Devant les cris de désespoir des fans, voici la suite tant attendue :p

Après, faut pas pousser non plus : c'est juste une enquête où Kate s'implique un peu trop, elle n'a pas mis sa vie en jeu tout de même... Je n'aurai jamais la prétention de rivaliser avec le 4x23...! Et puis... Castle est un coeur d'artichaut, tout le monde sait ça, haha!

Je n'ai pas et n'aurai pas le temps de répondre à chaque reviewer inscrit étant donné que je mets en ligne l'épilogue demain, mais sachez que le coeur y est! :)


10.

Ils se regardèrent longuement.

Seul le bourdonnement étouffé de la Grosse Pomme s'immisçait au milieu de leur silence.

Elle était belle. Exaspérante. Têtue. Bornée parfois. Mais terriblement belle.

Là, dans la lumière flamboyante du soleil couchant qui perçait entre deux gratte-ciels, elle dégageait une force sensuelle, une faiblesse désarmante qui hypnotisaient Castle au point de l'empêcher de faire le moindre geste, d'émettre le moindre son.

Combien de fois avait-il été fasciné par cette étrange aura qui émanait d'elle ? Il ne comptait plus.

Seul importait l'instant présent.

Ses cheveux lisses ondoyaient sur ses épaules, et encadraient son visage où se succédaient de discrètes émotions. Il sonda son regard, dans lequel s'esquissaient tantôt la préoccupation, tantôt la culpabilité, tantôt le désir. Il laissa ses yeux dériver sur la petite ride d'inquiétude entre ses sourcils, sur ses pommettes veloutées qu'il avait l'habitude de souligner du pouce, sur ses lèvres entrouvertes cherchant à dire quelque chose, mais invitant au baiser malgré elles, sur la ligne de sa clavicule qu'il effleurait le matin et qui se laissait apercevoir sous le col ouvert de son blouson. Il posa enfin ses yeux sur ses hanches, dessinées par Dieu lui-même ; ses hanches, qu'il était libre de contempler, de caresser ou d'agripper autant qu'il le voulait depuis neuf mois, maintenant qu'ils étaient ensemble.

Ensemble...

Ils l'avaient été si peu depuis quelques jours. Elle n'avait pas dormi une seule fois chez lui, ni lui chez elle.

Le dernier rayon glissa derrière l'immeuble, et la pénombre enveloppa le loft.

La magie prit fin.

Castle poussa un long soupir.

Il ôta son blazer, le jeta sur le canapé qu'il contourna pour se diriger vers la cuisine.

Le fait qu'il se décide enfin à bouger, ou peut-être son mutisme, incitèrent Kate à parler.

« L'enquête est bouclée. »

Elle écarta brièvement les mains, comme impuissante ou gênée, puis s'empressa de les joindre à nouveau. Elle les serrait exagérément devant elle, pour s'obliger à rester lucide, ou pour se donner du courage.

« Je m'en doutais. »

Sa réponse n'était ni cinglante, ni moqueuse. Et Kate en fut déstabilisée. Elle aurait aimé qu'il lui dévoile l'état d'esprit dans lequel il était, au lieu de lui opposer un calme, une distance qui ne lui offrait aucune prise.

Il sortit une bière du frigo, qu'il décapsula avant d'en boire une gorgée.

« Castle... Ecoute... »

Il prit le chemin de son bureau.

Il l'ignorait.

« Je m'excuse. J'ai été idiote. J'aurais dû comprendre. »

Elle s'empêtrait dans sa culpabilité, tentant de le suivre sur son terrain.

« Rick...

– C'est trop facile, », lui rétorqua-t-il.

Il posa sa bière sur son bureau, soupira.

Ses épaules s'affaissèrent, et il baissa la tête.

Le temps de trouver les mots. Ou le temps de lui laisser l'opportunité de poursuivre. Ce qu'elle ne fit pas.

Alors seulement il se retourna vers elle.

« C'est trop facile de venir s'excuser après. De prétendre qu'on aurait dû faire autrement.

– Je ne pouvais pas t'écouter. J'en étais incapable.

– Alors tu préfères foncer seule. Tête baissée. Comme toujours. »

Il planta son regard dans le sien. Une ombre de reproche le voila un instant.

