Note de la Traductrice : Ce chapitre n'a pas été corrigé. Il est certainement truffé de fautes d'orthographe et de grammaire, mais j'avoue qu'à force de le relire, je ne vois plus rien. Je préfère donc le publier ainsi.
chapitre11: Jour de flammes
"A ton avis, que se passe-t-il là-bas?"
Severus détourna le regard, qui jusqu'à présent était rivé sans espoir sur le château, pour tourner vers Hermione ses yeux hantés.
Il se posait la même question depuis que Drago était entré, depuis qu'il ne pouvait plus le voir. A t-il trouvé les réponses qu'il cherchait ? A-t-il été découvert ? Est-il quelque part dans ce sombre labyrinthe entre les mains du Seigneur Noir, mourant dans d'atroces souffrances ?
"Je ne suis sûr de rien" Répondit doucement Severus en se tournant vers le phœnix perché sur son épaule. « Et pourtant, Fumseck me donne de l'espoir, si une telle chose peut se trouver dans ce triste monde. Si quelque chose était arrivé à Drago, je pense qu'il aurait trouvé un moyen de nous le dire. » Je dois y croire.
Hermione regarda l'oiseau d'un air pensif puis acquiesça doucement. « Oui, tu dois avoir raison. » Elle sourit légèrement puis ajouta d'une voix qu'elle voulait plus légère, « Et puis, le château est toujours debout. Si quelque chose lui était arrivé, il aurait certainement déjà explos-»
Une détonation empêcha Hermione de terminer sa phrase. Ils se regardèrent pendant ce qui leur sembla une éternité puis se tournèrent vers la source du bruit. Si la Gryffondor avait été dotée du don de prescience, ses mots prophétiques auraient été ceux d'une véritable vision. Un tiers du château était en feu, des flammes anormalement lumineuses atteignaient le ciel et propageaient tant de chaleur que de là où ils étaient Severus et Hermione la ressentirent. Severus vit le bâtiment fondre, s'effondrer sur lui-même, créant des vagues de pierres fondues. Les flammes travaillaient rapidement, dévorant l'aile où tout avait commencé, propageant le feu dans le reste du château.
"Mon dieu." Murmura Hermione horrifiée, incapable de détacher son regard d'un tel carnage. "Qu'est-ce que c'est?"
Severus secoua la tête, impuissant. « Je n'avais jamais vu un tel sort. »
Que le feu soit de nature magique était incontestable. Un incendie ordinaire n'aurait pas été aussi chaud et ne se serait pas propagé aussi vite. Mais ce n'était pas sa chaleur qui le rendait si terrible. Poudlard avait été construite avec l'aide de la magie, les pierres venaient des entrailles de la terre et des sorciers et sorcières extraordinaires lui avaient infusé leur pouvoir. Elle s'était tenue là pendant des siècles, imperméable aux sorts mal lancés d'élèves inexpérimentés, et avait même résisté aux violents combats qui avaient opposés Albus Dumbledore et l'homme qui avait lui-même crée le personnage de Lord Voldemort. Elle avait changé. Elle avait été endommagée. Elle avait même été détruite pour protéger le monde. Mais jamais elle ne s'était effondrée. Avant aujourd'hui.
"Drago est à l'intérieur!" Hermione fit face à Severus, son visage marqué par la peur et le chagrin. "Severus, nous devons,-"
"Non, Hermione." Le poids de ses mots formait un manteau de douleur qu'il devrait une fois de plus porter. « Il n'est plus là. »
Le feu ne se serait pas autant propagé, la chaleur n'aurait pas été aussi forte, peut-être y aurait-il eu une chance pour que Drago se soit échappé. Une chance pour eux d'affronter les flammes et les dangers du château et le retrouver. Mais le feu s'était propagé et les flammes brûlantes ne faiblissaient pas. Comme avec le reste de leur vie, il n'y avait aucune chance. Aucun choix.
Ils devraient avancer. Ils pouvaient encore trouver les réponses. Il était possible que leur recherche prenne fin rapidement, qu'il ne leur faille que quelques jours pour trouver le bon temps, mais il était aussi possible qu'il leur faille des années. De toutes façons, Severus ne pouvait pas abandonner. Ils étaient aller trop loin, avaient trop perdu. Il se tenait devant un précipice et tout s'effondrait autour de lui, submergé par la douleur et la perte, plus brisé qu'entier, il refusait de sombrer dans le désespoir. Il continuerait. Comme Drago l'avait fait. Abandonner reviendrait à nier le sacrifice du jeune serpentard.
"Viens Hermione" Severus reconnut à peine sa voix. « Nous devons-
Une boule de feu prit vie à côté d'eux. Par instinct, Severus sortit sa baguette, tira Hermione vers lui, forçant le Retourneur du temps entre ses mains. Si les flammes les atteignaient, il pourrait la protéger. Si le Seigneur Noir avait eu vent de leur présence et s'apprêtait à les attaquer, il ferait ce qu'il pourrait pour qu'Hermione ait le temps de s'échapper. Pourtant, au lieu de se propager ou de révéler Voldemort, les flammes se consumaient. Alors qu'elles disparaissaient, Severus vit Drago au milieu d'elles, légèrement roussi, mais allant apparemment bien.
Severus eut le soufflé coupé de soulagement. Sa main tremblait. Il abaissa sa baguette. « Par tous les dieux Drago," Murmura-t-il quand il put à nouveau parler sans s'étouffer. « Que s'est-il pa-" Les mots à peine revenus, moururent dans sa gorge dès que je jeune homme lui fit face.
Des gouttes de feu s'écoulaient de l'homme comme s'il s'agissait d'eau, carbonisant le sol mais, ne semblant pas l'affecter. Son visage était lisse, sans expression, sa peau cendreuse était tendue contre les os. Pourtant se furent ses yeux, vides, ses orbites sombres qui arrêtèrent Severus, le retenant par leur étrangeté et refusant de le libérer. C'était peut-être le corps de son ancien élève, mais ce n'était pas Drago Malfoy qui le regardait avec ces yeux gris sans vie.
"Drago?" L'interpella Hermione détachant son regarda de Severus. "Que t'est-il arrivé?"
Les yeux glacés oscillèrent de Severus à Hermione sans les reconnaître. On y lisait un profond sentiment d'ennui, comme si la chose qui les regardait ne pouvait supporter une interruption aussi insignifiante. Ils se posèrent à nouveau sur Severus, le paralysant momentanément par leur intensité. Puis Drago tourna la tête, balayant de ses pensées et Severus et Hermione. Severus le vit s'attarder sur leurs alentours.
Qui est avec toi? Se demanda silencieusement Severus, incapable de poser la question à voix haute. Et que t'a-t-il fait ? Le soulagement qu'il avait éprouvé en voyant Drago sortir de la fumée était en train de se transformer en peur. Quelque chose était arrivé au jeune homme pendant qu'il était dans le château. Qu'il ait été coincé au milieu des flammes était évident, mais Severus savait que c'était pire que ça. Un mouvement à la périphérie de son regard attira son attention et interrompit ses pensées, le ramenant aux évènements qui se déroulaient devant eux.
Drago leva une main fine. Le mouvement fluide était bien plus élégant que le plus raffiné des gestes dont il était capable. Il garda la main levée. Le geste ambigu parvint à traduire le monde qui les entourait. Sans comprendre comment il le savait, Severus avait comprit ce que Drago était sur le point de faire.
"Non!" Cria brusquement Severus. Il s'avança aveuglément, ne sachant qu'une chose: il devait trouver un moyen pour arrêter Drago. « Tu risques de tous nous tuer ! » Sa voix se mélangea aux cris du phœnix. Fumseck remuait sur son épaule, étendant ses ailes.
Drago s'immobilisa puis lui fit face. Non, ce n'est pas moi qu'il regarde, se rendit compte Severus en remarquant que Drago regardait légèrement devant lui. Fumseck. Il avait la tête légèrement penché sur le côté, comme Drago le faisait régulièrement. Fumseck s'immobilisa, les plumes de ses ailes caressèrent sa joue. Aucun des deux ne bougeait, discutant silencieusement. Il retint sa respiration, essayant de ne faire aucun mouvement qui risquerait de les déranger. A côté de lui, Hermione s'était raidie.
Après un long silence, Drago prit la parole. Il parla lentement et avec hésitation, comme s'il n'avait pas l'habitude de cette langue mais essayait quand même. « Tu as … raison. Le temps… Le moment n'est pas encore venu. »
Le feu s'arrêta brutalement. La présence inconnue quitta les yeux de Drago qui s'affaissa, telle une marionnette dont on venait de couper les fils. Severus l'aida à se redresser et Fumseck le quitta, se posant sur l'épaule de Drago qui reprit son équilibre. Combien de fois avait-il vu cette scène depuis que ce cauchemar avait commencé ? Comment de fois s'était-il tourné vers le jeune homme et avait vu le phœnix perché sur son épaule ? Cette fois, on aurait dit qu'il était la seule chose qui lui permettait de se tenir droit.
Severus observa Drago dont le regard oscillait de droite à gauche, se familiarisant avec le paysage, comme s'il ne savait pas comment il était arrivé là. Conscient du danger à rester près du château du Seigneur Noir, le Serpentard savait qu'il devait poser des questions au jeune homme. Il devait franchir l'étape suivante, quelle qu'elle soit. Ils ne devaient pas rester là sans rien faire. Le temps continuait sa course sans relâche, balayant le monde et l'emportant avec lui, même si pour certain il eut mieux valu qu'il reste statique. Mais même si son instinct l'incitait grandement à partir, malgré son nœud à l'estomac, il demeura silencieux. Drago avait besoin de temps. C'était une évidence et Severus, qui ne pouvait lui donner beaucoup, serait damné s'il ne lui donnait pas cela.
