Titre : Par Merlin !

Disclaimer : L'univers de cette fanfiction est le bébé (qui a bien grandi quand même) de JKR, nous ne faisons que l'utiliser afin d'assouvir nos désirs les plus fous ! Nous ne touchons aucune rémunération pour la publication de cette histoire. Notre salaire ? Vos reviews ! (et c'est gratuit !)

Pairing : Slash, Het, Yaoi. HP/OC, HG/DM et autres.

Rating : T

Nbr de chapitres : 33

Auteures : EpsilonSnape et Pauu-Aya

Beta : AudeSnape

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Chapitre 12

Les sept jambons maléfiques

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« … et donc qu'en ajoutant la fleur de l- »

Merline s'interrompit en voyant le regard lointain de Draco. Elle se planta devant lui, bien qu'elle ne lui coupait pas la vue à cause de sa petite taille, et continua :

« Je disais donc qu'en ajoutant la fleur de lampadaire dans la purée de furoncle, avec un peu de chaussette en forme de citrouille, tu obtiens l'ouverture tridimensionnelle des portes des sept jambons maléfiques. Oh ! Tu m'écoutes ? »

« Hein ? » demanda Draco de façon très peu Malfoyenne, la regardant à nouveau.

Merline soupira et se retourna pour comprendre ce qui avait tant attiré le regard de Draco. Elle sourit lorsqu'elle vit deux silhouettes bien connues marcher en direction du château : Hermione Granger et Harry Potter.

C'était la rentrée des vacances et Merline l'avait presque oublié. En tout cas, les deux amis avaient l'air d'avoir passé deux semaines agréables alors qu'ils se souriaient, dans leurs beaux vêtements qui paraissaient neufs. Hermione était particulièrement mignonne vêtue comme une véritable sorcière de haut rang et, apparement, le peigne qu'elle lui avait offert avait été utilisé.

Elle se tourna vers Draco qui, les joues légèrement rougies, regardait à nouveau les deux Gryffondors.

« Elle est brune, » dit-elle simplement.

« Elle est brune, » confirma Draco, baissant les yeux, l'air gêné.

C'était ce qu'il y avait de plus proche d'un aveu pour Draco, et Merline en était bien consciente. Elle n'allait pas le pousser plus loin. Ou du moins, pas aujourd'hui. La Serpentard hésitait à aller vers Hermione. Draco ne serait pas à l'aise et probablement que Harry non plus. Cependant, elle restait son amie, et ça la frustrait vraiment de se retenir.

Merline n'hésita pas longtemps. Hermione venait de les apercevoir et avançait vers eux, tirant Harry par le bras. Elle ne le lui lâcha que lorsqu'ils furent à quelques mètres des deux Serpentards. Le brun s'immobilisa alors, et Hermione s'approcha encore un peu.

« Bonjour Merline, bonjour Malfoy. Bonne année. »

« Bonne année à toi aussi Hermione, » répondit Merline tandis que Draco se contentait d'un grognement. « Et bonne année Harry. »

Le son qui sortit de la gorge du Gryffondor ressemblait en tout point à celui du blond. Les deux jeunes femmes échangèrent un sourire moqueur.

« Comment se sont passées vos vacances ? » s'enquit Merline.

« Très bien ! Le parrain d'Harry est un enfant dans un corps d'adulte aussi avais-je l'impression d'être la plus sensée de tous la plupart du temps, mais on s'est bien amusés. Et merci beaucoup pour ton cadeau. »

Elle accompagna ses paroles d'un geste de la main, passant ses doigts dans les boucles légères qui retombaient sur ses épaules.

« Cette coiffure te va très bien ! »

« Oh, » rougit Hermione. « Merci. C'est Harry qui me l'a faite. J'ai essayé toute la semaine, mais je ne suis vraiment pas douée pour les tresses. »

« Quel talent ! Peut-être devrais-je me laisser pousser les cheveux pour profiter de l'attention, » gloussa Merline.

Elle n'attendit pas la réaction du Gryffondor pour s'adresser à nouveau à Hermione.

