les auteurs/traducteurs je pense, un faible pour les longues reviews :D). Je ne peux malheureusement pas vous répondre parce que je préfère utiliser le peu de temps libre que j'ai pour traduire de nouveaux chapitres mais sachez que chaque review vient nourrir ma motivation alors continuez à en envoyer ;D J'adore plus que tout partager avec vous ces histoires que je découvre et je n'ai pas l'intention de m'arrêter là.
Passons maintenant au moment pub de la soirée:
Pour celles et ceux qui m'ont découvert sur cette histoire, sachez que j'ai déjà traduits deux autres HP (d'autres viendront aussi par la suite, mais là n'est pas la question):
- Je ne dois pas dire de mensonges, qui est un slash Harry/George, pour les fans de slash.
- Les étapes de l'espoir, qui est tout simplement l'une des plus géniale histoire que j'ai jamais lu dans le fandom. Pas de pairing dans celle-là, mais un univers alternatif très surprenant!
J'espère que vous irez y jeter un œil!
Passons maintenant à ce que vous attendez tous! Enjoy!
- Chapitre 11 -
SIRIUS BLACK: NOTRE HÉROS OUBLIÉ, Rita Skeeter
Après la nouvelle choquante de l'innocence de Sirius Black que nous avons reçue hier, nous, à la Gazette du Sorcier sommes retournés dans le passé pour découvrir qui est vraiment Sirius Black et qu'est-ce qui a bien pu motiver les pouvoirs en place à incarcérer un homme innocent.
Black était le fils aîné d'Orion et Walburga Black, le premier Black de l'histoire à être répartit à Gryffondor. Là-bas, il est devenu ami avec James Potter, l'un de ses cousin éloigné via Dorea Black. Potter et lui étaient considérés inséparables durant leur scolarité. La Directrice de Gryffondor, Minerva McGonagall se rappelle que 'c'est comme s'ils partageaient un seul et même cerveau'.
À l'âge de seize ans, Black a renié sa famille parce qu'il était opposé au soutien qu'ils portaient à Vous-Savez-Qui et les Potter, une famille qui s'est toujours dressé pour la Lumière, lui ont accordé Sanctuaire. Un autre ami des Potter, Amos Diggory, note que 'Black était comme un frère pour Potter'.
Après avoir fini Poudlard parmi les meilleurs de sa classe, Black a rejoint les Sorciers-Tireurs, faisant équipe avec Potter durant la formation. L'ancien Auror Senior Alastor Moody, son formateur, se rappelle que 'Black était un excellent Sorcier-Tireur; le meilleur. Personne ne pouvait battre les Mangemorts mieux que lui'. En effet, Black était si doué, qu'il a rapidement était promu et détient encore le record de dix-huit Mangemorts exécutés au cours de batailles.
Dans sa vie privée, Black a fréquenté plusieurs sorcières. Polly Bell se rappelle affectueusement; 'Après le mariage de James et Lily, Lily a joué les entremetteuses pour Black, dans l'espoir qu'il se range. Je pense qu'il a accepté ces rendez-vous pour lui faire plaisir - il avait été le témoin de James, vous voyez'. Black était réputé être un tombeur mais les sorcières à qui nous avons parlé se rappellent d'un parfait gentleman.
À la fin de l'année 1980, Black a été capturé par des Mangemorts lorsqu'il était infiltré dans leurs rangs à l'étranger. Son sauvetage fut entouré de mystères (bien que dix de ces exécutions mentionnées ci-dessus soient listées à la même époque) et il a été gravement blessé. Il a récupéré chez les Potter, et après la naissance de leur fils, Harry, il en fut nommé le parrain. Le Guérisseur Clarence Abby a raconté à la Gazette que Black était en fait présent à sa naissance et que c'est lui qui a tendu son filleul à ses fiers parents; 'Il était fou du bébé, tout le monde pouvait le voir.'
C'est suite à ce point que l'on ne peut que se demander si l'exil précipité de Black à Azkaban après les évènements du 31 octobre 1981 n'auraient pas plus à voir avec la possibilité de déterminer l'avenir du Survivant plutôt qu'avec sa culpabilité. Sans Black, Harry a été placé dans le monde Moldu, et étrangement, les sacrifices de Black durant la guerre, son opposition reconnue à Voldemort, et sa grande amitié avec les Potter furent tous oubliés.
La rumeur prétend que maintenant que Black a été déclaré innocent, il va demander la garde de Harry Potter pour le rendre complètement à notre monde. Ici, à la Gazette, nous lui souhaitons de réussir et célébrons le retour de notre héros oublié.
Remus se demanda s'il devrait se sentir nauséeux face à cette abondance de niaiseries et repliat le journal avant de le jeter au loin. La stratégie publicitaire de Brian était efficace cependant, et les graines avaient été plantées pour l'annonce du changement de gardien de Harry. Il se demanda si Albus s'était senti malade en lisant la Gazette ce matin. Il l'espérait.
Il ferma les yeux et se pinça l'arête du nez. Il devait vraiment surmonter sa colère envers Albus. Il avait une dette envers le vieux sorcier pour lui avoir permis de faire des études, et Albus était un formidable sorcier qui méritait son respect.
Sauf quand Harry et Sirius étaient concernés.
Il n'était pas sûr de pouvoir jamais pardonner Albus pour les Dursley, et pour ne pas s'être assuré que Sirius avait eu un procès, le condamnant, de ce fait, à douze ans d'enfer.
