Voilà le chapitre 11 ! Et enfin le passé d'Alice promis depuis si longtemps ! Par contre, je dois avouer que je n'ai pas réussi à le faire 100% de son passé. Enfin vous verrez le début.

Bonne lecture !

Alice

Je fixais la fiole d'un air songeur. Elle était toute petite et contenait environ 10 cl d'un liquide étrange qui changeait de couleur. Une drôle d'odeur s'en échappait, parfois elle était aussi attirante que le sang humain, d'autre encore plus repoussante que la nourriture humaine. J'hésitais et tout le monde le savait. Carlisle m'attrapa les épaules et me força à le regarder dans les yeux.

-Alice, tu n'es pas obligée de le faire.

-Je sais mais il faut que je le fasse.

C'était absolument vrai. J'avais besoin de savoir. J'étais juste inquiète de comment je réagirais à cette substance. Nous avions décidé que je n'en boirai que quelques gouttes pour commencer puisqu'on ignorait combien de temps je replongerais dans mes souvenirs. Carlisle me serra fort contre lui.

-Sois prudente.

Je ris à ses paroles. Ce n'est pas comme si j'allais faire la guerre, non, je repartais juste dans mes souvenirs. Ca ne pouvait pas être si dangereux. Si ?

Je dis au revoir à chaque membre de la famille. Nessie reniflait d'un air tristounet.

-Tu vas me manquer tante Alice.

-Ne t'inquiète pas Nessie, je reviendrais. Et je te charge du shopping pendant mon absence, il ne faut pas que mes cartes de crédit refroidissent !

Elle sourit légèrement.

-C'est promis.

Finalement, je me retrouvais face à Jasper. Il me prit tendrement dans ses bras et m'embrassa sur le front.

-Tu es sûre que c'est ce que tu veux ? me demanda-t-il pour la dix-septième fois.

-C'est le seul moyen.

Je me blottis contre lui, inspirant longuement son odeur. J'aimerais bien qu'il puisse venir avec moi mais il ne fait pas partie de mon passé.

-Je t'aime, murmurais-je.

-Moi aussi je t'aime.

Après plusieurs minutes merveilleuses contre lui, je finis par m'écarter et repris ma position initiale, c'est-à-dire face à la fiole, indécise.

-Tu sais, tu n'es pas…

-Oui bon ça va ! cria Jacob, elle a compris !

Doucement, j'attrapais le petit flacon et l'ouvrit. Je le portais lentement à ma bouche et bus quelques gouttes. C'était une sensation étrange d'avaler autre chose que du sang. Pourtant ce n'était pas aussi répugnant que la nourriture humaine.

Alors que je sentais le liquide se répandre dans mon corps, je me sentis toute engourdie. Mes paupières devinrent étonnement lourdes et je vacillais. Quelqu'un, Jasper je crois, me rattrapa alors que je sentais mes jambes céder.

***

-Réveille-toi !

J'ouvris difficilement les paupières, j'avais mal partout et les souvenirs de cette nuit me terrifiaient. Pourquoi moi ?

-Enfin ! Dix minutes que je t'appelle.

Une infirmière se tenait devant moi, un plateau entre les mains.

-Lève-toi, mange et sois prête dans trente minutes, tu vas rencontrer ton psychologue. Et change de vêtement. Depuis combien de temps portes-tu ce pyjama ? C'est dégoutant !

Sur ces mots, elle posa le plateau et quitta la pièce sans même me demander pourquoi mon oreiller était trempé. Je sortis de mon lit un peu trop rapidement car je perdis l'équilibre. Je me rassis le temps que la pièce s'arrête de tanguer. Je regardais mon plateau. Du lait qui commençait à devenir légèrement jaune, une tartine dure comme du bois et de la confiture à l'apparence plus qu'inquiétante. Je sentis mon cœur se soulever détourna la tête. D'habitude, j'arrivais à grignoter un truc mais aujourd'hui c'était trop dur. J'ouvris l'armoire, à laquelle je n'avais pas touché depuis mon arrivée ici, préférant garder mon pyjama, seul lien avec ma vie d'avant, ma liberté. Des tas de vêtements blancs sont empilés sur les étagères. Tous les mêmes, aucune diversité, aucune couleur. J'attrape un pantalon et une blouse et me dirige vers la salle de bain.

