Un chapitre croustillant qui en surprendra peut être plus d'un. J'espère pouvoir me faire pardonner votre longue attente et l'espoir fait vivre !

/!\ LEMON DÉTAILLÉ /!\ dans ce chapitre donc, vous êtes prévenus !

Merci infiniment à tous pour vos reviews régulières, j'apprécie vraiment : Luunai, Comet Nocta, Ada-Diana, darkmoonlady, sakura-okasan, nepheria4, Dymitry, Angeleye, Princesse Saeko, Julia13verseau, mangapuryoru, vampirette-flower, Okawa, Harry-Snape-Malfoy, Sedinette Michaelis, Cleozeth, Yami Shino.

Bonne lecture et à bientôt ;D


""The semblance of peace""

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Pairing : HP/LV, HP/LV/Snape

Rating : M

Warning : Slash/lemon, character death

Summary : Le Seigneur des Ténèbres est finalement tombé, du moins c'est ce que croit la communauté magique. Malheureusement, Harry en sait davantage…

Auteur : Maeglinyedi

Traductrice : me !


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12. Souvenirs, souvenirs

Le lendemain soir, Harry fut de retour aux cachots pour une autre séance de soutien en potions. Les cours s'étaient passablement bien déroulés aujourd'hui. Hestia Jones et Fleur Delacour avaient toutes les deux pris leur nouvelle position à coeur et se révélaient être des professeurs tout à fait convenables. Il appréciait les deux matières et, ajoutées aux commentaires quotidiens de Voldemort, les leçons ne semblaient pas très compliquées.

Sa confrontation avec Nott encore fraîchement à l'esprit, il garda un oeil sur ses arrières en arpentant les sombres couloirs étroits, mais ne rencontra aucun obstacle si ce n'est sa propre hésitation. Snape allait-il encore lui faire une pipe ? D'ailleurs, pourquoi trouvait-il cette pensée juste à peine plus repoussante que vaguement excitante ?

"Nous allons voir Severus pour nos recherches, Harry. S'il souhaite nous offrir davantage de ses services, je ne vois pas pourquoi refuser."

Le brun pouvait bien imaginer quelques raisons à cela, mais il n'avait pas envie de lui refaire la conversation sur un sujet aussi embarrassant. Il toqua à la porte du bureau de Snape, qui l'invita un instant plus tard à passer dans ses appartements. Il s'exécuta, ouvrant la marche.

Le salon du maître des potions débordait de cartons, de livres et autres dossiers. Il y en avait partout ; chaque surface de la pièce était recouverte, y compris la majorité du sol. Seules deux chaises situées devant la cheminée avaient été laissées vides.

"Je vois que tu as eu de quoi t'occuper, Severus," déclara Voldemort, alors que Harry restait cloué sur place devant les montagnes de papier.

"En effet." Il jeta un regard circulaire à la pièce, comme s'il peinait à croire tout ce qui se trouvait autour de lui. "J'ai emprunté ceci au département archéologique d'Oxford. Une aiguille dans une botte de foin, comparé à leurs archives."

"Vous voulez dire qu'on doit tout lire ?" s'étonna Harry, s'imaginant les heures interminables à passer en compagnie de Snape.

"Oui, Potter," répondit-il hargneusement. "Cela et encore bien davantage, si nous ne trouvons pas ce que nous cherchons du premier coup. Il y a encore beaucoup d'universités et de musées à visiter en Grande Bretagne."

Le brun déglutit. "On cherche des informations sur le Calice de Sekem, n'est-ce-pas ?"

Son professeur leva les yeux au ciel avant de lui tourner le dos.

"C'est ça," confirma le Lord. "Le souci étant que les Moldus n'ont pas la moindre idée de ce qu'est le Calice de Sekem, nous ne trouverons aucune référence explicite sur le sujet. C'est pourquoi il faut nous concentrer sur toute information pouvant s'en rattacher."

"Alors comment les Moldus l'appelle t-il ?" demanda le Gryffondor.