Oui, songea ironiquement Remus, il arrivait vraiment à passer outre sa colère envers Albus. Il jeta un coup d'œil à l'horloge et tira le dossier Potter vers lui.
Il avait renvoyé le Manager Financier un peu plus tôt dans l'après-midi et engagé Poon à la place. La bonne nouvelle, c'était qu'une grande partie du patrimoine était en lockdown; de l'argent était fourni aux différents gardiens des propriétés pour leur entretien, mais rien de bien substantiel. Le portfolio d'investissements avait complètement été ignoré d'après ce que Remus pouvait en voir. Beaucoup d'argent avait été perdu. La situation n'était pas catastrophique - Harry était toujours riche - mais si rien n'avait changé avant le dix-septième anniversaire de Harry, Remus était convaincu que le patrimoine de Harry aurait diminué au moins de moitié. Kipbold avait été aussi atterré que Remus lorsqu'il lui avait expliqué les raisons de son choix.
Il reposa le dossier Potter et commença à lire le courrier qui était arrivé. Ça faisait presque une semaine maintenant que Sirius avait informé les membres de la famille Black qu'il y avait un nouveau Lord Black. Ils avaient été invités à répondre aux bons soins de Gringotts et Remus avait collecté le courrier lorsqu'il avait dû s'y rendre. La plupart des membres éloignés de la famille avaient déjà un Patriarche en position pour les servir, comme par exemple les Weasley, et donc Sirius avait ignoré tous ceux-là pour quand il révélerait son identité. Mais Remus avait été impressionné par sa capacité à traquer d'autres membres de la famille qui n'avaient pas eu autant de chance ou qui avaient été bannis de l'arbre généalogique.
"Cher Lord Black - ou devrais-je dire Cousin?
Merci pour votre récente lettre pour prendre des nouvelles du clan Hitchens au Canada. Il ne reste plus que moi et ma sœur Fiona désormais.
Fi s'est mariée l'année dernière à une femme prénommée Ola; elles sont très heureuses ensemble et envisagent d'adopter un bébé.
Je suis moi-même marié à une femme sublime - Joanne. Nous avons trois enfants - Amy, et les jumeaux Billy et Ray. Amy a douze ans et est inscrite dans une école spéciale pour les surdoués à Vancouver - nous sommes très fiers d'elle. Billy et Ray sont encore à la maternelle mais ce sont de supers enfants.
Nous adorerions garder le contact - Jo est folle de joie à l'idée que nous soyons de la même famille qu'un Lord Anglais!
À bientôt,
Rob Hitchens."
Le mariage de Isla Black à un Moldu nommé Hitchens avait commencé cette lignée divergente des Black mais aucun enfant magique n'en avait jamais émergé pour ce que Sirius en savait. Rob Hitchens, le descendant de Isla, était un Moldu travaillant pour une compagnie d'assurance mais ça n'avait pas empêché Sirius de lui envoyer sa lettre 'Tout va bien?'. Comme Sirius le lui avait fait remarquer, sa mère était probablement en train de se retourner dans sa tombe. Remus relut la lettre et nota la description de l'école de la fillette. C'était l'excuse habituelle pour expliquer l'éducation des sorciers Nés-Moldus. Sirius voudrait creuser le sujet.
"Sirius,
Tu ne peux pas me la faire à moi, vieille branche! L'annonce de ton innocence vient de m'être transmise via le réseau international de justice. Je suis content que tu sois le Lord et je suis sûr que tu vas redorer la Maison.
L'Australie est géniale - Oncle Alphard avait vraiment raison - tu aurais vraiment dû venir avec moi! Je suis un respectable Auror Senior ici à Sydney, marié à Anna, une Née-Moldue, depuis deux ans et elle vient de donner naissance à mon premier-né, Jason.
Ma sœur Emilie vit toujours en France, mariée avec un bâtard de Sang-Pur, et a donné naissance à un autre - n'en parlons pas plus. Je me dois tout de même de te prévenir qu'elle risque de te contacter pour un rapprochement.
Ma jeune demi-sœur Suzie est une Cracmol comme feu ce bon vieux Papa et vit avec la Terrible Belle-Mère qui est malheureusement encore en vie, installée dans la banlieue Parisienne. Pas de mari à l'horizon, mais Suzie est une brave fille.
Ouais, on devrait probablement arranger un entretien pour discuter - maintenant que tu m'en as fait la remarque, je ne voudrais pas que quelqu'un comme Malfoy prenne le contrôle de la Maison si tu venais soudainement à mourir. Fais-moi signe quand tu seras disponible.
Simeon Black."
Remus éclata de rire et mit la lettre de côté pour que Sirius la lise. Il savait que Simeon, le fils de Marius Black, avait été choisi par Sirius pour devenir le Régent de la Maison des Black au cas où il venait à mourir - d'autres arrangements seraient pris concernant Harry et la Maison des Potter, mais Simeon prendrait le contrôle financier et politique de la Maison jusqu'à ce que Harry, l'Héritier officiel de Sirius, atteigne sa majorité. Apparemment, Simeon et Sirius étaient similaires. Sirius lui avait dit qu'ils avaient le même âge et qu'Alphard les avait présentés lorsque Sirius avait huit ans. Simeon et lui avaient apparemment correspondu jusqu'à ce que Simeon quitte la France juste après que Sirius ait fini Poudlard.