La salle de bain est la seule pièce où je cours le risque de rencontrer quelqu'un d'autre qui ne soit ni médecin ni infirmière. Je n'en ai jamais croisé, excepté quand j'ai été dans la salle commune. J'ouvris doucement la porte, blanche bien évidemment, et entrais dans la pièce. Une rangée de lavabos, dix au total me faisaient face. Je m'approchais de l'un deux et me rinçais le visage. L'eau était glacée comme toujours. Nous n'avions droit à du savon qu'une fois tous les trois jours. Je sortis mon gant de toilette qu'ils m'avaient donné le jour de mon arrivée et enlevais mon pyjama. Je passais le gant humide sur chaque parcelle de mon corps, frottant comme jamais. Je me sentais sale. Impure. Cet homme abject m'a touché, il m'a contaminé.

-Oh désolée.

Je sursautais et me retourna, la fille maigre de l'autre jour est là. Elle avait une main sur la poignée de la porte et rougissait. Je baissais les yeux sur mon corps nu et rougit à mon tour.

-Je suis désolée, répéta-t-elle avant de sortir précipitamment.

Une minute entière s'écoula avant que je ne réagisse. Je mis les vêtements que j'avais préparé et sortis de la salle de bain. Pourvu que la fille ne soit pas restée dans le couloir…

Ouf, personne en vue. Je regagnais rapidement ma chambre et m'assit sur mon lit. Je ne bougeais pas d'un centimètre jusqu'à ce que l'infirmière revienne.

-Ah tu es prête ! Et tu as changé de vêtements, c'est bien.

Son regard se posa sur le plateau intact.

-Mais, tu n'as rien mangé !

-J'ai pas faim, murmurais-je.

-C'est bon pour aujourd'hui mais j'espère que tu ne vas pas devenir comme Emeline.

Elle me sourit, d'un air qu'elle voulait sans doute gentil, voir maternel mais elle me dégoûtait. Elle était comme les autres, ceux qui me gardaient enfermée ici alors que j'étais parfaitement normale.

-Tu vas pouvoir rencontrer ton psychologue aujourd'hui, tu es contente ?

Je ne bronchais pas, je n'avais pas besoin d'un psy. J'étais normale.

-Il va t'aider à comprendre pourquoi tu imagines ces visions et après tu pourras rejoindre ta famille.

Je n'imagine rien du tout ! J'ai vraiment ces visions ! Elle me fit signe de la suivre et m'emmena dans un cabinet de médecin. Elle me dit de m'installer dans un des deux fauteuils et d'attendre. Le allait bientôt arriver. Je m'assis alors qu'elle quittait la pièce. Des images soudaines apparurent dans ma tête. Elle me montrait en train d'ouvrir le tiroir du bureau. Pourquoi ? Je ne sais pas. Mais ces images ne m'ont jamais trahie. Je me levais donc et m'approchais du bureau. Le tiroir était un peu rouillé mais je réussis à l'ouvrir. Il contenait des tas de feuilles et le journal du jour. Le 24 avril. Cela faisait seulement onze jours que j'étais ici. Et pourtant j'ai l'impression que cela fait une éternité. Une nouvelle image apparut et je me vis ouvrir le journal à la dernière page. Une nouvelle fois, je décidais de suivre ce conseil.

La dernière page était celle où l'on annonçait les décès. Un nom en particulier attira mon attention.

Mr et Mme Brandon ont la tristesse de vous annoncé la mort de leur plus jeune fille. Mary Alice Brandon est décédée suite à une mauvaise chute ce 13 avril. La fillette venait d'avoir 12 ans et l'enterrement s'est passé dans la plus stricte intimité.

Je sentis mon cœur se serrer. Alors voilà, j'étais morte. Mes parents ne m'avaient donc jamais aimé ? Non. J'étais la fille indésirée, la folle qui avait des visions. Je n'étais qu'un fardeau dont ils s'étaient empressés de se débarrasser. Ils n'avaient même pas le courage d'avouer au monde qu'ils avaient abandonné leur enfant. Je les déteste. Et Cynthia ? Est-elle au courant ? Savait-elle leur plan ? Y a-t-elle participé ? Ou pense-t-elle réellement que je suis morte ?

