Chapitre 9 : Thé ou café ?
Sora s'assit en face de son cousin en silence. Kabe ne le rompit pas tout de suite. Il porta ses lèvres à sa tasse brûlante de café, et l'observa.
Elle n'avait plus aucune trace de transformation. Il en fut soulagé. Il faut dire aussi qu'il l'avait attendue pendant presque une heure.
Elle tripotait nerveusement sa serviette, et semblait regarder ailleurs. Elle ne voulait surtout pas croiser le regard interrogateur de son cousin.
Pourtant celui-ci n'avait aucunement l'intention de lui poser de questions dérangeantes. Enfin, pas maintenant et surtout pas ici.
« Tu veux commander autre chose ? Ton thé est déjà froid » lui proposa-t-il.
Les yeux bruns de Sora s'ouvrirent en grand et elle soupira.
« Je suis désolée… Oui, je veux bien quelque chose d'autre.
- D'accord. »
Kabe héla une serveuse, et la pria d'apporter un thé à leur table.
« Tu veux me faire des reproches ? demanda soudainement Kabe.
- Des reproches ? » s'étonna Sora.
Elle ne comprenait pas ce que son cousin voulait lui dire par là.
« Tu ne penses pas que c'est de ma faute si… Si il nous est arrivé… cela ?
- De ta faute ? Mais pourquoi ?
- A cause du Dragon. » souffla Kabe.
Sora resta silencieuse.
« Non, finit-elle par dire, je ne vois pas en quoi ce serait de ta faute, et nous n'avons aucune preuve que le Dragon en soit responsable. Mais si tu me dis cela, c'est que toi aussi tu… ? »
Kabe hocha la tête.
Il la fixa de ses yeux noisette longuement.
Puis il soupira.
« De toute façon, nous ne le trouverons pas. Il faut qu'il vienne a nous. »
Sora n'était pas de cet avis.
Elle aurait voulu trouver le Dragon maintenant, tout de suite et lui faire ravaler ses bijoux de famille !
De quel droit les faisait-il souffrir ainsi ? Y prenait-il du plaisir ?
« Et pourquoi on ne le chercherait pas ?! s'exclama Sora.
- Parce qu'on ne sait pas où chercher. »
One point.
Il avait raison. Il avait beau être grognon et parfois insensible, sur ce point il avait raison.
Sora trouva aussi qu'il s'était beaucoup radoucit depuis quelques temps.
Depuis qu'elle avait vu Tsukiyo.
Me cacherais-tu quelque chose ? Ou es-tu simplement heureux de rencontrer bientôt le Dragon ?
« Bon, on se voit demain soir ? proposa Kabe en payant leurs consommations.
- Ok. Il faudra préparer la rentrée. Et préparer ce que nous dirons à Tsukiyo. Et à Mizu.
- Mizu ? lui demanda Kabe, perplexe.
- Oui, Mizu… »
Elle se pencha en avant pour lui raconter.
Il l'écouta sans ciller.
Jin'sei se morfondait affalé sur son lit. Le fait de n'avoir pas pu voir Kaede lui faisait ressentir des sentiments contradictoires.
D'un côté, il était heureux qu'elle ne l'ait pas vue avec ses oreilles et sa moustache de lapin !
Mais d'un autre côté… Ils n'avaient pas pu discuter, et il n'avait pas pu réitérer sa proposition…
Et en plus, elle aussi était maudite, et Shinai avait donné son accord (très important, ça). Donc, maintenant il allait devoir attendre la rentrée pour espérer vivre enfin une grande et sentimentale histoire d'amour avec Kaede… Ahh…
Il se réconfortait en se disant que la rentrée était dans deux jours.
Mais il n'aurait peut être pas à attendre aussi longtemps.
DRING DRING !
Jin'sei se jeta littéralement sur son téléphone portable. Il souleva d'un geste rapide le clapet.
« Moshi moshi ?!
- Jin'sei-kun ?
