Bonjour à tous mes petits Loupiots !

J'espère que vous allez bien... De mon côté toujours trop trop de boulot... Need HOLIDAYS haha !

Voici le chapitre 11... Vous allez me tuer hehehe...

Bonne Lecture !

.

.

Réponses aux reviews anonymes

Fan de twilight : merci beaucoup pour ton avis, j'espère que la suite te plaira :)

Souafle : on est d'accord, vive Drago/Hermione hahaha... Je sens que tu vas hurler à la fin du chapitre ;)

Aly : merci pour ta review

Guest : merci pour ton commentaire et avoir partagé tes impressions, à bientôt :)

.

.


Chapitre 11

8 ans plus tôt, décembre

.

.

.

Hermione avait le corps engourdi. Depuis combien de temps n'avait-elle pas bougé ? Une heure, peut être deux, voir trois. Elle avait perdu toute notion du temps. Assise sur le sol de sa salle de bain, à même le carrelage, Hermione était pétrifiée de terreur. Elle aurait préféré affronter les mangemorts une dizaine de fois, au lieu de se trouver dans une situation pareille. Situation qu'elle avait bien cherché, songea-t-elle amèrement, des regrets pleins le cœur.

Elle étouffa un sanglot, et resserra ses bras autour de ses tibias. Hermione avait besoin d'être rassurée comme une enfant. Cependant, sa mère n'était plus là, et ne pourrait plus l'aider ou la conseiller. Elle plongea son visage au cœur de ses bras, et ferma les paupières. Peut-être était-ce un mauvais rêve, et qu'elle allait revenir à la réalité. Néanmoins, lorsqu'elle releva les yeux, le test de grossesse était toujours là en train de la narguer. Un test qui s'était révélé être positif. Le petit bâton moldu était devenu, en l'espace de dix minutes, son pire cauchemar. Jamais elle n'aurait pensé finir un jour enceinte hors-mariage, sans même avoir un semblant de relation stable. Elle était devenue comme toutes les filles qui courraient les rues, d'une banalité effarante, à en oubliant le sens véritable de l'amour.

Instinctivement, elle porta sa main à son ventre. Elle allait devenir la meurtrière d'un être qui n'avait pas eu son mot à dire. Parce qu'elle n'avait aucune intention de le garder, parce qu'elle devait avorter. Hermione ne pensait qu'à cette option depuis qu'elle avait fait le test. Quel avenir possible pour cet enfant, alors que l'environnement était si hostile et dangereux ? Comment pourrait-elle élever un enfant, tout en continuant à risquer sa vie chaque jour ? Hermione voyait les souffrances d'Harry de ne pas avoir grandi avec ses parents. Il y avait assez d'orphelins de guerre pour en accroitre le nombre.

Toutefois, le pire de l'affaire ne résidait pas dans le fait qu'elle soit enceinte, ce qui, en soi, était déjà un poids énorme. Non, le plus affreux était qu'elle ne savait pas qui était le père. A cette pensée, les pleurs d'Hermione redoublèrent. Elle se sentait horrible elle était horrible. Quelle femme digne d'elle-même pouvait en arriver à ce point ? Douter sur l'identité du père de son enfant ? Hermione gémit. Elle avait envie de s'enterrer sous terre, de mourir enseveli par la honte. Bien qu'elle soit toujours en état de choc, elle devait réagir. Trouver une médicomage discrète, telle que Ginny par exemple. Mais pour le moment, elle devait digérer. Et le sol gelé semblait être l'endroit idéal. Ses pensées s'entrechoquaient dans un ballet renversant d'incertitudes et d'inquiétudes. Tout se mélangeait peu à peu dans son esprit.

Elle sursauta brusquement, et poussa un cri aigu, lorsqu'elle vit la porte de la salle de bain s'ouvrir avec fracas.

_ Hermione, qu'est-ce que tu fais ? Nous devons partir sur Traverse maintenant. Pas dans une heure.

Hermione frémit devant la silhouette imposante, mais aussi tellement rassurante de Blaise. Le jeune homme plissa les yeux lorsqu'il remarqua enfin son état catastrophique, mais hésita à s'approcher d'elle. Il était parfais si maladroit. C'était bien une des dernières personnes qu'Hermione avait envie de voir. Pas en raison de leur relation intime passée, puisque cela n'avait en rien modifié leur amitié grandissante. Plutôt par honte de son comportement à elle.

_ Est-ce que … est-ce que tout va bien, demanda-t-il, hésitant et inquiet.