Le grincement de la porte me vit sursauter. Je me retournais et put constater qu'un homme était entré dans la pièce. Il devait avoir une cinquantaine d'années, ses cheveux grisonnants s'accordait parfaitement avec son air fatigué. C'était sans doute le docteur Kersten. Il parut surpris de me trouver par terre avec un journal dans les mains. Je me redressais lentement et avança dans sa direction. Je n'étais pas sûre mais je croyais avoir vu son regard s'allumer lorsque j'ai maladroitement repositionné ma blouse.

-Viens Mary, approche-toi. Nous allons passer de bons moments ensemble.

Je figeais sur place, totalement paralysée. Cette voix…c'était sa voix. Celle de l'homme de cette nuit. C'était lui !

La peur m'envahit. Pourquoi ? Pourquoi encore moi ? Qu'ai-je fait de si affreux pour mériter ça ? Il me regarda, avec ses yeux qui me reluquaient comme si j'étais une confiserie et la peur fit place au dégoût. Mais ce n'était pas lui qui me dégoûtait. Non, c'était moi.

Depuis que j'étais arrivée ici, je les laissais faire sans réagir. Je les laissais me détruire de l'intérieur. Il fallait que je lutte. Je n'avais pas le choix.

Une montée d'adrénaline traversa mon corps et pour la première fois depuis longtemps, je fis ce que je voulais, je partis en courant.

Il ne me fallut pas longtemps pour comprendre que ma fuite était vaine. J'étais prisonnière dans ce labyrinthe blanc et glacial. Le regain d'énergie qui m'avait envahit avait disparu et je laissais à nouveau le désespoir m'envahir. Je savais où aller. Ma chambre me faisait penser à cette nuit et à cet homme qui était là, quelque part, et qui avait certainement le total contrôle sur ma vie désormais. Me rendre dans la salle commune m'effrayait, et si jamais je recroisais un de ces fous ? Et je ne pouvais pas rester dans le couloir. N'importe qui pouvait passer.

En désespoir de cause, j'entrais dans la salle de bain et y avançais comme un zombie. Lorsque je passais devant le seul miroir, ce que j'y vis ranima le dégout envers moi.

Ma peau était presque translucide à force d'être renfermée, mes yeux rougis par les larmes étaient entourés par d'énormes cernes, mes lèvres étaient pincées et presque aussi blanche que ma peau. Mes longs cheveux noirs, habituellement doux et soignés, partaient dans tous les sens, me faisant ainsi ressembler à une folle. Voilà ce que j'étais, une folle.

Sans même l'avoir décidé, je vis mon poing s'écraser au milieu du miroir, qui éclata en des centaines de morceaux de verre. La douleur qui se répandit dans mon poing me fit du bien, et pour la première fois depuis longtemps, j'eus l'impression d'être vivante. Galvanisée par cette sensation, je me mis à frapper les morceaux de miroir qui recouvraient à présent le sol. Encore, et encore, et encore, …Mes larmes coulaient toutes seules, et tombaient sur mon poing en sang. La douleur monta le long de mon bras jusqu'à mon épaule, et je continuais à frapper.

Je sentis quelque chose bloquer mon poing en l'air et j'arrêtais de respirer. L'homme m'avait-il suivit ? Qu'allait-il me faire ? Non, ce n'était pas lui. La main qui retenait mon poignet était plus petite, plus douce. Je sentis la personne s'approcher de moi et me serrer contre elle. Son étreinte me fit du bien, ça me faisait penser à l'époque où Cynthia me consolait. Je pleurais dans les bras de cette personne inconnue. Je pleurais comme je n'avais jamais pleuré. Le chagrin que je réprimais depuis si longtemps, des années, put enfin sortir et relâcher l'emprise qu'il avait sur ma poitrine.

Alors ? Selon vous, qui c'est qui console Alice ? Ca me fait trop bizarre de l'appeler Mary et j'ai peur de me tromper de prénom à un moment ou un autre. Et, j'aurais peut-être du le préciser plus tôt dans l'histoire mais, comme vous venez de le lire, Mary a les cheveux longs.

Sinon, j'aimerais votre avis. Tout le monde sait qu'un médecin est un vampire et qu'il va la transformer, et non, je ne l'ai pas oublié ! Sauf qu'il lui faut un prénom…je voudrais un prénom masculin (ben oui, je ne vais pas l'appeler Claudette) qui sonne ancien. J'ai pensé à Léandre. Qu'est ce que vous en dites ? Si vous avez des idées, je suis toute ouïe !

Review ?