A/N : J'oublie parfois (souvent) de vous remercier pour vos gentilles reviews ou vos adorables PM. Merci à tous. Voilà, c'est fait.
CHAPITRE 17
« Oh non. »
Je suis immédiatement sur mes pieds, les deux mains enfouies dans mes cheveux. Je n'ai pas appelé Kurt. Je ne l'ai pas appelé.
« Non non non non non… »
Où est mon téléphone ? Où-
« C'est pas possible. »
Mon cerveau n'arrive pas à entièrement comprendre les conséquences de cet acte mais mon cœur, lui, souffre déjà
« C'est pas possible. »
Mon téléphone n'est pas sur la table basse. J'enlève les coussins du canapé ; il n'est pas en dessous non plus. Pour preuve que mon cerveau marche au ralenti, c'est en dernier que je cherche dans le pantalon que je portais et je trouve mon téléphone dans ma poche avant droite.
Un appel manqué.
« Merde, » je lâche en regardant le numéro. C'était Kurt. Kurt m'a appelé. A 4h21 ce matin. Un coup d'œil rapide sur le lecteur DVD m'indique qu'il est 11h passé. « Merde. » Ma poitrine se serre. J'ai du mal à respirer.
Il m'a attendu. Il a attendu toute la nuit que je l'appelle. Je ne peux même pas imaginer ce que ça a dû lui coûter de m'appeler, lui, et quand il l'a fait, je n'ai même pas décroché. Oh mon Dieu, qu'est-ce qu'il a pensé quand je n'ai pas décroché ?
Avec une main tremblante, je compose son numéro. Je tombe directement sur sa messagerie. J'essaie encore, et encore, et je continue de tomber sur son répondeur. Est-ce qu'il a attendu si longtemps mon appel que sa batterie est vide ? Est-ce qu'il a éteint son téléphone en pensant que j'avais choisi Sebastian et qu'il n'entendrait plus jamais parler de moi ?
J'ai les jambes tremblantes, et je peux entendre le bruit d'un long râle qui doit venir de ma gorge. Pourquoi est-ce que j'ai bu hier soir ? A quoi je pensais ? Pourquoi j'ai appelé la compagnie de taxi quand j'ai réalisé, alors que j'aurais pu appeler Kurt ?
Je regarde autour de moi à la recherche de mes chaussures. Le chauffeur de taxi a dû me les enlever avant de partir. Il y en a une près du canapé, mais je ne vois pas l'autre. Je n'ai pas le temps de la chercher. Je n'ai pas le temps. Je ne peux même pas imaginer ce que Kurt est en train de vivre à cet instant. Je dois le trouver. Je prends mes bottes de neige et les enfile. Les clés de ma voiture sont sur la console près de l'entrée, toujours attachées au petit porte-clés crocodile que Kurt a gagné pour moi à la fête foraine. En quelques secondes, je passe la porte et me précipite dans l'ascenseur.
La lumière est vive dehors, le soleil se réfléchissant sur la neige. Maudissant ma gueule de bois, je monte rapidement dans ma voiture et mets une paire de lunettes de soleil bon marché que je garde dans la boite à gants. Elles filtrent une grande partie des rayons aveuglants du soleil tandis que je me dirige vers Lima, le pied collé à l'accélérateur.
J'arrive devant la maison de Kurt en un temps record mais je reste assis dans la voiture, paralysé de peur. Et s'il ne me pardonnait pas ? Je considère un court instant de me faufiler pour frapper à sa fenêtre. Je ne le ferais pas cependant – par respect pour sa vie privée, mais surtout par peur qu'il ne ferme les rideaux à l'instant où il me verra. Je marche vers sa porte d'entrée, essuie mes mains moites sur mon jean, et prends une grande inspiration. Le pire qu'il puisse arriver est qu'il refuse de me parler, non ? J'en serais au même point que maintenant. Sauf que non, car je perdrais le petit espoir encore enfoui au fond de moi. Redressant les épaules, je m'avance et appuie sur la sonnette.
Le son lourd de pas s'intensifie. Je retiens mon souffle tandis que la porte commence à s'ouvrir.
« Je ne sais pas, probablement encore un de ces témoins de… » Le père de Kurt se tient là, la bouche grande ouverte quand il me voit.
Je me racle la gorge nerveusement en me balançant sur mes talons. « Ah, bonjour, est-ce que Kurt— » Je ne peux en dire plus, car il se précipite sur le perron et me prend dans ses bras si violement que j'en ai le souffle coupé.