"Lord Black,
Je vous remercie pour votre annonce et votre sollicitude.
Je n'ai besoin d'aucune assistance de la part de la Maison des Black. Mon petit-neveu, Cletus Polt, prendra la tête de la Maison des Burke à sa majorité.
Votre cousine, Beatrice."
Remus grimaça. Beatrice Burke avait cent-deux ans et était une vieille harpie. Sirius ne savait pas pour son neveu ou Remus était sûr qu'il ne l'aurait pas contacté.
"Mon Lord Black,
Merci pour votre récente lettre. Ma situation est confortable. Mon époux Theodore et moi-même trouvons un grand bonheur dans notre fille, Nymphadora. Nous n'avons pas besoin d'une assistance immédiate.
Nous serions enchantés d'assister à une Réunion de Famille à votre convenance.
Votre cousine, Andromeda."
Remus savait que Sirius serait satisfait par cette réponse puisqu'il avait l'intention de réintégrer les Tonks dans la famille. Il attrapa la dernière lettre.
"Mon cher Lord Black,
Je vous envoie remerciements et appréciation pour votre récente annonce.
Mon mariage avec Lucius est un succès et notre partenariat est influent dans la politique Britannique. Vous nous trouverez parfaitement à l'aise pour naviguer dans les eaux actuelles. Nous avons fait fructifier la fortune Black qui nous avait été confiée. Notre fils, Draco, est à Poudlard et a de bons résultats dans la plupart des sujets; il excelle en potions et a obtenu le poste d'Attrapeur dans l'équipe de sa maison. Vous le jugerez une agréable addition à la famille Black. Nous n'avons pas besoin d'une assistance immédiate mais accueillons le retour de la protection et du patronage de la Maison des Black.
Nous sommes à votre service et serons ravis d'assister à une Réunion de Famille lorsque vous le souhaiterez.
Votre cousine, Narcissa."
Comme un enfant, Remus tira la langue à la lettre. Il accrocha ses notes à chaque lettre et les rangea pour que Sirius les lise à son retour.
Il jeta un coup d'œil à l'horloge, finit son thé et se dirigea rapidement vers la cheminée de la salle de réception, appelant sa mallette au passe. Il avait presque oublié l'entretien d'embauche qu'il devait faire passer. Il utilisa la cheminette pour se rendre au Chaudron Baveur et prit sa clé chez Tom. Ça lui donna accès à un salon privé. Remus examina attentivement la pièce avant de lancer un sort d'intimité.
Trois coups furent frappés presque immédiatement à la porte et Remus invita la candidate à entrer. Penelope Clearwater (1) pénétra dans la pièce et se figea de surprise en voyant Remus.
"Asseyez-vous, je vous prie, Mademoiselle Clearwater." Remus fit un geste de la main vers la chaise située en face de la sienne.
"Professeur," dit Penelope, "Je n'avais pas réalisé que vous mèneriez l'entretien. Le Professeur Flitwick ne m'en a rien dit lorsqu'il m'a proposé ce rendez-vous."
Remus étudia sa nervosité avec un soupir plein de regrets. "Si vous êtes trop anxieuse pour mener un entretien avec un loup-garou, Mademoiselle Clearwater, vous n'êtes probablement pas le meilleur choix pour ce poste puisque vous devrez collaborer avec moi."
"Oh non, ce n'est pas ça," s'excusa immédiatement Penelope. "Je suis terriblement désolée! Je suis juste..." Ses mains s'agitèrent faiblement.
"Nerveuse?" suggéra Remus, pince-sans-rire.
"Oui," répondit Penelope. "J'ai passé de nombreux entretiens mais je ne sais pas pourquoi ma candidature n'est jamais retenue et ça m'a rendu... eh bien, souhaitez-vous me donner la mauvaise nouvelle tout de suite?"
Elle avait l'air complètement misérable, et grâce à Filius, Remus savait pourquoi. Pénélope avait été préfet, passé ses ASPIC avec les meilleures notes et pourtant elle s'était vu refuser poste après poste - parce qu'elle était Moldue, supposait Remus. Filius avait appris par Albus que Remus avait trouvé un nouvel emploi et avait contacté Remus pour savoir s'il pourrait trouver un poste pour Penelope.
"Asseyez-vous, Mademoiselle Clearwater," dit Remus avec autorité et il fut satisfait de la voir s'asseoir, déposant son sac sur le sol.
Elle épousseta sa robe bleue foncé. "Merci, Professeur, je veux dire, Monsieur Lupin."
"Est-ce que le Professeur Flitwick vous a décrit l'emploi offert?" lui demanda Remus, espérant que Filius lui ait au moins dit ça.
"Une position secrétariale," lui dit Penelope. Elle essayait clairement de sembler excitée par quelque chose qu'elle trouvait terriblement ennuyeux.
"C'est un peu plus que ça," lui dit Remus. "Ce que je suis sur le point de vous dire devra rester confidentiel que vous soyez engagée ou non."
Elle hocha rapidement la tête.
"Je suis le Steward d'une Noble et Très Ancienne Maison, ce qui veut dire que j'en gère les aspects financiers et patrimoniaux. Le Lord vient tout juste de prendre la place de Patriarche et il prendra place au Magenmagot, ce qui veut dire qu'il aura de nombreuses réunions et réceptions. Nous avons besoin d'une assistante qui établira les plannings, organisera les réceptions que nous tiendrons, correspondra avec certains dignitaires, prendra des compte-rendus et plus généralement, qui s'occupera de tout ce que nous n'aurons pas nécessairement le temps de faire. Choses que je suis sûr que vous pourrez faire, au vu de votre expertise académique." Il s'interrompit. "Quel est le premier emploi pour lequel vous avez postulé?"
