Chapitre 11

Vague scélérate

" Il va falloir prendre les mesures qui s'imposent..."


Vous connaissez ces moments parfaits ? Si uniques que vous voudriez qu'ils durent à jamais ? Remplis d'émotions, de paix et de sens ; qui vous rendent tristes une fois passés ? C'est lors d'un de ces moments que Grimmjow souhaita en son for intérieur que le temps s'arrête, que les minutes soient des années. Aizen, la compèt, les autres, il s'en fichait. Tout ce qui comptait en cet instant précis était le jeune homme lové au creux de ses bras, dans ce lit, l'esprit serein.

Grimmjow et Ichigo avaient fini par se donner des rendez-vous discrets, loin de la portée venimeuse de l'entraîneur des Espadons. Il n'était plus question de se voir librement en dehors de la piscine. Oh, bien entendu, les leçons avaient continué quelques temps, jusqu'au point où ces entrevues étaient devenues dangereuses.

Car Grimmjow n'avait rien dit à Ichigo. Il n'avait fait aucune référence aux menaces d'Aizen, pour ne pas inquiéter le rouquin. Il le trouvait assez chamboulé comme ça, et ne voulait pas que la situation change. Ichigo commençait tout juste à se faire à ce nouveau style de vie, à côtoyer un homme, et un adversaire, qui plus est. Enfin, techniquement, puisque jusqu'à présent, ils ne s'étaient jamais affrontés dans l'eau. La compétition à présent proche, aucun des deux n'en parlaient. Le temps des rivalités allait venir… mais pas maintenant.

Les leçons avaient donc pris fin, ce qui ne signifiait nullement que le couple ne se voyait plus. Au-delà du chantage d'Aizen, Grimmjow explorait son addiction à Ichigo en continuant à le fréquenter. Même si cette fois, il fallait faire très, très attention. Aizen savait fouiner, et l'idée qu'il ait des espions dévoués à sa botte n'était décidemment plus de la fiction : Gin, Ggio et même Szayel s'étaient avérés être ses âmes damnées. Nnoitra était un peu plus intègre, mais intérieurement, il craignait Aizen autant que Grimmjow. L'entraîneur tenait son avenir d'athlète et son salaire dans le creux de sa main, aussi ne fallait-il pas faire trop de vagues sans son accord. Ce qui voulait dire : exécuter les ordres, s'entraîner, obéir comme le bon toutou qu'il était.

Sous ce climat de tensions et de secrets, Grimmjow avait bataillé pour Ichigo. Pour sa liberté de le voir, sans que cela se sache. Et on traduisait cette rébellion par des rendez-vous dans divers hôtels, de gamme moyenne, pour la plupart. Mais jamais deux fois le même. Le bleuté se savait suivi certains jours, et brouillait les pistes en ne passant qu'une fois dans chaque resort, payant en cash, avec un faux nom. Les réceptionnistes ne posaient pas de questions. Il n'y avait rien de plus clair à leurs yeux, pourtant: deux hommes qui prenaient une chambre, lit double, une à deux heures, pendant un horaire creux. Dans le jargon hôtelier, on appelait ça les 'cinq à sept'… Les coups tirés rapidement, généralement en fin d'après-midi, avec un host ou une fille de joie. Les maris qui trompaient leur femme, et vice-versa, ça n'avait pas d'importance. Ça faisait partie du métier.

Ce jour-là, dans la chambre qu'ils avaient obtenue, Grimmjow et Ichigo s'étaient allongés avant de s'enlacer simplement. Tout en fixant des yeux la tapisserie fatiguée, le rouquin se remémora la première fois qu'il avait laissé Grimmjow aller jusqu'au bout avec lui. Ou plutôt la première fois qu'il avait osé laisser la chose se faire. Plus d'appréhension que de malaise, en fin de compte. Un plaisir différent de tout ce qu'il avait connu auparavant, ça c'était clair. Mais un plaisir aventureux et décuplé grâce au talent de son partenaire. Oui, Grimmjow était vraiment doué. Des années de pratique l'avaient conduit à valoir beaucoup au lit (chose dont il se vantait avec humour). Ladite première fois, son agilité et son endurance avaient surpris Ichigo.

À ce souvenir agréable, un mince sourire vint se planter sur le visage du rouquin. Grimmjow s'en aperçut du coin de l'œil et vint resserrer son étreinte sur le garçon. Il respira la senteur musquée et profonde des cheveux orange qui chatouillaient son menton.

'La fraise… Toujours la fraise' pensa-t-il en souriant à son tour.

La chaleur de leurs corps s'ajoutant à l'atmosphère intimiste de la petite chambre conduisit les deux nageurs à se rapprocher encore plus l'un de l'autre après quelques instants. Toujours dans les bras du bleuté, Ichigo ramena son bras auprès de lui et vint poser ses doigts fins sur la poitrine de son amant. On pouvait légèrement deviner les muscles de l'Espadon à travers sa chemise, ce qui n'avait pas manqué au jeune homme. Il commença à jouer avec un des boutons de plastique, sans dire un mot, les yeux presque clos. La respiration posée de Grimmjow au-dessus de lui le berçait, il percevait avec amusement le mouvement lent de son torse qui se soulevait et se baissait en cadence.

Ichigo était heureux que tout cela se passe ainsi : pas à l'hôtel de Grimmjow (il n'avait aucune envie d'y remettre un jour les pieds), et pas non plus chez lui (c'était vraiment trop compliqué avec son père et ses sœurs). Leurs tête-à-tête actuels lui convenaient, même s'il ne comprenait pas vraiment pourquoi ils avaient besoin de changer d'hôtel si souvent. Le bleuté lui assurait que c'était mieux ainsi, et Ichigo n'objectait rien. Mais c'était bien pour lui plaire. Au fond, tout ce qui importait, c'était qu'il y ait un lit, des murs épais et un rideau aux fenêtres. Le reste, il s'en fichait.

Il redressa la tête, se rapprochant d'encore un ou deux centimètres du visage de Grimmjow, juste assez pour que leurs regards se croisent. Les lèvres d'Ichigo papillonnèrent un instant avant de se sceller enfin sur celles de son partenaire, leurs haleines se mélangeant, leur peau s'électrifiant comme à chaque fois. Ni l'un ni l'autre ne se serait avoué comme étant du genre romantique, mais parfois leurs actes parlaient d'eux-mêmes.

Ichigo mit brièvement fin au baiser, le temps de ressentir le frisson dans son cou tandis que Grimmjow plaçait sa main sur sa nuque brûlante. Le bleuté attendit qu'il ait repris sa respiration pour attirer à nouveau Ichigo contre lui pour un autre baiser, plus ardent, cette fois.

C'était le plus délicieux contact de tous pour lui. Après une dure journée à subir les blablas incessants et les entraînements qui n'en finissaient pas, il appréciait toujours les premiers effleurements, ceux qui annonçaient une suite appétissante avec 'sa Fraise'.

Il embrassa Ichigo avec passion. Et plus les secondes passaient, plus il en voulait : sa main alla se ficher dans la chevelure cuivrée de l'Ondin. La pression délicate de la pulpe de ses doigts fit vite de capter l'attention du jeune homme qui frémit et reprit possession de ses lèvres avec un gémissement.

