Le plus difficile n'est pas d'être avec ses amis lorsqu'ils ont raison, mais quand ils ont tord.

*******

C'est dans cette rue qu'il la revit avant que cela ne se produise. Un sac de course calé contre sa poitrine, la tête baissée regardant où elle marchait, l'esprit ailleurs et les yeux dans le vague. La vie qui était sensé être représentée dans son regard semblait être éteint. Oui, le feu qu'il y avait habituellement dans ses yeux était absent. Ses bruits de pas étaient étouffés par la neige qui avait recouvert le sol pendant l'après-midi, et le lampadaire qui éclairait la sombre ruelle clignotait. Une poudre blanche céleste tombait doucement sur le sol, rendant l'air froid et glacé. L'oxygène qu'expirait la jeune fille formait une buée blanche qui se dissipait quelques secondes ensuite. Ce garçon se tenait devant elle, plutôt surpris de la voir à cet endroit, étant donné que l'on était tard le soir. Elle ne le remarqua que lorsqu'elle aperçut ses pieds, elle leva donc la tête, aussi surprise que lui. Ils se regardèrent dans les yeux pendant au moins cinq minutes, leurs actions bercées par le bruit silencieux de la neige qui tombait. Il prit alors l'initiative de briser ce silence, un peu gêné par la situation.

«- ... Euh... T'es venue en cours aujourd'hui? Demanda Kazemaru.
- Non.
- A-ah... Dis... Comment Nagumo savait... Pour hier soir?»

Il vit ses yeux s'écarquiller une seconde, avant de reprendre leur forme initiale et qu'elle ne baisse la tête.

«- ... Pourquoi tu me parles? Tu ne devrais pas avoir peur?
- J'en sais trop rien. Sûrement parce qu'au fond, je sais que tu n'es pas comme ça.
- Tu penses sérieusement? Comment tu expliques ces phénomènes alors?»

Elle redressa son regard vers le garçon aux cheveux bleus, qui lui, semblait chercher une réponse convaincante. Étant donné que Jade n'est pas de nature très patiente, elle passa à côté de lui pendant qu'il se retournait, se demandant où elle allait.

«- Tu vois, tu ne trouves pas de réponse. Je comprend que tu veuilles t'éloigner, ne cherche pas d'excuse.»

Elle baissa la tête en affichant ce sourire forcé qu'elle faisait à chaque fois que quelque chose la perturbait. Soudainement, elle sentit deux bras l'enlacer par derrière, un corps se coller à son dos, et une tête se posant dans son cou. Sous le coup de la surprise, elle lâcha son paquet de courses, regardant droit devant elle avec quelques rougeurs sur le visage, humant l'odeur de son ami.

«- Ne dis pas n'importe quoi. Tu vois, je n'ai absolument pas peur, puisque je sais que jamais tu n'aurais fait ça.
- Q-Qu'est-ce-que tu fais?!
- Bah je te prouve que je n'ai pas peur.»

À cause de cette idiote fierté qu'elle avait, elle s'échappa de son emprise et recula en essayant de cacher ses rougissements, même si elle le faisait à contre coeur. Il la regardait avec un sourire amusé sur le visage, devinant exactement ses pensées.

«- Tu es fou... Murmura-t-elle en détournant le regard.
- Sûrement. Enfin, je vais te laisser. On se voit demain, au lycée.»

Il mit ses mains dans ses poches, se tourna dos à elle et marcha en lui faisant un signe de la main. Elle le regarda s'en aller, ses pensées étant à l'état de brouillon. Puis, elle se souvint qu'elle avait un boulet d'oncle et un idiot de frère à nourrir, alors elle ramassa le sac qu'elle avait fait tomber et rebroussa chemin.

********

Enfilant son casque et ses lunettes, il était dans l'aéroport de l'armée de l'air, observant avec précautions les hommes baraqués qui embarquaient dans les avions en face de lui. Son père faisait attention à ne pas le perdre de vue, pendant qu'il admirait les avions de guerres s'envoler pour l'Australie.

«- Fidio, écoutes... Tu sais que le gouvernement demande cela parce que la population de notre pays évolue trop vite, et qu'il faut plus de terres?
- Je m'en doutais. Mais où veux-tu en venir?
- ... Essaie de ne pas mourir. C'est une guerre, et dans les guerres, il y a beaucoup de pertes.
- Papa, je suis tenace! Je ne mourrais pas comme ça!
- J'espère bien... Bonne chance, Fidio.»

