Ah que coucou ! ^^
Voilà un autre point de vue sauvage !
Je parle de perso, hein ? Pas de ce qui se passe dans le chapitre.
Quoique...
Chapitre 11 (Liam)
"The true location of Hell is inside the Heaven"
Le bâtiment qui serait de quartier de détention était plus grand que je le pensais. En même temps, je n'étais pas allé bien loin, la seule autre fois que j'étais sorti de la pièce où était ma cellule. Au début, je voulais partir le plus vite possible, mais Ellie me rappela qu'elle avait envie de retrouver son amie Sherry avant. Soit. Moi je n'avais jamais vraiment eu d'amis avant, alors je ne savais pas ce qu'elle ressentait. Mais vu la manière dont elle avait poignardé sans pitié les quelques gardes que nous avions croisés et qui essayaient de nous ralentir, j'en déduis que c'était vraiment quelque chose. D'ailleurs, sur le dernier qu'elle a tué, elle a pris une arme, et me l'a tendue.
-Tu sais te servir de ça ? me demanda-t-elle
Je fis les gros yeux, en prenant le pistolet d'une main incertaine.
-Ça doit vouloir dire non, dit Ellie avec un rire nerveux. Je vais te montrer, ce n'est pas dur.
-Ce n'est pas ça, dis-je. C'est que ça fait une éternité.
-Tu t'en es déjà servi, donc ?
-Oui. Je n'aimais pas ça, mais je n'avais pas le choix. L'école militaire où j'étais était très stricte.
-Tu étais dans une école militaire ?
-Oui. Dans la zone de quarantaine de Boston.
Ce fut au tour d'Ellie de faire les gros yeux.
-Qu'est-ce que j'ai dit ? demandai-je
-Moi aussi j'ai grandi dans la zone de quarantaine de Boston, dit Ellie. On devait être dans la même école.
-Peut-être. Allons-y, tes amis t'attendent.
-Ouais.
Une fois passé le choc, Ellie et moi nous mîmes de nouveau en route. Nous n'avions aucune idée de l'endroit où pourraient être ses amis, mais nous n'avions qu'à chercher. En quelque sorte. Et en un clin d'œil, sans autre commentaire, nous fûmes dehors, au moment où les maisons s'allumaient dans le village où nous étions. C'était mauvais signe. Je me tournai vers Ellie, qui ne semblait pas du tout aussi inquiète que moi. Je commençais à croire que cette fille était imperturbable. Elle regardait autour d'elle d'un air curieux.
-Je ne sais pas ce qui se passe, mais il semblerait que ces trouducs commencent à bouger. On ferait mieux de se grouiller de trouver les autres.
-Oui, acquiesçai-je. Par où commence-t-on ?
Au loin, je voyais effectivement les villageois s'agiter. Un garde, que je crus reconnaître, parlait à des jeunes hommes devant une maison. Comme s'ils voulait les recruter. Lorsqu'il tourna le regard vers nous, j'eus le réflexe de plaquer Ellie contre le mur derrière elle pour nous cacher. Elle râla, à cause de la surprise sans doute, mais ne se débattit pas. Elle devait avoir compris ce que je faisais.
-Qu'est-ce que tu as vu ? me demanda-t-elle, pour confirmer mes pensées
-Un des gardes de ma cellule. Ils doivent organiser une ronde pour nous retrouver. Mais je me demande pourquoi on a pu s'échapper.
-Tu t'en plains ? dit Ellie d'un ton sarcastique en enlevant mes mains de ses épaules
-Non, bien sûr. Mais c'est étrange. Je me demande ce que James trafique.
-Pas moi, grimaça Ellie. J'espère juste pour ses couilles qu'il n'a pas fait de mal à Sherry.
J'eus un rire nerveux. Ellie avait vraiment un sacré caractère. C'était le genre de personne facile à cerner, et ça me plaisait assez. Nous nous sommes remis en route tout de suite après. Les villageois étaient encore plus en mouvement depuis que nous nous étions remis à bouger. Nous passions d'une couverture à l'autre en permanence, et mon ardeur à nous cacher sembla amuser Ellie. Ou alors, je ne savais pas pourquoi elle souriait. Peut-être parce que ce n'était pas dans ses habitudes de faire dans la subtilité.
Au moment où je me rendais compte qu'on se rapprochait de l'entrée du village, ce fut au tour d'Ellie de me plaquer sur le mur. Fort. Je laissai partir un gémissement à cause de la surprise, mais aussi à cause du choc. Cette fille était une force de la nature. Je réussis néanmoins à reprendre mon souffle pour reprendre la parole.
-Qu'est-ce qui se passe ? demandai-je
-J'ai vu Jake et Joel entrer dans le bâtiment, là, dit Elle en me montrant une maison de l'autre côté de la rue
-Tu es sûre que c'est eux ?
