Epilogue

Si Dumbledore ne m'avait pas accompagnée, j'aurais pu rester indéfiniment sur le seuil de l'infirmerie à tenter de rassembler mon courage. Il me poussa gentiment vers le premier des petits lits où reposait Harry Potter. Les fidèles Ron et Hermione se tenaient à ses côtés. Ce n'était pas la première fois, ni la dernière sûrement, qu'une de leurs aventures se terminait là.

Ginny était là aussi, plus discrètement. Harry était et resterait toujours son héros ! Elle fut la première à me voir et m'adressa un clin d'oeil encourageant. Pour une petite rousse, ma chère amie n'avait heureusement pas la tête trop près du bonnet ! A moins qu'elle n'ait décidé dès le premier jour de me prendre sous son aile, ce qui expliquait la férocité avec laquelle elle me soutenait...

Une poussée supplémentaire dans mon dos me fit avancer davantage. Je m'éclaircis la gorge et redressai la tête : autant en finir tout de suite...

- Harry...

Il leva les yeux , il avait retrouvé – et réparé ! - ses lunettes. Il fronça d'abord les sourcils et mon coeur se serra. Puis son visage s'éclaira :

- Elvira ! Tu vas bien ?

- Oui, mais c'est plutôt à toi qu'il faut le demander ! Et puis, c'est Marine, maintenant. C'est le prénom que mes parents, les vrais, m'avaient donné...

Et j'ajoutai bien vite, avant de perdre mon courage :

- Je suis désolée...

- Hé ! Pas de problème, je n'ai rien, tu vois ? Et puis ce n'était pas de ta faute... N'empêche... quelle fille ! ajouta-t-il avec un brin d'admiration dans la voix.

- Hé Potter ! Je t'interdis de faire du gringue à ma soeur !

- Drago !

Je me tournais vers le rideau de toile qui nous séparait du lit voisin et le franchis.

Il était là, couché lui aussi, caméléon sur le lit blanc. Il arborait son sourire narquois, estampillé « Drago Malefoy ».

Je n'hésitais pas trop longtemps avant de m'asseoir sur le bord de son lit comme il m'y invitait. Nous nous regardâmes un instant, le silence lourd de trop de questions. Et je finis par me jeter dans ses bras. Il m'étreignit presque farouchement puis me saisit par le cou et me « savonna » la tête de son poing fermé. Je me débattis en riant :

- Arrête !

- Tu es ma soeur ! Je fais c'que j'veux !

Et sa voix sonnait comme un défi. Pauvre Drago, son père était maintenant en prison, avec sa mère, en attente de leur procès. Peu de personnes le savaient et moins encore le sauraient. Drago resterait simplement un peu plus à Poudlard pendant les vacances... Quant à moi... j'avais retrouvé la mémoire cette nuit maudite. Et Dumbledore avait raison, je n'en avais pas retiré que de la lumière. J'étais plus seule encore qu'avant. Mais non pas seule. Il me restait Drago... Nous roulâmes quelques instants sur le petit lit, nous chamaillant comme de jeunes chiots. Quand nous nous arrêtâmes, hors d'haleine, je résolus de chasser au plus vite les mille sombres pensées qui ne manqueraient pas de nous traverser. Il serait toujours temps... Et pour dérider mon frère, j'avais la tactique imparable :

- Hmm, Drago, mon petit frère chéri... ne doutant pas d'être ta soeur préférée... tu me prêterais ton balai ?

Il marqua un temps d'hésitation avant de sursauter :

- Non mais ça va pas ? C'est un Pluton 262 ! C'est pas pour les filles...

Je réfrénais une forte envie de rire devant son air indigné. Je retrouvais mon frère ! C'était plutôt bon signe !

-... mais je peux envisager de t'emmener faire un tour dès que je serai sorti des pattes de Mme Pomfresh !

- Promis ?

- Promis !

Et je devinais dans sa voix solennelle, que d'autres promesses étaient formulées par Drago. Mon frère au mauvais caractère et qui ne savait pas grand chose de l'amour, mais mon frère quand même !