Son ton posé et condescendant rouvrirent les vannes, et des sanglots s'échappèrent à nouveau de sa gorge. Cette fois-ci, Blaise n'hésita pas. Il posa sa veste sur le tabouret près de la porte, et s'accroupit devant la jeune fille, à une distance respectable. Il mit sa main sur son épaule, et Hermione ne put résister à la tentation de s'appuyer contre lui. Face à sa détresse perceptible, il l'entoura de ses bras, tout en essayant de la calmer.

_ Bon, je pense qu'on va annuler Traverse pour cette après-midi. Tu n'es vraiment pas en état. Hermione, qu'est-ce qu'il se passe ?

Elle hoqueta, et resserra ses doigts autour du pull noir de Blaise.

_ C'est de ma faute, c'est de ma faute, répéta-t-elle, telle une litanie. C'est notre erreur. Par Merlin…

_ Bon sang, tu commences à m'inquiéter !

Hermione se détacha alors de lui. Il fallut lui dire la vérité. Il avait le droit de savoir. Elle ouvrit la bouche, mais ne prononça pas les mots tant attendu par son ami.

_ Il faut…. Ginny. J'aimerais que tu trouves Gin, tout de suite, s'il te plait, marmonnait-elle, paniquée.

_ Heu, très bien, répondit-il perplexe. Ne bouge pas, surtout.

Hermione se sentit en partie rassurée. Ginny allait l'aider, à coup sûr. Jamais elle ne la jugerait, elle était capable d'éprouver de la compassion pour tout un chacun. Une des raisons qui faisait d'elle une excellente médicomage, d'ailleurs.

Elle entendit les pas précipités dans le couloir. Quelques minutes plus tard, le visage de Ginny se métamorphosa devant elle, Blaise sur les talons.

_ Tu l'as trouvé comme ça, entendit-elle.

_ Oui, j'avoue qu'elle me fait flipper. Je ne l'ai jamais vu ainsi.

Hermione croisa alors les yeux océans de sa meilleure amie, et essaya de lui transmettre tout son mal-être. Il semblerait que cela ait fonctionné, car elle s'empressa de l'enlacer fermement. Cependant, Hermione eut un haut le cœur. Ce n'était pas une surprise : elle avait constamment des nausées depuis quelques temps. Encore un fait qui lui rappelait sa condition.

Ginny fronça les sourcils lorsqu'elle remarqua son ton livide, et ses yeux bouffis d'avoir trop pleuré. Elle posa sa main contre son front, comme pour prendre sa fièvre. Hermione la vit alors se crisper, puis ses yeux s'écarquiller. Elle avait reconnu le test de grossesse moldu qui trainait sur le sol à côté d'elle. Elle lança un regard indéchiffrable à Hermione, puis attrapa l'objet du délit. Les larmes d'Hermione redoublèrent lorsque Ginny blêmît. La situation devenait tout de suite plus concrète.

_ Hermione, ce n'est pas vrai. Dis-moi que ce n'est pas possible.

La jeune fille hoqueta.

_ Tu dois m'aider Ginny, je t'en prie, je t'en prie…

Hermione glissa sa tête contre les jambes de sa meilleure amie, prostrée et chagrine, tandis que Ginny se mit à caresser sa chevelure indomptable.

_ Il faut d'abord que je fasse le sort de vérification. Ensuite, nous analyserons toutes les possibilités…

_ C'est tout choisi, et tu dois bien t'en douter, murmura Hermione, au plus mal, tandis qu'elle se recroqueviller un peu plus contre le mur. Ne me sors pas le discours habituel que tu dis à toutes tes patientes.

_ Est-ce que quelqu'un va enfin m'expliquer ce qu'il se passe ici ?

Hermione sursauta, elle en avait presque oublié la présence de Blaise. Douloureuse erreur. Elle inspira un grand bol d'air, ferma les paupières, puis fixa intensément le garçon.

_ Je … je suis enceinte.

Les mots sonnèrent étrangement à ses oreilles, et elle frissonna. Elle était au cœur de l'enfer. Néanmoins, son sentiment s'amplifia encore lorsqu'elle vit la réaction de Blaise. Son visage devenait tour à tour blême ou rouge pivoine, au choix. Ginny plissa son nez en le voyant faire. Elle n'allait pas tarder à faire le lien entre eux deux.

_ Attendez, murmura-t-elle.

Elle se releva subitement, fit quelques pas dans la salle de bain. Son regard fit la navette entre Hermione et Blaise.

