POV EDWARD

Trois semaines d'enfer. 18 jours insupportables à voir Bella et Jacob ensemble. J'en avais la rétine qui brûlait. Après notre énorme coup d'éclat, Bella et moi avions signé une sorte de trêve. On ne devait pas parler de notre vie sentimentale ensemble pour la simple et bonne raison que ça nous menait à la catastrophe à chaque fois. Sauf que notre dernière engueulade avait été la pire qu'on ait jamais eu. L'un comme l'autre avions totalement oublié la présence des autres. Tout comme moi, Bella avait un caractère explosif et nous deux ensemble, ça faisait des étincelles.

Notre dispute avait été violente et était venue sans crier gare. Lorsqu'elle m'avait menacé de passer au-dessus de moi pour avoir sa chanson, j'avais vu rouge. Sans que je ne puisse m'en empêcher, je l'avais insultée en lui disant que Jacob l'influençait. Jessica est arrivée dans la conversation et tout a dérapé.

Jessica avait été ma réponse à la relation de Bella avec ce connard de Black. J'avais connue Jess à l'époque où je pensais que le sexe me ferait tout oublier. Il n'y avait aucun sentiment entre nous et cela nous convenait parfaitement à tous les deux. Ce soir-là, contrairement à ce que Bella a cru, je n'ai pas couché avec Jess. C'est pas faute d'avoir essayé. J'avais fait mon possible pour accélérer le repas au restaurant. Sur la centaine de resto de la ville, il avait fallu que je tombe sur celui dans lequel Bella et Jacob dînaient. Et devant Bella, je n'avais rien trouver de mieux que de la narguer avec Jessica. Arrivés à notre table, Jessica était partie dans un babillage absolument inintéressant. Tout ce que j'avais à l'esprit, c'était Bella. Jess prit mon empressement pour de l'excitation. Après deux ou trois whisky, j'étais un peu plus détendu. Jessica m'avait proposé d'entrer chez elle pour un dernier verre, ce qui, chez elle, est une invitation à baiser. J'étais prête à la sauter, comme ça, sans sentiment. On a commencé à s'embrasser. Jess avait déjà défait le col de ma chemise et m'embrassait voracement dans le cou. L'alcool est un putain d'anesthésiant psychique : plus de passé, pas de futur, le rêve. Tout allait bien jusqu'à ce qu'elle me murmure à l'oreille tout en me caressant les cheveux :

« Mmmh, Edward, j'adore tes cheveux… »

Immédiatement, je revis le moment où Bella m'avait dit la même chose lorsque j'étais venue pour la consoler. La douche froide fut instantanée et je dessoulai tout aussi rapidement. J'ai détalé de l'appart de Jess en un temps record et je ne l'ai plus rappelée depuis. Et elle non plus, c'est comme ça que ça marchait entre nous avant.

Evidemment, je n'avais pas dit à Bella que je ne sortais pas avec Jess. Pourquoi, je n'en savais rien, mais je ne voulais pas qu'elle le sache. Jour après jour, je la voyais avec Jacob. Elle riait, elle semblait heureuse et la voir heureux me rendait heureux. Et malheureux parce qu'elle ne voyait pas à quel point Jacob Black était un abruti. Mais je lui avais promis de rester en dehors de ça alors je m'y tenais.

On était dimanche, jour du repas familial, ce qui expliquait ma présence sous le porche de chez mes parents. Ça me faisait bizarre d'être là. Ma vie d'avant me semblait à des années lumière de celle que j'avais maintenant. Plutôt que de rester à pleurer sur mon passé qui ne reviendrait jamais, je décidai de sonner à la porte.

Ma mère ouvrit la porte.

« Edward ? »

« Non, c'est le père Noël, Maman ! » dis-je en souriant.

Elle rit et s'approcha pour me prendre dans ses bras.

« Je suis contente que tu sois là, chéri. Tu sais, les repas n'étaient pas les mêmes sans toi. »

« Ouais…Heu, Maman, tu m'écrases la cage thoracique là ! »

« Désolée, chéri ! Viens, on rentre. Je n'ai pas encore fini de préparer le repas. »

Mon père était assis dans le salon.

