Chapitre 12

J'ai tourné la tête. A gauche. A droite. Inquiète. Derrière moi. Personne. Rassurée. Une insupportable montée d'adrénaline. Un bref coup d'œil par la fenêtre. Dans toute la pièce. Personne. Personne, personne, personne. Me calmer. Souffler. Pas prête. Je ne pouvais pas l'avouer. Pas encore. Garder l'espoir. Que je me trompais. Que c'était une autre étape du traumatisme. Obsédée par ce sang. C'était tout. Simplement ça. Simplement stupide. Mains moites. Front humide. Respirer, lentement.

Quelques jours. Les premières nausées. J'ai pleuré. Parce que ça brûle. Parce que j'avais peur. Je n'étais pas pressée de voir quelqu'un arriver. Mais il le fallait. J'espérais alors que ce quelqu'un serait Zetsu-san. C'était à lui que je préférais l'annoncer. J'ai attendu. Cherchant mes mots, répétant encore et encore. J'ai évité les questions trop angoissantes. Questions sans réponse.

Pourquoi lui ? Parce qu'il était le plus à même de gérer la situation. Parce qu'il était venu me chercher. Parce qu'il restait malgré tout mon point de repère dans cette situation. Toujours imperturbable et là pour moi – en un sens. Un pilier. Stable.

Ce que je n'avais pas prévu en répétant mes meilleures répliques : qu'ils rentreraient. Deidara-san et Tobi. Ils sont arrivés la veille. Il est venu au matin.

Sentir leur attention, leur curiosité. Insupportable. Même si Deidara-san faisait comme si ça ne l'intéressait pas – que ses dangos étaient fascinants – je savais qu'il attendait ; qu'il écoutait.

Que veux-tu ? Je n'ai pas toute la journée.

Sa voix noire ne rendait pas la chose plus aisée. Jamais. Je me suis dit : « Et s'il s'énervait ? ». Après tout, c'était ma faute.

―Courage Nakiri-chan !

Tobi. Juste à côté de moi, tenant difficilement en place. Un bref coup d'œil. A peine un sourire.

―Je crois…Je crois que je suis enceinte Zetsu-san.

Silence. Total. Oppressant. Le bruit du vent dans les arbres, lointain. Pas un oiseau. Pas même l'impatience de Tobi froissant l'air. Je sentais son regard. Perçant. Instinctivement j'ai posé ma main sur mon ventre. Une éternité. Un éclat de voix. J'ai soupiré en silence. Reconnaissante.

―Whoua ! Nakiri-chan ! Un bébé ! Félicitations ! Est-ce que Tobi peut être le papa du bébé ? Tobi sera un bon papa !

J'ai souri. Soulagée. Anxieuse. Amusée. Triste.

―Crétin, tu ne peux pas être le père, yeah !

―Pourquoi Deidara-senpaï ? Ce n'est pas moi que l'on confond avec une fille. Je suis un garçon, c'est sûr.

Niaise moquerie – ou pas – mais certainement assez pour mettre Deidara-san en colère. Je n'ai pas eu le cœur à sourire de ses éclats de voix, des faibles protestations et excuses de Tobi. Mon regard a rencontré celui de Zetsu-san. La question était autre puisque de toute façon je n'avais pas la réponse à la première.

Je vais transmettre la nouvelle.

Mais tu ferais mieux de ne pas trop t'en réjouir.

Un rictus. Comme s'il me souhaitait le pire.

J'ai docilement hoché la tête, croisant les mains sur mon estomac. Des bras autour de mes épaules. Extatique Tobi. Plus de mille noms sur ses lèvres. J'ai pleuré. Parce que j'ai réalisé que je voulais le garder.

J'ai séché mes larmes. Sans un mot Deidara-san a quitté la pièce. Ils ont disparu toute la journée. Tobi est juste revenu en soirée. Dire au revoir. Au bébé aussi.

--

Ils le savaient maintenant. Ce n'était plus qu'une idée. Plus un doute. C'était réel. Enceinte. Avoir un enfant. Devenir mère. Tout à faire. On devient responsable. De plus d'une vie. Un autre avenir en jeu. Tout à apprendre. A transmettre. J'étais dépassée par ma condition. Heureuse et affolée. Heureuse d'être presque normale. Je voulais lui apprendre. Tout lui donner. Cette vie palpitante en mon sein. Affolée de voir la réalité en face.

