Blabla de l'auteure:
Toujours aucun commentaire? Personne ne me lis donc? Ou alors vous avez la flemme de poster une review? Bon, je vais faire un peu de chantage: si vous postez un commentaire le prochain chapitre arrivera plus vite car je serais plus motivée pour l'écrire.
Mais peut être que la fin du chapitre vous fera réagir...
Bonne lecture!
Chapitre 11 : La prochaine victime :
Ou comment passer de « hors de danger » à « mort » avant que personne n'ait eut le temps de dire ouf :
Le Chaman remonta ses lunettes qui avaient glissé sur le bout de son nez et fronça les sourcils. Ce n'était pas tous les jours qu'il examinait une nonso terrienne, c'était même la première fois de sa carrière, mais ce n'était pas cela qui le rendait perplexe. Il vérifia encore une fois les résultats des analyses ainsi que les symptômes pour être sûr qu'il n'y avait aucune erreur, en voyant que tout était juste, jeta un regard peiné à la jeune femme étendue sur le litElle était belle, avec une peau couleur chocolat, de longs doigts fins et une bouche pleine; elle ressemblait presque à une poupée endormie. Le Chaman lui tapota la tête comme on le fait avec les tout petits enfants et marmonna pour lui- même :
« T'inquiètes pas, petite, t'es tirée d'affaire. »
Eva ne broncha pas, restant immobile dans son coma magique. Le Chaman mit ses lunettes dans sa poche avec précaution et sortit de l'infirmerie. Il devait aller voir le demi-elfe, celui qui lui avait semblé proche de la Terrienne.
Robin était toujours sur Terre, chez le père de Fabrice. Il lui avait tout expliqué, et même montré la photo trouvée dans un journal autremondien.
« C'est Basilio, dit simplement Auguste en la voyant.
-Donc vous le connaissez.
-aPas vraiment. C'était un des professeurs d'Elisa quand elle était aux Beaux-Arts. Je l'ai vu deux ou trois fois seulement mais elle m'en parlait souvent, elle l'admirait beaucoup. Mais je sais qu'il a été vu près du manoir la nuit où Elisa est morte. Je viens juste de l'apprendre en fouillant dans un vieux dossier de la police, se défendit-il devant le regard du demi-elfe.
-Ce Basilio était également le professeur du peintre assassiné à Omois, expliqua Robin.
-Mais pourquoi les avoir tués s'ils étaient ses élèves ? Il aurait dû être fier d'eux. »
Robin haussa les épaules en signe d'ignorance puis se leva, et, après avoir salué le comte, sortit de la pièce. Il en était sûr maintenant : Basilio était le tueur. Il ne restait plus qu'à savoir où il se cachait. Le jeune homme avait déjà appelé les deux écoles où il avait enseigné et on l'avait informé qu'il ne travaillait plus là-bas. Mais il avait quand même réussi à obtenir deux adresses, et, en fouinant un peu plus profondément il en avait trouvé trois autres, des maisons de vacance. Il doutait sincèrement que Basilio y soit mais, par prudence, il avait quand même envoyé quelques hommes y faire un tour.
Il s'apprêtait à incanter un Transmitus pour se rendre chez Eva et lui prendre quelques affaires quand sa boule de cristal sonna. Il décrocha et le visage d'un des officiers qu'il avait envoyés sur les traces du tueur apparut.
« Vous devriez venir voir, on ne l'a pas trouvé mais il y a pas mal de choses intéressantes chez lui. J'ai eu les autres et apparemment cette maison est la seule digne d'être habitée, les autres sont des ruines avec aucun mobilier et tenant tout juste debout.
-J'arrive, vous êtes... ?
-Sur Terre, dans un petit village italien, je vous envoie les coordonnées. »
Un message arriva, lui donnant l'adresse à laquelle il devait se rendre. Robin procéda par petits bonds et il ne lui fallut pas moins de dix Transmitus pour arriver dans la maison de Basilio.
Il était apparu directement dans le salon et ce qui lui sauta aux yeux, ce ne fut pas la poussière ni les draps blancs sur les meubles, mais les photos collées aux murs. Des visages d'enfants, d'adultes, d'hommes et de femmes, blancs ou noirs, mais aussi des elfes, des vampyrs et d'autres races autremondiennes. Presque tous avaient le visage barré d'une croix rouge.
« D'après nos premières estimations, il y a environ une vingtaine de personnes sur ces murs, plus leur famille, leurs amis...
-Ils sont tous morts empoisonnés ? Demanda Robin.
-Aucune idée, mais le peintre de la cour est là, répondit le policier en pointant un morceau du mur, et la peintre terrienne, ici, poursuivit-il en désignant un autre endroit. »
Le jeune homme fit un pas en avant, comme s'il était attiré par un aimant. Cette curiosité morbide le dégoûtait, mais il avait besoin de voir les photos de la mère de Fabrice. Arrivé devant le mur, il détailla les portraits. Il y en avait de minuscules comme cette image de Fabrice bébé et d'autres immenses comme celle du mariage d'Elisa. Il lui ressemblait beaucoup, dans le physique comme dans l'attitude. Il fixa ensuite son attention sur un cliché représentant une scène de pique-nique au bord d'une rivière. Fabrice se gavait de tarte aux pommes tandis que Tara dormait, la tête sur les genoux de la peintre. Le comte,lui, lissait sa moustache du bout des doigts. Durant un instant, Robin se demanda qui avait bien pu prendre cette photo.
« Nous avons aussi trouvé ça, intervint l'officier en lui tendant un livre relié de cuir. C'est son journal et ça explique pas mal de choses, surtout au sujet de ses motivations. »
Le demi-elfe l'ouvrit à la première page et fut surpris de la date : 1 janvier 1801. Basilio était donc un sortcelier et non pas un nonso originaire d'AutreMonde.