"Un poste d'administration dans le Département des Transports Magiques," lui dit Penelope. "J'espérais commencer une carrière au Ministère."
"Un objectif admirable," lui dit Remus. "Cette opportunité vous donnera la reconnaissance politique, les contacts et les sponsors nécessaires pour faire carrière au Ministère en tant que Née-Moldue."
Les sourcils de Penelope se haussèrent à cette révélation. "Vous voulez dire que je n'ai pas été engagée à cause de...mais c'est de la discrimination et..." elle s'interrompit brutalement en réalisant à qui elle s'adressait et sa main se porta à sa bouche. "Oh, je suis dé..."
"Pas besoin de vous excuser," lui dit Remus en agitant la main, "le fait est que nous sommes tous les deux victimes de discrimination - moi, officiellement par la loi et vous, officieusement par tradition. Le Ministère préfère que les postes soient attribués à des Sang-Purs."
"Je pense que Monsieur Weasley a essayé de me prévenir," admit piteusement Penelope. Elle prit une profonde inspiration et lança un regard déterminé à Remus. "Je serais ravie d'accepter le poste si vous voulez bien de moi."
"Bien," dit Remus. "Quand pourriez-vous commencer?"
"Demain," offrit Penelope.
"Il faudra que vous veniez à la maison. Disons sur les coups de dix heures?" Remus agita sa baguette en direction d'un morceau de parchemin. Elle fronça les sourcils lorsqu'elle l'attrapa.
"Mon Steward, Remus Lupin, vous invite au 12 Square Grimmauld."
"Le charme du Fidelius?" lui demanda Penelope avec excitation.
"Il est très protecteur de sa vie privée. Le parchemin semblera vierge pour n'importe qui d'autre que vous," lui dit Remus. "Je vous expliquerai tout demain. Préparez-vous à prêter un serment d'emploi et nous discuterons de vos tâches et de votre salaire." Il se releva.
Penelope en fit autant, et lui tendit la main avec un large sourire. "Merci pour cette opportunité, Monsieur Lupin."
"Appelez-moi Remus. Nous serons collègues," lui offrit Remus en lui serrant la main.
"Oh, dans ce cas, vous devez m'appeler Penelope," lui dit-elle en relâchant sa main pour attraper son sac. "Merci encore, Remus." Elle se mordit la lèvre. "C'était vraiment bizarre."
"Imaginez ce que j'ai bien pu ressentir lorsque j'ai dû appeler mon ancienne Directrice de Maison Minerva pour la toute première fois," compatit joyeusement Remus avant d'éclater de rire en voyant son expression se faire horrifiée lorsqu'elle réalisa qu'il parlait du Professeur McGonagall. "Je vous verrais demain."
Il attendit qu'elle soit partie avant de défaire le sort d'intimité, un large sourire aux lèvres. Une assistante Née-Moldue pour Lord Black. Les ancêtres de Sirius seraient dégoûtés qu'une position aussi prestigieuse soit accordée à une Née-Moldue.
Et Sirius serait enchanté.
"On est en train de le perdre!"
Sirius sentit son cœur s'emballer mais il refusa d'être éloigné de Harry alors que les Guérisseurs s'agitaient autour de lui, essayant de sauver son filleul.
Ni Harry ni lui n'avaient réussi à dormir dans le chalet qui leur avait été attribué la veille. C'était un superbe chalet; deux chambres, une salle de bain, un grand salon et une petite kitchenette. Il y avait même une piscine privée. Mais ils n'avaient pas été en mesure de l'apprécier à sa juste valeur après les révélations concernant la cicatrice de Harry.
Sirius s'était relevé au beau milieu de la nuit pour trouver Harry assis devant la cheminée du salon. Il s'était transformé en Padfoot et lui avait offert un réconfort canin, puisqu'il avait eu le sentiment que Harry prétendrait aller bien face à son parrain inquiet et paniqué mais qu'il s'ouvrirait peut-être à son alter ego. Lorsque Harry avait confié à Padfoot, tout en le caressant, ses inquiétudes concernant le traitement prévu, le résidu de magie noire et la connexion les reliant, Voldemort et lui, Sirius s'était dit qu'il avait pris la bonne décision.
L'aube avait trouvé Harry effrayé mais décidé; Sirius n'avait jamais été aussi fier de lui. Harry lui avait demandé avec hésitation s'il resterait avec lui durant la procédure et Sirius lui avait immédiatement assuré qu'il serait là à chaque instant.
Il ne bougerait pas de sa place. Sa main se resserra autour de celle de Harry.
Son filleul avait bu une potion qui l'avait rendu inconscient. Un bracelet en métal avait été placé sur l'un de ses poignets, drainant la magie de Harry. Un Guérisseur grisonnant appelé Darcy était perché près de la tête de Harry avec d'étranges lunettes révélatrices d'aura sur le nez, une baguette magique taillée comme un scalpel moldu à la main, tirant la silhouette noire du morceau d'âme étranger de la cicatrice de Harry.
Tout s'était bien passé jusqu'à ce que la masse noire au bout de la baguette médicale commence à résister, des filets noirs additionnels se tendant vers Harry plus vite que Darcy ne pouvait les cautériser.
