Et voici l'avant dernier chapitre avec un peu de retard. Le dernier est écrit... dans ma tête. c'est déjà un bon départ et, comme je suis enfin en vacances, je devrais réussir à l'écrire pour la semaine prochaine.

Un grand merci pour les reviews et J'espère que la réaction d'Arthur ne vous décevra pas! et je suis sure que vous aimerez le sors que je leur réserve pour le fin!


Ce n'était pas un rêve, il n'avait que quelques heures pour sauver Arthur mais de quoi ?

En baissant le regard Merlin aperçut le jeune garçon étendu sur le sol et se précipita sur lui. Il le prit délicatement dans ses bras et commença à lui tapoter gentiment le visage, il ouvrit finalement les yeux.

- Ouah, ça c'était de la magie, ou sommes-nous partis

- D'après ce que j'ai compris nous avons voyagé dans le temps. Sans vous tous je n'aurai jamais eu l'énergie suffisante pour y arriver répondit le sorcier.

- Et que te voulait ce vieux monsieur tout rabougri ? il n'avait pas l'air très gentil.

- Il voulait me mettre en garde contre un grand danger imminent… je dois vous laisser, je n'ai plus beaucoup de temps pour sauver le prince Arthur et Albion… de je ne sais quel danger !

Le jeune sorcier était déjà debout et se dirigeait vers l'endroit que lui avait indiqué son moi du futur comme le théâtre du futur drame.

- Emrys attend !

Le jeune garçon se précipita vers lui

- Il m'a donné ça avant de partir en me disant que tu en aurais besoin contre Morgane, que ça permettrait de faire disparaitre ses pouvoirs comme s'ils n'avaient jamais existés. Si j'ai bien compris, la pierre semble absorber tous les pouvoirs, il ne faut surtout pas que tu la touches directement, ni que ta magie se retrouve en contact avec elle, sinon elle disparaitra.

Il lui tendit un petit morceau de tissu dans lequel reposait une pierre rose qui semblait rayonner de l'intérieur, elle avait presque l'air vivante. Merlin l'enferma précautionneusement et la remis à l'abri dans sa poche. Il demanderait à Gaius de faire des recherches là-dessus, enfin s'il en avait le temps et s'il parvenait à le revoir

Il remercia chaleureusement le groupe de druides et se remit en route, le temps était compté, il n'était qu'à quelques heures de l'endroit où devait se trouver Arthur et ses chevaliers mais il devait aussi avoir le temps d'évaluer le terrain et d'essayer de découvrir d'où venait le risque.

Il courrait à moitié sur le chemin, même s'il ne savait pas quel serait l'accueil du prince il ressentait une douce euphorie en pensant qu'il allait le revoir. Cela faisait trop longtemps, il avait rêvé chaque nuit de revoir son doux visage, son sourire arrogant et ses lèvres si douces qu'il souhaitait tant caresser à nouveau. Il ressentit une chaleur au creux de ses reins, il n'y avait pas que ses lèvres qu'il souhaitait caresser à nouveau. Il fallait qu'il revienne sur terre, s'il était parti ce n'était pas sans raisons, c'était pour protéger le futur Royaume et Arthur mais à priori il avait fait fausse route et il savait que son mea culpa allait être très long Le jeune pandragon était très fier et allait surement lui faire payer très durement sa fuite… il était parti pour nettoyer les écuries et brosser les armures pendant une centaine d'années. Même cette pensée le fit sourire

C'est dans un état d'esprit plutôt optimiste qu'il avança ainsi à bonne allure lorsqu'il aperçut de la fumée, il ne devait plus être très loin du camp et il était largement en avance sur l'horaire prévu. Il devait être un peu plus de minuit alors que l'attaque ne devait avoir lieu qu'en fin de matinée, Merlin décida de faire le tour des lieux pour essayer d'identifier la source du mystérieux danger.

Il était d'accord sur un point avec Arthur, sa maladresse était réelle et non feinte, il lui fallut donc moins de dix minutes pour chuter dans les casseroles du dernier repas, réveiller les chevaux et se retrouver avec 4 chevaliers le tenant en respect du bout de leurs épées.