Je le hais. Pourquoi l'ai-je pris comme élève ? Il était si pitoyable, si gauche, si maladroit. Il peignait sans aucune grâce, sans aucun talent ses tableaux étaient d'une laideur et d'une banalité dans pareilles. Mis j'en ai fait mon élève, j'ai été patient, je lui ai tout appris. Et qu'est-ce que je récolte pour mon travail ? Rien. Pas la moindre petite miette de gloire alors que son visage et son nom s'étalent dans tous les journaux. Il sourit à l'objectif, il donne des interviews comme s'il était un grand, un vrai artiste. C'est faux, mensonges et racontars, il ne serait rien sans moi, RIEN !
Robin referma le cahier, il n'avait pas besoin d'en lire plus, il comprenait maintenant plus ou moins les motivations de Basilio. Sûrement avait-il été un très bon professeur mais un peintre moyen. A cause de cela, ses élèves, dotés d'un réel talent, l'avaient dépassé et il ne l'avait pas supporté. Il observa les murs et demanda à l'officier :
« Tous les visages sont barrés ?
-Non. Il y en a un seul qui ne l'est pas, sûrement sa prochaine victime. Le problème, c'est qu'il y a trop d'informations ici, on ne sait plus à quel visage approprier quoi, répondit-il en se grattant le crâne. »
Le jeune homme s'approcha de la portion réservée à la prochaine victime, et, en votant le visage, ne put s'empêcher de hoqueter. Il devait retourner sur AutreMonde, et vite.
Tara et Moineau étaient en train de savourer un goûter préparé par les cuisiniers d'Omois tout en parlant. Cela faisait vraiment longtemps qu'elles ne s'étaient pas retrouvées ainsi, juste toutes les deux et cela leur avait manqué.
« Je suis allée à l'infirmerie tout à l'heure, annonça Tara. Par curiosité. Robin m'avait parlé de cette nonso et je voulais voir à quoi elle ressemblait.
-Et alors ? Elle est comment ?
-Jolie, la peau noire, les cheveux courts et tressés. Le Chaman m'a dit que, d'après les premières conclusions, elle se serait évanouie à cause du stress de son travail et celui d'avoir découvertAutreMonde.
-Donc elle n'a rien de grave, fit Moineau, soulagée car n'aimant pas l'idée qu'une amie de Robin souffre.
-Le Chaman a dit qu'il fallait attendre les résultats d'analyse mais normalement il n'y a pas à s'en faire. »
Le silence s'installa, elles étaient heureuses l'une comme l'autre pour Robin et espéraient sincèrement que la jeune peintre ne prendrait pas peur en découvrant la vraie nature de leur ami.
« Tu savais que Fabrice peignait ? Demanda soudainement Moineau.
-Bien sûr, avant la mort d'Elisa, il gribouillait tout le temps, même à l'école. Moi, par contre, j'étais incapable de dessiner quoi que ce soit, se rappela Tara en souriant. »
Betty et Fabrice se regardèrent puis ce dernier lança d'une voix hésitante :
« Un... dragon ?
-Non ! »
Tara leva les yeux au ciel et rajouta deux, trois traits sur son dessin. Le but du jeu était simple : une personne dessinait, les autres devaient deviner ce que c'était et celui qui trouvait allait dessiner.
Betty pencha la tête sur le côté en se disant que ça aurait peut-être plus de sens si elle le voyait penché. Elle eut soudain une illumination et dit, très sûre d'elle :
« C'est un pégase. »
Au regard désespéré de Tara elle comprit que ce n'était pas ça. Les deux amis fixèrent le tableau et cette masse de traits et en tirèrent une certitude : ça avait des ailes.
« Une autruche ? Proposa Fabrice.
-Un papillon ?
-Mais non ! Vous ne voyez pas : là, c'est les ailes, là, les pattes et là, la tête. C'est une poule, répondit Tara, ennuyée par le manque de ressemblance de son dessin.
-Aaaaah, d'accord, heu, c'est vrai que si on regarde bien... Fit Fabrice.
-Et qu'on plisse un peu les yeux... Continua Betty. »
La petite Tara poussa un soupir contrarié et effaça d'un coup de brosse l'infâme dessin avant de tendre le feutre à Fabrice qui, en moins d'une seconde, dessina un aigle plus vrai que nature.
Moineau essuya une larme de rire qui avait coulé au coin de son œil et réprima un gloussement. Elle aimait beaucoup les petites anecdotes de Tara, elles lui permettaient de connaître un peu plus le passé de son petit ami.
Robin entra en courant dans l'infirmerie, manquant de renverser le Chaman qui attrapa ses épaules pour se stabiliser.
« Ah, vous êtes là, je vous ai cherché partout durant toute la journée !
-Je dois voir Eva, c'est urgent.
-Oui, bien sûr, mais vous devez savoir une chose : elle a été empoisonnée à l'arsenic, mais ne vous inquiétez pas, nous avons drainé le poison, elle est hors de danger, annonça-t-il alors qu'ils entraient dans la chambre de la peintre. »
Robin hoqueta et se précipita vers le lit où Eva était étendue , un bras pendant hors du drap, le corps étrangement pâle et les yeux grands ouverts mais ne cillant pas. Le jeune homme posa une main tremblante sur le poignet délicat de la jeune femme mais il ne trouva aucun pouls. Le Chaman lança un sort mais rien ne se passa, il était trop tard, Basilio avait sûrement déjà barré le visage de la jeune femme d'une croix rouge.
Alors? Une petite review? Allez, s'il vous plait, ça ne prend pas longtemps et ça fait toujours plaisir.