Harry avait commencé à convulser violemment. Jordan et une autre Guérisseuse, Gargou, avaient dû intervenir pour l'immobiliser. Et maintenant...
Harry avait arrêté de respirer!
Blackhawk approcha et agita furieusement sa baguette au-dessus du corps de Harry; une aide respiratoire apparut sur le nez et la bouche de Harry, lui envoyant de l'oxygène.
Sirius put respirer à nouveau; son cœur battant la chamade dans son torse.
"Nous devons drainer encore plus sa magie! Ce bâtard résiste de toutes ses forces!" s'exclama Darcy, ses yeux bleus brillant impérieusement.
"Si nous drainons son noyau magique encore plus, nous allons tuer le garçon!" répliqua Jordan.
"Elle a raison," dit Blackhawk. "Nous n'avions pas anticipé la force de ce morceau d'âme; il a dû absorber une grande quantité de la magie du garçon malgré la bride."
Gargou claqua des doigts, ses yeux sombres se posant sur Blackhawk. "Nous devons donner de la puissance à Potter sans en donner au morceau d'âme!"
"Comment?" demanda Darcy alors même qu'il tranchait un autre filet qui essayait de s'échapper de la masse noire pour retourner à Harry. Il y avait encore plusieurs filets s'accrochant à la cicatrice.
"La seule magie qui ne répond qu'au garçon est sa magie familiale," dit rapidement Blackhawk. Il détourna le regard du corps évanoui de Harry pour le poser sur Sirius. "Pouvez-vous l'appeler grâce à votre serment de parrain?"
Sirius n'en avait aucune idée - il n'avait jamais entendu dire que la magie familiale pouvait être appelée ainsi - mais il hocha la tête. "Je peux essayer." Il s'éclaircit la gorge, pressa la main de Harry contre son cœur et plaça son autre main sur le torse fin de Harry. "Moi, Sirius Orion Black, parrain de Harry James Potter par le cœur, par la magie, par serment, fais appel à toi. Ce Fils de la Maison des Potter a besoin de toi - familius magicus protectus!"
Soudainement, une nuée dorée émergea de la peau de Harry et forma un griffon féroce qui poussa un cri sauvage.
Le griffon regarda Sirius et d'une manière ou d'une autre, Sirius sut ce qu'il voulait...ce qu'il devait faire...
"Moi, Sirius Orion Black, Patriarche de la Maison des Black, fait appel à la magie de la Maison des Black - familius magicus protectus!"
Le serpent argenté de la Maison des Black émergea de l'anneau de Patriarche. Pendant un long moment, le serpent et le griffon se regardèrent avant que le serpent ne plonge dans le griffon, fusionnant avec.
Le griffon doubla de taille et rugit.
"Oh Merlin!" haleta Jordan.
Les sourcils de Darcy étaient couverts de sueur lorsqu'il releva momentanément la tête pour voir la vision terrifiante qu'offrait le griffon - il avait continué à travailler durant l'invocation, se concentrant pour détruire tous les filets du mal rattaché à Harry. Le griffon rugit une fois de plus et plongea vers la cicatrice de Harry, faisant basculer Darcy en arrière, qui perdit la masse noire retenue par sa baguette se faisant.
Mais le griffon fut soudainement là; une serre se plongea dans la tête du garçon et émergea avec les derniers filets alors que l'autre agrippait le fragment d'âme.
Pendant une seconde, le silence s'abattit sur la pièce puis la masse noire hurla alors que les serres le réduisaient en charpie.
Le griffon poussa un rugissement satisfait et se reposa sur le torse de Harry. Le serpent argenté de la Maison des Black se reforma lentement à côté du griffon et les totems s'inclinèrent l'un devant l'autre avant que le serpent ne disparaisse. La silhouette du griffon trembla et se défit, redevenant une nuée dorée qui retomba dans la peau de Harry.
James n'avait pas envoyé la magie à Lily, réalisa Sirius, à moitié-hystérique. Il l'avait envoyé à Harry! Et d'une manière ou d'une autre, alors qu'il n'était encore qu'un bébé, peut-être à cause de la pure terreur de cette rencontre avec Voldemort et du traumatisme causé par la mort de sa mère sous ses yeux, Harry avait utilisé la magie pour renforcer tellement le sort de sa mère que la magie familiale était devenue une part de la protection que Lily lui avait donné. Pas étonnant que Voldemort n'ait pas pu le toucher; non seulement il y avait la Protection Sanguine en elle-même, mais elle était renforcée par la magie la plus pure de la Maison des Potter.
Blackhawk tapota le bracelet métallique et la magie de Harry commença à lui revenir. Sirius embrassa la paume de Harry et lui caressa les phalanges du pouce.
"C'est presque fini, Harry," lui chuchota Sirius d'une vois apaisante.
Darcy avait attrapé une baguette normale et était en train de nettoyer la cicatrice sanguinolente de Harry; Gargou avait rassemblé crèmes et bandages, prête à intervenir dès qu'il aurait fini. Jordan fit disparaître l'aide respiratoire de Harry, convaincue qu'il respirait à nouveau tout seul.
Le bracelet tomba, signalant que Harry avait récupéré toute sa magie et Blackhawk intervint immédiatement, sa baguette dansant au-dessus du corps de Harry dans un mouvement délicat pour lever les entraves qui avaient été placées sur lui.