« Je sais. Mais c'est comme ça que je fonctionne. Je... »

Elle hésita, puis renonça. Elle n'avait jamais été douée pour exprimer ses sentiments, et elle commençait à penser que ce handicap l'empêchait de construire la relation qu'elle voulait avec Rick. Elle avait toujours rendu la situation bancale.

Nerveuse, embarrassée, elle passa sa main dans ses cheveux pour dégager son front.

« Je ne sais pas quoi te dire. Ni comment te le dire. » confessa-t-elle, écartant les bras dans un geste d'impuissance.

Il fit un pas dans sa direction. Signe qu'il acceptait la discussion. Mieux : il la relançait.

« Kate. Tout ce qui m'importe, c'est que tu fasses attention à toi. A nous.

– Mais je fais attention...

– Non. Tu t'en persuades, mais tu t'aveugles. Rappelle-toi ce qui est arrivé quand tu croyais avoir le contrôle, quand tu t'entêtais à poursuivre seule la lutte. »

Sa voix était posée. Mais les souvenirs étaient amers.

« Tu t'es fait tirer dessus. »

L'herbe. Le soleil. Le ciel bleu. Et rien d'autre que son cœur silencieux en train de sombrer.

« Tu as failli être jetée d'un toit. »

Les mots lui faisaient mal. Il aurait dû être à ses côtés, ce jour-là.

« A chaque fois, j'ai tenté de t'en dissuader. A chaque fois tu ne m'as pas écouté. Je ne veux plus revivre ça, Kate. Plus maintenant. »

Il lui offrit un regard douloureux et désolé. Il savait qu'il serait toujours là pour elle, comme il l'avait été pendant presque cinq ans, mais il voulait qu'elle regarde dans le même sens que lui. Vers l'avenir. Et non qu'elle avance à reculons, les yeux rivés sur son passé.

« Ton passé fait partie de toi, j'en suis conscient et je ne te demanderai jamais d'y renoncer. Mais il ne doit pas remplacer le présent. Et encore moins le futur. Je veux construire quelque chose de neuf avec toi. Je veux qu'on avance ensemble, main dans la main. »

Elle fit les derniers pas pour réduire la distance qui les séparait encore.

Son regard débordait d'amour pour lui, et rien ne faisait plus obstacle. Mises à part ses propres chimères. Mais elle décida de les chasser. Pour ce soir du moins.

Elle vint se blottir dans les bras de son amant, qu'il referma autour de ses épaules.

« Je te le promets. Je ne te promets pas d'y arriver. Mais je te promets d'essayer. »

Elle murmurait.

Les bras de Castle resserrèrent un peu plus leur étreinte autour de sa muse, comme s'il craignait que cet instant d'abandon ne s'évanouisse trop rapidement.

« J'ai besoin de toi, Kate. On a besoin l'un de l'autre. Et si jamais un jour... »

Il marqua une pause, attentif aux moindres réactions de sa compagne.

« Si jamais un jour on décide de faire un enfant... »

Elle se raidit imperceptiblement.

Alors d'un geste doux, apaisant, il prit le temps de caresser sa nuque, jouant avec les mèches de cheveux qui s'emmêlaient dans ses doigts, tandis que son autre main demeurait calée dans le creux de ses reins.

« … On devra être là pour lui. Toi comme moi. Et je ne suis pas sûr que t'enfermer dans tes cauchemars soit la meilleure façon de le faire grandir. »

Il posa sa joue contre ses cheveux, et les huma longuement.

Voilà longtemps qu'elle ne sentait plus la cerise. Depuis neuf mois.

Il sourit en constatant qu'il appréciait tout autant ce parfum-ci, plus libéré, plus sensuel aussi.

Elle ferma les yeux, et laissa défiler tous les souvenirs qui surgissaient devant elle, sans les contraindre, sans les retenir. Oxana. Le corps d'Helena, désarticulé. Johanna. Son rire. La table du dimanche midi sur laquelle elle avait l'habitude de déposer un bouquet sauvage et odorant. Castle.

Rick.

