Je le regardai, ahurie, alors qu'il venait expressément de mettre des mots sur tous les doutes et l'hypothèse principale qui me trotte dans la tête depuis un bout de temps !
_ En fait c'est exactement ce que je pensais ! Avec en plus le sentiment d'avoir un lien avec elles. Cullen. J'ai déjà entendu ce nom là quelque part mais je ne sais pas où et ça me rend dingue, lui avouai-je, droit dans les yeux.
_ Interroge Alice. Les interrogatoires ''mine-de-rien'' c'est ton truc non ?
_ J'y ai pensé, mais Alice est loin d'être bête, elle va se douter que je cherche des infos.
_ Pas si tu te mets en mode curieuse ! T'es pas obligé de dire que tu suspectes Makenna d'avoir un lien avec toi, tu peux juste lui dire que tu as remarquer que Makenna s'appelait Cullen comme elle.
_ C'est vrai, je n'y avais pas pensé dans ce sens là. Tu sais que t'es génial toi ! Murmurai-je en l'embrassant.
Je me nichai dans son cou et me laissait bercer par les battements de son cœur jusqu'à ce que Morphée m'emporte. Le lendemain matin, après que Conor soit parti, j'habillai Henry avant que l'on descende prendre notre petit déjeuné. Il avait été un peu perturbé ce matin en se réveillant dans ma chambre, mais un long câlin avait suffit à le calmer.
_ Bonjour vous deux, lança mon père en nous voyant arriver dans la cuisine.
_ Bonjour, répondis-je alors qu'Henry se cachait dans mes cheveux.
Je le déposai devant un bol de céréales déjà prêt et me servis une tasse de café.
_ Est-ce que tu veux que j'emmène Henry à l'école ce matin ? Tu… Tu aurais plus de temps pour te préparer.
_ Je… hum… oui pourquoi pas.
J'aidai ensuite Henry à finir de se préparer, et lorsqu'ils furent parti, je me retrouvai seule dans une grande maison, remplie de souvenirs de mon enfance avec mon père, ma mère. Cette maison, dessinée par mon père avait tellement vue de scènes familiales que ça me fit mal au cœur de constater que plus rien ne sera jamais comme avant. Maman ne sera plus là pour m'aider à souffler mes bougies, pour regarder la neige tomber avec moi à Noël. Etant fille unique de parents divorcés alors qu'elle avait 10 ans, elle n'a pas vraiment eu une super enfance : elle devait souvent se débrouiller seule parce que ma grand-mère tentait tant bien que mal de gagner de l'argent par différents petits boulots. Alors quand elle a eu l'occasion de fonder sa propre famille, elle a exhaussé son vœu le plus cher. Mais maintenant, depuis qu'elle n'est plus là j'ai l'impression que cette maison est vide. Elle a comme perdu tout le sens qu'elle avait pour moi.
A la fin de la journée, Conor me ramena à la maison et nous nous installâmes sur le sol de ma chambre pour faire nos devoirs.