Hermione se trémoussa, oppressée par le poids de leur inaction. Il la sentit plus par sa proximité que par une réelle agitation, mais elle attira l'attention de Drago qui tourna ses yeux hagards de confusion vers eux.
"Severus," Drago prononça son nom lentement comme s'il essayait de faire correspondre le nom et un souvenir. « Et Hermione. Oui, je vois. » Il secoua la tête, essayant de se débarrasser du brouillard mental qui l'avait envahi. Il y réussit puisque l'instant suivant, son regard se durcit. « J'ai découvert ce qui est arrivé.» Continua-t-il avec plus de force. « Je sais ce que nous devons faire pour remettre les choses en ordre. »
Severus était indécis. Son désir de savoir ce qui était arrivé à Drago se mélangeait avec celui de savoir comment sauver le monde et le rendit muet, incapable de faire voix aux nombreuses questions qui se bousculaient dans sa tête. Hermione de son côté, n'était pas aussi affligée.
"Bon sang, que se passe-t-il ?" Exigea de savoir Hermione avec impatience. « Que t'est-il arrivé ? »
Drago cligna des yeux puis se tourna vers Severus comme s'il essayait de comprendre ce qu'elle venait de dire. Ne trouvant aucune aide de son côté, lisant les mêmes questions dans les yeux noirs, Drago se retourna vers Hermione avec la même prudence qu'il réservait généralement pour les moments les plus terrifiants, quand Harry prononçait ces mots de mauvais augures « J'ai une idée. »
"Que…"Drago se tut, son regard se fit lointain, signe d'une discussion silencieuse avec Fumseck "Oh. C'était… Um,… Ouais, je ne sais pas. »
"Tu ne sais pas?" La voix de la Gryffondor était à la limite de l'hystérie. "Tu étais en feu, Malfoy ! Tu es entré dans le château qui a explosé. Et soudain, tu es là, en feu, tu agis bizarrement et tu ne sais pas ? »
"Si je dis oui, tu vas continuer à crier, hein?" Demanda Drago prudemment, sur le ton sarcastique et peu coopératif qui lui était habituel.
"Drago" Severus les interrompit calmement avant que la dispute ne commence. « Tu comprendras qu'être témoin d'une telle chose n'est pas facile. »
Le ton désinvolte disparut immédiatement. « Sincèrement, je ne sais pas. » Leur assura Drago très sérieusement. « Je me souviens m'être mis en colère. Je me souviens avoir voulu faire disparaître cet endroit. Ensuite, je me suis retrouvé ici avec vous, me dévisageant comme si j'avais le nez au milieu de la figure. »
La réponse conforta l'idée de Severus : ce n'était pas Drago qui était apparu devant eux couvert de flammes. C'était autre chose, une certaine conscience portée par Drago comme une robe mal ajustée. Quelque chose qui était loin d'être humain. La question demeure. Qu'est-ce qui est en toi? Ce n'est pas Fumseck puisque le phœnix l'a calmé, l'a oblige à reculer pour que tu puisses revenir vers nous. Pourtant il ne t'a pas quitté, si ? Il est toujours à l'intérieur de toi, gagnant du temps. Pourquoi ? Dans quel but ? Depuis combien de temps est-il là?
La peur alourdissait son esprit, conjurant une pléthore de scénarios plus horribles les uns des autres : un mangemort revenant à la vie après avoir été tué par le feu, parasitant Drago ; Voldemort lui-même utilisant Drago pour préserver son existence ; le dernier sort de Lucius, créé pour tous les détruire. C'était une myriade d'images plus improbables et illogiques les unes que les autres. Severus avait vu le désintérêt dans ses yeux quand il l'avait regardé, avait vu Fumseck interagir avec lui. Severus savait que cette chose, quelle qu'elle soit ne leur voulait pas de mal. Mais soit le savoir et la croyance avait divorcé, soit c'était cela qu'il craignait.
"Que s'est-il passé, Drago?" Lui demanda Severus pour chasser ces images. « Qu'as-tu appris en entrant dans le château ? »
De nombreux chemins menaient à la victoire de Voldemort. La trahison d'alliés, de véritables erreurs, de mauvais calculs, les occasions pour les défenseurs de perdre étaient nombreuses. Comme l'étaient les opportunités de victoires. Des actes de courage inattendus, une chance inespérée, une attaque osée, n'importe quoi auraient pu engloutir l'armée de Dumbledore. Ce qu'il n'avait pas prévu, ce que Drago leur racontait de son aventure dans le château, est que tout avait commencé avec sa mort. Que la perte d'une vie insignifiante pouvait avoir des effets si dévastateurs était presque incompréhensible.
"Mais pourquoi?" Hermione posa la question à la fin du récit. "Sans te manquer de respect, Severus. C'est morbide et horrible de parler ainsi, mais je ne comprends pas pourquoi ta mort est un catalyseur. »
"Ca n'a aucun sens," Severus était d'accord avec elle. Il cherchait dans les souvenirs de cette nuit un indice. Il voyait distinctement les évènements conduisant à la bataille. Il se souvenait assez bien du moment où il avait appris qu'Harry avait quitté la sécurité du château pour affronter Voldemort. Il se souvenait de sa course contre le temps pour arrêter la folie de Potter, pour empêcher la mort du gamin. Ses souvenirs se brouillaient ensuite. Les images et les sons se mélangeaient à tel point qu'il ne pouvait les distinguer – puis il y eut une douleur sourde, une cacophonie de cris inintelligibles et une aveuglante lumière turquoise. La lumière emplit le monde avant de disparaître dans l'obscurité la plus totale.
"Je me souviens," Murmura Severus. Les pièces du puzzle se reformaient enfin. « J'ai essayé de l'arrêter, d'empêcher Harry d'affronter le Seigneur Noir seul. Mais je n'ai pas été assez rapide. Ils étaient entourés de mangemorts. Il a utilisé le Doloris. Et quand ce fut la fin…" Il regarda Drago et Hermione le dévisager avec une horreur grandissante. « Il n'y eut que de la lumière. »
Et pourtant, il n'avait pas pu être touché. Une seule personne pouvait survivre au sort mortel et ce n'était pas lui. On le lui avait souvent proposé, mais ce n'est que lorsque Harry avait reçu le Baiser du Détraqueur à sa place qu'il avait été le bénéficiaire d'un sacrifice. Même si ses souvenirs étaient encore incomplets, il savait qu'il n'était pas mort ce jour là.
"Ca veut dire qu'il a dit la vérité." Remarqua Drago avec emphase, brisant la concentration de Severus. « Ce qui signifie que nous savons quoi faire. Tu ne vas pas mourir. »
Severus fut brièvement enclin à leur rappeler qu'il allait mourir. Qu'ils allaient tous les trois mourir. Vu leur destination, la mort serait peut-être violente. Ou simplement un arrêt paisible de leur conscience. De toute façon, une fois leur objectif atteint, quand le monde aurait repris sa juste place, les personnes qu'ils étaient cesseraient d'être. Il ne leur serait pas possible de continuer à vivre, pas alors que les évènements qui les avaient crées ne se dérouleraient pas. Chacun d'eux le savait. Ils avançaient tout en sachant qu'ils travaillaient à leur éradication. Son cynisme le poussait à le répéter. La compassion, mal utilisée et souvent oublié, l'obligea à garder le silence.
"Et pour le reste?" Incita Hermione quand elle fut certaine que Severus ne répondrait pas. « Le feu ? »
Drago haussa les épaules. "J'avais besoin de résoudre quelques problèmes. Insolubles »
"En faisant fondre le château?"
Il se tourna vers les restes du château et grimaça inconsciemment « Apparemment. »
Si Severus n'avait pas été en face de lui, s'il n'avait pas observé les expressions miroiter sur son visage, il aurait manqué les émotions fugaces qui se reflétèrent dans ses yeux et dans le resserrement de ses lèves : Une disculpation et une haine furieuse, mêlée se mélangèrent à un immense désespoir. A ce moment là, Severus sut, comme s'il avait été avec lui, ce que Drago avait fait. Presque immédiatement, le jeune homme se tourna vers lui.
"Casser le miroir peut briser une image, mais cela crée davantage de morceaux de verres »
La voix franchit sans effort les barrières qu'il gardait toujours autour de son esprit, comme si elles n'existaient pas, ne laissant aucune gêne. C'était la voix de Drago. Severus l'avait entendu tant de fois ces deux dizaines d'années qu'il ne pouvait pas se tromper ; mélange de glace et de sarcasmes vénéneux enveloppés dans de la soie. Le ton avait changé, modulé d'abord par la puberté, puis par la sagesse et finalement par la souffrance. Mais malgré tout, elle était restait essentiellement la même. Maintenant agrémentée par le feu, elle était un doux crépitement, un murmure qui reprenait vie à chaque inflexion.
"Ca n'a pas duré Severus. J'ai cru que ça ferait une différence, mais ce n'est pas vrai. Je peux nettoyer les taches, mais je ne peux changer ce que je suis. »"Ce n'est pas-" Severus voulait nier les mots de Drago, mais il s'arrêta net.
"C'est vrai, Severus. C'était moi. Il a juste pris un chemin différent. Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour que l'on revienne à ce que nous connaissons. La cruauté aussi grande soit-elle ne me ferait pas reculer. Je massacrerais tous les moldus vivants ? Je tuerais tout ce qui est sur mon passage. Je détruirais le monde, tout et tous ceux qui y vivent. Sans hésitations. Sans regrets. Sans remords. Il l'a fait pour lui-même. Je le ferais pour quelqu'un d'autre. Pourquoi serait-il important que nos raisons soient différentes ?