Pourrait-elle, elle aussi, un jour, devenir mère ? Assumer cette responsabilité ? Avec lui, la tâche lui semblait moins rude, mais elle doutait. Elle reculait devant ce fossé inconnu.

« J'ai peur. »

Elle avait lâché ces mots dans un souffle. Elle se demanda si Rick l'avait entendue, mais son étreinte se fit plus étroite. Il était là.

« De me lancer dans cette aventure. J'ai peur. »

Elle cherchait ses mots. Depuis qu'elle avait suivi sa psychothérapie l'année précédente, elle ressentait davantage cette envie de se livrer. D'extérioriser ses angoisses. Et Castle lui offrait la confiance aveugle, la patience et l'attention dont elle avait besoin pour le faire.

« J'ai peur de ne pas être à la hauteur. Et je ne sais pas ce que l'avenir me réserve. S'il m'arrivait quelque chose ? dit-elle en relevant la tête pour croiser le regard de son compagnon. Si notre... enfant se retrouvait dans la même situation que moi, ou qu'Oxana ?

– Chuuuut. Tu penses trop. Et surtout, tu ne crois jamais en toi dès qu'il s'agit de quelque chose de nouveau pour toi. La vie est faite de risques, et c'est ça qui la rend terriblement excitante. Je voudrais que tu te fasses confiance. Que tu nous fasses confiance. Entendu ? »

Il avait pris son visage entre ses mains, comme un calice.

Son regard plongeait dans celui de la femme de sa vie, plaidant sa cause, suppliant pour un assentiment.

Kate sentit ses yeux s'embuer de larmes.

Un sourire, qu'elle ne put réprimer, fit son apparition.

« Entendu, » murmura-t-elle, son regard mordoré et brillant appuyant sa déclaration.

Délicatement, comme un trésor qu'il ne devait pas briser, il posa ses lèvres sur les siennes. Ils se respirèrent, ils se goûtèrent, passionnément, attentivement.

Cette promesse scellait le début d'une nouvelle étape.

Ils s'étaient enivrés de leur amour depuis neuf mois. Désormais, ils allaient tracer un chemin ensemble.

Castle sentit comme une bouffée de bonheur s'emparer de lui. Une foi inébranlable en elle, en eux, lui insufflait une énergie extraordinaire. Et lorsqu'il l'embrassa plus fougueusement, il sut que cette foi était partagée à la manière dont elle répondait à ses assauts.

Avidement, il plongea dans son cou, enfouit son visage dans ses cheveux longs, laissant ses mains impatientes parcourir le corps réceptif de sa bien-aimée.

Elle glissa à son tour ses lèvres sur sa joue râpeuse, ensorcelée par l'odeur de sa peau, mordillant son oreille, s'agrippant à ses épaules comme à une bouée de sauvetage.

« Fais-moi l'amour. Comme notre première nuit. » chuchota-t-elle.

C'était presque une prière.

Envoûté, Castle redoubla de passion dans ses baisers alors que Kate gémissait déjà sous l'ardeur de son amour, et rapidement la chaleur de leurs deux corps se transforma en brasier.

L'instinct prit l'ascendant, et rien désormais ne pouvait plus interrompre ce ballet empreint d'adoration et de brutalité.

Brusquement, il saisit les cuisses de sa compagne, souleva son corps frêle qu'il lui tardait d'aimer dans le secret des draps, et avec une sauvagerie dont il ne se croyait pas capable, le plaqua contre le premier mur vertical qu'il rencontra.

La bibliothèque.

Non seulement l'impact coupa momentanément le souffle de son égérie, mais il fit également trembler la solide étagère qui vomit quelques ouvrages sur la tête des deux amants.

Kate éclata d'un rire cristallin, qui s'intensifia lorsque Rick grogna de frustration dans son cou.

« Hey, du calme, Don Juan ! » susurra-t-elle, le ton de sa voix suggérant précisément l'inverse.

A ces mots, elle agrippa les cheveux de l'homme qui l'enflammait comme aucun autre, bascula sa tête en arrière et ajusta son bassin contre le sien. Ses lèvres s'étirèrent en un sourire espiègle lorsqu'elle constata l'effet qu'elle avait sur lui. Il croyait avoir l'ascendant ? Elle pouvait renverser la donne quand elle le voulait.