POV Edward :
Revoir mes enfants m'avait comme électrocuté. Sophia me manque toujours autant, cependant la prof de Lizzie me faisait ressentir quelque chose de nouveau pour moi. Je ne l'avais pas recroisé depuis que je l'avais embrassé sur le parking du lycée, préférant me terrer au fond de mon bureau, derrière ma table de dessin d'architecte. Comme un don du ciel, on venait de me confier le design d'un bâtiment racheté par un magazine voulant s'installer à Seattle, ce qui m'arrangeait plus que de raison au vu de ce qu'il s'était passé dernièrement. Mais quand j'ai vu Elizabeth, avec Henry dans les bras sur le palier de sa propre maison, j'ai reçu un coup énorme dans la poitrine. Mlle Swan avait raison, jamais je n'aurai dû faire passer mon mal-être avant mes enfants. Surtout Henry. Il n'avait absolument pas conscience de ce qui se passait. En plus d'avoir perdu sa mère qu'il avait à peine connu, je l'ai délaissé, ou plutôt j'ai chargé sa sœur de s'en occupé alors qu'elle a été détruite par cette perte, comme tout enfant, comme tout parent l'aurait été. Pendant ces trois dernières années, je n'ai pas su remarquer à quel point j'avais été un monstre d'égoïsme, à quel point j'avais forcé mes propres enfants à murir au détriment de leur reconstruction et de leur bonheur. Je me sens ignoble. Le pire dans tous cela, c'est qu'il a fallu que ce soit la prof d'Elizabeth, une femme venue d'ailleurs, qui n'a pas ''vécue'' ce qu'il s'est passé, qui me fasse prendre conscience de mes erreurs. C'est après le départ de Tanya, dans cette immense maison vide, que j'ai commencé à réfléchir. C'est pour cela que j'ai proposé à Lizzie d'emmener Henry à l'école, espérant y trouver Isabella pour l'inviter à boire un café. Dans la voiture, Henry pépiait à propos de Roxanne, qui est apparemment la fille de Mlle Swan, alors j'ai saisit l'occasion pour lui demander s'il savait si c'était sa mère qui l'emmenai aujourd'hui. Il me répondit naturellement que c'était son parrain, un dénommé Jasper, qui l'emmenait et qui viendrai la rechercher ce soir. Je ne fus alors pas surpris de voir un homme blond tenir la main d'une petite fille aux traits fins et angéliques (un peu comme Elizabeth à son âge) vers lesquels courrait mon fils de 4 ans. Lorsque je les rejoignis, je tendis une main à cet homme qui me la serra d'une poigne de fer.
_ Edward Masen, le papa d'Henry, enchanté
_ Jasper Hale, le parrain de Roxanne, enchanté de même.
_ Il est grand ton papa, dit une voix fluette.
Lorsque je baissai les yeux, je vis que la petite Roxanne se dévissait le cou pour pouvoir me regarder. L'éclat dans ses yeux me troubla, si bien que je fus obligé de laisser mon regard se porter sur quelque chose d'autre une fraction de seconde pour reprendre contenance. J'accompagnai ensuite Henry jusqu'à son porte-manteau et lorsque je me baissai pour lui dire que c'est moi qui passerai le chercher à la fin de la journée, il enroula ses bras autour de mon cou et me fis un câlin qui me mit du baume au cœur.
_ Je suis content que c'est toi qui m'emmène, papa. Mais t'oubli pas qu'on va chercher le chien ce soir, hein dis ?
_ Non, mon bonhomme je n'oubli pas. Tu sais ce que l'on va faire ? Tu vas bien travailler aujourd'hui, je viendrai te chercher quand tu auras finis, on rentrera pour le goûter et après on ira chercher le chien avec Lizzie, ça te va ?
_ Ouiiiiiii ! Gazouilla-t-il avant de me refaire un bref câlin.
_ Je dois y aller, à tout à l'heure champion.
Je lui fis un baiser sur le front et m'en allai. Une fois dans la voiture, je sentis les larmes affluer dans mes yeux. Je n'avais jamais emmené Henry à l'école. Si Sophia était toujours là, j'aurai assisté à son premier jour. Où étais-je d'ailleurs ? Qu'est-ce qui pouvait être plus important que tenir la promesse que j'avais faite à la seule femme que j'avais aimée ? Celle de continuer à veiller sur nos précieux enfants, de chérir le plus possible celui que nous avions eu tant de mal à avoir après ce traumatisme, 6 mois après la naissance de notre princesse ? Je ne sais pas comment je suis rentré à la maison ce matin-là. Je ne me souviens même pas avoir conduit. Lorsque je repris enfin mes esprits, je me rendis compte que j'étais dans mon bureau, accoudé à ma table de dessin, le visage dans les mains, le corps secoué par de violents sanglots. Les larmes commencèrent à se tarir et je pris ma veste pour sortir, j'avais besoin d'air. Prenant ma voiture, je roulai alors jusqu'au fleuriste préféré de ma Sophia. Le fleuriste, dont je ne parvenais toujours pas à me souvenir du nom, sembla pourtant me reconnaître car dès qu'il m'aperçu, il disparut dans sa réserve pour revenir avec un très joli bouquet composé d'une multitude de fleur dont des fleurs d'orchidée. Alors que je m'apprêtai à le payer, il me fit signe de m'arrêter et me dit :
_ Vous ne me devez rien, chaque semaine le bouquet de Mme Sophia est prêt, parfois c'est votre fille qui vient le chercher, mais souvent je l'emmène moi-même sur la tombe de votre épouse.