Harry commença à luire avec chaque passage de la baguette et Sirius regarda anxieusement Blackhawk. Le visage de Blackhawk s'assombrit mais il continua à travailler et Harry luit plus fort à chaque passage.
"Guérisseurs! Reculez!" ordonna Blackhawk lorsque la lueur devint aveuglante.
Darcy, Gargou et Jordan lui obéirent immédiatement.
Un autre passage...
Il y eut un flash qui fit cligner des yeux à Sirius...
Une vague de pur pouvoir s'abattit sur lui...le contrecoup de la dissolution des entraves...
Il se jeta sur Harry sans même y penser, protégeant son filleul...
Puis le silence.
Sirius releva la tête et vit que Blackhawk se relevait difficilement du sol. Il boita jusqu'à Harry et commença à l'examiner alors que les autres Guérisseurs reprenaient leurs positions initiales. Sirius sentit le cœur de Harry battre la chamade sous sa main et se recula lentement pour se tenir à nouveau à côté de lui.
Blackhawk commença à lancer un autre sort. "Je suis en train d'enrober le noyau magique de Harry de magie réparatrice; il est à vif après le retrait d'une entrave aussi puissante."
Sirius hocha la tête, soulagé. Darcy recula et Gargou couvrit le front de Harry de crème avant d'attraper sa baguette pour enchanter les bandages afin qu'ils s'enroulent d'eux-mêmes autour de la tête de Harry.
Jordan apporta trois fioles, les injectant directement dans le corps de Harry par magie. Elle surprit le regard inquiet de Sirius et lui fit un sourire rassurant. "La première était une potion nutritive et renforçante pour aider son corps à se rétablir. La seconde était une potion anti-douleur et la troisième un somnifère. Il doit rester calme et immobile le temps que sa magie guérisse."
"Nous le réveillerons demain," dit Blackhawk en se reculant enfin. "Remarquable."
"En effet," confirma Darcy. "Je n'avais jamais vu rien d'aussi puissant que ce fragment d'âme." Il soupira. "Magie démoniaque. Je n'en avais pas vu depuis mon retour de Corée."
"Je n'avais jamais vu la magie familiale agir comme ça," dit Gargou, en lançant un regard interrogateur à Sirius.
"Moi non plus," dit-il en repoussant les cheveux trempés de sueur de Harry de sa cicatrice. La magie familiale n'était pas censée agir de façon aussi consciente comme l'avait fait le griffon; elle n'était pas censée se combiner à une autre magie familiale pour l'aider comme l'avait fait le serpent. Il n'avait aucun idée de ce qui s'était passé; si c'était, d'une manière ou d'une autre, dû au fait que Harry avait accidentellement incorporé la magie des Potter dans sa protection. Sirius s'en moquait pour être honnête, il était juste reconnaissant que ça ait marché.
"J'ai souvent pensé que ce qu'on sait de la magie fait pâle comparaison à ce qu'on ne sait pas," dit sagement Blackhawk.
Ils partirent ensuite, et Sirius s'assit à côté de Harry et lui tint la main, réconforté de voir son filleul prendre une sublime inspiration après l'autre. Sirius avait l'impression d'avoir perdu dix bonnes années de sa vie et il était sûr que lorsqu'il se regarderait dans un miroir, il trouverait tous ses cheveux gris.
Le pire était passé, se rappela-t-il. Harry était en sécurité et en convalescence. Sirius n'avait pas l'intention de bouger de son chevet jusqu'à son réveil cependant. Il était vaguement conscient du temps qui s'écoulait - lorsque Jordan vint administrer une autre potion anti-douleur à Harry et vérifier ses signes vitaux, lorsque les ombres passèrent d'un côté de la pièce à l'autre.
Il était tard lorsque Blackhawk entra dans la pièce et examina Harry avec la grâce qui révélaient ses années d'expérience; Sirius l'ignora autant que possible.
"Nous devrions parler de votre traitement," lui dit Blackhawk une fois qu'il eut fini. "Nous l'avons fait passer au second plan face à l'urgence de la situation de votre filleul mais vous êtes, vous aussi, notre client."
"Je ne quitterai pas Harry," répondit automatiquement Sirius.
"Je ne vous demanderais jamais ça." Blackhawk balaya la pièce de sa baguette et une table couverte d'un dîner léger apparut au pied du lit. Il l'indiqua d'un geste de la main. "Vous devez rester fort si vous voulez prendre soin de votre filleul."
Sirius accepta la manipulation avec un soupir. Il caressa les phalanges de Harry une dernière fois, se leva et déposa un léger baiser sur son front. "Je suis au pied de ton lit, Harry." Il se leva pour se laisser tomber sur une chaise.
Il se massa le front et regarda la nourriture posée devant lui avec fatigue; un bouillon de poule avec du pain frais. Il attrapa le pain et en arracha un bout pour le mâchouiller avant d'attraper sa cuillère sans grande motivation. Il réalisa avec retard que Blackhawk était en train de lancer un sort d'intimité afin qu'ils puissent discuter sans réveiller Harry mais qu'ils puissent tout de même être alertés s'il ne faisait ne serait-ce que bouger.
"Merci," lui dit Sirius, bien conscient que ses remerciements étaient pour bien plus que le simple sort.
Blackhawk hocha la tête et s'assit. Il commença à manger et ils se concentrèrent tous les deux sur leur nourriture jusqu'à ce que leurs assiettes soient vides. Du poisson cuit à la vapeur, du riz et des légumes suivirent.