_ ATTENDEZ, cria-t-elle alors, verte. Vous deux ? Ensemble ? Non, je rêve, je nage en plein délire… Hermione, comment a-tu pu me cacher un truc pareil !

Blaise qui n'avait rien dit depuis la fameuse révélation, ouvrit enfin la bouche.

_ Je ne pense pas que cela soit la préoccupation principale pour le moment, Ginny. Il y a plus urgent.

Ginny se calma instantanément, honteuse.

_ Excuses-moi Hermione, j'ai été surprise sur l'identité du père, et sur le coup de l'émotion…

Hermione se remit à pleurer en abondance à l'entente du mot « père », sous les yeux compréhensifs de Ginny, et angoissés de Blaise.

_ Je … je ne vous ai pas tout dit. Je… Ce n'est pas facile à avouer.

_ Au point où nous en sommes, tu peux tout nous dire, commenta Ginny en douceur.

_ Blaise, je ne sais pas s'il est de toi, murmura-t-elle, en évitant de croiser les yeux des deux autres.

Un lourd silence s'installa, seulement brisé par la respiration haletante d'Hermione. Elle osa jeter un coup d'œil à ses amis. Ginny la regardait, inquiète, et Blaise était plus blanc que pâle.

_ C'est Drago, assena-t-il alors. Ca ne peut être que lui. Ca expliquerait le froid constant qu'il y a entre vous deux, et la colère étrange que Drago semble me porter depuis un mois.

Hermione hocha alors la tête, bouleversée. Blaise était très perspicace. Elle se sentait si mal.

_ Et bien, finit par dire Ginny. Ca a l'air plutôt compliqué. Je peux faire un test de paternité, si vous voulez bien, évidement.

Hermione échangea un regard profond avec Blaise, puis fit signe à Ginny de le faire. La terreur lui clouait littéralement la respiration, et son ventre se tordait d'appréhension. Ginny lui attrapa fermement la main, dans un geste de soutien. Sa meilleure amie pointa sa baguette contre son ventre, et formula un léger « Paternitas revelio ». Hermione bloqua sa respiration lorsque le nom du père s'afficha par magie devant eux. Drago Lucius Malefoy.

Hermione gémit. Elle était une vraie idiote. Elle maudissait déjà sa personne. Elle se détestait un peu plus à chaque minute.

_ Blaise, peux-tu aller me chercher des potions calmantes et de sommeil ? Avec discrétion.

Il ne répondit pas, et fila vers l'infirmerie du premier étage, écoutant les conseils de Ginny. Cette dernière se concentra alors sur Hermione.

_ Je veux avorter, murmura-t-elle.

_ Ecoute, il faudrait mieux en parler à Drago avant de faire tout acte précipité…

_ NON ! Non, surtout pas. Je t'en prie, ne lui dis rien. Ni à lui, ni à personne. J'ai trop honte, si tu savais Ginny.

Son amie ne répondit pas, mais serra Hermione contre elle. Et cela valait bien toutes les mères du monde. Alors elle lui expliqua. Sa relation étrange avec Drago qui avait duré presque un an. Leur clandestinité. Son déshonneur à elle, à lui aussi en quelque sorte. Leur violente dispute, son erreur avec Blaise. Et le froid perpétuel qui persistait entre Drago et elle depuis ce jour.

Ginny eut alors une révélation qu'elle soupçonnait depuis déjà longtemps. Et peut être que Blaise également. Hermione et Drago s'attiraient inéluctablement. Cependant, aucun des deux n'étaient prêt à l'admettre, au point de vouloir effacer le vestige de leur relation, leur enfant.

.

.

.

7 ans plus tôt, janvier

Les fêtes de fin d'année s'étaient déroulées dans une ambiance joviale pour la plupart des habitants du Square. Pour Hermione, c'était une toute autre histoire. Entre l'indifférence glaciale de Drago et l'inquiétude constante de Ginny, autant dire que sa bonne humeur avait tendance à disparaître rapidement. Surtout que l'hiver londonien était, en ce début d'année, frigorifiant et humide. Une vraie partie de plaisir.

Son état de santé s'empirait peu à peu, mais elle ne faisait rien pour l'améliorer. Elle travaillait trop, elle le savait. Elle passait plus de temps plongée dans des bouquins de mille pages que dans son lit. Cependant, Hermione sentait l'horreur se rapprocher d'eux. Voldemort était trop calme pour que cela soit sans conséquences. Alors, elle restait sur le qui-vive.

