Bonjour, bonjour ! J'ai l'honneur de publier (enfin) le dixième chapitre de cette fic! Avec, oui, un petit peu de retard...
Merci pour toute vos reviews, elles me font beaucoup plaisir même si j'ai pas le temps de répondre à tout le monde 3
N'hésitez pas à laisser un petit mot pour me dire ce que vous en avez pensé! Bonne lecture!
EDIT : chapitre corrigé
Mr Potter et le testament de Serpentard
Chapitre 10
Ce fut un timide rayon de soleil automnal qui chatouilla le nez de Draco, le réveillant en douceur. Il était déjà assez tard. Il sorti de son lit pour aller ouvrir sa fenêtre, voulant profiter de l'air frais de ce mois de septembre.
Il ouvrit le battant de la fenêtre, et fit rentrer un souffle d'air froid d'Ecosse avec cet odeur si particulière du petit matin : un mélange insolite d'herbe humide, de fleurs qui s'éveillent et de soleil timide. Ses cheveux blonds détachés voletèrent légèrement dans le courant d'air, lui tirant un sourire. Savourant la sensation de son torse nu dans le vent piquant.
Pendant ce temps, Harry grogna en sentant l'air froid venir le titiller. En ouvrant se yeux encore collant, il vu le blond face à la fenêtre, lui tournant le dos. Il avait cette beauté étrange de fée du folklore celtique. Parfois, Harry soupçonnait les Malfoys de descendre directement de ce genre de créature mythologique par la beauté presque irréelle des membres de la famille. Il se leva, sortant péniblement de ses draps chauds pour goûter à la fraicheur du petit matin écossais. Lentement, le brun s'approcha du Serpentard et posa subitement son menton sur son épaule en disant :
- Je comprends mieux comment tu perfectionnes ton rôle de Prince des Glaces, j'ai percé ton secret.
Draco sursauta à peine, c'est un Malfoy tout de même, mais fut surprit par le contact chaud que lui offrait Harry. Le souvenir de la veille le mettait un peu mal à l'aise.
- Tu es tactiles dis donc, Potter, dès le matin, souffla-t-il, un peu troublé.
Le brun se redressa, coupant le contact chaud qu'il offrait au blond.
- Mh, désolé… répondit-il, embarrassé.
- Ah… nan, mais, ça ne me dérange pas vraiment… ne t'inquiète pas… bredouilla Draco, gêné. De toute manière j'ai un peu froid…
Harry le regarda avec étonnement, le blond avait l'air un peu perdu. Lui n'avait pas vraiment fait attention à ce qu'il faisait en se rapprochant du Serpentard, et il avait peur de l'avoir chiffonné. Mais finalement, il venait de lui dire avec tout son tact de Malfoy qu'il voulait qu'il continu. C'était un peu insolite pour lui. Harry sourit.
- Potter, tu es toujours là ? lâcha Draco, qui avait peur devant le mutisme du brun de l'avoir froissé.
- Oui, excuse-moi, j'étais ailleurs.
Et Harry le prit dans ses bras, avec maladresse, lui passant ses bras autours de ses épaules nues, glissant sa tête dans le creux de son cou. C'était chaud, vivant.
- Qu'est-ce que tu fais ? murmura Draco, surprit par son élan de douceur.
- Bah, je te réchauffe, répondit Harry en rougissant.
Draco se détendit et se laissa aller doucement dans ses bras. Les gestes étaient emplies de maladresse et de gêne. Ils avaient du mal à communiquer tous les deux. Le Gryffondor avait le nez chatouillé par les longs cheveux blond du Serpentard. Draco se surprit à apprécier cette étreinte pleine de douceur. Le temps était en pause, le vent continuait de tourbillonner dans la pièce. On aurait dit que le temps s'était arrêté sur cet instant précis. C'est lui qui brisa ce moment en murmurant, la tête dans les cheveux noirs ébouriffé d'Harry :
- On va être en retard en cour, Potter.
Le brun grogna et s'écarta de lui doucement, décollant son torse de celui du blond. Il lui sourit et détourna le regard, embarrassé. Ils ne savaient pas ce qu'il venait de se passer, ni comment réagir. Les deux garçons enfilèrent leurs uniformes respectifs, prenant garde à ne pas les mélanger pour éviter toute situation plus que gênante et difficile à expliquer. Draco attrapa son sac et Harry lança un accio pour récupérer le sien dans son dortoir. Imaginez un sac en toile voleter dans les airs depuis la Tour Gryffondor jusqu'aux cachots à une heure de grande influence dans les couloirs. Le Serpentard leva les yeux au ciel en le voyant attraper au vol son sac en sortant des appartements.
- Autant crier à tout le château que tu as dormis dans ma chambre, tu utiliseras moins de magie, grinça-t-il.
Le Gryffondor s'exécuta en beuglant:
- J'AI DORMIS DANS LA CHAMBRE DE…
Draco lui lança un silencio en grognant :
- Tais-toi, abruti !