Il lui tourna le dos et se dirigea vers son propre avion. Son rêve allait enfin être réalisé. Il allait enfin pouvoir voler, comme un oiseau. Il allait enfin se sentir libre! Même s'il devait se conduire comme une machine à tuer, rien de tout cela n'avait d'importance! Même si c'était des vies innocentes, ce n'était pas grave!

«Sauf qu'il avait oublié l'importance d'une simple vie humaine parmi tant d'autres.»

******

Le lendemain, elle avait du mal à marcher. La brunette aux yeux bleus, arrivant au lycée, était persuadée que quelque chose clochait. C'était comme si une enclume était accrochée à ses chevilles, l'empêchant ainsi de marcher correctement. Les moqueries de Camille ne faisait que l'agacer encore plus. Elle reçut une tape dans son dos, et elle aperçut Yumi et Akira derrière elle.

«- Salut Abby! Firent les deux nouvelles arrivantes en souriant.
- Salut les filles! Dirent les deux autres.
- Tu marches comme une grand-mère. Il y a un problème avec tes jambes? Demanda la bleutée aux nombreuses mèches roses.
- Oh, non, pas vraiment, je sais pas ce que j'ai aujourd'hui. Sûrement des courbatures? Répondit-elle en souriant.»

Elles entrèrent dans le lycée privé en parlant de tout et de rien. Très vite, la cour de récréation se remplissaient de nombreux élèves ayants tous le même uniforme. La sonnerie retentit peu de temps après leur arrivée, elles montèrent donc en cours et s'installèrent à leurs places respectives. C'est quelques minutes plus tard, après de nombreux bavardages, que leurs camarades arrivèrent les uns après les autres, puis le professeur entra dans la salle.

«- Bonjour vous tous. J'ai une triste nouvelle à vous annoncer... Il s'agit de...»

Quelqu'un toqua à la porte juste à ce moment là, donc l'homme donna l'autorisation d'entrer. Deux personnes firent leur apparition dans la pièce, à la grande surprise de quelques uns.

«- Encore en retard... Vous avez une raison valable?
- On avait croisé votre femme et on l'a aidé à traverser. Elle est tellement vieille...
- On dirait que tu as le même humour que ta soeur. Allez vous asseoir, vous deux.»

Les deux élèves allèrent à leurs place respectives, pendant que le professeur essayait de capter l'attention des autres. La jeune fille sentait quelques regards pesants sur elle, mais au lieu de se faire toute petite, elle leur lançait des regards interrogatifs auquel ils détournaient les yeux.

« Donc, j'ai une triste nouvelle à vous annoncer... Votre camarade, Endou Mamoru, est mort d'un accident de la route.»

Un grand silence s'installa. Certains n'y croyaient pas, d'autres avaient le cerveau en compote. Nagumo, lui, baissa la tête en serrant les dents. Suite à cette révélation, l'instituteur commença son cour, même si aucun de ses étudiants n'écoutait. À la fin de cette heure, Afuro tapota l'épaule du rouge, ayant vu qu'il ne se sentait pas très bien.

«- Haruya... C'est en rapport avec votre disparition..?
- ... Il m'a sauvé. Un camion allait me foncer dessus, et il m'a poussé sur le trottoir...»

Mark observa longuement son ami, situé juste devant lui, avec un regard perplexe. Puis, il ne se préoccupa pas de son mensonge et suivit Suzuno, qui montait une fois encore sur le toit de l'école. À peu près tous suivirent le blond, mis à par Terumi et Nagumo.

«- ... Écoutes, je vais te laisser seul un moment, je pense que cela te fera du bien. Monte sur le toit quand tu te sentiras mieux.
- D'accord... Merci Afuro.»

Il lui adressa un sourire triste, puis suivit Adeliane, qui l'attendait impatiemment. Lorsque la salle fut vide, un long sourire vint s'installer sur son visage baissé alors que quelques larmes coulaient le long de ses joues.

«Le chant des ténèbres commençait à se faire entendre.»

*******

Ils se rejoignirent tous sur le toit, à la grande surprise de Fuusuke qui croyait que personne ne le suivait. Alice s'avança doucement vers lui, alors que les autres la suivaient normalement.