"Pour tout. Pour rien" Severus lui laissa le temps de digérer les informations contradictoires. "Tu as passé trop de temps à regarder dans les miroirs. Tu as oublié ce que représentent les reflets. Même les glaces les plus pures ont des imperfections, trop petites à voir, c'est vrai, mais elles sont là, déformant l'image. Le meilleur miroir au monde ment : tu lèves la main droite, ton reflet lève la main gauche. »
Il fronça ses yeux glacés mais Severus ne put déterminer s'il réfléchissait sérieusement ou s'il soupçonnait un problème de sémantique. Que Drago ne réponde pas immédiatement donnait priorité à la première hypothèse. Au moins il l'espérait. Ils ne seraient peut-être plus longtemps dans ce monde, mais pour le temps qui leur restait, il ne voulait pas que Drago soit consumé par un profond mépris de lui-même.
"Le miroir ne ment pas complètement."
"Non, pas complément." Lui accorda Severus. « Mais il ne peut montrer que ce qui miroite à la surface. Il ne peut pas refléter les profondeurs, et c'est en eux que tu te trouves. »
"Et tu crois que j'ai sondé ces profondeurs? Que j'ai vu tout ce qui s'y trouve ? »
Une image s'imposa à lui: Drago était devant eux, dégoulinant de feu et les regardait avec des yeux étrangers. Drago savait-il ce qui vivait en lui ? Savait-il, même inconsciemment, ce qu'il leur avait montré ? S'il savait et ne leur avait pas dit, alors quoi ? Cela signifiait-il qu'il était plus prêt de son alter ego que Severus voulait le croire ? S'il ne le savait pas, cela signifiait-il qu'il ne se connaissait pas vraiment lui-même ? Qu'il y aurait des parts de lui, toujours cachées à sa conscience ? Severus avait suffisamment de doutes pour l'empêcher de répondre rapidement par l'affirmative. Même s'il voulait l'empêcher de souffrir, Severus ne lui mentirait pas.
"Les fins heureuses ne sont pas données à tout le monde, Severus. Sinon, elles ne seraient pas aussi spéciales. Nous ne comprenons ce qui nous manque que lorsque nous savons ce que nous avons. Il doit y avoir des fins tristes. Sans quoi nous ne reconnaîtrions pas les fins heureuses. Et nous ne les apprécierions pas pour leur rareté. Les mots de Drago, prononcées à ce qui lui semblait être une éternité, traversèrent son esprit, effaçant tous ses doutes.
Severus n'avait pas quitté Drago des yeux pendant leur communication muette. Il le fit à cet instant, baissant délibérément son regard pour qu'il se pose sur la cicatrice marquant la peau autrement sans tache de Drago. Puis son regard sérieux rencontra celui de Drago, 'Tu sais que tu as… »
"Dommage." Il y avait une pointe d'humour, à peine perceptible dans le ton de sa voix. « Et me voilà ici avec l'espoir que quelque chose de mieux remonte à la surface. »
"Je te suggère de ne pas retenir ta respiration."
"Je sais que vous faites tous les deux quelque chose de très constructif," La voix tranchante d'Hermione interrompit la conversation. « Ou je serais obligée de croire que vous vous regardez amoureusement. Et bien que je puisse comprendre le sentiment romantique qui vous anime, après tout, nous sommes au milieu d'une forêt démoniaque et Poudlard se consume à deux pas d'ici, je suis presque certaine que vous préféreriez ne pas être tué par un mangemort en fuite. Pas alors que nous avons encore du travail. Au moins, la mort vous empêcherait de continuer à vous regarder avec tant d'insistance. »
L'absurdité de ses paroles eut l'effet désiré. D'un même élan ils se tournèrent vers elle, sur le visage une expression entre l'ennui et l'incrédulité.
"Te sentirais-tu laissée pour compte?" Lui demanda Drago, mielleusement. Son sourire satisfait dégoulinait de sarcasme.
Hermione leva les yeux au ciel et soupira de dégoût. « Non vraiment pas. Maintenant pouvons-nous continuer ? Ou voulez-vous rester un peu plus longtemps?"
La légèreté de l'instant ne dura pas et les quatre survivants se regardèrent. Ils y étaient, Severus pouvait le sentir dans la moelle de ses os. C'était la dernière bataille, celle qui sauverait le monde ou le détruirait. Il sentait le temps passer, le paradoxe de leur existence- ils ne pouvaient pas avoir réussi puisqu'ils étaient là et pourtant ils avaient été envoyés dans ce but, les machinations d'Albus Dumbledore les avaient conduit à cet instant précis- tourbillonnait autour d'eux. Ils se hâtaient vers leur oubli et ils donneraient leur vie pour vivre cette expérience
Hermione avait un air sinistre. Elle serrait fermement sa baguette, un rouquin hantait son regard. Un sourire méchant, meurtrier étirait les lèvres de Drago, une expression dangereuse qui n'était tempérée que par une détermination inébranlable. Les plumes sur la tête de Fumseck se dressèrent, dessinant une couronne de flammes rendant le phœnix plus grand encore. Les mots n'étaient pas nécessaires. Ils étaient prêts. C'était le moment pour lequel ils étaient nés.
Ce constat était étonnant mais attendu. En tant que meilleure amie de Harry Potter, Hermione avait volontairement bravé le danger, encore et encore. Elle s'était battue, avait saigné et souffert, mais elle n'avait jamais baissé sa baguette. Elle avait été entraînée à combattre la douleur et la mort, mais elle n'avait jamais baissé les bras et ce peu importe le nombre de fois où elle avait dû leur faire face. Héritier d'une famille ancienne, Drago avait eu cet entraînement. Il avait été forgé dans la ruse, moulé dans l'arrogance et durcit contre les ténèbres que Lucius avait accueillie dans sa vie. Il avait été créé pour être un assassin, aussi froid et dur que son père et il avait dépassé les attentes de ses proches, en devenant meilleur que son père ne pourrait jamais le comprendre. Non seulement Drago portait le fardeau que la vie avait placé sur son chemin, mais il prenait aussi volontairement ceux des autres pour qu'ils n'aient pas à le faire. Et Fumseck, une créature faite de magie, peut-être même l'epitome de la magie, était là pour les guider.
Il n'aurait pas pu trouver de meilleurs camarades.
Sans prononcer un mot de plus mais avec gravité, Hermione lui tendit le Retourner de Temps. Il le prit, rassembla son pouvoir et se concentra sur le sablier. Il ne les regarda pas. « Emmène-nous. » Lui ordonna Severus en puisant dans sa magie, touchant l'énergie autour de l'objet et le retourna. « Emmène-nous où tout a commencé. »
HPSS
Ils n'avaient plus le temps de se poser des questions ou se faire des reproches. Ce qu'ils avaient enterré dans le passé n'avait plus d'importance et était sans conséquence. Bientôt tout serait terminé. Les doutes et le désespoir deviendraient les problèmes d'une autre personne. Une personne étrangère qui partagerait son visage et son nom mais qui serait différent pour tout ce qui importe. Serait-il à nouveau ce gamin égocentrique et arrogant qui se pavanait dans les couloirs de Poudlard refusant de voir la valeur de ses camarades ? Ou serait-il tel qu'il était aujourd'hui, sans le sentiment d'impuissance qui l'habitait en permanence, sarcastique et solitaire. Cela n'avait pas d'importance. Ce serait la vie d'un étranger et bien qu'il soit probable qu'il gâche le travail, il ne le saurait pas et ne s'en souciait pas. Peut-être que l'autre ne ferait pas ce qui serait nécessaire pour protéger ce qui était important, même sans savoir de quoi il s'agissait. Et s'il y avait quelque part en lui, une voix qui refusait de laisser l'autre prendre sa place, Drago faisait en sorte de l'ignorer. Il avait fait ce qu'on lui avait demandé. Il était allé au-delà de ce qu'on pouvait lui demander, raisonnablement ou non. Il en avait fait assez. C'était plus qu'assez. Il avait gagné le droit de se reposer, avait payé ce prix avec du sang, de la souffrance, de la douleur. Il ne la rejetterait pas quand elle se présenterait à lui.
De toute façon, ce n'était plus sous son contrôle.
La première chose qu'il remarqua, avant même que la lumière du Retourneur du Temps ne s'éteigne, fut la magie. Elle imprégnait le paysage, faisait crépiter l'air, pure et merveilleusement familière. La seconde chose furent les ténèbres, pas celle grise de l'aube qu'il venait de quitter, mais la noirceur lourde et impénétrable de la nuit. Enfin, il remarqua les combats devant lui. Les éclats de lumières multicolores, les mouvements frénétiques des silhouettes trop loin pour être reconnaissables, les cris de rage et d'agonie, le bourdonnement des décharges d'énergie : Voldemort était venu à Poudlard et avait emmené avec lui une armée de mangemorts et de créatures de la nuit.
Drago se souvenait de cette nuit. Il n'avait pas joué un grand rôle. Il préférait rester vivant plutôt que se demander qui était un ennemi et qui était un allié. Son père l'avait emmené et l'avait placé en avant-garde d'un groupe qu'il commandait, croyant que la meilleure place pour qu'il se couvre de gloire aux yeux du Seigneur Noir était au beau milieu d'un champ de bataille. Drago n'était pas d'accord mais s'était tût. Il avait attendu la première occasion et s'était « accidentellement » séparé de la troupe pour le reste de la nuit, longeant les lignes de bataille et se cachant où il pouvait sans être vu ni par un ami ni par un ennemi. Finalement, le combat avait tourné en faveur des défenseurs et Drago s'était joint à l'Armée de Dumbledore.
