Auteur : Jyanadavega
Disclaimer : les personnages sont la propriété d'Oda ;)
Rating : K
Personnage : Satch, Ace, évocation de Sabo et Luffy
Notes : j'espère que le thème est bien respecté...ensuite j'ai remarqué que le sujet que je vais aborder et plus ou moins abordé dans les autres OS (enfance de Luffy, Ace et Sabo) et donc j'espère que cela ne posera pas trop de problème. Enfin, il y a présence de yaoi ou du moins, de l'amour d'un homme pour un autre...
(plus remerciement à Crowny pour sa correction même si elle n'est pas sur ce forum)
Thème 58 : Poussière
Le vent soufflait fort ce jour-là sur le Moby Dick alors qu'Ace seul sur le pont, regardait l'horizon. Profitant de sa solitude, il se laissa aller à la peine. Pour la première fois depuis longtemps, depuis qu'il s'était promis de taire ce qu'il ressentait pour protéger Luffy, les larmes coulèrent sur son visage tandis qu'il se souvenait d'un petit garçon aux cheveux blonds qui rêvait de découvrir le monde. Un petit garçon qui, en bien des points, était plus intelligent que bien des adultes et qui s'était battu pour être libre. Un jeune noble devenu son ami, son frère, le premier à avoir donné de l'importance à sa vie.
Ses pensées étaient tellement occupées par Sabo qu'il n'entendit pas qu'on s'approchait de lui. C'est pourquoi, il sursauta lorsque Satch s'adressa à lui :
« Tout va bien Ace ?
- Oui, répondit le jeune homme en reprenant la maîtrise de ses émotions. J'avais seulement une poussière dans l'œil.
- Cela devait être une grosse poussière.
- Peut-être bien, c'était une de celle qui ne s'enlève pas facilement… même neuf ans après être apparu. »
Le cuisinier sourit doucement, conscient qu'aujourd'hui son nakama ne lui en dirait pas plus; il lui proposa de manger un peu. Cette offre fut immédiatement acceptée par l'autre jeune homme qui s'empressa d'aller en cuisine afin de réduire un peu plus leurs réserves.
Quelques minutes plus tard, il s'était endormi dans son plat sous l'œil attendri de l'autre commandant. Assurément Ace était encore un gamin, c'est pourquoi
Satch se promit de découvrir la raison de son chagrin afin que plus aucune ombre ne voile le destin de l'autre, mais également pour satisfaire sa propre curiosité. Le commandant de la seconde flotte, comme la plupart des membres de l'équipage , avait toujours gardé une grande partie de son passé secret.
Un mois plus tard, alors qu'ils se promenaient tous deux dans un port, le plus vieux aperçut deux magnifiques jeunes femmes. Il entreprit donc de les séduire, entrainant avec lui sans lui demander son avis, son compagnon. Mais celui-ci, à part quelques phrases de politesse, ne s'intéressa aucunement aux deux jolies créatures… pour leur plus grande déception !
Son compagnon finit également par s'en apercevoir et, avec regret, s'éloigna des deux femmes afin de questionner son ami :
« Ace…, je ne te comprend pas. Tu es en présence de deux belles femmes, qui semblent être sensibles à ton charme et tu restes aussi amorphe qu'un phoque sur la banquise !
- Il n'y a rien à comprendre, soupira l'autre. C'est juste que je n'ai pas le cœur à badiner ou à flirter.
- Certes, je te croirais, si seulement je t'avais déjà vu une seule fois avec une femme mais ce n'est pas le cas. Tu parles avec elles, tu les dragues un peu, mais cela ne va jamais plus loin, c'est comme si elles ne t'intéressaient pas. J'ai cru quelques temps que c'était parce que tu aimais les hommes, pourtant, certains membres de l'équipage t'ont séduit sans qu'il n'y ait plus de résultat.
- Peut-être, murmura le fils de Gol D Roger avec douceur. Est-ce parce que l'amour ne m'intéresse pas encore… ou parce que mon cœur est déjà trop plein.
- Que veux-tu dire ? s'enquit Satch, avant de se souvenir de ce qu'il s'était passé un mois plus tôt. C'est ta poussière, n'est-ce pas ?
- Oui, avoua le commandant de la seconde flotte, les yeux de nouveaux remplis de larmes. Il semblerait qu'elle prenne trop de place dans mon cœur.
- Elle devait être extrêmement belle pour que tu lui sois resté attacher tout ce temps, murmura son ami. Elle s'appelait comment ?
- Ma poussière s'appelait Sabo.
- Mais… c'est un prénom de gars !
- C'était un gars. Mon premier ami, mon égal, mon frère et peut-être tellement plus. Je ne comprends pas ce que je ressens à son égard, je ne sais pas pourquoi j'ai l'impression qu'il me manquera toujours quelque chose, je ne sais pas non plus pourquoi je compare systématiquement toutes les filles que je croise avec lui. Merde, Satch. J'ai mal, tellement mal. Et en même temps je sais que la réponse ne me plaira pas, alors je me mens à moi-même. Je suis pitoyable.
- Non, Ace, tu n'es pas pitoyable, répliqua Satch avec tristesse. Tu es juste complètement, désespérément, inextricablement amoureux. Ta poussière aussi infime soit-elle au niveau de l'univers est immense en toi, elle a pris possession de ton cœur, de ton être entier.
- Tu penses ?
- J'en suis certain. Pardonnes-moi, je ne peux rien faire de plus pour soigner ta peine.
- Et… tu ne me trouves pas bizarre ? Je veux dire, c'est un mec que j'aime, un mec qui, quand je l'ai connu n'avait que dix ans. Ce n'est pas vraiment normal comme situation.
- Ace, répondit son ami. Je ne sais pas ce que c'est d'aimer quelqu'un à la folie, je n'ai jamais été amoureux. Je suis sorti avec beaucoup de filles, c'est vrai, mais c'était uniquement parce qu'elles étaient belles et gentilles. Toi, en revanche, tu aimes au-delà de l'apparence physique, ce n'est pas parce que c'est un garçon que tu l'aimes, pas parce que dans ton souvenir il est un enfant, c'est simplement parce qu'il est Sabo. Et je suis certain que s'il était encore en vie, et qu'il se présentait maintenant devant toi, tu l'aimerais toujours autant même s'il était devenu adulte. »
Ace hocha la tête, mais ne se calma pas immédiatement. Quelques paroles de réconfort ne suffisaient certainement pas pour calmer une douleur aussi vieille et profonde. Néanmoins elles lui avaient fait du bien. Et désormais, lorsqu'il tournerait ses yeux vers l'immensité de l'océan, les larmes ne lui viendraient pas aussi facilement. La poussière était toujours-là, mais maintenant, elle ne le gênait plus. Elle faisait entièrement partie de lui.
Surtout qu'il savait désormais que si la vie d'un être n'était que poussière pour le reste du monde, elle pouvait tout de même avoir de l'influence sur cette autre poussière qu'était sa propre vie.