«- T'es sûr que tout va bien? Demanda-t-elle, une fois devant lui.
- Oui. Tout va pour le mieux. Pourquoi cette question?
- ... Pour rien.»

Elle haussa les épaules en regardant Akira, qui fronçait les sourcils. Pourquoi elle la regardait? Pour une fois qu'elle avait rien dit. Un bruit sourd survint de l'intérieur du bâtiment, et au micro, on entendit : Abby Hide, Yumi No Rune, Akira No Hikari, Alice McLowen, Camille Foster, Tsuchito Kotone, Fanny Aizawa, Adeliane Fey, Jade Winsford, Enzo Winsford, Kazemaru Ichirouta, Hiroto Kiyama, Suzuno Fuusuke, Gouenji Shuuya, Afuro Terumi, Nagumo Haruya, Mark Krueger, Fubuki Shirou et Ichinose Kazuya dans le bureau du proviseur.

Ils froncèrent tous les sourcils. Chacun d'entre eux avait été appelé, mis à par Catia, Midorikawa, Fidio et Endou.

«Quelque part, un compte à rebours avait débuté.»

*********

Le garçon aux cheveux bruns ne perdit pas une seconde et prit la nouvelle venue dans ses bras, la serrant contre son torse comme si sa vie en dépendait. On pouvait entendre quelques sanglots de sa part, étouffés par l'épaule de la jeune fille qui ressemblait à celle d'en face. Oui, Fanny aussi pleurait. Que faisait-elle ici? Pourquoi Ichinose réagissait comme cela? Ceci lui faisait atrocement mal. Voir le jeune homme qu'elle aimait pleurer dans les bras de sa soeur jumelle, qui était sois disant morte, alors qu'il ne lui montrait jamais sa tristesse. Elle avait vraiment mal. Tellement que ses larmes commençaient à brouiller sa vue.

«- Emily... Si tu savais... Commença-t-il en sanglotant. Pourquoi es-tu partie..?»

Fanny n'en croyait pas ses yeux. Était-elle si inférieure à sa soeur? Pourquoi... Pourquoi réagissait-il comme cela?! La frustration commençait à s'installer dans son coeur, pendant que sa soeur lui faisait le même sourire qu'il y a plusieurs années. Lorsqu'elle gagnait toujours contre elle. Lorsqu'elle la ridiculisait. Lorsqu'elle l'harcelait. Lorsqu'elle lui faisait comprendre qu'elle était mille fois supérieure à elle, même en étant morte.

«- Je t'aime, Emily... Ne me quitte pas... Pourquoi ne suis-je pas mort avec toi..? Finit-il en un dernier sanglot.»

Elle le regarda d'une manière surprise, manquant de s'étouffer à cause du rhume que causait ses larmes, qui coulait dans sa gorge. Elle resta longtemps à regarder ce spectacle douloureux à ces yeux, puis elle partit en sens inverse, courant pour fuir la réalité qu'elle venait de voir en silence. Elle courut longtemps, les heures semblaient passer au fur et à mesure que sa respiration accélérait. Elle n'arrêta pas de pleurer pour autant. Une fois totalement épuisée, ne sachant même pas où elle était, elle se laissa glisser contre un arbre et frappa le sol de son poing, tout en essayant de calmer ses sanglots.

«- Pourquoi..?»

Elle se recroquevilla sur elle-même, ne comprenant pas le geste de son meilleur ami. C'est alors qu'une main adulte vint se poser sur sa bouche, étouffant ainsi un cri de sa part, et qu'elle sentit un coup sur sa tête. Puis, le noir. Seulement la sensation d'être transportée quelque part.

*********

L'adulte était assis dans son fauteuil, jouant avec ses doigts gonflés. Il avait les cheveux d'un noir intense, et tellement luisants que l'on pouvait constater qu'il ne s'était pas lavé depuis une bonne semaine. Ses petits yeux marrons semblaient observer chaque élève dans la cour, lui donnant ainsi l'air d'un drôle de vicieux. Son costume noir semblait très large, et pourtant, les boutons attachés à sa veste pouvaient exploser d'un moment à un autre. Sa bedaine pendante bougeait à chaque geste qu'il faisait, on pouvait donc le comparer à un ballon rempli d'eau.