« Edward ? »

Ils s'étaient passés le mot ou quoi ?

« Papa. »

« Edward ? » fit une voix dans mon dos. En me retournant vers l'escalier, je vis ma sœur.

« Pourquoi tout le monde tient à me rappeler comment je m'appelle ? »

« J'ai bien une réponse mais je ne suis pas sûre que tu veuilles l'entendre » rigola Alice.

« Il en va de ta survie, Dorothy ! »

Elle me tira la langue… avant de me sauter dessus et de me frotter le crâne avec son poing.

« Aliiiiiiiiice ! » criai-je, ce qui la fit rire davantage.

« Tu disais quoi à propos de ma survie, Eddy ? »

« M'appelle pas comme ça ! Si je t'attrape, espèce de lutin, je … »

« Tu quoi ? » me coupa une voix douce que j'aurais reconnue entre mille.

Bella, Emmett, Rosalie et Jasper venaient d'arriver. Je devais avoir l'air débile, tout décoiffé avec ma sœur sur le dos.

« Chéri, repose ta sœur. TOUT DE SUITE. »

« Mais, Maman, c'est elle qui a commencé ! »

« Edward… »

« D'accord » dis-je en râlant.

« Merci, chéri. Bon, je vous laisse j'ai des trucs à finir. »

« Arrête de m'appeler chéri. J'ai plus 4 ans. »

« Je sais chéri » répondit ma mère en partant.

Alice avait le sourire jusqu'aux oreilles. Les autres se taisaient. Emmett finit par exploser de rire.

« Mais Maman, c'est elle qui a commencé » m'imita-t-il.

Les autres pouffèrent de rire, Bella y compris. Je fis un doigt d'honneur à mon frère, ce qui le fit rire encore plus. Avant de dire quelque chose de méchant, je décidai de sortir du salon. En passant devant Alice, je ne pus m'empêcher de dire :

« Dorothy, c'est pas fini ! »

Alice ne répondit pas mais elle hocha la tête en souriant comme une imbécile heureuse.

Après manger, je me suis éclipsé dans le jardin. Après la naissance d'Alice, mes parents avaient suspendu des balançoires aux branches du vieux chêne au fond du jardin et elles étaient toujours là. Je me suis assis sur l'une d'elle et j'ai commencé à me balancer. Mes yeux se fermèrent d'eux-mêmes. Lorsque j'étais petit, je pouvais rester des heures à me balancer, les yeux clos. Au bout d'un moment, le balancement vous fait perdre toute notion du temps et de l'espace et vous donne la sensation de flotter dans les airs. On se sent léger, capable de toucher les nuages. Les enfants gobent n'importe quoi et s'accommodent de tout, ça suffit à leur bonheur. Quelques fois, cette impression me manquait. L'insouciance, l'imagination, la liberté, l'avenir, tout ça me manquait.

« Ca va ? »

Je rouvris les yeux et vis Bella assise sur la balançoire d'à côté.

« Et toi ? » répondis-je.

« Tu ne réponds pas à ma question. »

« Toi non plus. »

Elle me fit un petit sourire.

« Edward, est-ce que ça va ? »

Bella ne laissait jamais tomber. Quand elle avait un truc dans la tête…

« Oui, et toi ? »

« La cuisine de ta mère va finir par me faire exploser ! Elle cuisine tellement bien que je ne sais pas lui dire non quand elle me ressert ! »

Nous rîmes tous les deux.

« Je sais, je suis passé par là ! »

« Alors ? »

« Alors ? »

Ça, c'était de la conversation ! Trouve quelque chose à dire !

« Tu sais que ton album sera fini la semaine prochaine ? »

« C'est vrai ? Oh mon Dieu ! C'est sûr ? »

« Oui. »

« C'est pas une blague ? »

« Bella, je ne fais jamais de blague ! » dis-je en levant les yeux au ciel.