-Ouais. Ils sont assez reconnaissables, quand même. Allez viens, ajouta-t-elle en me prenant par le bras
Je n'eus même pas le temps de répondre qu'Ellie m'attirait dans le feu de l'action. Entre deux gardes, le couteau papillon d'Ellie faisait des ravages. Même sans arme à feu, elle était dangereuse. Ni elle ni moi n'avons eu à tirer un seul coup de feu. Heureusement.
Nous sommes donc entrés dans la maison, toujours aussi prudents. L'endroit était particulièrement désert, c'était louche. On circulait dans les couloirs, jusqu'à ce que nous entendions deux personnes dans une des pièces.
-Je ne suis pas trop chaud, Jake, dit une voix
-Parce que tu crois qu'on a le choix ? râla une autre voix. Allez, laisse-toi faire. Laisse-moi enlever ta chemise.
Je fis Ellie grossir les yeux. Je lui envoyai un regard interrogatif, mais elle m'ignora.
-Non, c'est bon. Je vais le faire tout seul, dit le premier
-Allez, fais pas ta mijaurée, ricana celui qui devait être Jake
Je voyais à l'expression d'Ellie qu'elle hésitait entre plusieurs émotions, et au final, elle a éclaté de rire en ouvrant la porte. Les deux hommes qui étaient dans la salle, l'un essayant effectivement d'enlever la chemise de l'autre. Ils mirent du temps avant de voir qu'Ellie était entrée, alors j'eus l'occasion de remarquer quel était le problème. L'un des deux, Joel donc, avait une grosse blessure grossièrement recouverte, et l'autre, donc Jake, essayait d'enlever la chemise de Joel d'une main, et avait un rouleau de bandages dans l'autre. Ce fut lui qui nous remarqua en premier, d'ailleurs, et qui s'éloigna vite de Joel, alors qu'Ellie riait encore.
-Je vous y prends ! déclara-t-elle toujours en riant. Vous vous faites des attouchements dans les coins !
Je compris à ce moment-là la raison de la première expression d'Ellie. Elle s'était imaginé des choses. Moi, je n'avais pas du tout l'esprit à ça.
-Ellie, se contenta de dire Joel, en se tenant la blessure
Il y avait une petite pointe d'agacement dans le ton de Joel, mais surtout du soulagement. Il était content de la revoir, ça crevait les yeux. Quant à Jake, eh bien... Il est tout de suite monté au créneau. Du moins c'est ce qu'il voulait faire croire. Je le compris tout de suite.
-Va te faire foutre, sale merdeuse ! On s'est inquiétés pour toi, alors je te déconseille de la ramener ! Et elle est où Sherry, d'ailleurs ?
Joel, qui semblait fatigué sans doute à cause de sa blessure, sembla se réveiller quand Jake a mentionné Sherry.
-C'est une longue histoire, éluda Ellie
-Et tu ne nous présentes pas ton petit-ami ? ajouta Jake en ricanant
-Je m'appelle... commençai-je
-Ça aussi ça fait partie de l'histoire, me coupa Ellie. Je prends deux minutes d'explication et on va chercher Sherry.
-Faut rafistoler le père fouettard, d'abord, dit Jake en montrant Joel. On a eu de la médecine ici.
Ellie acquiesça, et tout le monde prit place. Je m'assis dans un coin, comme par réflexe, je connaissais déjà cette histoire. Joel acceptait l'aide de Jake avec réticence pour les bandages, et Ellie racontant ce qu'elle m'avait dit dans notre cellule. Puis elle me présenta, et raconta notre évasion depuis. Elle eut fini juste quand Jake eut fini avec les bandages de Joel. Il n'allait certainement pas mieux - la blessure avait l'air assez grave - mais il allait pouvoir bouger plus aisément.
Joel et Ellie discutaient dans un coin de la pièce, alors que Joel essayait de remettre sa chemise. Je voyais comme il la couvait des yeux. Pas dans un sens amoureux, bien sûr, mais dans un sens protecteur. J'avais déjà cru remarquer que la veste qu'Ellie portait était trop grande pour elle, et je compris d'où elle venait en regardant Joel en face d'elle. Elle portait la veste de son ami, ce qui me fit penser que leur sentiment, leur désir de protection était plus que réciproque.
Pendant que je me perdais dans mes pensées, je ne vis presque pas Jake s'approcher de moi.
-J'ai raté un truc ? dit-il
-Comment ça ? répliquai-je
-Je ne me souviens pas que quelqu'un t'ait mis au coin, ricana-t-il
-Non, ce n'est pas ça, dis-je avec un soupçon de sourire. C'est juste une habitude que j'ai prise quand j'étais en cellule.
-Eh bien maintenant ce n'est plus le cas. Alors bouge ton cul avant que je ne le botte. Personne n'est prisonnier, ici.