- Kaede-chan !! Ano…
- Sumimasen ! Je t'en prie pardonne moi de ne pas être venue l'autre jour je… J'ai eu un empêchement…
- Oh non ! Ce n'est pas grave ! Je… Je comprends.
- Donc en fait, je voudrais me faire pardonner et t'inviter au Café cet après midi, c'est possible ?
- Bien sûr, et je pense que l'on devra parler…
- Nani ?
- On se retrouve tout à l'heure !
- H-Haï ! »
Jin'sei raccrocha et resta silencieux un moment. Ce ne fut que lorsque Shinai entra dans sa chambre pour lui demander un service, qu'il daigna regarder autre chose que la tache sur le mur en face de lui. On aurait dit que cette tache le fascinait.
« Hey, tu m'aides à préparer à manger, gros feignant ?!
- Uh ? Ah oui, j'arrive… Au fait…
- Nyé ?
- Hum. Est-ce que je parle avec Kaede ? Enfin, je veux dire… Est-ce que je lui dis qui nous sommes ? »
Shinai réfléchit un instant.
« Je pense que ça serait une assez bonne idée, nous devons nous réunir pour pouvoir le contrer », fit-il les yeux brillants.
Il s'éloigna vers la cuisine.
Il ne dit jamais rien sans réfléchir avant aux conséquences…
Surtout en fait à ce qui l'arrange…
« Ca y est, on est toutes inscrites.
- Je suis heureux de toutes vous accueillir dans mon Lycée !
- YEAAAAAAAAAAAAAH !!
- Vous pouvez arrêter de crier dans cette foutue baraque, s'exclama Selena.
- Mais Lennie, je suis heureuse ! Donc si je suis heureuse, je dois exprimer ma joie !
- C'est toi qui le dis », maugréa la brunette.
« Kabe, et si en fait, on enquêtait ? On va dans le Café, on fouille dans la caisse pour connaître l'adresse de Mizu, on va chez lui, on lui tire les vers du nez et on est tranquilles pour la rentrée, fit Sora.
- Chère cousine, bon, en imaginant que tu puisses trouver l'adresse d'un client dans la caisse d'un Café… Je suis contre l'idée du cambriolage. De plus, que voudrais-tu faire ? Je pense vraiment qu'il faut attendre la manifestation du Dragon. »
Two points.
« KOUBAIIIIIIIIIIIII !! JIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIN !! Où êtes vous bon sang !!
- Dis tu crois qu'elle nous trouvera ici, demanda Koubai en refermant la porte du placard à balais.
- Non, elle ne sait pas où se trouve ce placard… Je ne sais même pas si elle a déjà touché à un balai de sa vie, fit Jin. »
Kaede secoua la tête.
« Je voulais juste leur dire que je les laisserai tranquilles si je sortais avec Jin'sei… Pff…
« A table !
- Onee-chan… Je DORS !
- Non, rectification : tu dormais, fit Tsukiyo.
- Bon, bah là, tu vois, je me rendors.
- Tant pis… Je vais manger ma soupe de légumes et mes fruits frais toute seule, soupira Tsukiyo.
- MATTE KUDASAI !! »
Mizu envoya valser la couette.
« Je lui parle de quoi d'abord, la Malédiction ou mon amour ultra profond et sentimental ?
- Apprend à parler aux filles d'abord mon vieux, soupira Shinai, tu as la cote quand il s'agit de faire connaissance avec elles, mais quand tu les connais de longue date, ça craint…
- Ah… Je fais quoi alors ?
- Tu veux vraiment que je te dise mon vieux, demanda Shinai.
- Bah oui !
- Je m'en fous totalement, je voudrais te signaler que je parlais avec une jeune fille fort charmante la dernière fois que tu m'as appelé pour tes problèmes sentimentaux !
- Je vois, je me débrouille tout seul alors, c'est ça ?
- Tu comprends vite mais il faut t'expliquer longtemps », sourit Shinai.
Reviews?