« Bah, il faut une première à tout, il paraît. Et t'es plutôt imprévisible comme garçon… »

« Ah ah ah. C'est sérieux, Bella. Tu as fait un super travail ! »

« Je n'y serais jamais arrivée sans toi… et les autres bien sûr. »

Je rougis. On aurait dit une gamine de 12 ans. Edward Cullen ne rougit jamais…enfin en théorie.

« Ouais. Bref, il sera disponible au public samedi prochain. Autant te prévenir tout de suite, il y a une soirée de prévue. Tu pourras remercier ma diabolique petite sœur et son acolyte à talons aiguille. »

« Oh oh. »

« Oui, oh oh. Etrangement, c'est l'effet que produit Alice sur les gens le « oh oh ».»

Bella avait l'air heureuse et ça me réchauffait.

« J'espère que Jacob sera là. Il m'a dit qu'il avait un planning chargé la semaine prochaine. Je vais l'appeler maintenant. » dit-elle en se levant et en se dirigeant vers la maison.

Douche froide. En même temps, sa réaction était logique : Jacob était son petit ami et je n'étais que son ami. Juste un détail mais qui avait son importance, non ? Encore que s'il n'y avait eu que moi, Jacob ne ferait pas partie du décor.

Bella partie, je n'avais plus envie de rester sur ma balançoire mais Alice en décida autrement en venant me rejoindre. Au lieu de s'assoir sur une balançoire, elle vint s'assoir sur mes genoux. Elle faisait ça quand elle était petite parce qu'elle avait peur de se balancer toute seule. Jamais elle n'allait sur les genoux d'Emmett parce qu'il prenait un malin plaisir à se balancer très haut pour la faire hurler. Elle cala sa tête sous mon menton et je passai un de mes bras autour de sa taille.

« Hey Dorothy ! »

« Ca me manquait. »

« Quoi ? »

« Dorothy. Toi. »

Je le savais. Comment je le savais ? Parce qu'elle m'avait manquée aussi.

« Je sais. Toi aussi, tu m'as manquée, Dorothy. »

Elle renifla.

« Tu pleures ? »

« Non, pas du tout » dit-elle en s'essuyant les yeux. « C'est mes allergies. »

Mon œil, tiens !

« Alice, tu n'as pas d'allergies ! »

« Grillée ! »

Je la serrai un peu plus contre moi.

« Arrête de pleurer, Dorothy. Ton mascara va couler et Jasper va te prendre pour un monstre ! »

Elle me frappa dans l'épaule.

« Le waterproof, c'est ça le secret, Ed. »

Je continuai de nous balancer.

« Ed, je peux te poser une question ? »

Mayday, mayday ! Alice pourrait donner des cours aux agents de la CIA pour mener des interrogatoires. Pas besoin de la torture avec elle. Sans qu'on s'en rende compte, on lui avouait tout.

« Même si je dis non, tu me la poseras quand même. Vas-y. »

« Est-ce que tu sors avec Jessica, comme Bella l'a dit ? »

Droit au but.

« Non. »

Autant rester bref. Moins elle en savait, mieux c'était.

« Edward ? »

« Mmmmh ? »

« Est-ce que tu éprouves des sentiments pour Bella ? »

Porte-avion touché, porte-avion coulé. Là, elle m'avait coincé.

« C'est une amie. »

« Une amie ? Tu me prends pour une imbécile, Edward ? Y a plus que ça et ne me mens pas, je te connais comme si je t'avais fait ! »

« Possible. Mais ne va pas t'imaginer quoique ce soit. Elle sort avec Jacob et elle est heureuse. De toute façon, je ne suis pas pour elle. Je traîne trop de casseroles, Alice. »

« Woah. »

« Exactement. Maintenant, tu vas oublier ce que je… »

« C'est pour ça que vous n'arrêtiez pas de vous disputer. »

Mais de quoi elle parlait ?

