Je le regarde venir de loin. Avec une cigarette. Je devrais pas trouver ça sexy. Je devrais trouver ça dangereux, cancérigène et tout ça. Mais non. Sur lui c'est juste sexy. Je le regarde sourire, tirer la dernière taffe et la recracher en rejetant la tête. Quasi dans l'immédiat mon entrejambe me tiraille. Ce mec est une drogue c'est pas possible. Il ouvre la porte et je le tire immédiatement à moi. Je l'embrasse comme un fou. Il sent la menthe, la nicotine, le café et lui. J'ai envie de le baiser. Là. Maintenant. Je m'exhorte au calme. Putain c'est pas vrai. Je le relâche. Et il sourit encore.
- Salut ; même dans sa voix j'entends le rire contenu
- Salut. Quoi ?
- Tu pues le désir ; il me met une pichenette sur le nez
- Tout à une odeur ? ; je repense à nos nombreuses conversations sur ses « qualités améliorés »
- Ouaip
- Le désir ça sent quoi ?
- Ben ça dépend de chaque loup en réalité. On sent les odeurs qu'on préfère. Mais pour moi c'est ; sans prévenir il vient se nicher contre ma gorge ; Le sable chaud, la terre après une averse et… Le savon de Marseille
- Pppfff je sens le propre quoi ; il se dégage et j'embrasse ses lèvres pour lui faire comprendre que je suis flatté malgré mon trait d'humour ; J't'amène où ?
- Chez moi. Et je pense que tu vas rester parce que…
- Tu veux pas plutôt venir chez moi ? ; je le coupe je sais pas pourquoi, ça me passe par la tête alors je le dis
- Chez toi ?
- Ouais ma mère fait un repas pour le retour de Alli et Gab ; j'hausse les épaules et drape ma main sur sa cuisse, parce que je suis absolument incapable de garder ma main loin de lui
- Ok. Juste on passe chez moi que j'avertisse ma petite famille et…
- Prends des fringues de rechange et le chargeur de ton IPhone !
- Ok ; il rigole et je me gorge de ce son
- En route ; je lâche à contre cœur sa cuisse mais je n'ai pas à le regretter longtemps puisque lui pose sa main sur la mienne
- J'te guide où j'te donne juste l'adresse ?
- A toi de voir. Tu veux rouler sinon ? ; j'immobilise la voiture
- Ouais. Ok ; il hoche la tête et descend de la voiture, moi je me contente de coulisser d'un siège à l'autre ; Me revoilà ; il s'attache et redémarre doucement
Il parle pendant tout le trajet. Me raconte sa journée. Comme un couple normal le ferait. Et j'ose pas imaginer mon retour dans le monde d'hypocrite dans lequel je boss. Pas après avoir rencontré un mec d'une telle fraîcheur, d'une telle générosité et… Tellement différent et incroyable ! Il me regarde de travers à un feu. Merde je crois qu'il m'a posé une question à laquelle je n'ai pas répondu !
- Oui ?
- T'as pas écouté ? ; il ne peut s'empêcher de sourire et du coup je souris aussi, mais tellement différemment que pour des clichés
- Si, je fais que ça. Juste j'ai été ébloui une seconde par ton sourire ; je biaise mais ça à l'air de passer, il lève les yeux au ciel
- Je te proposais un café quand on sera chez moi. Acceptable ?
- Oui bien évidemment ; je serre sa cuisse entre mes doigts ; Dis Wolfy…
- Ah ça c'est un nouveau surnom ; il s'esclaffe ; Mh ?