"Un bol de cuisine datant de la quatrième dynastie, selon le symbole." Voldemort installa le corps d'Harry sur l'un des fauteuils. Le même fauteuil où Snape avait – il se racla la gorge et remua avec gêne sur son siège.

L'enseignant lui tendit ensuite un flacon. "Ceci pourra vous aider à coopérer, Potter."

"Ma potion de mémoire ?" Il l'accepta avec un froncement de sourcils.

"Non. Un puissant poison que le Seigneur des Ténèbres va vous laisser boire pour abréger vos souffrances." Snape tourna les talons et prit l'autre fauteuil, avalant une potion similaire avant de s'emparer d'un ouvrage.

"Bois, Harry. Cela nous facilitera la tâche." Il ressentit une légère pression dans son bras, puis dévissa le bouchon et descendit la potion, dont le goût ressemblait vaguement aux épinards. Il cligna plusieurs fois des yeux pour en dissiper les picotements et ramassa un livre à proximité. Il l'ouvrit sur ses genoux, fixant le texte en supposant que Voldemort se chargerait de la lecture, puisque le brun ne savait pas vraiment par où commencer.

Au bout de quelques minutes, comme prévu, le mage noir finit par tourner une page et il s'autorisa un petit moment de détente, laissant son esprit vagabonder ailleurs. À présent, ses lèvres le démangeaient et il les frotta avec irritation. Du coin de l'oeil, il pouvait apercevoir Snape en train de lire. Des plis s'étaient formés entre ses sourcils, si noirs que le contraste avec sa peau pâle leur donnait l'impression d'être détachés de son visage. Il avait les lèvres pincées, ces mêmes lèvres qui lui avaient donné tant de plaisir il y a deux nuits à peine.

"Harry, cesse de me distraire. Essaye de te concentrer sur le livre plutôt que sur Severus."

"Désolé," marmonna t-il. Il scruta le texte, qui ne signifiait pas grand chose pour lui. Beaucoup de noms lui échappaient. Le professeur tourna une page et l'attention du brun changea à nouveau de cible. Snape avait de longs doigts dont le bout n'était pas taché comme à l'accoutumée. Des doigts qui l'avaient touché...

Il se souvenait exactement du visage de Snape lorsqu'il avait englouti son sexe avec passion. Le maître des potions humidifia son index avant de tourner une autre page. Le brun savait quelle sensation avait cette langue experte lorsqu'elle avait léché le long de son membre, taquiné sa peau sensible, lapé les premières gouttes de son plaisir. Il se souvenait de cette bouche divine autour de lui, ses lèvres fines et brillantes, ses yeux intensément noirs brûlant de désir.

"Harry –" Voldemort réprima un hoquet surpris lorsque soudain, une myriade d'émotions et d'images déferla dans l'esprit de Harry. Il se rappelait l'ivresse d'être profondément enfoui à l'intérieur de Snape, quelle sensation avait les hanches de son professeur sous ses doigts, les gémissements de plaisir qu'il lui arrachait avec ses coups de reins, l'odeur de sa peau brûlante, les mouvements de son corps en sueur plaqué sous lui...

Il fut débout en un rien de temps et sans vraiment s'en rendre compte. Le maître des potions resta concentré sur son livre alors qu'il s'avançait vers lui et plaçait une main sur son épaule. Deux pupilles sombres le dévisagèrent et il se souvint l'expression de ses yeux, lorsque Snape le suppliait de le laisser jouir.

"Potter ?"

"Severus," fit-il, avant de se pencher et plaquer fougueusement ses lèvres contre les siennes.

"My Lord ?" demanda Snape après s'être écarté de lui.

"Non. Oui." Harry secoua la tête. "Je me sens drôle."

L'enseignant se redressa et le fixa avec confusion. "Comment vous sentez-vous exactement ?"

"Comme ça," répondit-il en pressant son début d'érection contre la cuisse de Snape. "J'ai envie de toi. Je me souviens de t'avoir baisé."

Ce dernier haussa des sourcils. "My Lord ?"