Sirius ignora le plateau de fruits lorsqu'il apparut, lui préférant une tasse de café noir. Ils buvaient rarement du café dans le monde sorcier Britannique; ils préféraient le thé, et le jus de citrouille en guise de rafraîchissement. Il avait oublié à quel point il aimait le café. Peut-être qu'il pourrait l'importer convenablement, se dit Sirius; ce serait un très bon investissement. Ses yeux se posèrent sur Harry - son filleul n'avait pas bougé.
"Vous l'aimez énormément," lui dit Blackhawk.
"Oui," répondit immédiatement Sirius.
Blackhawk fit un petit bruit de la bouche. "Et pourtant vous ne connaissez pratiquement rien de lui."
Le regard de Sirius se posa sur Blackhawk. Il ravala la première réponse qui lui vint à l'esprit. "Est-ce que vous avez des enfants, Guérisseur Blackhawk?"
"Sept," lui répondit Blackhawk. "Et j'ai été béni par vingt petits-enfants et trois arrière-petits-enfants."
"Félicitation," lui dit sèchement Sirius, "Maintenant, imaginez que vous en ayez perdu un lorsqu'il n'était encore qu'un bébé à cause de votre propre stupidité. Pendant des années, vous ne le voyez pas, mais vous pensez à lui dès que vous le pouvez. Et ensuite, vous le retrouvez, sauf qu'il a treize ans, pas encore un adulte, mais plus vraiment un enfant non plus, et non; vous ne le connaissez pas." Il soutint le regard de Blackhawk. "Mais l'aimez-vous quand même?"
Le vieux sorcier hocha la tête, reconnaissant qu'il venait de marquer un point. "Vous le considérez de votre sang?"
"Oui." Ce fut une autre réponse que Sirius donna sans hésitation. "Il est mon cousin éloigné mais James, son père, était mon frère par l'esprit, par le cœur, par la magie." Il vit Blackhawk reconnaître les anciens termes et se demanda distraitement si c'était pour ça que la magie des Black avait été capable d'aider la magie des Potter; le sang de Harry possédait les deux après tout.
Sirius laissa son esprit retourner à Harry. "J'étais avec Lily, la mère de Harry, lorsqu'elle a perdu les eaux, et je suis resté avec elle durant pratiquement tout l'accouchement pendant que nos autres amis partaient chercher James, qui était à Gringotts pour un entretien. Il n'est arrivé que dix minutes avant la naissance de Harry et Lily a refusé de me laisser partir. C'est moi le premier à avoir tenu Harry dans mes bras. C'est moi qui l'ai tendu à James et Lily."
"Vous dîtes l'avoir perdu par stupidité?" lui demanda Blackhawk.
Sirius souffla. "J'ai fait confiance à la mauvaise personne pour prendre soin de lui. Et je pensais que la situation ne serait que temporaire, juste jusqu'à ce que j'ai capturé Peter, celui qui les a trahi."
Et il ne referait plus cette erreur. Il ajusta sa position et but une gorgée de café. Il garda son regard fixé sur Harry.
"Harry et moi...on ne se connait pas, j'en suis bien conscient. Et il ne se rappelle pas consciemment de m'avoir aimé donc je sais que s'il y réfléchissait, il penserait ne pas encore m'aimer, mais je pense qu'il croit qu'il pourrait m'aimer et qu'il veut m'aimer. Je sais qu'il aime l'idée qu'il a de moi, quelqu'un qui l'aime et qui sera là pour lui, mais il n'est pas encore sûr que ce soit le cas." Il pencha la tête sur le côté. "J'ai bien commencé en le séparant de la sœur de Lily et sa famille; en tenant parole en m'assurant qu'il puisse vivre avec moi."
"Pour un homme à l'esprit embrumé, vous voyez remarquablement clair," dit finalement Blackhawk.
"Les Détraqueurs m'ont salement amoché." C'était une constatation.
"Votre esprit est déchiré," reconnu Blackhawk. "Vous avez besoin d'une thérapie mentale extensive. Votre Occlumancie vous a aidé à retrouver un certain contrôle mais vous aurez besoin d'aide pour récupérer le reste."
Sirius hocha lentement la tête.
"Je voulais vous remercier pour le rapport que vous avez confié au Docteur Jordan concernant l'enfance de Harry. Ça l'aidera à éviter quelques fossés durant son traitement." Blackhawk s'interrompit. "Je doute que vous en ayez un pour vous."
La main libre de Sirius se serra en poing et il se força à prendre une profonde inspiration. "J'ai bien peur que personne n'ait jamais enquêté sur mon enfance." Le ton de sa voix était un avertissement clair et il ne fut pas surpris lorsque Blackhawk changea de sujet.
"Votre corps a aussi besoin de soins," continua le Guérisseur. "En cela, votre filleul et vous êtes remarquablement similaires. Vous souffrez tous les deux de malnutrition et d'une faiblesse physique. Je pense qu'il vaudrait mieux que cette part de votre traitement soit effectuée ensemble." Ses yeux pétillèrent. "Ça vous aidera à apprendre à vous connaître."
Sirius sentit ses lèvres tressaillir, amusé malgré lui par ce commentaire.
"Nous devrions parler d'Albus Dumbledore," dit finalement Blackhawk. "Vous avez une grande colère envers lui concernant la bride sur les pouvoirs de Harry."