Je ne sus quoi dire, trop ému par la gentillesse de cet homme.
_ Je…hum…merci beaucoup… pour elle mais aussi pour moi. Je… est-ce qu'il y a quelque chose que je peux faire pour vous aider en retour de toute cette gentillesse ?
_ N'oubliez pas votre femme mais vivez, vous avez deux beaux enfants avec vous, profitez de la vie avec eux, chérissez les au maximum, c'est tout ce que je vous demande.
_ Je… très bien, monsieur, je le ferai, je vous en fais la promesse. S'il y a vraiment quelque chose que je peux faire, n'hésiter absolument pas, à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit, pour n'importe quel type de problème.
_ Vivez et aimez Mr Masen, c'est tout ce que je vous demande.
Je hochai la tête et sortit de la boutique, le bouquet de fleurs à la main. Je constatai en arrivant sur la tombe de Sophia, qu'en effet, un bouquet et quelques autres plantes décoraient la stèle de ma femme.
_ Bonjour Sophia.
Je ravalai le sanglot qui m'obstruai la gorge et continuai, ne pouvait m'arrêter, comme si c'était mon cœur qui m'obligeait à parler.
_ Je suis désolé de ne pas avoir tenu ma promesse. Tu me manques tellement So', il n'y a pas un jour sans lequel je me rappelle ton sourire, ta voix, ton odeur, ton regard… tout ça me manque. Je… Lizzie et Henry sont revenus à la maison. Je me rends compte que j'ai enchaîné erreur sur erreur depuis que tu es partie. Henry va bientôt avoir 5 ans et ce matin c'était la première fois que je l'emmenai à l'école, je suis pathétique comme père, dis-je avec un rire amer, les larmes dévalant mes joues. On a traversé tellement de choses tout les deux avant d'avoir Henry. On a surmonté beaucoup : les crises de jalousie de Rosalie, la naissance compliquée de notre princesse, les humeurs de Mlle-Enceinte-et-Colérique-Rosalie, cet acharnement que je n'avais jamais connu chez ma grande sœur auparavant, la joie d'apprendre que nous allions avoir un autre enfant qui n'aurait pas beaucoup d'écart avec Lizzie… et puis la fausse couche, ta dépression à cause de Rosalie qui a duré si longtemps qu'on a eu du mal à avoir Henry, puis quand tu es finalement tombée enceinte une nouvelle fois, la peur de ne pas pouvoir aller jusqu'au bout, de le perdre une fois de plus, de… de ne plus être capable de s'occuper d'un nouveau-né. Et enfin ton cancer. Je suis un monstre d'égoïsme, et pour cela, je te demande pardon ma Sophia, jamais je ne pourrais me pardonner de ne pas avoir su honorer la promesse que je t'avais faite. Je me sens tellement coupable. D'autant plus que j'ai embrassé une autre femme, qui s'appelle Isabella. Tu as surement dû le voir d'où tu es, n'est-ce-pas ? Ta colère, ta hargne me manque. Pourtant chaque fois que je vois Elizabeth, je te revois. Je les aime tellement nos enfants. Je t'aime Sophia. Je t'aimerai toujours.
Fatigué d'avoir versé autant de larmes, je me relevais et repartis vers ma voiture non sans avoir déposé un baiser sur une des fleurs d'orchidée du bouquet. Comme si tu pouvais ressentir ce baiser, comme si tu pouvais sentir mes lèvres, comme si, moi, je pouvais sentir tes lèvres sur cette fleur que tu aimais tant.
