Salut à tous !
I'm back ! Je suis désolée de ne pas avoir publié ces trois dernières semaines. Je suis actuellement en Master, et je devais finir mon mémoire avant le 15 juin. Donc je n'avais pas vraiment le temps de traduire, ce dernier mois... Mais c'est enfin fini, j'ai rendu le maudit document vendredi, et je suis libre pour une période encore indéterminée !
Donc, voici, avec l'autorisation de l'auteur eiahmon, le chapitre 11 de Blood Is !
Bonne lecture !
10.
Wolfram s'autorisa un soupir de soulagement quand leur carrosse traversa la frontière de leurs terres. Ils n'étaient plus qu'à une journée de la maison, et sur leurs propres terres ils avaient plus de pouvoir contre la Confrérie, si besoin était. Il regarda Gabriel, allongé dans ses couvertures, la tête sur les genoux de sa mère. Il était réveillé mai ses yeux étaient confus et vides, et Wolfram fronça les sourcils en pensant à ceux à blâmer pour son état actuel. Le château l'avait mené à ce point, mais Volpe l'y avait envoyé, et Wolfram avait bien l'intention de faire tout son possible pour anéantir cet homme avant la fin de la semaine.
Il jeta un coup d'œil par la fenêtre vers le ciel nuageux : c'était couvert depuis l'après-midi de la veille, et il pensait sentir la pluie. Avec de la chance ils atteindraient la maison avant –
La calèche s'arrêta brutalement avec un à-coup, et Edeline agrippa Gabriel pour l'empêcher de tomber au sol. « Que diable… ? » Demanda-t-elle perplexe.
« Je ne – » Commença Wolfram, mais fut interrompu au milieu de sa phrase. Des cris et des appels résonnèrent à l'orée des arbres de l'autre côté de la route, suivis par des bruits de courses, et il vit Edeline écarquiller les yeux d'horreur en serrant Gabriel contre elle. « Des bandits de grand chemin ! » Maudit-il et il tendit la main vers son épée, mais avant qu'il n'ait pu la toucher, la porte s'ouvrit en grand et des mains agrippèrent Edeline, la tirant hors de la calèche.
« Wolfram ! »
Il sentit son cœur s'arrêter en entendant le cri de son épouse, et il sauta sur ses pieds et hors de la calèche, sur la route. C'était un groupe de cinq hommes, brandissant des épées et des couteaux, et l'un d'eux avait Edeline tandis qu'un autre maîtrisait leur conducteur.
« Regardez ce que nous avons là, les gars ! » Ricana l'un des hommes, de toute évidence le chef de leur petite bande. « Des nobles, qui voyagent sans le moindre garde. Comme c'est dommage… pour eux bien sûr. » Les autres rirent, et celui qui tenait Edeline la pressa contre lui.
« Je vais bien m'amuser avec toi. » Il la lorgna. « Je n'ai jamais eu de noble avant. »
Edeline se tortilla dans ses bras. « Lâchez-moi ! »
« Laisse l'épée, joli garçon. » Ria le chef. « A moins que tu ne veuilles devenir veuf. Branon ici présent se moque de si elles sont mortes ou vivantes. »
« Branon » eut un sourire maniaque et serra Edeline contre lui, et Wolfram put clairement voir la large dague dans sa main. Wolfram soupira de défaite, et lâcha son épée au sol, tandis que l'un d'eux avançait et l'écartait de son chemin.
« Voyons ce que vous avez là-dedans ! » Dit-il en grimpant dans la calèche. « Oh, qu'est-ce que c'est que ça ? Vous nous cachez des choses ? Pourquoi n'avez-vous pas dit que – »
Il y eut un grondement retentissant dans la calèche, et le son fit dresser les cheveux de Wolfram sur sa nuque.
« Qu'est-ce que ? Oh mon Dieu ! »
Le grondement se transforma en un rugissement furieux, il y eut un crunch ! et le voleur tituba hors du carrosse, la main pressée contre son cou alors que du sang giclait entre ses doigts. Tout le monde se figea et le regarda en silence vaciller quelques pas plus loin, trébucher et tomber au sol tête la première. Il tressauta une ou deux fois, émit un borborygme puis s'immobilisa dans une flaque de sang qui imbibait la poussière autour de lui.
« Qu'est-ce que c'était ça, par l'Enfer ! » Hurla le chef en fixant son homme tombé.
Derrière lui, Wolfram entendit un nouveau grognement, et regarda derrière son épaule gauche pour voir Gabriel sortir du carrosse. Sur sa cheville, son par-dessus en laine était tâché de sang sur le devant, et Wolfram suivit la traînée sanglante jusqu'au visage de Gabriel. En le voyant, il frissonna.
Sa bouche ensanglantée était ouverte, dénudant ses canines, et il émettait un son, pas très différent d'un serpent qui met un prédateur en garde. Sa peau, normalement pale, était rougie et Wolfram tressaillit en comprenant que c'était dû au sang qu'il venait de boire, mais ce n'était pas le pire, de loin.
C'était ses yeux. Ils fixaient intensément ceux en face de lui, sans vie, sans conscience, sans signe qu'il y avait un être vivant et pensant derrière. Ses pupilles étaient dilatées, et la mince bande rouge qui était visible autour… brillait. Ce n'était pas Gabriel Belmont, ce n'était pas leur fils. C'était un vampire. C'était un prédateur.
Qui avait, de toute évidence, repéré son prochain repas.
Wolfram cilla, et Gabriel était soudainement sur le côté de la route près de celui qui tenait sa mère. L'homme le fixa, mâchoire décrochée, permettant à Edeline de se libérer de sa poigne en gigotant pour courir vers son époux. Wolfram ignora sa femme qui enfonçait ses doigts dans son bras, alors que Gabriel se saisissait de la tête de son ravisseur, dénudait son cou et le mordit profondément. Il y eut un atroce bruit de succion et du sang gicla contre le visage de Gabriel alors qu'il commençait à boire.