S'il avait voulu le pouvoir ou la gloire, ça n'aurait pas été une décision très avisée mais puisqu'il pensait que ni l'un ni l'autre ne serait d'un grand réconfort derrière les barreaux d'Azkaban, il n'en fut pas réellement fâché.
Drago avait refusé d'entrer dans la bataille. Il n'avait donc aucune idée de l'endroit où Harry et Severus affrontaient Voldemort. Ils ne devaient pas être loin, il en était certain, mais Poudlard était immense et ils avaient très peu de temps. Même avec l'aide du Retourneur de Temps, ils n'avaient qu'une chance. S'ils revenaient, ils risquaient de se rencontrer ou pire, de rencontrer des gens qui se souviendront d'eux alors qu'ils n'auraient pas dû être vu. C'était un évènement clé, il l'était depuis le début, même quand il était encore enfant, et cette fois, il n'y avait pas de recommencement possible. Aucune autre occasion de remettre les choses en place.
Toutes ses pensées traversèrent rapidement l'esprit de Drago. Il n'en fut pas vraiment conscient, mais suffisamment pour y être sensible. La légère désorientation ne s'était pas encore effacée, mais il avançait déjà, baguette en main, courant plus vite qu'il ne s'en pensait capable. Il sentait la présente de Severus et d'Hermione qui couraient juste derrière lui, de Fumseck planer au-dessus de lui. S'il y réfléchissait, s'il prenait en compte les différentes options, il savait qu'il ne trouverait jamais Voldemort à temps. Alors il compta sur son instinct pour trouver la bonne direction, pour le conduire où il devait aller et non où il pensait devoir aller. Il ne se fia pas qu'à son instinct. Fumseck allant beaucoup plus vite que lui, trouva Voldemort et lui transmis les images.
A part pour le Quidditch, Drago n'avait jamais été très sportif. A la maison, les domestiques s'occupaient des taches qu'il ne voulait pas faire et cela incluait presque tout, sauf la paresse. Cet état des choses changea peu à son arrivée à Poudlard. La seule différence était qu'il devait marcher pour aller d'un point à un autre et parfois se dépêcher, ce qui n'était pas vraiment gênant. Les choses ne s'étaient pas améliorées en vieillissant et aussi fatiguant qu'enseigner l'était, ce n'était pas pratiquer un sport.
Courir à perdre haleine dans le noir sur un terrain escarpé n'était pas facile et s'il avait été vraiment conscient de ce qu'il faisait, il n'aurait pas été dans les temps. Mais l'adrénaline se diffusait dans ses veines et sa détermination était si grande qu'il ne sentait pas les points de côté, la douleur de ses jambes ou la contraction de ses poumons. Ses jambes continuaient à courir parce qu'il ne pouvait pas leur permettre de lâcher, l'air continuer à passer dans ses poumons parce qu'il les forçait et il gardait son équilibre sur les pierres et les trous parce qu'il ne pouvait pas accepter d'autres fins. Il atteindrait Voldemort avant qu'il ne tue Severus même s'il devait se tuer pour y arriver.
En arrivant sur le dernier sommet, Drago les aperçus, éclairés par des sorts et conjurant des lumières semblables. Voldemort se tenait au milieu d'une armée de mangemorts. Severus se tordait sous le doloris. Et Harry se frayait un chemin à travers les mangemorts pour arriver à Voldemort.
"J'ai essayé de l'arrêter, d'empêcher Harry d'affronter seul le Seigneur Noir. Mais je n'ai pas été assez rapide. Il y avait des mangemorts partout autour d'eux. Il m'a lance le Doloris. Et tout s'est arrêté… Il n'y avait plus que de la lumière.
Il n'allait pas y arriver. Il n'avait aucun moyen de descendre suffisamment vite pour empêcher Voldemort d'utiliser le sort mortel et il était trop loin pour qu'aucun de ses sorts ne soit efficace. La seule chance de Severus était Harry, ce qui au mieux était risqué, au pire, fatal. De prime expérience, Drago se dit que rien ne pouvait être pire.
Severus et Hermione étaient juste derrière lui mais Drago savait qu'ils ne pourraient rien faire pour empêcher ce qui allait se produire. Ils étaient arrivés trop tard. Après tout ce qu'ils avaient enduré, ils étaient arrivés trop tard. On ne pouvait pas les arrêter. Severus tomberait. Harry serait capturé. Le monde serait remplacé par un cauchemar. Ils allaient perdre.
Harry venait de passer à travers le groupe de mangemorts. Il leva sa baguette, la pointa sur Voldemort et se paralysa, regardant au-delà du Seigneur Noir, vers Drago. Comme précédemment, alors qu'il faisait face à une armée de moldus venue détruire Poudlard, Harry leva les yeux et les vit. Au moment où il devait agir, il hésita. Et c'était de leur faute.
C'était nous, se rendit compte Drago avec horreur, incapable de détourner les yeux du regard de Harry. Depuis le début, c'était nous. Nous l'avons détruit. Nous avons détruit le monde. Nous avons tué Harry. Et nous recommençons. Tous les sacrifices qu'il avait fait pour empêcher que ça n'arrive, tout ce qu'il avait fait, tout ce qu'ils avaient fait, pour rien. Au moment crucial, à chaque intersection, dès que le chemin faisait un embranchement, ils avaient interféré avec le cours de l'histoire. Ils ne l'avaient pas fait exprès, ils avaient seulement essayé de faire les bonnes choses, mais chaque fois ils avaient poussé le monde vers le chemin qu'ils essayaient si désespérément d'éviter.
Non. Non, ça ne doit pas arriver. Jamais. Le monde s'était rétrécit comme s'il n'était plus qu'horreur, rage, désespoir et dénie. A côté de lui, Severus et Hermione avaient cessé d'exister. Il ne sentait plus la présence de Fumseck dans son esprit. Il ne voyait plus qu'Harry qui le regardait et Voldemort levant sa baguette.
"Avada-" La voix de Voldemort était un cri de victoire.
Tout se brisa, sa perception se fragmenta en une série de verre brisé. Le désespoir. Les yeux de Harry. La rage. Severus impuissant étendu aux pieds de Voldemort. Le halètement de Hermione. Le dénie. Severus se tenant à ses côtés. Le rejet.
Poudlard n'était pas encore tombé. Les sorts de protection levés par Albus Dumbledore n'étaient pas encore effacés. Il était encore possible de transplaner. Et Drago transplana.
"Je suis magie et la magie existe partout en même temps. »
"J'ai été partout."
"Nous changeons ce que nous touchons, Drago."
De toutes les choses magiques, le phœnix était la seule capable de passer d'un espace à un autre sans traverser les espaces ou sans utiliser un sort pour atteindre ce but. Depuis que Poudlard avait disparu dans l'explosion de lumière, Fumseck s'était mêlé à Drago, avait mélangé leurs âmes jusqu'à ce qu'on ne puisse plus les reconnaître l'un de l'autre. Drago avait donné à Fumseck son sens de l'humour cynique, Fumseck lui avait donné une partie de lui.
Drago n'en était pas vraiment conscient. Il ne savait pas non plus ce qu'il faisait. Il avait simplement agi. Il ne pouvait pas transplaner pour sauver Severus, il n'essaya donc pas. Il y fut simplement. D'une inspiration à une autre, Drago se tenait entre Voldemort et ce Severus. Le bout lumineux de la baguette de Voldemort emplit le monde.
"-Kedavra!"
Une lumière verte, plus brillante qu'il n'en avait jamais vu. Et le monde prit fin.
HPSS
Ce n'était pas possible. Pas encore. Pas après tout ce qu'ils avaient traversé. Pas ainsi. Ca ne pouvait pas recommencer.
En regardant la scène se dérouler sous ses yeux, Severus ne ressentit qu'incrédulité et engourdissement. Harry ne regardait pas le Seigneur Noir qui se préparait à tuer le jeune Severus, il les regardait eux. A cause de son hésitation, Severus allait mourir et Harry se ferait capturer et torturer à mort. Le règne de terreur de Voldemort balayerait le monde, détraquerait tout jusqu'à ce qu'il ne reste plus que le mal et la corruption. Parce qu'ils étaient visibles. Parce qu'Harry avait choisi ce moment pour lever la tête et les voir.
Severus était frénétique, il essayait de trouver une solution, un moyen d'empêcher les évènements de se produire. A la place il ne trouva qu'Hermione et un vide où Drago se tenait une seconde seulement auparavant. Se retournant brusquement, Severus vit l'autre Serpentard se tenir entre Voldemort et son alter ego. Il n'eut pas le temps de se demander ce qui s'était passé, pas le temps de lui crier de faire attention. Il n'eut pas de temps du tout. Juste un instant suffisamment long pour qu'il comprenne ce qui se passait et savoir que rien ne pourrait l'arrêter. La flamboyante lumière verte était aveuglante.
Drago tomba sans un bruit. Le phœnix au-dessus de lui tourbillonnait. Puis il y eut un cri coupé brutalement, des flammes et une poudre de cendre. L'espace d'une seconde, rien ne bougea. Harry et le jeune Severus étaient trop déconcertés, Voldemort trop étonné pour réagir. Severus profita de cet instant.