En rentrant à la maison, le cœur et le corps vide mais pourtant tellement léger, je m'allonge sur mon lit, face à la baie vitrée. Je ne mets pas longtemps à m'endormir tellement je suis vidé. Je ne sais pas quelle heure il est quand je me réveille, j'ai certainement dépassé l'heure du déjeuné depuis un moment déjà, mais je n'ai pas faim. Quand je descends après avoir pris ma douche, vers 4:00p.m., Lizzie est déjà rentrée, elle doit certainement être dans sa chambre avec Conor puisque sa voiture est garée devant la maison. Je saisis mes clés de voiture et pars rapidement chercher Henry à l'école. Une nouvelle fois, le fait que ce soit la première fois que je vienne le chercher à l'école depuis qu'il y est me transperce le cœur au point de me faire suffoquer de douleur. J'essaye de ne rien laisser paraître devant ce petit bonhomme, il me raconte alors sa journée en long, en large et en travers pendant que nous roulons vers la maison. Une fois arrivé, il court vers la maison en hurlant à Lizzie qu'elle doit être prête. Je souris puis m'interroge lorsque je n'entends plus rien. Je rejoins l'entrée en quelques secondes et découvre mon fils dans l'embrasure, la tête penché sur le côté. Un enjambement de plus et je le rejoins pour découvrir ma fille sous… son…copain… s'embrassant à pleine bouche.
_ Bon sang Lizzie, pas sur mon canapé ! Grinçai-je en cachant les yeux de mon fils avec ma main, et les miens avec mon autre main.
_ Papa… Henry… vous êtes rentrés… déjà… l'entendis-je, à bout de souffle. Conor s'en allait, en fait… n'est-ce pas Conor... ?
_ Je… euh… oui… absolument…euh… on se voit plus tard…
Intérieurement j'étais absolument mort de rire, extérieurement, je prenais l'air le plus dégouté que j'avais en stock. Je nous poussais pour qu'il puisse passer, ne retirant pas mes mains de nos yeux pour autant.
_ Ouai… bon… nous on va monter prendre le goûter, tu nous rejoins quand… quand… enfin bref tu m'as compris.
Je tournai les épaules d'Henry en direction de l'escalier et le libérait de mon emprise. Il courut dans l'escalier et alla s'asseoir sur un des tabourets. Il me regarda préparer le goûter et me demanda brusquement :
_ Papa, est-ce que tu as un frère ou une sœur ?
La question me prit au dépourvu et j'essayais tant bien que mal de cacher mon trouble alors que j'attrapai des gâteaux au fond du placard.
_ Oui, j'ai une sœur pourquoi me poses-tu cette question ?
_ Pourquoi je la connais pas ?
_ Je…
J'allais répondre quand je vis Elizabeth remonter les escaliers. C'était grâce à ma fille que j'avais pu enfin mettre un terme à toutes ces années de jalousie qu'ont été ma jeunesse.
_ Je… on ne se parle plus.
_ Pourquoi ? demanda Lizzie.
_ On est fâché, mangez rapidement avant que l'animalerie ne ferme, on va chercher le chien ce soir ! dis-je en évitant le sujet.
Je sentis le regard de Lizzie sur moi alors que je buvais la fin de mon café. Ils finirent de manger en silence, alors que je repensais une fois de plus à ce qui s'était passé il y a maintenant 16 ans. J'avais passé tellement de temps à oublier cette partie de notre vie de couple à Sophia et à moi, qu'y repenser autant en si peu de temps rendait la douleur de la disparition de Sophia difficile à vivre. J'émergeai de mes pensées lorsque Lizzie dit à son petit frère d'aller chercher son manteau. Le trajet jusqu'à l'animalerie se fit en silence, bien que je constatai à quel point Henry était excité. Une fois à l'intérieur, ce petit monstre décida de courir partout.
_ Bonjour, euh… nous aimerions acheter un chiot, qu'est-ce que vous pouvez nous proposer ? demandai-je au type de la caisse.
POV Lizzie :
J'étais toujours autant perturbée par le fait que mon père ait évité le sujet de sa sœur avec tant d'empressement. S'il ne voulait pas en parler, peut être cela cachait-il quelque chose de trop gros, de trop blessant. Mais quand même, c'est arrivé il y a 16 ans, soit c'est vraiment quelque chose d'horrible, soit il y a vraiment quelque chose qu'il ne veut pas que nous sachions.
_ Lizzie, regarde ! Il est trop mignon celui là ! C'est quoi comme race ?
_ C'est un Beagle, il est trop chou tu as raison. Et regarde le petit husky, celui avec les yeux bleus, il est trop beau celui là, non ?