« Merci à toi pour le livre. Je l'ai lu entièrement pendant les vacances. C'était très instructif et intéressant. »

« Je suis contente qu'il t'ait plu, » répondit Hermione avec un sourire. « On ne se connait pas encore beaucoup et j'avais peur de tomber à côté. Si tu aimes ce genre de livre, il y en a plein à la librairie de Pré-au-Lard. Elle est tenue par Remus, le meilleur ami du parrain à Harry. Il est très compétent et connaît chaque livre. Il va d'ailleurs recevoir prochainement un grimoire prometteur de potionniste, attendu par les connaisseurs depuis des mois. »

« J'aimerais beaucoup y aller ! » s'extasia Merline.

« Que dirais-tu de venir avec nous à la prochaine sortie de Pré-au-Lard ? On te présentera à Remus. Il était professeur à Poudlard lorsque nous étions en troisième année. »

« J'adorerais ça ! »

« C'est parfait alors ! Malfoy, tu pourras venir aussi, » déclara Hermione, avant de reprendre sans attendre de réponse. « Je suis désolée, mais nous allons vous laisser. Je meurs de faim ! » dit-elle en reculant pour prendre à nouveau le bras de Harry et le tirer vers le château.

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« Merde, » jura Harry en courant dans les couloirs du château.

C'était le premier cours de la nouvelle année, et il allait déjà être en retard. La matinée avait pourtant bien commencé. Il avait retrouvé Hermione dans leur salle commune pour descendre prendre le petit déjeuner, avait avalé, ou plutôt englouti, son bol et ses tartines puis ils s'étaient dirigés vers la serre pour leur cours de botanique, en commun avec les Poufsouffle.

Ils étaient entrés dans la pièce avec cinq minutes d'avance, discutant de tout et de rien, quand Harry s'était rendu compte qu'il avait oublié son devoir sur sa valise. Il l'avait déposé là quand ils étaient entrés à Poudlard et n'avait pas pensé à le mettre dans son sac. Le brun était donc parti le chercher en vitesse et dévalait maintenant les escaliers quatre à quatre pour éviter d'empirer son retard.

Harry tournait à un angle de couloir quand il rencontra une masse. Le choc fut violent et l'éjecta sur le sol. Il tomba sur les fesses, faisant valdinguer ses lunettes. La personne qu'il avait percutée ne s'en sortit pas beaucoup mieux : elle se rattrapa in extremis au mur mais les nombreux livres qu'elle tenait s'étalèrent dans un bruit fracassant et un cri de douleur lui échappa quand le plus gros des ouvrages retomba sur son pied.

« Désolé, » s'excusa aussitôt Harry en cherchant ses lunettes.

Il maudit une nouvelle fois sa vue qui ne lui permettait pas de voir à trente centimètres sans ses verres. Il n'eut pas à chercher très longtemps, une main fine déposa ses lunettes sur son nez. Harry cligna des yeux un instant. Devant lui se tenait Merline, accroupie, un sourire sur les lèvres.

« Tu devrais faire attention, » dit cette dernière gentiment.

« Désolé, vraiment ! » répéta le brun. « Je vais t'aider à ramasser tout ça. »

Il se releva légèrement, s'accroupissant à son tour pour ramasser les livres tout autour d'eux. Il y en avait autant qu'Hermione en promenait d'habitude, avec, pour certains, des mots qu'il ne comprenait même pas en guise de titre. Il redressa la tête pour savoir ce que voulait dire "de natura et elementa magicae" mais s'arrêta lorsqu'il vit quelque chose sur le cou de Merline.

C'était un tatouage magique en encre grise et joliment nuancé. Il dépassait de son col et si Harry ne pouvait pas voir le bas, il savait très bien ce que c'était : des bois de cerf. Ils étaient positionnés symétriquement de chaque côté de sa gorge, d'un réalisme surprenant, entremêlés de fleurs et feuilles de lierre.

Harry ne put s'en empêcher, il leva la main pour pouvoir le toucher, mais se ravisa après quelques secondes, lorsqu'il s'aperçut de ce qu'il était sur le point de faire.

« Je… » bafouilla-t-il devant les yeux de Merline qui le fixait. « Désolé. Ton tatouage est vraiment très beau, » dit-il ensuite.