"Voldemort." L'interpella Severus d'une voix rauque, mélange de colère et de chagrin. Il glissa jusqu'au sorcier, oubliant Hermione, Harry et son alter ego. Les combats autour d'eux s'effacèrent jusqu'à ce qu'ils furent également oubliés. Le Retourneur du Temps tomba derrière lui. Sa baguette roula à côté, la concentration qu'elle demandait n'était plus nécessaire. Il ne vit rien d'autre que Voldemort. Ne ressentait rien d'autre qu'une rage écrasante, consumante. Voilà la raison pour laquelle le monde s'est effondré. Voilà la raison pour laquelle sa maison avait été détruite. Voilà la personne responsable de la mort de Harry. Voilà la créature qui venait de tuer Drago devant ses yeux.
Le Seigneur Noir se tourna pour lui faire face. Ses yeux de serpent écarquillés. Il n'avait peut-être pas compris ce qui se passait, mais il savait qu'il avait en face de lui un adversaire dangereux. Voldemort ramassa rapidement sa baguette. Severus, d'un geste de la main renvoya la baguette d'où elle venait. Lucius et Voldemort avaient désiré Severus pour ses pouvoirs, les voulant pour eux. Maintenant, des années après, Severus les lui donna finalement. Il lui donna tout.
Il ne lui donna pas le temps de réagir. La magie coulait à travers lui, paralysant le Seigneur Noir. Voldemort se débattit, sifflant, crachant des sorts, essayant de se débattre contre Severus et les liens qui retenaient ses grands pouvoirs. A un autre moment, Severus aurait succombé, aurait été suffisamment affaibli pour perdre le contrôle de la magie qu'il avait rassemblée. Mais toutes les faiblesses qu'il avait un jour éprouvées avaient été chassées par chaque perte, chaque trahison, chaque décision douloureuse, chaque évènement de ces vingt cinq dernières années. Plus rien ne pouvait s'écrouler. Il avançait vers cet homme qui avait brisé sa vie et son monde. Severus puisait dans toute la douleur, la déception, la frustration et la colère que la magie pouvait contenir, la retenant, la rassemblant où elle pouvait se briser, la rendant plus forte.
Severus s'approchait du Seigneur Noir, le regardant droit dans les yeux. Tu mourras ce soir, lui promit Severus. Tu seras écartelé, la magie qui te retient à cette vie va s'effiler, fondre en poussière, en si nombreuses particules qu'il ne restera rien de toi Il ne savait pas ce que Voldemort voyait dans ses yeux et il n'en avait cure, mais ils durent transmettre ses pensées.
"Avada Kedavra!" Voldemort cria, le sort s'intensifia non seulement par la haine, par la colère mais aussi par une peur bleue.
Severus ne tressaillit pas, ne bougea pas. Le Sort Mortel fut rendut inefficace par la mort de Drago. Une part de Severus, conscient d'autre chose que de la colère sans borne qu'il ressentait, comprit qu'il était sorti indemne du sort. Pourquoi s'en était-il sorti alors que dans l'histoire de la magie, une seule autre personne avait réussi ? Sa colère en fut redoublée.
La magie s'élevait en lui comme un incendie, distordant l'air autour de lui, couvrant une partie de sa vue. La peur était de plus en plus présente dans les yeux de Voldemort qui comprit, peut-être pour la première fois, qu'il était réellement en danger. La distance qui séparait les deux sorciers se réduisait à quelques mètres et ce fut là que Severus s'arrêta.
Un jour, de nombreuses années avant ces évènements, Harry lui avait dit ce qui s'était passé au tournoi des Trois Sorciers. Il lui avait décrit la mort de Cédric Diggory, avait parlé sans fin de la bataille contre Voldemort et du rôle que ses parents avaient joué. Ici, il n'y avait pas de baguette brisée, et même s'il y en avait eut une, le sort qui avait ramené les parents de Harry ne ramènerait pas Harry à Severus. Et pourtant, il était là, imaginant sentir Harry- son Harry, pas le garçon qui se tenait derrière lui- se tenir à ses côtés, comme il l'avait fait à Azkaban, comme il l'avait fait dans ses dernières heures, dans le combat contre les moldus.
"Dans cette vie ou dans l'autre, tu ne seras jamais seul."
Tous les deux avaient fait front devant l'adversaire qui avait, volontairement ou non, amené la tragédie qui avait compromis leur vie à tous les deux. La mort, la perte, la marginalité, la culpabilité et le regret, la douleur et la solitude, tout avait commencé ici. De tous les sentiments qu'il ressentait, lesquels n'étaient que le désir d'être à nouveau avec Harry ? Lesquels avaient pris vie parce qu'une personne qu'il commençait à véritablement aimer et qui essayait de le protéger était mort devant ses yeux ? Lesquels étaient Harry, continuant à protéger les personnes qu'ils avaient proclamées comme étant de sa famille et cherchant à terminer une tache que la vie avait déposée à ses pieds ? Lesquels étaient Harry tenant sa parole : tout est important parce que donné sans attente ?
Severus ne le savait pas. Et ça n'avait pas d'importance. Ce qui comptait était le moment présent. Cet instant.
Il y avait beaucoup de choses que l'ancien mangemort avait espéré pouvoir dire à Voldemort. Mais en regardant les yeux froids, inhumains, il n'en éprouvait plus le désir. A la fin, il se tenait au bord du monde, il n'avait qu'une chose à dire. Sa voix était à peine plus forte qu'un murmure, bien loin du cri qui avait déchiré sa gorge seulement quelques minutes auparavant. Mais elle portait tout son pouvoir, poussée par la seule émotion que Tom Riddle n'avait jamais comprise.
"Je te somme de mourir."
Il n'y eut pas de grande illumination, pas de bruit sourd pour consacrer la mort du Seigneur Noir. On n'entendit ni cri de triomphe, ni carillons, ni cris de victoire annonçant la fin de la guerre. On n'entendit aucun son, pas de soupir perceptible alors que Severus plongeait dans sa magie pour détruire Voldemort. Une fois fait, il n'y eut plus rien pour témoigner de l'existence du Seigneur Noir. Pas de morceaux de vêtements, pas de goutte de sang, pas d'éclat d'os, rien du tout. Il ne restait que les derniers mangemorts éparpillés, les restes de son armée désorganisée qui s'éparpillèrent dès qu'ils ne sentirent plus la présence du Seigneur Noir.
Il ne restait que le corps d'un homme qui avait sacrifié sa vie pour que Severus puisse vivre dans ce monde qu'ils étaient venus sauver.
La colère qui l'avait soutenue contre Voldemort était retombée. La magie qui avait coulé dans ses veines telle une lumière cristalline se vidait. Bientôt il ne ressentirait plus qu'un vide, aussi grand et profond que celui devant lequel il se trouvait, devant lequel s'était tenu Voldemort. C'était fini. Leur voyage était terminé. Ils avaient vaincu. Mais ce qu'ils avaient perdu…
Il entendit des cris qu'il n'essaya pas de comprendre, vit des mouvements d'excitation auxquels il ne fit pas attention. D'autres pouvaient s'en charger. Quoi que ce soit. Il avait fait ce qu'il devait. Il avait terminé. Laissez quelqu'un d'autre s'inquiéter de cela maintenant. Ce n'était plus ses problèmes.
Il se retourna, aveugle et sourd à ce qui l'entourait et fit quelques pas vacillants jusqu'à Drago, toujours étendu sur le dos, de la cendre sur la poitrine. Il ne vit pas de blessure, pas de membres brisés ou de plaies sanglantes. Les yeux de Drago étaient clos, son visage sans expression. Il aurait pu être en train de dormir. Severus savait que ce n'était pas le cas.
Il s'agenouilla à côté de Drago et d'une main tremblante, lui toucha le visage. La peau était froide. Il eut soudain des difficultés à respirer.
"Je savais quoi lui dire." Murmura Severus en obligeant les mots à sortir de sa gorge nouée. « C'était si facile. Mais toi… Ca n'a jamais été nécessaire avant. Tu as toujours su."
Il dut s'arrêter, se donner du temps. Drago méritait mieux. Et s'il devait rester assis là toute la nuit en attendant les mots justes, il le ferait. Tu n'arrêtais pas de me dire que ça ne finirait pas comme ça a commencé. Pourquoi as-tu laissé la fin se terminer ainsi ?
Du mouvement attira son attention et il s'obligea à détourner les yeux du visage de Drago pour regarder les cendres remuer. Des piles de poudres grises tombèrent à côté de Drago. Quelques secondes après, Fumseck releva la tête de sa vie précédente. Il s'ébouriffa, étira ses plumes pour les secouer. Puis apparemment satisfait que tout fonctionne normalement, pencha la tête pour regarder Severus.
Il ne savait pas qu'un cœur pouvait se briser tant de fois et continuer à battre.
"Pardonne-moi, Fumseck," Répondit Severus d'une voix hésitante. "Je l'ai abandonné. »
Le phœnix cligna des yeux de curiosité, puis le scruta de ses yeux perçants. Il eut l'impression que l'oiseau le dévisagea pendant une éternité sans pouvoir deviner ce qu'il cherchait. Il dut trouver parce que quoi ce soit, le phœnix émit un cri aigu qui ressembla aux oreilles de Severus à une affirmation. Puis Fumseck tourna la tête et regarda l'homme allongé.
Severus n'avait pas remarqué qu'il serrait les poings avant de sentir une douleur aiguë: ses ongles lui coupaient la peau. Comment un phœnix pleurait-il la mort d'un proche ? Il aurait voulu pouvoir aider l'oiseau. Mais je ne peux rien faire, si ? S'il utilisait le Retourneur de Temps, que ferait-il ? Se jeter devant le sort Mortel ? Puis quoi ? Drago reviendrait-il et essayerait-il d'empêcher ce drame ? Serait-il pris dans un cercle sans fin jusqu'à ce qu'ils soient trop nombreux pour que la réalité présente ne puisse tous les supporter ? Et pour quoi ? Ils n'existeraientt bientôt plus de toute façon. Severus sauverait simplement Drago de l'effacement.
