Merci pour vos follows, vos favs et ta review, Roxy, à laquelle je répondrai très bientôt !

J'espère que ce chapitre vous plaira !

Chapitre 10

« -Evans ! s'énerva Narcissa. Nous n'allons pas faire demi tour maintenant, c'est absurde ! Nous sommes déjà passées devant la bibliothèque !

-Mais non ! répliqua la gryffondore. C'est faux !

-Bon d'accord. On y retourne et après tu arrêtes tes simagrées ! Le plus important, c'est les dortoirs ! »

Severus observait la scène, tapi dans l'ombre. Décidément, Lily donnait du fil à retordre ce soir, même à Narcissa, qui d'habitude la gérait avec une facilité étonnante. Et même si c'était rassurant que Black ne soit pas avec elle, il ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter. S'il ne faisait pas la ronde, cela voulait dire qu'il avait eu un empêchement plus important que celui de Lily, et que par conséquent, il pouvait théoriquement se trouver n'importe où... surtout hors de son dortoir, en fait. Peut-être qu'encore une fois ce n'était que cette histoire de loup-garou. Mais ce genre d'événements s'anticipaient, alors que là, Black lui avait sciemment annoncé être libre pour effectuer la ronde.

Un mauvais pressentiment l'envahit à l'écoute des pas des préfètes s'éloignant... Il valait mieux attendre ici qu'elles repassent devant lui, et ensuite, il s'introduirait dans la bibliothèque pour chercher le manuscrit qu'il lui fallait. Les risques inutiles étaient à bannir absolument pendant une mission aussi cruciale que celle-ci.

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-CHUT ! s'exclama Peter encore moins discrètement que les bavardages de ses amis. Lily est devant la bouse d'hippogriffe !

-Quelle signe a-t-elle fait ? demanda Sirius.

-Le puits.

-Merde, jura James. On reste ici.

-Venez là, personne ne nous verra, fit Remus en désignant une statue très large sur le bord du chemin.

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Au même moment Severus venait de sortir de la bibliothèque, soulagé d'avoir enfin trouvé son manuscrit de guérison. C'était toujours de la magie noire, mais peut-être contenait-il des sorts moins dangereux, même si plus compliqués. Tant pis ! Il n'avait pas le temps de devenir médicomage, et le temps, justement, lui était compté.

James poussa un cri inarticulé en voyant la silhouette de Rogue s'avancer dans l'allée. Sirius plaqua sa main sur la bouche son ami, tandis que Remus prit la même précaution pour Peter. Ces deux là étaient vraiment trop impulsifs. Sirius observa le serpentard et vit qu'il avait un manuscrit épais entre les mains... Et connaissant Rogue, il se doutait que ce livre avait des chances d'être un condensé d'illégalité. Il essaya de ne pas le faire remarquer aux autres, néanmoins il comprit en observant les yeux dorés de Remus que cette information ne lui avait pas non plus échappé.

-C'est parfait, il rentre dans son dortoir, murmura James. Nous allons le suivre, comme ça, nous n'aurons même pas à prononcer le mot de passe.

Les quatre Maraudeurs se faufilèrent à la suite du serpentard avec une discrétion travaillée. Peter, qui était le plus petit, se chargeait de guider les autres en passant le premier. Quand un obstacle important se présentait, Sirius prenait sa place afin de prendre les meilleures décisions. Potter, lui, était en général celui qui faisait diversion en cas de rencontre inattendue. Quant à Remus, il fermait la marche et surveillait attentivement les parages, à l'affût du moindre espion ou préfet. Ils réussirent grâce à cette technique à se faufiler dans le dortoir de serpentard sans que Severus ne s'en aperçoive, malgré le regard de désapprobation totale que leur lançaient les tableaux accrochés au mur. Ils attendirent que le serpentard ait pénétré sa chambre pour continuer leur chemin, la précieuse carte enchantée dans leur poche, se dessinant au fur et à mesure de leur progression. Ils allèrent jusqu'au fond de l'allée, puis s'arrêtèrent. Après s'être lancés un regard entendu, ils firent demi-tour : il fallait maintenant passer par le dortoir des filles pour compléter le plan.