« Merci, » répondit la jeune femme avec un sourire rayonnant. « Le cerf est un animal que j'aime particulièrement. Il est un symbole de douceur. C'est l'énergie du coeur. »

« Je ne le savais pas… » murmura Harry, les yeux toujours fixés sur la gorge de la jeune femme.

Pour lui aussi le cerf était un animal particulier. C'était son Patronus, l'animagus de son père. C'était ce qui l'aidait à repousser les détraqueurs alors même qu'il entendait le cri de désespoir de sa mère en train de mourir.

« Pourquoi courais-tu comme ça ? » demanda Merline, le sortant de ses pensées.

Harry mit un petit moment à réagir, essayant de se souvenir de la raison pour laquelle il était aussi pressé avant de percuter la Serpentard.

« Merde ! » dit-il à nouveau, se relevant subitement. « Je suis désolé Holmes, je suis en retard en cours. »

Il lui rendit les livres qu'il avait ramassés avec empressement et elle les accepta avec un sourire. Il allait partir lorsqu'elle le retint, lui tendant un journal qu'il attrapa sans vraiment y penser.

« Je ne sais pas si tu l'a lu… » dit-elle. « Mais j'ai remarqué que tu n'étais pas abonné. Je pense que tu devrais regarder. Il y a des choses qui te concernent. »

Avec un dernier sourire, elle enroula son bras autour de ses livres et repartit tranquillement dans le couloir. Harry rangea le journal rapidement dans son sac puis il reprit sa course vers la serre. Quand il arriva, il s'excusa platement, tendit son devoir à Madame Chourave, la professeur de botanique. Il s'installa à côté d'Hermione qui lui avait gardé une place et sortit ses affaires.

Ce faisant, il fit tomber le journal sur la table. Jetant un oeil au professeur, qui parlait d'une plante qu'il connaissait déjà grâce à Neville, il l'ouvrit, curieux de voir de quoi parlait Merline.

Une promotion au Ministère !

Aujourd'hui, une promotion a été attribuée à Arthur Weasley, travaillant au Service des Détournements de l'Artisanat Moldu. Après le départ du chef du département, Monsieur Hamilton, Monsieur Weasley s'est vu offrir le poste, pour son travail sérieux et son ancienneté au sein du Ministère. Un pot en son honneur est prévu ce mardi, visant à l'accueillir dans ses nouvelles attributions, sous le regard fier de tous les membres de sa famille nombreuse.

Harry sourit en lisant l'article. Il était heureux pour les Weasley qui avaient toujours eu tellement de mal à joindre les deux bouts. C'était une chance pour eux de pouvoir gagner un peu plus d'argent. Mais peut-être était-ce une chance qui s'appellait Sirius… Harry savait parfaitement que son parrain avait quelques contacts au Ministère et qu'il voulait remercier la famille de Ron pour le geste de celui-ci, sans pour autant laisser penser qu'il s'agissait de charité.

Il jeta un regard vers leur professeur, écouta quelques secondes mais elle était toujours en train de présenter la plante. Machinalement, il referma le journal pour regarder les premiers titres. Ses sourcils se fronçèrent. Il était habitué aux titres aguicheurs de la Gazette mais celui-ci était particulièrement dur. Il lut en partie l'interview que Percy avait donnée à Skeeter et ses phalanges serrèrent le papier.

Il sentit un mélange de culpabilité et de rage l'envahir. Le roux cherchait-il l'attention au point de dire ce genre de choses ou bien avait-il toujours détesté Harry sans rien dire ? Ce n'était cependant ni le lieu, ni le moment pour s'énerver. Le brun prit une grande inspiration et mit en place les techniques d'Occlumancie que Snape lui avait apprises. D'abord, trouver une paix intérieure pour se calmer. Ensuite, trier l'information selon son importance : à retenir, à oublier, à étudier plus tard. Il mit l'article de journal dans la troisième catégorie et souffla lentement par la bouche.