Sa mort signifie quelque chose ainsi. Laissons le partir. Nous ne pouvons plus rien faire pour le sauver, se dit Severus brusquement. Il n'avait pas besoin de se convaincre de la vérité de cette assertion. La vérité était tout autour de lui, dans les corps brisés éparpillés devant lui, dans les souvenirs fracassés. Il a été perdu dès que Cate a révélé l'existence de notre monde. Peut-être même avant, au cours de ce combat. D'une manière ou d'une autre, il est parti, comme toi et Hermione le serez bientôt. Vous n'aurez jamais existé. Peut-être n'existera-t-il jamais ? Ce serait ironique, non ? D'avoir voyager tant d'années pour terminer au commencement, perdre quelqu'un qui n'avait jamais été réel. Jamais avant Severus ne s'était protégé de la vérité, aussi froide et insensible qu'elle l'était. Il ne le ferait pas maintenant. Et il ne laisserait pas son chagrin voiler son esprit au point de faire quelque chose de stupide et d'irrévocable.
Le cri du phœnix sortit Severus de ses pensées et de la tragédie qui se déroulait devant lui. Fumseck s'était posé sur la poitrine de Drago, juste sous la clavicule et regardait son visage avec intensité. Après une pause, il émit à nouveau un cri. Ce n'était pas celui éperdu auquel Severus s'attendait. Non, il était à moitié interrogatif, à moitié convocateur. Cela rendit l'instant plus douloureux encore.
"Fumseck..." Severus n'avait jamais, de lui-même touché le phœnix, mais il posa sa main sur l'épaule de l'oiseau comme s'il était humain. « Il ne peut pas t'entendre, Fumseck. »
Fumseck ne fit pas attention à la main posée légèrement sur son épaule. En fait, il ne sembla pas avoir entendu Severus. Il tourna simplement la tête, regarda Drago de son oeil jaune et fit le même son.
"S'il te plait Fumseck. Eloigne-toi de lui."
Comment réconforter une créature telle que Fumseck? Severus ne le savait pas. Il avait du mal à gérer son propre chagrin, mais face à l'oiseau incapable de comprendre la mort de Drago, il se sentait capable de repousser son chagrin pour aider comme il le pouvait.
Pourtant Fumseck l'ignora et cette fois quand le phœnix appela, son cri fut imperceptiblement impérieux. Que ses griffes soient maudites, Severus était sur le point de prendre le phœnix avec lui quand il s'arrêta net, incapable de croire ce qu'il voyait. Alors que le chaos causé par l'oiseau se calmait, les yeux de Drago s'ouvrirent brusquement.
Une fois encore, ce fut une présence étrangère qui le regardait des yeux de gris de Drago. Il était attiré par ce regard, se sentait ramené des années en arrière. Cette conscience, contenue dans le regard de Drago était ancienne. Elle était puissante, peut-être la chose la plus puissante qu'il ait jamais rencontré. Il ne sentit aucune personnalité, pas de présence qu'il reconnaissait, seulement un détachement inhumain sans émotion ni désir. C'était comme regarder les tréfonds de l'océan ou les battements d'un cœur, une force incompréhensible de la nature.
Fumseck émit un autre cri, celui-ci beaucoup plus impatient. La conscience s'effaça et Drago ferma les yeux.
Severus se rendit compte qu'il retenait sa respiration quand l'air sortit sans prévenir de ses poumons. Il ne comprenait pas ce qui venait de se passer. L'espace d'un instant, douloureusement cruel, il avait pensé que Drago était miraculeusement revenu à la vie. Sentir l'autre présence dans son regard, le voir fermer à nouveau les yeux était comme rejouer sa mort une deuxième fois. Même si le monde était plein de magie, les miracles étaient rares.
Drago ouvrit à nouveau les yeux.
Puis il toussa.
"Sans vouloir t'offenser, Fumseck," les mots, à peine plus forts qu'un murmure, sortirent malgré la toux. « Mais je pense qu'il doit y avoir des limites à notre rapprochement. Debout, tu es beaucoup trop près de mon nez. »
C'était, sans nul doute, la voix de Drago. Et c'était son ton irrévérencieux. Quand sa toux se calma, ce fut Drago qui les scruta de ses yeux plein de larmes. Severus ne sentit pas d'autre présence.
"Drago" Demanda Severus avec surprise, osant à peine croire ce qui était en train de se passer. Il avait vu le corps de l'autre homme, avait touché sa peau glacée. Severus avait bien trop l'habitude de la mort pour se tromper. Drago avait bien été mort. Même parmi les sorts les plus sombres, il n'en existait pas qui ramenait à la vie. Ca n'aurait pas dû être possible. Il n'y avait qu'une créature au monde pour qui la mort n'est qu'un état temporaire. Une seule pour qui une véritable résurrection soit possible.
Quand Drago s'était mis à tousser, Fumseck était descendu et le regardait maintenant. Son regard parlait de lui-même. Oui.
"Tu vas bien, hein?" Demanda Drago à Severus en essayant désespérément de s'asseoir. « Nous l'avons fait, hein ? Nous avons sauvé le monde ? »
Si son léger sourire était tremblant, il se pardonna ce moment de faiblesse. Les dernières heures avaient été épuisantes, sans compter les vingt quatre précédentes. « Non, Drago, » Répondit Severus en aidant le jeune homme à se relever. « Tu l'as fait. Tu nous as tous sauvé. »
"Tu exagères," Drago balaya le compliment et sourit à Severus d'un air pathétique. « Je ne pourrais pas te convaincre de m'aider à me lever, si ? J'ai l'impression que le Poudlard Express m'a roulé dessus. »
"Le sort Mortel n'est pas connu pour sa gentillesse," Répondit sèchement Severus, repoussant le tumulte émotionnel qu'il ressentait. Il ne craquerait pas. Il était arrivé jusque là, il pouvait continuer encore un peu.
Severus lui tendit la main et l'aida à se relever. Il ne le relâcha pas immédiatement, attendant que Drago n'oscille plus et retrouve son équilibre. Et s'il le tint un peu plus longtemps que nécessaire, et bien ce serait vraiment très mal.
Alors que Severus se reculait, Drago épousseta la cendre qui collait à sa robe. « Vraiment Fumseck, » Grommela-t-il. « C'était vraiment morbide. Je veux bien -"
Passant devant Severus, Hermione se jeta dans les bras de Drago, abrégeant sa plainte. Elle enfouit sa tête contre son épaule et le tint contre elle, de peur qu'il ne disparaisse. Severus haussa les sourcils. Il s'était attendu à beaucoup de choses, passant par les rêveries ennuyeuses aux visions incompréhensibles des rêves, mais jamais il n'avait pensé voir Hermione, anciennement Granger, Weasley se jeter, volontairement, et pour tout dire avec enthousiasme, dans les bras de Drago Malfoy. Il aurait aimé pouvoir se souvenir de ce moment, le conserver dans leur marche du temps pour qu'Harry, à nouveau en vie, puisse le voir également.
"Gran-Weas-" Commença Drago perplexe, bégayant son nom de jeune fille avant de revenir au présent. "Hermione. Tu pleures sur moi. Toute mouillée et tremblante…" Il arrêta brusquement son discours confus, cligna des yeux et s'exclama d'un ton proprement scandalisé, « Tu n'as pas intérêt à te moucher dans ma robe. »
Elle se recula, mais elle le fit surtout afin de mieux voir son visage et non par égard pour l'état de sa robe. « Tu étais mort ! »
"Oui." Répondit-il sérieusement. "La mort est l'état naturel des choses."
"Tu es revenu!" Elle essayait d'être très clair sur ce point.
Drago acquiesça sagement, comme si elle venait de faire la démonstration d'une explication qu'il essayait de faire sans réel succès. « Oui. La magie. Ne fait pas partie de l'ordre naturel des choses. »
Pour toute réponse, Hermione le regarda longuement de toute sa hauteur. Severus ne savait pas aussi bien lire son visage que les personnes avec qui elle avait grandies, mais dans ce cas, la traduction était facile. Elle n'était pas plus amusée par sa remarque qu'il ne l'était.
"Ecoute," Drago répondit sérieusement au regarda d'Hermione. « Je suis aussi surpris que tu ne l'es. Probablement plus, puisque c'est moi qui étais mort. Laisse tomber, d'accord ? »
Son regard désapprobateur s'allégea. "Je suis-"
Il l'interrompit avec qu'elle ne puisse s'excuser. « De plus, » Drago jeta un regard vers Severus en riant, « Comment Severus aurait-il pu tenir tête à la stupidité de Potter sans la même protection que la merveille sans cervelle ? »
Severus savait que derrière le ton léger et moqueur, Drago était sincère. Il n'avait peut-être pas agi dans le seul but de le rendre imperméable au sort Mortel, mais Severus avait commencé à comprendre suffisamment bien son ancien élève pour savoir que Drago aurait fait tout ce qui lui semblait nécessaire pour protéger ses intérêts. Un lendemain les aurait attendus, Severus l'aurait sermonné sévèrement sur sa mauvaise volonté à accepter d'autres actes stupides et désintéressés. N'étant pas le cas, il se résigna au silence.
Drago dut sentir l'énervement de Severus. Il se tourna vers lui, un sourire satisfait sur le visage. « C'est vrai, tu sais. » Insista Drago, enfonçant un peu plus le clou. « Qu'importe ce qui se passe maintenant, tu pourras contrer le sort Mortel. »
Severus plissa les yeux de colère. Le premier détruit ton monde, observa une part sombre de son esprit. Le second t'offre son âme. Et le dernier sa vie. De quoi d'autres as-tu besoin Severus avant de reprendre ta vie en main ? Le minutage ne pouvait qu'attiser l'ironie de Severus : Entier au moment de la naissance, entier au moment de la mort, brisé dans la vie.