Voilà que Grimmjow recommençait. C'était comme un pouvoir magique, et le plus dévastateur de tous : il ordonnait, en apparence si gentiment, sans paroles, qu'on ne pouvait que lui donner ce qu'il voulait. À dire vrai, Ichigo venait à vouloir la même chose que lui très rapidement, mais cette façon d'amener la chose le surprenait toujours.

D'humeur joueuse, il se laissa faire quand Grimmjow vint se positionner au-dessus de lui, chevauchant aisément ses jambes dans un mouvement fluide. Un petit ricanement mal contenu parvint aux oreilles d'Ichigo, qui haussa un sourcil amusé.

« - Qu'est-ce qui te faire rire ?

- Toi. Je t'ai perverti, on dirait.

- Comment ça ?

- On va dire que tu semblais pas aussi dépravé au début ! Mais ça me plais… Tu prends vite goût à tout ça…

- Pfff… C'est pas comme si j'étais vraiment innocent avant de croiser ta route, tu sais ? »

Grimmjow secoua la tête en riant. Malgré tout ce qu'Ichigo pouvait dire, il restait campé sur ses positions, convaincu d'avoir bel et bien fait du rouquin un véritable débauché.

Voyant que le jeune homme ouvrait la bouche pour parler à nouveau, l'Espadon plongea son regard dans le sien, ce qui eut pour effet de couper l'élan d'Ichigo. Grimmjow aimait jouer et abuser de ce regard profond qui déstabilisait. Il faisait toujours mouche.

Le rouquin se perdit alors pendant quelques secondes dans l'azur des iris qui le fixaient. Sa transe ne dura qu'un court instant, suffisamment longtemps pour que Grimmjow se penche vers son visage. Mais ce n'est qu'une fois qu'il fut considérablement rapproché qu'il eut toute l'attention de l'Ondin.

Ichigo sentait les mains du bleuté remonter doucement de ses côtes à ses pectoraux. Sa respiration devint plus dense à mesure que les doigts de Grimmjow effleuraient ses clavicules, la naissance de son cou, et la base de sa mâchoire avec une lenteur parfaitement étudiée. Petit à petit, Ichigo se détendit complètement. Il enlaça son partenaire et renouvela son baiser, ému de voir la tendresse dont Grimmjow pouvait faire preuve parfois.

Alors que ses lèvres caressaient celles de l'Espadon, ses mains s'affairaient à courir le long de son dos. Les sons que produisait Grimmjow étaient à se damner… Emporté par son envie, Ichigo entreprit d'ôter la chemise du bleuté. Il glissa donc ses paumes entre le tissu et la peau dorée du nageur. Grimmjow frissonna et se moqua en chuchotant :

« - J'en connais un qui est bien impatient, aujourd'hui…

- Si tu veux, j'arrête tout, ironisa Ichigo.

- J'ai jamais dit que j'aimais pas ça. Au contraire, ça donne des idées… »

Devant une telle suggestion, Ichigo se contenta de mordre sa lèvre inférieure. Il rougit, mais la nouvelle teinte de ses joues passa sur le compte de l'excitation.

Grimmjow se redressa à califourchon sur le jeune nageur. Il enleva sa chemise, jouant sur chaque bouton pour titiller Ichigo. Pendant ce temps, le rouquin se débarrassa de son T-shirt avec précipitation. Sa hâte grandissait à chaque instant et le fait de voir le torse nu de Grimmjow devant lui n'aida pas. Il déglutit le plus discrètement possible et se refreina d'attaquer immédiatement cette peau qu'il savait lisse et chaude. De son côte, l'Espadon jubilait de voir Ichigo saliver d'avance. Il était presque tenté de le faire languir durant encore dix bonnes minutes, comme ça, pour le plaisir. Mais ce sadisme particulier ne prenait pas en compte sa propre excitation. Avoir le gamin qui s'offrait ainsi, même après tout ce temps, ça lui faisait quelque chose.

Finalement, Grimmjow laissa son instinct prendre le dessus et céda. Il amena Ichigo contre lui et l'embrassa délicatement. Puis avec passion. Les respirations se firent plus bruyantes, presque soupirs. Les tâtonnements devinrent caresses, puis les poignes se renforcèrent.

Les mains d'Ichigo s'immiscèrent en bas du dos de Grimmjow avant d'agripper carrément ses fesses. Le bleuté, quant à lui, était bien trop occupé à ravager à coups de baisers le cou de son partenaire pour en rire. Bien vite, le besoin de bouger s'annonça crucial et les deux nageurs pivotèrent. Grimmjow se retrouva alors allongé sur le dos, accompagné d'un Ichigo plus que motivé entre ses jambes. Le bleuté sentait la taille de l'Ondin qui poussait contre ses cuisses dans une friction délicieuse. Il n'aurait voulu arrêter le jeune homme pour rien au monde, car même s'ils étaient tous deux toujours partiellement habillés, cela ne l'empêchait pas de percevoir la ferveur dans les yeux d'Ichigo.

Et dans son pantalon.

Grimmjow sourit ouvertement, content de voir qu'il avait cet effet-là sur le gamin. Et en si peu de temps. C'était un magnifique compliment, selon lui. Aussi involontaire que révélateur.

« Grimmjow… » murmura Ichigo avec ardeur.

Son souffle chaud sur le cou du bleuté déclencha une tornade de visions chez ce dernier : toutes plus alléchantes les unes que les autres, elles mettaient en scène ses désirs les plus fous, avec Ichigo en acteur principal.

Émoustillé, Grimmjow regarda l'Ondin se mouvoir au creux de ses jambes, ondulant et pressant sa virilité contre la sienne au-delà des tissus de leurs pantalons. L'audace dont Ichigo faisait preuve le mettait considérablement en valeur. Et il n'en abusait pas. Au contraire, il était rarement comme ça. Oh, ça lui était déjà arrivé de vouloir prendre le dessus sur leurs entrevues, mais il avait vite compris qu'avec Grimmjow, mieux valait renoncer. Ichigo était assez tenté d'essayer, il aurait bien aimé inverser les rôles, au moins une fois, mais rien n'y faisait : devant le charisme du bleuté, il se disait toujours qu'il aurait l'air un peu pataud et franchement ridicule si ça ne marchait pas. Alors non, il ne proposait rien.

Pourtant Grimmjow n'était ni idiot ni aveugle. À voir le rouquin agir de la sorte de plus en plus souvent, il avait bien compris. Mais il préférait rester le dominant. L'idée que l'inverse puisse arriver l'agaçait, il ne se voyait pas dans… ce rôle. Quoiqu'il puisse se passer, il garderait sa position de 'mâle alpha'.

L'Espadon fut sorti de ses pensées quand une main aventureuse s'approcha dangereusement de son entrejambe. Le regard enflammé, il observa Ichigo se débattre avec sa ceinture et avec les boutons qui suivaient. Il leva ses hanches sans un mot, permettant au jeune homme de lui enlever son jean avec prudence. Puis il répéta la même opération chez Ichigo : le renversant, ôtant ce qu'il lui restait de vêtements et contemplant la teinte rosée de ses joues.

Dans des moments pareils, il avait une certitude : Ichigo était à lui.

L'entière soumission de l'Ondin n'était pas pour lui déplaire. Aussi couvrit-il tout son corps de baisers : pointe de la hanche, nombril, sternum, tétons, gorge, oreilles… Tous les points vulnérables, il les connaissait. Et quand il arriva enfin aux lèvres d'Ichigo, dans une lenteur agonisante, il laissa ce dernier s'approprier leur baiser dans un râle.