Tout à coup des éclats de voix bruyants explosèrent dans l'une des chambres. Toujours avec discrétion, ils se rapprochèrent de l'endroit et reconnurent la chambre dans laquelle Rogue était entrée.

-... ce que Rogue a ramené ! Réponds ! C'est quoi !

Un bruit sec retentit à coté d'eux et les fit sursauter. Cela indiquait vraisemblablement qu'un corps venait d'être projeté contre le mur sur lequel ils avaient collé leurs oreilles pour écouter la conversation.

-C'est bien simple, Rogue, nous te le confisquons !

Le mur trembla une deuxième fois, entraînant des regards effarés chez les Maraudeurs. Sirius sentait son sang bouillir de rage. Soudain, un cri strident retentit, un cri de pur stupeur. Qui n'était pas celui de Rogue.

-... Carrow, regarde...

Sirius lança un regard résolu à ses amis.

-N'y vas pas, Padfoot, protesta Peter. C'est trop dangereux !

Mais il avait déjà pris sa décision. Il posa sa main sur la poignée de la porte.

-Non !, s'écrièrent les trois autres, paniqués.

Sirius abaissa la clenche et entra dans la pièce, baguette en main. Ce qu'il vit le fit d'abord reculer d'effroi : Severus avait le visage défiguré par des hématomes violacés et semblait gémir de douleur. Il pressait ses mains contre son épaule visiblement ensanglantée.

En voyant les deux autres se diriger sur lui en grognant, il leur lança un rapide Stupefix, puis appela le reste des Maraudeurs.

-Allez prévenir Dumbledore, le cas est très grave, murmura-t-il à Remus, qui hocha la tête. Moi je reste ici.

-N-Non ! protesta Rogue, qui avait entendu le nom du directeur. Black !... Non !

Heureusement, il était trop faible pour se débattre davantage. Il semblait au bord de l'inconscience et avait le même regard que le jour où il s'était évanoui, pendant la ronde. Un regard remplit de souffrance mêlé de résignation. Ses paupières se fermèrent, laissant quelques larmes s'échapper.

-Pas...pas Dumbledore... Black... pas... pas ça.

Mais Sirius ne pouvait que le regarder avec pitié en attendant que ses amis reviennent.

-Désolé Rogue... je ne sais pas quoi faire d'autre, murmura-t-il en caressant tendrement sa joue meurtrie.

Son cœur était douloureusement compressé dans sa poitrine. Il n'aurait jamais pensé que Rogue irait si mal ou qu'il le retrouverait dans un tel état... Si il ne faisait rien, de telles blessures pouvaient être irrémédiables. Il se demanda si c'étaient réellement les deux abrutis de Carrow et Dolohov qui avait réussi à lui faire ça à l'instant... ça semblait être les conséquences d'actes beaucoup plus violents et anciens, vu la couleur criarde des hématomes.

-Qui t'a fait ça ? demanda-t-il a demi-voix.

Mais Severus avait sombré dans l'inconscience. Sirius souleva sa main posée sur son épaule et découvrit que la blessure était anormalement profonde et saignait très abondamment. Pour vu que Dumbledore arrive vite ! pensa-t-il. Son regard inquiet dériva sur la pièce et se posa sur le manuscrit que Dolohov tenait encore dans ses mains pétrifiées. Guérir par le mal. Sirius frissonna violemment : alors c'était ça, que Rogue essayait de faire avec la magie noire. Il voulait se soigner lui-même.

-Mais pourquoi ? demanda Dumbledore, qui venait d'apparaître sur le pas de la porte, visiblement touché par le même raisonnement que lui.

-C'est horrible, répondirent les quatre Maraudeurs.

-Vite ! s'exclama le directeur qui venait de reprendre ses esprits. Sirius, reste ici et modifie les souvenirs de ces deux gaillards. Tu nous rejoindras ensuite. Peter, Remus et James, tenez fermement le corps de Severus. Nous allons transplaner directement dans mon bureau.

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-Sortez, fit Dumbledore d'un ton sans appel.

