Chapitre 11 : Les affaires reprennent


Le temps s'est mis à la pluie pendant la nuit. Difficile de croire qu'hier encore, le soleil disputait au ciel azuré une lumière éclatante, tant aujourd'hui le ciel est plombé de ce gris si déprimant. Uryû Ishida redresse le col de sa veste d'une main tout en continuant à tenir fermement de l'autre le parapluie qui le protège de l'averse. Il presse le pas vers un building dans le quartier des affaires. Il a rendez-vous avec un homme qui se dit très intéressé par son restaurant. Lors de la prise de contact par téléphone, sa première réaction a été de vouloir raccrocher. En aucun cas, il ne désire vendre l'établissement dont il est l'unique propriétaire depuis peu. Combien d'appels téléphoniques a-t-il reçu depuis la mort de son père ? Il ne saurait le dire. Le premier a précédé l'enterrement et le dernier, pas plus tard qu'il y a deux jours, se proposait de racheter les murs pour en faire une supérette.

Pourtant, cette fois, l'homme, qui répond au nom de Shinji Hirako, lui a expliqué qu'il ne souhaitait pas racheter son établissement, plutôt investir et pas seulement financièrement. Cette particularité a intrigué Uryû, au point qu'il a fini par accepter de rencontrer l'homme. Évidemment, il a essayé de se renseigner sur lui. En vain. Il n'a rien trouvé. S'agit-il d'un excentrique qui désire dépenser son argent ou d'un entrepreneur qui veut se diversifier ? L'adresse qu'il lui a communiquée, à savoir dans le quartier d'affaires, l'a fait pencher vers la deuxième alternative.

Parvenu à destination, il s'engouffre dans le sas d'entrée et se dirige vers l'accueil tenu par une femme au visage agréable, bien que trop maquillé.

- « Bonjour madame. J'ai rendez-vous avec monsieur Hirako. »

- « Qui dois-je annoncer ? »

- « Uryû Ishida. »

La femme compose un numéro sur le clavier du téléphone et informe la personne à l'autre bout de la ligne que son rendez-vous est arrivé. Elle raccroche pour décrocher une nouvelle ligne, semblant se désintéressé royalement du pauvre Ishida, qui ne sait pas s'il doit attendre devant le comptoir ou aller s'assoir dans les fauteuils un peu plus loin. Il n'a pas à patienter bien longtemps, vu qu'un homme très grand et très blond se dirige vers lui. Habillé d'un costume à la coupe impeccable, il arbore une chevelure longue, légèrement ondulée. L'homme dégage une sorte d'élégance et s'incline devant lui.

- « Monsieur Ishida, si vous voulez bien me suivre. »

Il tourne aussitôt les talons, sans même vérifier qu'Uryû lui a bien emboîté le pas. Tous deux pénètrent dans un ascenseur, en route vers le douzième étage. Rien dans le hall, ni dans l'habitacle spacieux ne laisse entrevoir chez qui il se rend, et il n'a pas le temps de poser des questions qu'ils sont déjà arrivés à destination.

Le blond sort et l'emmène vers un couloir au bout duquel une porte semble gardée par un homme à la coupe afro-américaine et au look aux antipodes de son accompagnateur. Certes, le costume est assez classe mais conjugué avec un t-shirt aux couleurs criardes et une paire de baskets tout aussi flashy, il dénote particulièrement dans ce couloir richement agencé. L'original tend le bras, l'invitant à ne pas bouger, pendant que le blond ouvre la porte et disparaît derrière. IL revient à peine trente secondes plus tard.

- « Maître Hirako va vous recevoir. »

Le titre honorifique fige le jeune Ishida. Il comprend mieux pourquoi il n'y a aucune mention de société dans l'immeuble. Il ne fait aucun doute dans son esprit qu'il va rencontrer un chef yakuza et conclut que finalement, il aurait dû se méfier de cet appel. Il franchit néanmoins le seuil, convaincu de ne plus pouvoir reculer.

- « Monsieur Ishida, enchanté de vous rencontrer », lui lance un homme aux cheveux blonds coupés au carré qui vient à sa rencontre.

Surpris par l'accueil chaleureux et l'aspect physique de son interlocuteur, Uryû marque à nouveau un temps d'arrêt. Il s'était bêtement imaginé avoir à faire à un homme vieux, lugubre et pas commode. Bref tout l'opposé de cet homme à l'approche de la quarantaine et dont le sourire le rassure.

- « Je m'appelle Shinji Hirako et c'est moi qui vous ai contacté au sujet de votre restaurant. Avant que nous discutions affaires, laissez-moi vous présenter mes partenaires : Byakuya Kuchiki et Sosûke Aizen. »

Surpris, Uryû se rend compte qu'ils ne sont pas seuls dans le vaste bureau. Assis derrière une belle table de réunion, se trouvent les deux hommes évoqués, ainsi qu'un troisième qui n'a pas eu l'honneur de la présentation. En jetant un œil vers le mec (oui mec parce que son physique et ses vêtements sont complètement à l'opposé de ceux des trois autres), Uryû se dit qu'il est bel et bien dans la merde. Si le nom du blond ne lui disait rien, il en va autrement des deux autres. La famille Kuchiki et la famille Aizen font partie du plus gros clan de yakuza dans un périmètre de plus de cent kilomètres autour de Tokyo, le clan ShiYaK. Les autres, il les connait sur le bout de la langue, Kyôraku, Shiôhin, Shiba et surtout Yamamoto. La seule question que relaie son cerveau, c'est quelle famille dirige le sympathique blond. Et comme Uryû est peu impressionnable, il la pose derechef.