« Hein ? »

« Si vous vous êtes autant disputés, c'est parce qu'il y a quelque chose entre vous. Je sais qu'elle a des sentiments pour toi et jamais je ne t'ai vu te comporter comme ça avec une fille. Je te connais, Edward, tu ne fais jamais les choses à moitié. Tu ne pourras pas refouler tes sentiments pour elle. Ça va te dévorer de l'intérieur et te faire souffrir. »

« Je ne suis plus à ça près, Alice. Au point où j'en suis… Et puis, elle n'a pas besoin d'un boulet. Sa carrière va décoller, elle a des amis fiables, un copain. Sa vie est parfaite. Je ne ferais que tout foutre en l'air. »

« Edward… »

« Alice, écoute, c'est déjà assez difficile comme ça, d'accord ? Promets-moi qu'on en parlera plus, s'il te plaît ! »

« Je te le promets, Edward. Mais je persiste à croire que tu as tort. »

« Je sais, je te connais comme si je t'avais faite. » dis-je en reprenant sa phrase pour la faire rire mais ça ne marcha pas. Elle se contenta de m'embrasser sur la joue et de me serrer dans ses bras. Un truc de filles mais j'en avais besoin. Sauf que je ne l'aurais jamais avoué.

« Alice, tu vas attraper froid. On devrait rentrer à la maison. »

« Si tu veux. »

L'album de Bella était sorti. Les chiffres de vente étaient très bons. Elle était sur un petit nuage. Rosalie avait reçu beaucoup de demandes d'interviews et d'invitations sur des plateaux de télé. Nous étions samedi, jour de la soirée en l'honneur de Bella. En fait, les filles avaient décidé de fêter ça entre nous. Nous avions dîné avec mes parents. Mon père était très satisfait. Ma mère était très contente pour Bella.

Bella rayonnait. Elle était magnifique ce soir. Ses cheveux étaient relevés délicatement. Quelques mèches retombaient ça et là. Elle portait une robe bustier bleu nuit qui lui allait parfaitement. Mais sa joie la rendait encore plus belle. Et je crois que sa gaieté était contagieuse parce que je me sentais bien.

Soudain son téléphone sonna.

« Allo ? Hey, Jake ! Tu es en route ? » Elle fronça les sourcils et perdit son sourire. « Mais tu m'avais promis que tu serais là ! …Jake, c'est ma soirée. Tu peux pas te libérer ?...Ouais, c'est ça, bonne soirée ! » Elle raccrocha violemment et souffla.

« Bella, ça va ? » lui demandai-je.

« Hum ? Heu oui. Finalement, on sera que nous 6. Jake doit bosser avec son producteur et je ne sais plus qui ce soir. Bref, on s'en fiche. On va s'amuser, pas vrai ? »

« Oui m'dame ! »

Elle me sourit mais il y avait une ombre de tristesse dans ses yeux. J'avais envie de tuer Jacob. En l'espace de 5 minutes, il avait gâché la soirée de Bella.

« Oh non, il pleut ! Mon brushing va être foutu ! » gémit Alice, provoquant l'hilarité générale.

« Je vous hais, vous le savez pas vrai ? »

« Mais moi je t'aime, ma puce » la contra Jasper.

« T'as plutôt intérêt ! » grogna-t-elle avant de l'embrasser. Emmett et moi grognâmes. Savoir que votre sœur a une vie amoureuse avec votre meilleur ami est une chose mais le voir c'est juste dégueu.

« Alice, merde ! Ah, y a de quoi devenir aveugle ! » râla mon frère.

« Emmett, ma chambre était collée à la tienne, je te rappelle. Toi et Rosalie, je vous ai entendu des centaines de fois. Est-ce que je suis sourde ? Non, alors grandis un peu ! »

Rosalie était rouge écarlate et Emmett avait la bouche grande ouverte. Hilarant !

On avait opté pour un club qui était situé dans Apple Street. Le videur était un ami d'Emmett et nous laissa entrer sans faire la queue.

Nous étions serrés les uns contre les autres parce que le club était plein à craquer. Sans le faire exprès, Bella bouscula un couple occupé à s'embrasser.

« Excusez-moi » s'excusa-t-elle.

L'homme se retourna et Bella poussa un cri.

« Jacob ! »

« Bella ! »

Mais quel salaud !

