Chapitre 11
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Harry avait envie de pleurer et ne s'en priva pas tout en préparant le sac demandé.
Puis il se jeta sur son lit.
« Mais qu'est-ce que ça peut me faire ! pesta-t-il en donnant un coup de poing dans son oreiller……ce n'est que pour quelques jours après tout, il ne part pas au bout du monde.
Mais le problème n'était pas là et se voiler la face ne servait à rien, en réalité il avait peur.
Peur que Draco n'aille pas à la Nouvelle-Orléans seulement pour les meubles, il y avait de fortes chances pour qu'il ait des amants parmi ses fameux amis.
C'était même évident en y pensant bien et c'était intolérable pour Harry, il était jaloux à en crever.
Ce fut là qu'il comprit, il n'était pas seulement attiré par Draco physiquement, non, il l'aimait.
Il avait tout bêtement finit par tomber amoureux du blond et c'est aussi pour ça qu'il prenait autant de plaisir à s'occuper de lui.
Malheureusement, avoir mit le doigt sur ses sentiments ne le réjouit pas.
Aux yeux de Draco il n'était rien, au mieux il pourrait s'offrir à lui et lui servir de défouloir pour les soirs de solitude, mais il ne serait jamais qu'un esclave.
Il eut beaucoup de mal à s'endormir et n'y parvint qu'après avoir pleuré toutes les larmes de son corps.
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Le lendemain matin il le regarda partir en se retenant de lui courir après et de le supplier de l'emmener.
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La journée fut mortellement longue pour Harry, Draco lui manquait horriblement et il se sentait inutile, il resta taciturne tout le jour.
Ron, qui lui vivait dans le bonheur le plus absolu, ne parvint pas à le dérider malgré son insistance et ses pitreries, le soir venu il abandonna en soupirant et courut rejoindre Blaise.
Seul, Harry monta dans la chambre de Draco et s'allongea sur le lit du blond.
Il s'endormit en serrant l'oreiller contre lui.
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Ce fut la même chose les jours suivants, le brun passait son temps à guetter le retour de Draco, assit sur les marches et sans desserrer les dents.
« Mais t'es amoureux ou quoi ? finit par s'énerver Ron devant son manège.
Harry qui fixait l'horizon tourna un regard si triste et désespéré vers lui qu'il en resta saisit.
« Merde alors ! murmura-t-il en comprenant que tel était le cas……t'as pas choisit la facilité là.
« Parce que tu crois que j'ai choisit de tomber amoureux de lui ? rétorqua aigrement le brun.
« Non bien sûr ! répondit Ron en s'asseyant près de lui et en lui entourant les épaules d'un bras……je reconnais qu'il est pas si mal que ça maintenant qu'on le connaît, mais ça reste notre maître.
« Oui et moi un esclave donc il ne m'aimera jamais ! répliqua Harry avec amertume……je le sais, merci.
« Pffff ! souffla le rouquin qui le serra contre lui……ce n'est pas ce que je veux dire, mais même s'il t'aimait vous seriez obligés de vous cacher, jamais tu ne seras accepté dans son milieu, t'imagine le scandale si ça se savait? lui serait mit au ban de la haute société, ils le renieraient tous.
« Ça aussi je le sais ! murmura le brun……deux hommes ensembles ils tolèrent du moment qu'ils sont riches et bien nés, mais un esclave et un aristocrate qui s'aiment ça c'est un outrage intolérable aux bonnes mœurs.
Il posa avec lassitude sa tête sur l'épaule de son ami.
« Pourtant je l'aime tellement que je serais prêt à tout supporter pour lui ! reprit-il à mi-voix……si seulement il pouvait m'aimer, qu'importe le reste du monde ?
Ron ne répondit pas, il le garda juste contre lui.
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Dix jours passèrent et Harry se rongeait les sangs d'inquiétude.
Pourquoi Draco mettait-il autant de temps à revenir?
Qu'est-ce qui pouvait, ou plutôt qui pouvait bien le retenir là-bas?
Le brun se torturait en imaginant le blond dans les bras d'hommes tous différents à chaque fois et la jalousie le minait.
Il avait beau se dire que c'était stupide de sa part, qu'il n'y avait rien entre Draco et lui et qu'il était donc libre de faire ce qu'il voulait, rien n'y faisait.
Les sentiments ne se maîtrisent pas.
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Enfin le onzième jour, en fin d'après-midi, Draco revint.
Harry qui était assit sur les marches, guettant une fois de plus son retour, le vit venir de loin, sur le chemin qui menait à l'embarcadère.
Le cœur gonflé de joie et battant à tout rompre il se leva.