Quelques minutes plus tôt, Sirius était revenu après avoir modifié les souvenirs des camarades de chambrée de Severus. Tout ce qu'ils se rappelaient, était eux deux, s'embrassant fougueusement puis allant directement se coucher, après avoir fait une partie d'échec dans la baignoire, nus. Oui, Sirius en avait profité pour inventer la scène qui les rendraient confus pour le restant de leur vie et à laquelle ils ne pourraient plus s'arrêter de penser, jusqu'à oublier leur plaisir manifeste à violenter Severus. Plus jamais. Sirius ne laisserait plus jamais ces deux imbéciles poser se serait-ce qu'un doigt sur le serpentard.

Dumbledore, après avoir analysé la situation, avait pris une mine très grave. Ses yeux n'étaient plus rieurs du tout, il ne faisait que pester en cherchant des informations dans de nombreux parchemins et manuscrits, marmonnait à voix basse des sortilèges, tapait du pieds, parlait à son perroquet géant, inspectait le torse nu de Severus sous tous les angles... Angles que Sirius avait sûrement mieux analysés que lui, tellement il avait été absorbé par cet exercice. A présent, le directeur semblait avoir trouvé une solution. Sirius n'en avait jamais douté. Si un sorcier était capable de résoudre le problème de Rogue, qui d'autre que Dumbledore ? C'était littéralement le sorcier le plus puissant et le plus intelligent... Il n'y avait qu'à voir ce qu'il avait pu faire pour Remus. Mais dans les yeux clairs et tirés de Dumbledore, l'accablement était néanmoins plus lisible que l'espoir. Chacun de ses gestes semblaient crier « cela va être extrêmement compliqué, extrêmement épuisant, extrêmement risqué » Mais il allait le faire. Quand même.

Les Maraudeurs sortirent du bureau, laissant Dumbledore et sa magie s'occuper du cas du serpentard. Il n'y avait plus qu'à prier Merlin pour que tout se passe bien.

Peter bailla et demanda aux autres si ils voulaient aussi rentrer au dortoir. Tous acceptèrent, sauf Sirius.

-Je reste, avait-il juste dit.

Il ne pourrait de toute façon pas dormir tant qu'il ne saurait pas l'issue de l'opération. Autant rester ici, au plus proche de la réponse. Les regards interrogatifs ou désapprobateurs de ses amis ne pouvaient rien y changer. Il avait tellement peur ! Il ne se souvenait pas un jour s'être inquiété de la sorte. Du genre, ses doigts étaient gelés par l'attente, son cœur s'emballait irrégulièrement en repensant au corps blessé de Severus, ses mains s'agitaient de tremblements nerveux, et chaque pensée, chaque parole, chaque acte le ramenant au souvenir du serpentard lui provoquait une vive douleur au cœur et une tension extrême dans tout son corps. Il essayait de se détendre en s'asseyant par terre, la tête reposant contre le mur, mais rien. Rien ne pouvait le calmer. Respirer l'étouffait. Il sentait l'appréhension couler dans ses veines plus vite que son sang et les images douloureuses du visage meurtri de Severus repassaient inlassablement devant ses yeux clos. Cela virait à l'obsession. Il se sentait devenir complètement fou, hanté par la crainte du danger planant au-dessus du corps allongé dans la pièce d'à côté. Et si il ne s'en remettait jamais ? Et si il ne se réveillait pas ? Et si Dumbledore n'était pas assez puissant pour le guérir ? Sirius en voulait également à Severus pour son comportement irresponsable. Pourquoi n'avait-il pas fait appel à un médicomage classique ? Pourquoi avait-il préféré essayer de tout faire lui-même avec de la magie noire ? Et pourquoi n'avait-il prévenu personne de ce que lui faisaient subir Carrow et Dolohov ? Pourquoi les serpentards sont-ils tellement fiers, au point de ne jamais demander de l'aide ? Mais une petite voix terrible en lui, lui soufflait que tout ça n'était pas seulement l'œuvre des deux serpentards... Il y avait autre chose. Peut-être quelque chose de si douloureux ou honteux qu'il lui avait été impossible d'en parler... Sirius se demanda s'il saurait jamais la vérité.

La porte s'ouvrit soudainement.

-Sirius, souffla la voix éreintée de Dumbledore. Vas me chercher un Mme Pomfresh, tout de suite.

Le gryffondor bondit sur ses jambes mais n'osa pas partir sans demander :

-Comment va-t-il ?