« Mais qu'est-ce que tu fais là ? Je croyais que tu devais travailler ce soir ! »

« Bah j'ai changé d'avis. »

« Sans blague ! Et on peut savoir qui c'est ? » cria-t-elle en montrant du doigt la fille que Jacob venait d'embrasser.

« Leah. »

« Est-ce que tu te fous de moi ? Tu crois que je vais me contenter d'un 'Leah' ? Mais je croyais que c'était moi ta petite amie ! »

Tout les gens du club avaient le regard braqué sur nous. Rosalie et Alice ne savaient pas quoi faire ou dire. Emmett et Jasper commençaient à s'énerver. Jusqu'ici, j'avais réussi à rester relativement calme.

« 'Petite amie', mais grandis un peu Bella ! Tu t'attendais à quoi ? Tu pensais vraiment que j'allais être ton gentil petit copain, qu'on allait se marier et avoir beaucoup d'enfant? Si tu veux tout savoir, je me suis lassé de toi. »

Bella tressaillit comme s'il l'avait frappée.

« Je croyais que Bella Swan était une fille délurée, du moins tu en avais l'air avant. Maintenant, tu es une fille complètement banale et coincée en plus. De toute façon, je comptais te larguer tôt ou tard. Tu m'as pris de vitesse. Donc voilà : c'est fini.»

Bella regarda les gens tout autour d'elle et se mit à pleurer.

« Mais…mais… » Elle finit par s'enfuir en courant vers la sortie de secours.

C'en était trop pour moi. Cet abruti était là, fier de lui.

« Hey, Jacob ? »

Il se retourna vers moi. Immédiatement, je lui collai une droite et il s'effondra au sol.

« Espèce de connard ! » lui hurlai-je.

Je le relevai et lui en remis une autre. Emmett et Jasper me ceinturèrent pour m'empêcher de recommencer.

« Edward, ça suffit ! » m'intima Emmett.

« Em, fais le sortir. Je vais voir où est Bella. Si je reviens et qu'il est encore là, je ne garantie rien ! »

Je pris le même chemin que Bella. Mais une fois dehors, je ne la voyais pas.

« Bella ? Bella ? »

« Laisse-moi, Edward ! »

Elle s'était réfugiée dans un coin et sanglotait.

« Non, je ne te laisserai pas. » dis-je en m'approchant d'elle. Son visage était ravagé par les larmes. Elle pleurait tellement fort qu'elle en avait du mal à respirer.

« Oh, Bella… »

Sans ajouter quoique ce soit, je lui tendis les bras et elle s'y réfugia. Elle nicha son visage dans mon cou mais continua à sangloter. Soudain, je sentis ses mains saisir mon visage. Automatiquement, je baissai la tête.

« Edward, embrasse-moi. »

Je savais que je ne devais pas le faire mais j'étais incapable de reculer, de parler.

Elle posa sa bouche sur la mienne. Nos lèvres s'effleurèrent. Bella mordilla ma lèvre inférieure. Elle entrouvrit sa bouche et chercha ma langue et la trouva. C'était le paradis. J'avais enfin l'impression d'être à ma place. Je la plaquai contre moi un peu plus. J'avais besoin de plus de contact, de la sentir contre moi. Mais je revins à la réalité. Bella venait de se faire jetée de la pire façon qui soit et était complètement effondrée. Il était hors de question que je profite de ce moment. Ce serait lui faire encore plus de mal que de lui faire croire qu'il pouvait y avoir quelque chose entre nous.

Ce que j'étais sur le point de faire me déchirait le cœur. Au sens propre. Je rompis notre baiser et reculai légèrement.

« Non, non, Edward, pas toi, s'il te plait, pas toi ! » me supplia-t-elle en pleurant et en s'accrochant à moi.