Puis subitement il fronça les sourcils, Draco n'était pas seul.
« Un invité? Se dit-il.
Un jeune homme, qu'il ne voyait pas très bien à cette distance, l'accompagnait et marchait à ses côtés en le tenant familièrement par un bras et faisant tourner négligemment une canne de sa main libre.
Derrière eux l'un des gardes de l'embarcadère tirait une petite carriole remplie de malles.
Lentement ils se rapprochaient et Harry pu mieux l'observer, il était plus petit que Draco, mince, ses cheveux bruns et mi-longs étaient retenus sur sa nuque par un catogan et il était plutôt agréable à regarder.
Mais ce que vit surtout le brun c'est le regard amoureux qu'il posait sur Draco en levant la tête vers lui.
À cette seconde Harry le détesta.
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Comme ils arrivaient à sa hauteur les yeux de Draco croisèrent les siens et il se sentit prit de faiblesse, il aurait donné n'importe quoi pour avoir le droit de se jeter à son cou et le dévorer de baisers.
« Bonjour Harry! Fit le blond en s'arrêtant......tout c'est bien passé durant mon absence?
« Oui maître! Répondit le brun, les yeux étincelants de joie.
Draco cacha le sourire qui lui vint, c'était très rare qu'il l'appela ainsi et cela l'amusa.
« Voici Mr Eldwin! Reprit le blond en présentant le jeune homme à ses côtés......c'est un ami très cher qui va passer quelques temps avec nous, montes ses bagages dans ma chambre.
Cette fois il n'y avait plus de doute à avoir sur la relation qu'ils entretenaient et le cœur d'Harry fit une chute dans sa poitrine tandis qu'un froid glacial l'envahissait.
« Vous vous trompez je crois, dans une chambre d'amis vous voulez dire, n'est-ce pas? Demanda-t-il d'une voix éteinte.
Le dénommé Eldwin fronça les sourcils et le toisa avec hauteur.
« Tu laisses un esclave discuter tes ordres et te parler de cette manière? Fit-il à Draco.
Cette fois ce fut de la haine pure que le brun ressentit devant ses yeux noirs dédaigneux et il baissa la tête pour tenter de la cacher.
Le blond eut un mouvement d'épaule agacé, Harry avait l'habitude de lui parler assez librement et lui n'y voyait pas d'inconvénient, il restait quand même toujours correct et il n'avait aucune envie de le reprendre juste pour faire plaisir à son petit-ami.
« Harry fais ce que je t'ai dit! Soupira-t-il simplement, puis il entoura d'un bras la taille d'Eldwin et l'entraîna à l'intérieur.
Le brun les regarda disparaître la rage au cœur.
Le garde le rappela à l'ordre, il attendait pour ramener la carriole et Harry descendit les quelques marches pour se saisir avec colère de la première malle.
Il la remonta en peinant jusque dans le hall où Ron qui arrivait vint lui donner un coup de main.
« C'est qui celui-là? S'enquit avec curiosité le rouquin, il avait croisé Draco et Eldwin.
« Son amant! Marmonna le brun.
« Aïe! Fit Ron qui plaignit son ami d'avoir à subir ça, voir celui qu'on aime de tout son être dans les bras d'un autre devait être horrible.
Il essaya d'imaginer ce que ça lui ferait si c'était Blaise et préféra y renoncer rapidement, ça lui donnait des envies de meurtre.
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Les malles montées le rouquin le laissa et Harry qui savait que cela faisait partit de ses attributions se décida à les défaire.
Il ne s'y décida qu'à contrecœur, il les aurait volontiers balancé par dessus la rambarde et allumé un feu de joie avec.
Mais il se refusa à ranger les vêtements d'Eldwin avec ceux de Draco.
Il choisit d'utiliser le grand placard mural qui ne servait à rien en général, il le vida des quelques babioles qui s'y trouvaient et y entassa les affaires du jeune homme, avec un soin tout relatif.
Les malles vides il les fit entrer à coups de pieds au fond du placard et se frotta les mains.
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Le soir venu Draco et Eldwin dînèrent en tête-à-tête dans la salle à manger et la rancœur d'Harry à l'égard du nouveau venu s'accrut encore.
À cause de lui il perdait un de ses moments favoris, les discussions avec le blond tandis que ce dernier prenait son repas.
Abattu il comprit que ces moments-là ne se reproduiraient plus.
De chagrin et de rage il en donna un violent coup de poing contre un des murs de son cagibi et n'y gagna qu'une douleur qui lui fit monter les larmes aux yeux.
Mais la soirée n'était pas terminée et le pire eut lieu un peu plus tard.
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A bientôt!
