CHAPITRE XI.
QUI A VOLÉ LES TARTES ?
Le roi et la reine de cœur étaient assis sur leur trône au milieu d'une assemblée constituée de plusieurs sortes de petits trolls et d'autres créatures, ainsi que le paquet de cartes tout entier. Devant le couple royal se tenait le valet enchaîné et entouré de deux soldats. Près du roi se trouvait le pitiponk blanc, tenant d'une main une trompette et de l'autre un rouleau de parchemin.
Au beau milieu de la salle, il y avait une table sur laquelle était posé un grand plat de tartes qui éveilla la faim d'Hermione. Elle espéra que le procès terminé, elle pourrait y goûter mais n'y crut pas trop non plus. Aussi se mit-elle à regarder autour d'elle pour distraire son attention des gargouillements de son estomac. « Alors donc, c'est le roi qui juge puisqu'il porte une perruque. Pour l'impartialité, on repassera. » se fit-elle remarquer. « Ça, c'est le banc du jury et les douze créatures, les jurés. » Comme elle s'aperçut qu'ils étaient tous occupés à écrire sur des ardoises, elle interrogea le griffon :
— Ils devraient rien avoir à écrire tant que le procès n'est pas commencé, qu'est-ce qu'ils notent ?
— Ils inscrivent leur nom pour ne pas l'oublier avant la fin du procès.
— Les cornichons ! s'écria Snape, stupéfait.
— Silence dans l'auditoire ! contra aussitôt le pitiponk blanc tandis que le roi balayait vivement la salle du regard pour voir qui parlait.
La sorcière put voir que tous les jurés étaient en train d'écrire « les cornichons » sur leurs ardoises et entendit même l'un d'entre d'eux demander à son voisin comment écrire « cornichons ». Un autre avait un crayon qui grinçait. Insupportée par ce bruit, elle le fit voler des mains de son propriétaire d'un coup de baguette cachée dans le bas de son dos. Ne le retrouvant pas par la suite, il dut écrire avec son doigt.
— Qu'on lise l'acte d'accusation ! ordonna le roi.
— La reine de cœur fit des tartes et le valet de cœur les prit, lu le pitiponk blanc sur son parchemin.
— Délibérez, lança le roi aux jurés.
— Pas toute de suite, s'opposa prudemment la créature. Il a d'autres choses à faire avant.
— Ah oui, c'est vrai... alors, appelez les témoins !
— Tout de suite, votre honneur. Le premier témoin !
Le chapelier se présenta, une tasse de thé dans une main et une tartine recouverte de chocogrenouille écrasé de l'autre.
— Excusez-moi, Majesté. Si j'apporte tout ceci, c'est je n'avais pas tout à fait fini de prendre le thé lorsqu'on est venu me chercher, expliqua-t-il.
— Vous auriez dû avoir fini, grinça le roi. Quand avez-vous commencé ?
— Le quatorze, je crois, répondit-il après avoir jeté un regard par-dessus son épaule en direction de ses deux compères, qui l'avait suivi dans la salle.
— Le quinze ! dit le lièvre.
— Le seize ! ajouta le loir.
— Notez cela ! fit le roi aux jurés qui reportèrent les trois dates sur leurs ardoises, en firent l'addition et cherchèrent à réduire le total en mornilles. Retirez votre chapeau ! exigea-t-il ensuite du chapelier.
— Il n'est pas à moi.
— Volé ! Notez cela !
— Je les vends. Je n'en ai pas à moi : je suis chapelier.
La reine enfila alors une paire de lunettes aux verres en cul-de-bouteille rendant ses yeux plus globuleux encore qu'au naturel et se mit à fixer intensément l'homme qui pâlît rapidement d'être ainsi observé.
— Faites votre déposition, dit le roi. Et cessez de vous agiter de la sorte ! ajouta-t-il alors que le chapelier passait d'un pied sur l'autre en surveillant tellement nerveusement la reine du coin de l'œil qu'il mordit sa tasse au lieu de sa tartine.
Hermione ressentit une étrange sensation indéterminée qui la fit se tourner vers Snape pour le lui dire. Il répondait qu'il éprouvait la même chose quand ils se rendirent compte de ce dont il s'agissait : ils recommençaient à grandir.
— Ne poussez pas comme ça ! s'exclama le loir. Déjà que je n'ai presque pas de place…
— Ce n'est pas de notre faute, susurra doucement la sorcière. On grandit.
— Vous n'avez pas le droit de faire ça ici, assura-t-il avant de se déplacer de l'autre côté de la salle.
Pendant ce temps-là, la reine n'avait pas arrêté de dévisager le chapelier de plus en plus troublé.
— Faites votre déposition, répéta le roi exaspéré. Ou je vous fais exécuter.
— Je ne suis qu'un pauvre homme, Majesté, fit le concerné d'une voix chevrotante. Il y avait à peine une semaine ou deux que j'avais commencé à prendre mon thé, et avec ça, les tartines s'amincissaient et les dragées du thé…
— Les « dragées » de quoi ?