- « Quelle famille ? »

- « Je vous demande pardon ? », lui demande le blond.

- « Laquelle des autres familles du clan ShiYaK dirigez-vous ? »

En dépit du danger que constituent ces trois hommes, la voix d'Uryû est polaire. Il n'aime pas qu'on le ballade et même s'il fallait s'y résoudre compte tenu du peu qu'il savait de cet homme, il n'apprécie pas.

- « Vous êtes très perspicace et très… direct », intervient Aizen.

- « Je suis surtout quelqu'un d'informé, monsieur Aizen et j'aurais aimé être prévenu au préalable. C'était sans doute trop demander ? »

L'ironie du jeune brun commence à sérieusement agacer Shinji qui a l'impression de perdre la maîtrise de la situation.

- « Est-ce à dire que vous auriez refusé cet entretien si vous aviez su qui vous alliez rencontrer ? »

- « Dois-je vraiment répondre à cette question, monsieur Aizen ? »

- « S'il vous plaît. J'apprécie toujours la franchise et votre côté cash me plaît bien. »

- « Soit. Si j'avais su, je ne serai pas là face à vous. Que les choses soient bien claires, je n'ai rien contre vous. Nous n'évoluons pas dans le même monde, c'est tout. »

- « Messieurs, messieurs, pourriez-nous revenir à notre sujet. Installez-vous ici, monsieur Ishida. Ah, au fait, je suis le chef du clan Shiba. »

Le brun pose ses fesses sur la seule chaise qui reste d'un côté de la table. Face à lui, Aizen et le silencieux Kuchiki. A sa droite, au bout de la table de conférence, Hirako et à l'autre extrémité, avachi dans un fauteuil positionné de biais, le mec à l'allure de mauvais garçon.

- « Et ce monsieur ? », fait Uryû en désignant le quatrième larron.

- « Grimmjow Jaggerjack », répond l'autre.

- « Grimmjow est mon second et mon cousin », ajoute Aizen.

- « La présence du lieutenant de Sosûke devrait vous rassurer. Ce n'est pas au nom du clan que nous nous intéressons à votre entreprise, mais bien à titre privé. Si nos renseignements sont exacts, vous ne disposez plus ni de chef, ni de second, ni de pâtissier et vous avez des difficultés en gestion. Nous vous proposons un chef, un chef pâtissier et un gestionnaire. Respectivement, mon neveu, sa sœur jumelle et leur frère aîné. Qu'en dites-vous monsieur Ishida ? »

Pour le moment, Uryû n'en dit rien car il digère l'information. S'il est vrai qu'il rame depuis le décès de son père et le départ de son enflure de second, il réalise petit à petit que s'il accepte, il risque tout bonnement de perdre l'affaire familiale. Le restaurant que son arrière-grand-père avait créé. A l'époque, c'était une auberge, ensuite c'est devenu un restaurant familial de très bonne renommée et enfin un antre de la gastronomie sous l'élan de son propre père. D'un autre côté, il a désespérément besoin d'aide en cuisine et pour le seconder dans la direction.

- « Quelle expérience possède vos neveux et votre nièce ? »

- « Ichigo a été apprenti dans un très bon restaurant français et Orihime faisait toute la pâtisserie dans une boulangerie, aussi en France. D'après ce qu'on nous a dit, ils sont tous les deux très bons et très créatifs. Shûhei a suivi un cursus universitaire en gestion. »

- « Quel diplôme ? »

- « Oh, il n'est pas allé jusqu'au bout. Voyez-vous, il s'est marié et est devenu papa. »

Shinji ne se doute pas une seconde qu'en répondant avec franchise et fierté, il est en train de réveiller le monstre de froideur qui sommeille en chaque Ishida et ce, depuis des générations.

- « Vous vous fichez de moi, c'est ça ? »

- « Pas du tout », répond Shinji en regardant les autres sans comprendre.

Les autres en question ont des réactions diverses. Du regard acéré pour Grimmjow qui n'aime pas le ton qu'emploie le brun à lunettes, à l'air serein de Sosûke, en passant par un agacement parfaitement indécelable chez Byakuya.

- « Laissez-moi résumer. Vous me demandez d'engager dans les cuisines de mon restaurant, un apprenti pour le poste de chef des cuisines, une employée de boulangerie pour celui de chef pâtissier et un père de famille qui n'est pas allé jusqu'au bout de ses études, c'est bien ça ? »

- « Evidemment, résumé comme ça, cela peut paraître louche…», reconnait Shinji à demi-mots.

- « Non, sans blague ! Je n'aime pas perdre mon temps, messieurs », commence Uryû en se levant et en s'éloignant vers la porte.

- « Tu t'assoies ! »

L'ordre a été aboyé par Grimmjow. Cependant, il n'impressionne nullement Uryû qui reste debout malgré l'aura menaçante provenant du bleuté.