Le jeune nageur était à présent nu et une vue des plus exaltantes ravissait les yeux de Grimmjow. Il aurait voulu en profiter plus longtemps, mais c'était sans compter sur l'ardeur d'Ichigo qui ne lui laissa aucun choix. Après quelques minutes d'effleurages minutieux, les caresses devinrent plus poussées chez les deux hommes. Les yeux fermés et les doigts fichés dans la crinière bleue au-dessus de lui, Ichigo faisait tout pour que Grimmjow passe à la vitesse supérieure : des gémissements aux soupirs en passant par une main plus que baladeuse… Très vite, ces efforts portèrent leurs fruits et Grimmjow retira son boxer, libérant de ce fait une érection très prometteuse.

« - Grimm, embrasse-moi encore... haleta Ichigo d'un ton fiévreux.

Un sourire majestueux s'installa sur le visage de Grimmjow :

- À vos ordres… »

Tandis que l'Espadon re-goûtait à la saveur chaude des lèvres d'Ichigo, une idée appétissante se forma dans son esprit. Tout en pressant sa langue avec rythme contre celle du jeune homme, il laissa sa main s'égarer plus bas. Ichigo ne remarqua rien jusqu'à ce qu'il se sente touché, puis agrippé à l'entrejambe. Grimmjow, qui jusqu'ici n'avait fait que frôler la zone sensible du rouquin afin de le titiller, s'était attelé à une nouvelle tâche : les doigts fermement enroulés autour du sexe de l'Ondin, son poignet effectuant un aller-retour cadencé, il lui délivrait la plus douce des caresses avec une dextérité fascinante. Sous le coup de tels soins, Ichigo ne put retenir un « Ah » de surprise. Ses doigts longs et fins quittèrent les cheveux de Grimmjow pour aller se perdre dans les draps. Grimmjow savait comment s'y prendre… Et ce n'était pas le regard semi-voilé du rouquin qui disait le contraire. Le jeune homme était suçoté, léché, mordillé dans le cou et les épaules, et la main experte de Grimmjow ne lui laissait aucun répit. Il ramena le nageur contre lui, mais cela ne l'arrêta pas dans son mouvement. La chaleur qui commençait à envahir son corps tout entier. Bientôt, le délicieux plaisir qui lui apportait Grimmjow fut trop, et il voulut le stopper.

« Attends… » chuchota le bleuté.

Il observa un instant les iris cannelle qui le fixaient puis se redressa et lâcha Ichigo.

C'est bon, il allait arrêter et le rouquin pourrait reprendre son souffle… Mais non. Le désir était monté en flèche chez Grimmjow, il n'allait pas en rester là ! Toujours à califourchon sur Ichigo, il ressaisit son sexe et ajouta le sien à la danse, histoire de faire encore monter la température de quelques degrés.

« Mmmmmh… » grommela l'Ondin.

Ichigo prit appui sur ses coudes et dévisagea son partenaire, comme pour en demander plus. Grimmjow obtempéra, non sans étendre son sourire.

Le rouquin s'interrogea brièvement. C'était étrange, lui qui voulait ralentir il y a une minute à peine… Peut-être était-ce là son petit côté masochiste. Il paraîtrait que tout le monde en a un. Ça, Ichigo n'en était pas sûr, mais ce qu'il savait, c'est que ce genre de choses lui faisait du bien. C'était un contact si précieux, si personnel et pourtant partagé… Comment dire non à ça ?

Les grognements légers de Grimmjow ajoutèrent du piquant à l'atmosphère de la chambre. C'était à peine si les deux nageurs pouvaient respirer, vu l'allure à laquelle les choses avançaient. Le moindre toucher déclenchait une vague de plaisir, c'en était presque absurde. Lorsqu'il sentit qu'il ne pourrait plus attendre plus longtemps, Grimmjow laissa enfin la pression s'amenuiser et relâcha son emprise.

Un soupir commun plus tard, le bleuté s'affala aux côtés d'Ichigo pour lui délivrer un baiser langoureux. Puis, les lèvres encore humides, il se retourna pour aller chercher quelque chose dans la poche de son jean, parmi tous les habits qui jonchaient le sol. Au moment de revenir vers Ichigo, il tendit la main pour montrer « le sachet à usage unique et utile », comme il était écrit sur l'emballage. Le rouquin sourit à son tour et s'empressa de saisir le sachet avant de l'ouvrir. Devant tant d'enthousiasme, l'ardeur de Grimmjow ne faiblit pas. Au contraire, il trouvait ça carrément sexy. Ichigo était en train de devenir un homme qui savait ce qu'il voulait. Et même si c'était (à l'époque) sa naïveté et sa candeur qui avaient séduit Grimmjow, voir le jeune homme agir de la sorte n'était pas déplaisant pour autant.

Ichigo répandit consciencieusement le contenu froid du sachet dans ses mains et les frotta l'une à l'autre pour le réchauffer un peu. Intérieurement, il était content, voire même rassuré à chaque fois qu'il voyait ce sachet arriver dans leurs ébats. Le gel qu'il renfermait facilitait tout, ça, Ichigo l'avait appris très vite. Non pas que Grimmjow fut particulièrement brutal… C'était plus une question d'aise. Grimmjow faisait tout pour que son partenaire se sente bien (pour ensuite avoir toutes ses faveurs, c'était de bonne guerre). Et cela pouvait se traduire de manières différentes. Il utilisait parfois sa langue, ce qui avait mis Ichigo assez mal à l'aise au début. Il faut dire que lâcher prise totalement n'est pas chose facile. Surtout quand des endroits si intimes sont explorés. Mais le temps avait fait son œuvre, et peu à peu, Grimmjow avait vu Ichigo se détendre et accepter plus de contacts différents.

L'Ondin vint poser ses mains sur l'entrejambe du bleuté, le faisait frissonner par la même occasion. Fébrile, il répéta ensuite les massages subtils que Grimmjow lui avait prodigués. Entendre le nageur haleter et jurer grâce à lui l'excitait au plus haut point. Depuis la première fois, dans sa chambre, il s'était rendu compte du contrôle infime mais non négligeable qu'il pouvait avoir sur Grimmjow lorsqu'il s'adonnait à de tels plaisirs.

Soudain, en voyant les joues rosées et le regard enflammé du bleuté, Ichigo sut qu'il était temps de s'arrêter. À peine avait-il relevé ses mains que Grimmjow se redressa pour arriver à son niveau. Le rouquin se laissa tenter par un long baiser puis grimpa au-dessus des hanches de l'Espadon. Grimmjow était maintenant près à l'accueillir et il attendait le premier pas de sa part. Ses yeux continuaient de le dévorer, naviguant inlassablement le long de son corps. Il ne se lassait pas de la beauté de son partenaire. Ichigo s'en rendit compte et baissa les yeux, bien trop excité pour un nouveau commentaire.

Il saisit doucement la main de Grimmjow et la dirigea vers son bas-ventre, le guidant ainsi vers 'les choses plus sérieuses'. Non pas que le bleuté eût eu besoin d'un guide, mais c'était toujours agréable de voir son partenaire se montrer entreprenant ! C'était même terriblement alléchant… Grimmjow caressa un instant le dos puis les fesses fermes d'Ichigo avant de saisir sa propre virilité et de la presser contre le corps brûlant du jeune homme.

