Coucou !
On est mardi, c'est l'heure du onzième chapitre !
Celui-là est plus court que les précédents qui étaient, il faut bien le dire, assez longuet. Même si on dirait que la longueur ne vous dérange pas plus que ça, je voulais vraiment m'arrêter ici. Comme ça, je pourrais reprendre directement à la journée de l'embarquement pour l'arène.
Je remercie mes revieweurs, anonymes comme inscrits et espère que ce chapitre vous plaira !
Sur ce, on se retrouve en bas, bonne lecture !
Chapitre 11 : Trouve en toi l'endroit où est la joie et la joie vaincra la douleur.
- Peeta Mellark, mesdames et messieurs !
Des hurlements retentissent, dans la salle. Le public est en délire. Il semble avoir vraiment hâte qu'on en revienne à ce que j'ai dit, un peu plus tôt. Mais Caesar élude rapidement ce sujet, préférant ne pas accabler ou gêner le jeune tribut, tout en précisant bien qu'ils en parleront tout de même.
- Dites, est-ce que j'empeste encore la rose ?
- Pardon ?
Peeta, très à l'aise, se met à expliquer à Caesar le pourquoi de cette odeur de rose qui « lui colle à la peau depuis qu'il est arrivé au Capitole ». Caesar et lui se mettent rapidement à rire à gorge déployée. Je ne comprends pas comment il fait. Comment Peeta peut être aussi à l'aise ? A l'école, il ne parlait jamais plus que de raison et ne semblait pas aussi confiant. Le Capitole l'a transformé, on dirait. Que ce soit en une bonne ou en une mauvaise personne, je ne saurais le dire avec précision. Le fait qu'il joue avec moi comme il l'a fait dans le couloir…je n'apprécie guère.
- As-tu une petite amie, Peeta ?
Nous y voilà. Caesar devient incroyablement sérieux et scrute mon partenaire avec avidité. Ce dernier prend un air contrit et hésite. Va-t-il dire que oui ? Se pourrait-il qu'il y ai réellement quelqu'un qui l'attende, chez lui ? Quelqu'un qu'il refuserait de faire souffrir en marchant dans ma stratégie ? Je me prends soudain à paniquer. Et s'il disait que oui ? Et s'il faisait tomber à l'eau mon plan de sauvetage ? Peeta a-t-il compris ce à quoi je jouais ? Sait-il que je fais cela pour l'aider à s'en sortir ? Et si oui, acceptera-t-il mon aide silencieuse ? Ou refusera-t-il, ne voulant pas passer pour un faible qui a besoin de soutien ? Peut-être…peut-être…de toute façon, il ne s'agit plus de reculer, maintenant. Mon passage va avoir un effet boule de neige, s'il ne l'a pas déjà eu. La rumeur va se répandre comme une trainée de poudre et demain, tout le monde pensera que Peeta et moi sommes ensemble. Ensemble. Moi, être avec un garçon. En couple. Jamais je n'aurai cru que cela arriverait. Je ne courais pas après, évidemment. Non, je pensais –quand il m'arrivait de laisser mon esprit vagabonder- que je resterais seule jusqu'à la fin de mes jours. Quoique…peut-être qu'en grandissant, j'aurai fini par trouver un gentil garçon de la Veine. Un de ceux qui seraient près à vendre tout ce qu'ils ont pour nourrir leur famille. Comment est-on censés se comporter, lui et moi, maintenant ? Devrions-nous nous tenir la main, comme mes parents le faisaient, parfois, quand ils m'emmenaient à l'école ? Sommes-nous réellement obligés de sourire bêtement en nous regardant dans les yeux, comme mon père le faisait avec ma mère ? Peeta me sort de mes pensées, répondant doucement, presque pour lui-même.
- On dirait.
- On dirait ? Allons, Peeta, ne nous fait pas languir ! Raconte-nous.
Peeta s'agite sur sa chaise alors que je scrute l'écran avec avidité. Heureusement que je ne suis plus sur scène mais dans les coulisses, car j'aurai été certaine de voir apparaître mon visage sur les télévisions de tout Panem. Tout Panem veut savoir si je suis soulagée que mon « secret » soit révélé. Car je suppose que tout le monde prend ça pour un secret, pour quelque chose qu'il fallait cacher aux yeux du monde, étant donné l'endroit où nous allons.
- J'apprécie beaucoup ma partenaire, Katniss.
- Et ?
