* Chatpitre 11 *

Hermione se mit en position foetale et put ainsi câliner avec aisance son petit compagnon au pelage blanc, pour le plus grand bonheur de Drago-chat, blotti contre le ventre de sa sorcière.

Elle venait de s'endormir lorsqu'elle fut réveillée par le léger grincement de sa porte. Elle entrouvrit un oeil et vit le chat relever brusquement la tête, ce qui lui confirma qu'elle n'avait pas imaginé le bruit. Ce devait être Ron qui revenait à la charge, ou qui se sentait trop mal pour trouver le sommeil, alors elle referma les yeux et fit semblant de dormir.

Elle entendait son visiteur nocturne se déplacer avec précaution autour de son lit et venir s'asseoir derrière ses genoux. Il lui caressa doucement le bras, et uniquement le bras, comme pour veiller sur elle tel un ange gardien.

- Dors Hermi... tout va bien, murmura-t-il en se rapprochant pour chasser délicatement quelques mèches de cheveux qui barraient le visage d'Hermione, terminant son geste par un douce caresse sur sa joue. Je suis venu pour... je voulais juste... te dire... merci.

George avait des tremolos dans la voix.

- Merci Hermione, répéta-t-il en lui caressant la tête comme le faisait le papa d'Hermione lorsqu'elle avait besoin d'être rassurée. Tu en as de la chance toi, chuchota-t-il à l'adresse du chat qui le regardait fixement. Hermione est un amour, tu ne pouvais pas mieux tomber, ajouta-t-il en se penchant légèrement sur la jeune femme pour grattouiller la joue du chat qui ferma les yeux, se délectant malgré lui de l'attention.

Drago-chat ne comprenait pas ce que signifiait la visite de George, mais il ne pouvait qu'être d'accord avec lui, et bizarrement, il commençait à apprécier ce gars. Il se fit la réflexion que les Weasley n'étaient pas si horribles que cela finalement... Il n'y avait qu'un fruit pourri dans le panier, se dit-il en pensant à la belette, la jalousie lui frisant presque les moustaches.

- Je suis réveillée George... marmonna Hermione en se retournant vers lui. Pourquoi es-tu là? Il y a quelque chose qui va pas? Demanda-t-elle, mi inquiète, mi somnolente.

- Je voulais juste... te remercier... pour tout à l'heure, se justifia-t-il, tout penaud.

- How... sourit-elle. Et ça ne pouvait pas attendre demain?

- Je voulais venir plus tôt mais... comme il y avait Ron...

Hermione se redressa sur son coude pour mieux regarder le jeune homme dans les yeux, malgré sa gêne.

- À propos de ça... tu sais... ce qui s'est passé avec Ron n'aurait pas dû arriver...

- Hermi, tu n'as pas à te justifier, lui dit-il, cet habituel sourire triste ornant son visage partiellement éclairé par la lune.

- D'accord, opina-t-elle. Donc... tu es venu juste pour me remercier? Rien d'autre? J'ai comme l'impression que tu as encore besoin de parler, non?

- À vrai dire, je me demandais... si je pouvais rester un moment avec toi?

- Heuu... Oui, si tu veux, mais-

- Merci Hermi... la coupa-t-il en s'invitant alors dans son lit, s'allongeant par dessus les draps.

Hermione le regarda s'installer, quelque peu interloquée. George s'adossa sur un oreiller et croisa ses longues jambes. Ses deux mains entremêlées et posées confortablement sur son propre ventre, il contemplait quelque chose au plafond et semblait en pleine réflexion.

- Tu n'imagines pas le bien que ça m'a fait de discuter avec toi tout à l'heure, dit George. La dernière fois que j'ai parlé comme ça c'était... avec Fred...

- Et ça m'a fait très plaisir George, lui sourit-elle, attendrie. Mais... tu sais, je ne suis là que quelques jours. Que feras-tu quand je serai repartie? Tu ne peux tout de même pas t'enfermer dans ta coquille éternellement... Ta famille commence à désespérer de te voir cloîtré des journées entières dans ta chambre. Ils se font beaucoup de soucis pour toi, tu sais.

- Je le sais, acquiesça-t-il d'un air contrit. Je les adore mais j'ai du mal à supporter leur présence, leurs questions, leurs petites attentions... leur pitié...