Hermione ramassa ses papiers éparpillés sur son bureau, les rassembla en un seul tas, puis sortit de sa chambre. Elle regarda sa montre, puis accéléra le pas. Elle avait cinq minutes de retard. Or, une des premières règles d'or de l'Ordre était la ponctualité lors des réunions mensuelles. Et celle là était particulièrement symbolique : c'était la première de l'année. Autant dire qu'elle allait se faire passer un savon par Harry. Elle l'aurait bien mérité.

Essoufflée, les yeux cernés de noirs, son chignon à moitié défait, Hermione arriva enfin à destination. Elle ouvrit la porte à la volée, et rougit lorsque des dizaines de pairs d'œil se tournèrent vers elle. Comme prévu, Harry la fusilla du regard. Elle ne broncha pas, et se contenta de venir s'assoir à la droite de son ami. Place stratégique. Place d'honneur près de l'élu.

_ Merci Hermione de nous honorer de ta présence, commenta Harry, perfide.

Hermione fronça les sourcils, et murmura de vagues excuses à son meilleur ami. Elle reconnut le gloussement moqueur de Pansy assise à l'autre bout de la table ronde, entre Drago et Blaise. Elle formait comme un mur entre eux deux. Hermione ne se gêna pas pour lui lancer un regard à faire pâlir les morts. Elle vit également Ginny, toujours inquiète depuis qu'elle savait qu'elle était enceinte. D'ailleurs, Hermione comptait les jours avant la fin de son calvaire. Certes avec empressement, mais également appréhension. La voix d'Harry la sortit de ses sombres pensées.

_ Bien, maintenant que nous sommes tous présents, nous pouvons commencer. Qui était chargé de faire le bilan cette fois-ci ?

Par « bilan », il fallait attendre un compte rendu global de l'année précédente. Un travail pointilleux à effectuer. Le moral des troupes dépendaient beaucoup de ce bilan.

_ Moi, assena calmement Ginny.

Harry échangea un regard avec sa petite amie, puis hocha la tête, une ride barrant son front. Hermione aussi était anxieuse.

_ Alors, commençons par les points positifs. Nous avons gagné quatre quartiers clefs de Londres, et libéré le parc Saint James de l'occupation des loups-garons.

_ Ils étaient drôlement voraces en y repensant, commenta alors Fred en ricanant.

Il eut droit à un regard noir de sa petite sœur, mais il ne sembla pas le moins du monde déstabilisé.

_ Merci Fred. Les quartiers souterrains se développent, et les enfants ont désormais accès à l'école, grâce à Hermione, qui s'est chargée de trouver un professeur. Les mangemorts n'ont toujours pas découvert nos planques, mais il faut rester prudent, très vigilant. Et nous avons tous les jours des nouvelles demandes pour rejoindre l'Ordre et collaborer avec nous. Selon les statistiques, nous avons autant de membres que Voldemort a de mangemorts. Donc c'est plutôt rassurant.

_ Très bien, merci Gin', constata Harry tout en souriant.

_ Attends, je n'ai pas encore dit les points négatifs.

_ Je sais bien. Vas-y.

_ Voldemort semble avoir adopté une nouvelle tactique, que nous avons malheureusement tous remarqué : les enlèvements, les embuscades sans aucun respect pour les règles de la guerre. Bref, une totale perfidie et hypocrisie de sa part. Il semblerait que … des dizaines de membres aient disparu du jour au lendemain, et nous pouvons exclure la fuite. Cela m'étonnerait beaucoup que Seamus ait fui de son plein grès, or cela fait plus de deux semaines que nous sommes sans nouvelles. De plus, Voldemort se montre de plus en plus barbare envers les moldus, et nous allons être dans l'obligation de prévenir les autorités moldues si le carnage continue. Nous ne sommes pas en mesure de protéger toute la population londonienne.

_ Surtout que Voldemort ne compte surement pas rester éternellement sur Londres, rajouta Hermione, une ride d'inquiétude sur le front. Le connaissant, ses envies de mégalomanie ne vont que s'accroitre dans le futur.

_ Oui Hermione, tu as raison. Je pense qu'il est temps de recruter ailleurs qu'en Angleterre, affirma Harry. J'en ai discuté avec Ron, et il faut envoyer des éclaireurs en France, en Irlande même.

_ En Irlande, s'exclama alors Pansy, qui semblait prise de panique. Vous n'y pensez pas ! L'Irlande est pourrie de mangemorts jusqu'à la moelle, ce serait suicidaire d'y aller !