« Qu'est-ce que c'est que ça, par l'Enfer ! » Hurla le chef en regardant Gabriel lâcher le corps mort et desséché au sol. Wolfram fixa le corps allongé par terre, sec comme des fruits confis pour l'hiver, jusqu'à ce qu'il remarque le chef avancer, menaçant, vers son fils en tirant son arme.
Il repoussa Edeline, attrapa sa propre épée là où elle était tombée sur la route, et courut vers le bâtard qui menaçait son fils tandis que Gabriel identifiait sa prochaine victime. Leur conducteur fut capable de ramper plus loin avec terreur alors que Gabriel saisit le bandit par le cou et le tirait. Il enserra l'homme dans ses bras, comme s'il embrassait son amant, et le même bruit de succion quand il enfonça ses dents profondément dans son cou.
Le cinquième bandit sauta devant Wolfram en brandissant son épée, mais Wolfram repoussa simplement la lame et le frappa en pleine poitrine. Il ressortit son épée et bougeait à nouveau avant que le corps ne puisse toucher le sol, mais il fut trop lent, et le chef leva sa propre arme quand Gabriel lâcha sa dernière victime pour lui faire face.
Tout son visage était couvert de sang, et il y avait des marbrures dans ses cheveux, mais Wolfram n'y prêta pas attention, et le chef planta son épée droit dans le cœur de Gabriel. Derrière lui Edeline hurla alors que la lame sortait dans le dos de Gabriel avec une giclée de sang, et Gabriel cria de douleur et se plia sous le coup.
« Je vais t'apprendre à tuer mes hommes ! » Hurla le chef en libérant son arme. Gabriel tituba, chancela une seconde, puis s'effondra au sol et ne bougea plus. Edeline hurla à nouveau, Wolfram fixa le corps de son fils en le suppliant de bouger, de se lever, de faire n'importe quoi sauf rester immobile comme dans une tombe.
« Gabriel ! » Appela Edeline avec horreur, alors que Wolfram continuait de le fixer, l'esprit vide. « Gabriel ! »
Les membres de la Confrérie se précipitaient hors du chemin de Wolfram qui marchait à grands pas à travers leur camp, plusieurs de ses meilleurs chevaliers avec lui. Les apprentis et les écuyers les fixaient, les yeux écarquillés et les mâchoires décrochées, et des murmures les suivaient sur le but de leur visite, et pourquoi le Seigneur Cronqvist semblait prêt à tuer quelqu'un ?
Wolfram ignora tout cela toutefois, il savait exactement où il allait grâce à sa visite de l'endroit, 36 jours plus tôt, et il avança à travers les doubles portes dans la salle à manger en les claquant. Le son des portes de chênes contre les murs de pierre attira l'attention de tous, et les têtes se tournèrent pour le fixer, lui et son escorte, alors qu'ils avançaient comme si l'endroit leur appartenait.
« William Volpe ! » Rugit-il de rage. « Où es-tu, bâtard voleur d'enfant ! » Il entendit des hoquets et des exclamations d'indignation autour de lui, mais les ignora encore alors que Volpe, assis à la grande table au fond de la pièce, se levait pour l'accueillir.
« Seigneur Cronqvist, » Dit l'homme d'un ton calme qui irrita encore plus les nerfs de Wolfram. « Qu'est-ce qui vous amène ici ce soir ? »
« Ne joue pas les innocents avec moi ! Tu sais parfaitement bien pourquoi je suis là ! J'ai découvert les secrets que tu faisais de ton mieux pour dissimuler, et j'ai l'intention de te les faire payer, ici, ce soir ! »
« J'ai bien peur de ne pas avoir la moindre idée de ce dont vous parlez. » Volpe se tourna vers les hommes qui l'entouraient. « Si vous pouviez tous deux escorter le Seigneur Cronqvist hors des lieux et l'empêcher de revenir ? »
« Ne me mens pas ! » L'agressa Wolfram. « Trente-trois ans plus tôt, tu as volé mon fils, et maintenant tu gardes mon petit-fils loin de moi ! » D'autres exclamations retentirent dans la salle.
« Je vous assure, Seigneur Cronqvist, que Trevor Belmont n'est pas votre petit-fils. » Il fit signe à ses hommes, mais les propres chevaliers de Wolfram levèrent leurs épées et boucliers.
« Alors comme sais-tu de qui je parle ? » Demanda Wolfram en fixant Volpe d'un regard noir, et tous se turent dans la salle à manger face aux implications.
Il faut le lui reconnaître, Volpe se remit rapidement de sa bévue. « C'est une supposition simple à faire, au regard des rumeurs qui courent sur les origines de son père. »
« J'ai vu le miroir. »
Volpe se figea un instant. « Le miroir ? Vous avez vu… ? »
« J'ai tout vu. Je t'ai vu prendre mon fils de son berceau ! Je t'ai vu prendre mon petit-fils des bras de sa mère ! Je t'ai entendu ordonner à tes hommes de ne pas aller au château, le château où Gabriel se cachait ! »
« Gabriel Belmont est mort, Seigneur Cronqvist. »
« C'est entièrement vrai ! Mort, tué sur le côté de la route par un bandit alors que ma femme et moi essayions de le ramener à la maison ! »
Des cris d'incrédulité : « Quoi ! » « Gabriel a survécu ? » « Je croyais qu'il était mort en combattant Satan ! » résonnèrent autour d'eux.
« N'avez-vous pas dit la vérité à vos gens, Cardinal ? » Demanda Wolfram en faisant un pas en avant. « Leur avez-vous dit que Gabriel n'avait pas survécu à ses combats pour que nul n'accourt l'aider ? Y avait-il une raison pour le vouloir dissimulé dans le château, devenant lentement fou, sans savoir qu'il avait un jeune fils qui l'attendait ! »
« Impossible ! » Volpe haleta en titubant de sa chaise. « Gabriel ne peut pas avoir – »
« Personne ne survit à une épée en travers du cœur, Cardinal ! Pas même l'Élu de Dieu ! »
« Mais la prophétie – ! »
« Votre prophétie soit maudite ! Quelle excuse avez-vous pour avoir pris un enfant de sa famille et lui avoir ensuite dit que cette faille ne voulait pas de lui ! » Le Cardinal ne répondit pas. A la place, il trébucha sur sa chaise et s'effondra dans les bras de l'un de ses hommes, regardant Wolfram avec un choc horrifié.