« Mr Potter ! »

La voix de Madame Chourave résonna dans toute la serre. Harry ouvrit soudainement les yeux et releva la tête vers son professeur. Il retint son envie de plier le journal et de le ranger dans son sac, se disant que ça ne ferait qu'attirer encore plus l'attention sur lui. Il se contenta donc de le tenir sous la table de travail.

« Vu que vous semblez écouter avec grande attention mon cours Mr Potter, pouvez-vous me dire quelle est la particularité de cette plante ? »

Harry vit Hermione lui jeter un regard paniqué et d'autres camarades des regards de compassion. Seul Neville lui sourit, encourageant.

« En fait, l'achillée sternutatoire est connue pour deux particularités, » expliqua alors le brun, surprenant tout le monde. « Premièrement, pour l'utiliser dans le philtre de Confusion, il faut l'écraser à la main et pas avec un mortier afin d'obtenir un meilleur résultat. Deuxièmement, si on la cueille le soir, ses pétales dégagent un spore inoffensif sur l'homme mais qui a des propriétés apaisantes chez le Boursouf. »

« Hé bien… hum, oui vous avez tout à fait raison. Vingt points pour Gryffondor. » déclara Madame Chourave, quelque peu étonnée.

Harry sourit gentiment à sa professeure avant d'adresser un regard vainqueur à Neville. Ce dernier, fier que son ami ait retenu ce qu'il lui avait dit, leva son pouce en l'air.

Le reste de la journée s'écoula sans problème. Ils assistèrent à leur cours de potions, en commun avec les Serpentard une fois celui de botanique terminé, puis Hermione et Harry s'étaient mélés à leurs camarades de Gryffondor pendant l'heure du repas, au plus grand plaisir de ces derniers. Leur premier cours de l'après-midi avait été celui de défense contre les forces du mal et les deux amis s'étaient ensuite séparés. Harry était allé à son cours de divination qu'il n'avait pas pu abandonner et Hermione à son cours d'Arithmancie.

Quand cette dernière sortit de sa salle une fois sa matière terminée, elle vit qu'Harry l'attendait déjà, adossé à un mur non loin de la porte.

« Tu es déjà sorti ? » s'étonna-t-elle.

« Oui, Trelawney s'est assommée avec sa boule de cristal, alors on a terminé plus tôt, » expliqua Harry avec une grimace.

Hermione laissa échapper un rire.

« Vous êtes vraiment bien servis avec elle. »

Harry ne put qu'aller dans le sens de son amie. Il sortit ensuite un parchemin de son sac et le tendit à son amie.

« Tiens, c'est ma partie pour le devoir de potions. »

Hermione le remercia et le rangea dans son propre sac. Le temps qu'elle fasse ça, Harry partait déjà en direction de leur salle commune, surement pour retourner réviser de son côté. Cependant, ce soir-là, Hermione avait d'autres projets. Elle partit à la suite de son ami et attrapa son poignet.

« Oh non Harry ! Ce soir, tu viens avec moi. »

« Mais, 'Mione… » tenta de protester Harry.

« Il n'y a pas de "Mais 'Mione" qui tienne. Ecoute, je suis très contente que tu prennes tes études à coeur, mais j'en ai marre de te voir t'enfermer dans ton dortoir. Alors tu vas venir réviser avec Merline et moi, à la bibliothèque. »

Hermione omit sciemment de mentionner Malfoy. Si elle voulait qu'Harry vienne avec elle, ce n'était pas le meilleur argument.

« Je suis très bien dans mon dortoir. »

« Ecoute-moi bien Harry James Potter, » le menaça Hermione en sortant sa baguette. « Je te jure que tu vas venir avec moi sinon…. sinon je t'y emmène à coup de coup de pied au cul ! »

Harry écarquilla grand les yeux face à la menace, puis éclata de rire. La brune, vexée qu'il le prenne comme ça, rangea sa baguette et contourna son ami, toujours hilare. Elle leva alors légèrement son genou droit, et donna une tape sur les fesses de son ami. Loin de le calmer, cela ne fit qu'accentuer l'hilarité du brun.

« Allez Harry ! C'était un ordre et non une requête ! » dit-elle avec le nez en l'air qui rappelait étrangement quelqu'un à Harry.