Je ne savais pas si, derrière ses manières, ce Jake était vraiment attentionné à mon égard, mais en tous cas, je fus debout avant même qu'il n'ait l'idée ou l'envie d'esquisser la mimique de me tendre la main pour m'aider à me lever. Je n'étais pas sûr qu'il allait le faire, en plus. Non, il ne l'aurait sûrement pas fait. il m'a quand même fait un sourire en coin avant d'aller secouer les puces aux deux autres. j'étais à une assez bonne distance pour entendre à demi-mot ce qu'ils se disaient, mais le nom "Sherry" revenait plusieurs fois. Et c'était plus souvent Jake qui le disait. Avec une ardeur qui me parut évidente, et surtout différente de celle d'Ellie. Jake voulait sauver Sherry plus que quiconque, et je crus comprendre pourquoi en voyant l'éclat de fureur qui brillait dans ses beaux yeux bleus.
Il l'aime. C'est évident.
Comme s'il avait entendu mes pensées, il se tourna vers moi et approcha à grands pas. il me prit par les épaules.
-Toi ! Tu connais bien l'endroit non ? me dit-il
-Pas exactement. Je peux calculer la superficie des lieux avec des probas. En revanche, je ne sais pas où James a pu emmener votre amie.
-Merde ! s'exclama Jake en donnant un coup de pied dans un pied de table
Joel, que je n'avais pas vu bouger beaucoup depuis tout à l'heure, posa une main sur l'épaule de Jake, qui sembla se calmer. Ce fut au tour d'Ellie de m'approcher, mais un peu plus amicalement quant à elle.
-Où as-tu appris à faire ça ? me demanda-t-elle
-Dans un livre que James m'a prêté, au mois de septembre je crois. Il y avait la date d'emprunt sur le côté de la reliure.
-Tu as une mémoire photographique ? demanda Joel, d'un ton pas du tout accusateur
J'acquiesçai silencieusement et timidement. Cette capacité m'avait causé quasiment autant de problèmes qu'elle en avait résolu.
-Super, dit Jake. Tu nous as trouvé un petit génie.
-Très drôle poil de carotte, dit Ellie en riant
Je ris un petit peu aussi. Ils semblaient avoir le même genre de caractère, ces deux-là, c'était forcé qu'ils s'entendaient bien.
Puis je compris quelque chose.
-C'est vrai que James m'amenait souvent des livres, pendant les premiers mois. Il passe beaucoup de temps à la bibliothèque entre les missions.
-Tu veux dire... commença Ellie
-Je pense que James a emmené votre Sherry à la bibliothèque, conclus-je. C'est bien le seul endroit où personne n'ose le déranger.
Jake, Joel et Ellie eurent un regard entendu entre eux, et me regardèrent tous les trois en même temps. Comme si j'étais leur dernier espoir. A bien y réfléchir, c'était sans doute le cas. Je ne savais pas trop ce que je ressentais, mais bon. Soit. Je m'y ferai.
-Bien. Suivez-moi. Et soyez prêts à faire feu, dis-je avec un ton sans joie
-Ouais ouais, dit Jake. Nous te suivons.
Je sortis en premier de la pièce, après avoir regardé à droite et à gauche quand même, et je fis signe au trio de me suivre. Au bout de quelques minutes, alors que nous ressortions de la maison, Ellie accéléra le pas pour me rattraper, le pistolet à la main. Je crus voir que son regard vagabondait au niveau de ma taille, mais je n'en eus la confirmation que lorsqu'elle prit la parole.
-Tu es gaucher ? me demanda-t-elle
Cette question m'étonna, mais j'y répondis naturellement.
-Oui. Pourquoi ?
-Pour savoir. Joel dit que tu es un cérébral, et que les cérébraux sont souvent gauchers. En plus, j'ai vu où tu as mis ton arme dans ton jean.
Voilà pourquoi elle regardait ma taille. Elle regardait où j'avais mis l'arme qu'elle m'avait donnée. Et effectivement, elle était du côté gauche de ma taille. A vrai dire, je l'avais pris par réflexe. Ça faisait longtemps que je n'avais pas eu à penser à ce genre de détails, mais, dans ma mémoire, j'étais réellement plus gaucher.
-Ah bon, dis-je simplement
Ellie me fit un petit sourire, et retourna rejoindre les deux autres. Mais cette fois, comme nous avons dû resserrer les rangs pour se cacher plus efficacement, j'entendis leurs commentaires.
-Tu ne restes pas avec ton amoureux ? lança Jake, toujours aussi ironique
-Va te faire foutre, Albator, répliqua Ellie en dissimulant son hilarité
Joel poussa un soupir, et je souris aussi. Je profitai enfin d'une compagnie respectable, et j'espérais que ça allait continuer.