- « Je ne vous permet pas de me tutoyer, monsieur Jaggerjack ! »

- « Grimmjow, monsieur Ishida a raison. Pourriez-vous vous assoir, s'il vous plait ? Nous n'avons pas terminé. »

Aizen réussit là où son lieutenant a échoué, car Uryû revient docilement autour de la table. Il ne quitte pas des yeux le brun, se méfiant bien plus de cet homme tranquille en apparence, que de son second tout en muscles. Shinji décide de laisser Aizen mener les débats. Lui avait cru bêtement que le jeune Ishida accueillerait son idée avec un réel soulagement. Il ne pouvait pas plus se tromper.

- « Nous sommes tous conscients que notre démarche peut vous sembler manquer de sérieux. Je vous assure néanmoins que nous ne sommes pas là juste pour faire plaisir à des personnes qui, sachez-le, nous sont chères. Je peux parler pour moi, bien que ce soit aussi le cas de mes confrères, je n'ai pas pour habitude de gaspiller mon argent. Lorsque j'investis, c'est pour avoir un minimum en retour, soyez-en assuré. Comme l'a évoqué Shinji, nous voulons permettre à Shûhei, Ichigo et Orihime d'accéder à un rêve commun : celui d'ouvrir un restaurant. Ces jeunes gens sont très prometteurs, et là je vous l'accorde, vous n'avez que ma parole. »

- « Ne croyez pas que je n'écoute pas ce que vous me dites, monsieur Aizen. Vous rendez-vous seulement compte de ce que vous me demandez ? Ce restaurant est dans ma famille depuis quatre générations. Si je vous dis famille, cela vous parle, n'est-ce pas ? » Aizen hoche la tête. « Vous me demandez de prendre un risque énorme en faisant confiance à des gens inexpérimentés. En plus, je ne peux croire que votre investissement se cantonne à être actionnaire minoritaires, ai-je encore raison ? »

- « En effet. Il n'est pas dans nos habitudes de dépendre de quelqu'un qui n'est pas dans le clan. »

- « Nous voilà donc au fait : je ne suis pas un membre de votre clan. Vous comptez par conséquent vous approprier mon restaurant, et ça, je ne puis l'accepter. »

- « Avez-vous vraiment le choix ? Nous pourrions attendre et vous le racheter. »

Uryû baisse la tête et les quatre hommes pensent avoir gagné la partie. Quand le jeune homme la redresse, son air abattu les rassure dans leur certitude d'avoir fait flancher le brun à lunettes. Toutefois, ce dernier se lève lentement, s'écarte puis repousse la chaise sous la table.

- « Je suis venu aujourd'hui sans savoir à qui j'aurais à faire. Il semblerait que vous aussi, messieurs. Vous croyez que j'ai le couteau sous la gorge, monsieur Aizen ? Il n'en est rien. Je possède suffisamment de liquidités pour tenir encore un an. D'ici là, j'aurais probablement trouvé la perle rare pour tenir mes cuisines. Si ce n'est pas le cas, ma mère et moi possédons des biens immobiliers que nous pouvons vendre. Vous voyez, je suis loin d'être aux abois. Messieurs, je ne saurais dire si cela a été un plaisir. »

Alors qu'Uryû amorce son demi-tour, il voit la petite frappe à l'autre bout de la table se redresser et regarder les autres sans comprendre.

- « Monsieur Ishida !..., si nous acceptons la minorité de décision, accepteriez-vous, du moins dans un premier temps, d'essayer Ichigo et Orihime Shiba dans vos cuisines ? »

La voix de Byakuya Kuchiki est telle qu'Uryû l'avait imaginé, hautaine et légèrement rauque.

- « Vous me proposez une période d'essai ? »

- « Non, Monsieur Ishida, nous vous proposons de les mettre à l'épreuve pendant une semaine, au terme de laquelle vous nous donnerez votre réponse définitive. Si elle est positive, nous serons engagés à hauteur de 49% dans votre affaire. Si elle est négative, nous nous séparerons bons amis. Je tiens à préciser qu'Orihime Shiba et moi-même, allons nous marier dans un peu plus d'un mois et qu'il lui plairait que son frère se charge du repas. Si d'aventure, vous les trouviez compatibles avec l'esprit insufflé par votre père, cela pourrait constituer une bonne publicité pour une éventuelle réouverture. »

- « Bien vu, Byakuya. Orihime sera ravie de cette idée », s'enflamme aussitôt Shinji.

Sosûke continue de fixer le jeune homme brun. Il reconnait qu'il est un fin négociateur. Tout comme le Kuchiki, quoique dans son cas, il l'ait hérité des gènes familiaux. Grimmjow s'est à nouveau avachi dans son fauteuil. Sa grande expérience en négociations en tout genre et en tant que spectateur, lui souffle que la partie est gagnée.

Du côté d'Ishida, son esprit a déjà calculé les retombées possibles de l'organisation d'un mariage de cette ampleur. Une jolie note en perspective et une publicité qu'il ne pourrait s'offrir même en rêve.