Caesar ne semble pas décidé à laisser le pauvre Peeta s'en tirer aussi facilement. Le public se met à gronder, je suis presque certaine que c'est du jamais vu : deux tributs d'un même district qui s'entichent l'un de l'autre. Cela risque d'apporter énormément de piment à l'édition de cette année. Voilà qui devrait satisfaire les Juges. Et les faire enrager : pourquoi diable n'ont-ils pas pensé à ça plus tôt ?
- Et il semble qu'elle m'apprécie énormément, elle aussi.
- Y'aurait-il quelque chose entre vous ?
Peeta, de nouveau hésitant, évite les caméras qui cherchent pourtant désespérément à capter son regard. Est-il triste, en avouant cela ? Pense-t-il à la fille qui l'attend dans notre district ? Je songe soudain que j'aurai peut-être dû en parler avec lui. Lui avouer ma stratégie, assumer ma responsabilité, lui annoncer que je suis sûrement l'unique responsable du pétrin dans lequel il est profondément embourbé, maintenant. Je n'arrive pas à savoir s'il feint la peine que l'on lit sur son visage ou s'il ressent réellement quelques sentiments.
- Comment voulez-vous qu'il y ai quoi que ce soit ? Nous allons mourir, Caesar. Ensemble. Probablement dans d'atroces souffrances.
Le public gronde, signifiant son mécontentement : comment ose-t-on envoyer un jeune couple au casse-pipe ? J'hoche imperceptiblement ma tête. Tout semble fonctionner. Le chronomètre en haut à gauche de l'écran indique que le temps de parole de Peeta est bientôt écoulé. Je pense qu'il est temps pour moi de remonter à l'appartement. Si discussion il doit y avoir, je préfère encore faire ça en terrain connu. Je soupire malgré moi, je ne verrais pas la fin de l'interview de mon partenaire. Mais que pourrait-il dire de plus dans les 20 secondes qu'il lui reste ?
- Vous êtes vraiment ensemble ?
Une voix me fait sursauter et je m'apprête à me jeter sur l'intervenant quand je remarque qu'il s'agit de Rue. Elle me sourit et ses yeux couleurs chocolat scrutent les miens. Incapable de résister à un tel sourire, je lui rends.
- On dirait.
Rue scrute à présent mon partenaire, sur l'écran.
- Il a l'air mécontent, pour quelqu'un qui vient de se découvrir une petite amie.
J'hausse les épaules : je ne trouve pas que Peeta ai l'air mécontent. Certes, il fronce souvent les sourcils, mais…Rue prends soudain une mine contrite.
- J'espère que tout ira au mieux.
Je sais qu'elle parle de l'arène. Quand nous y serons. Lui et moi, censés de jouer les amoureux transis alors que nous l'un de nous –sûrement lui- devra tuer l'autre. Rue a d'ailleurs dit au mieux. Elle n'a pas dit qu'elle espérait que tout irait bien. Elle sait déjà que dans l'arène, rien ne se passera bien. Je m'apprête à la remercier quand son mentor débarque dans la pièce :
- Rue, bon Dieu ! Où étais-tu passée ? Depuis quand as-tu disparu ? Tu n'as pas le droit d'être là, tu devrais déjà être dans l'appartement. As-tu envie qu'on te punisse ?
Rue me sourit de nouveau, avant d'être emmenée de force par son mentor qui lui demande déjà comment « une fille aussi petite, menue et insignifiante peut échapper à la surveillance d'un homme tel que lui ». Jetant un nouveau coup d'œil à l'écran, je constate avec effroi que Peeta serre déjà la main de Caesar. Ce dernier le pousse vers la sortie, et c'est donc dans la précipitation que je pars en direction des ascenseurs et m'engouffre dans l'un d'eux. Haymitch m'a annoncé qu'il restait pour raccompagner Peeta et peut-être tenter de le calmer : je n'ai jamais vu mon mentor être aussi prévenant à mon égard. Est-ce parce qu'il sait ma mort imminente ? Trouve-t-il cela dommage ? Sûrement. Effie remonte avec moi, cependant. Elle me congratule, me signifiant que j'étais très bien assise, que la position de mes mains restait à revoir, mais que ce n'était pas si mal. Elle se permet même un petit clin d'œil, me félicitant pour avoir avoué ma relation naissante. Elle déclare même qu'elle s'y attendait et que nombreux étaient ceux, au Capitole, qui avaient parié à ce sujet : combien de temps tiendront-ils avant de l'avouer ? Est-ce elle ou lui qui l'avouera ?