La nuit étant assez dense, aucun d'eux ne l'avait reconnu, ils le menèrent donc au milieu du camp vers la tente du prince en le jetant à terre une fois arrivés à destination.

- Est-ce trop demandé que d'avoir un moment tranquillité ? qu'est ce que c'est que tout ce raffut, demanda le jeune pendragon en sortant de la tente.

Merlin leva la tête vers lui et fut surpris de lui trouver un masque froid et dur sur le visage, il paraissait plus âgé, plus triste et surtout plus inquiétant ainsi que lorsqu'il l'avait quitté quelques mois plus tôt

- Euh bonjour sire, je me suis dit que vous aviez certainement besoin d'un peu aide pour organiser ce campement, il y a des choses qui trainent partout, c'est vraiment dangereux quand on veut se promener un peu la nuit essaya de plaisanter le jeune homme.

Lancelot et Gauvain se précipitèrent vers lui pour l'aider à se relever et lui donner une franche accolade.

- Merlin enfin ! où étais-tu passé ? pourquoi as-tu disparu si longtemps ? lui demanda Gauvain en le libérant enfin de son étreinte

- C'est une longue histoire….

- Que personne ici n'a envie d'entendre compléta le prince, jetant un froid dans l'assistance.

Un éclair était passé dans son regard lorsqu'il avait reconnu son ancien serviteur, mais son masque glacial avait repris sa place et ses yeux semblaient maintenant vouloir le transpercer.

- Tu as deux minutes pour quitter le camp et ne plus jamais revenir, si je te renvoi ce sera pour monter sur le bucher

Le jeune sorcier était mortifié, Arthur ne pouvait pas parler sérieusement ! Il savait qu'il allait lui falloir du temps pour qu'il le pardonne mais là il ne lui laissait aucune chance il ne pouvait quand même pas le détester à ce point là

- Sire je vous en prie, laissez moi vous expliquer. Tout ce que j'ai fait c'était pour le bien du Royaume. Je sais que c'était une erreur mais…

- Vas donc le construire ailleurs ton précieux royaume, tu es banni de celui de Camelote. Je n'aime pas du tout les lâches et les déserteurs

- Arthur, implora Merlin en tentant de se rapprocher de lui

Le prince avait sorti son épée et se retourna brusquement vers le jeune sorcier, lui faisant une légère entaille sur la joue dans le mouvement.

- Il ne te reste plus qu'une minute pour partir si tu veux rester en vie

Merlin lui jeta un dernier regard suppliant puis se retourna vers ses amis, espérant y trouver un soutien mais ceux-ci étaient liés par leur devoir envers le prince et Camelote et n'iraient certainement pas à l'encontre de ses ordres même si cela leur brisait le cœur.

Le jeune sorcier avait l'impression de vivre un cauchemar éveillé, il avait tellement rêvé ce moment et dans ses rêves il n'était que douceur et sourire. Il ne voyait pas d'autre issue pour le moment que de battre en retraite. Il devait au moins rester en vie pour sauver la propre vie d'Arthur, il verrait après comment sauver son âme.

Ça allait être plus compliqué de le protéger s'il devait en plus se cacher de lui. Une aide inespérée tomba du ciel alors qu'il s'enfonçait dans la forêt… du ciel ou de l'enfer…

- Reviens immédiatement !

Merlin se retourna, pour voir Uther Pendragon qui avait rejoint son fils et le fixait attendant qu'il s'exécute. Le jeune homme se souvint alors que le roi avait lancé des poursuites contre lui, la situation ne s'arrangeait décidément pas, il aurait vraiment du rester caché dans la forêt.

Il restait indécis, lorsque deux gardes vinrent l'encadrer pour « l'inviter » à obtempérer.

- Arthur je peux savoir ce qui se passe ici ? on retrouve enfin ton précieux serviteur et tu le chasses ?

- Je prends les décisions qui me semblent nécessaires pour « le bien du royaume » répondit celui-ci en insistant sur la fin de sa phrase en fixant Merlin qui comprit la référence à sa propre excuse pour l'avoir fui.