"Non, c'est moi. Pourtant, on n'a jamais couché ensembles," souffla t-il, le visage blotti contre son torse.

"Sur quoi étiez-vous concentré après avoir pris la potion, Potter ?"

Il se sentit rougir. "Toi, tes lèvres, ta langue, tes mains et –"

"Ça suffit." Le professeur repoussa Harry de quelques pas. "My Lord, est-ce que vous entendez ?"

"J'ai les souvenirs du garçon."

"Il a les souvenirs du garçon," répéta docilement Harry en s'affaissant de nouveau contre lui. "Tu aimes ça quand je te baise, n'est-ce-pas, Severus ?"

"Bien sûr," répliqua t-il, avant d'ouvrir de grands yeux hagards. "Non– je veux dire, bien sûr qu'il a vos souvenirs. Et vous les siens. Vous réagissez tous les deux à la potion d'une façon imprévue, puisque vous partagez le même corps. Retournez vous asseoir, Potter."

"Non," trancha t-il d'un ton sans appel. Il attrapa l'entrejambe de Snape, curieusement plus proéminente que d'habitude. "Je veux t'entendre hurler de plaisir."

"Potter, je n'ai pas l'intention de –"

Sans crier gare, Harry avait placé deux mains sur ses joues et capturé ses lèvres. Il se rappelait clairement l'avoir embrassé. Probablement une centaine – non, un millier de fois et il avait apprécié. Snape resta passif, s'entêtant à garder ses lèvres scellées jusqu'à ce que le brun ne les caresse de sa langue. Ce contact sembla faire revivre le maître des potions, qui lui répondit avec sa bouche, sa langue et ses mains. Il les passa sur ses épaules puis le long de son dos.

"Vous allez le regretter demain matin, Potter," fit-il en s'écartant pour respirer. Cette idée semblait particulièrement lui plaire.

"Peu importe," rétorqua t-il en le poussant lentement vers la chambre. "Du moment où tu es à moi tout de suite."

Ses souvenirs l'entraînèrent vers la nuit où Snape avait tué Dumbledore. Emporté par l'euphorie de la victoire, il avait pris son serviteur trois fois cette nuit là. La première contre le mur, précipitée, impatiente, sans même ôter leurs vêtements, la deuxième avec un Snape à quatre pattes sur le sol de sa chambre et la dernière dans son lit, étroitement entouré de ses bras et ses jambes.

"Potter?" Son professeur avait déjà retiré sa robe de sorcier et déboutonnait sa chemise. Ils se trouvaient dans sa chambre, un endroit aussi sobre et ordinaire que le reste de ses appartements.

"Oui," répondit-il en commençant à se déshabiller. Il ne se sentait pas nerveux – comment pouvait-il l'être ? Ils l'avaient fait tant de fois – quoiqu'il aurait peut être dû.

L'image de sa première rencontre avec Snape lui revint en tête. Il l'avait mis dans son lit seulement quelques semaines après l'avoir marqué. Un garçon nerveux et gêné, à peine jeune homme, tellement désireux de lui plaire mais sans expérience pour l'aider. D'un côté, l'innocence incarnée et de l'autre, la noirceur et l'horreur. Ce mélange lui avait donné l'eau à la bouche. Il avait été patient avec son disciple, avait fait durer le plaisir en s'assurant qu'il en profite pleinement. Depuis, Snape s'abandonnait à lui, préparé à le servir de façon intime et régulière.

Ils étaient nus à présent et le maître des potions l'attira sur le lit. Harry prit le temps de contempler son corps, pâle, maigre avec une carrure bien marquée. Il rampa au-dessus de lui, puis entre ses jambes écartées. Comme de nombreuses fois par le passé, ses mains bougèrent d'elles-mêmes sur ses cuisses, son torse, avant de s'enrouler autour de son membre déjà enflé et tendu par le désir. Snape le fixait, les yeux mi-clos et les lèvres entrouvertes. Le brun se colla contre lui. L'extrémité de son sexe où perlaient déjà quelques gouttes de plaisir effleura l'intimité de son amant.