L'espace d'un moment, le silence se fit dans la pièce. On n'entendait que les respirations haletantes et les variations du lit. Enfin, Ichigo ne put retenir un sursaut en sentant Grimmjow s'immiscer en lui. Pour ensuite se retirer presque entièrement, puis à nouveau s'immiscer, et ainsi de suite.

L'habitude s'était installée : ce n'était certes pas très agréable les premières secondes, mais Ichigo savait désormais que ce qui comptait, c'était la suite…

Très vite, le déconfort était remplacé par une sensation primale, crue, comme un besoin… En effet, Grimmjow était toujours attentif au début de l'acte mais on le sentait gagné par un l'instinct au bout de quelques minutes, et son attitude devenait comme… animale. Le rythme et l'intensité de ses coups de reins variaient jusqu'à devenir particulièrement intenses. Ichigo, quant à lui, était sans cesse agité, guidé par les mouvements souples du bleuté. Et malgré la cadence parfois folle à laquelle il était soumis, tout ce qu'il arrivait à penser, c'était 'encore'. Suivi souvent de 'Plus vite', 'plus fort'.

Ichigo balançait son poids, se soulevait et redescendait en cadence, chevauchant avec panache un Grimmjow quasi à bout de souffle. Très vite, il agrippa les mains de l'Espadon puis les guida sur ses hanches. Il mourrait d'envie d'être touché, empoigné, griffé… n'importe quoi de la part de Grimmjow. Plus les minutes passaient, plus une tension se créait dans son bas-ventre. Il n'en aurait plus pour très longtemps, à ce rythme-là…

Heureusement pour lui, l'harmonie des corps fit que Grimmjow se sentit partir en premier : la friction des peaux, les gémissements, grognements, claquements… Ce fut un orgasme presque violent qui le frappa, tendant ses muscles et accélérant son cœur l'espace de quelques secondes. Et ce fit cette vue qui alluma l'étincelle chez Ichigo, dernier instant de pur plaisir partagé ce jour-là. Il jouit sur son abdomen et celui de Grimmjow avant de sentir la fatigue le prendre.

Une fois allongé aux côtés du bleuté, Ichigo reprit son souffle. Ils n'allaient pas tarder à s'endormir, tous les deux. Cela arrivait souvent, sauf les jours où l'Ondin devait repartir travailler. Dans ces cas-là, la fin de journée était très difficile pour lui. Le sommeil pesant dont il avait besoin n'arrivait que cinq, six heures après. Mais cette fois-ci, c'était un jour férié, ce qui signifiait aucun entraînement, pas de travail et une bonne raison de ne pas être chez soi. Le pied total, en somme, pensa Ichigo.

« Pas trop stressé ? »

Ichigo tourna la tête pour observer un Grimmjow aux cheveux collés par la sueur.

« - Hein ? Pourquoi je devrais être stressé ?

- Je sais pas, t'avais l'air pensif, je me suis dit que tu cogitais en vue de la semaine prochaine…

- La semaine proch… Ah, se rappela Ichigo, tu parles de la compétition…

- Peut-être que je devrais pas, mais je m'en fous. Ou on peut parler cul, si tu préfères.

Ichigo jeta un regard moqueur à Grimmjow. Faire un débriefing sur leur partie de jambes en l'air n'étant pas dans ses idées, non.

- C'est pas à ça que je pensais. Mais maintenant que tu l'as mentionné…

- Tu stresses.

- Pas toi ?

- Jamais.

- Pfff… Oui remarque, vous, il y a une grande probabilité pour que vous rafliez le trophée, mais on a toujours nos chances, et vous devriez faire attention…

- 'Vous' ? Moi et les autres suppôts de Satan, tu veux dire ? Haha, en même temps c'est pas faux.

- Ça fait quand même drôle de se dire que c'est dans quelques jours » dit Ichigo, la gorge serrée à l'idée que tout finisse… déjà.

Ils ne parlaient jamais vraiment du futur, avec Grimmjow. Leur relation avait un sens, pour lui, et il aimait croire qu'elle en avait aussi pour l'Espadon.

Peut-être se trompait-il.


Assis sur sa moto tonitruante, Shuuhei faisait le tour du parking, conduisant prudemment dans les allées, cherchant tant et bien que mal une place libre. C'était dingue, le monde qu'il y avait. Pas une seule place à l'horizon, toutes les familles s'étaient garées (plus ou moins bien, d'ailleurs) dans le petit parking de la piscine. Résolu, Shuuhei alla dans une rue adjacente, mit pied à terre et tourna la clef dans le moteur.

Pas question d'être en retard ce jour-là. Le nageur se rendit à l'entrée du bâtiment aux murs bleus et blancs pour rejoindre le reste de son équipe. Là, près de la porte d'accès privé, se tenaient Renji, Ikkaku et Ichigo, en grande discussion. Lorsqu'ils aperçurent leur compagnon, tous se retournèrent vers lui et le saluèrent.

« - J'arrive pas à y croire, t'es à l'heure ?! Vite, c'est la fin du monde, les gars !

- Oh ça va… grommela Shuuhei avec un demi sourire.

- Tu as vu Urahara en arrivant ? demanda Renji.

- Euh non… Et Yumi ? Il est où ?

Ikkaku lui répondit en enlevant sa veste.

- En train de chercher un endroit où se garer.

- Je lui souhaite bien du plaisir…

- Ouais, je sais, c'est l'enfer. Des fois je me dis que Renji et Ichigo ont de la chance de venir en bus ou à pied, tu vois.

- MESSIEURS BONJOUR ! » s'exclama une voix derrière eux.

Kisuke Urahara, canne à la main et chapeau d'été sur la tête, venait vers eux avec le sourire aux lèvres.

« - Alors ? J'espère que vous avez la forme ! Beaucoup de gens comptent sur nous aujourd'hui et… Attendez, mais où est Yumi ?

- Ici ! cria une voix au loin.

Yumichika arriva enfin, ses clefs de voiture à la main.

- Parfait, nous sommes au complet ! Alors filez tous : je vous reverrai une fois au vestiaire, je dois vous parler du protocole vis-à-vis des juges et du dernier système de notation. On se retrouve là-bas, c'est d'accord ?

- Entendu ! »

Sur ces paroles, l'entraîneur des Ondins s'en alla du côté de l'entrée principale. Le petit groupe de nageurs se retrouva seul, chacun perdu dans ses pensées pendant quelques secondes. Puis ils se mirent en route. Une fois à l'intérieur, la chaleur des locaux surprit tout le monde. Ikkaku fit une blague pour détendre l'atmosphère, disant qu'il y avait 'de l'électricité dans l'air'… les sourires s'affichèrent, mais visiblement, personne n'avait le cœur à rire. Le stress était omniprésent chez tous.

Les Ondins prirent la route des vestiaires. Ils allaient en refermer la porte quand quelqu'un s'exclama derrière eux :

« Hé, Ichigo ! »

Le jeune rouquin se retourna vers la voix peu familière qui l'avait appelé. Il mit à peine deux secondes pourtant à reconnaître l'un des Espadons. Le jeune, Ggio Vega. Prétentieux, vaniteux, détestable. Que pouvait-il bien lui vouloir ? Peut-être était-ce à propos de Grimmjow ?