« Oh mon Dieu, » murmure-t-il. Il ne me lâche pas, continue de me serrer comme s'il avait peur que je disparaisse. Je ne sais pas comment l'expliquer mais je me sens parfaitement à l'aise dans ses bras. « Est-ce vraiment toi ? Est-ce que ta mémoire— Oh mon Dieu. C'est… Oh mon Dieu, tu sais, je ne suis pas croyant, mais si je l'étais, j'aurais prié exactement pour ça. » Il finit par me relâcher, en avalant sa salive et en me tapant sur l'épaule. « Entre, entre. Mon Dieu, ça fait du bien de te voir. »
Je souris poliment en le suivant à l'intérieur. La belle-mère de Kurt est en train de plier des sous-vêtements sur la table de la cuisine. Quand elle me voit, elle se précipite également pour me prendre dans ses bras, en tenant encore un boxer dans sa main.
« Je n'arrive pas à y croire, » dit-elle les yeux brillants. « C'est incroyable. Comment nous as-tu trouvé ici ? Est-ce que tu es passé à notre ancienne maison ? Burt, donne-lui une chaise, il a l'air bouleversé. »
« Tiens, assieds-toi, » me dit Burt en me dirigeant vers une des chaises de la cuisine. « Est-ce que je peux t'offrir quelque chose ? Est-ce que tu aimes toujours le thé glacé ? Carole, est ce qu'on a du thé glacé ? »
« Non merci, ça va, » je les rassure. Ils me sourient avec tellement de sincérité et me fixe du regard comme si j'allais disparaitre s'ils détournaient les yeux.
« Tu as l'air d'aller bien, » dit finalement Carole. « Ta cicatrice s'est bien résorbée. »
Ma main se dirige par reflexe sur mon crâne. « Oui, en effet. »
« Quand est-ce que tu as enfin retrouvé la mémoire ? » demande impatiemment Burt. « Est que c'est juste revenu ? Est-ce que tu t'es réveillé ce matin et tu savais ? »
« Je, euh… »
« Laisse-moi t'offrir quelque chose à manger, » dit Carole. « Tu as encore l'air un peu perdu. Est-ce que ta tension est assez élevée ? On a des chips quelque part ici… » Elle commence à fouiller les placards, et Burt se lève pour l'aider à chercher. « Ca alors, j'en ai acheté jeudi, où j'ai bien pu les mettre ? »
« Je crois que Finn a terminé le paquet vendredi soir, pendant que vous étiez au mariage, » dis-je. Ils se tournent tous les deux lentement vers moi.
« Tu étais ici ? » demande Burt. « Vendredi ? »
« Euh… Oui, j'étais là. »
« Et Finn était… » Carole soupire, incrédule. Puis elle hurle, « Finn ! Viens ici, tout de suite ! » bien plus fort que ce que je l'aurais cru capable.
Finn apparait dans la cuisine après une minute, en baillant et se grattant l'arrière de la tête, où ses cheveux sont en épi. « Quoi, qu'est c'qui s'passe, m'man ? Je dormais… » Ses yeux s'écarquillent quand il nous voit tous les trois assis dans la cuisine. « Oh… Salut, Blaine. »
Je lui adresse un timide petit signe de la main tandis que Carole se rapproche de lui. Elle croise les bras, menaçante et il bat en retraite. C'est assez impressionnant, à vrai dire, si on considère que Finn fait bien deux têtes de plus qu'elle. « Il n'y a pas quelque chose que tu voudrais nous dire, Finn ? »
« Kurt m'a fait promettre de ne rien vous dire ! » se défend-t-il. « Il a dit qu'il ne voulait pas vous donner de faux espoirs, et— »
« Comment pourrait-il nous donner de faux espoirs si Blaine a retrouvé la mémoire ? »
« Je ne l'ai pas retrouvée, » je le coupe, et leur attention revient vers moi. « Ma mémoire, je veux dire. Quelques petits bout ici et là, mais pas beaucoup. »
Burt cligne des yeux. « Tu… Mais… Alors comment tu nous as trouvé ? »
« Il y a deux semaines, j'ai rencontré Kurt pour la première fois au Lima Bean. Enfin, pas pour la première fois, » je corrige. « Mais vous voyez ce que je veux dire. La première fois pour moi. On a parlé, et on a commencé à se voir tous les matins pour le café. »
« Tous les matins ? » Carole semble abasourdie. « Pendant deux semaines, et il ne nous l'a jamais dit ? »
« Je comprends mieux pourquoi il était de plus en plus en retard chaque matin au boulot, » dit Burt dans sa barbe. « Et il ne t'a rien dit ? Sur ton passé et tout ça ? »
« Si, il a fini par le faire. On essaie encore de tout arranger entre nous. C'est pour ça que je suis là— j'aimerais vraiment lui parler, si vous êtes d'accord. »
Carole et Burt se regardent tous les deux. « Kurt n'est pas là, » dit Carole. « Il est parti. Il y a une demi-heure environ. »
Mon cœur se brise. « Oh. »
« Il a passé une nuit difficile. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé, mais je ne crois pas qu'il a dormi. Je me suis levée pour aller aux toilettes vers trois heures du matin, et sa lumière était allumée. Quand j'ai jeté un œil dans sa chambre, il était juste assis sur son lit, les yeux rivés sur son téléphone. »
Je ferme les yeux un instant. « On a eu un petit malentendu. Je… Ouais. Est-ce que vous savez où il a pu aller ? » Ils secouent tous les deux la tête.