« Vous… vous êtes allé au château ? » Balbutia-t-il alors qu'on l'aidait à s'asseoir.
« Je l'ai fait, avec ma femme. » Bien qu'il sache que ce n'était pas bien, Wolfram ne put s'empêcher de souhaiter que le cœur de l'homme soit sur le point de s'arrêter. Cela rendrait les choses tellement plus faciles à long terme, et serait une punition appropriée pour celui qui avait détruit sa famille si longtemps auparavant. « Nous avons rassemblé les faits, et réalisé que les descriptions de ceux qui avaient attaqués notre maison des années auparavant correspondaient à l'uniforme portée par les chevaliers de la Confrérie. Quelqu'un a même décrit votre arme favorite à la perfection. Quand nous avons entendu dire que Gabriel Belmont était un bâtard non voulu de ma famille, tout coïncidait. Voir Trevor, apprendre qu'il avait les mêmes yeux que ma femme et mon fils ne faisaient qu'ajouter du sens. Aussi, nous sommes allés au château, après que l'on nous ait dit que Gabriel y était. Nous l'y avons trouvé, seul et perdant l'esprit. Nous l'en avons sorti, nous le ramenions à la maison, et nous y étions presque nous avons été attaqué ! Gabriel est mort, frappé en plein cœur ! Mon fils est mort en essayant de protéger les parents qu'il venait à peine de rencontrer ! Mon fils est mort parce que vous l'avez dupé ! Vous l'avez volé de son berceau ! Vous l'avez envoyé seul dans cette mission ! Vous lui avez dissimulé son fils pour qu'il n'ait aucune raison de revenir ! Et vous avez empêché ses propres frères d'armes de courir l'aider en leur mentant ! Qu'avez-vous à dire pour votre défense, Cardinal ! »
L'homme semblait ne pas savoir quoi dire. « Mais… mais la prophétie ! »
« Je me moque de votre maudite prophétie ! Je suis venu ici ce soir pour m'assurer que vous répondiez de vos crimes, et j'obtiendrai ce pour quoi je suis venu ! Vous avez volé mon fils, l'avez envoyé à sa mort, et maintenant vous avez mon petit-fils ! Trevor partira d'ici avec moi ! »
« J'ai besoin de Trevor Belmont : Il devra – »
« Je n'ai rien à faire de vos besoins ! Trevor est mon petit-fils, et il va rejoindre sa famille avec moi ! Me suis-je bien fait comprendre, Cardinal ! Essayez de m'arrêter, et je vous anéantirai ! Je pourrai vous faire pendre pour ce que vous avez fait ! La seule raison pour laquelle je ne l'ai pas fait est parce que tous ne sont pas coupables ici, et je ne les punirai pas pour un crime qu'ils n'ont pas commis ! » Wolfram observa la mer de visages choqués autour de lui. « Vous avez fait énormément de bien l'automne dernier, et je sais que certains d'entre vous regrettent de ne pas avoir pu venir en aide à Gabriel lors de ses voyages. Je vous remercie de votre travail, et comprenez bien que je ne vous blâme pas des actes de votre chef. » Il regarda un écuyer qui se tenait près de lui. « Je veux que tu récupère Trevor et que tu l'amènes ici immédiatement. » Il leva les yeux vers l'un de ses propres chevaliers. « Va avec lui, amène moi Trevor directement. »
L'écuyer regarda Volpe pour avoir ses instructions, mais le vieil homme était avachi sur sa chaise et fixait la table devant lui sans la voir. Le garçon se précipita hors de la pièce, l'homme de Wolfram le suivant, et Wolfram attendit calmement au milieu de la salle à manger, ignorant les conversations autour de lui. Il avait pitié de certains de ces hommes, ce n'est pas une expérience plaisante de voir son monde secoué jusqu'à ses fondations. Même s'ils ne croyaient pas ce qu'il avait dit, ils s'interrogeaient sur certaines choses sans le moindre doute.
Heureusement il n'eut pas à attendre longtemps, et seulement quelques minutes avaient passées quand il entendit une porte s'ouvrir, et des bruits de pas. Il regarda à sa gauche pour voir la nourrice entrer dans la pièce, portant un enfant endormi dans ses bras, le chevalier de Wolfram marchant derrière elle. Elle regarda vers Volpe pour des instructions, mais une fois encore, il ne dit rien.
« Je vais prendre cela. » Dit Wolfram d'une voix égale, et le chevalier poussa la femme par derrière. Elle s'avança vers lui, et il dut reconnaître qu'elle n'hésita qu'un moment avant de lui tendre Trevor. Il accepta l'enfant endormi dans ses bras et vérifia que c'était le bon enfant en observant son petit visage. Il ne leur faisait pas confiance, et après tout ce qu'ils avaient fait ils pourraient très bien essayer de faire passer un autre enfant pour Trevor.
« Mes hommes et moi allons partir maintenant. » Dit-il plus bas, ne voulant pas perturber son petit-fils. « Laisse ma famille tranquille, Volpe, ou j'exécuterai ma menace. » Là-dessus, il se détourna et flanqué par ses hommes sortit de la salle, serrant Trevor contre lui.
Nul ne les ennuya quand ils partirent du camp, et Wolfram grimpa dans sa calèche qui l'attendait sans un mot. Il s'assit sur le banc, Trevor dans ses bras, alors que la calèche se mettait en branle, et alors seulement autorisa-t-il les larmes à couler sur ses joues.
C'était un voyage de sept jours pour atteindre la maison, et heureusement il se déroula sans problèmes, tout bien considéré.
Trevor se réveilla tôt le matin suivant, alors qu'ils roulaient près de champs qui venaient à peine d'être ensemencés. Il ouvrit ses yeux d'un doux vert et regarda Wolfram avec confusion.
