Chapitre 11
Merlin et Ambre longeaient les couloirs vers chez Gaius ; ils se cachaient chaque fois que quelqu'un passait.
Ambre chuchota : « Et toi comment tu t'appelles ?
Le jeune homme : On m'appelle Merlin.
Ambre plus fort : Nooooon, tu déconnes ?
Merlin sévère : Jeune fille il va falloir apprendre à châtier votre langage, ici on met des gens au pilori pour moins que ça !
Ambre baissa le nez : Je m'excuse… C'est quoi un pilori ? »
Quelqu'un arriva, ils se cachèrent.
Un garde empruntait le couloir, puis il y eut un sursaut de tout le décor, le garde avait reculé d'un mètre ; et continua de passer comme si de rien n'était !
Merlin : « Tu as vu ça?
Ambre : On dirait un bug, comme dans un jeu vidéo !
Merlin de sa voix rauque : Le tissu du temps est atteint, il va falloir faire vite !
Ambre : C'est vrai que t'es malade, tu fais une rhino carabinée.
Merlin secoua la tête : Je ne sais pas ce que c'est une rhino… »
Quelqu'un arriva ; il repoussa Ambre… C'était Arthur.
Arthur sauta sur Merlin dès qu'il le vit : « Merlin quand est-ce qu'on mange ici, il n'y a rien qui fonctionne dans ce château ? »
Merlin pensa très fort à des plats qui cuisent : et dans la cuisine cuirent des plats, soupes, poulets et tout ce qui sied à un repas royal : « Veuillez excuser mon retard sire, mais le repas est presque prêt ! Si vous pouviez trouver quelqu'un pour vous servir ; je ne suis pas en grande forme !
Arthur le regarda offusqué mais dit : C'est vrai que tu as l'air malade ; j'aime autant en fait que tu ne me transmettes pas tous tes maux ! »
Puis il le jaugea des pieds à la tête l'air dégoûté.
Merlin s'inclina : « Merci sire ! »
Arthur hésita avant de partir, on aurait dit qu'il voulait lui dire quelque chose…
Merlin fit semblent de tousser pour signifier à Arthur qu'il devait se soigner et donc partir, mais cela se transforma en vraie quinte de toux !
Arthur : « Merlin, va voir Gaius ; je n'ai pas le luxe de remplacer tous mes serviteurs, même les idiots ! »
Et il partit vers la cuisine !
Ambre : « T'es pas un serviteur ? Merlin c'est pas un serviteur, c'est un magicien, c'est vraiment naze comme jeu de rôle ! »
Merlin fit chut avec le doigt en la regardant. Il attendit qu'Arthur s'éloigne :
« Jeune fille, ici on ne parle pas de magie, celui qui fait de la magie est puni de mort, par le roi Arthur Pendragon qu'on vient de croiser.
Ambre : Quoi, comme la peine de mort ? »
Merlin hocha la tête.
Ambre : « J'suis tombée chez des sauvages ! »
Merlin et Ambre arrivèrent chez Gaius ; il glissa la tête dans la porte pour voir s'il était seul.
Gaius : « Merlin qu'est-ce tu fais là ? Tu as une mine effrayante, ne reste pas dans l'encadrement de la porte et ferme celle-ci, il fait froid ! »
Il regarda vers la fenêtre…
« En plus on dirait qu'une drôle de tempête se prépare dehors ! »
Merlin : Ce n'est pas une tempête ! »
Et il rentra dans la pièce, regardant vers le sol, gêné comme un gosse qu'on aurait pris en flagrant délit ; avec Ambre accrochée à sa main !
Gaius eut le souffle coupé : « Merlin… Qu'as-tu fait ? »
Ambre entra dans la pièce de Gaius et chipota toutes les fioles qui étaient à sa portée : « Wouaw, ce n'est pas vraiment un festival médiéval… Elle était grave !
Gaius la suivit pour reposer ses précieuse fioles : Veuillez ne toucher à rien jeune fille, en voilà des manières ?