Ils étaient presque tous présents, sauf les deux autres qui avaient séchés les cours. Un silence de mort s'était installé dans le bureau du principal, et une légère tension s'était installée. Il y avait environ vingt élèves, tous habillés du même uniforme. L'adulte tourna sa chaise, se redressa et fit face à ceux qu'il avait convoqué.

«- ... Vous êtes tous renvoyés.
- Hein?! Cria Suzuno. Pourquoi?!
- Beaucoup d'élèves et de professeurs se sont plaints de votre attitude. Or, ce lycée est le meilleur de toute la région. Nous ne pouvons nous permettre d'accepter ce genre de comportement dans notre établissement, veuillez comprendre et accepter ceci, comme des adultes.
- Il n'y a pas que ça, hein? Commença Mark.
- Pardon?
- Pouvez-vous nous dire qui est l'homme qui se cache dans l'armoire, monsieur?»

Tous regardèrent leur ami blond d'une manière surprise. Si Nagumo n'avait pas été surpris, il aurait fait l'une de ses éternelles blagues sur les personnes ayant cette couleur de cheveux. Le directeur, lui, semblait à la fois frustré et en colère. En effet, ses pommettes joufflues et son triple menton commençaient à devenir rouge, pendant qu'il plissait son nez ressemblant étrangement à celui d'un porc.

«- Vous n'êtes plus scolarisés en cet établissement à partir de ce soir. Profitez bien de ce dernier jour.
- Comment on peut profiter de cours, sérieusement... Fit Enzo, feignant l'indifférence.
- Dehors. Et que je n'entende plus jamais parler de vous.»

La vingtaine d'élèves partirent de la pièce, laissant l'homme obèse seul, s'affalant sur son fauteuil. Il faut dire que tenir debout par cette condition physique était bien dur... Il entendit un bruit derrière lui, et il se raidit en sentant une présence derrière lui.

«- C'est ce que vous vouliez, hein? Laissez-nous maintenant!
- Oh, bien sûr... Je vous remercie. Fit le jeune homme avec un sourire aux lèvres. Mais bien sûr, ce serait fâcheux si quelqu'un l'apprenait...
- Je ne dirais rien!
- Vous m'en voyez navré... Mais je vais vous effacer.»

Pendant ce temps là, ils étaient tous montés sur le toit, certains sur les nerfs, d'autres intrigués. Et Suzuno était celui qui pétait un câble, sous le regard très interrogatif de certains. Enfin, plutôt de tous.

«- Suzuno? Pourquoi tu réagis comme ça? C'est cool qu'on a plus cours, non? Demanda Adeliane d'un air distrait.
- Mais la ferme! Tu me comprends pas, putain! Putain... Putain...»

Il baissa la tête comme s'il regardait un billet de vingt euros qui était à ses pieds. Tous s'étaient tus, surpris par la vulgarité et la réaction de leur ami. Alice croisa les bras en s'avançant vers lui.

«- Pourquoi tu chiales?
- Alice..! Rétorqua Yumi.
- Je chiale pas! Fit-il en essuyant ses yeux. Mêle toi de ce qui te regarde!
- Ça me regarde. Ça nous regarde tous. Au début, on était sensés s'aider, et c'est toujours le cas, hein? Sauf que maintenant, on est amis. Je sais que beaucoup d'entre nous cachent des choses qui pourraient nous faire avancer dans cette histoire. Tu sais, tout les jours, je me demande quand est-ce-que ce sera à mon tour de finir comme Catia, Fidio ou Jade. C'est pour ça que je pense que tout le monde devrait dire ce qu'il a sur le coeur.»

Tous la regardèrent d'une manière choquée. Certains se demandaient pourquoi elle disait "Jade", puisqu'ils n'avaient pas été mis au courant. Fuusuke, lui, la regardait avec des yeux ronds comme des oeufs, le regard baigné dans des larmes qui menaçaient de couler. Même Mark, qui ne s'attendait pas du tout à cela, était étonnement surpris. Nagumo ouvra la bouche en grand, comme s'il voulait manger une mouche.

«- C'est la première fois que je te vois dire un truc sensé...
- Pff... Enfin bref...
- ... Mais si je le dis, il serait capable de vous tuer...»

Certains froncèrent les sourcils, d'autres le regardèrent comme s'il venait d'atterrir en soucoupe volante.