- Montre-leur que tu vas mieux et ils se comporteront de façon normale, comme avant, ou presque...

- Tu me suggères de faire semblant d'aller mieux? De jouer la comédieet duper ma famille?

- Au début tu devras te forcer, oui. Mais petit à petit tu te sentiras réellement de mieux en mieux, tu verras. Mais pour ça il faut que tu t'ouvres aux autres, George.

- Je vois ce que tu veux dire mais je m'en sens incapable... souffla le jeune homme.

- Pourtant tu l'es. Tu es capable de tout, lui sourit-elle en posant sa main sur celle de George, la serrant doucement entre ses doigts.

- Je l'étais... avec lui... mais maintenant qu'il... qu'il n'est plus là... je ne sais même plus qui je suis... articula-t-il difficilement, des sanglots coincés dans sa gorge.

- Tu es George Weasley, répondit-elle en haussant les épaules, soulignant cette évidence avec un regard amical.

- Merci pour l'info, rétorqua-t-il, un léger rictus rebiquant un coin de sa bouche.

- Maouuuu... {«Oui oui, tout ça est fort intéressant... mais j'aimerais bien dormir, moi! Je suis chat je vous rappelle, et j'ai besoin de beaucoup de sommeil. Alors pousse-toi de là que je m'y mette Weasley, c'est MA place!»} intervint le chat en venant s'installer entre les deux jeunes gens.

- Dis-moi Hermi... il ne serait pas un peu jaloux ton chat?

- Tu crois? J'en sais rien... Il n'a pourtant aucune raison de l'être. À part vos hiboux, il n'y a aucun autre animal dans cette maison...

- Si tu veux mon avis, il se comporte comme un garde du corps avec toi.

- Un garde du corps? Tu exagères, pouffa-t-elle en secouant la tête.

- Alors comment expliques-tu qu'il vienne systématiquement se mettre entre toi et tes interlocuteurs masculins? Demanda George, certains de ses dires.

- Mais enfin, il peut y avoir des tas de raisons différentes à cela! Et puis arrête, tu vas finir par le vexer. Ce chat comprend tout ce qu'on dit, expliqua-t-elle.

- Vraiment? C'est cool ça! Bon alors écoute-moi bien p'tit gars... fit-il en s'adressant directement au félin. Tu n'as absolument rien à craindre de moi. Ça ne se voit peut-être pas au premier abord mais je suis le plus sympa des Weasley, sourit-il en lui grattouillant le sommet de la tête. Et puis... j'adore les chats, chuchota-t-il sur le ton de la confidence.

- Miooou? «Il est sérieux là? Granger, empêche-le de me tripoter, je t'en prie!» fit le chat en tournant la tête vers Hermione.

- Qu'y a-t-il mon Minet ? s'enquit-elle en haussant les sourcils, se rendant bien compte que l'animal était mécontent.

- Je crois qu'il a peur que je... enfin qu'on... tous les deux... enfin tu vois... bafouilla le rouquin.

- Miewwww! «Quoi?! Mais non! Mon esprit rejette catégoriquement cette idée! C'est tellement... Brrrh... Pitié, non! Je ne crains pas cette éventualité parce qu'elle est tout simplement inconcevable! N'est-ce pas Granger? Dis-le-moi avant que je ne succombe à un arrêt cardiaque... Dis-le Granger ! DIS-LE ! »

- How! Rassure-toi mon p'tit chat, George et moi sommes amis, rougit-elle en repensant à ce qui s'était passé un peu plus tôt avec Ron, se rendant compte par la même que tout s'était passé sous le regard impuissant du chat qui était pétrifié.

- Miou. «Merlin soit loué! Je ne vais pas décéder sur cet affreux couvre-lit finalement...» pensa Drago-chat, infiniment soulagé.

Ce chat avait tout vu... et cela mit Hermione quelque peu mal à l'aise. Elle détourna alors le regard de ces deux incroyables perles bleues en se raclant la gorge, horriblement gênée.

- Je... désolée George mais j'ai vraiment sommeil... dit-elle au rouquin en se replongeant dans son oreiller. Tu peux rester si tu le souhaites, ajouta-t-elle en lui tapotant gentiment le torse avant de se retourner dos à lui, prête à se rendormir.