_ Raison de plus, contra Harry, avec fermeté. Il faut que nous réduisions l'influence irlandaise de Voldemort. Et très rapidement.

_ Personne n'acceptera de faire cette mission, s'insurgea à nouveau Pansy.

_ Je n'ai jamais dit qu'elle serait basée sur le volontariat, Pansy. Tu as fait le serment inviolable, tu n'auras pas le choix si j'exige que tu accomplisses cette mission.

Hermione observa le visage de Pansy devenir blême, et elle savait très bien pourquoi : ses parents, et surtout sa mère, résidait en Irlande. Il était de notoriété publique que la famille Parkinson, excepté la dernière héritière, trempait dans la magie noire. Hermione devina rapidement le cheminement des pensées de son ami : serait-elle capable de tuer sa famille si jamais elle la rencontrait ? Personne ne devrait être exposé à de telles situations. Hermione décida alors d'agir.

_ Je veux bien aller en Irlande, dit-elle, tout en regardant Pansy se calmer peu à peu face à sa proposition.

_ NON !

Ginny et Blaise avaient crié en même temps, sous les yeux ahuris de toute l'assistance, et ceux réprobateurs d'Hermione. Par Merlin, ces deux là allaient finir par révéler sa grossesse inopportune s'ils continuaient à se comporter de la sorte.

_ Et pourquoi donc ? Vous ne m'en croyez pas capable, s'insurgea-t-elle, rouge.

_ Tu es fatiguée ces temps-ci, répliqua Ginny, tout en sous-entendus. Il faudrait attendre que tu ailles mieux, et que tu ne sois plus malade.

_ Tu es malade, demanda alors Ron, inquiet.

_ Oui, elle est malade depuis un petit moment. C'est ça de sortir trop souvent la nuit, on attrape des microbes dangereux.

Hermione fusilla Ginny du regard.

_ Je serais très vite rétablie, ne t'en fais pas Ron. Ginny m'aidera, j'y compte bien. De toute manière, ce voyage en Irlande ne devrait pas être pour tout de suite. Dans un petit mois au mieux, le temps de tout organiser, et je serais complètement rétabli d'ici là. Et Blaise, tais-toi, tu n'as rien à dire, rajouta-t-elle en voyant le Serpentard près à protester.

_ Je m'inquiète pour toi, Hermione, c'est tout. C'est ce que font les amis.

_ Tu es bien protecteur comme ami, alors.

Hermione se figea en attendant le dernier commentaire, qui émanait bien évidemment de Drago. Hermione observa les deux hommes se fusiller du regard. Son cœur eut un raté. Il ne fallait pas qu'ils se disputent maintenant, elle le refusait.

_ Je sais être prévenant avec mes amies, comme tu dis, Drago, persifla Blaise en retour.

Hermione décida d'intervenir, lorsqu'elle vit les poings de Drago devenir blancs tellement il les serrait fort. Très mauvais signe sur son état émotionnel.

_ Bien, je vous remercie tous pour votre prévenance, mais je suis tout à fait capable de faire ce voyage en Irlande.

_ Parfait, trancha alors Harry. La question est close.

Hermione soupira de soulagement. Partir un peu du QG lui ferait le plus grand bien. En revanche, ce qu'elle ne put expliquer, c'était le regard que Drago portait sur elle en ce moment. Elle pouvait lire toute la rancœur qu'il éprouvait, comme d'habitude. Mais une nouvelle émotion était visible : la peur. Comme s'il était inquiet de la voir partir. Hermione fronça les sourcils, puis détourna le regard. Il allait presque la rendre coupable de ne pas lui avouer sa grossesse.

.

.

.

7 ans plus tôt, janvier

L'horloge du salon affichait 22h30. Tôt, à vrai dire pour ce mois de janvier. Glacial également. Comme si l'horreur allait s'abattre sur eux. Hermione, à son habitude, était plongée dans un livre de magie noire. Drago et Hermione continuaient toujours à s'entraîner sur cette forme de magie dangereuse, mais leur passé commun compliquait leur relation. Tout geste devenait mesuré, rien n'était naturel, par peur de faire un faux pas, de dire un malentendu qui briserait la fragile entente tacite qui régnait entre eux.

Hermione leva les yeux de sa lecture lorsqu'elle entendit le gloussement de Pansy, qui était justement allongée de tout son long sur le canapé, la tête sur les genoux de Drago.