-Vas-y, lui répondit-il. Il n'y a plus de magie noire sur son corps, mais dans sa tête, oui.

-Que voulez-vous dire ? s'exclama Sirius.

-Le temps nous est compté. Dépêche toi !

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A l'appel de Sirius, Pomfresh avait accouru dans le bureau de Dumbledore. Malheureusement elle fut vite dépassée par la gravité du cas. En effet, le directeur avait réussi à retirer toute magie noire des blessures de Severus, mais cet acte avait eu des conséquences dramatiques : les blessures étaient à présent trois fois plus profondes, infectées ou étendues qu'avant. Celle a l'épaule, surtout, venait d'ouvrir une artère et le sang coulait à flot. Il fallait un médicomage. C'était nécessaire. Dumbledore était très bon pour combattre les mauvais sorts, Pomfresh était une bonne infirmière scolaire... Mais ça en restait là. Sirius fut encore une fois chargé de joindre un médicomage de St Barts, une certaine Mme Andremy qui transplana directement dans le bureau de proviseur qui servait à présent de salle opératoire.

Sirius, exclu des opérations, devait se contenter d'attendre devant la porte, à écouter des bribes de conversations se résumant aux ordres de la médicomage, aux expliquations de Dumbledore et aux exclamations de Pomfresh. La nuit commençait à se faire moins noire.

La porte s'ouvrit à nouveau sur Dumbledore.

-Sirius, vas te coucher. Il est cinq heure. Il faut que tu dormes un peu et que tu ailles en cours, d'accord ?

Le gryffondor secoua la tête.

-Bon. Reste si tu veux, mais nous sommes loin d'avoir fini. Le cas de ton ami est extrêmement complexe...

-Ce n'est pas mon... » Sirius s'arrêta en comprenant que ce n'était certainement pas le plus urgent. « Pourquoi ? Comment ça se passe ? demanda-t-il.

-Visiblement, il n'a pas utilisé la magie noire que pour masquer ses blessures. Il est probable que des restes soient encore présents dans sa tête... dans ses souvenirs, pour être plus précis. Je n'arrive pas à y accéder. Cela nous empêche de le soigner aussi facilement que prévu, car quelque chose interfère avec nos sorts de guérison. Severus est un excellent occlumens car il a, pendant un moment, bloqué volontairement toutes mes tentatives d'entrer dans son esprit. Mais même maintenant que la médicomage l'a endormi et qu'il n'a plus conscience de ce que j'essaye de faire, certaines zones restent inaccessibles. Je redoute qu'il s'y cache encore des sorts destinés à agir directement sur sa mémoire, lancés pour que lui seul puisse les débloquer. C'est possible grâce à la magie noire, malheureusement...

-Je... Je me souviens de quelque chose, bégaya soudainement Sirius.

-Raconte moi, mon garçon. Le moindre indice pourrait nous permettre de mieux soigner Severus.

-C'était... pendant une ronde, un soir. N-J'étais de sortie, pendant le couvre-feu » Sirius baissa les yeux pour essayer de se donner un air coupable. « et Severus faisait la ronde avec Charlotte Abbot. Il m'a vu et a essayé de m'atteindre, mais avant qu'il y arrive je lui ai lancé un Stupefix pour l'immobiliser. Je voulais ensuite modifier ses souvenirs pour ne pas me faire punir ultérieurement » Sirius s'arrêta pour lui offrir une moue embarrassée. « mais il a réussi à se défaire miraculeusement du sort, et m'a supplié de ne surtout pas lancé d'oubliette...

-... c'est bien ce que je pensais, soupira le directeur. Il est très dangereux de faire cohabiter deux sorts aux propriétés identiques de magie blanche et noire au même endroit, et il le savait. Surtout dans le cerveau. Certains disent que l'esprit peut s'autodétruire, voire que la tête peut exploser tant les courants magiques se révulsent à l'intérieur. J'en déduis qu'il s'est lui même bloqué certains souvenirs avec des sorts très compliqués... et il est le seul à pouvoir s'en débarrasser, si je lui apprends comment faire. Mais le voudra-t-il seulement ?...