«- ... Tu sais, si on est tous ensemble, on est invincibles. Fit Abby, en essayant de s'imposer dans la conversation pour dire ce qu'elle voulait déclarer.
- Tous ensemble? Me fait pas rire. On a déjà perdu Catia, Endou et Jade, la seule personne qui comprenait à peu près cette situation! S'écria Nagumo.
- M-Mais c'est pas ce que je voulais dire...
- Peut-être, mais tu l'as dis!»

Puis, soudainement, sans que personne ne s'en rende compte de suite, le rouge poussa la jeune fille, qui après être tombée à moitié sur le sol, à moitié dans le vide, glissa de sur le toit. Gouenji se précipita vers le bord du toit et se pencha, mais il ne vit rien. Ni même un corps par terre. C'était comme si rien ne s'était passé. Il se redressa et prit Haruya par le col, perdant ainsi son sang froid.

«- Qu'est-ce-que tu fous?! Fit-il en hurlant.
- Ce n'est pas ce que voulait Kazemaru? Répondit Nagumo d'un air amusé.
- Hein? Pourquoi jsuis dans cette histoire, moi?!
- C'est ce que tu pensais. Je n'ai fais que retranscrire ces pensées en actes.
- Essaie pas de renverser la faute sur lui! Elle est même pas en bas! Cria Tsuchito.»

Mark s'avança un peu vers Haruya, et bizarrement, un grand silence s'installa. Camille le regardait à la fois d'un air inquiet et d'un air abasourdi. Akira, elle, trouvait cette situation plus horrible qu'autre chose. Elle tourna les talons et se dirigea vers la porte.

«- Tu fais quoi? Demanda Yumi.
- Chercher ma seule personne qui puisse nous aider. Répondit-elle sans se retourner.»

Puis, elle quitta cet endroit juste avant que "cela" se passe. Afuro, lui, s'avança également vers son ami.

«- Dis, Nagumo... Quand tu as dis que Endou t'avais sauvé... C'était un mensonge? »

Il redressa ses yeux dorés vers lui, avec une pointe d'amusement dans le regard. Le blond efféminé serra d'un coup les poings, en fronçant les sourcils.

«- Réponds! S'écria Fubuki.
- Tu n'es pas très futé. Bien sûr que c'était un mensonge. C'est moi qui l'ai tué.»

Ils restèrent tous abasourdis. Shuuya, qui le tenait toujours aussi brutalement, lui décrocha un coup de poing qui le fit voler sur quelques mètres. Terumi, lui, était tellement frustré à cause du fait qu'il l'ai cru qu'il n'arrivait même plus à bouger.

Kazemaru, lui, semblait dans un autre monde. Oui, il avait déjà vu cette scène auparavant. Il en était sûr et certain. Tout ce qu'il avait vu, dans sa vie, il l'avait déjà vécu. Comment? Il avait mal au crâne à force de réfléchir. Il essayait de parcourir ses souvenirs à la recherche d'une infime réponse. Puis, il se souvint de sa "première fois" de dieu de la mort. Il avait dû voir son propre destin... Mais à son réveil, il ne s'était rappelé de rien. Il se creusa la tête, encore et encore, pendant que ses amis autour de lui ne se rendaient même plus compte de sa présence. Finalement, un flash ébloui soudainement ses yeux ambrés, et il eut l'impression de tomber.

«Dans ma tête, les aiguilles de mes souvenirs rouillés tournaient, encore et encore.»

**********

Encore ce laboratoire, qui lui semblait si familier. Fanny ouvrit les yeux comme si elle était dans un rêve. Elle flottait dans une sorte de liquide verdâtre, mais arrivait à respirer dedans, chose qui lui semblait très étrange. Elle se dit qu'elle dormait, vu qu'elle pouvait respirer dans l'eau. Elle toucha la paroi de verre et essaya d'observer ce qu'il y avait en dehors. Elle écarquilla lorsqu'elle vit sa sœur jumelle, sourire, tenant entre ses mains une chose noir et informe. Comme si cela était un réflexe, elle regarda à ses pieds, pour vérifier si son hypothèse était fausse. En observant ceci, elle se mit à crier son nom et à taper contre la paroi. Ses mots étaient étouffés par le liquide, mais on pouvait deviner les mots : "Rend-moi mon ombre!"

«La vérité est encore plus horrible si on cherche un peu plus en profondeur.»