- Car il est évident, ma chère, que vous en pincez pour ce bel homme. Et ma foi, comment ne pas vous comprendre ? Je dois dire que nombre de personnes pensait que vous n'auriez pas le cran nécessaire pour cette déclaration. Je suis tellement excitée ! La population va vouloir parier sur le temps pendant lequel vous tiendrez dans l'arène, maintenant, c'est certain ! Oh, oh ! –Elle se met à frapper dans ses mains- Peut-être que si l'on en fait la demande, les Juges accepteront de vous marier ! –J'ouvre de grands yeux : est-elle folle ?!- Oh, oui ! Comme dans cette série, que je regardais mais qui ne…
Je prends un air dégoûté. Effie manque décidément de tact. Elle s'agite, faisant de grands gestes, sautillant presque dans la cabine. Tellement que je manque de croire que cette dernière va se décrocher et aller s'écraser douze étages plus bas. L'ascenseur n'en fait rien, cependant, nous déposant à bon port. Ni une, ni deux, m'échappant de l'emprise maléfique et déprimante de mon hôtesse, je me jette dans le couloir, oubliant aisément les règles de bienséance qui veulent que je tienne ma robe avec plus de distinction. Claquant ma porte derrière moi, je balance mes chaussures dans un coin de la pièce et entreprends déjà d'enlever cette robe certes très confortable et seyante, mais me représentant assez peu, finalement. Les robes n'ont jamais été le genre de choses que je mettais lorsque j'étais seule, dans ma pauvre maison. Sautant dans ma douche, je savoure avec plaisir l'eau chaude glisser sur ma peau. Peeta a eu l'air d'avoir assez bien pris la fausse nouvelle, finalement. Il a été parfait. Son jeu avec les caméras à très bien fonctionné et il a su jouer à la perfection. Haymitch avait raison, tout compte fait. Peeta est assez confiant pour remettre en cause sa stratégie personnelle. Car il doit bien en avoir une. Tout le monde en a une. Dans un jeu tel que les Hunger Games, où tout n'est que mensonge, tromperie, et faux jeu, personne ne peut s'attendre à survivre sans stratégie, je suppose. Il y a bien cette fille…Johanna Mason, qui a longtemps montré peu de confiance en elle, à l'écran. À tel point que les autres concurrents l'ont laissée tranquille, n'estimant pas utile de la tuer de leurs propres mains. Ils croyaient tous qu'elle n'était qu'une pauvre fille faible et sans aucune technique ni stratégie de survie. Cela s'est avéré faux, et quand elle a égorgé avec brio le dernier concurrent encore en lice, elle a gagné. Même ceux qui prétendent n'avoir aucune méthode de survie en ont une. Faire croire que l'on est innocent, faible et sans méthode est une stratégie en soi. Se pourrait-il que ce soit la technique choisie par Peeta ? Il n'a jamais cherché à faire croire qu'il était faible : quand il a fallu se jeter sur Cato pour l'empêcher de m'amocher, dans le réfectoire, Peeta n'a pas hésité, il me semble. Je ne serais sûrement plus là pour y penser, sinon. Soupirant pour bien la dixième fois de la soirée, je mets bien quelques minutes avant de réaliser que je n'ai pas mangé. Sortant à regret, je me sèche rapidement, attrape quelques affaires plus confortables et sort dans le couloir. J'ignore combien de temps je suis restée dans ma douche, mais il semble qu'une heure au moins se soit écoulée : il fait noir, lorsque j'arrive dans le salon. J'aperçois à peine la table : la nappe n'y est plus, tout comme la nourriture qui devait s'y trouver. J'ai manqué le repas, la retransmission des Interviews et les adieux d'Haymcith et d'Effie –on ne va pas dire que je sois déçue d'avoir raté ça-. Je soupire, laisse tomber mes bras le long de mon corps et m'apprête à repartir dans ma chambre pour y commander à manger quand une voix me fait sursauter :
- Je t'ai gardé des petits pains au fromage, si tu veux.
- Tu es plein de ressources, décidément.