Celui-ci secoua la tête et suivit son amie qui était partie en direction de la bibliothèque, sachant pertinemment qu'il la suivrait. Il se demandait vraiment si c'était une bonne idée. Bien que Holmes avait l'air gentille, il était toujours très mal à l'aise avec les Serpentards, étant donné que la plupart le voulait mort. Il n'aimait pas les préjugés, mais c'était un fait : Malfoy le haïssait, Crabb et Goyle suivaient l'avis de Malfoy, Parkinson le raillait dès qu'elle en avait l'occasion et les autres se contentaient de lui lancer des regards dédaigneux à chaque instant.

Non vraiment, l'histoire entre les Serpentards et lui n'était pas un long fleuve tranquille.

Lorsqu'ils pénétrèrent dans la bibliothèque, ils reçurent un coup d'oeil énervé de Madame Pince. Effectivement, ils avaient oublié que la porte grinçait si elle était poussée trop loin sur ses gonds. Hermione fit un sourire timide et marcha vers la table où elle distinguait des cheveux noir bleuté et des cheveux blonds presque blancs.

Elle entendit Harry l'appeler entre ses dents alors qu'il la suivait, mais n'y fit pas attention. Elle s'empara simplement de son poignet pour le traîner et l'asseoir de force sur le siège en face de celui de Malfoy.

« Bonjour, » murmura-t-elle joyeusement.

« Bonjour Hermione. On parlait justement du devoir de sortilège du Professeur Flitwick. J'ai noté qu'il fallait expliquer les effets du sortilège Obliviate, Draco a écrit les effets secondaires. Tu sais ce qu'est exactement l'intitulé du devoir ? »

« Malfoy a raison, » répondit Hermione après avoir relu ses notes.

Celui-ci gonfla le torse en regardant Merline de haut, un sourire vainqueur sur le visage. Il reprit bien vite sa façade neutre lorsqu'il s'aperçut que les deux Gryffondors l'observaient.

Harry secoua la tête et ouvrit son sac pour en sortir son devoir, plongeant dans son grimoire avec la ferme intention de ne pas en relever le nez durant toutes les heures qu'il passerait dans cet endroit. Mais ce n'était pas parce qu'il ne regardait pas, qu'il n'écoutait pas et il fut assez surpris par les interactions entre les autres personnes assises à la table.

« Draco n'arrive pas à faire ce sortilège, » déclara Merline.

« Un Malfoy sait tout faire, » déclara le blond les dents serrées. « C'est juste qu'il lui faut parfois plus de temps… »

« Et bien sache qu'une Granger a aussi mis du temps, » déclara Hermione. « Et qu'elle peut expliquer à un Malfoy comment elle a fait pour y arriver. »

« Vas-y Granger… » grogna Draco.

« Seulement si tu m'appelles Hermione, » répondit perfidement la jeune fille.

Après un silence, Draco reprit :

« Vas-y… Hermione… » siffla-t-il.

« Très bien… Draco ! » enchérit la brune, avec un sourire en coin.

Harry manqua de s'étrangler mais n'osa rien dire. Il ne voulait pas passer pour le rabat-joie devant les deux Serpentards, il attendrait d'être seule avec Hermione pour en parler. Il se contenta donc de lire son grimoire et de prendre des notes, écoutant d'une oreille. Pendant l'heure qui suivit, Hermione tenta d'enseigner à Draco le sort, tandis que Merline et Harry révisaient de leur côté.

« On devrait aller manger, » finit par déclarer Merline.

Ils rangèrent leurs affaires, Harry plus lentement que les autres. Hermione devina que c'était pour ne pas faire le trajet jusqu'à la Grande Salle en compagnie des Serpentards. Elle hésita un instant à partir sans lui pour lui montrer qu'elle aurait bien voulu rester un peu plus longtemps avec Merline, mais se retint et l'attendit. Après tout, il avait déjà fait un effort en restant toute l'heure avec eux.

« C'était quoi ça ? » s'exclama Harry dès qu'ils eurent passé les lourdes portes de la bibliothèque.

« Quoi ? »

« Draco ? Hermione ? Vraiment ? »

Hermione vit rouge.