Ambre se retourna vers Gaius: Salut, moi c'est Ambre ; et toi ?
Gaius : Grand dieu ! Jeune fille, ici on attend que les adultes vous adressent la parole et on ne touche pas à tout ! Je m'appelle Gaius, je suis le médecin de la cour et tout ceci sont de précieux médicaments ! Ambre : ce n'est pas un prénom qu'on peut utiliser ici.
Ambre : On me l'a déjà dit ça ! Alors vous croyez vraiment à la magie ? »
Elle siffla entre ses dents : « Et la peine de mort, ça existe alors ?
Gaius très patient : Une jeune demoiselle ne siffle pas ; oui, je crois en la magie et son exercice est puni de mort !
Ambre : Il est pas mort lui ? »
En tendant le doigt vers Merlin !
Gaius leva les yeux au ciel : « On ne pointe pas les gens du doigt ; Merlin qu'as-tu fais ? »
Merlin ne bougeait pas. Il n'osait pas décoller le regard du sol.
Ambre : « Ben il a fait la vaisselle comme le Merlin du dessin animé.
Gaius, estomaqué, regarda Merlin, puis se tourna vers Ambre : Qu'est-ce que c'est un dessin animé? Qui est ce Merlin ? Merlin je t'ai déjà dit qu'on n'utilisait pas la magie pour son usage personnel.
Merlin presque aphone : Assez, j'ai nettoyé la moitié de la bibliothèque, j'ai rangé la cuisine à moi tout seul, je suis malade ; et puis il faut que tout le monde mange… (Silence)… Je m'excuse Gaius !
Gaius : Explique-moi ?
Merlin : J'ai voulu énoncer la formule pour la vaisselle, et je me suis mis à tousser… Je ne sais pas ce que j'ai dit… Elle était là ! C'est elle Gaius ; dans mes visions…
Gaius : Quoi et c'est tout ? Merlin tu veux dire qu'elle vient de… L'initiation !
Ambre : Hé, je ne comprends plus rien là ; vous me faites peur…Et puis c'est quoi ces histoires de magie, la magie c'est juste des trucs, tout le monde sait que ça n'existe pas. Et la peine de mort c'est interdit ! »
Merlin s'approcha d'Ambre et ouvrit sa main devant elle ; dedans dansaient de petites flammes !
Ambre : « Coooool ; c'est réel ?
Elle fit le tour de Merlin en cherchant quelque chose : C'est quoi le truc, c'est comme des effets spéciaux ? »
Merlin secoua la tête, il n'avait jamais vu quelqu'un d'aussi imperméable à la magie.
Il se mit à genoux près d'Ambre, souffla dans ses mains : une graine apparut, puis la graine germa, grandit et devint une très jolie fleur.
Ambre resta silencieuse devant la fleur !
Gaius : « Merlin, comment fais-tu sans énoncer de formule ?
Merlin secoua la tête, tout bas il dit à Gaius : Je ne sais pas ! »
Il sentait la peur d'Ambre grandir au fur et mesure qu'elle comprenait, envahir son esprit ; il n'osait pas bouger !
Ambre ne bougeait pas non plus, elle sentait une panique monter en elle, alors qu'elle regardait cette fleur magnifique comme elle n'en avait jamais vue ! Gaius non plus ne bougeait pas, il avait juste conscience d'assister à quelque chose d'extraordinaire. Il avait aussi peur ; peur que quelqu'un ne rentre à ce moment ! Merlin ressentait les émotions de tout le monde dans sa tête et bloqua le verrou de la porte à distance !
Ambre l'entendit… Elle paniqua : «Tu vois que tu m'enlèves, tu m'enfermes ; en plus c'est pas un festival médiéval… »
Merlin voulut lui dire quelques chose, mais il eut une quinte de toux affreuse, et Ambre se raccrocha à quelque chose de connu : quand elle était plus petite, et que ses parents s'étaient séparés, elle soignait ses nounours… Comme un médecin, elle avait l'impression de maitriser un peu les choses !