Le jeune Serpentard ne fléchit pas sous son regard, mais détourna les yeux. Presque immédiatement, il se retourna vers Severus, le regard oscillant de Severus à Hermione. « Non que je veuille mettre un terme à cette discussion, mais nous les avons sauvés, non ? » Son attention s'attarda sur Severus, lui désignant deux corps. « Parce que toi et Potter n'avez pas l'air très bien, là-bas. »
Ce ne fut qu'à cet instant, que Severus reconnut son alter ego et Harry. Il avait été si pris par la mort de Drago, et sa résurrection, qu'il n'avait fait attention à rien d'autre. Se traitant d'idiot, il se hâta vers eux. S'ils étaient blessés…
"Oh non. Tout va bien." Le rassura Hermione se détachant de Drago et courant aux côtés de Severus. « Ils vont bien. Ce n'était que moi. »
"Que leur as-tu fait ? » Lui demanda Drago d'un air suspicieux, contournant les deux hommes inconscients.
"Je ne pouvais pas les laisser là." Claqua Hermione sur la défensive. « Tu étais mort, Severus sombrait et ils regardaient. Puisque personne ne semblait vouloir agir, j'ai pris les choses en main. »
"En les tuant?" Suggérant Drago, sans s'être apparemment rendu compte de l'énervement de Hermione.
"Je les ai mis KO en attendant de savoir ce qu'on allait faire d'eux." Rétorqua-t-elle comme si elle regrettait son élan de joie à la résurrection de Drago.
Severus observa leur échange en silence. Il est conscient de ce qu'il fait. Non ? Même maintenant il n'était pas sûr qu'Hermione sache ce que Drago était en train de faire, passant d'un masque à un autre. Malgré son manque de considération pour les autres, Drago passait d'une émotion à une autre, tel un musicien, jouant des sentiments les uns contre les autres, les maniant avec la maîtrise d'un épéiste. Quelques mots bien placés, bien choisis, une expression bien construite, un langage du corps qui était tout sauf aussi nonchalant qu'il paraissait l'être, et brusquement, l'inquiétude faisait place à l'énervement, le chagrin à la colère, l'irritation à la mauvaise humeur. Les sentiments d'Hermione n'auraient pas du être important pour Drago, pas alors qu'ils étaient aussi proches de sombrer dans l'oubli, pourtant, il était clair que c'était important pour lui. Il tient sa parole, Harry, se dit Severus, repensant à la conversation qu'ils avaient eue quelques heures avant cette dernière nuit quand Harry lui avait raconté en détail les au revoirs qui avaient eu lieu dans la Grande Salle, détails que Severus n'avait pas demandés et ne s'étaient pas attendus à avoir.
"Nous devons les emmener à Albus." Leur dit Severus, interrompant ses pensées avant qu'elles n'aillent plus loin. Si la vie était l'histoire telle que les deux dernières générations de Malfoy la prétendaient être, alors Severus avait la conviction intime de savoir comment cette part aller se dérouler. Les trous dans sa mémoire, les souvenirs confus, les actes absurdes qu'on ne lui avait jamais expliqués, oh oui, Severus savait exactement comment aller se jouer cette partie de l'histoire. Je comprends pourquoi vous ne m'avez jamais donné de réponse directe. Vous saviez que je comprendrais. Mais ça ne veut pas dire que j'apprécie. Même si ce n'est pas de votre faute, mais de la mienne.
Des années plus tôt, Severus s'était révolté contre l'injonction d'Albus de lui faire confiance. « Je ne fais confiance à personne d'autre qu'à moi. »
Et des années plus tôt, Albus lui avait sourit de ce sourire confiant et énervant. « Alors peut-être est-ce ce que vous devriez faire, mon vieil ami. »
"Albus leur effacera les souvenirs qui ne peuvent pas rester et en altérera d'autres. » Continua Severus calmement. « Ils ne se souviendront pas de ce qu'ils ont vu cette nuit. » Mais ils ne verront jamais la fin du monde. Ce qu'ils gagneront vaut le coût.
Drago le regardait, haussant un sourcil et une lueur spéculative dans les yeux. Hermione acquiesça, sortit sa baguette, s'agenouilla, jeta les sorts qui rendraient les corps immobiles plus faciles à porter. Pour la première fois, Severus se rendit compte que le Retourneur du temps était à leur côté. Hermione avait du le ramasser quand il l'avait laissé tomber. Fumseck vola autour d'eux puis se posa sur l'épaule de Drago.
"Nous emmèneras-tu auprès du directeur?" Lui demanda Hermione en se relevant, le Retourneur de Temps dans les mains, évitant Drago pour regarder directement le phœnix. « Je ne pense pas que marcher soit une bonne idée. N'importe qui risque de nous voir. »
Drago leva les yeux au ciel. « Oui, Fumseck, nous emmènera. » Il s'avança vers les corps, se baissa, ramassa l'homme et se redressa avec fluidité. "Bon, Severus, tu t'occupes de Potter pour que nous puissions partir d'ici ?"
Tu peux arrêter maintenant, pensa Severus en prenant le corps de Harry. Je comprends tes intentions. Tu n'as pas besoin de continuer à les déclarer. Ce n'est que lorsqu'il passa devant Drago pour afin de se préparer au voyage qu'il se rendit compte que Drago avait fait plus que déclarer ses intentions en ramassant immédiatement son jeune lui. Il lui avait donné quelque chose à réfléchir pour le distraire de sa tache et lui éviter d'être consumer par le chagrin.
"Le travail n'est pas encore terminé, Severus," Lui murmura doucement Drago, lui faisant un clin d'œil. Il haussa la voix, « Rapprochez-vous tous les deux. Mes mains sont pleines et nous devons nous toucher. Fumseck ne peut pas faire de miracles. »
Severus haussa un sourcil et se rapprocha. Il se cabra pour que son épaule touche celle de Drago. Une pression sur son bras le fit se tourner vers Hermione qui avait son autre main sur le bras de Drago.
Elle lui fit un sourire crispé « Mieux vaut être sain et sauf que désolé. »
"Okay," Dit Drago, "Allons-y Fumfsek."
HPSS
Drago pensait qu'il y aurait quelques troubles en arrivant dans le bureau de Dumbledore. Pourtant au lieu d'être accueilli avec surprise et questions, il s'avérait que le vieux sorcier les attendait, une lueur que dans le regard de tout autre, on aurait pu lire ainsi, 'pourquoi avez-vous été si long ? » Mais il ne décela aucune impatience dans le regard de Dumbledore alors qu'il s'approchait pour les aider à déposer leur fardeau toujours inconscient.
"Posez-les ici." Leur demanda Dumbledore en leur indiquant ses quartiers. « J'ai préparé des lits pour eux. Madame Pomfresh et Minerva viendront les voir dans une vingtaine de minutes. Je pense qu'une période de convalescence est nécessaire, de préférence dans un lieu isolé pour qu'ils puissent récupérer en toute tranquillité. »
"Vous nous attendiez?" Demanda Severus en posant Harry sur un lit.
"Oui, on m'a dit que vous étiez là à l'instant où vous êtes arrivé dans ce temps. » Répondit le Directeur sans mystère. Ce qui était perturbant venant du vieil homme.
"Qui vous l'a dit?" Interrogea Drago en posant le jeune Severus. Il se demanda s'ils devaient encore voyager dans le temps avant d'avoir terminer.
'Moi.'
"Comment?"Ne put-il s'empêcher de s'exclamer. Severus et Hermione se tournèrent vers lui. Dumbledore sourit simplement. Mais je pensais que tu ne pouvais parler qu'à une seule personne à la fois?"
'C'est exact. Mais tu oublies qu'ici je coexiste avec moi-même. Il n'y a rien que je sache que je ne sache pas. Le temps et l'espace ne sont rien pour moi.'
Pour une fois, Drago comprit facilement le phœnix. Es-tu en train de me dire que tu savais ? Tout ce temps, tu savais ce qui allait se passer ? Tu savais que le monde allait être dévoilé ? Tu savais que tout le monde allait mourir ? Tu savais que nous allions revenir ici? Tu savais comment tout a commencé? Avant même que cela n'arrive ?
'Oui'
Pourquoi ne m'as-tu rien dit? Pourquoi avons-nous perdu autant de temps alors que tu savais ce que nous devions faire ?
'Je t'ai déjà dit que les règles qui lient Albus me lient aussi. Tu as vu l'autre monde, Drago. Tu sais ce qui serait arrivé si Voldemort n'avait pas été vaincu.'
Cela… Tout cela…?
'Il y a plus d'une façon de sauver le monde, Drago.'
Et voilà. La réponse à sa dernière question était enfin à portée de main et il pouvait la voir. Il m'a envoyé ici pour mourir.
'Oui. Et il m'a envoyé avec toi pour que tu puisses revivre
Pourquoi?
'Parce que l'histoire doit prendre fin, Drago. Et tu feras en sorte qu'elle se termine correctement.'
Je ne comprends pas du tout.
'Quand le temps viendras tu comprendras.'