« Bonjour, Trevor. » Fit doucement Wolfram. « Tu te souviens de moi ? Je suis ton grand-père. »
« Gampapa ? »
Wolfram sourit. « Assez proche. » Il repoussa gentiment les cheveux ébouriffés par le sommeil du visage de l'enfant. « Tu vas vivre avec moi et ta grand-mère maintenant. »
« Gamma. »
Il rit légèrement. « C'est ça. »
« Holly ? »
Holly devait être la nourrice. « Non, Trevor. Holly a dû rester derrière. »
Trevor regarda à l'intérieur de la calèche. « Holly ! » Cria-t-il, et sa voix résonna fort dans le petit espace.
« Holly n'est pas là, Trevor. »
Trevor le regarda, le menton tremblant. « Pas Holly ? »
« Pas Holly, Trevor. Je suis désolé. »
Le menton de Trevor trembla encore, et quelques larmes brillèrent dans ses yeux alors qu'il tendait les bras. « En haut. » Dit-il doucement. Wolfram sourit faiblement en prenant l'enfant dans ses bras, et il sentit une paire de petits bras entourer son cou. La jeune nourrice, qui l'avait accompagné, offrit de le prendre, mais Wolfram secoua légèrement la tête contre ses bras tendus. Le poids chaleureux de Trevor contre sa poitrine l'envahit alors que le garçon commença à pleurer, et Wolfram le berça et lui murmura à l'oreille.
« Les choses vont être tellement mieux pour toi. » Dit-il gentiment à Trevor qui sanglotait contre son épaule. « Tu m'auras moi, ta grand-mère, et tellement de cousins que tu ne sauras pas quoi faire de tous. Tu vas avoir une famille entière à appeler la tienne. Et devine quoi, ton papa sera là aussi. »
Trevor leva la tête et le regarda avec des yeux rougis et gonflés. « Papa ? »
« Oui, ton papa. Je suis sûr qu'il sera très content de te rencontrer. » Il essuya une larme avec son pouce de la joue du garçon. « Maintenant, tu es prêt pour le petit-déjeuner ? Je suis certain d'avoir quelque chose pour ton petit estomac quelque part là-dedans. »
Trevor frotta ses yeux gonflés alors que Wolfram attrapait le panier que leurs cuisiniers avaient préparés pour lui. Il prit rapidement un petit pain pour que Trevor puisse le grignoter, et rapidement les larmes disparurent alors qu'il dévorait avec joie. Wolfram ne put s'empêcher sourire à l'enfant assis sur ses genoux. Il avait son fils, maintenant il avait son petit-fils, et il tint l'enfant près de loin tandis que le carrosse roulait vers la maison.
Plusieurs jours plus tard, Wolfram marchait entre les murs de sa maison, allant droit vers les appartements d'Edeline et lui. Trevor dormais à nouveau dans ses bras, et de nombreuses personnes souriaient à la vue alors qu'il passait. L'on savait déjà que Trevor était leur petit-fils, aussi il n'eut pas à répondre à la moindre question en marchant vers les doubles portes familières. Au lieu de les passer toutefois, il les dépassa et alla à la porte suivante, une qu'il avait évitée les 33 dernières années.
Après son enlèvement, la chambre de Gabriel avait simplement était fermée, et ni Wolfram ni Edeline n'y avaient remis les pieds. Avec son retour cependant elle avait été rouverte, nettoyée et organisée dans une utilisation temporaire. Normalement, en tant qu'homme adulte, Gabriel aurait dû avoir ses propres appartements, mais à cause de son fragile état mental, ils le voulaient aussi près d'eux que possible.
Les deux gardes en poste à la porte l'ouvrir pour lui, et il avança dans la pièce assombrie avec Trevor tandis que la porte se refermait derrière lui. Les restes brisés de vieux meubles avaient été jetés, le berceau de Gabriel mis de côté pour un usage futur possible. A la place, il y avait un simple lit contre le mur de droite, une petite table avec une lampe, et deux fauteuils. Edeline était sur l'un d'eux, regardant Gabriel dormir dans la faible lumière de la lampe, et elle tourna les yeux vers lui quand il entra.
« Ça a fonctionné ? » Demanda-t-elle doucement.
Wolfram hocha la tête en s'asseyant dans l'autre fauteuil, et il sourit quand Edeline tendit les bras avec enthousiasme. Il lui donna Trevor et l'observa le bercer et s'extasier. « Ça a marché. » Dit-il après une minute, ce qui lui fit relever la tête. « Bien que j'ai du mal à croire à quel point ça a été facile. Volpe est convaincu que Gabriel est mort quand le bandit lui a transpercé le cœur, et le reste de la Confrérie n'a pas eu l'air très heureuse qu'il leur ait menti. Avec de la chance, cela nous fera gagner du temps. Volpe n'a pas cessé de mentionné une prophétie, et il insistait sur le fait qu'il avait besoin de Trevor pour quelque chose, alors je ne pense qu'il abandonnera simplement. »
« A-t-il pourquoi ? »
« Non, je ne lui en ai pas laissé la chance. Je voudrais bien savoir ce qu'il voulait dire, mais j'étais bien plus préoccupé par le fait d'emmener Trevor le plus loin possible, le plus vite possible. »
Edeline observa le bambin dans ses bras et sourit à nouveau. « Il est nous maintenant. Il est à nous, et personne ne nous le prendra. »
« Pourquoi ne pas organiser ses affaires, alors ? Il a besoin d'un bain, de nouveaux vêtements, et je suis sûr qu'il serait affamé en se réveillant. Nous pouvons le présenter au reste de la maisonnée après le dîner. Je resterai près de Gabriel pendant ton absence. » Edeline sourit et approuva, se leva de son fauteuil pour embrasser Wolfram sur la joue, et sortit de la pièce avec Trevor dans les bras.
Wolfram s'adossa au fauteuil et s'étira, et le bois du fauteuil craqua sous son mouvement. Il s'avachit et regarder son fils endormi. Gabriel était profondément endormi sous les couvertures, enroulé sur son côté droit, ses cheveux étalés sur l'oreiller. Sa main gauche aux longues griffes noires sortait des couvertures, aussi Wolfram ne pencha pour le border, et le contact fit bouger et murmurer Gabriel avant qu'il ne s'immobilise à nouveau. C'était un soulagement de le voir montrer des signes de vie, après ce qui était arrivé 17 jours plus tôt.