Au cours du temps passé ici j'avais pu halluciner un semblant de normalité. Une femme – plus ou moins – dans une maison. De la visite. Un enfant serait presque une continuité logique mais… Je n'étais pas indépendante. Cela allait devenir un handicap. Pour eux. Qu'allais-je devenir ? Inutilisable… Ce fut le mot. Le mot qui tira quelques larmes, accentua mon mal de crâne. Un instant de panique. Une nouvelle pierre brisant la vitre de mes illusions. Cette grossesse mettait un terme à ce pourquoi j'étais là. Si pas tout de suite, bien assez tôt.

J'avais trouvé ma place. La sécurité, la tranquillité d'une routine. Tout était remis en question. Nakiri, fille de plaisirs à disposition d'une bande de criminels. Nakiri, jeune femme enceinte d'un inconnu. Si jamais… si jamais ils ne me permettaient pas de rester. Dehors. Démunie. Seule.

La vérité me frappa durement. Une vague amère de culpabilité. Je ne voulais pas être enceinte. Briser la vie que j'avais construite. Je n'en connaissais plus d'autre malgré la volonté constante de vouloir en changer. Vouloir ce que l'on a pas. Ce que l'on a plus. Je ne voulais pas, ne pouvais pas, changer. Je n'avais pas menti à Zetsu-san cette fois là, je n'avais nulle part ailleurs où aller. Sans famille ou amis à retrouver. Ils étaient devenus tout ce que j'avais. Ce que j'avais de mieux. Ce bébé si précieux mettait tout en péril. Je me suis trouvée ignoble mais la pensée était là. Honnête. Ma vie avant la sienne. Larmes amères. Et sincères.

Mes pensées ont été stoppées net quand j'ai entendu leur voix résonner dans le couloir. Hidan-san. Kakuzu-san. Sueurs froides. Respiration agitée. Mains moites. Cœur battant. Panique. Mes yeux fixés sur la porte. Je le voyais déjà l'ouvrir. La faire voler en éclats. Mes derniers instants. Je n'imaginais rien de moins. Je n'y avais pas songé auparavant. Je crois que j'avais oublié à qui appartenait ma vie. Le droit de décider de ma mort. Qu'un seul écart lui suffirait. Comme si quelqu'un d'autre s'en soucierait, objecterait. Je n'avais jamais été en sécurité… Instinctivement je savais qu'il savait.

Des pas de l'autre côté. Je me suis levée. M'éloigner de là où il serait au plus vite. Chercher le coin le plus sombre. Ne pas être vue à défaut de pouvoir courir. Partir. Fuir. Survivre.

C'était irrationnel. La peur nous pousse parfois à être irrationnels. Kakuzu-san me terrifiait.

Quand il a ouvert j'ai cru que mon cœur avait lâché. Cheveux d'argent. Taches de sang. Soulagée. Tremblante. Il a claqué la porte derrière lui.

—Fucking athées !

Mauvaise humeur. Un dose de curare après l'agitation paniquée. Un soupir. Il a jeté son manteau déchiré dans un coin de la pièce et s'est laissé tomber sur le futon. S'est allongé. Couvert de sang. Il a commencé à parler. Je n'ai saisi que « jashiniste ». J'essayais de me rependre. Me contrôler. Me clamer.

Un instant d'arrêt. Il a finalement levé le regard vers moi.

—Qu'est-ce que tu fous là-bas ?

Pas besoin de répondre. Un rictus. Compréhension. Il a ri en me faisant signe de m'approcher.

J'ai obéi. Lentement. Idiote. Je me suis trouvée idiote. J'ai souri. Nerveuse.

—Alors, comment va le futur jashiniste ?

J'ai froncé les sourcils. Jashiniste ? Je me suis juste dit qu'il le croyait de lui. Je n'ai pas cherché. Une autre pensée avant ça.

—Il… Il va bien. Je… Est-ce que je vais vraiment le garder ?

—Ces sales athées débattent toujours sur cette putain de question mais ça serait contraire à ma religion.

Sa religion… D'après Tobi il prônait la douleur et croyait au massacre. J'avais pensé qu'il serait… J'ai tourné le regard dans sa direction. Il a passé une main dans ses cheveux. Là aussi du sang. Il a eu l'air ennuyé, jurant entre ses dents.

Jashiniste…

—Quoi ?

—Je… Rien je… Enfin, votre religion…

—Par Jashin nous croyons à la transcendance par la douleur. La douleur est la seule voie qui mène à la vérité au-delà de ce putain de monde matériel. La souffrance c'est ce qui révèle la vraie nature des choses et des êtres. Bordel, on ne massacre pas les mômes quand même.