« Son téléphone n'est pas allumé, » ajoute Burt. « J'ai essayé de l'appeler peu après qu'il soit parti pour lui demander de rapporter du jus d'orange, mais je suis tombé directement sur son répondeur. » Il fronce les sourcils. « Tu crois que l'on devrait s'inquiéter ? »
« Non, je… Non. » Une énergie nerveuse commence à m'envahir, et mes muscles commencent à se contracter. C'est comme si tout mon corps voulait me dire : Trouves Kurt. « Je vais aller le chercher, » je leur dis. « Si je vous donne mon numéro de téléphone, est-ce que vous pourrez m'appeler s'il rentre avant que je ne le trouve ? »
« Oui, bien sûr. » Carole me tend un stylo, et farfouille dans un tiroir jusqu'à ce qu'elle trouve un bloc Post-It vert. « Tiens, je vais te donner le numéro de la maison, au cas où tu veuilles nous appeler. »
« Merci. » Je note mon numéro sur un autre Post-It et lui donne, avant de me lever, embarrassé. « Je vais y aller alors. »
Burt acquiesce sans conviction ; il semble plutôt ne pas vouloir que je parte. Ils me raccompagnent tous les trois à la porte et me regardent monter dans ma voiture. Je démarre avant de réaliser que je n'ai aucune idée d'où chercher.
Où va Kurt Hummel, quand il pense qu'il a tout perdu ?
Le lima Bean est plein de gens venus déjeuner, mais un rapide coup d'œil m'indique que Kurt n'est pas là. Je remarque que la serveuse derrière le comptoir est la même fille qui travaillait là le jour où j'ai rencontré Kurt. Dépassant la file de client, je me dirige vers le comptoir en ignorant les regards noirs qui me sont destiné. « Bethany, » je l'appelle, et quand elle me voit, son regard s'illumine.
« Blaine ! »
« Tu as vu Kurt ? »
Elle acquiesce joyeusement. « Oui, bien sûr ! »
« C'est vrai ? Quand ? »
« Il était là une bonne partie de la journée d'hier. »
« Et aujourd'hui ? Il est venu ? »
« Oh, non, je ne l'ai pas vu aujourd'hui, » dit-elle. « Et je suis là depuis l'ouverture. Désolée. »
« C'est pas grave. Merci. »
Abattu, je sors du café et retourne à ma voiture. Je mets les clés sur le contact, et penche la tête quand je remarque le petit crocodile qui se balance.
La fête foraine est terminée le temps que j'y arrive. Les manèges sont attelés à l'arrière des caravanes et les stands sont démontés et rangés dans de grands camions.
Je traine sur le lieu de la fête pendant presque une heure. Cet endroit qui semblait si excitant et magique hier semble délabré et triste aujourd'hui. Les forains ne me prêtent aucune attention tandis qu'ils rangent leur matériel. Je passe devant l'endroit où se trouvait le stand tape-taupe, et remarque quelques porte-clés crocodiles à moitié enfouis dans la neige. Je ne sais pas pourquoi, mais cela me déprime plus que tout.
Je retourne dans la voiture et refait notre chemin d'hier, me dirigeant vers les champs à la périphérie de Lima. Je peux entendre la luge glisser dans mon coffre dans les virages, et j'espère que c'est un bon présage.