- « Très bien, j'accepte. Que vos neveux et votre future épouse se présentent demain à neuf heures au restaurant. Messieurs. »

Uryû les salue d'un inclinaison de la tête, et sort de la pièce.

- « Eh bien, ça faillit tourner au vinaigre ! »

- « Shinji, la situation était sous contrôle », précise Aizen sous le regard effaré du blond.


L'après-midi est déjà bien avancé lorsqu'un domestique vient prévenir Orihime que Byakuya Kuchiki demande à la voir. Le vent de panique qui envahit la jeune femme ne passe pas inaperçu aux yeux de ses deux frères. Shûhei se lève, prêt à accompagner la rousse.

- « On vient avec toi.»

- « Monsieur Kuchiki a demandé à voir mademoiselle Orihime seule », précise le domestique sur un ton neutre.

- « Qui l'accompagne ? »

- « Personne, monsieur Shûhei. »

- « En ce cas, je serai présent. Ichigo, tu viens ? »

Ichigo pose le magazine qu'il était en train de feuilleter. Il se lève sous les yeux d'un petit garçon qui les suit avec un brin d'inquiétude. Avec Nel, ils ont entrepris de construire à l'aide de Lego un petit village sur un tapis pré-imprimé de routes et de panneaux de signalisation.

- « Papa, peut veni' ? »

- « Non, mon cœur, c'est une conversation pour les grands. Tu restes avec Nel. Mademoiselle Hinamori va vous surveiller pendant quelques minutes. »

- « D'acco'd. Tu eveins, hein ? »

Le père vient embrasser son fils, puis il suit Ichigo et Orihime. Les trois Shiba parviennent dans le hall face à la porte de la bibliothèque que le domestique leur ouvre. Au moment où ils s'apprêtent à rejoindre leur visiteur à l'intérieur, ils sont interpellés par Aizen, suivi de Grimmjow.

- « Shûhei, Ichigo, j'ai besoin de vous parler. Laissez Orihime rencontrer son futur mari. »

- « La dernière rencontre d'Hime avec cet homme ne s'est pas très bien passée. Nous souhaitons être présents… »

- « Cette nouvelle entrevue se passera bien, je peux te l'assurer, Shûhei. Veuillez nous suivre, s'il vous plait. »

L'insistance de Sosûke fait hésiter Shûhei, pas Ichigo. Debout à côté de sa jumelle, il ne compte pas bouger d'un pouce, si ce n'est pour la suivre elle.

- « Vous croyez que nous allons tomber dans un piège aussi facile ? »

Le maitre des lieux pousse un soupir qui en dit long sur l'agacement qu'Ichigo fait naitre en lui. Il échange un regard avec Grimmjow, puis s'adresse à Shûhei, ignorant son cadet.

- « Shûhei, j'aimerais que toi et ton frère vous nous suiviez dans mon bureau. Il n'y a aucun piège et je suppose que votre sœur ainsi que Byakuya nous rejoindrons ensuite, n'est-ce pas ? », fait-il en se regardant par-delà les jeunes gens.

Lorsque ceux-ci se retournent, ils découvrent Kuchiki sur le pas de la porte de la bibliothèque.

- « En effet », répond-il, puis en s'adressant à Orihime. « Bonjour, pourrions-nous parler, s'il vous plait ? »

Une incompréhension totale est visible sur le visage des trois Shiba. De l'appréhension aussi. Chacun d'entre eux se demande à quelle sauce ils vont encore être mangés, car quelque chose va indubitablement leur tomber dessus. En bon aîné, c'est Shûhei qui finit par enjoindre les deux autres à obtempérer.

Byakuya Kuchiki s'efface pour laisser passer Orihime et Ichigo suit les trois autres en regardant une dernière fois derrière lui. Il lui est impossible de ne pas s'inquiéter pour sa sœur. A la base, il se sent responsable du destin qui attend la jeune femme. Le fait qu'elle soit revenue anéantie de sa visite chez les Kuchiki alourdit encore la culpabilité qui l'étreint.

- « Bon, tu viens ? »

Il finit par se tourner lorsque la porte se referme complètement sur Orihime, pour faire face à Grimmjow.

- « C'est pas le moment », gronde Ichigo, la mâchoire serrée.

Comme un félin, le bleuté s'approche de lui. Ichigo ne recule pas, il s'attend à se faire remettre à sa place. Certainement pas à être gentiment pris par les épaules.

- « Ça va bien se passer, tu verras. Allez viens. »


Dans la bibliothèque, Orihime est venue se placer devant la fenêtre, refusant obstinément de regarder le brun.

- « Je tiens à m'excuser pour hier. La conduite de Rukia était inacceptable… »

- « Et la vôtre, comment la jugez-vous monsieur Kuchiki ? », attaque la rousse en le regardant de biais, des éclairs dans les yeux. « Vous l'avez laissée faire, vous contentant de boire votre thé en me fixant comme si j'étais une potiche ! »

Une fois encore, Byakuya est émerveillé par le caractère de feu de sa splendide promise. Etrangement, son éducation devrait honnir ce genre d'emportement, qui ne sied pas à son monde. Pourtant, il n'en est rien. L'amour vous fait faire des choses incroyables.