J'ai écouté. Prôner la douleur. La comprendre. L'appliquer. Le plaisir dans la douleur. Sa sublimation comme récompense pour le massacre de ceux qui la font subir aux autres sans comprendre ce qu'elle représente. Sacrifier c'est purifier. Trop à retenir. Parfois contre instinctif. C'était pourtant plus qu'une simple excuse pour une tuerie. Une foi. Une foi qu'il plaçait au-dessus de tout. Effrayant. Presque convaincant. La première fois qu'il semblait autant passionné par quelque chose. Aussi sérieux sans être énervé. Je n'ai pas pu m'empêcher de lui poser quelques questions. Un sourire. Vrai. Respecter la religion. Une de ses dernières paroles avant de sentir ses doigts sur ma cuisse. Le goût du sake sur sa langue. La mienne. L'odeur du sang dominant les autres. Etrangement rassurante. Sa texture sous mes ongles.

Il est parti tard. Je ne me suis pourtant pas endormie tout de suite.

En quoi croyais-je ? Cet enfant, était-il là pour me donner une chance de rédemption après la vie que j'avais volée ? Je ne sais pas. Parce que j'étais contente de le garder et que je ne voulais pas être enceinte.

Un instant tout allait bien, tout était résolu je pouvais le faire. Si je restais dans cette atmosphère, ce lieu, seule. La seconde suivante tout partait en fumée et la panique revenait. Seule. Prisonnière. Pouvais-je le condamner si égoïstement à une vie comme la mienne ? Pouvais-je l'élever après avoir égoïstement souhaité qu'il ne soit pas ? pour préserver mon semblant de vie… Oui, peut-être la rédemption. Etre obligée de placer une autre vie avant la mienne. Une vie balbutiante que j'aimais même si elle m'effrayait. Si je le la voulais pas.

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Mon premier pas dans la cuisine. Pas un de plus. Paralysée. Certaine qu'il m'avait entendue. Il a brutalement fermé son livre. Ses yeux dans les miens. Il s'est levé. J'ai reculé. Une seule pensée : courir. Courir et ne pas se retourner. Survivre. A peine le temps de souffler. Il était en face de moi. Mes yeux dans les siens. Je pouvais voir l'infime contraste entre sa pupille et son iris. Une fraction de seconde. Mon sang n'a fait quand tour quand derrière moi le mur a tremblé. Tous les stupides réflexes. Un couinement de surprise. Les yeux fermés par la peur. Ma tête rentrée dans mes épaules. Recroquevillée pour un semblant de protection. A un cheveu de mon visage, son poing dans la pierre. Quelques éclats sur mon yukata. J'ai attendu l'impact, la douleur. Rien. J'ai ouvert les yeux. Craintivement. Il était toujours là. J'ai cherché des mots pour plaider ma cause. Je n'ai rien trouvé. La pierre était glacée contre mon dos. Plus accueillante que ma position. Sa voix basse, dangereuse.

—A quoi pensais-tu ? C'est ta seule responsabilité et tu n'es même pas capable d'assumer. Ne crois pas que ça te rendra la vie plus facile, que l'on va te prendre en pitié.

Mon cœur dans ma poitrine. Trop vite. Trop fort. Je venais de me lever. Nauséeuse.

—Non… Kakuzu-san… Je…

Respirer. Lentement. Calmement. Une main sur son bras. Lui faire comprendre que je n'allais pas bien. Une main devant ma bouche avant de passer la barrière de son bras.

Une voix.

—Pas la peine de lui courir après, yeah.

Deidara-san. De mauvaise humeur. J'ai poussé la porte dès que j'ai atteint la salle de bain, je n'ai pas écouté l'échange.

Quand je suis revenue dans la cuisine la tension était étouffante. Tobi n'a pas manqué à son habitude. Il ne m'a pas quittée un seul instant. Un diversion bienvenue. Reconnaissante malgré mon humeur. Après la peur, la colère. Peut-être juste une question physiologique. Il n'est pas resté longtemps après s'être servi. Pas un être social. La seule marque d'hostilité restante n'était pas dirigée contre moi.

Une rivalité plus saine. Exaspération et inimitié mais pas de haine. Art contre religion. Quelques insultes au milieu de répliques mordantes. Cynisme. Jusqu'à ce que Deidara-san fasse exploser le bol d'Hidan-san. Des algues et des morceaux de champignons partout. Un sourire en coin. Je me suis mordu l'intérieur des joues pour ne pas rire. Tobi ne s'est pas retenu.