- C'est encore moi qui dirige ce royaume et je souhaite qu'il reste à ton service

Le jeune prince marqua un bref instant d'étonnement. Depuis quand son père se préoccupait-il du sort d'un simple serviteur. Mais celui-ci ne semblait pas souhaiter s'expliquer sur les motifs de sa décision.

- Bien, faites comme bon vous semble mais je ne veux pas de lui à mon service, j'ai besoin de personnes en qui j'ai confiance et je n'ai aucune confiance dans les déserteurs lui répondit-il.

Il se pencha vers Merlin et lui murmura à l'oreille : « soutiens ma décision si tu ne veux pas que je parle à mon père de tes tours de magie, je suis sûr que tout est préférable au bucher ».

Malgré la dureté de ces propos, le jeune sorcier ne put retenir un frisson en sentant le prince si près de lui. il était certain qu'il ne mettrait jamais sa menace à exécution mais cela ne servait à rien de l'énerver davantage. S'il pouvait déjà revenir à Camelote, il arriverait bien à lui parler pour le ramener à de meilleurs sentiments par la suite.

- Votre majesté, je vous remercie pour votre générosité, je peux me mettre au service de Gaius si cela vous convient tous les deux.

- Je n'y vois pas d'inconvénient répondit le roi

- Tant que tu restes hors de ma vue cela me convient compléta le prince en retournant dans sa tente.

La pression retomba aussitôt et les chevaliers entourèrent aussitôt Merlin, Gauvain lui assenant la première accolade. Ils l'emmenèrent ensuite autour du feu de camp en le pressant de questions sur les raisons de son départ et sur ce qu'il avait fait au cours de ses mois d'absence.

- Où étais-tu passé ? on s'est fait un sang d'encre pour toi ?

- Il ne fallait pas vous inquiétez, vous savez que je suis tout à fait capable de me défendre. J'avais besoin de faire le point sur certaines choses.

- Tu aurais pu faire ton point plus près de nous, ou au moins à Camelote ! Arthur était d'humeur massacrante ! A croire que tu n'es pas si incompétent que ça comme serviteur.

- Que croyez-vous, je vous ai toujours dit que j'étais irremplaçable ! vous mésestimez mes talents ! dit le jeune sorcier avec un sourire.

- Tu parles de ta discrétion naturelle ? demanda Gauvain

- Ou de ton sens de l'équilibre et du camouflage ? ajouta Lancelot en référence à sa brillante entrée dans le camp

- A moins que tu ne parles de tes talents de cuisinier ? compléta Elyan

- Oui bon ça va, si c'est pour faire insulter je préfère retourner dans la forêt !

- Mais non Merlin nous sommes tous conscients de tes qualités, sans toi Arthur n'est plus lui-même. Quelle que soit la façon dont tu t'y prennes, il faut que tu exerces à nouveau tes talents auprès de lui intervint Leon.

Merlin rougit légèrement, Léon ne pouvait pas connaitre sa relation avec le roi, sinon il ne pourrait certainement pas approuver. Ses paroles semblaient pourtant pleines de sous-entendus

- N'exagérez pas, le prince n'a pas tant besoin de moi, il se débrouille très bien tout seul

- Ne crois pas ça Merlin dit doucement Léon, depuis que tu es parti, il est d'humeur exécrable. Il prend des décisions injustes, passe ses soirées à boire et le peuple commence à se plaindre.

Les chevaliers ne plaisantaient plus, ils avaient baissé la tête, la plupart d'entre eux avaient un regard triste ou perdu dans le feu dont les flammes crépitaient devant eux .

Le jeune sorcier ne pouvait croire que la situation avait tant dégénérée, Arthur se débrouillait très bien avant qu'il n'entre dans sa vie, bon ce n'était qu'un petit prince arrogant mais il avait quand même déjà de grandes qualités de cœur. C'est sûr qu'il avait appris à son contact à davantage écouter et respecter son peuple mais il aurait appris aussi à la faire sans lui.