"À quoi pensez-vous, Potter ?" haleta le professeur, qui s'était emparé de sa baguette pour jeter un sort rapide. Harry sentit alors un liquide froid recouvrir son érection brûlante, qu'il commença à glisser en lui.

"À la fois où je t'ai pris la nuit de mon retour." Il le pénétra d'un coup de bassin, logeant entièrement son membre à l'intérieur de lui et cette sensation unique lui valut une exclamation ravie.

Il se souvenait de cette fameuse nuit où il l'avait pris dans son nouveau corps. Snape avait respiré la terreur et imploré son pardon, mais Harry n'avait rien voulu entendre. Il s'était contenté de le baiser sans scrupules, d'utiliser son corps pour son unique plaisir, sous les suppliques du maître des potions qui en avait redemandé.

"Traître," murmura t-il en se penchant sur lui. Il passa deux bras sous les genoux de Snape, écartant davantage ses cuisses, plongeant dans sa chaleur accueillante et délicieusement étroite. Sa bouche se pressa contre la gorge de son serviteur, goûtant à sa peau humide de sueur et de désir. "C'est notre petit jeu, n'est-ce-pas, Severus ? Tu me trahis encore et encore et pourtant, tu ne peux me résister. Tu ne peux refuser de te faire posséder. Tu ne peux nier mon pouvoir."

Snape planta ses ongles dans son dos, le griffant sur toute la longueur, arrachant un sifflement au brun. Ce dernier accéléra la cadence et ses coups de reins se firent plus violents et rapides. Il voulait le punir, lui rappeler qu'il serait toujours son véritable maître, non pas parce qu'il était beaucoup plus puissant mais parce que malgré ses trahisons répétées, Snape revenait toujours dans ses bras et plus avide encore que la dernière fois.

"Mon petit déserteur. Jamais, tu ne seras libre de mon emprise. Je serai toujours en toi, peu importe le nombre de fois où tu me poignardes dans le dos." Il mordilla la peau douce de son cou, embrassant et léchant chaque parcelle, tout en continuant à le pilonner avec force.

Snape cambrait ses hanches et bougeait en rythme avec lui, suivant allégrement chaque mouvement de bassin, sentant la pression excitante qui s'exerçait sur son membre coincé entre leur corps. Harry pouvait l'entendre grincer des dents et sentir sa mâchoire se crisper. Ce qui n'empêcha pas le maître des potions de le serrer davantage contre lui et de gémir plus fort. À cet instant, il su combien son amant avait été en manque de sexe – en manque de lui – en le croyant mort.

"Tu étais perdu sans un maître, hmm, Severus ?" Harry releva la tête pour le dévisager et ralentit ses mouvements qui devinrent plus lents et sensuels, alors qu'il capturait l'érection de son amant d'une main. "Tu as besoin de moi," susurra t-il contre ses lèvres chaudes. "Mais ce n'est pas ce qui te ronge de l'intérieur et vient te hanter chaque nuit. Non, tu es attiré par moi, tu as envie de moi, et c'est cela qui noircit ton âme."

Avec un gémissement étranglé, Snape ferma ses yeux et se laissa foudroyer par l'orgasme, répandant son plaisir entre les doigts de Harry, qui continuèrent leurs caresses le long de son sexe. Puis, avec la conviction qu'il était sien et le serait toujours peu importe ses actes, le brun intensifia ses coups de reins et finit par jouir au fond de lui, marquant son serviteur une nouvelle fois.

Il s'effondra au-dessus de lui, le corps en feu et couvert de sueur.

"Potter ?" fit Snape d'un ton rauque et essoufflé.

Clignant des yeux contre les points noirs et blancs qui vacillaient derrière ses paupières, il tenta de se relever, sans succès. Ses forces l'avaient quittées. Il essaya de parler mais le concert de voix assourdissant dans sa tête rendait la chose impossible.