—Sale petit merdeux ! Je vais te montrer ce que je fais aux artistes ratés dans ton genre !

Un kunai planté dans la table.

—Artiste raté ?! Tu ne comprends rien à l'art ! Ne parle de ce que tu ne comprends pas yeah ! Mon art vaut mieux que ta stupide religion !

—Stupide religion ? Ne me mets pas sur les nerfs asshole !

Hidan-san s'est levé. Deidara-san a suivit, main dans une sacoche. Tobi s'est saisi de son bras.

—Oh ! Deidara-senpaï ! Vous pourriez faire exploser la maison ! Pensez à Nakiri-chan !

Ils n'étaient pas si impressionnant, l'un en sous-vêtements, la trace de l'oreiller sur la joue, l'autre pas encore remis ni de sa mission ni du voyage. Pourtant inquiète. Furtivement leur regard ont dérivé sur moi. Ils se sont rassis. Hidan-san a passé une main dans ses cheveux. Grimace. Jurons. J'ai souri. Me suis levée. Un torchon humide. Un bref merci.

Deidara-san a grommelé avant de mettre un maki dans sa bouche. J'avais oublié ce qui était arrivé juste avant.

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Le lendemain je me suis réveillée avec la gorge sèche. Irritée. Voix enrouée. Chaud. Froid. Front brûlant. J'aurais dû m'en douter. Constamment en yukata dans une maison en pierre, au début de l'hiver. Un régime alimentaire perturbé par une constante envie de beignets. Je ne pouvais que tomber malade.

La seule possession de mon yukata avait bien évidemment entraîné des instants angoissants. Ne pas être vue quand je ne pouvais le porter et devais me contenter d'une serviette, d'un drap, parce qu'il fallait le laver, le faire sécher. Ne pas porter de vêtements mouillés alors que le temps se rafraîchissait. Supportable, mais frais.

J'avais espéré l'éviter mais c'était arrivé, une malheureuse rencontre. Je sortais de la salle de bain, ma tête passant par la porte à peine entrebâillée. Regard à gauche. A droite… Une ombre. Espérer. J'ai levé les yeux sur un regard vert, perçant. Inquisiteur. Prenant note de ma tenue. Aucune excuse. Je l'ai rapidement salué avant de sortir. Mal à l'aise. J'ai serré la serviette autour de moi. Courte. Vieille. Usée. Je me suis hâtée de regagner ma chambre. J'avais laissé mon yukata dans la salle de bain. Il n'avait rien dit. Rien fait. J'en étais contente mais je m'étais sentie… idiote. Vouloir être discrète. Etre vue. Par lui. Je ne me suis pas inquiétée. Ce fut une des nuits les plus difficiles. Un mauvais souvenir…

—Tu sais combien ça va coûter d'acheter des médicaments ?

Sursaut. Tirée de mes pensées. Hidan-san. Rictus.

—Nakiri-chan peut prendre le manteau de Tobi pour ne plus avoir froid ! Tobi n'a jamais froid !

—La ferme asshole ! Tu ne peux pas lui donner, c'est le symbole de cette stupide organisation. Tu n'as rien d'autre à te mettre ? Si tu le cherches ne viens pas te plaindre que ce vieux radin sois sur les nerfs.

—Je n'ai rien d'autre. Mon kimono est couvert de sang. S'il mettait le chauffage plus souvent il ne ferait pas froid.

Pénible de parler. Pas plus que chuchoter.

—Oui ! Ce n'est pas bon pour Nakiri-chan et le bébé s'il fait trop froid !

—La ferme Tobi ! Mets ton kimono ! Un peu de sang n'a jamais tué personne !

—Ce n'est pas mon sang. Je ne veux pas le remettre. Je m'arrangerai, je dois avoir de quoi me guérir.

Ma toux a saccagé ma crédibilité.

—Tu te fous de ma gueule ? ! L'hiver ne dure pas deux jours. Va laver ton kimono bordel et arrête de jouer les saintes Nitouche !

—Ce n'est pas un vieux savon et de l'eau froide qui vont réussir à faire partir le sang !

Il a ri. Etonnement. En partie. Imprévisible. Je réalisais juste que je venais de hausser la voix. Plus aisément irritable.

—Tobi va aller chercher un nouveau kimono pour Nakiri-chan !