- « Ce n'est pas ce que vous êtes Orihime, je peux vous l'assurer. Je souhaite que nous repartions sur de nouvelles bases. Ce mariage est le nôtre et qui mieux que nous sommes à même de l'organiser ? »

Surprise par ce revirement, Orihime n'en reste pas moins sur ses gardes. Pour se donner une contenance, elle se tourne définitivement et croise les bras, avant de concéder d'une voix ferme.

- « Je vous écoute, monsieur Kuchiki. »

- « Orihime, j'aimerais que vous m'appeliez par mon prénom et que nous nous tutoyions. Nous allons bientôt être mari et femme, cela me semble recommandé. Peut-être pourrions-nous nous installer sur ce sofa ? »

Le sofa en question est juste suffisant pour les recevoir tous les deux, et de son point de vue à elle, il est hors de question qu'elle s'approche aussi près de cet homme. En tout cas, pour le moment.

- « Je suis très bien debout, monsieur kuchi… Byakuya. »

- « Fort bien », accepte le brun avec un sourire. « J'ai bien réfléchi. Il me semble qu'organiser un mariage traditionnel japonais n'est guère approprié puisque tu as été élevée en France. Ce d'autant plus que je n'ai personnellement rien contre les mariages occidentaux. En outre, il s'agit aussi de ton mariage. J'ose croire que ta tante Kûkaku se fera un plaisir de t'assister dans le choix de la robe, et j'ai ouïe dire que tu avais rencontré Matsumoto Kyôraku et que vous aviez sympathisé. Je suppose donc qu'elle te sera utile aussi. »

- « Merci Byakuya. Cela me touche que vous… que tu sacrifies la tradition pour m'être agréable », parvient-elle à dire avant d'ajouter sur le ton de la confidence : « Plus que tu ne le penses. »

- « En ce qui concerne le reste, je te propose que nous décidions de la décoration et du repas ensembles. J'avais pensé honorer mes ancêtres en mettant en évidence des fleurs de cerisiers. Nous approchons du printemps et il y en a pléthore. Tu vois Orihime, le cerisier a toujours été l'un des emblèmes de la famille Kuchiki. D'ailleurs, ma grand-mère se prénommait Sakura. Alors qu'en dis-tu ? »

Orihime est un peu surprise. Après la journée catastrophique d'hier, elle ne s'attendait pas à obtenir gain de cause. Elle est surtout consciente des efforts que son futur époux est en train de faire.

- « Je trouve l'idée intéressante. J'aime beaucoup la nature et les fleurs de cerisier sont effectivement très belles », répond la jeune femme. « Par contre, je ne souhaite pas d'autres couleurs. Des fleurs de cerisiers et du blanc. Juste du blanc. On pourrait avoir des lys et des roses ? »

- « Cela me semble une idée excellente. En ce qui concerne le repas, j'ai une proposition un peu particulière. Je sais que tes frères et toi projetiez d'ouvrir un restaurant. »

Byakuya marque une pause pour que la jeune femme digère l'information. Elle pâlit immédiatement, probablement se dit-il, parce qu'elle croit que son oncle l'a trahi. Et c'est bien la vérité. Orihime sent ses jambes se dérober sous elle, et comme une automate, elle se dirige vers le petit sofa sur lequel elle se laisse tomber. Byakuya la rejoint aussitôt, inquiet par sa réaction.

- « Ça va ? », lui demande-t-il en posant une main sur son bras.

- « Oui, oui… c'était juste un rêve que nous avions. Un rêve qui le restera. »

- « Pas nécessairement. » Orihime redresse la tête. « Shinji nous a suggéré à Sosûke, Grimmjow et moi-même, de nous lancer dans ce projet. Celui de faire de votre rêve à tous les trois une réalité. Nous pensons avoir trouvé un établissement qui pourrait correspondre à vos attentes. Le propriétaire se propose de vous mettre à l'épreuve pendant une semaine, après quoi seulement il décidera s'il vous engage tous les trois, Ichigo en tant que chef, Shûhei en manager et toi en chef pâtissier. »

Les yeux gris sont emplis de larmes contenues, qui demanderaient peu pour qu'elles dévalent des joues roses de la rousse.

- « Cela ne te fait pas plaisir ? », s'enquière Byakuya.

- « Oh si ! », s'exclame la rousse en riant. Cette fois, l'eau salée coule sur son visage enjoué. « Ce sont des larmes de joie. Tu serais prêt à accepter que j'exerce une activité ? Dans un restaurant ? »

- « Sous certaines conditions. » Le visage face à lui se rembrunit. « Je veux juste que tu ne travailles pas à plein temps et je pense que ce sera le cas de Sosûke par rapport à Shûhei. Si vous réussissez l'examen de passage, nous en rediscuterons, tu es d'accord ? »

Orihime hoche la tête en souriant. C'est plus qu'elle ne pouvait espérer.