_ Tu te souviens quand ta mère nous a surpris au Manoir, dans la cuisine. On devait avoir dans les quatorze ans. Je me souviendrais toujours de son expression. Elle était horrifiée de découvrir que son petit dragon adoré se livrait à des activités d'adulte.

Drago sourit, les yeux plongés dans le vague.

_ Ma mère est trop curieuse, si tu veux mon avis, marmonna-t-il. Elle ferait une superbe marieuse.

Pansy rit.

_ Absolument. Et avec qui veut-elle te caser cette fois-ci ? La dernière fois, c'était avec Milicent. Un très mauvais choix pour toi, d'ailleurs !

Drago releva alors les yeux vers Hermione, qui fit mine d'être plongée dans sa lecture. Cela devenait intéressant. Elle admirait Narcissa, mais c'est vrai qu'elle était une vraie mère poule lorsqu'il s'agissait de Drago et ses relations.

_ Hum, personne en particulier, répondit-il, vaguement.

_ Tu mens Drago !

_ Non.

_ Si !

_ Arrêtes Pansy, tu …

La conversation futile des deux Serpentards fut coupée par l'alarme aiguë qui résonna dans tout le Square. Hermione se releva, paniquée.

_ C'est l'alerte, hurla-t-elle aux deux autres, qui ne semblaient rien comprendre à ce qu'il se déroulait sous leurs yeux. Il y a une attaque ! La dernière fois qu'elle a sonné, c'était pour la bataille de Poudlard.

Les mots d'Hermione semblèrent faire tilt dans l'esprit de Drago et Pansy, puisqu'ils suivirent rapidement la jeune fille à travers les couloirs. Elle sortit sa baguette magique de sa poche, et lança un sort informulé vers le plafond. Il fallait encore augmenter le niveau de protection de l'Ordre. Elle courut ensuite dans la cuisine, se pencha sous le lavabo, et pointa sa baguette dans une fente du mur. Son cœur battait à cent-à-l'heure. Elle se retourna vers ses amis.

_ J'ai lancé l'alerte générale. Tous les membres de l'Ordre vont arriver d'une seconde à l'autre, expliqua-t-elle. J'espère que vous avez l'estomac bien en place, la nuit s'annonce longue.

A peine eut-elle parlé que Ron, Ginny, Luna, Neville, Blaise et Fred passaient la porte.

_ Que se passe-t-il, demanda précipitamment Hermione, en se rapprochant de Ron, presque hystérique.

_ Saint Mangouste est attaquée, répondit-il, grave. Certains membres sont déjà sur place. Harry m'a dit qu'il fallait qu'on s'organise par équipe, tu sais, celles qui ont été convenues en cas d'attaque surprise. Il faut qu'on puisse couvrir tous les étages, et évacuer les malades, avant que les mangemorts ne les tuent tous.

Hermione hocha la tête.

_ Très bien. Ginny, Drago, et moi, nous allons donc partir de suite. Il n'y pas de temps à perdre.

_ Hermione, tu es sure que, commença Ginny.

_ Ce n'est pas le moment. On y va !

Elle s'apprêtait à prendre Drago par le bras, mais se fut Ron qui le fit en premier, le regard dur.

_ Malefoy, tu n'as pas intérêt à foirer. Je te confie les deux femmes les plus importantes de ma vie. Veille à ce qu'il ne leur arrive rien, ou je te tue moi-même.

Hermione soupira, afin d'embrasser Ron sur la joue, comme pour le rassurer.

_ Ron, tout se passera bien.

_ C'est la guerre Hermione, rien ne se passe comme on s'y attend.

.

.

.

Hermione sentait la peur lui nouer les entrailles. Combien de mangemorts avait-elle déjà tué ? Combien de vie avait-elle sauvé ? Si peu, en comparaison au massacre qui se déroulait sous ses yeux. Une explosion l'obligea à se coucher, tandis qu'elle rampait sous les brancards vides de l'hôpital. Elle vit au loin Drago courir vers une des salles d'opération. Elle ferma les yeux, puis se replongea de nouveau dans le combat.

Elle lança un énième Avada Kadrava. « Ignorer que tu es un être humain. Redevenir bestial ». Voilà les propres mots que Pansy lui avaient dit lors de leurs entraînements. Alors elle faisait fi de son humanité, afin de sauver sa peau. Et aussi celles d'innocents. Elle, Ginny, et Drago s'occupaient de l'étage quatre, celui réservait aux enfants malades. Autant dire qu'elle avait envie de vomir dès qu'elle voyait le corps d'un enfant sans vie. Voldemort était de plus en plus cruel, c'était un vrai carnage.