Il avait tellement envie d'aller lui parler, de revoir son regard brulant en dessous de ce masque qu'il lui avait proposé toute à l'heure. Il se leva et se dirigea vers la tente princière. Il souleva un des pans et pénétra à l'intérieur sans s'annoncer… quitte à ce qu'Arthur soit de mauvaise humeur autant que ce soit pour quelque chose ! Et de toute façon il lui aurait interdit d'entrer, il n'aurait pas obéi donc autant gagner du temps.

Il le trouva allongé sur son lit, les yeux fermés. Il semblait tellement détendu, et encore plus beau que dans ses souvenirs. Merlin s'approcha doucement de lui et tendit sa main vers sa joue… il ne put finir son mouvement que le bras d'Arthur s'était levé pour l'interrompre.

- Tu n'es même pas capable de comprendre un ordre simple ? je t'ai dit que je ne voulais plus jamais que tu t'approches de moi. Je sais que tu es stupide mais là tu joues avec ta vie, sorcier

Merlin pouvait maintenant voir ses yeux grands ouverts dans lesquels brillait une colère intense. Il en était effrayant mais le jeune homme était heureux d'y voir des sentiments plutôt qu'une totale indifférence. Arthur se redressa.

- Que s'est-il passé Arthur ? vous avez toujours été prêt à écouter et prêt à pardonner et là vous me refusez ce droit ?

- On voit bien où m'a mené ma faiblesse vis-à-vis des serviteurs et du peuple ! aucun respect, aucune reconnaissance ! Je te rappelle à qui tu parles ! mon père a peut-être été clément avec toi mais je ne suis pas sur qu'il approuverait ta familiarité ! quand tu t'adresses à ton prince tu dois baisser la tête et m'appeler par mon titre.

Ça allait vraiment être difficile, Arthur ne semblait vraiment pas prêt à se laisser approcher. En même temps, il avait dû prendre sa fuite pour une trahison mais il savait ce que c'était d'agir par devoir, il devrait pouvoir comprendre son choix.

- Sire, je suis désolée si vous avez souffert de mon départ, je ne….

- Souffrir de quoi ? tu n'étais rien de plus qu'un passe temps, et loin d'être le meilleur en plus. Et en tant que serviteur tu es nul. Ton départ était une bénédiction mais je ne supporte pas les déserteurs et les traitres. A la limite tu peux être utile face à Morgane, c'est juste pour cela que je te tolérerais.

- Comment pouvez-vous dire cela ! s'indigna le brun. Vous savez quels sont mes sentiments à votre égard ! je ne vous ai jamais trahi ! et je sais que vous aussi vous ressentez quelque chose pour moi, au moins de l'amitié

- Amitié ? sentiments ? tu plaisantes ? je n'ai rien à faire avec quelqu'un comme toi s'esclaffa le prince.

- Je ne vous crois pas, murmura merlin avec tellement de tristesse dans la voix

Le regard du prince devint presque cruel, il attrapa le bras de son ancien serviteur et le fit basculer sur le lit. En une pirouette il se retrouva au-dessus de lui et plaqua violemment sa bouche contre la sienne. Au début, Merlin se sentit traversé d'un long et délicieux frisson, il avait tellement rêvé de son contact qu'il en était électrisé. Mais rapidement, il se rendit compte que ce baiser n'avait rien de tendre, il était brutale et dur, sans aucun sentiment. Il essaya de se dégager mais Arthur était beaucoup plus fort que lui et le maintenait fermement sous lui.

- C'est ça que tu appelles des sentiments ? c'est ça qui te manquait tant demanda le prince en passant sa main sous la chemise du brun.

Il plongea son regard dans ses grands yeux bleus et les vit plein de larmes. Il le lâcha

- Vas t'en et souviens toi de ne plus m'approcher

Le jeune sorcier sortit, laissant enfin ses larmes couler librement. Il courut à travers le camp et ne s'arrêta qu'à l'abri des arbres. Il sentait son cœur battre fort dans sa poitrine, il avait l'impression qu'il allait exploser mais ça ne provenait pas de sa course effrénée. Qu'avait-il fait ? comment son prince avait-il pu autant changer en quelques mois ? On avait dû lui jeter un charme, il ne voyait pas d'autres raisons. Il fallait qu'il se calme, qu'il reprenne ses esprits, chaque chose en son temps.