- Je me demandais juste ce que veux dire la phrase tatoué là ; je passe un doigt sur ses côtes
- Ah… Tu l'as vu… ; il rougi un peu
- Euh… Vu comment on était imbriqué j'aurais eu du mal à ne pas la voir. J'ai tout vu de toi et je pense que tu as tout vu de moi ; je me penche et pose ma bouche contre sa jugulaire qui bat un peu fort
- C'est un proverbe que Joshua disait beaucoup…
- Disait ? ; je fronce les sourcils, il m'en a pas parlé de ça
- Il est décédé il y'a 4 ans. Crise cardiaque au travail. Ça a pas été évident. Pour personne. Mais la vie continue. Nous 3 on est tous ensemble alors… ; il hausse les épaules
- Désolé ; je murmure
- Le soit pas. Il est mort comme il a vécu. Entier. Vite. Fort. Enfin ; il déglutit douloureusement, je le vois ; Alors ça veut dire « La patience d'un cœur est proportion de sa grandeur, la hauteur mesure de la chute et le chagrin réponse à la faiblesse de l'âme »
- Tu parles amérindien ?
- Non. Juste c'était plus ... Une sorte d'hommage à toutes les personnes qui ont fait de moi ce que je suis tu voies ? J'ai associé ma mère à mon nouveau père
- Et le tribal de ton dos ? ; je caresse sa nuque
- T'aimes les tatouages ? ; il pose sa joue contre mon pouce
- Ouais mais j'ai pas le droit ; je soupire
- Pas le droit ? ; il coupe le moteur, je regarde autour de nous, des petites maisons, adorables
- Je te rappelle que mon corps appartient…
- A TOI; il me coupe fermement
- Non… Plus vraiment. Mais c'est pas grave. On en parlera une autre fois ; je pose mes lèvres sur sa joue ; Tu me présentes ta famille ?
- Ok. Gaffe ça risque d'être un peu bruyant, exubérant et…
- Je vais gérer ; je rigole à mon tour
Je fais le tour de la voiture et il m'attend devant le portillon, me tendant une main. Je trouve ça mignon, tendre et totalement désuet. Il toque quelques coups vigoureux à la porte. Elle s'ouvre sur une nana magnifique. J'ouvre la bouche. Bordel de merde ! Des cheveux aussi long que ceux d'Alli mais ondulé, coiffés en mèches longues tout autour de son visage, blond-roux. Des yeux vert, une teinte plus profond que ceux de Der' et un sourire en coin fascinant. Si cette nénétte faisant du mannequinat j'aurais du mal à gagner ma croûte !
- Lydia Martin ; elle me tend la main
- Stiles Stilinski ; je réponds par habitude
- Je me doute ; elle rigole et ouvre la porte ; J'te préviens bro Magda est sur les dents.
- Ah ? ; il fronce les sourcils
- T'es parti alors qu'elle dormait et t'es pas réapparu au petit-déj ; il grimace ; Attends toi à te faire allumer
- Lyly tu parles tout seul ? ; demande une voix à l'étage
- Non je parle au déserteur ; elle répond en haussant la voix
- Au déser… REKKI !
Je sursaute à ce cri. Derek me repousse un tout petit peu. Je fronce les sourcils. Puis je comprends quand je vois la petite sauter les 4-5 dernières marches pour arriver dans les bras de son frère. Il encaisse le choc sans reculer de quelques pas. Merci sa condition de loup… Quoique… Il est baraque… Il me sourit au travers des mèches blond foncé qui sont étalés sur son visage.
- POURQUOI T'ES PARTI ? POURQUOI T'ES PAS RENTRÉ ? POURQUOI T'AS PAS APPELÉ ? POURQUOI…
- Magda ; il chuchote à son oreille pour la faire arrêté de hurler ; J'suis là, ok ?
- Tu pars plus hein ?
- Puce laisse le respirer ; tente de tempérer Lydia
- NON ! ; elle encercle ses petites jambes autour de lui encore plus fermement, elle lève sa tête de son cou et pour la première fois me regarde, je lui souris ; C'est qui lui ?
