C'est Joey qui ouvre la porte de ce qui fut autrefois la demeure familiale et tu ne te retiens pas de lui franche accolade alors qu'il te prend dans ses bras, ne te cachant pas qu'il est heureux de te voir et que son père est absent. Tu ne lui en demandes pas la raison. A dire vrai, tu veux tout oublier concernant tes géniteurs. Ces parents qui n'en ont que le nom. Ils ne méritent pas que t'occupes plus d'eux. Phasma t'a très bien conseillé à ce sujet et tu es bien décidé à l'écouter. Tu vas vivre ta vie ; celle que tu veux mener comme tu l'entends. Sortant de tes pensées, tu présentes Dameron et Hux comme tes colocataires et explique qu'ils sont venus t'aider pour récupérer le restant de tes affaires. Le surnommé Chewie opine du chef et ouvre grand la porte pour que vous puissiez entrer tous les trois. Vous vous dirigez alors en direction de ta chambre et tu y es surpris de la voir avec pas mal de cartons.
— Ton père voulait tout jeter pendant ton absence, mais ta mère et moi sommes parvenu à lui faire changer d'avis.
— Ne me parle plus d'elle, s'il te plaît.
— Ben…
— Je veux pas en parler, fais-tu plus durement.
Ton oncle acquiesce d'un air triste, mais il faut qu'il comprenne que tu n'es pas encore prêt à entamer ce genre de conversation. En tout cas, pas tant que le couple derrière toi seront ici. Ils savent à peine ce qu'il s'est passé et tu ne veux pas… tu secoues la tête. Tu n'es pas du genre à accepter de montrer tes faiblesses. Alors, sans perdre de temps, tu es le premier à amorcer le ramassage de tous tes effets personnels. Chacun te suive silencieusement, Joey plaçant quelques remarques à tes colocataires. Celui qui semble être le plus intéressé est Dameron, mais tu commences à comprendre que Hux est du genre secret. C'est un homme complexe qui se montre bien plus attentif qu'il ne donne l'air. Tu es donc persuadé qu'il n'aura pas manqué les nombreuses photos de famille aux verres brisés, pendant lamentablement sur le mur longeant les marches d'escalier. Il ne reste plus qu'à espérer que ta douce amie ne leur ai donné aucun détail. Celui que tu n'assumes pas totalement. La voiture du petit brun se remplit rapidement et tu refuses la bière que te propose la parodie de bûcheron, lui expliquant que vous devez rentrer afin que vous ne soyez pas trop fatigué pour demain matin. Il accepte, mais conserve sa mine attristée.
— Viens me voir au boulot, proposes-tu.
Il renifle et assure qu'il ne manquera pas de venir te voir à chaque fois qu'il en aura l'occasion. Tu n'hésites pas à lui faire une dernière accolade bien moins brève qu'à ton arrivé et tu finis par te détourner, pénétrant à l'arrière du véhicule et attendant que l'interprète et le traducteur disent au revoir à ton oncle. Le retour se fait dans le plus grand silence et aucun mot n'est prononcé lorsque vous videz la voiture, déposant tous les cartons sous la mezzanine. Tu rangeras tout demain soir. En attendant, tu réchauffe les restes d'hier soir, ayant la flegme de préparer un repas.
— Au garage Solo, on m'avait dit que cela prendrait deux jours pour tout réparer pour un prix moindre, clame un désagréable client.
— La matinée me suffira amplement, monsieur. Et vous n'aurez pas besoin de revenir me voir
L'homme d'affaire renifle, n'y croyant pas du tout et te lance le paris de te payer le double de la somme que tu as précédemment annoncé. Tu esquisses alors un rictus amusé et emplie de défi. Qui es-tu pour refuser pareille chose. D'autant plus que ton éventuel futur employeur se trouve non loin de toi, à surveiller du coin de l'oeil le moindre de tes faits et gestes, la moindre syllabe sortant de ta bouche. C'est donc sans surprise que tu le vois relever le nez alors que tu réponds au client que tu tiens le pari et qu'il n'a pas intérêt à ses désister au dernier moment par crainte de perdre ou quoi que ce soit d'autre. Ce dernier rajoute alors qu'il n'hésitera pas à refiler une sale réputation en cas d'échec, assurant qu'il est un homme important dans le quartier des affaires. Il semble penser que cela va t'effrayer, mais tu tends ta main en guise d'accord et que tu lui souhaites une bonne matinée. L'homme s'en va, sûr de sa victoire tandis que tu te mets immédiatement au travail, refusant de perdre. L'homme ventripotent et à l'hygiène douteuse qui te sert de patron s'approche de toi, la mine à la fois sévère et douteuse.
—Tu es sûr de ton coup, Solo ?
— J'avais les mêmes horaires chez mon… père qui foutait rien. Alors j'ai du apprendre à tout réparer très vite. Une matinée, c'est plus que suffisant.
Tu te concentres alors sur ton travail, faisant totalement abstraction du monde qui t'entoure. Calme et concentré. C'est très dur à admettre mais, bien que tu n'ais jamais réellement voulu devenir mécanicien, c'est un domaine que tu maîtrises parfaitement, dans laquelle tu es très à ton aise. C'est pour cela que tu termines ta tâche une heure en avance. C'est donc sans surprise que la mine de l'arrogant est déconfite quand Plutt vient le voir, annonçant que son pari est perdu et qu'il lui doit le double du prix de base. Le businessman pâlit considérablement et bafouille des explications incompréhensifs, cherchant à dire que ce n'était qu'une plaisanterie et qu'il n'en pensait pas un mot. Mais le garagiste prend sa mine patibulaire, roule des muscles et s'approche du gars avec un air menaçant, envahissant son espace vital et personnel. Ce type, tu l'aimes bien, mine de rien. Il te laisse pas tout gérer et a bien le sens des affaires. Remarque, ce serait bien le diable qu'il cherche pas à empocher la somme que tu as gagné dans un pari stupide. C'est pour cela que tu as un peu de mal à ne pas ricaner d'amusement, tandis que tu retires le cambouis de tes mains, te dépêchant de te préparer pour ton second travail.
— J'y vais, annonces-tu alors que ton patron range le chèque du malheureux arrogant.
— Juste un mot, Solo, fait-il en faisant le tour, te rejoignant et posant sa main grasse sur ton épaule. Tu travailles toujours aussi rapidement ?
— Pas le choix, avoues-tu. Je ne suis ici que le matin alors autant faire rapidement mon travail.
— Alors c'est décidé. Considère que t'es engagé dès la fin de la période d'essai.
T'as le sourire aux lèvres alors que hux vient passer sa commande habituelle. A cette vision, il arque un sourcil curieux et tu lui promets de venir le lui annoncer lors de ta pause. Il opine du chef et se dirige vers sa table. Tu es content de le voir jeter un dernier regard vers toi avant de se mettre au travail. C'est à ton tour de détourner les yeux pour tomber sur une personne âgé ne parvenant à prendre une décision quant à la boisson à prendre ainsi que sur la taille du gobelet et pas aimable pour un sou. Tu lui demandes alors ce qui ne va pas et te répond à voix basse, faisant bien comprendre clients que cela ne les regarde pas et qu'elle n'a pas envie d'entendre un seul commentaire de leur part.
— Je me suis engueulée avec elle.
— Ah merde.
— Oui.
Tu décides alors de garder le silence sur ta nouvelle à toi.