Devant le regard interrogateur de Renji et des autres, Ichigo souffla :

« - Ça va, je vous rejoins tout à l'heure.

- Bon, ok… Mais fais vite ! »

Ichigo leur fit signe et la porte se referma sur ses équipiers. Le jeune homme se retourna et s'approcha de son adversaire. Ggio et lui étaient seuls dans la même pièce pour la première fois, ce qui lui permit de mieux l'observer : il était un peu plus petit que lui, plus fin aussi, le regard malicieux et l'air louche. Rien de bien étrange pour quelqu'un tel que lui.

« - Qu'est-ce que tu me veux ?

- Moi ? Rien… Enfin, si… J'aimerais… Je voudrais qu'on fasse la paix, tous les deux. Tu vois, depuis le début, j'ai cru qu'on était différents, toi et moi… Mais on partage la même passion : l'eau, la nage ! On a le même âge, et si j'ai pu compter sur de bonnes relations pour être dans une bonne équipe, tu n'as pas eu cette chance. Je me sens mal de voir la façon dont mon coach t'as traité. Dans le fond, on n'est pas si différents…

Surpris par un tel discours, Ichigo ne sut pas quoi répondre. Les paroles de Ggio semblaient ridicules, mais son attitude était encore plus étrange. Tout à coup, il avait l'air vraiment sincère, à baisser les yeux devant lui, sans son sourire mesquin.

- J'ai ça sur la conscience depuis un bout de temps, maintenant, et ça me fait du bien d'en parler aujourd'hui. Je suis content d'avoir pu tomber sur toi avant la compèt, je voulais… te présenter des excuses. Voilà, je l'ai dit.

- Des excuses ?

- Oui, je sais que sur le papier, on est des ennemis. Mais en réalité, ça me plait pas.

Est-ce qu'il se fichait de lui ? Ichigo n'en était plus très sûr. Pourquoi se montrait-il aussi gentil seulement maintenant ? Horreur : est-ce qu'il avait appris pour Grimmjow et lui ? Normalement, seul Nnoitra était au courant…

- C'est… C'est tout ce que tu voulais me dire ?

- Quoi ?

- Euh non, rien.

- Tu me pardonnes, alors ? Je sais que je suis comporté comme un crétin et que le reste de mon équipe aussi mais… Je veux une seconde chance.

- Eh ben… Euh… Ok.

- C'est vrai ?! Oh super, tu me soulages, Ichigo ! Je sais pas comment te remercier !

- Ben, c'est rien...

- Génial, super ! répéta Ggio en souriant. On se serre la main ?

Les deux jeunes hommes échangèrent une poignée de mains cordiale, puis Ggio regarda Ichigo en riant.

- T'as pas chaud, toi ? J'ai l'impression que la clim marche pas ici…

- Ouais, on se croirait dans un four. Vivement qu'on soit dans l'eau.

- Tu l'as dit ! Tiens, t'as qu'à prendre ça.

Ggio tendit alors une briquette de jus de raisin à Ichigo. L'Ondin n'avait même pas remarqué qu'il l'avait avec lui. Mais il la saisit quand même.

- T'en veux pas ?

- Oh, j'en avais acheté deux, je viens de finir l'autre. Tu peux la prendre, j'ai plus tellement soif maintenant. C'est assez efficace, comme boisson, et… Oh merde !

L'Espadon venait de jeter un coup d'œil à sa montre.

- Les autres doivent être en train de m'attendre… Je dois y aller, désolé.

- Moi aussi, il faut que je me sauve.

- En tous cas je suis content d'avoir pu te dire ce que j'avais sur le cœur! Allez, j'y vais, sinon je vais me faire tuer ! À plus ! »

Ichigo regarda Ggio s'éloigner.

'À plus'… Ils allaient se revoir dans moins d'une heure. Ggio devait être vraiment embêté pour lui avoir avoué tout ça. C'était une entrevue bizarre, mais bon. Maintenant, Ichigo avait d'autres choses à penser. Il tourna les talons et marcha vers les vestiaires. La sueur commençait à perler dans le creux de sa nuque.

Tout en ouvrant la porte pour aller retrouver ses camarades, il ouvrit la briquette et commença à en boire le contenu. La fraîcheur du jus descendit alors dans son œsophage, calmant un peu ses nerfs. Wow, c'était bon, ce truc…

Le temps de se changer, Ichigo termina la briquette, puis il alla rejoindre le reste des Ondins qui s'attroupaient autour d'Urahara.


Le chlore était partout. Une odeur connue et rassurante pour Ichigo qui se sentait tendu, comme il l'avait pressenti. Le chlore annonçait toujours le contact avec l'eau. Une eau qui l'entourerait et l'enlacerait pendant de longues minutes de calme. Mais ce jour-là, il n'était pas question de rester inerte. Il allait falloir avancer, tout donner. C'était un moment qu'il avait attendu depuis longtemps. Et il n'était pas le seul.

À ses côtés, le reste des Ondins terminait ses échauffements avant d'entrer dans les remous. Ichigo regarda Renji lui faire signe de les rejoindre et obéit. Il sentit immédiatement son poids s'alléger dans la piscine, ses jambes battre lentement dans un réflexe.

Allaient-ils y arriver ? Ils devaient y croire. C'était ce qu'Urahara leur avait enseigné. La foi en eux, en leurs capacités et en leur moral. L'entraîneur disait souvent qu'un bon sportif connaissait la peur, mais ne la laissait pas le contrôler.

« Les gens qui assurent ne pas connaître la peur sont des idiots. La peur a un but : nous pouvons la surpasser, pour ensuite avancer. Oh, elle sera toujours présente, mais elle ne sera plus un obstacle une fois que vous l'aurez comprise et dépassée. »

Le temps était venu de mettre en pratique tout cela. L'apprentissage d'Urahara avait été des meilleurs.

Ichigo observa la ferveur dans les yeux de ses équipiers. Ils avaient bel et bien l'intention de ne pas se laisser faire. Lui-même se sentait pousser des ailes. Son pouls grimpait en flèche, et escalada carrément quand les juges firent leur entrée sous un tonnerre d'applaudissement.

Pour la plupart, c'était des représentants des communautés sportives locales, mais on notait également la présence d'un délégué national –que l'on plaça au centre de la table qui leur était attribuée-. Des gens normaux, quoique peu souriants dans l'ensemble. Plaire n'était pas leur rôle, après tout.

Kisuke Urahara s'en alla saluer les juges puis revint à son équipe pour lui souhaiter bonne chance. Il plongea son regard bienveillant dans les yeux de chacun de ses élèves et sourit :

« Je suis fier de vous avoir menés jusqu'ici. Maintenant, montrez-moi, montrez-leur à tous que même une petite équipe vaut beaucoup. En avant ! »

Ichigo regarda Urahara s'éloigner, puis il s'aligna avec les autres près des plongeoirs. Il inhala une grande bouffée d'air, histoire de 'détendre ses poumons', mais il ne ressentait nul besoin de se détendre. Étrangement, il se sentait bien, en confiance totale. Son corps, au moins, n'attendait plus que le top départ. Le jeune rouquin ne s'attarda pas sur ce détail très longtemps : de nouveaux applaudissements remplissaient à présent la salle.