Gabriel ne bougea pas, même quand sa mère courut vers lui, et le chef des bandits se tourna vers eux.
« Je suis désolé. Était-il important pour vous ? » Ricana-t-il. « Voilà ce qui arrive à ceux qui attaquent mes hommes ! » Il brandit à nouveau son épée et attrapa Edeline quand elle voulut le dépasser pour atteindre Gabriel. « Maintenant, à votre tour. »
Wolfram le fixait, trop horrifié pour bouger et empêcher ce… monstre de tuer sa femme, et il pensa, l'espace d'un moment fou, qu'au moins ils seraient bientôt tous réunis de l'autre côté. Avec de la chance, Trevor ne suivrait pas le même chemin que son père avait été forcé de suivre et…
Dans un grognement, Gabriel bougea. Le chef abaissa son épée et se tourna pour lui faire face, alors que Gabriel se dressait sur ses pieds. Edeline se libéra de sa prise et courut vers Wolfram alors que Gabriel fixait l'homme qui l'avait attaqué, les yeux rouges brillants.
« Au nom d'Enfer ! » Hurla le chef, et il leva à nouveau son épée, mais la lame lui fut arrachée des mains avant qu'il ne puisse s'en servir. Gabriel jeta l'arme de côté en fixant sa cible, et le regard de Wolfram fut attiré vers sa tunique, désormais complètement trempée de sang, alors qu'il se jetait en avant, toutes griffes dehors.
L'homme n'eut même pas le temps de crier.
Les griffes gauches de Gabriel se plantèrent dans son cou, du sang gicla des trous créés. Son autre main se planta dans sa poitrine, tirant une autre giclée de sang. Le corps tomba au sol, du sang coulant des plaies béantes, laissant Gabriel debout avec un cœur battant encore dans la main.
Wolfram regarda le cœur ralentirent et cesser dans sa main, et Gabriel le lâcha en commençant à chanceler. A sa plus grande honte, il hésita un moment avant de se précipiter en avant et d'attraper Gabriel avant qu'il ne s'écroule.
« Gabriel ! » Appela-t-il en le secouant. « Gabriel, répond-moi ! »
Les yeux de Gabriel battirent un instant, et il laissa échapper un gémissement sourd en s'affalant dans les bras de Wolfram. S'était-il évanoui ? Comment pouvait-il s'en assurer ? Sans réfléchir, il chercha un pouls et en trouva un, à sa plus grande surprise, un battement lent, apathique, mais un battement de cœur. Il soupira doucement, il s'était juste évanoui.
« Mon seigneur ? » Une voix tremblante s'éleva de derrière, et Wolfram regarda par-dessus son épaule pour voir leur conducteur debout, les yeux écarquillés.
« Pas un de mot de tout ceci, à quiconque. » Ordonna Wolfram. « Ceci restera entre nous, personne d'autre ne doit savoir. Compris ? »
L'homme hocha rapidement la tête, comme Edeline. Bien. « Edeline, viens là. » Elle approuva en tremblant et obéit. Il se leva, Gabriel avec lui, et lui tendit. « Ramène le dans la calèche et nettoie le. Je dois… m'occuper du chaos dehors. » Edeline recula et fit presque tomber Gabriel. « Edeline. » Lui dit-il fermement. « Il a tué ces hommes pour se défendre et nous défendre. Il s'est dirigé vers celui qui se menaçait aussi vite qu'il a pu. Souviens t'en. » Elle approuva à nouveau, et commença à marcher avec Gabriel, à nouveau calme et docile, vers la calèche.
Wolfram et le conducteur avaient traînés les corps profondément dans la forêt, aussi loin de la route qu'ils purent, et les avaient dissimulés sous un tas de feuilles et de branches mortes. Ce n'était pas parfait, mais creuser des tombes auraient été inutile, des animaux les auraient déterrés en quelques heures de toute manière. Ils avaient aussi cachés les habits ensanglantés de Gabriel une fois qu'Edeline l'en avait tiré. Ils étaient retournés à la calèche pour trouver Gabriel habillé de l'une des tuniques en lin de son père, enroulé dans ses couvertures, et encore une fois profondément endormi. Ils étaient retournés à la maison aussi vite que les chevaux avaient pu, et une fois arrivés, il avait envoyé Edeline à l'intérieur avec pour instruction d'envoyer le chef de leurs chevaliers à la calèche.
Wolfram avait mené la calèche dans l'intimité des écuries, Gabriel allongé sur un banc à l'intérieur. Il n'était pas endormi, ce qui rendrait les choses plus faciles. Une fois la calèche rangée, le conducteur l'avait informé que Sir Pershan attendait, et Wolfram lui avait fait signe de le rejoindre dans la calèche.
John Pershan était un vieux soldat vétéran de batailles, qui était avec les Cronqvist depuis qu'il était enfant, et il s'était élevé rapidement dans les rangs grâce à ses compétences et ses stratégies astucieuses. Maintenant à la fin de sa sixième décennie, il portait les marques de sa vie dure et tumultueuse avec fierté, et agissait aussi bien comme un ami que comme un frère aîné pour Wolfram, depuis qu'il était un garçon.
Maintenant, il s'agissait de voir si cette amitié resterait forte après ses révélations.
« Viens, John. » Dit Wolfram en passant gentiment les doigts dans les cheveux de Gabriel pour essayer de le maintenir calme.
« Que se passe-t-il, Wolfram ? » Demanda John en s'asseyant sur le banc opposé. Autour d'autres personnes, c'était « Sir Pershan » et « Seigneur Cronqvist », mais pas quand ils étaient seuls. Ils étaient amis depuis trop longtemps pour ça.
« Je suis sûr que tu as entendu parler de Gabriel Belmont ? » Répondit Wolfram en indiquant la personne en question.