Elle mit sa main sur son front : « C'est vrai que tu es arrangé tu sais… »
Merlin ne bougeait pas, conscient qu'elle avait très peur et qu'il fallait qu'elle agisse ! C'était vraiment déstabilisant, il ressentait toutes les humeurs de l'enfant comme s'il s'était agi des siennes… Chaque sursaut de l'émotion enfantine le désarçonnait tant elle passait d'une à l'autre, il devait tout faire pour qu'elle se calme sous peine se mettre à paniquer avec elle. Quelque part au fonds de sa terreur, il ressentit une grande tristesse passée. Il comprit qu'elle se raccrochait à quelque chose de concret de sa courte existence. Il eut énormément de respect pour le courage de ce petit bout de femme. Et lui dit :
« Moi je n'ai presque pas connu mon père… »
Ambre qui se raccrochait désespérément à du connu : « Ça c'est vraiment pas de bol, moi je vois le mien une semaine sur deux. »
Ambre sortit des choses de son petit sac : « Tu sais ma maman, elle est flippée ; comme une mère quoi… Normal ! Quand on s'éloigne de la maison pour les vacances, elle me donne toujours pleins de médicaments juste au cas où ! »
Elle tendit une petite boule de couleur à Merlin : « Tiens déjà, tu mets ça dans ta bouche ; attention, il ne faut pas le croquer. Tu dois le laisser fondre dans ta bouche ok ? »
Merlin acquiesça en mettant la petite chose ronde dans sa bouche. Étonnamment, il sentit la chose agir sur son affreux mal de gorge !
Ambre : « Voilà c'est bien, si tu es malade tu ne vas pas pouvoir m'aider à rentrer! Ensuite tu prends ça, c'est une aspirine, tu la mets dans l'eau, tu attends que ça se soit dissous ; et puis tu l'avales en te pinçant le nez…Parce que ça n'a vraiment pas un bon goût ! »
Merlin prit l'étrange petit paquet couleur argent comme du métal ; mais mou avec quelque chose de rond dedans ! Il alla à la table et se servit un gobelet d'eau. Il essaya de défaire le papier argenté, mais n'y arriva pas, c'était comme soudé !
Ambre vint près de lui, et lui expliqua : « Tu vois, il y a un petit cran là, tu tires dessus et ça s'ouvre ! »
Merlin mit le cachet blanc dans le gobelet, et cela fit des bulles ! Gaius s'approcha pour voir.
Ambre : « Quand ça ne fait plus pshhhhhh… tu le bois, et tu vas te reposer un quart d'heure pour que ça agisse ! »
Gaius était estomaqué devant cette enfant sans âge qui pratiquait une médecine inconnue ; parfois elle avait des comportements d'enfant, et parfois d'adulte ! Et il ne put s'empêcher d'être inquiet pour Merlin qui ingérait des substances inconnues alors qu'il était déjà malade !
Merlin lui dit : « C'est sans danger Gaius, Ambre ne va pas m'empoisonner ? N'est-ce pas Ambre…»
Sa voix était déjà plus claire.
Gaius n'en revenait pas : « Merlin tu entends mes pensées ? Ta voix…
Ambre : Ben on se fait confiance ? Tu es mon ami ? Ok ? »
Merlin répondit oui, puis but le gobelet.
Ambre : « Voilà, maintenant tu dois te coucher un quart d'heure le temps que le médicament agisse, et tu n'auras plus de température !
Gaius : De température ?
Ambre : Ben oui de la fièvre quoi !
Gaius : Tu dis que cette chose fait tomber la fièvre ? Je peux en avoir un ?
Ambre : Pourquoi t'as mal à la tête ?
Gaius : Non mais je voudrais savoir comment c'est fait !
Ambre : Ah, ça moi je sais pas, on l'achète juste au magasin comme ça ! »
Elle lui tendit une aspirine effervescente.