Hermione entendit des pleurs dans l'une des chambres de l'étage. Après avoir vérifié que les mangemorts présents étaient occupés ailleurs, elle fila vers les sanglots. Elle poussa la porte rapidement, baguette dressée devant elle. Elle trouva alors une petite fille recroquevillée sous un lit. Hermione ferma la porte, afin d'assurer sa sécurité, puis se pencha sous le lit. Elle croisa le regard embuée de larmes de l'enfant, et lui sourit tendrement. Elle devait avoir 9 ou 10 ans.

_ Bonjour, je m'appelle Hermione. Il faut que tu viennes avec moi, je vais te mettre en sécurité.

La petite fille secoua la tête, les yeux remplis d'une terreur sans nom.

_ Je te promets de ne pas te faire de mal, au contraire ! Allez, viens.

Hermione tendit les mains vers elle, mais l'enfant hoqueta de plus belle.

_ Non … non, murmura-t-elle. Je veux retrouver mon papa et ma maman. Ils m'ont dit d'attendre ici.

Hermione fronça les sourcils.

_ On trouvera tes parents plus tard, ma puce. Comment tu t'appelles ?

_ Anna… Anna Lestrange.

Le cœur d'Hermione eut un raté. Lestrange ? Mais alors …. Elle entendit alors un ricanement derrière elle. Elle n'eut cependant pas le temps de se protéger, qu'elle se retrouvait déjà ligotée, la baguette enlevée.

_ Espèce de Sang-de-bourbe, tu es trop innocente ma parole.

Hermione haleta lorsqu'elle reconnut la voix du Mangemort. Greyback.

_ Allez vous faire voir, espèce de monstre. Vos techniques sont horribles, tout comme vous. Utiliser des enfants comme appâts …

Les yeux du loup garons devinrent alors noirs, tendit qu'un feulement menaçant sortait des tréfonds de sa gorge. Hermione reçut alors une gifle magistrale, qui la fit tomber sur le sol.

_ Relève toi, esclave, siffla-t-il. Nous allons allez voir tes petits copains pour mettre fin à cette bataille inutile, puis tu vas aller voir notre Maître.

Hermione paniqua lorsqu'elle vit Greyback appuyer sur sa marque des Ténèbres. Aussitôt, des dizaines de mangemorts apparurent dans la petite chambre d'hôpital.

_ Chers amis, susurra alors Greyback. Notre mission, c'est-à-dire capturer la Sang de Bourbe amie de Potter, est réussie.

Hermione sentit ses yeux se remplir de larmes, tandis que des rires gras s'élevaient autour d'elle. Alors c'était ça ? Toutes ces morts inutiles pour l'avoir elle ? Tout ce scénario macabre pour la célèbre Hermione Granger ? Hermione se sentit soulever, et elle retint un gémissement de douleur. Greyback la trainait derrière lui sans difficulté, malgré la rage qu'elle mettait à tenter de s'échapper.

_ Attends vermine, le spectacle n'est pas fini. Nous allons négocier avec tes chers amis de l'Ordre…

Sur ce, il pointa sa baguette contre sa gorge, afin d'amplifier sa voix.

_ Chez amis de l'Ordre, je parle au nom de Lord Voldemort. Nous détenons Hermione Granger. Nous acceptons de nous replier, si en retour, vous nous laissez partir avec elle. Si vous refusez, nous la tuerons elle, ainsi que vous. Ah, oui, nous sommes à l'étage 4.

Hermione se savait condamner à partir avec eux. Le serment inviolable empêcherait de faire tous actes néfastes à l'Ordre. Or, la délivrer en échange de la vie de plusieurs des membres de l'organisation était un acte néfaste. Hermione fut poussée au sol devant Greyback, et se réceptionna difficilement sur ses mains. Lorsqu'elle releva les yeux, son cœur se brisa. Les membres de l'Ordre la fixaient avec terreur, Drago, Ginny et Pansy au premier rang. Elle croisa le regard de Drago, et pour la première fois, y lut de la panique.

_ Hermione, hurla alors Pansy. Non !

La jeune fille allait se jeter sur elle, mais Drago la rattrapa à la dernière minute, au plus grand soulagement d'Hermione. Les mangemorts n'auraient pas hésité à la tuer si Pansy avait tenté de se rapprocher d'elle. Elle perçut le rire rauque de Greyback dans son dos, tandis qu'il l'attrapait par les cheveux pour la relever. Elle se retrouva plaquer contre le torse du loup-garou. Elle grimaça de dégout face à cette nouvelle proximité.