Harry se contenta de hausser les épaules en lui tirant la langue, avant de lui emboiter le pas vers la Grande Salle. Il n'arrivait vraiment pas à croire qu'ils venaient de faire un câlin ! Il n'avait pas un grand passif en matière de câlin mais celui-là le faisait sourire comme un abruti. Leur relation était étrange, il n'y pensait pas trop, ça lui donnait mal à la tête. Elle était légère, l'ambiance entre eux, il lui avait pleinement pardonné son comportement de la semaine précédente. C'était un vrai moment de réconfort qu'ils venaient de partager, et ils en avaient plus que besoins avec ce qu'était leur vie.
- Un peu avant d'arriver à la Grande Salle, Draco l'arrêta et lui demanda :
- Tu ne m'en veux pas, à cause de mon père ? Si je t'en avais parlé, ça ne serait peut-être pas arrivé… Je suis désolé…
Il semblait vraiment s'en vouloir.
- Non, je ne t'en veux pas, tu ne pouvais pas savoir. Et puis, il a tout de même de grande chance que j'eu foncé dans le tas même si je savais, tête brûlé de Gryffondor que je suis comme tu dis… Ne t'en fais pas pour ça. Dit-il en lui tapotant le bras, geste qui était censé le réconforter mais qui était surtout maladroit au possible.
Draco lui fit un sourire de reconnaissance avant qu'ils ne rentrent ensemble dans la Grande Salle. Leur entrée ne passa pas inaperçu mais ils n'y prêtèrent pas attention et chacun se dirigea vers sa table. Harry s'installa près de Neville, le plus loin possible d'Hermione et de Ron dont les yeux lançaient des éclairs. Neville fit semblant de se rendre compte de rien et entama la conversation avec Harry.
- Où est-ce que tu as dormis, Harry ? Je me suis inquiété en voyant que tu n'étais pas rentré ce matin.
- Désolé, Neville. J'aurais dû vous prévenir au dortoir, mais j'avais besoins de calme.
Ce n'était pas vraiment un mensonge mais pas vraiment la vérité non plus.
- C'est pas grave. C'est ta vie, tu fais ce que tu veux. Tu dois en avoir marre que tout le monde te dicte ta conduite.
- Merci, dit-il avec reconnaissance.
Luna commençait à donner de sa clairvoyance à son petit ami, c'était une bonne chose. Neville était le Gryffondor dans l'âme mais encore plus bon et loyal que n'importe qui d'autre. Ça lui faisait chaud au cœur de parler comme ça avec son ami. Mais il coupa sa réflexion :
- Au fait, tu as fait le devoir de potion ?
Si vous aviez eu la chance d'entrer dans l'esprit d'Harry à ce moment vous auriez pu y entendre des petites voix hurler « mayday, mayday, mayday, Potty en perdition ! ».
- Oh merde… J'ai complètement oublié… paniqua-t-il. Oh, Neville, s'il te plait, est ce que je peux dupliquer le tien ? Slughorn pensera qu'on l'a fait ensemble, je modifierais l'écriture avec un sort.
Le Gryffondor soupira devant son ami, décidément irrécupérable en sortant son devoir de son sac mais avec malgré tout un sourire amusé sur les lèvres. De l'autre côté de la salle, Draco leva les yeux au ciel en voyant Harry prendre le devoir de Neville. Irrécupérable franchement.
Le Serpentard mangeait seul, entouré d'un banc de cinquième année inconnu, le plus loin possible de ceux de son niveau. Il continuait d'observer discrètement le Gryffondor babiller avec Londubat. De son autre œil, il observait la directrice qui se levait avec un air grave après avoir lu une lettre cacheté du Ministère. Oui, Draco observait beaucoup les professeurs et aussi les autres élèves, il aimait remarquer ce genre de détail. Son parrain lui disait souvent qu'il aurait fait un très bon espion, ironique n'est-ce pas ? S'il avait su… Les robes émeraudes de la directrice de Poudlard tourbillonnaient tandis qu'elle s'avançait vers la table des rouges et ors, vers Potter. Elle se pencha vers lui et lui glissa quelques mots avant de sortir de la Grande Salle par la porte principale.
- Venez me voir dans mon bureau quand vous aurez finis de petit-déjeuner, lui avait-elle dit.
Harry acquiesça et se dépêcha d'engloutir son muesli au fruit des bois et sa part de tarte à l'ananas (vive les cuisines de Poudlard). Il prit son sac, salua Neville, ainsi Draco de loin, puis quitta la grande salle en trottinant, espérant ne pas être en retard en cours. Draco le suivit des yeux, inquiet, rien de ce qui concerne Harry Potter n'est positif quand il s'agit du bureau directorial.
Minerva McGonagall l'avait devancé, quand il arriva devant la statue du Griffon, le passage venait de se refermer. Il se stoppa, ne connaissant pas le mot de passe. Il se sentit idiot quelques secondes mais la statue inclina la tête respectueusement et ouvrit le passage. Sincèrement, il avait du mal à s'habituer à l'attitude qu'avaient les portraits et les statues avec lui. Il avait beau avoir compris que c'était à cause de sa nouvelle baguette, ça continuer de le perturber.
Il toqua deux coups à la porte en bois massif, attendant que la directrice l'invite à rentrer. Sa réponse ne tarda pas à venir et il ouvrit la porte pour se glisser à l'intérieur du bureau.