Les yeux gris de John glissèrent de Wolfram vers Gabriel. « L'on m'a dit qu'il était mort. »
Wolfram renifla avec dérision. « C'est ce que le Cardinal Volpe veut que les gens croient. Non, il a survécu, et s'est réfugié à Château Bernhard. »
Le regard de John revint sur Wolfram. « Vous êtes allé là-bas ? Seuls ? Maudit sois-tu, Wolfram, tu connais les rumeurs sur cet endroit ! »
« Des rumeurs entièrement vraies, Edeline et moi l'avons découvert, mais ce n'est pas ce qui importe maintenant. Nous avons trouvé Gabriel à l'intérieur, et nous n'allions pas l'y laisser. »
« Alors c'est vrai ? Gabriel est notre petit maître ? »
Wolfram ne répondit rien. A la place, il amadoua Gabriel pour qu'il s'asseye, afin que John puisse les voir assis côte à côte. Même avec la couleur de son dernier repas déjà effacé de sa peau, ses yeux rouges et ses cheveux qui semblaient noirs dans la faible lumière, la ressemblance entre les deux étaient évidente.
John siffla longuement. « Alors c'est vrai. » Il regarda à nouveau Gabriel. « Ses yeux sont rouges. »
Wolfram, gentiment pour ne pas le mettre en colère, releva la lèvre haute de Gabriel pour rendre ses canines clairement visibles, ce qui fit écarquiller légèrement les yeux de John.
« Je comprends maintenant pourquoi tu voulais que je vienne dehors. » Dit-il après un moment. « Je croyais qu'ils étaient tous morts. »
« Autant que je puisse dire, il est le dernier. S'il y en a d'autres, nous ne les avons pas vus là-bas. Je sais comment il en est arrivé là, mais ceci est la partie intéressante. » Il sortit le crucifix d'argent de sous le cou de Gabriel, tirant un autre regard écarquillé de John.
« Alors on dirait que les rumeurs qui disent qu'il est l'Élu de Dieu sont également vraies. » Fit-il avec calme.
« En effet. Edeline et moi n'avons pas l'intention de le cacher. » Dit-il en passant un bras autour des épaules de Gabriel quand ce dernier s'appuya contre lui. « Il est dans cet état depuis que nous avons quitté le château, mais je suis certain que ce qu'il y a vécu l'a rendu fou. Il a des moments où il crie et pleure à des choses qu'il est le seul à voir, et il a des cauchemars. Pour cette raison, il a besoin que ses parents soient près de lui, et nous ne le cacherons pas dans les donjons. »
« Qu'as-tu besoin que je fasse ? »
« J'ai besoin que tes hommes et toi mènent tout le monde dans le hall pour une réunion familiale. Et je veux dire tout le monde, même les serviteurs. Je me moque de ce qu'ils sont en train de faire, je les veux tous dans le hall d'ici une heure. »
« Qu'as-tu l'intention de faire ? »
« Nous ne pouvons pas cacher ce que Gabriel est devenu, alors je compte être sincère. Leur dire que oui, il est un vampire, mais qu'il l'est devenu en faisant Ses tâches, et qu'aussi longtemps qu'il est nourri, il est docile. » Pas besoin de mentionner ce qu'il avait fait aux bandits, du moins pour l'instant. Gabriel avait été menacé par ces hommes, mais Wolfram savait que cette excuse ne fonctionnerait pas pour tout le monde.
« Es-tu sûr que ça va fonctionner ? »
« Quel autre choix avons-nous ? Gabriel ne se remettra pas de ce dont il a souffert s'il est enfermé sous la maison. »
« Tu ne me dis pas tout. »
« Tu as raison, je ne te dis pas tout, mais je le ferais plus tard. Toi, au moins, a besoin de savoir tout ce qu'Edeline et moi avons vu dans cet endroit maudit de Dieu, mais pour l'instant je veux emmener Gabriel à l'intérieur et l'installer avant que la Confrérie ne comprenne qu'il n'est plus là-bas. »
John hocha la tête une fois. « Je vais bouger mes hommes immédiatement. Vas-tu rester ici jusqu'à ce que tout le monde soit prêt ? »
« Oui. Je n'emmènerai pas Gabriel dans la maison avant que tout le monde soit hors du chemin. »
« Je vais dire à mon second de faire avancer tout le monde dans le hall, puis je reviendrai ici m'assurer que personne ne te perturbe. »
« J'apprécie ça, John. »
« Tu peux me payer plus tard en me donnant une bonne histoire plus tard. Je suis certain qu'elle sera intéressante. »
« Oh, elle l'est. »
Après cela, John descendit de la calèche et referma la porte, laissant Wolfram seul avec Gabriel.
Gabriel marmonna dans son sommeil, et Wolfram passa gentiment les doigts dans ses cheveux pour l'apaiser.
« Rendors-toi, Gabriel. » Souffla-t-il. « Je suis avec toi. »
Gabriel mit son visage dans l'oreiller, et sa main sortit des couvertures pour attraper celle de Wolfram et la tirer vers lui. Même dans son sommeil, sa poigne était étonnamment forte, et il tint la main de son père près de lui en s'installant. Wolfram sourit faiblement à la vue et à la sensation de Gabriel s'accrochant à lui.
Présenter Gabriel au reste de la maisonnée ne semblait plus une si bonne idée d'un coup, pensa Wolfram en emmenant son fils à travers les murs vides. Il croyait toujours que c'était la meilleure solution pour le bien de Gabriel, mais il savait qu'il s'apprêtait à lâcher une tornade sur eux, et il n'était plus certain qu'ils y survivraient. Certains parents, ceux qui avaient silencieusement célébré la disparition de Gabriel de son berceau, seraient sans doute furieux.
Ils le nettoyèrent rapidement, peignèrent ses cheveux et l'habillèrent comme il sied à sa nouvelle position. Il ne fallait pas qu'il rencontre sa famille en ne portant qu'une tunique après tout. Gabriel fut calme et passif tout du long, mais quand ils s'approchèrent du hall, les bruits de tant de voix se murmurant les unes aux autres semblèrent le gêner. Il attrapa Wolfram des deux mains et gémit doucement, fermant les yeux.