- Bonne nuit Hermi... et encore merci... sourit-il en venant se blottir comme il pouvait dans le dos de la jeune femme, le corps du chat les séparant comme une frontière infranchissable.

George, pour une fois depuis longtemps, s'endormit facilement, un bras paresseusement posé sur le flanc de sa confidente, apaisé par sa présence qui compensait un peu l'absence de son frère.

Lorsque Drago ouvrit les yeux, au beau milieu de la nuit, il se trouvait niché dans le drap en boule au bout du lit, cerné par deux paires de pieds. Il leva la tête et vit le jumeau Weasley étendu sur le dos, et sa Gryffondor recroquevillée contre le jeune homme, la tête posée sur le bras écarté de celui-ci. Le Serpentard roula des yeux et retourna à son roupillon.

oOo

Au petit matin, Hermione se réveilla avec la sensation d'être observée. Et effectivement, elle l'était. Deux mirettes d'un bleu cristallin la toisaient intensément, attendant patiemment qu'elle émerge de sa nuit pour le moins mouvementée.

- Hmm... Bonjour toi, lui sourit-elle en lui caressant la tête. Je suis désolé pour... cette nuit... Enfin tu sais... désolée que tu te sois retrouvé là, à ce moment-là... Ça n'aurait jamais dû arriver... ajouta-t-elle en se mordillant la lèvre d'un air coupable.

«On est d'accord!» miaula Drago en s'étirant de tout son long. « Et tu sais quoi Granger ? ...Je tuerais pour une gaufre au sucre...» se dit-il en se pourléchant les moustaches.

Hermione remarqua l'oreiller vide à coté du sien et se souvint alors que George avait dormi là, avec elle, mais visiblement il avait filé avant qu'elle n'ouvre les yeux. La sorcière et le félin entendirent des bruits provenant de la cuisine au rez-de-chaussée, c'était l'heure du petit déjeuner, ce qui fit sourire la jeune femme car elle avait une faim d'ogre! Elle se prépara en vitesse et se hâta de rejoindre les Weasley à table.

- Bonjour ma chérie, s'exclama Molly chaleureusement. Salut toi, tu dois avoir envie de sortir ? fit-elle en s'adressant gentiment au chat dans les bras d'Hermione. Et si tu allais te dégourdir un peu les pattes dans le jardin, hum?

Molly attrapa le chat blanc et le posa devant la chatière. Drago frissonna au contact de l'évier froid sous ses coussinets sensibles. Il s'étira encore et après un regard appuyé vers Hermione, il s'engouffra par la petite trappe et partit gambader dehors.

Hermione soupira en le regardant sortir. Elle ne savait pas trop pourquoi mais elle n'aimait pas le voir s'éloigner d'elle, cela la stressait.

Et s'il décidait de ne pas revenir?

Elle secoua la tête et vint prendre place sur le banc, entre Ron et George.

- Salut les gars... marmonna-t-elle timidement en versant du café dans son bol.

George lui coula un regard complice, ce qui n'échappa guère à Ron qui fronça les sourcils, se demandant ce qui pouvait bien se tramer entre ces deux-là. Mais sa réflexion ne put aller plus loin, interrompue par un vacarme provenant de la cheminée dans la pièce d'à coté.

- Merlin, ce que je déteste voyager par cheminette ! râla le jeune homme qui venait littéralement d'être dégobillé par la cheminée du salon. À chaque fois c'est le même cirque... grogna-t-il avant d'être pris d'une quinte de toux due au nuage de suie qui l'entourait.

- Harry! S'exclama Hermione en lui sautant au cou, soudain folle de joie.

- Hermio- s'étouffa-t-il, surpris par l'étreinte fougueuse de sa meilleure amie, se retenant aux meubles pour ne pas chavirer sous cet assaut enthousiaste. Comment tu vas?

- On va dire que ça va, éluda-t-elle en époussetant la veste de son ami. Et toi, comment vas-tu?

- On va dire que ça va, répéta-t-il, tout aussi peu convainquant que la jeune femme. J'ai reçu une convocation du Ministère de la magie...

- Quoi! Mais qu'est-ce qu'ils te veulent encore?!

- Tout ce que je sais, c'est que je suis attendu ce soir à vingt heure au département de régulation des créatures magiques...