- Tu n'es pas mal non plus, dans ta catégorie. J'ai été étonné, quand je t'ai entendu parler de moi. Je n'arrivais pas –je n'arrive toujours pas- à savoir si c'est de la pure stratégie, ou s'il y a un fond de vérité dans ce que tu as dit. Haymitch m'a dit que c'était son idée, mais…après ce qu'il s'est passé l'autre soir…–Je m'apprête déjà à me justifier, mais Peeta m'arrête, secouant la tête- Non, ça va, je ne veux même pas le savoir, finalement. C'est sûrement mieux comme ça.
J'hausse les épaules et m'approche doucement de la voix de Peeta. Ce dernier est couché sur le canapé, un bras placé sous sa tête, de telle sorte que je ne pouvais le voir depuis l'embrasure de la porte. Sur son ventre trône trois parfaits petits pains au fromage. J'en salive. Je contourne le dos du canapé et m'apprête à m'asseoir sur ce dernier quand je remarque que mon partenaire prend toute la place. Je saisis un petit pain et m'assoit au pied de l'énorme divan. Je mange en silence, écoutant la respiration calme de Peeta. Je manque de croire, arrivée à la fin de mon deuxième petit pain, que ce dernier dort. Je me retourne donc vers lui, prête à saisir le dernier pain au fromage quand je croise son regard bleu qui me scrute. La lumière de la lune filtrant par la baie vitrée se reflète dans ses yeux, leur donnant des reflets blancs. Il fait une moue étrange. J'hausse les sourcils, le questionnant silencieusement.
- Non, rien.
Agacée de voir que visiblement, Peeta a des choses à cacher, je reprends :
- On ne va pas y passer la soirée, Peeta. Demande-moi ce que tu veux me demander, que je puisse terminer de manger ce petit pain –je l'attrape et lui montre- et aller me coucher. La journée de demain va être horrible, tu le sais bi…
- Tu n'arriverais pas à dormir. Et moi non plus.
- Ce n'est pas faux.
Il se remet à fixer le plafond. Je suis en train de me dire que je vais être obligée de lui tirer les vers du nez quand il commence :
- Tu joues vraiment très bien. Je ne l'avais pas vu venir, celui-là.
- Tu n'étais pas si mal, toi non plus. On y aurait presque cru.
Peeta se redresse sur un coude, se tourne vers moi.
- Qu'est-ce qu'on aurait cru ?
- Bah…tu sais…que tu étais triste de me voir mourir, de penser que je pourrais mourir. Ou alors tu pensais juste à ta petite amie, là-bas.
J'agite la moitié restante de mon dernier petit pain dans l'air.
- Je n'ai pas de petite amie.
- Si tu le dis.
J'hausse les épaules, préférant le laisser penser que je m'en fiche pas mal. Est-ce vraiment ce que je ressens, cependant ? Je n'arrive pas à mettre de mots sur le sentiment qui me submerge. Un ange passe avant que je ne brise le silence, soudain curieuse, mais aussi très mal à l'aise.
- Comment sommes-nous censés nous comporter, maintenant ?
Ayant presque chuchoté, Peeta laisse passer quelques secondes, n'étant sûrement pas certain de bien avoir compris la question.
- C'est à moi que tu poses la question ? Depuis le temps que tu préparais cette stratégie, ne me dis pas que tu n'as pas eu le temps d'étudier la réponse ?
- Evidemment que non ! Puisque je n'ai eu cette idée miraculeuse que ce matin.
Ma voix monte d'une octave. J'aperçois Peeta hausser les sourcils et plisser les yeux, scrutant soudain mon petit pain, toujours dans ma main.
- Alors c'était ton idée.
Je ne sais pas s'il paraît déçu, triste ou déprimé, quand il prononce cette affirmation. Je pense soudain qu'Haymitch lui a dit qu'il s'agissait de son idée à lui, ce qui explique la mine effrayante qu'arbore mon partenaire.
- J'ai pensé que…peut-être…
- Laisse tomber, c'est bon.
Peeta retombe sur le dos, dans le canapé, replaçant son bras sous sa tête. Il soupire, paraît presque désespéré. Voulant absolument obtenir la réponse à ma question, j'insiste.
- Alors, que sont censés faire les couples ? Tu dois forcément le savoir, étant donné que tu as pl…
Je m'interromps, Peeta m'observe d'un air étrange. À tel point que je me demande s'il est bien conscient que c'est à lui que je parle. Il reprend d'un ton sec :
- Parce que tu crois que j'ai eu le temps de me taper toutes les filles du District ? Tu penses vraiment que je n'avais rien de mieux à faire que de sortir avec des minettes ? Non, mais si tu les avais vus, celles-là !