Elle resserra alors ses jambes autour de lui, colla son corps au sien, et soupira de plaisir lorsque leurs hanches entamèrent leur tendre oscillation.

« Kate... gémit-il entre deux souffles. Tu vas me rendre fou...

– C'est le but... » le taquina-t-elle avec sensualité.

N'en pouvant plus de désir, le fauve emprisonna sa bouche dans une étreinte bestiale avant d'emporter sa proie jusque dans la chambre, obscure à cette heure.

Ivres de mots et de baisers, ils laissèrent alors sans fin parler leurs corps, comme ils savaient si bien le faire, oublieux du monde, oublieux du temps.

Et pour la deuxième fois depuis cette nuit de mai 2012, une main plaquée contre sa bouche, il dut étouffer ses cris.

ooOoo

La pénombre était chassée par les lumières extérieures qui pénétraient à flots dans la pièce.

Ils n'avaient pas pris le temps de tirer les rideaux.

Elle se concentrait sur le bien-être qui irradiait son corps et son cœur en cet instant, blottie contre son amant, la tête posée sur son épaule. Elle contemplait son torse puissant, qui se soulevait légèrement au rythme de sa respiration paisible, dessinant rêveusement de ses doigts les contours de ses pectoraux.

Il souriait.

Sa main caressait paresseusement l'épaule de Kate, lui arrachant quelques frissons de volupté.

Ils restaient là. Immobiles. Se contentant de mesurer leur bonheur présent et à venir.

Ce fut lui qui brisa le premier le silence.

« Merci.

– De quoi ? s'étonna-t-elle, en se redressant vaguement.

– Alexis a appelé.

– Oh. Et ?

– Et elle s'est excusé, je me suis excusé. Elle m'a parlé de ce... Brian. Et tu sais quoi ? Je crois qu'elle est heureuse. Pour le moment. Et je n'ai pas envie de lui enlever ça. Alors merci d'avoir dénoué la situation. »

Il déposa un baiser sur ses cheveux. Il y mit toute sa tendresse, et Kate savoura ces précieuses secondes en fermant les yeux.

« Merci aussi, répondit-elle.

– Je serai toujours là pour toi. Tu le sais.

– Je sais. Et je sais aussi que tu l'as toujours été. Sans même en être conscient. »

A son tour, il se redressa légèrement, incertain quant à la teneur de son propos. Il avait pourtant toujours été lucide sur le rôle qu'il tenait, et qu'il voulait tenir auprès d'elle, même quand leur relation n'était encore qu'un jeu.

« Tu étais déjà là. A l'époque.

– Quand ça ?

– Quand j'ai perdu ma mère. »

Ils laissèrent le silence s'installer. Il n'avait plus rien de gênant. Au contraire. Il apportait avec lui une étrange sensation de réconfort, de complicité.

« Quelques jours après sa mort, j'ai découvert tes romans. J'en ai ouvert un, distraitement, et j'ai commencé à lire. Je n'ai plus pu m'arrêter. J'étais boulimique de tes histoires.

– Wow. Je savais que tu étais une fan, mais à ce point...

– Ne rigole pas.

– Excuse-moi. Et... en quoi est-ce que ça t'a aidée ?

– Je ne sais pas. J'y découvrais un personnage obscur, blessé, torturé, et je me suis identifiée à lui. Il m'a empêchée de sombrer complètement. J'ai trouvé dans tes histoires l'occasion d'oublier l'horreur. Et j'y ai puisé la force de surmonter la souffrance, et de continuer à avancer. »

Ses mots flottèrent un instant dans l'air.

Allongée à ses côtés comme elle l'était, elle ne vit pas les étoiles dans les yeux de son écrivain. Pas encore.

« Ce n'est pas parce que c'est toi, mais... C'est le plus beau compliment qu'on ne m'ait jamais fait.

– Arrête de te moquer ! couina-t-elle, en lui écrasant l'oreiller sur le visage.

– C'est vrai ! se défendit-il, je suis sérieux ! »

Elle s'appuya sur ses coudes pour mieux chercher dans son regard une preuve de ce qu'il avançait.