Les autres concurrents venaient d'entrer : les nageurs des villes voisines, certaines connaissances, d'autres complètements étrangers à Ichigo et à ses amis. Et bien sûr, les stars de la journée… Les Espadons. Même si Ichigo les savait blasés de cette célébrité, il les vit jouer la comédie et lever les bras, saluer la foule, serrer des mains, envoyer des sourires et pour certains, des baisers à la volée. La scène était ridicule aux yeux des Ondins, et probablement aux yeux de tous les autres envieux, mais qu'importe. Cela devait bien se passer comme ça.

Guidés par l'imposant Aizen, les Espadons évoluèrent dans la pièce comme si on n'attendait qu'eux. L'entraîneur semblait savourer cet instant tel un roi devant sa cour. Il jubilait. Personne ne savait à quel point c'était grisant d'être lui dans ces moments-là. Et bon sang, ce que c'était bon. Il se félicita mentalement pour tout ce qu'il avait fait pour en arriver là puis fit entrer son équipe dans l'eau. Il eut une œillade discrète pour son ancien compagnon, assis là-bas près des juges, puis laissa le directeur de la piscine faire un discours de rigueur.

Les concurrents avaient tous du talent, mais une seule équipe parviendrait au trophée, malgré la motivation de tous, etc, etc. Le ton enjoué du directeur barbait autant les Espadons qu'il boostait les Ondins. Tous se lançaient des regards pleins de haine, hautains ou défiants… Sauf pour Ichigo et Grimmjow. Ils ne se regardaient pour ainsi dire pas du tout.

Lors de leur dernier tête-à-tête, les deux amants avaient conclu qu'il ne faudrait pas éveiller les soupçons d'Aizen. Et pour cela, aucune proximité ne devait apparaître entre eux, quitte à jouer un rôle en public. Oh, bien sûr, tous les Ondins, ainsi que leur entraîneur savaient qu'il se passait quelque chose. Mais chacun avait une bonne raison de ne pas dévoiler cette liaison. Ichigo et Grimmjow devaient rester des étrangers l'un pour l'autre en dehors de leurs entrevues. Enfin, en théorie.

Assis près des juges, le regard voyageant d'un nageur à l'autre, Kisuke Urahara soupira. Il savait ce qu'une telle relation pouvait donner et préférait ne rien dire plutôt que de penser à l'exemple funeste du temps où il était en couple avec Aizen. Il n'avait aucun conseil à donner à ce niveau-là. Malheureusement.

Quant aux Ondins eux-mêmes, ils étaient loyaux à leur camarade et ami, mais ne se doutaient pas du danger qui planait au-dessus d'eux.

« … et c'est pourquoi cette compétition a lieu aujourd'hui. À present que vous avez fait connaissance avec tous les concurrents, laissons place à la première manche! Et que les meilleurs gagnent ! »

Le directeur termina son discours sous les acclamations du public et joint ses clappements de mains aux autres en se tournant vers les nageurs qui n'attendaient que son signal.

Un geste de la main, une sirène qui retentit, et la piscine de Karakura vit débuter la compétition.


La première épreuve était une simple épreuve de vitesse, dans une nage simple : la brasse. Les équipes les moins expérimentées allaient ainsi être éliminées rapidement.

Ichigo et ses compagnons effectuèrent un bon score, mais la performance remarquable des Espadons impressionna plus les juges. Les notes plurent sans surprise : des 10 à la pelle pour l'équipe d'Aizen. Avec leurs 8.5, les Ondins allaient devoir se raccrocher aux épreuves plus techniques, un mélange d'examens de leur crawl, papillon et dos crawlé. Malheureusement, et malgré tous leurs efforts, les Espadons les devancèrent systématiquement à chaque nouvel essai.

Les dernières épreuves arrivèrent, amenant avec elles leur lot d'espoir. Cette fois, les nageurs avaient un ordre de passage et ne se gênaient pas pour se dévisager, côte à côte sur la ligne de départ. Ggio Vega fut placé en même temps qu'Ikkaku, et de même pour Nnoitra et Shuuhei, Szayel et Yumichika, Gin et Renji… Grimmjow avec Ichigo.

« L'ironie… » pensa le rouquin en s'alignant avec son 'adversaire'.

L'espace d'une seconde, leurs regards se croisèrent, juste avant le signal de départ, comme pour se souhaiter mutuellement bonne chance, ou pour se narguer l'un l'autre –chose que tous les autres nageurs avaient faite-. Les iris cannelle d'Ichigo se verrouillèrent sur ce bleu hypnotique qu'il connaissait si bien à présent. Un bleu à peine plus foncé que celui des cheveux et pourtant différent de celui du tatouage. Tellement de bleus… L'image du fond de la piscine vint à l'esprit d'Ichigo. C'était ça qu'il retrouvait dans les yeux de Grimmjow. Un calme qui l'apaisait. Une sécurité.

Et pourtant, il n'y avait rien de sûr chez Grimmjow. Leur situation elle-même était dangereuse. Mais ils avaient essayé, et ça avait marché. Jusqu'ici.

« - Messieurs…

Ichigo détourna le regard et se focalisa sur l'autre extrémité du bassin. Son cœur battait la chamade sans qu'il puisse y faire quoi que ce soit. Le directeur continua :

- À vos marques… Prêts… Partez ! »

Tout accéléra. Ichigo lança ses bras en avant, bloqua sa respiration et plongea exactement au même instant que Grimmjow. Une fois dans l'eau, l'Ondin donna un grand battement de jambes et entama un crawl déterminé. Il se concentra sur la position de ses bras, de ses mains, de sa tête… Tout ce qu'Urahara et Grimmjow lui avaient appris, il l'utilisa. Et cela sembla porter ses fruits : il se sentit léger, glissant sur l'eau avec une aisance incroyable et une précision à toute épreuve. Entre chaque rotation de bras, il percevait les encouragements de ses amis, de sa famille et du public. Bientôt, les voix se firent de plus en plus fortes. Il devait être le meilleur (et sans doute le premier dans la course)… Il avait chaud, il se sentait fort.

Et à côté ? Que faisait Grimmjow ? Ichigo profita d'un énième mouvement de bras pour souffler et regarder brièvement sur sa gauche. Juste une micro seconde. Mais assez pour avoir sa réponse.

Dans la ligne qui jouxtait la sienne, il ne distingua qu'une silhouette qui perçait l'eau presque aussi rapidement que lui. Mais pas le temps de se laisser distraire.

Une poussée d'adrénaline monta chez le rouquin qui poussa accéléra ses bras et poussa sur ses jambes encore plus fort, encore plus vite. Il ne s'était jamais senti comme ça auparavant. Décidemment, l'excitation de la compétition le transportait.

Allez… Plus que quelques mètres… Encore un peu…

TUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUT !

La sirène du bassin beugla, déclenchée par le juge assis à côté d'Urahara. L'un des nageurs avait dépassé l'autre et avait distancé son adversaire de quelques secondes, remportant de ce fait la victoire sur cette épreuve. Et ce nageur…

… c'était Ichigo.

Les applaudissements reprirent de plus belle et presque tous le public local cria, trop content que quelqu'un ait enfin battu un des Espadons. Là-bas, dans son coin, Aizen tâcha de ne rien laisser paraître aux yeux des autres, mais un mince sourire (à peine perceptible) s'étira à la commissure de ses lèvres. Amusé, il regarda les mines dépitées de Nnoitra et Szayel. Ces deux-là n'étaient pas encore au courant, aussi ne comprenaient-ils rien de ce qui venait de se produire. Pour eux, Grimmjow était un point fort de l'équipe… et il venait tout juste de se faire battre à plat de couture par un petit morveux de campagne. Autrement dit, l'impossible venait d'arriver.