Je mords ma lèvre, attendant patiemment que Peeta se calme. Je sais que beaucoup de filles se retournaient, sur son passage, à l'école, mais je n'imaginais pas que Peeta les voit de manière aussi négative. Peut-être ont-elles tenté de l'approcher plus que de raison. Je ne comprends pas son énervement. Suis-je une minette, moi aussi ? Il me semble pourtant que le fait de sortir avec beaucoup de filles est quelque chose de tout à fait…normal, pour les garçons de son âge. De plus, au vu de la classe sociale dans laquelle il se trouve… Ses frères ne se gênaient pas, eux. Mais Peeta n'est peut-être pas comme ses frères. Je m'imagine toujours que parce qu'ils sont de la même famille, ils sont forcément identiques. Mon partenaire souffle.
- Je n'en sais rien, Katniss.
- Mais…tes frères et toi n'en parliez pas ? Je croyais…je croyais…que c'était des choses dont les frères se parlaient…
- Eh bien non. Il faut dire aussi que je ne me suis jamais passionné pour leurs histoires.
Je m'appuie contre le bas du canapé, soupirant à mon tour.
- Tu penses que je ne faisais que jouer, alors ?
La voix de Peeta résonne presque, dans la pièce noire et vide. Mon cœur fait un bond et reprends rapidement un rythme normal. Aussi normal qu'il peut l'être quand je suis avec Peeta.
- Evidemment.
- Et dans le couloir ?
Je sens que Peeta commence à s'énerver légèrement. Je n'ai pas le temps de réfléchir au pourquoi du comment, pourtant, car je suis bientôt assaillie de questions.
- Tu jouais.
- Et quand je t'ai aidé à te débarrasser de Cato ? Et quand on discutait, pendant les entraînements ? Et quand je t'ai écrit ce mot, sur ton gâteau ? Et…
Je me retourne brutalement vers lui. Ce mot ! C'était lui !
- Pourquoi tu as fait tout ça ?
- Ca ne te paraît pas flagrant ?
Je lève les yeux au ciel. Est-ce donc si compliqué que de me répondre clairement ? C'est au tour de Peeta de lever les yeux au ciel. Il semble complètement désespéré. Serait-ce dû à mon comportement ?
- Je ne comprends pas. Que suis-je censé faire pour que tu comprennes en douceur ?
- Pour que je comprenne quoi ?
- Que tu es désespérante.
J'ouvre ma bouche, la referme aussitôt. Ce n'est pas ce qu'il avait voulu dire. Ce n'est pas ce que Peeta voulait dire. À sa façon de retomber mollement sur le canapé, je comprends qu'il y a autre chose. Je ne me serais jamais attendue à pouvoir comprendre ce genre de chose rien qu'en le regardant, auparavant. Pourtant, j'ai l'impression que je le comprends de mieux en mieux. Et soudain, je me dis que je tiens peut-être là ma vengeance. Je m'étais promis de lui faire regretter ce qu'il avait fait, dans le couloir. Peut-être que si je retournais contre lui son jeu malsain…Avalant rapidement ma dernière bouchée de pain, je suis soudain mal à l'aise. Peeta avait l'air bien plus confiant, quand il a agit, la nuit dernière. Qu'a-t-il de plus qui m'empêche d'être aussi confiante et sûre de moi ?
- Mes parents se tenaient la main. Ils se souriaient bêtement, riaient bêtement, se suivaient dans toutes les pièces de la maison, mangeaient ensemble, dormaient ensemble, et ils…
Je décide de reprendre la conversation presque laissée en suspend. Mon ton laisse penser que ce genre de choses me dégoûte au plus haut point. Ce qui n'est pas faux, mais qui n'est pas totalement vrai non plus. Je me rends soudain compte que ma liste des choses à faire étant en couple et assez longue et…gênante. Ne voulant surtout pas laisser Peeta là-dessus, de peur qu'il ne se décide à me suivre partout, je reprends :
- Mais enfin, ce n'était que mes parents. Je suppose que tous les parents n'agissent pas comme ça et…
- Si, ils sont tous comme ça.
Me retournant vers lui, je constate qu'il me sourit, soudain plus calme que tout à l'heure. Sentant qu'il est temps pour moi d'agir un peu, histoire de retourner sa superbe manipulation de l'autre soir contre lui, je me tourne vers lui, et m'approche de sa tête. Il me voit venir.
- Qu'est-ce que tu fais ?