« Hé bien quoi ? Ca fait un mois que je révise quasiment tous les jours avec Merline et lui, c'était stupide de continuer à nous appeler par nos noms de famille. »

Un rire jaune lui répondit. Elle s'arrêta dans le couloir et se retourna pour faire face à son ami.

« Quel est ton problème Harry ? » s'énerva-t-elle.

« Mon problème c'est que tu as l'air d'oublier le petit con prétentieux qu'il est et le nombre de fois où il t'a traitée de Sang-de-bourbe. »

« Je n'ai rien oublié ! » s'exclama Hermione. « Et j'ai bien l'intention qu'il me présente ses excuses un jour. Mais il ne m'a pas traitée ainsi depuis le début de l'année, et pas une seule fois il ne m'a insultée. Il n'est peut-être pas le plus agréable des élèves de ce château, mais il est l'ami de Merline et quand il fait preuve d'un peu d'intelligence, il peut être charmant. »

« Charmant ? » s'étrangla Harry. « Charmant ? Non mais tu t'entends Hermione ? Malfoy est tout sauf charmant, et ce n'est pas parce que tu as fait amie-amie avec une Serpentard que tu peux l'être avec tous les autres. »

Hermione ouvrit la bouche pour répondre, mais des élèves qui passaient dans le couloir l'en empêchèrent. Harry et elle subissaient déjà suffisamment les lourds regards de leurs camarades et elle ne souhaitait pas leur donner une nouvelle raison de jaser à leur propos. Les deux amis s'observèrent donc en silence, une tension palpable entre eux. Quand ils se retrouvèrent à nouveau seuls, Hermione reprit d'une voix basse et dangereuse :

« Tu ne vas pas me dicter ce que je dois, ou ne dois pas faire Harry. Et si je décide d'appeler Draco par son prénom, alors je le ferai. Et tu devras t'y faire. »

Sur ces dernières paroles, elle se retourna et s'éloigna vivement du brun, le laissant immobile dans le couloir.

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Harry regardait par la porte vitrée de la bibliothèque. Sa soeur de coeur était là, juste derrière, à la table habituelle de Malfoy et Holmes. Elle rit avant de désigner une ligne sur le manuel du Serpentard qui leva les yeux au ciel, semblant amusé malgré lui.

Elle semblait si heureuse et c'était un peu dur à admettre que ce n'était pas grâce à lui.

Harry c'était tellement renfermé sur lui-même depuis le décès de Ron. Il ne s'ouvrait à personne d'autre que Hermione, Sirius et Remus. Même avec ses camarades de dortoir, hormis parfois Neville, il ne parlait pas plus que nécessaire. Il était temps pour lui de se resociabiliser. Et si ça devait être avec des Serpentards au moins, ce ne serait pas bien grave s'il foirait tout.

Poussant la porte de la bibliothèque, il ignora le petit sifflement mécontent de Madame Pince au grincement et se dirigea vers la table qu'il observait depuis déjà plusieurs minutes. Il s'installa à la chaise qu'il avait occupée quelques jours auparavant et, sans un mot, sortit ses affaires, malgré le silence incrédule qu'il avait provoqué.

Après quelques secondes, Hermione reprit sa discussion très naturellement, non sans avoir posé une main sur son genou, acceptant la réconciliation silencieuse.

Seule Merline vit le petit froncement de sourcil de Draco à ce geste.


Bonjour ! C'était donc le chapitre 12 de Merline intitulé "Les sept jambons maléfiques" et oui...

Nous espérons que vous avez apprécié et que les choses se précisent un peu pour vous.

AudeSnape vous dit Poueteuh... Je pense que toutes ces corrections lui montent à la tête...

Et nous vous disons à la semaine prochaine pour le chapitre 13 intitulé "On s'approche de la révélation, mais c'est pas encore maintenant ! Enfin tout dépend de ce qu'on écrit sur le mois de janvier. Bon du coup, comme il y aura la sortie Pré-au-lard, ça sera carrément pas à ce chapitre là ! Et ce titre commence à être trop long."

Merci à tous.

Aupaupsi