Aizen porta son regard à l'autre extrémité de la salle, jusque dans le bassin. Là, près du bord, les yeux baissés, Grimmjow prenait un air triste et misérable, comme on le lui avait dit de faire. Mais l'entraîneur savait qu'il ne se forçait pas. Il venait de perdre, ça oui. Et peu de gens savaient à quel point. Sa dignité, son honneur, et bien plus…

Dans la ligne à sa gauche, un Ichigo aux anges brandissait son poing en l'air en récoltant un nouveau tonnerre d'applaudissements. Les Ondins célébraient une petite victoire, mais une victoire quand même. Grimmjow détourna les yeux et se hissa hors de l'eau pour ne pas avoir à croiser le regard d'Ichigo. Bientôt le gamin le haïrait. Autant repousser le moment le plus longtemps possible en évitant les effusions.

« Ichigo Kurosaki, vainqueur de cette épreuve ! lança la voix du directeur dans le haut parleur de la pièce. Et maintenant, une pause d'une demi-heure vous est accordée à tous et à toutes : un buffet vous attend à l'accueil de la piscine, et… »

Un sourire radieux aux lèvres, Ichigo se retourna pour voir Grimmjow. Quelle tête il devait faire !

« Alors, qu'est-ce que tu dis de ç… »

Sa phrase se perdit dans le silence à ses côtés. Aucune trace de Grimmjow dans le bassin. Le rouquin leva les yeux et aperçut son adversaire s'éloigner pour rejoindre son équipe. De dos, on ne pouvait pas savoir si l'Espadon était déçu, moqueur ou stupéfait. Ichigo sortit lui aussi de l'eau, un peu troublé par ce qu'il venait de se passer. Pourquoi le bleuté était-il parti de la sorte ? Ichigo s'était attendu à un mot assassin ou railleur, mais rien. Sans doute était-ce pour ne pas éveiller de soupçons chez Aizen qui n'avait pas quitté ses nageurs des yeux lors de chaque épreuve.

Ichigo s'en alla dans la direction opposée à celle de Grimmjow, un peu contrarié. Mais sa déception ne dura pas tandis qu'il approchait du reste des Ondins. Tous l'acclamèrent et rirent, ébahis par sa performance.

« - Waouh, Ichi, t'as crevé le plafond !

- Ouais, les juges adorent, c'est la surprise ! Comment t'as fait ?

- Tu t'es encore entraîné en solo ?

Ichigo sourit et admit la moitié de la vérité :

- Euh… bah oui, j'ai potassé dans mon coin. Mais c'était pour être sûr d'avoir une chance…

- Ichigooooo ! »

Tous s'écartèrent pour laisser passer Urahara. Un large sourire étirait le visage de l'entraîneur alors qu'il approchait de ses poulains. Il serra Ichigo dans ses bras :

« - Alors ça, c'était vraiment incroyable ! J'avais déjà remarqué des gros progrès dans ta technique, ces dernières semaines, mais là… Tu es tout bonnement excellent: tu as battu cet Espadon à plat de couture! Voilà qui montre à Aizen que tout le monde ne se plie pas à sa volonté ! Il faut absolument que…

- Fils !

Une voix forte résonna derrière le petit groupe en en faisant sursauter plus d'un. Les têtes se retournèrent, et les sourirent s'allongèrent quand chacun aperçut Isshin Kurosaki approcher. Le médecin avait des larmes au coin des yeux, mais cela n'étonna pas grand monde : Isshin en faisait toujours des tonnes, c'était ça marque de fabrique.

- Fils, continua-t-il une fois auprès d'Ichigo… Je suis si fier ! Tu fais vraiment honneur à notre famille… Ma chère Masaki te voit sûrement de là-haut et je suis certain qu'elle ressent la même chose que moi !

- Papa… Tu pleures ?

- Des larmes de joie, Ichi ! À présent tu pourras te vanter d'avoir mis la pâtée à un pro ! Et puis…

Isshin s'approcha encore un peu plus près de son garçon et finit sa phrase en murmurant dans le coin de son oreille :

-… un succès pareil, ça te rendra encore plus populaire auprès des filles, héhé ! Mais comme tu as déjà une petite amie, ça doit être le dernier de tes soucis… »

Grimmjow. Il faisait référence à Grimmjow. Ichigo s'en rendit compte après quelques secondes de confusion durant lesquelles il étreignit son père en silence. Mal à l'aise face à son mensonge, le jeune homme se contenta de sourire et relâcha ses bras. Il enlaça ensuite ses deux sœurs, mouillant en peu leurs tenues et laissant des gouttes chlorées sur leurs joues.

« - Ichi-nii, tu es le meilleur ! Bravo !

- Je savais que tu y arriverais !

- Merci, les filles, répondit Ichigo. Ça me fait chaud au cœur ce que vous me dites là.

- Je veux bien te croire, tu es brûlant ! s'inquiéta alors Karin, son petit sourire s'effaçant un tantinet. Je croyais que l'eau était fraîche…

- Oh, elle l'est, rigola Ichigo. C'est juste que j'ai chaud, tout simplement. L'émotion et l'effort, tu sais ce que c'est !

- Oui, peut-être. Mais on dirait plus de la fièvre.

- Bon ça va, n'exagères pas non plus, tout va bien!

- Non, je te jure ! Ton visage est assez rouge… Je sais que t'es ému mais tu vas pas t'évanouir, j'espère ?

- Mais non, enfin !

- C'est vrai que ta peau est un peu rougie, fils…

Isshin s'approcha, soucieux du fondement des commentaires de Karin. Cette dernière s'écarta et prit la main de sa jumelle. La joie de la victoire prenait un tournant qui ne lui plaisait pas. Si jamais Ichigo était déclaré souffrant, les juges pouvaient demander à ce qu'il soit écarté de la compétition. Et ça, ça voulait dire le pire. Tous les efforts du jeune homme pour rien, toute cette effervescence invalide. Il n'en était pas question. Ichigo ne le supporterait pas.

Isshin félicita le reste des Ondins puis entraîna son fils à l'écart, quelques mètres plus loin. Urahara les rejoints, inquiet à son tour.

« - Quelque chose ne va pas, Monsieur Kurosaki ?

- Oui, Papa, qu'est-ce que tu fais ? Je vais bien !

- Juste un doute, expliqua Isshin. Karin n'a pas tort, je te trouve un peu trop agité.

- Je viens de gagner une épreuve ! » Ichigo tenta-t-il de se justifier, le sourire aux lèvres.

Pourquoi personne ne comprenait ça ? Il se sentait à merveille ! Il n'avait mal nulle part, au contraire : ses muscles étaient détendus, lui-même était serein… Son cœur battait toujours la chamade, mais il mettait ça sur le compte de l'excitation. Quant à la chaleur, il ne la ressentait pas vraiment. Par contre, il respirait vite, ça oui. Remarque, après une épreuve d'une telle endurance, c'était assez normal, non ? Non, vraiment, rien ne clochait, d'après lui. Il se sentait très heureux.