— Ça a commencé par le thé.
— Dragée commence par un d ! Vous me prenez pour un idiot ou quoi ? Continuez.
— Je ne suis qu'un pauvre homme, Majesté. Les dragées et les autres choses m'ont fait perdre la tête. Mais le lièvre dit…
— C'est faux ! l'interrompit brusquement le compère en question.
— C'est vrai !
— Je le nie !
— Il le nie ! intervint le roi. Passez là-dessus.
— Bon… alors, le loir dit. Après ça, je me suis coupé d'autres tartines de chocogrenouille.
— Qu'a dit le loir ? l'interrogea un juré.
— Je ne m'en souviens pas…
— Rappelez vous en ou je vous fais exécuter ! lança sèchement le roi.
Tragiquement, le chapelier laissa tomber tasse et tartine. Puis mit un genou à terre en s'exclamant « Je ne suis qu'un pauvre homme, Majesté ».
— Vous êtes surtout un très pauvre orateur, considéra le roi. Puisque c'est tout ce que vous savez, vous pouvez vous prosterner.
— Je ne peux pas me prosterner plus bas que ça : je suis déjà par terre, lui fit observer l'homme.
— Alors asseyez-vous.
— J'aimerais mieux si possible aller finir de prendre mon thé….
— Allez, allez, hors de ma vue !
Tandis que le chapelier quittait la cour sans demander son reste, la reine ordonna à un huissier de lui couper la tête dehors. Mais il était déjà trop loin quand celui-ci arriva à la porte.
— Appelez un autre témoin, s'exclama le roi.
La cuisinière de la duchesse se présenta, la poivrière à la main et les sorciers devinèrent qu'il s'agissait d'elle avant même qu'elle n'entre, les personnes se trouvant près de la porte s'étant mises à éternuer.
— Faites votre déposition.
— Non.
— Vous devez interroger ce témoin-là contradictoirement.
— Bien… de quoi les tartes sont-elles faites ?
— Principalement de poivre.
Coulant un regard en coin à Snape et son élève prit soudainement conscience de son malaise. Elle se souvint alors de « l'acte impardonnable » dont il lui avait évasivement parlé et, faisant le rapprochement avec son état actuel, en déduisit qu'il devait être illégal. Elle soupira : « il n'en finira donc jamais de passer pour le méchant de service… » pensa-t-elle, lasse.
— En général, les gens comme moi finissent plutôt mal quand ils se retrouvent dans ce genre d'endroit, lui confia-t-il comme s'il avait comprit qu'elle avait saisi sa gêne.
Ne sachant que répondre, elle glissa silencieusement sa main dans la sienne et la lui caressa du pouce. Elle se rendit ensuite compte de l'agitation ambiante, les huissiers mettant le loir à la porte sans qu'elle n'ait fait attention à la raison de cette expulsion, perdue dans ses pensées. Une fois le calme revenu, la cuisinière avait disparu.
— Tant pis, assura le roi. Appelez le troisième témoin.
Le pitiponk blanc consulta brièvement la liste qu'il tenait entre ses mains puis s'écria : « Hermione ! »
Note de Sevy4ever : Voilà un procès comme on en voit pas tous les jours ^^ Notre pauvre Severus a dû avoir un avant-goût de ce qui pourrait lui arriver s'il met à exécution les projets dont il a parlé à Hermione... j'espère que tout ça finira bien *demande sensée être discrète à l'intention de l'auteur* XD Bon, j'ai bien aimé ce chapitre mais je dois dire que j'ai hâte de retrouver notre couple de sorciers préférés. C'est comme tu nous en as donné l'habitude, du très bon boulot ^^
Note de DaPlok : A peine flag la demande, Sevy :) C'est vrai que le couple était moins présent dans ce chapitre mais trop l'imposer aurait gâché son rythme. Au programme du prochain, la fin du procès et le retour de nos deux sorciers préférés.
*** Sevy4eveR Touch ***
- Elle espéra que le procès terminé, elle pourrait y goûter mais n'y crut pas trop non plus.(Ouais, ben chez moi on dit laisse croire les biguines. En gros : te fais pas trop d'illusions ^^)
- Notez cela ! fit le roi aux jurés qui reportèrent les trois dates sur leurs ardoises, en firent l'addition et cherchèrent à réduire le total en mornilles. (Ah ben oui, c'est logique, mais il ne faut pas qu'ils oublient de retenir deux noises par tartine XD)
- Il répondait qu'il éprouvait la même chose quand ils se rendirent compte de ce dont il s'agissait : ils recommençaient à grandir. (Oups... c'est bien le moment, tiens )
- Dragée commence par un d ! Vous me prenez pour un idiot ou quoi ? Continuez. (XD)
- Puisque c'est tout ce que vous savez, vous pouvez vous prosterner. (Et ben, il se prend pas pour de la crotte de veracrasse, le roi XD)
- Principalement de poivre. (Miam … quand je pense que mon mari dit que ma cuisine est bof bof... XD)