« Ce ne sont pas les voix qui t'ont tourmentés, Gabriel. » Dit gentiment Wolfram, soulagé qu'il n'ait pas enfoncé les griffes. « Ces gens sont la famille. Ils ne te feront pas de mal. » Pas tous, du moins, ajouta-t-il silencieusement. Gabriel détourna la tête et cacha son visage dans les cheveux de Wolfram, et ils durent attendre ici quelques minutes pour l'apaiser avant de pouvoir continuer.
« Pershan. » Ordonna Wolfram en s'arrêtant devant les doubles portes qui menaient au hall. « Si les choses se passent mal, attrapez Gabriel et sortez le d'ici. C'est un ordre. »
« Bien, mon seigneur. Etes-vous prêt ? »
Wolfram regarda Edeline, qui approuva, et il se tourna vers John. « Allons-y. »
John ouvrit les portes et les précéda dans la salle, l'un de ses hommes derrière eux. Une vague de silence s'abattit sur la pièce, commençant à la porte et avançant à mesure que Wolfram et Edeline marchaient vers l'avant, Gabriel tiré avec eux. Quelques secondes plus tard, les murmures commencèrent.
« Qui est-ce ? »
« Je ne l'ai jamais vu avant. »
« Il ressemble à Wolfram, tu ne trouves pas ? »
« Pourrait-il être… ? »
« Mais il est mort ! »
« On a jamais trouvé de corps, et aucune rançon. »
Wolfram ignora les chuchotis en avançant vers l'estrade au bout de la pièce, et il garda un bras autour des épaules tremblantes de Gabriel tout du long. Il pouvait entendre Edeline lui souffler quelque chose et elle garda son bras autour de sa taille lorsqu'ils grimpèrent les quelques marches pour se tenir sur l'estrade. Ils se tournèrent vers la foule, et il espéra que tous ces regards ne dérangeraient pas Gabriel : ils avaient besoin qu'il reste calme.
La pièce se tut à nouveau, bien que quelqu'un souffla « Oh mon Dieu ! » dans le fond.
« Je suis sûr que vous connaissez tous l'histoire de Gabriel Belmont. » Entama-t-il, et tous approuvèrent, famille comme domesticité. « Il s'agit de celui qui se tient derrière moi, et je suis certain que vous avez remarqué à présent notre ressemblance. Des semaines plus tôt, j'ai eu une réunion avec les domestiques présents la nuit où mon fils nous a été enlevé, et ils ont tous décrits les mêmes éléments à propos des hommes qui ont envahis la maison cette nuit-là. J'ai réalisé après avoir rencontré le Cardinal Volpe de la Confrérie de la Lumière qui avait pris Mathias toutes ces années auparavant. »
« Les as-tu confronté ? » Une voix furieuse s'éleva, son neveu Adelar, le fils aîné du jeune frère de Wolfram, Cordrin. Il était également le suivant dans la ligne de succession si Wolfram mourait sans héritier.
« Pas encore. »
« Pourquoi, par l'Enfer ? S'ils avaient volé mon fils, j'aurais détruit leur camp et leurs têtes ! Ils auraient tous été pendus ! »
« Et tu aurais détruit la famille avec toi ! » Claque la voix de Wolfram, et il baissa d'un ton quand Gabriel tressaillit à côté de lui. « La Confrérie a sauvé nos vies l'automne dernier, et tout le monde le sait. Les attaquer maintenant serait une mission futile et idiote qui mènerait les gens à réclamer notre sang. Je m'occuperai d'eux, mais pas maintenant. J'ai eu des choses plus importantes à faire avant.
Apparemment, il y a des rumeurs qui circulent sur les terres du Seigneur Rosier que Gabriel était un bâtard rejeté de notre famille. Comme vous pouvez l'imaginer, après avoir entendu cela et avoir appris que la Confrérie était probablement ceux qui avaient pris mon fils, je devais enquêter. Au prétexte de visiter leur camp, Dame Cronqvist et moi-même avons cherché Gabriel, mais le Cardinal Volpe nous a dit qu'il était mort. » Il fit une pause, tous les yeux dans la pièce fixés sur Gabriel. « Comme vous pouvez le constater, ce n'est pas vrai. »
Ce qui suivit était une version révisée de leur course pour sauver Gabriel avant que la Confrérie ne les surprenne. Il mentionna le miroir, mais pas que Gabriel avait été contrôlé pour tuer la jeune fille et sa propre femme. Il mentionna que Gabriel avait effectivement détruit les Seigneurs de l'Ombre et renvoyé Satan en Enfer. Il leur parla du fils de Gabriel, pour l'instant sous la garde de la Confrérie bien qu'il ait l'intention de corriger cela rapidement. Il confirma les rumeurs à propos de Château Bernhard, mais leur dit qu'il s'était écroulé sur lui-même peu après leur fuite. Il ne parla pas des voix.
« Comme vous pouvez tous le voir, Gabriel et moi nous ressemblions fortement, aussi puis-je affirmer sans grands risques que Gabriel Belmont et Mathias Cronqvist sont la même personne. Gabriel restera ici avec sa famille jusqu'à ce qu'il se remette de ses épreuves, et je veux que les choses soient clairs. Que nul ne le dérange. Ne l'interrogez pas, ne le harcelez pas. Laissez-le en paix pour qu'il puisse guérir. Ma femme et moi-même prendrons soin de lui jusqu'à ce qu'il soit en état de le faire. »
Faites confiance à Adelar pour semer la zizanie à nouveau. « Pourquoi ses yeux sont-ils rouges ? »
Nous y voilà, songea Wolfram. « Parce qu'il est un vampire. » Dit-il, et ses mots résonnèrent clairement dans la pièce brusquement silencieuse. Il attira Gabriel plus près de lui, et attendit l'explosion.