-Je ne sais pas, Monsieur... Severus est quelqu'un de très compliqué.

-Et qui a beaucoup souffert, visiblement, pour en arriver à de telles extrémités. T'a-t-il parlé un jour de ses parents ?

-Non... mise à part que son père est moldu et sa mère sorcière. C'est Lily qui me l'a dit, elle n'en sait pas plus.

-Je ne vais pas les prévenir pour le moment... car j'ai un mauvais pressentiment, avoua Dumbledore. Pourtant, quand j'ai rencontré ses parents en première année, sa mère était une femme très aimable... Son père n'était pas là, il me semble. Rien n'a attiré mon attention cependant. Dans le doute, nous allons attendre d'avoir des explications. Sirius, reprit Dumbledore, j'y retourne. Je préférerais que tu rejoignes tes amis et que tu leur demandes de tenir absolument leurs langues. C'est impératif. Si les élèves apprennent que je n'expulse pas Severus alors qu'il a enfreint presque tous les points du règlement... son cas va en inspirer d'autres, bien plus malintentionnés, j'en ai peur.

Sirius hocha la tête et se précipita vers son dortoir.

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Malheureusement, Dumbledore fut sûrement trop optimiste. Beaucoup trop. Car dès le déjeuner, les rumeurs les plus folles commencèrent à courir dans la Grande Salle. Grâce à Peter.

« A ce qu'il paraît, hier Rogue aurait attaqué quelqu'un »

« Si tu veux mon avis, c'est un vampire, ça ne fait aucun doute »

« Tu savais qu'apparemment Rogue est un mage noir ? Moi je m'en doutais, vu sa tête »

« Nous courrons tous un grand danger avec un tel criminel dans le château »

« Vivement qu'il soit expulsé, parce que là... »

Au milieu de tout ça, il y avait Carrow et Dolohov, complètement épatés par la nouvelle et abasourdis par leurs souvenirs de la veille. Ils étaient écarlates en se parlant, n'osant même pas se regarder dans les yeux. Toutefois, ils ne faisaient que certifier aux autres que Rogue avait été absent toute la soirée, et que le connaissant, les rumeurs étaient encore trop gentillettes. Pour eux, Rogue n'était pas seulement un mage noir, mais un véritable mangemort, venu pour servir Voldemort et préparer un attentat dans le château.

Sirius ne tint pas longtemps. Il essaya d'éviter de se boucher violemment les oreilles et de partir en courant, mais il ne put s'empêcher, au bout de vingt minutes, de se lever rageusement de table et de quitter la Grande Salle à pas énervés.

Il voulait d'abord retourner dans son dortoir pour s'allonger un moment, histoire de récupérer quelques instants de sommeil. Mais ses pas dévièrent vers le bureau de Dumbledore.

-A ta place, je n'irais pas le voir maintenant...

Sirius se retourna vers le directeur qui marchait pour le rattraper.

-Il va mieux, déclara-t-il. Parfaitement mieux, même.

-Mais ? demanda Sirius, les yeux plissés.

-Son état d'esprit... n'est pas vraiment le bon, fit Dumbledore en souriant avec embarras.

-A-t-il seulement déjà eu un bon état d'esprit ? rétorqua Sirius avec indifférence. Je ne serai pas long.

-Très bien, Sirius... Si tu insistes.

Dumbledore le conduisit à son bureau et ouvrit lentement la porte.

-Je vous laisse seuls cinq minutes, déclara-t-il.

Severus était assis sur son lit, le dos courbé, le regard fixe et absent. Il ne releva pas ses yeux quand Sirius entra. En fait, c'était comme si personne n'était entré.

-Euh ça... va ? demanda Sirius.

Aucune réaction.

-Rogue ?

En moins de deux secondes, Black était collé contre le mur et retenu fermement par les bras de Severus.

-Je ne veux plus jamais te voir, compris ?, siffla-t-il d'une voix basse et menaçante.

Ses yeux noirs renvoyaient tout ce qu'il y avait de plus mauvais. Le gryffondor resta paralysé par ce regard et ces mots percutants.

Dumbledore ouvrit précipitamment la porte, alerté par le bruit sec de cette intervention.

-Stop, lança-t-il avec découragement. Sors, Sirius.

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