- Bah…-je rougis, heureusement, avec la pénombre, Peeta ne doit pas le voir-…euh…ça se voit, non ?
- Pas vraiment.
Je suis maintenant assez proche pour voir le sourire en coin qui orne la bouche de Peeta. Je suis presque certaine qu'il se moque de ma manière d'agir. Soudain, prenant son air de défi, il tourne sa tête vers la mienne. Nous sommes maintenant nez contre nez. Aurais-je envie de me reculer ?
- Tu sais que nous sommes un couple, maintenant ?
- Et il le prend bien. Il murmure, à présent. Son souffle caresse mes joues. J'hoche la tête.
- Et alors ?
J'ai décidé de me mettre à chuchoter, moi aussi. Cela semble produire son petit effet car les yeux de Peeta s'agrandissent un peu plus.
- Et alors…tu sais ce que font les couples ? Tu veux que l'on teste ensemble tout ce que tes parents faisaient ?
Je sens mes joues s'empourprer. Je n'ai fait que mentionner quelques trucs que mes parents faisaient ensemble. Il y a encore beaucoup de choses que j'ai omis de dire qui sont beaucoup moins innocentes qu'un simple baiser. Peeta sait qu'il a tapé dans le mille lorsque j'aperçois son regard se poser sur l'une de mes joues rouges. Va-t-il recommencer à jouer avec moi ? Ne voulant surtout pas que Peeta se lance dans ce genre de choses, je reprends rapidement :
- Et là, tu joues ?
Consciente que je casse sûrement l'ambiance mais n'en ayant que faire, ma question fuse.
- Je ne sais pas. Qu'est-ce que tu en penses, toi ?
Il s'approche un peu plus, la tête penchée, sa joue dans la paume de sa main droite, son coude sur le divan. Il hausse les sourcils. Il s'attend à ce que je fuis, peut-être. C'est ce à quoi il s'attendait, la dernière fois, déjà. Peut-être que si j'agis un peu plus que la fois dernière…d'instinct, je m'avance à mon tour. Mon souffle se mêle au sien et je plante mes yeux dans ceux de mon partenaire –et nouveau faux petit ami, je suppose-.
- Aucune idée.
Peeta fronce les sourcils, mécontent de voir que je ne recule pas. Je me sens soudain très fière de ne pas avoir fui. Certes, je ne tiens pas particulièrement à ce que l'on s'embrasse, mais je suis ravie de constater que je peux perturber Peeta aussi facilement que lui le peut. Ayant moi-même amorcé le mouvement de rapprochement, je suppose que je peux maintenant attendre patiemment que Peeta décide de reculer. Ce qu'il ne fait nullement, malheureusement –ou heureusement, je n'en sais trop rien-. Mon cœur fait un bon énorme lorsque Peeta change de position : il se lève du canapé, se poste à côté de moi et s'assoit –les talons de ses pieds étant sous ses fesses-. Me mettant dans la même position que lui, je lui fais face. Il me sourit et prend rapidement mon visage entre ses doigts frais, m'obligeant à le regarder en face. Moi qui m'attendais à ce qu'il se lève pour s'enfuir…
- Où est-ce qu'on en était, déjà ?
Il chuchote toujours et je comprends qu'il n'a nullement l'intention de s'éloigner de moi. Ne supportant pas l'idée qu'il puisse de nouveau avoir le dessus, comme l'autre soir, je pose mon front sur le sien, fixant ses yeux.
- Ne me dis pas que tu as déjà oublié ?
Il sourit de plus belle et approche ses lèvres des miennes, doucement, scrutant mes réactions. Je sens bien qu'il me laisse une échappatoire mais je refuse catégoriquement de le laisser me mener à la baguette. Il ferme déjà ses yeux quand je comprends qu'il faut que je ferme les miens aussi. Cherche, Katniss, cherche, il doit bien y avoir un moyen pour toi de reprendre le dessus et de lui montrer que tu ne te laisses pas faire. Il suffit de chercher.
Je me suis découverte comme étant assez sadique, au niveau de la fin de mes chapitres. J'aime bien quand ça se termine comme ça, sans que vous sachiez ce qu'il va se passer. C'est rigolo ! Plus pour moi que pour vous, on est d'accord. :D
Ne soyez pas trop méchant avec moi, je vous promet que je ferais une meilleure fin dans le prochain chapitre.
Bref, j'attends vos avis avec impatience !