"J'ai une grande colère envers lui, point barre," admit sincèrement Sirius. "C'est lui le principal responsable du placement de Harry chez les Dursley. Il n'a jamais pris de ses nouvelles et ne s'est donc jamais assuré que Harry était en sécurité chez eux. Il s'est servi de Harry depuis concernant Voldemort." Il poussa un soupir. "Et je ne suis pas exactement ravi qu'il m'ait laissé pourrir à Azkaban sans un procès ni même une visite lorsque j'étais membre de son Ordre contre Voldemort." Il agita sa tasse. "L'entrave n'est que le dernier ajout à ma liste de raison pour être en colère après Dumbledore."
Blackhawk hocha lentement la tête. "Le problème des grands hommes c'est que tout le monde pensent qu'ils savent tout, et bien souvent, eux-même tombent dans le piège de croire que c'est le cas. Je pense que c'est cela la raison des actions d'Albus concernant le morceau d'âme et la bride. Je pense qu'il ne savait pas comment régler le problème de la bride sans tuer Harry, et que, croyant donc qu'il n'y avait aucune autre solution, il a posé la bride afin de garder le fragment faible."
"Vous le connaissez?" lui demanda Sirius un peu brusquement.
"Nous sommes des connaissances, pas des amis," lui dit Blackhawk. "Nous nous sommes rencontrés lorsque j'ai traversé l'Europe il y a quelques années de cela." Il attrapa son verre. "Albus est un maître en Métamorphose et en Potions. C'est un compagnon de dîner fascinant, et un correspondant utile lorsque nous avons besoin de l'opinion d'un expert concernant certains sorts pour guérir des blessures comme celles de votre oncle, mais nous n'avons rien d'autre en commun. J'ai dédié ma vie à la Guérison, comme tous les autres habitants de la Vallée; nous apprenons chaque jour; nous apprenons des Moldus autant que nous apprenons des autres Guérisseurs autour du monde."
Sirius apprécia l'honnêteté de Blackhawk. "Je m'excuse pour ma brusquerie," murmura-t-il. "Vous avez peut-être raison, peut-être qu'il ne savait pas quoi faire. C'est juste que...ses motivations m'inquiètent."
"Réfléchissez-y," lui dit Blackhawk. "Cette nuit d'Halloween, Albus n'avait aucune raison de croire que ce morceau d'âme accroché à Harry n'était pas le seul raccrochant Voldemort à la vie. Il aurait pu tuer l'enfant, convaincu que ce faisant, il éliminerait définitivement Voldemort."
Sirius fronça les sourcils, son sang se glaçant à cette idée. Merlin, ça aurait vraiment pu arriver parce que Dumbledore ignorait tout des autres horcruxes à cette époque.
"À la place, il a choisi de garder l'enfant en vie," lui dit Blackhawk. "Cependant, je dois bien admettre être confus qu'il n'ait jamais cherché de solution au cours des années qui se sont écoulées depuis; bien qu'il ait peut-être consulté d'autres Guérisseurs qui n'avaient pas la réponse non plus."
"Je ne pense pas qu'il ait fait ça," lui dit Sirius. "Nous pensons qu'il existe une prophétie."
Blackhawk fronça les sourcils. "De telles choses devraient toujours être traitées avec précautions. J'en sais quelque chose."
Sirius le regarda avec intérêt. "Vous êtes un Voyant?"
"Pas vraiment," finit par répondre Blackhawk. "Je Vois toujours mes clients mais c'est là toute l'étendue de mon don. J'ai Vu une image de Harry et vous lorsque votre oncle m'a serré la main pour me dire au revoir. Bien sûr, je pensais que vous auriez vingt-sept ans et que Harry aurait cinq ans à votre arrivée; lorsque le temps a passé et que vous n'êtes pas venu...j'ai pensé que mon don m'avait fait défaut pour la toute première fois." Il lui fit un sourire désabusé. "Je n'avais pas pris en compte la possibilité d'une potion rajeunissante." Il fit un geste de la main vers Sirius. "Et vous voyez donc pourquoi Visions et Prophéties doivent être considérées avec précautions. C'est bien trop facile d'y lire ce que vous souhaitez et de découvrir que la signification réelle est bien différente."
Sirius hocha lentement la tête, son attention retournant au garçon allongé dans le lit. "Je veux juste protéger Harry."
"Alors nous devons vous remettre suffisamment en forme pour que vous le puissiez." Blackhawk se releva.
Sirius en fit autant, faisant craquer son dos.
"Votre autre forme sera plus confortable pour dormir, je pense," lui sourit Blackhawk. "Je vous préviens, cependant, mes collègues n'apprécieraient pas de trouver des poils de chien partout." Il fit disparaître la table et partit.
Il ne fallut qu'un instant à Sirius pour se transformer en Padfoot. Il sauta sur le lit et remonta le long du corps de Harry jusqu'à pouvoir presser son museau froid contre la main de Harry.
Bon, peut-être qu'il ne tuerait pas Dumbledore, songea Sirius, en repensant aux mots de Blackhawk; Dumbledore avait gardé Harry en vie et peut-être que l'entrave avait été placée pour protéger Harry et non pas pour lui faire du mal...peut-être que Sirius se contenterait de l'estropier. Il ferma les yeux et laissa la chaleur de Harry à ses côté, le son formidable de sa respiration, le bercer.
(1) Penelope Clearwater: Pénélope Deauclaire
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