Il a fini son riz et est parti. Rapidement. Alors que mon regard le cherchait par la fenêtre on m'a tiré le bras. Hidan-san. Surprise. Je suis tombée. Comme la première fois. Il a bougé. Entre ses jambes. Sa chaleur contre mon dos. Moins froid. Mal à l'aise. Reconnaissante malgré tout. Jusqu'à ce que Deidara-san arrive dans la cuisine. Pas du matin. J'ai voulu me lever. Prétendre quelque chose à faire. Je me sentais… coupable. La réalité de ce que j'étais. Encore et toujours.

—Où est cet imbécile de Tobi yeah ?

Bâillement, étirement, grognements, comme un enfant tiré du lit avant l'école.

—Il est parti acheté un kimono pour cette future mère capricieuse.

Garder les yeux ailleurs. Gênée. Irritée.

—Hmf. Ce crétin ne serait même pas capable de récupérer un paquet géant posé en plein milieu d'un couloir avec son nom écrit dessus.

Et il est parti.

Ils sont revenus deux heures après. Kakuzu-san avait décidé de sortir de sa retraite. Ils ont rompus la tension. Partiellement. Deidara-san m'a jeté un sac dans les bras.

—Tiens yeah.

—Tobi a choisi la couleur !

Un coup sur la tête. Pas de camaraderie.

—Si je t'avais laissé faire abruti il serait fuchsia yeah !

J'ai souri, les ai remerciés et me suis dépêchée d'ouvrir. Un kimono d'hiver. Un camaïeu de verts. Des rossignols. Bleu et parme.

—C'est beau quand même hein Nakiri-chan ?

J'ai hoché la tête. Ma voix était trop fragile.

—Ne me regarde pas comme ça Kakuzu, yeah. Tu n'es pas le seul à avoir de l'argent.

Je me suis hâtée de le mettre. Je ne m'en suis pas rendue compte sur l'instant mais j'ai dû afficher un sourire toute la journée.

Je me demandais comment le – les – remercier quand il a poussé ma porte. Une habitude. Presque un rituel. Plus besoin de mots. Il a ôté son tee-shirt, s'est allongé. Bémol.

—Je n'ai plus d'huile.

—Pas grave, yeah.

Un nœud dans l'estomac. Electrique. Les mêmes mouvements. Le confort, la sécurité de l'habitude. Agréable contact. Intime plutôt que « professionnel ».

—Alors enceinte hein… Qu'est-ce que ça te fait ?

Question inattendue. Hésitation. Pas une situation connue. Ni pour l'un ni pour l'autre.

—Je ne sais pas vraiment c'est…

—Yeah, flippant nan ? Tu ne sais même pas qui est le père hein ?

Un temps. Pas envie d'avouer. De remuer le couteau dans la plaie.

—Non.

—Yeah…

Le silence est retombé. L'un comme l'autre, aucun confort dans la conversation.

Lorsque j'ai terminé il s'est levé, s'est rhabillé. Surprise. Presque… déçue ? Non. Ennuyée. Peut-être. Juste un peu triste qu'il ne reste pas. Je savais que j'étais malade mais sur l'instant je me suis stupidement demandé si je le dégoûtais à présent. Parce que j'étais enceinte. Clairement utilisée par d'autres. J'avais la question au bord des lèvres, les larmes aux yeux. Une main sur mon épaule. Mon regard dans le sien.

—Hey… hm… tant qu'il n'est pas aussi débile que Tobi il peut avoir la tronche de Kisame, yeah.

Sans doute pour me faire rire. J'ai souri. Furtivement. Forcé.


Je n'ai rien contre le fuchsia, mais ce n'est pas une couleur discrète donc je comprends qu'un shinobi puisse avoir qqch contre :p.

Bon les choses importantes :

Merci à tous ! Lecteurs reviewers, tous ceux qui mettent en alerte et en fav ! :)

Reviews Reply :-ce que je préfère héhé-

AnoS : Nope, je ne vous oublierai jamais ! Ah ! Mignon Tobi! Le bébé sera plus beau qu'Itachi ! Sans crainte. Si elle le garde en effet ou s'il reste en vie assez longtemps. Plus protecteur... on verra. Peut-être que Zetsu voudra le manger. :p En tous cas merci, comme toujours c'est aussi un plaisir de te lire ;D. See you !

Mademoiselle Pieds : Voilà ta suite. "Parfait" ? Oh ! Merci ! mais tu vas me faire rougir... Je vais me cacher dans un film des années 30 comme ça cela ne se verra pas. krukru See you soon j'espère. - et dis le encore... "parfait". oh ! comme une soupe à la tomate!-