La colline est déserte quand j'y arrive. Je descends quand même de voiture et gravi la pente, cherchant des empreintes fraiches dans la neige, mais il n'y a rien. Il n'est pas venu là non plus.
Alors que je redescends péniblement la colline, la peur commence à monter en moi. Et s'il s'était fait du mal ? Il est contrarié et fatigué… Mais surement, il ne ferait pas cela à sa famille. Surement il se souviendrait combien s'était dur pour eux l'année dernière quand nous avons été agressé, et—
Je me mets à courir, saute dans la voiture et retourne en ville. Le lycée de McKinley et quelque part par-là. Je le sais. Je me gare un instant pour taper le nom dans mon GPS, puis suis les instructions jusqu'à ce que j'arrive au lycée. Il semble si inoffensif vu de l'extérieur. On ne pourrait pas imaginer l'horreur que nous avons vécu sur le parking est.
Nous étions partis du lycée tard après le Glee club, m'a dit Kurt. Nous avions répété un duo que nous n'arrivions pas rendre parfait, alors nous étions resté dans l'auditorium une heure de plus, répétant nos harmonies jusqu'à ce que nous soyons satisfait. Cela veut dire qu'il ne restait personne du Glee club quand nous sommes sortis sur le parking. Cela veut dire que personne n'était là pour attendre nos cris.
Je me gare sur le parking est, la respiration saccadée. Sa voiture n'est pas là, mais je sors quand même de voiture et j'erre sur le parking. Je n'ai aucun souvenir de cet endroit. J'ai le sentiment, au vue de l'expression sur le visage de Kurt quand il m'a parlé de l'attaque, que dans ce cas, mon amnésie est une vraie chance.
Pendant un moment, j'erre sans but. Je garde mon téléphone sur le siège passager en espérant que les Hummel appelleront avec des nouvelles, mais il reste désespérément silencieux. Je n'allume pas la radio, et tout ce que je peux entendre c'est le crissement de sel sur la route sous mes pneus, et le glissement de la luge dans le coffre, et le léger bruissement du bouquet de fleur de Kurt sur le siège arrière. Je relève la tête, spéculatif. Son bouquet de roses…
Je me gare le long de la route pour réfléchir. Kurt m'a parlé de sa mère plusieurs fois. Il m'a parlé de ses funérailles, de l'endroit calme ou elle est enterrée. Réfléchi, je me dis, mais je ne peux pas me souvenir du nom du cimetière.
Il n'a pas été élevé dans la religion. Je me souviens bien quand il me l'a dit, lors de l'une de nos séances Apprendre à te connaitre. La majorité des cimetières dans le coin sont à côté d'église donc cela réduit les possibilités. Je remarque un couple marchant tout près alors je descends ma fenêtre.
« Excusez-moi, » je les appelle. « Je m'excuse de vous déranger, mais est-ce que vous connaitriez un cimetière non religieux dans le coin ? »
L'homme me regarde l'air incrédule, mais la femme me répond de suite. « Il y en a un sur Edison Street, appelé Cedar Hills. Et un autre appelé… Euh…» Elle regarde son compagnon. Il hausse les épaules. « Quelque chose avec Meadow, peut-être. »
« Tranquil Meadows ! » je crie dans un moment de lucidité.
« Oui, c'est ça. »
« Merci beaucoup. »
Ils acquiescent et continuent leur promenade. Je tape le nom du cimetiere sur mon GPS. Tranquil Meadows est à presque une demi-heure d'ici. Soupirant, je fais demi-tour et me dirige vers l'ouest.
Sur la route, je réfléchi à ce que je vais dire à Kurt quand je le trouverai. « Je suis désolé de ne pas t'avoir appelé hier soir. Crois-moi, je l'aurais fait si j'avais été assez conscient pour… » Non. « Kurt, je sais que tu dois être en colère après moi, mais crois-moi, j'ai une très bonne explication. J'ai trop bu hier soir et je me suis endormi à l'arrière d'un taxi… » Non. « Kurt, je voulais t'appeler mais mon rendez-vous n'arrêtait pas de me commander de l'alcool et de me toucher la cuisse, et… » Mon Dieu, non. Qu'est-ce que je peux dire pour arranger ce bazar ?