"Drago?" lui demanda Hermione prudemment. Elle posa le Retourneur de Temps sur une table et s'approcha de lui. « Est-ce que tu vas bien ? »
"Hm?"' Drago secoua la tête, essayant de se détacher de sa colère, de son sentiment d'impuissance et de sa frustration. « Ouais, je vais bien. Fumseck lui a dit que nous arrivions. »
Tel était le problème. Il n'y avait pas de secret entre Fumseck et Dumbledore, pourtant entre eux et les autres, il semblait y avoir un enchevêtrement illimité qui ne pouvait pas être défait ni partagé. D'autres personnes pouvaient être manipulées, utilisées et sacrifiées, mais on ne pouvait pas leur dire quelle part ils étaient censés jouer. Ils ne pouvaient pas comprendre pourquoi.
'Drago-'
Tais-toi Fumseck. J'ai envie d'être en colère contre toi maintenant.
Severus l'observait. Quand Drago le regarda, il se tourna vers Dumbledore. « Albus, vous devez savoir que -»
"Non Severus." L'arrêta Dumbledore en levant une main. "Vous ne devez rien me dire de plus. Que je sois ici et vous parle est suffisant. En apprendre plus sur les raisons de votre présence pourrait avoir des conséquences inattendues. »
Il n'avait pas besoin de voir le visage d'Hermione et de Severus, pour savoir qu'ils étaient aussi incrédules que lui. Apprendre les raisons de leur venue ? De quoi parlait-il ? C'est Dumbledore qu'il les avait envoyés là!
"De quoi parlez-vous?" Demanda Severus au directeur, son ton faussement doux. « Vous m'avez dit que -»
Dumbledore ne prit pas longtemps pour l'interrompre à nouveau. « Ce que je vous ai dit avec la connaissance que j'avais à ce moment-là importe peu. Je savais que vous me les emmeniez. C'est tout ce que je dois savoir. »
"Mais…" Le regard d'Hermione oscilla de l'un à l'autre. "Je ne comprends pas. Comment est-ce arrivé? Comment…?"
Drago avait acquis beaucoup de connaissance en étant au bon endroit et au bon moment. Il avait suivi le regard de Hermione sur Severus mais n'avait pas détourné le regard aussi rapidement. Il fut au bon endroit pour avoir la réponse à une autre question.
La compréhension se lisait sur le visage de Severus. Il vit les yeux noirs s'écarquiller légèrement avant de se rétrécir de détermination. Il vit Severus lever subtilement le Retourneur de Temps, le sable briller, une brève distorsion se créer. Le Retourneur du Temps était à nouveau sur la table comme s'il n'avait pas bougé. Une lueur d'âpreté illumina le regard de Severus qu'il voila rapidement.
Qu'as-tu fait? Se demanda Drago, sachant exactement ce qu'il avait vu. Où es-tu allé?
"Vous avez bien fait, Severus," Lui dit Dumbledore en attirant son attention. Le regard du vieux sorcier était empli de fierté. De la fierté, de la satisfaction et beaucoup de triomphe.
C'était un acte! Le vieux con savait tout depuis le début! Mais qu'a fait Severus? Que devait-il faire de si important que Dumbledore ne pouvait pas simplement lui dire ?
'Cela' Les images qui traversèrent son esprit étaient douces et vagues. Fumseck partageait avec lui sa connaissance sans avoir été invité à le faire. Les pièces du puzzle se mirent en place les unes après les autres. L'image était presque complète, Drago avait presque tout compris.
Et pour le-
"Il est temps que vous partiez." Dumbledore interrompit ses pensées. « Les autres seront bientôt là. »
"Oui," Acquiesça doucement Severus. Il prit le Retourneur du Temps et fit signe à Hermione et à Drago de s'avancer vers lui.
Drago fit ce qui lui était demandé mais posa une main sur le bras de Severus pour l'empêcher de lever le Retourneur du Temps. Il n'aurait jamais plus l'occasion de poser la question. Il avait besoin de savoir. Il rencontra les yeux de Dumbledore. « Comment faites-vous ?"
Le vieil home lui sourit et même s'il atteignit ses yeux, la tristesse se mélangeait avec le familier pétillement. « Un jour à la fois. Toujours un jour à la fois, ne jamais oublier pourquoi. »
"Merci." Répondit Drago sincèrement en ignorant les regards de Severus et d'Hermione. Hermione aurait des questions auxquelles il n'avait aucune envie de répondre. Severus comprendrait et cela non plus, il ne voulait pas y faire face.
"Merci à vous," Son sourire s'élargit pour les inclure tous les trois « A tous les trois. »
"Je comprends Albus," Severus inclina la tête de reconnaissance. « Mais je ne peux pas vous en remercier. »
"Je sais."
C'était la fin. Les adieux avaient été fait. Le monde avait été sauvé. Et maintenant ils allaient disparaître. Ce ne serait pas la mort s'ils n'avaient jamais réellement vécu. Juste un peu de lumière et rien d'autre.
"Attends," Drago arrêta à nouveau la main de Severus. « Nous ne devons pas faire cela ici. »
"Pourquoi?" Lui demanda Hermione à la fois curieuse et impatiente.
"Attends un peu," Claqua Drago en les touchant tous les deux.
Les flammes les entouraient. Quand elles moururent, ils se tenaient devant le château. La lune haute dans le ciel se reflétait dans le lac et illuminait le monde autour d'eux.
"Et maintenant?" L'énervement était perceptible dans le ton de Severus.
Drago leur désigna la vue qui s'étendait devant eux. « Voilà la raison pour laquelle nous nous sommes battus. Voilà la raison pour laquelle nous mourrons. Il est normal que ce soit la dernière chose que nous voyons. »
Hermione émit un son bizarre, venant du fond de sa gorge. Drago jeta un œil vers elle puis passa un bras autour de ses épaules. Elle s'immobilisa une seconde puis sentit le bras de Drago autour de sa taille. A côté de lui, un battement de cœur s'immobilisa. Severus soupira et Drago sentit de longs doigts froids se faufiler entre les siens.
Ils restèrent ainsi en silence à regarder la vie pour laquelle il s'était battue, vivant cet instant une dernière fois.
"Ramène nous le monde, Severus."
Severus retourna le Retourneur de Temps sans ajouter un mot.
Le temps frémit. Le sable étincelant emplit la vision de Drago, chaque grain tombant dans le vide. Et le monde passa devant les yeux de Drago.
Une incompréhension stupide qui n'avait durée que trop longtemps. La jalousie. La vengeance. La déchirure. Des années de chagrin sans espoir. Puis la guérison avait donné à Drago une vie qu'il n'aurait jamais imaginée. Une vie sans solitude. Une vie d'acceptation. Une vie d'amour. Une vie qu'il avait toujours voulue avoir et dont il n'avait jamais rêvé pouvoir avoir.
Ca ne lui coûtait que la vie d'un autre
Non! Ca ne se terminera pas ainsi! Je ne laisserai pas les choses se terminer ainsi!
Les grains de sables illuminèrent le monde.
Des voix lui murmurèrent à l'oreille. Des images brûlèrent dans la lumière.
"Tu ne peux pas changer le cours d'une rivière avec des pierres, Malfoy."
Un paysage mort, vide, qu'il avait un jour appelé maison.
"Ce n'est pas parce qu'on nous a dit quelque chose que c'est forcément vrai."
La lueur tremblante d'une bougie alors que la magie était aspirée par les pierres d'Azkaban.
« Nous pourrions faire beaucoup et nous ne le savons pas. Le savoir nous en est caché pour éviter qu'on en abuse. »
L'enceinte Poudlard semblait éternelle, ancien, vivant, rempli de magie.
"Je ne vois pas ce que nous pourrions lui donner de mieux."
Une lumière incandescente.
"Elle est allée où elle devait."
Drago était découragé, rejetant la vie qu'il ne pouvait pas avoir. Cachée depuis qu'elle était entrée en lui, la magie de Poudlard explosa.
Elle le remplit comme un torrent, lavant les alentours, se mélangeant à la magie déjà présente, se rassemblant autour du Retourneur de Temps. Ce n'était pas suffisant. Ce ne serait jamais suffisant. Alors il fit appel à plus de pouvoir, la tirant de la terre, d'Hermione et de Severus, cherchant plus loin vers le château, puis vers Préaulard. Il attira tout ce qu'il pouvait, tout le pouvoir qu'il pouvait trouver peut importe qu'il soit puissant ou insignifiant. Plus de magie qu'il ne pouvait en contenir, plus qu'une personne ne pouvait en contenir.
Il en était consumé. La moelle de ses os bouillonnait. Elle desséchait sa peau, brûlait son esprit et son âme. La lumière surpassait ses sens, l'aveuglait, remplissait ses oreilles. Mais il ne s'arrêta pas.
Ca ne finira pas ainsi!
Soudain, Fumseck fut là et il sombra dans un esprit éternel et sans âge. Il n'y avait plus de commencement. Il n'y avait plus de fin. Il n'y avait plus de vie. Il n'y avait plus de mort. Il n'y avait que l'instant présent. Chaque moment passé et futur, entassés les uns au-dessus des autres, existeraient en même temps avec tous les autres, pour toujours. Tous les chemins, toutes les clairières, tous les mondes, tous en même temps, attendant et étant.
Le phœnix était magie.
Le phœnix était éternité.
Le phœnix était changement.
Drago prit le pouvoir qu'il avait rassemblé. Avec son corps, il touchait le monde. Avec Fumseck, il touchait le présent. Avec le Retourneur de Temps, le touchait le passé et le futur. Puis il les entortilla, les fracassa les uns contre les autres et les déchira.
Le monde craqua.
La réalité cria.
Tout changea.
Shadowphoenix a à nouveau envie d'écrire et s'est déjà mis au travail. Nous devrions avoir d'autres chapitres d'ici début 2009. J'en profite donc pour vous souhaiter à tous, une très bonne année 2009.