- Ah oui ? Pour quelle raison, à ton avis? Tu crois que ça concerne la disparition de Dobby?

- J'en sais rien... Peut-être... ajouta Harry dans un haussement d'épaules. Mais je pensais plutôt à Buck. Il n'a plus de propriétaire depuis la mort de Sirius, alors peut-être qu'ils vont me 'demander' de m'en occuper, supposa-t-il.

- How... Oui, ce doit être ça, opina Hermione. Donc... tu repars juste après le dîner, récapitula-t-elle, déçue.

- Crois-moi, j'aurais préféré rester ici, avec vous, lui répondit le brun quand ils entrèrent dans la cuisine.

- Qu'est-ce que j'entends Harry ? Tu nous quittes déjà ? s'étonna Molly en venant étreindre son nouvel invité pour le saluer.

Ce fut alors un défilé de roux dans les bras du survivant, tous les Weasley vinrent chacun leur tour lui faire l'accolade. Ginny prit un peu plus son temps avant de relâcher le brun, profitant de chaque seconde à son contact, tandis que Harry s'emplissait les narines du parfum de la cadette.

Il rapporta alors à toute l'assemblée qu'il était convoqué au ministère le soir-même, appuyant ses dires en sortant la convocation officielle de l'intérieur de sa veste.

- Je l'aurais su plus tôt si je n'étais pas en congé exceptionnel, maugréa Arthur Weasley en tordant un regard accusateur à son épouse, ce à quoi elle répliqua illico.

- Tu ne vas tout de même pas te plaindre d'avoir des vacances?! Nom d'une marmite, ce que tu peux être soupe-au-lait quand tu n'as pas pris ton café... râla-t-elle en lui servant ledit café dans une grosse tasse en forme de hibou.

Harry ne put s'empêcher de sourire face à cette scène, le genre de scène qui lui manquait terriblement alors que lui devait désormais vivre dans la maison sinistre des Black, puisqu'il n'avait que là où aller.

oOo

Deux groupes de discussion s'étaient formés à la table du petit déjeuner, qui était pourtant terminé depuis un bout de temps déjà.

D'un coté, Harry et Ron échangeaient de vifs avis avec Ginny et Arthur, autour de cet éternel et intarissable sujet: le Quidditch.

Et de l'autre coté, la conversation était plus calme entre Hermione, George et Molly, qui parlaient principalement de Charlie et ses dragons, et bien sûr de Bill et Fleur, et de leur petite famille qu'ils ne tarderaient pas à agrandir.

- Ah, te revoilà toi, s'exclama Molly qui se réjouissait de voir réapparaître le chat blanc à la fenêtre de sa cuisine. Hermione, ma mignonne, il va falloir que tu songes à lui trouver un nom à ce brave pépère, suggéra-t-elle en prenant le matou dans ses bras.

« Hein?! 'Brave pépère', moi?! M-mais-... Mais non ! Certainement pas ! Je ne suis pas un de ces stupides cabots sages et dociles que l'on traîne partout à sa guise!»

Drago profita des caresses affectueuses de Madame Weasley sur son dos pour prendre le temps de la réflexion.

Bon, certes il n'était pas un chien, mais à part ça... S'il devait être vraiment honnête avec lui-même... Il avait bel et bien été le petit toutou du Seigneur des Ténèbres, sage et docile, et Ô combien stupide... Suffisamment en tout cas pour s'être laissé manipulé comme un vulgaire pantin...

L'infecte vérité lui fila d'atroces remontées acides. Mais celles-ci étaient les premières de la journée, remarqua-t-il, agréablement surpris de constater qu'il en avait de moins en moins depuis qu'il avait changé de forme. Ou peut-être était-ce dû à cette toute nouvelle proximité avec une certaine sorcière à la crinière indomptée...

- Hm, non. C'était purement physiologique, voilà tout.

Mais alors... pourquoi se sentait-il tout le temps perdu, sauf quand il était avec Elle?

Pourquoi se sentait-il chez lui lorsqu'il était dans les bras de Granger?

Ceci était un phénomène bien étrange quand on y réfléchissait... Mais les réflexions de Drago furent bousculées lorsqu'une paire de bras fins et délicats s'enroulèrent doucement autour de lui pour le soulever. Son coeur se mit à battre la chamade quand la Gryffondor le pressa pieusement contre sa poitrine.