_ Papa ! On veut ces deux là ! cria Henry.
_ Henry, pas les deux, on en choisit un et c'est déjà bien assez, le sermonnai-je.
_ Et pourquoi pas ? demanda malicieusement mon père. Au moins, vous aurez chacun le votre et puis la maison est assez grande pour deux chiens.
_ Mais ils vous nous coûter cher !
_ Ne t'en fais pas pour ça, ta mère adorait tellement les animaux qu'elle m'a obligé à mettre de l'argent sur un compte pour que je puisse vous en achetez un chacun.
Je fis la moue, regardai Henry qui me regardait avec ses yeux de chiens battus, quel petit monstre, j'aurai jamais dû lui apprendre à faire ça ! Argh ! Ils auront ma peau ces deux là !
_ Allez Lizzie, choisis en un !
_ Très bien… je vais prendre l'husky dans ce cas. Mais c'est moi qui lui achète son collier, son panier, et ses croquettes.
Edward leva les mains en l'air en signe de repli.
_ Parfait. Henry, lequel tu choisis ?
_ Celui avec les grandes oreilles et qui est noir, marron et blanc.
Le type de la caisse disparu derrière une porte et nous vîmes les deux chiots sortir avec le type. Je partis chercher le collier et le panier de MON chiot (mouahahahahah) avec Henry qui choisit les siens. Pour ma part j'optai pour un collier un simple collier en cuir, un harnais pour l'habituer à ne pas tirer sur sa laisse, une laisse bien entendu et un panier coussin très grand et qui paraissait très confortable. Une fois revenu à la caisse, les deux chiots nous attendaient dans deux cages différentes avec mon père entre les deux. Le type nous donna les dernières recommandations et nous remontâmes dans la voiture en direction de la maison. Une fois dans le salon, les chiots libérés de leur cage et reniflant tous ce qu'il trouvait sur leur passage, mon père nous demanda :
_ Comment vous aller les appeler ?
_ Je pense que Fidji irait bien à ma petite husky, dis-je toute fière.
_ Donc Fidji et … ?
_ Je sais pas… papa, on peut aller voir dans ton bureau la carte du monde, s'il te plaît, comme Lizzie l'a appelé Fidji, j'aimerai bien l'appeler aussi par un nom de lieu.
_ Comment tu sais que Fidji c'est un lieu ?
_ Lizzie elle m'a montré où elle aimerait bien aller quand elle pourra voyager.
_ Et c'est où Fidji ?
_ C'est une île dans un océan ! s'écria-t-il tout fier.
Je vis une lumière dans les yeux de mon père que je n'avais plus vu depuis trèèès longtemps. Il leva les yeux vers moi et me fis un sourire immense que je lui rendis. J'avais beau être toujours en colère contre mon père pour nous avoir lâchement abandonné, il m'avait manqué, tous ces moments m'avaient manqué.
_ Tu veux bien dis papa ?
_ Bien sûr bonhomme, viens avec moi, dit-il en lui tendant sa main.
Pendant qu'ils étaient partis chercher, je jouai avec ma chienne en l'appelant le plus par son nom.
_ Fidji, viens là.
Oh miracle, elle a redressé les oreilles quand je l'ai appelé. Je sortis un bonbon pour chien de mon sac et l'appelai devant moi.
_ Assis Fidji, dis-je en lui montrant comment faire. Elle se releva et je lui répétai l'ordre. Une fois qu'elle fût assise je lui donnai la friandise et elle se rua sur moi. Je ris et j'entendis les garçons revenir.
_ Vous avez trouvé ?
_ Oui, Henry aime bien Bali.
_ Bali c'est chouette. Ca lui ira bien.
_ Nous voilà donc avec Bali et Fidji.
Le reste de la soirée se passa dans les rires. Je pris beaucoup de photos avec ma chienne pour les montrer à Conor le lendemain. J'en pris notamment une de nous trois avec nos deux petits chiot. Je l'imprimai le soir même, alors que Fidji ronflait sur son coussin dans un coin de ma chambre. Une fois la photo encadrée sur ma table de chevet à côté de celle de Conor et moi et celle de ma mère, je m'endormis paisiblement.