- « De quel genre de restaurant s'agit-il ? »

- « Un restaurant gastronomique de bonne renommée. Enfin, jusqu'à la mort du chef survenue il y a quelques mois. Son fils est le nouveau propriétaire. Il est sommelier et a été confronté au départ du second et du pâtissier. » Il la fixe un instant soupeser tout ce qu'elle vient d'apprendre. Il ne doute pas un instant que l'intérêt de la jeune femme est bel et bien sincère. « Ah, j'allais oublier ! Le restaurant a obtenu une étoile il y a deux ans. »

- « Une étoile ? Ce restaurant possède une étoile ? », s'écrie Orihime en écarquillant les yeux. « Nom d'un petit bonhomme, c'est... c'est... Nous n'avons jamais tenu un établissement, alors un restaurant de ce calibre ! »

- « Ton oncle, Kensei Muguruma, prétend que vous êtes, toi et Ichigo, très doués. Se serait-il trompé ?

- « Non ! Ichigo est un vrai génie », s'exclame avec enthousiasme Orihime. « C'est incroyable ce qu'il est capable de faire. Ichi a un sens aiguisé du goût et il est doué pour les associations de saveurs. Avec trois fois rien, il te fait un plat succulent, alors imagine avec une cuisine de professionnels et des produits de qualité ! »

Orihime a toujours admiré le talent inné de son frère, ne voyant que par lui et omettant le sien. Car si le frère est effectivement un créatif de la cuisine, elle est l'est tout autant dans l'univers restreint du sucré.

- « Et toi ? »

- « Moi ? Eh bien, je me débrouille… cela dit, je suis prête à relever ce défi ! »

- « Voilà une bonne chose. Sache que si vous réussissez à passer cette semaine, j'envisageais d'organiser le repas de noce dans ce restaurant et de confier à Ichigo l'élaboration du menu… »

Si Byakuya Kuchiki avait envisagé, ne serait-ce qu'un instant, que cette déclaration provoquerait une telle réaction chez sa fiancée, il aurait commencé par là. Heureuse au-delà de tout, Orihime se jette dans ses bras, oubliant toute la retenue qui convient à une jeune femme du clan et toute la méfiance qu'elle ressentait quelques minutes auparavant pour cet homme avec lequel elle est contrainte de se lier.

Les bras de Byakuya se referment sur Orihime, qui, la joie passée, réalise l'incongrue de sa position. Elle se recule, la tête baissée, incapable de confronter le regard bleu nuit de son compagnon, ravi de cette proximité.

- « Excuse-moi… », bredouille-t-elle les joues rouges d'embarras.

- « Ce n'est rien », réplique Byakuya en lui prenant la main et en la portant à sa bouche. La gêne de sa fiancée est bien réelle, et comme il ne veut pas que cette entrevue dérape, il se met debout et l'invite à se lever. « Allons rejoindre les autres et annoncer à ton frère la bonne nouvelle. »

Quelques pas et les voilà dans le bureau de Sosûke. À leur entrée, ses frères se lèvent et un seul regard suffit à Orihime pour voir qu'Ichigo et Shûhei expérimentent le même ébahissement qu'elle.

- « Orihime, si tu savais », commence l'aîné.

- « Je suis au courant, Shûhei. Est-ce que ce n'est pas tout simplement incroyable ? », lance-t-elle en se jetant dans les bras du brun. « Ichigo, tu te rends compte ? Nous allons travaillez dans un restaurant ! »

Le rire de la jeune femme emplit le bureau, surprenant tous les présents qui ne portent pas le nom de Shiba.

- « Il faut quand même passer l'épreuve de la semaine, Hime ! »

- « Oh Shûhei, Ichi et moi, on va tout faire pour ça. Hein frérot ? »

- « Exact ! Pas question de laisser filer cette opportunité ! »

- « Et puis, tu dois réussir, Ichi. Parce que si ça marche, c'est toi qui va devoir t'occuper du menu de mon mariage. » Alors que son frère tombe dans un état à la limite entre l'euphorie extrême et l'angoisse de l'échec, Orihime se tourne vers son futur époux. « Enfin, de notre mariage à Byakuya et moi. »

- « Byakuya ? », répète Shûhei.

- « Shû, nous allons nous marier ! », le sermonne sa sœur en lui donnant une tape sur le bras. « Et puis, tu n'appelles pas Sosûke monsieur Aizen, et Ichigo ne donne pas du monsieur Jaggerjack à Grimmjow, non ? »

- « Bah, il a pas intérêt », se met à grommeler le bleuté.

- « T'inquiète pas, ça ne me viendrait même pas à l'esprit d'avoir cette déférence envers toi ! »

Sosûke interrompt la petite joute verbale par un raclement de gorge.

- « Je suppose que vous êtes tous d'accord pour tenter l'expérience de cette semaine ? »

- « Je le crois aussi », répond Shûhei. « Bien que je ne sois pas vraiment concerné par cette mise à l'épreuve. Mais je vous soutiendrai et peut-être que je pourrai vous donner un petit coup de main, qui sait ! »

Ichigo et Orihime fixent leur frère avec un air dubitatif. Comment dire les choses sans vexer le brun ? Shûhei est aussi doué dans une cuisine qu'Ichigo pour la couture. A chaque fois qu'il s'est essayé à faire cuire quelque chose, ça a viré à la catastrophe. Un jour, il a même trouvé le moyen de déclencher l'alarme incendie en faisant cuire un œuf à la coque pour Gabriel.