- Si tu descendais princesse je pourrais te présenter correctement ! ; il la gronde un peu, elle descend de mauvaise grâce
- Stiles Stilinski ; je me penche pour être à sa hauteur et serre doucement la petite main qu'elle me tend
- Bonjour. Pourquoi j'ai l'impression de vous connaître ? ; elle penche la tête et fronce les sourcils, tellement à la Derek
- Ben… ; je me racle la gorge
- Tu sais la pub que tu aimes bien, près de la boulangerie, pour les sacs et les manteaux ? ; mon amant se penche vers sa petite sœur
- Ouais c'est le même monsieur ! T'es avec un mannequin ? Pas mal Rekki, pas mal ; elle rigole et remonte en un instant
- Quelle famille ; soupire Lydia ; Comment j'ai fais pour garder ma santé mentale moi ?
- Peut-être grâce à Jacks ? ; sourit mon homme en se relevant
Ils continuent de deviser, chacun effectuant des gestes comme une mécanique. Preuve de l'entente cordiale. Je regarde la demoiselle allumer la bouilloire, passer les tasses à Derek, qui allume la cafetière, pose les tasses. Tout ça sans cesser de parler. Je m'assieds. La petite revient, elle me tapote la cuisse, je me penche et elle me montre la photo dont elle parlait. Campagne Longchamp de cette année. Elle me désigne du doigt. Comment j'ai l'air photoshopé sur celle-ci. Mais j'hoche tout de même la tête. Elle sourit et pose l'affiche. Elle se hisse au bar. Ecoutant ses deux aînés. Ils ajoutent une casserole sur la cuisinière, Lydia sort le lait, l'autre allume le feu. Ils sont sur un espace de 2m2 mais ils ne se rentrent jamais dedans. On dirait un ballet répété. Au bout de 10 minutes ils ont l'air de se rappeler de ma présence.
- Donc vous nous l'enlevez encore ce soir ?
- Ma sœur rentre de la maternité alors ; j'hausse les épaules
- Ta sœur a eut un petit bébé grâce à Rekki ? ; me demande la petite
- Oui. On l'a même rappelé hier matin ; je murmure
- Pourquoi ?
- Parce qu'il n'y a que lui qui sait comprendre les bébés Magda ; intervient Lydia
Ils parlent encore. Boulot. Famille. De Jackson. Je les écoute sans rien dire. Des petits gestes prouvent l'attachement qu'ils ont les uns pour les autres. Le café que Lydia sert à son frère. Derek qui sait doser le thé de la rousse. Chacun ajoutant quelque chose pour le cacao de la petite. Un sucre, du lait, de ceci, de cela. Et ils se posent. Mon amant à ma droite, une main sur mon genou. Lydia à gauche de Magdalena, une main sur son dossier.
La maman rentre et elle me serre très fort contre elle. Comme seule une maman sait serrer les gens. Elle parle à l'oreille de Der' qui rougit, hoche la tête et finit par éclater de rire. Il fait nuit quand on repart. C'est moi qui prends le volant.
- Désolé
- De quoi ? ; je m'insère sur l'autoroute
- D'être resté si longtemps mais c'est la première fois que…
- Tout va bien. J'ai adoré ; je le coupe ; Ils sont adorables. Vous êtes adorables ; il pose sa main sur mon poignet, je lâche le levier de vitesse et glisse mes doigts dans les siens
- On est pas en train de faire une connerie ?
- Comment ? ; je peux pas lâcher la route des yeux alors je serre ses doigts
- Trop… ; il cherche ses morts c'est la première fois ; Vite ? Fort ? J'sais pas. On va passer un mois plus ou moins ensemble. Après tu vas reprendre ta vie. Là bas. Et moi ici. Relation longue distance ou… ; il s'arrête, le souffle court
- J'sais pas. Honnêtement. J'ai pas vraiment de réponse à t'apporter. Je m'attendais pas à ça. Je m'attendais pas à toi. J'suis rentré pour ma sœur. Et je te voie là. Dans ton petite uniforme bleu. J'ai rien calculé. J'te promets ; il s'esclaffe à mon absurdité
- Je le sais hein ; il serre mes doigts
- Mais ouais j'suis désolé. Pas de réponse.
- Ok. Carpe Diem alors ; mon cœur se serre un peu à son ton
- Ouais, carpe Diem ; je répète dans un souffle