Pourtant, aux yeux d'Isshin, il était clair que quelque chose ne tournait pas rond. Son fils était comme… extasié. En fait, il pouvait le comprendre. Lui-même était tellement fier qu'il en avait pleuré. Mais c'était l'état général d'Ichigo qui le préoccupait. Curieux, il saisit le poignet de l'Ondin et prit son pouls dans un geste expert et rapide. Ce qui confirma ses doutes.

Avec une mine affreusement sérieuse, il annonça à voix basse :

« - Ichigo, ton cœur va bien trop vite ! Tu ne le ressens pas ?

- Si, un peu. Mais je me sens bien, je…

- Tu es sorti de l'eau depuis cinq bonnes minutes, ton corps devrait être calmé après l'effort, à présent ! Et pourtant, plus le temps passe, plus tu deviens rouge… J'espère que ce n'est pas un problème vasculaire…

- Si ça l'était, je serais en train de tourner de l'œil, non ? Et c'est pas le cas. Alors tout va bien, je te dis !

- Monsieur Kurosaki, que se passe-t-il ? Il y a un problème avec Ichigo ? »

Urahara intervint, le regard troublé. Les juges commençaient à attendre et Ichigo devait aller les saluer. Si la santé du garçon était en danger, de quelque façon que ce soit, il fallait l'en avertir immédiatement.

Isshin Kurosaki ne répondit pas à sa question, mais il fixa les pupilles de son fils, qui étaient bien trop rondes à son goût. Il commença à soupçonner le pire et ordonna :

« - Ichi, écoute-moi bien, je veux que tu mettes tes bras en avant et que tu tiennes la pose dix secondes.

- Pourquoi ? S'exclama Ichigo, qui reconnaissait là l'un des tests à faire pour savoir si l'on est ivre. Tu crois que j'ai bu avant de venir ? »

Il commençait à se fâcher, mais tout en parlant, le jeune homme obtempéra, histoire de leur montrer à tous les deux… Qu'il. Allait. Bien ! Un soupir exaspéré plus tard, Ichigo avait les deux bras tendus en face de lui, attendant qu'on se rende compte que tout cela ne servait à rien. Mais le silence qui suivit le surprit. Il dévisagea tour à tour son père et son entraîneur. Les deux hommes fixaient ses mains.

Qui tremblaient.

Atrocement.

« - Fils… commença Isshin avec une voix ferme mais feutrée, j'ai bien peur que tu ne sois pas dans ton état normal.

- Hein ? Mais… Je ne comprends pas… balbutia Ichigo en fixant ses mains.

- Est-ce que tu as pris quelque chose ?

Sous l'effet de la bombe qu'étaient ces mots, Ichigo releva son regard dilaté et le planta dans celui de son père. Il savait exactement ce qu'il entendait par là. Et cette idée l'horrifiait.

- Non, j'ai rien… Rien pris...

- Tu n'as rien ingéré d'inhabituel depuis qu'on a quitté la maison ? Un biscuit, un bonbon, n'importe quoi ?

- Mais non, j'ai rien pris de… différent… »

Les mots du rouquin s'envolèrent tandis que le souvenir le frappait. Le souvenir à présent terrible de son entrée dans les locaux, à peine une heure plus tôt. Le souvenir du sourire glacé de Ggio Vega. Et le souvenir de son soda, qu'il ne voulait soi-disant plus. L'avait-il seulement vu boire une gorgée de ce truc ? L'avait-il vu la prendre dans la machine de l'accueil ? Non. Une telle pensée lui donna envie de vomir.

Devant sa bêtise et sa naïveté, Ichigo s'en voulut. Il n'aurait jamais cru cela possible.

Non, ça ne pouvait pas être vrai. Ça ne pouvait pas lui arriver à lui. C'était plutôt le genre de choses qu'on voyait à la télévision. Tous ces sportifs qui avouaient, et les autres qui étaient découverts. Quant à ceux qui déclaraient ne pas savoir que cela leur arrivait, eh bien… Ils étaient la risée de tous. Comment pouvait-on être dopé sans le savoir ?

Voilà comment.

C'était diabolique, et uniquement à la portée de quelqu'un d'assez maléfique pour n'avoir absolument aucun scrupule à le faire. Quelqu'un d'ambitieux, et de destructeur. Le portrait maintenant horriblement vrai de l'entraîneur des Espadons.

Ichigo fit volte-face et trouva le visage d'Aizen dans la foule.

L'homme souriait. Pire : il lui souriait.

Eh oui, Ichigo s'était fait avoir, et en beauté. Aizen était aux anges. Il n'avait plus à se soucier des Ondins désormais. Dans quelques minutes, les juges sauraient que l'un des concurrents a 'triché', et rendraient invalide l'équipe d'Urahara dans son intégralité. Il ne fallait pas laisser de place au doute et à la suspicion. Et encore moins aux tricheurs. Ce qui, face à sa ruse, fit presque rire Aizen.

Comme c'était bon. Délicieux, même. Il faisait d'une pierre deux coups. Il se débarrassait de tous les nageurs d'un ancien 'ami' qui avait refusé son offre, et donnait une leçon de loyauté à un membre de sa propre équipe.

Tout ça grâce à un petit soda.

Comme la vie était bien faite.


BOOM! LA REVOILA!

De retour après de longs mois d'absence, je vous livre le chapitre 11 d'A contre-courant! Peut-être l'un des plus durs que j'ai eu à écrire... (pour pleins de raisons différentes). Je ne me fais pas trop d'illusions, je me doute bien qu'après une telle attente sans parution de chapitre, j'ai dû perdre une bonne partie de mes lecteurs (;_;) Comment me faire pardonner? *je me frapperais bien sur mon bureau en marmonnant 'Méchant Dobby, méchant Dobby'...*

L'instant courrier:

Chizu-Aki: Merci à toi! Gin tient bien le rôle du traître fourbe, ça lui va bien! Et pour Kira, eh bien... S'il savait pour les galipettes dans sa chambre, il ferait... la même tête de d'habitude? Hehe, il a toujours un air triste!

Ayu: Merci beaucoup! Aizen est machiavélique...

Ellie: Eh oui, en-fin! ^^ La suite te plait-elle tout autant?

Fuut no neko972: Merci infiniment! Ah, ça fait chaud au coeur... Le chapitre 11 a mis... plusieurs mois à venir (j'ai honte). Mais si tu me lis toujours, j'espère que tu l'as apprécié!

Shi-chan: Chère toute jeune fille que tu es (xD), je suis contente que ma fic te plaise! J'ai bien aimé l'image d'un Aizen jeté aux alligators ^^

Lottie: Wow, merci! Maintenant c'est moi qui ne sais plus quoi dire! :)

Et un grand merci à tous ceux et celles qui me disent qu'ils ont 'lu les dix chapitres d'un trait', ou qui n'aiment pas la natation ou le Grimmichi en général... mais qui adhèrent à ma fic, ou encore qui me proposent des liens pour aller lire des fics qui pourraient me plaire! Et évidemment, merci quand vous dîtes que les lemons sont 'bien rédigés', ça me touche beaucoup. Mais je ne me lance pas de fleurs, vous pouvez aussi dire si ça ne vous a pas plu.

Si vous avez des questions, des remarques, etc. N'hésitez pas à aller sur mon Facebook (voir mon profil) , ou à m'envoyez un PM si vous préférez. Je ferai peut-être un FAQ bientôt...

En attendant, rdv pour le chapitre 12! :3