- « Shûhei, tu sais, ce restaurant est un restaurant étoilé et toi, tu n'es pas… »

- « Etoilé ? », s'écrie Ichigo faisant sursauter sa sœur. « Vous n'avez jamais dit que c'était un restaurant étoilé ! »

- « Serait-ce un problème, Ichigo ? », susurre Sosûke un peu trop content de voir le rouquin paniqué.

- « Ichigo, vois ça comme un défi de plus. La cerise sur le gâteau », tente Orihime avec un sourire forcé.

Mademoiselle Shiba semble d'ores et déjà convaincue. Et si Shûhei est désormais effrayé par cette contrainte supplémentaire, il préfère ne pas intervenir. Un restaurant gagne sa première étoile par la qualité de sa cuisine. Autrement dit, un domaine où, pour être gentil, il n'excelle pas.

Du côté d'Ichigo, l'angoisse de l'échec lui noue les entrailles. Dans l'absolu, cette expérience de travailler dans de telles cuisines le fait saliver. Le faire en tant que chef, c'est tout l'opposé. Il regarde sa sœur qui le supplie du regard. Il se doute que pour elle, la signification se résume à ne pas être l'épouse docile au sein de l'une des plus grandes familles nobles du japon, à être indépendante, à s'épanouir. Après l'avoir plongé dans cet enfer, il n'a pas d'autre choix que de lui offrir cette échappatoire.

- « Et comment il s'appelle ce restaurant ? »

- « Le Quincy », répond Byakuya.

- « Quincy ? Ça veut dire quoi ? »

En entendant son compagnon poser cette question, Sosûke réalise que ni lui, ni les autres ne se sont intéressés à la signification de ce nom, et encore moins à l'histoire de la famille Ishida.

- « C'est un vin français qui porte le nom d'un village en bourgogne », répond Ichigo. « Je doute que cela soit la raison de ce choix. Le vin n'est pas très connu hors de France, alors qu'un restaurant japonais en porte le nom… »

- « Il faudra poser la question à Uryû Ishida, celui qui sera peut-être votre futur patron et notre futur associé. Enfin », le maitre des lieux se tourne vers le rouquin, « si Ichigo accepte de relever ce challenge. »

Sosûke a bien raison d'exprimer tout haut ce que tous se demandent. Ichigo n'a toujours pas dit s'il étant partant. Le jeune homme se tourne vers sa sœur, celle qui attend une réponse affirmative plus que toute autre personne. Il vient la prendre par la taille.

- « Tu as raison, Hime, soyons fou ! Si vous êtes toujours d'accord monsieur Kuchiki, Sosûke, nous allons tenter de faire nos preuves. »

- « Et moi, j'compte pour du beurre ? J'te signale que je me suis décidé avant Sosûke. Je l'ai même aidé à prendre la bonne décision. »

- « Oui, oui, on va le savoir Grimmjow. Allons fêter ça avec les enfants. Byakuya, tu boiras bien un peu de champagne ? »

- « Tu ne trouves pas que c'est un peu excessif, Sosûke ? Rien n'est encore gagné », répond le brun en lui emboitant le pas.

A leur suite, Shûhei et Orihime sortent bras dessus, bras dessous, et derrière eux suit Ichigo, qui s'arrête près de Grimmjow. Il se hausse légèrement et vient donner un baiser sur la joue du plus grand.

- « Merci. »

Le bleuté, qui apprécie le geste à sa juste valeur, ne compte pas s'en contenter. Au moment où Ichigo commence à s'éloigner, il l'attrape par la taille et l'attire prestement à lui. Il pose sans délicatesse ses lèvres sur celles du rouquin qui commence à se débattre. Grimmjow tient bon, passant sa langue sur les lèvres closes. À force de bouger et d'être cajolé, Ichigo finit par ouvrir la bouche, laissant l'autre s'y engouffrer. Les lèvres s'emmêlent joyeusement l'une dans l'autre, et Ichigo se sent tellement bien qu'il entoure de ses bras le cou musclé de son partenaire. Il gémit de plaisir et lorsque les deux hommes se séparent, ils sont aussi troublés l'un que l'autre, ne sachant ni que dire, ni que faire. Ichigo baisse lentement les bras, découvrant sous la pulpe de ses doigts le torse ciselé revêtu de la chemise en popeline de soie. Grimmjow retient son souffle, après quoi, il lâche deux petits mots.

- « De rien. »


Toute la journée, Rukia a ruminé dans son coin. Son frère a quitté le manoir de bonne heure, si bien qu'elle ne l'a pas vu au petit déjeuner. A midi, il n'a pas daigné se montrer au déjeuner, et encore moins prévenir de son absence, la laissant seule avec ses pensées sombres. Hier, après le départ du clan Shiba, elle a de nouveau été sermonnée, encore à cause de cet Orihime Shiba. Dire que Rukia la déteste est un euphémisme. Elle exècre la rousse pour son manque de tenue et sa propension à dire ce qu'elle pense, pour toutes ces petites choses qui la rendent différente en tous points d'elle-même. Sans compter que Byakuya semble sincèrement éprouver des sentiments pour Orihime. Jusqu'à maintenant, Rukia était la seule femme dans la vie de son frère. Perdre cette place privilégiée est dur à avaler. La perdre en perdant la face est pire encore.