« Kurt, je ne me souviens pas vraiment de toi. Mais je suis quand même fou amoureux de toi. » Ce n'est pas parfait, mais c'est le mieux que je puisse faire.
J'arrive au cimetière peu après 17h00. Le soleil commence à se coucher, donc je descends rapidement de voiture et observe les rangs de pierres tombales dans la lueur rougeâtre du crépuscule. Il n'y a pas un bruit à part le « crunch » de mes bottes tandis que j'avance laborieusement dans la neige, en cherchant Kurt parmi cette mer de blanc. Il y a des empreintes de pas fraiches quelques rangs plus loin alors je me dirige vers elles et les suit avec curiosité. Elles me mènent plus loin dans le cimetière, après un grand arbre et s'arrêtent devant une pierre tombale noire. Je n'arrive plus à respirer normalement.
Elizabeth A. Hummel, épouse et mère dévouée.
Il est venu ici.
Je regarde autour de moi, mais il n'est nulle part. Je suis ses empreintes jusqu'à leur fin, et je me retrouve dans la rue où je me suis garé. Il n'est plus là. Il n'est plus là, et je n'ai plus d'idée.
Je prends le bouquet de roses rouges et jaunes sur le siège arrière de ma voiture et refais le chemin jusqu'à la tombe de Mme Hummel. Les fleurs sont magnifiques nichées contre sa pierre tombale.
Il fait nuit lorsque je me gare dans l'allée des Hummel. Il n'y a pas de signe de la voiture de Kurt, et ils ne m'ont pas appelé, donc je sais qu'il n'est pas rentré. Mais je ne sais plus où aller.
Carole m'ouvre la porte et secoue la tête quand elle voit mon regard plein d'espoir. Elle me conduit dans la cuisine, où Burt et Finn sont attablés et en train de dîner. Il y a une quatrième assiette qui je suis sûr était prévue pour Kurt, mais Carole m'assoie de force sur une chaise tandis que Burt me sert une grosse part de lasagnes dans une assiette. Finn me passe la panière de pain à l'ail. Tout à coup, je suis affamé. Je n'ai rien mangé de la journée, et les lasagnes sentent divinement bon. Je les dévore et avale un grand morceau de pain à l'ail entre chaque bouchée. Carole me sert un verre de lait, et Finn commence à parler du pronostic des Bobcats cette saison, et c'est seulement quand je sens la main de Burt dans mon dos que je réalise que je pleure.
Personne ne dit rien. Je prends ma serviette sur la table et essuie mes larmes, gêné de m'écrouler devant des inconnus.
« Je ne pleure jamais, » je leur dis.
« Il reviendra vers toi, » murmure Burt, et je presse plus fort la serviette sur mes yeux. « C'est ce que vous faîtes tous les deux. Vous revenez toujours l'un vers l'autre. »
Je reste chez les Hummel pendant des heures, alternant entre regarder le basketball à la télévision avec Finn et regarder la porte d'entrée avec Burt. Pendant un moment, je continue d'essayer d'appeler Kurt, jusqu'à ce que Finn le remarque et me dise qu'il a vu le téléphone de Kurt posé sur son lit.
A dix heures, ils commencent à bailler tous les trois. Je me souviens de mes bonnes manières, et malgré l'offre de Carole de déplier le canapé-lit pour moi, je leur dis que je dois rentrer. Burt me donne une autre embrassade à couper le souffle en me promettant d'appeler quand Kurt sera rentré. Cette fois-ci, je le serre dans mes bras à force égale.
Je reviendrais demain, je décide sur le chemin du retour. Je reviendrais demain, et après-demain, et encore après ça. Je n'abandonnerai pas. Je ne le laisserai pas m'abandonner.
La neige commence à retomber le temps que j'arrive à l'appartement. Je me gare et me dirige vers l'entrée de l'immeuble, mon téléphone à la main, attendant toujours qu'il sonne.
Il ne sonne pas.
Je passe le hall d'entrée et rentre dans l'appartement de Rob, jetant mes clés sur la console près de la porte. Je suis tellement fatigué, mentalement et physiquement, que je ne remarque même pas que mes clés atterrissent près d'un autre trousseau. Je ne remarque pas le verre d'eau sur la table basse, et je ne remarque pas que les coussins de canapé ont été remis en place. Ce n'est que quand j'accroche mon blouson au porte-manteau que je vois le manteau familier que je regarde autour de moi, surpris, et que je trouve une paire d'yeux bleus me regardant prudemment.