« Bella, on en a déjà parlé. Je t'ai dit que rien n'était possible entre nous. »

« Mais pourquoi est-ce que tu ne m'aimes pas ? Dis moi ! Dis-moi ce que j'ai fait de mal ! »

« Mais rien, c'est pas toi. C'est moi, je… »

« Mais qu'est-ce qui va pas chez moi ? Pourquoi on ne m'aime pas ? »

« Bella…ça va passer. Avec le temps, ça va aller mieux…et puis, tu rencontreras quelqu'un de bien quelqu'un fait pour toi et … »

« ARRETE ! Tu sais ce que ça fait d'entendre la personne que tu aimes te dire qu'il ne veut pas de toi et que tu finiras par rencontrer quelqu'un d'autre ? »

« Bella… »

« Non, tu ne sais pas ce que ça fait ! Et tu sais pourquoi ? Parce que tu n'as pas de cœur ! » cria-t-elle.

Si j'en avais un. Et il était en train d'agoniser. Chacune de ses paroles était comme un coup de poignard.

« Je suis mort, Bella ! Quand vas-tu comprendre que je ne peux pas te rendre heureuse ? Regarde ce que je suis devenu, ce que ma famille est devenue à cause de moi ! »

Bella s'écarta totalement de moi et me lança un regard plein de rancœur.

« T'es qu'un lâche Edward ! »

Elle me repoussa violemment.

« T'es qu'un putain de lâche ! Tu te caches derrière ton accident parce que tu crève de trouille que quelqu'un s'approche suffisamment de toi et voit ce que tu caches ! »

« Tu sais pas de quoi tu parles, Bella ! » cria-je à mon tour.

« De toute façon, tu ne me laisseras pas vérifier, pas vrai ? »

« Je… »

« Stop ! Je ne veux plus t'entendre ! Je me suis fait humiliée publiquement par un mec que je n'aimais pas et le seul garçon que j'aime ne veut pas de moi. Ça suffit pour ce soir, tu ne crois pas ? Je m'en vais et ne pense même pas à me suivre ! Je ne suis pas sûre de mes réactions ! »

Bella me planta là. Si seulement elle savait ce que ça me faisait de la repousser, de l'entendre me balancer que je ne l'aimais pas, que j'étais lâche… je rejoignis les autres dans le club. Ils avaient tous l'air perdu.

« Où est Bella ? » demandai-je.

« Elle est rentrée en taxi. Elle ne voulait pas qu'on vienne avec elle. Je crois qu'elle voulait être seule. » répondit Rosalie. « On ferait mieux de rentrer. Je n'ai plus envie de m'amuser. »

Nous étions tous dehors. Je m'apprêtais à aller à ma voiture lorsque ma sœur me retint.

« Edward ? »

« Quoi ? »

« Il s'est passé quoi avec Bella ? »

Quand je dis que ma sœur est maligne…

« Rien. »

« Edward, tu as l'air de t'être pris un trente-deux tonnes en pleine tête. »

« Alice, n'insiste pas. il ne s'est rien passé, je suis juste fatigué, d'accord ? »

« Je n'insiste pas mais je sais que quelque chose ne va pas. Et je finirai bien par le savoir. »

Elle m'embrassa sur la joue et me laissa monter dans ma voiture. Mon appartement me paraissait étouffant. Je manquais d'air. Ouvrir les fenêtres ne m'aida pas. Tout bouillonnait dans ma tête. Je n'arrivais pas à oublier l'expression de douleur de Bella quand je l'avais repoussée.

« T'es qu'un lâche ! »

Et si elle avait raison ? J'étais complètement paumé et surtout incapable de me calmer. Il me fallait un verre. Rapidement.

Une heure après j'étais ivre, blindé comme jamais mais contrairement à d'habitude, j'étais conscient de la réalité. Cette fois-ci, j'avais vraiment tout fait foiré.

Pas très gai, pas vrai ? Mais je m'en fous parce que Jacob s'est fait éjecté hahahahaha. Bon je vous rassure y aura un happy end, je le repousse juste un peu parce que je suis tordue XD

Bon là j'ai réussi à écrire ce chapitre et à suivre les cours mais je ne garantie pas que j'y arriverais à chaque fois puisqu'on nous a gentiment rajouté deux heures de management et une heure de sociologie des publics en bibliothèque, que du bonheur quoi !

Bref, j'espère que ça vous plaira.

A très vite ^^