Il inspira profondément.. d'abord éliminer le danger puis récupérer Arthur, il était décidé. Il allait découvrir ce qui c'était passé et récupérer son prince, car, même si celui-ci l'avait effrayé, il avait senti la tristesse et la solitude sous son agressivité. Son « moi du futur » avait raison, il ne pouvait décidément rien faire sans lui. C'est fort de ses bonnes résolutions qu'il rejoint le camp. Il devait se reposer au moins quelques heures avant le levé du jour s'il voulait tenir debout;

A peine allongé, il ferma les yeux.


Sous sa tente, Arthur ne parvenait pas à trouver le sommeil. Il s'était pourtant entrainé à ne plus laissé aucun sentiments traverser la carapace qu'il s'était forgé. Il savait depuis toujours qu'un Roi était toujours seul mais son ancien serviteur avait réussi petit à petit à se rendre indispensable, il avait réussi à lui faire croire qu'il tenait à lui, qu'il l'aimait pour lui et non pas pour ce qu'il représentait. Il s'était même dressé contre son père pour le défendre. Et pour quoi ? Etre abandonné et humilié ! c'était un homme d'action et il n'avait pas voulu rester à se morfondre. La douleur qu'il avait ressentie c'était transformée rapidement en haine envers son ancien ami et tout ce qu'il avait essayé de lui inculquer. L'abus d'alcool n'avait certes pas aidé à prendre de bonnes décisions.

Voilà comment, petit à petit, il s'était mis à l'écart de tout le monde. Ses chevaliers avaient bien essayés de lui faire entendre raison, mais il les avait sèchement remis à leur place, n'acceptant plus les familiarités qu'il avait laissé s'installer à cause de Merlin. Certains d'entre eux se souvenaient d'ailleurs des pénibles séances d'entrainements qu'ils avaient subis suite à leurs remarques. Gaius et Guenièvre n'eurent pas plus de succès.

Ainsi, même si tout le monde désapprouvait, personne n'essayait plus de l'approcher… jusqu'à aujourd'hui. Il pensait être plus fort que ça mais il devait bien se rendre à l'évidence, ses sentiments étaient toujours intacts envers le jeune homme. Quand il l'avait vu devant lui, sur le coup, il avait eu envie de sourire bêtement et de lui sauter dans les bras, de prendre ses lèvres magnifiques avec les siennes. La tentation avait été encore plus forte quand il l'avait surpris dans sa tente. Mais le souvenir de sa trahison était revenu en force et il avait cherché à lui faire du mal pour l'écarter définitivement de lui .

S'il arrivait à manipuler son esprit pour lui faire croire qu'il était prêt à oublier Merlin, son cœur et son corps ne se laissaient pas convaincre et il avait encore l'impression de sentir le torse du brun sous ses mains. Son intimité restait très sensible et, malgré sa culpabilité, il se soulagea en imaginant que c'était es mains de son ancien serviteur qui le caressait.

Apaisé, il s'endormit, soulagé d'avoir pris une décision définitive, quoiqu'il arrive il ne laisserait plus Merlin l'approcher. Demain il exigerait qu'il soit banni du royaume pour être sûr de ne plus être soumis à cette tentation.


A l'aube les chevaliers avaient déjà commencé à lever le camp et finirent rapidement de tout préparer pour le départ sous les ordres d'Arthur. Le roi et le prince de Camelote se mirent en route, tous les deux en tête du convoi. Le jeune pandraggon attaqua aussitôt sur le sujet qui le préoccupait :

- Père je ne comprends pas votre clémence vis-à-vis de mon serviteur. C'est pourtant vous qui me rappelez sans cesse qu'il faut montrer l'exemple au peuple si on veut qu'il nous respecte. Et là vous le laissez revenir alors qu'il a déserté.

- Je n'ai pas à justifier mes décisions, c'est encore moi le roi ! J'ai mes raisons.