Perché là entre ces deux monts tendres et mignons, il se sentait à sa place, en sécurité. Et gare à celui qui tenterait de l'y déloger...

Hermione serra amoureusement le félin dans ses bras, sous le regard médusé de Ron qui rêvait de foutre ce chat à la porte, de le jeter en pâture aux gnomes du jardin, et qu'il y restece maudit parasite à fourrure ! Il commençait vraiment à regretter ce bon vieux Pattenrond... Lui au moins ne monopolisait pas Hermione, du moins, pas à ce point.

- Je ne tiens pas à l'affubler d'un nom qui ne lui plairait pas, hein mon Minet, répliqua finalement Hermione en frottant le bout de son nez sur le petit museau rose de l'animal en lui souriant.

Le geste était complice et avait quelque chose d'intime, quelque chose qu'elle ne partageait qu'avec Lui.

«Granger, arrête ça... On est parfaitement ridicule là...» pensa Drago-chat. «Je ne sais pas pourquoi tu fais ça, mais sache que... si tu continues, je... je... Merlin, je crois que j'aime ça... » abdiqua-t-il finalement, blottissant sa petite tête dans le cou de la sorcière, enivré par un plaisir félin.

- Pfff... absurde... souffla Ron en secouant la tête, totalement consterné par ce spectacle, et vert de jalousie.

- Ne me dis pas que tu es jaloux de ce chat? Lui demanda Harry à voix basse, quelque peu amusé par l'agacement excessif de son ami.

- N'importe quoi! D'où est-ce que tu sors ces conneries?! rétorqua Ron sèchement. Jaloux de ce vulgaire sac à puces, moi?! Tu te fous de moi ou quoi ! Vociféra-t-il, outré. Toute façon, tu peux pas comprendre, grommela le rouquin en quittant précipitamment la cuisine pour échapper à ces regards insupportables qui le jugeaient et se moquaient de lui, il en était sûr.

Harry tenta de le retenir mais Ginny l'en empêcha, lui expliquant que quand Ron voyait rouge, il valait mieux le laisser se calmer dans son coin si l'on ne voulait pas risquer de se faire mordre...

- Et ce n'est pas qu'une image ! plaisanta la jolie rouquine en minaudant sans s'en rendre compte, se rapprochant subrepticement de celui qu'elle avait toujours admiré avec des petits coeurs plein les yeux.

Harry se mit à rougir. Même après tout ce qu'ils avez vécu tous ensemble, même après cette maudite guerre, même après s'être rapproché de Ginny à plusieurs reprises, il était toujours aussi intimidé lorsqu'elle faisait papillonner de ses magnifiques yeux azur.

Il était évident qu'elle voulait le séduire, tout comme il était évident que c'était réciproque, mais il avait l'impression que Ginny était trop bien pour lui. Il était persuadé que sortir avec elle risquerait de la compromettre tôt ou tard, et il ne pouvait pas laisser une telle chose arriver à sa précieuse Ginny, il ne supporterait pas de la rendre malheureuse.

- Harry... Mais enfin, qu'est-ce que tu attends, espèce d'empoté, l'enguirlanda Hermione qui venait de l'attirer dans le salon, à l'écart des Weasley qui continuaient à papoter dans la cuisine.

- Hein? De quoi est-ce que tu par-

- Je parle de Ginny, évidemment, bougre d'idiot! S'agaça-t-elle en levant un bras d'un air exaspéré, son autre bras servant de hamac pour le chat. Tu ne crois pas que tu l'as suffisamment fait languir!

- Hermione, je ne comprends pa-

- Oh, n'espère pas me faire gober tes couleuvres hein, pas à moi! Ça marche peut-être avec Ron mais je ne suis pas si crédule figure-toi, grogna-t-elle. Alors maintenant tu vas la voir, tu l'emmènes faire un tour dehors, et tu lui craches ENFIN le morceau, lui ordonna-t-elle en tapant du pied parterre, plus autoritaire que jamais.

- Le... 'morceau'??

- Harry... soupira-t-elle. Tu l'aimes, n'est-ce pas? Demanda-t-elle en se radoucissant subitement après avoir lu une certaine angoisse dans le regard émeraude de son ami.