« Quoi ! »
« Es-tu devenu fou ? »
« Tu as amené un vampire chez nous ! »
« Il va tous nous tuer ! »
« Il est maudit ! »
« Il va nous maudire ! »
Cordrin bondit de sa chaise et courut dans l'allée vers eux en brandissant une croix. Puisque ce n'était pas une arme, Wolfram fit signe à John de ne pas bouger, et tint fermement Gabriel à la place tandis que Cordrin survolait les marches pour jeter la croix au visage de Gabriel.
Gabriel cria de surprise quand le métal toucha son visage, mais il n'essaya pas de s'en éloigner, et ne montra aucun signe qu'elle le blessait d'une quelconque manière. Cordrin vacilla en arrière, sous le choc, et toute la pièce hoqueta en ne voyant aucune marque sur le visage de Gabriel. Edeline s'avança et tira le crucifix d'argent de la tunique de Gabriel pour qu'elle soit parfaitement visible, et tous semblèrent le fixer.
« Gabriel est devenu un vampire en accomplissant Son œuvre. » Dit calmement Wolfram, alors que Cordrin battait en retraite et tombait sur sa chaise. « Croyez-vous vraiment qu'un humain pourrait vaincre Satan ? » Ce n'était pas l'entière vérité, mais Wolfram n'avait aucune intention de jamais mentionner le démon que Gabriel avait combattu. « Mon fils est devenu un vampire pour tous nous sauver, pour remplir la mission que le Seigneur lui a confié, et au lieu d'être reconnaissant, tu l'attaques ! » Il lança un regard noir à Cordrin, qui fixait toujours Gabriel sans y croire.
Le prêtre de la famille, un homme d'une quarantaine d'année nommé Père Caleb, se leva et s'approcha de l'estrade. Wolfram lui fit signe d'avancer, et il se tint devant Gabriel, qui le regarda avec des yeux confus. Il lui murmura quelque chose, une bénédiction apparemment, car il fit ensuite le signe de crois pour lui.
« Bienvenu chez toi, Élu de Dieu. » Dit-il, et il descendit de l'estrade.
Bien sûr, Adelar n'était pas content. « Comme vas-tu le nourrir ? A moins que tu n'attendes de nous que nous nous tenions en ligne, cou dénudé pour lui ? »
« Gabriel sera nourri grâce au boucher. Si tu as si peur de lui, Adelar, évite-le simplement. Si tu contraries au point qu'il te morde, je te tiendrais toi pour responsable, pas lui. » Il fit glisser son regard sur le reste de la maisonnée. « Cela vaut pour vous tous. Laissez Gabriel en paix, laissez-le se reposer, laissez-le guérir. C'est le meilleur moyen de remercier celui qui a sauvé toutes nos âmes. De plus, nul ne doit mentionner sa présence à quiconque. Je ne veux entendre aucune rumeur sur sa présence ici, et je ne veux entendre aucune rumeur sur la présence d'un vampire chez nous. » Il regarda chaque personne présence avec une expression fermée. « Quiconque désobéira sera… puni… sévèrement. Suis-je clair ? »
Tous approuvèrent, même Cordrin et Adelar, et Wolfram hocha la tête brusquement avec satisfaction. Il sortit ensuite Gabriel de la pièce.
Cela faisait quatre jours et à sa grande surprise, la famille et les serviteurs avaient accepté la présence de Gabriel assez facilement. Il y avait toujours des plaintes ici et là, les plus importantes venant de Cordrin et Adelar, et ils n'avaient rien dit à Wolfram ou à Edeline directement, et ils avaient entièrement évité Gabriel. Toutefois, mieux valait prévenir que guérir et Wolfram avait ordonné à John de choisir quatre de ses meilleurs hommes pour qu'ils montent la garde auprès de Gabriel, tournant selon un emploi du temps rotatif. S'il était au lit, ils gardaient sa porte, s'il était avec Wolfram ou sa mère, ils montaient la garde à proximité. Gabriel ne serait jamais sans protection, bien que la nécessité attriste énormément Wolfram. Il avait sauvé son fils de ceux qui l'avaient enlevé, et maintenant il devait le protéger de sa propre famille.
Derrière lui la porte s'ouvrit doucement et Edeline entra, portant encore Trevor dans ses bras. L'enfant était réveillé et regardait autour de lui, ses yeux verts curieux, lavé et habillé de vêtements propres.
« Gampapa, » dit-il en souriant quand il vit Wolfram assit là, et Wolfram lui rendit son sourire tandis qu'Edeline s'installait dans l'autre fauteuil, Trevor sur les genoux. L'enfant la regarda. « Gamma. »
« Oh, mon petit. » Fit Edeline avec un sourire amusé, avant de lever les yeux vers Wolfram. « Veux-tu les présenter ce soir ? »
« Peut-être, si Gabriel se réveille et s'il n'est pas contrarié. Je ne veux pas qu'il rencontre son fils en étant agité. »
Trevor pointa Gabriel du doigt. « Qui ça ? »
Wolfram secoua la tête en soupirant, et puisqu'il était le plus proche de Gabriel, il tendit la main vers Trevor pour le prendre des bras d'Edeline sur ses genoux. Puis il passa gentiment la main dans les cheveux de Gabriel.
« Trevor, » Dit-il avec douceur. « Voici ton papa. »
Trevor le regarda. « Papa ? » Demanda-t-il, perplexe, et Wolfram comprit qu'il n'avait probablement pas la moindre idée de la signification du mot
« Oui, ton papa. »
Trevor observa Gabriel qui remuait sous le contact contre ses cheveux. « Papa… » Il tapa des mains de jubilation à ce nouveau mot. « Papa ! »
Gabriel bougea dans le lit, et ses yeux s'ouvrirent légèrement tandis que Trevor gigotait pour être posé. Wolfram le laissa faire, et il fit des pas titubants vers le lit pour y grimper. Edeline voulut l'attraper, mais Wolfram prit sa main pour l'arrêter.
« Voyons ce qu'il va faire d'abord. » Dit-il, et Edeline le regarda, incertaine. « Au moindre signe d'agression je l'attraperai. » Elle hocha la tête avec hésitation et se remit dans son fauteuil, mais son regard ne quitta pas Gabriel alors qu'il se réveillait.