Alors elle l'embrassa amoureusement, ignorant lequel d'entre eux était le plus reconnaissant envers l'autre.

ooOoo

« Mère s'est jetée sur le chili hier, mais j'ai réussi à en garder un peu. Tu en veux ?

– Volontiers ! Je meurs de faim !

– Mais qu'est-ce qui peut bien vous mettre dans cet état, lieutenant Beckett ? » lança-t-il malicieusement en passant derrière l'îlot de la cuisine.

Pour toute réponse, il reçut un torchon dans la figure.

Castle choisit un de ses meilleurs vins. Ce n'était pas l'association la plus judicieuse avec un plat aussi ordinaire, mais il lui semblait que le jour s'y prêtait. Ce qui s'était passé, ce qu'ils s'étaient dit, la promesse qu'elle avait engagée pour lui... Une étape avait été franchie.

Son cœur souriait, et ce sourire ne le quitta plus de la soirée.

« Et cette enquête, alors ? avança-t-il innocemment.

– Vassilevski.

– Quoi ?!

– Si je te le dis. Vassilevski est coupable. »

Elle lui raconta alors les détails de l'affaire, sans tabous, sans malaise.

Castle n'en croyait pas ses oreilles.

« Dire qu'on l'a interrogé. J'étais persuadé qu'il était innocent. Quand tu as évoqué le double meurtre pour lequel il devrait être inculpé... Il y avait cette souffrance dans son regard.

– Exact. Mais c'était dû au fait qu'il ignorait qu'Helena était enceinte de lui. C'est nous qui le lui avons appris. »

Ils terminèrent leur repas en silence.

Au moment où Castle s'apprêtait à se lever pour débarrasser le comptoir, une main hésitante le retint.

« Rick... »

Il se rassit.

« Une dernière chose...

– Vas-y. Je t'écoute.

– C'est au sujet d'Oxana. Sa mère est décédée, son père ne peut actuellement pas la récupérer, vu les circonstances...

– Et... ? »

Elle regardait ailleurs. Il se doutait de ce qu'elle allait dire, mais attendait patiemment qu'elle le formule, le sourcil levé.

« Les services sociaux envisagent de la placer. Temporairement. Jusqu'à ce que son père ait l'autorisation de la reprendre. »

Il avait vu juste. Elle ne pourrait décidément jamais se défaire de cette maudite compassion pour les êtres qui lui ressemblaient.

« Kate...

– Non ! Ce n'est pas ce que tu crois... ! se rattrapa-t-elle, comprenant la confusion. Je voulais juste savoir si... si on ne pouvait pas l'héberger, juste le temps qu'une famille d'accueil soit trouvée.

– C'est bien ce que j'avais compris. A peu de choses près, » tenta-t-il de dédramatiser.

Elle lui offrit ce regard à la fois insistant et implorant, qui venait habituellement à bout de toutes les résistances de Castle.

Mais il tint bon. Pour elle. Pour eux.

« Kate... Rappelle-toi ce que tu m'as dit. Ce que tu as promis, tout à l'heure. Si tu la prends avec toi — même temporairement — s'empressa-t-il de rajouter devant la tentative de Beckett pour le couper, tu gardes un œil sur ton passé. Comment veux-tu qu'on trouve un équilibre ainsi, tous les deux ? »

Elle soupira et baissa le regard. Elle était trop clairvoyante pour ne pas se ranger à son avis.

« Je sais... Mais j'ai si peur qu'elle se perde... comme je me suis perdue.

– Tu seras là. Et tu veilleras à ce qu'elle ne se perde pas. Je te demande simplement de prendre tes distances, de... couper un peu le cordon. Fais confiance aux autres, aux médecins, aux psychologues, pour faire leur part de travail. Tu ne peux pas tout gérer seule, Kate. »

Nouveau soupir. Résigné.

Elle releva néanmoins les yeux et croisa ceux de son partenaire. La pointe de déception laissa place à la reconnaissance. Elle lui sourit tristement, et embrassa lentement ses lèvres, une main sur sa joue.

« Merci. D'être fort et vigilant pour deux.

– Je le serai encore. Toujours. »