- O-oui... avoua-t-il, mal à l'aise.

- Alors dis-lui ! Tu sais bien qu'elle n'attend que ça. Harry... si tu t'obstines à rester inaccessible, tu la perdras. Et crois-moi, je sais de quoi je parle... marmonna-t-elle tristement.

Le jeune homme fronça les sourcils et posa une main amicale sur l'épaule d'Hermione qui semblait soudain fuir son regard.

- Hermione... qu'est-ce qui ne va pas, s'enquit-il, inquiet.

Mais au lieu de se confier, elle pinça les lèvres et s'obstinait à regarder ailleurs.

- C'est Ron, c'est ça? Demanda Harry, sachant qu'il y avait de grandes chances pour que son ami roux puisse être à l'origine du mal-être d'Hermione, comme c'était souvent le cas depuis qu'ils étaient tous les trois amis.

Nul besoin de mots. La sorcière avait la tête baissée, sa déglutition difficile et ses paupières qui battaient frénétiquement pour retenir ses larmes, sans compter un léger reniflement à peine audible... Tout ces signes ne trompaient pas, il avait mis dans le mille, Ron était bien la source du problème...

Harry se rembrunit, sentant que cette fois-ci, le problème en question n'aurait peut-être pas de solution. Il la fit s'asseoir sur un large fauteuil en cuir et vint s'accroupir devant elle en prenant sa main dans la sienne pour l'encourager à se confier à lui.

Hermione se contenait du mieux qu'elle pouvait mais malgré cela, une larme solitaire dégringola de sa joue et tomba sur la petite tête pelucheuse qui la contemplait avec bienveillance.

- Miouuu... «Allez, vas-y Granger, vide ton sac... Je n'aime pas particulièrement Potter mais... je suppose qu'il est le mieux placé pour te consoler... » pensa Drago-chat en posant délicatement sa patte de velours sur le menton de la jeune femme, la convainquant ainsi de parler en lui arrachant un petit sourire tendre.

- D'accord... acquiesça-t-elle en tournant son regard vers les yeux compatissants de Harry tout en caressant le chat assis sur ses cuisses. Ron et moi, on... on a... hésita-t-elle, cherchant ses mots. O-on a fait une bêtise... se lança-t-elle en fermant les paupières pour ne pas voir l'expression de poisson rouge qu'elle était certaine de voir sur le visage devant elle.

- Une 'bêtise'... mais encore?

- Pitié, ne m'oblige pas à le dire... couina-t-elle, sentant ses joues chauffer. On a... enfin tu sais, on a... hum... voilà quoi! Fais un effort, je t'en prie... Je ne vais quand même pas te faire un dessin, se renfrogna-t-elle, définitivement écarlate.

Harry se mit alors à sourire comme un niais, et lorsqu'elle rouvrit les yeux – trouvant la non-réaction de Harry un peu louche – il pouffa en baissant la tête, complètement hilare.

- Je peux savoir ce qui te fait rire?! Râla Hermione, outrée que son ami se paye sa tête alors qu'elle avait eut tant de mal à exprimer ce qui la tracassait.

- Oh excuse-moi Mione... parvint-il à articuler en ôtant ses lunettes pour essuyer ses yeux larmoyants de rire. C'est juste que... t'es tellement rouge! Si tu voyais ta tête! Se moqua-t-il en repartant dans son fou rire.

- Ravie que tu puisses te sentir mieux en te bidonnant sur mes petits malheurs... maugréa-t-elle en s'enfonçant dans le fond du fauteuil, la mine boudeuse. À toi au moins je peux tout raconter sans que tu me juges, n'est-ce pas mon Minet? Murmura-t-elle au chat en le serrant tendrement entre ses bras...

* à suivre *

Ce chapitre est un peu plus long que ce que je fais d'habitude. J'aurais pu retirer quelques passages qui ne sont pas indispensables mais en même temps... nan, pas envie alors j'espère que ce n'était pas trop indigeste pour vous. Et si c'est le cas, bah... sorry j'essaie de faire mieux pour le prochain chapitre, normalement il y aura un changement de décor, mais je n'en dis pas plus x)

BiizZ à tous !!!