- Vous savez pourtant qu'il a, à maintes reprises, était suspecté de magie. Là c'était vraiment un coup bas, il ne voulait pas que Merlin finisse sur le bucher mais un bannissement serait parfait.

- Et tu m'as à chaque fois expliqué qu'il était innocent et tu m'as convaincu, lui rétorqua le roi.

- Et si je m'étais trompé ? depuis son départ les langues se sont déliées et il semblerait que vos soupçons étaient fondés.

- Ça suffit Arfthur, je te l'ai dit, j'ai mes raisons pour le laisser revenir près de nous, alors n'insiste pas.

- Très bien, mais je me demande comment vous pourrez justifier son maintien, une fois que la rumeur qu'il est sorcier commencera à courir. Comment pourriez-vous conserver votre crédibilité, vous qui avez toujours rejeté la magie ?

- Est-ce que tu me menacerais ?

- Je n'oserai pas, père, je me préoccupe juste de votre réputation.

Merlin restait aux affuts, l'heure théorique de l'attaque approchait, il s'était rapproché discrètement d'Arthur qu semblait en grande conversation avec le roi et ne se préoccupait pas de ce qui se passait aux alentours.

Il était presque derrière eux maintenant, et les bribes de conversation qu'il pouvait entendre et qui parlait de lui et de magie l'inquiétait mais ce n'était pas le moment de se laisser distraire. Il allait devoir protéger Arthur tout en restant très discret, le blond n'attendait qu'un faux pas de sa part pour le faire bannir, et il n'allait certainement pas le laisser faire si facilement. Il était prêt à ….

Un mouvement sur sa droite lui fit tourner la tête, juste à temps pour voir un arbre s'abattre sur leur chemin. Il se précipita en avant pour ne pas être séparés de la famille royale. Le reste de la troupe fut bloquée de l'autre côté, le chemin était étroit et, s'il n'arrivait pas à enlever le tronc, ils allaient devoir faire un long détour pour les rejoindre, les laissant seuls pendant un trop long moment dans ce qui ressemblait, à n'en pas douter, à un piège.

Deux chevaliers inexpérimentés complétaient leur petite troupe alors qu'une petite troupe commençait à surgir devant eux. Le prince, le roi et les deux chevaliers se mirent en garde et commencèrent à repousser les assaillants. Ils étaient nombreux, et même s'ils n'avaient pas de grandes qualités de guerriers, ils commençaient à gagner du terrain. Merlin restait en retrait ne pouvant se résoudre à intervenir tant que ce n'était pas nécessaire.

Arthur combattait deux attaquants, lorsque le jeune sorcier surprit un troisième le prenant à revers. Essayer de tuer un homme de dos, c'était vraiment lâche ! Merlin attrapa une épée à terre et se précipita pour le défendre et se retrouva nez à nez avec Léodagan. Il repoussa son épée alors que celui-ci s'apprêtait à frapper le prince.

- Encore toi, espèce de larve ! tu n'auras fait que me causer des soucis ! mais cette fois je vais prouver à dame Morgane ma valeur et obtenir le poste qui me revient !

Il était fou de rage et se jeta sur lui comme un forcené, Merlin n'eut que le réflexe de tendre son épée, sur laquelle son adversaire s'empala. La bataille s'arrêta presque aussitôt.

Uther se rapprocha d'Arthur :

- Ne crois-tu pas que le peuple comprendra que j'accorde ma clémence à celui qui vient de sauver la vie de mon unique fils ? lui dit-il avec un sourire victorieux

Le jeune prince comprit qu'il avait perdu cette bataille et il devait en plus reconnaitre qu'il avait apprécié sentir à nouveau près de lui pendant la bataille. Cette sensation d'être protégé, d'avoir quelqu'un sur qui compter… il se secoua, non il ne se laisserait plus approcher.

Merlin avait entendu l'échange. Il ne comprenait pas pourquoi Uther était de son côté, mais il savait maintenant qu'il avait toute les cartes en main pour arranger la situation et, même s'il ne savait pas s'il y arriverait, il allait tout faire pour se faire pardonner.

La journée finissait mieux qu'elle n'avait commencé !


Une petite review?