Rukia sait qu'elle devra manœuvrer avec subtilité, si elle veut conserver le peu d'ascendant sur son frère. Du moins, celui qu'elle imagine avoir. A ses yeux, une seule femme peut représenter les Kuchiki, et c'est elle. Elle est tellement convaincue du bien-fondé de son comportement, que pas un instant elle n'envisage d'avoir ses propres torts. Byakuya lui a ordonné de ne plus se mêler du mariage, ce qui est inconcevable. Il reviendra la supplier de reprendre en mains les préparatifs, c'est certain.

Une voiture vient de pénétrer dans la cour. Elle se lève et va jeter un coup d'œil à la fenêtre de son boudoir. Rassérénée de voir son frère descendre de la berline noire, elle se précipite dans la salle de bain pour se recoiffer. Comme si elle en avait besoin après avoir passé une bonne heure à se préparer ce matin. Une fois satisfaite de son reflet dans le miroir, elle accourt dans le hall pour accueillir son frère.

- « Bonjour Byakuya ! Ta journée a été bonne ? »

Le ton de Rukia est exagérément joyeux, oblitérant un peu trop vite au goût de Byakuya la discussion houleuse qu'il a eu avec elle pas plus tard que la veille. Impavide, le brun la dévisage un instant.

- « Bonjour, Rukia. La journée s'est bien passée. »

La réponse laconique et le manque d'entrain poussent la brune à lister dans sa tête des tas de questions. Son éducation l'empêche de laisser libre court à sa curiosité.

- « Tant mieux. Le dîner sera bientôt servi, désires-tu prendre un apéritif avant ? »

- « Non, je te remercie. J'ai bu une coupe de champagne chez Sosûke. »

Rukia reste interdite pendant quelques secondes, que Byakuya utilise pour aller s'assoir dans un fauteuil, un journal à la main. Elle le rejoint, hésitante à l'interroger.

- « Du champagne ? En plein après-midi, quelle idée étrange », fait-elle avec un sourire forcé. « Avais-tu quelque chose à fêter avec Sosûke Aizen ? »

- « Pas seulement avec lui. Grimmjow, Orihime et ses frères étaient aussi présents. »

Tout en lui révélant ces éléments, Byakuya reste concentré sur sa lecture. De toute façon, il n'a pas besoin de voir sa sœur pour se douter qu'elle est en ce moment en train de réfléchir à sa prochaine demande. En effet, passée la surprise, Rukia est plus qu'avide de savoir ce que son frère a bien pu célébrer en compagnie de cette fichue Orihime.

- « Puis-je savoir en quel honneur vous avez tous bu du champagne ? »

Byakuya baisse son journal, interloqué par le ton péremptoire de sa sœur. Elle arbore un sourire figé de bon aloi, mais à regarder plus précisément, sa mâchoire est serrée comme si elle était agacée.

- « Bien que cela ne te concerne en rien, Sosûke, Grimmjow, Shinji et moi allons investir dans un restaurant dans lequel travailleront ma future épouse et mes deux futurs beaux-frères. »

Rien de pire n'aurait pu arriver dans le monde parfaitement codé et édulcoré de Rukia Kuchiki.

- « Enfin Byakuya, tu n'y penses pas ! Ton épouse, travailler ? C'est tout simplement inacceptable ! Aucune épouse Kuchiki n'a jamais exercé une quelconque activité, si ce n'est de s'impliquer dans un œuvre caritative, et encore ! »

- « Rukia, ne t'ai-je pas dit et répété que ce qui touche à ma future épouse ne te concerne en rien ? »

La réaction de son frère abat un peu plus la jeune femme. Elle qui s'était persuadée que celui-ci reviendrait sur ses mots, voire qu'il ramperait pour la confirmer en tant qu'organisatrice de son mariage, voilà qu'il l'écarte à nouveau.

- « Tu n'étais pas sérieux au sujet de votre mariage ? Byakuya, c'est mon rôle de m'en occuper. »

- « Non, Rukia. Orihime et moi reprenons les rênes et nous avons bien avancé. Nous avons d'ores et déjà le thème de la décoration et le lieu du repas. D'ailleurs, Ichigo est chargé d'élaborer le menu. Pour nos tenues, Orihime s'occupe elle-même de sa robe. Kûkaku Shiba et Matsumoto Kyôraku la conseilleront au mieux. Quant à moi, j'ai un très bon tailleur, comme tu le dois le savoir. Tu vois, Rukia, rien d'insurmontable. »


Anemone33 : c'est vrai que Jinta est pour le moment une sacrée épine dans le pied de Kisuke, mais c'est aussi un sale gosse qui s'est enfin fait remettre à sa place.

JadeK : eh bien, que puis-je dire face à tant d'éloges ? Un grand merci tout d'abord et ensuite, je suis ravie de rencontrer l'une de les plus grandes fans. Contente que ma version d'Orihime te plaise. Elle avait bien besoin qu'on l'éloigne de son côté gnangnan pour faire d'elle une jeune femme moderne. Pour répondre à tes interrogations, les chapitres sont tous à peu près de la même longueur. Quant à la publication, elle dépend essentiellement de ma disponibilité.

naruchan13 : merci