McGonagall trônait derrière son bureau, d'un geste de la main, elle l'invita s'assoir face à elle. Fumseck décolla de son perchoir pour venir lui mordiller l'oreille avec affection, Harry lui caressa le dessus de la tête avec tendresse. Le phénix l'aimait beaucoup. La directrice se racla la gorge pour attirer son attention, il leva les yeux vers elle.
- Mr Potter, je dois vous parler. C'est au sujet de Lucius Malfoy et de votre famille moldue. Que savez-vous sur leur relation ? l'interrogea-t-elle de but en blanc.
Harry préférait cette manière de faire plus direct que celle de feu Dumbledore qui ne cessait de tenter de l'entourlouper en se préoccupant de sa santé. Il répondit très simplement :
- Ce n'est que des soupçons, mais au début de l'année j'ai découvert être en possession de la maison de mon oncle et de ma tante. Cette situation ne rimant à rien, je leur ai fait racheter la maison en leur donnant un délai. Cependant, ils m'ont payé en Gallions…
La directrice tiqua au mot « délais » mais ne fit pas de commentaire.
- Et vous n'avez pas trouvé cela suspect ?
- Si, c'est pour cela que j'ai pris la précaution de cacher l'argent dans un endroit inaccessible et non pas dans mon coffre à Gringott.
- Une réaction censée. Vous pensez donc que c'est Malfoy qui aurait donné l'agent aux Dursleys ?
- Cela me semble l'hypothèse la plus logique, en effet. Répondit Harry.
- Et, savez-vous s'il existe un quelconque lien entre Draco Malfoy et son père ? demanda la directrice.
- Aucun. Il le pensait mort après la bataille finale, et par ailleurs, comme vous le savez, il l'a trahit. Ils n'ont aucun lien, je vous assure. Pourquoi toute ces questions, Professeur ?
- Harry. L'emploie du prénom le fit sursauter. Dès votre réveil et l'annonce de l'implication de Lucius Malfoy, j'ai contacté le Ministère. Comme vous pouvez l'imaginer, la présence d'un mangemort de cette envergure en liberté les a fortement inquiétées, et ils ont envoyé une unité d'auror au 4 Privet Drive.
La vieille femme fit une pause, et le regarda avec pitié. Elle semblait hésiter. Harry fut pris d'angoisse.
- Qu'y a-t-il, Professeur ? Vous tournez autour du pot.
- Les Dursleys sont mort, Potter. Malfoy les a vraisemblablement torturés avant de les achever. J'ai pu lire le compte-rendu fait par les aurors qui ont fait la découverte de leur corps, il y avait du sang partout, les murs, le sol, le plafond en était imbibés. Malfoy a passé ses nerfs sur eux. Je suis désolé d'avoir à vous apprendre cela…
La crudité de la directrice laissa Harry pantois. Elle semblait elle aussi très choquée.
C'était le vide. Un grand vide. La tête d'Harry paraissait avoir été vidée de tout ce qu'elle contenait. Froid. Quelle fin horrible pour les Dursleys. Peur. Sa respiration s'emballa, des grosses gouttes de sueurs dévalèrent son dos. Il eut envie de vomir.
- Je… Je dois y aller… bredouilla-t-il en se levant maladroitement.
- Potter ! l'interpella McGonagall.
- J'ai p-potion.
Et il quitta le bureau.
Harry marchait dans les couloirs, hagard. Il ne savait pas où il allait, ses jambes le portaient mais sa tête ne semblait plus vouloir répondre à son contrôle. Sa respiration monta au galop, l'obligeant à s'arrêter et à se plier en deux. Il hyperventilait. Machinalement, des larmes coulaient sur ses joues sans qu'il ne les sente. Ce n'était pas la mort qui le faisait trembler mais la torture, sa culpabilité. La Culpabilité. Et s'il n'avait pas fait payer les Dursleys ? Et s'il n'avait pas pris l'argent ? Et s'il n'avait pas foncé tête baissé dans le piège ? Et s'il n'avait pas existé ? S'il n'avait pas existé, ni ses parents, ni Cédric, ni Sirius, ni les Dursleys ne seraient mort par sa faute… Tout avait toujours été de sa faute et les Dursleys l'avaient toujours su, eux. C'était eux qui avaient eu raison dès le début : il n'était qu'un monstre. Des gens étaient mort à cause de lui, n'est-ce pas ça un monstre ? Et il n'avait pas pu les sauver, n'est-ce pas ça un monstre ? Et d'autres avaient continué de mourir après, n'est-ce pas ça un monstre ?
Il ne put pas retenir plus longtemps des gerbes de liquide venu tout droit des tréfonds de ses entrailles et il vomit au bas d'un tableau qui s'écria :
- Tout va bien, mon garçon ?
Il n'arriva pas à répondre. Il se redressa, tituba quelques pas, s'attirant des remarques inquiètes des tableaux. Son esprit le fuyait, la tête lui tournait. « C'est de ma faute, taisez-vous ! » pensa-t-il, avant de s'écrouler sur le sol froid du corridor, inconscient.
A suivre...