_ Drago Malefoy, dit-il alors, ironique. Cela fait longtemps. Tu as bien fait de retenir cette chère Pansy.

_ Allez en enfer, hurla la concernée, tout en fixant Hermione.

Hermione lui sourit légèrement, afin de la rassurer. Et de se rassurer également.

_ Quelle fureur … Je te reconnais bien là Pansy. J'ai hâte de voir comment Granger se comporte… Surement comme toi, avec le sang chaud

Hermione frissonna lorsqu'elle sentit le loup-garou humer son coup. Elle gémit quand la main de son kidnappeur glissa sous son pull, sous le regard furieux de Drago, qui n'osait cependant rien de faire, de peur d'envenimer la situation. Elle plongea son regard dans celui de son ancien amant, et elle put lire toute l'impuissance qu'il ressentait.

_ Une odeur bien particulière, marmonna-t-il alors. Oui, l'odeur d'une femme en pleine gestation…

Greyback retourna alors Hermione pour lui faire face, et tous deux se fixèrent. Il plaqua sa main contre son ventre arrondi, et elle sursauta.

_ Ne me touchez pas, hurla-t-elle alors, réalisant que le loup garou avait deviné sa grossesse.

_ Quand le maître saura cela, il sera encore plus content de moi, jubila-t-il. Mes chers amis ! La Sang de bourbe porte en elle un petit bâtard ! N'est-ce pas merveilleux ?

Hermione se mit alors à pleurer, alors que les autres mangemorts riaient grassement. Elle entendit les sanglots de Ginny dans son dos. Elle était dans une piteuse situation. Greyback la lâcha alors, et elle tomba à genoux, incapable de tenir sur ses jambes. Sa vue était trouble.

_ Mais la question la plus importante est : qui est le père ? Je vais vous le révéler chers camarades, continua alors le loup garou. Car je l'ai facilement deviné, ou plutôt, senti, et il se trouve dans cette pièce ! Quelle merveilleux spectacle d'émotions pitoyables que nous allons avoir … alors que le bâtard n'est autre que l'héritier de ce traitre de Drago Malefoy !

Le cœur d'Hermione explosa dans sa poitrine lorsqu'elle croisa le regard du concerné. Les cris de stupéfaction et d'horreur de ses amis ne la perturbèrent pas, elle se concentra uniquement sur le jeune homme à quelques pas d'elle, qui était devenu blême sous la nouvelle de sa paternité.

_ Drago, gémit-elle, alors que Greyback se rapprocher à nouveau d'elle.

_ Comme c'est touchant, n'est-ce pas Drago, singea-t-il en imitant la voix d'Hermione.

_ Ne la touchez pas, siffla rageusement le jeune homme blond, les yeux tueurs.

_ Malheureusement, tu n'as pas le pouvoir suffisant pour me dire quoi faire… Sinon, je la tue devant toi. A toi de choisir.

_ C'est vous que je vais tuer, s'écria-il, près à son tour à se jeter sur Greyback.

Neville et Ginny le retinrent cependant, tandis que tous les mangemorts pointaient leur baguette vers sa poitrine.

_ Drago, supplia alors Hermione. Je t'en pris, sois raisonnable. Ecoute ce qu'il dit, vous n'avez pas le choix. Laisses-moi partir … S'il te plait.

Hermione vit alors les yeux de Drago devenir vitreux, comme s'il était sur le point de pleurer, mais en bon Malefoy, il garda la face. Surement pour la rassurer, et éviter qu'elle ne panique à son tour.

_ Oui Drago, écoute cette Sang de Bourbe. C'est elle qui a raison, susurra Greyback.

Les épaules de Drago s'affaissèrent alors sous le poids de la culpabilité. Il ne pouvait rien faire.

_ Bien, bien, bien. Nous avons finalement réussi à trouver un compromis qui convienne à tout le monde. Dis au revoir à tes amis, sale vermine. Tu ne les reverras pas de sitôt.

Hermione sentit que le loup garou lui enserrait le coup. Elle plongea ses yeux paniqués dans ceux de Drago, avant de lui murmurer un « Je suis désolée ». Elle sentit alors aspirer, et perdit connaissance.


Mouahahahaha

MOUAHAHAHAHA

Voilà... Je crois que vous allez m'incendier pour cette petite fin ;)

Merci à tous pour votre lecture et votre soutient !

A bientôt

Little-Library