Il entendait les pleurs de la petite Amy Benson, les menaces de Madame Cole répétant qu'on l'enfermerait à l'asile, les avertissements du père Hugues parce qu'il refusait de se confesser, le Choixpeau Magique lui disant qu'il était un authentique Serpentard, Morfin qui osait le traiter de moldu, les suppliques de son misérable père implorant sa pitié, les révélations de Slughorn sur les horcruxes...

Les voix qui résonnaient dans sa tête étaient trop nombreuses, accompagnées d'images et de sentiments qui n'étaient pas les siens. Toute cette quantité de haine et de crainte lui glaçait le sang. L'avidité et la convoitise semblaient liquéfier ses entrailles, et le triomphe consumait son corps tout entier.

"Potter ? Est-ce que vous m'entendez ?" La voix de Snape avait l'air si lointaine, comme un écho se répercutant sur des kilomètres à la ronde.

Quelque chose de froid et d'humide entra en contact avec son front, des gouttes d'eau roulèrent le long de ses tempes. Il ne pouvait toujours pas bouger ni même ouvrir les yeux. Des images de Poudlard, du Basilic, de Barjow et Beurk, d'autres endroits qu'il ne reconnaissait pas, défilaient derrière ses yeux clos.

"Même si j'avais un antidote, je ne pourrais pas vous le donner, Potter. Dans cet état, votre réaction ou celle du Seigneur des Ténèbres est imprévisible. Une potion de mémoire fait généralement effet pendant deux ou trois heures. Vous devrez prendre votre mal en patience."

Ces mots n'avaient pas beaucoup de sens pour lui, combinés à des images violentes de meurtres, de torture, mêlés à la rage et au dédain. Harry avait une seule certitude, c'était que sa tête allait finir par exploser puisqu'il ne pouvait supporter autant de souvenirs à la fois, autant de lieux, de personnes, de sortilèges, d'odeurs, d'émotions...

Puis, il reconnut enfin un visage. Celui de son père, avant qu'il ne le tue froidement dans l'entrée de leur maison à Godric's Hollow. Sa mère refusa de s'écarter et elle fut la suivante. Il lui lança le sort mortel et ce geste lui procura un immense sentiment de chaleur et de satisfaction.

Lorsque son esprit eut pleinement assimilé tout ça, Harry retrouva sa voix. Il hurla.

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Harry se réveilla à la lueur vacillante d'une bougie brûlant sur une table de chevet. Une silhouette était étendue à ses côtés dans la pénombre et il mit un certain temps avant de réaliser que c'était Snape. Il dormait sur son lit, tandis que le brun était blotti sous une épaisse couverture.

Certes, ce serait drôle si son professeur se mettait à ramper sous les draps avec lui après qu'ils aient couché –

Soudain, tout lui revint en tête dans un flash étourdissant. Les souvenirs qu'il avait ressenti, vécu ou expérimenté.

"Tom ?" murmura t-il, peu sûr de savoir ce qu'il était advenu de Voldemort. Il ne reçut aucune réponse et fut à la fois soulagé et perturbé par ce silence. "Tom ? Réponds-moi."

"Pas maintenant, Harry."

Il laissa échapper un léger soupir. Le mage noir était toujours là, en sécurité dans son esprit. "Que s'est-il passé ? J'ai vu... je – j'étais toi, Tom."

"Et j'étais toi !" Voldemort semblait enragé. "Chaque bribe de souvenirs que tu m'as envoyé de force !"

"Je n'ai pas – mais tu as déjà eu accès à mes souvenirs. Pourquoi ça te gêne maintenant ?"

"Parce qu'il ne s'agissait que de souvenirs. À présent, je – ils étaient réels."

"Bon dieu," fit Harry en remontant sa couverture jusqu'au menton. Il se rappelait avoir tué ses parents. "J'étais toi. J'ai tout ressenti comme toi. Est-ce que –"

"J'ai dit pas de discussion maintenant !"

"Toi aussi, n'est-ce-pas ?" souffla t-il. "Tu as tout ressenti."

Le mutisme du Lord le rendait inquiet. Ce dernier ne pouvait tout simplement pas l'ignorer comme ça, pas après ce qu'il venait de vivre. Il avait des questions qui nécessitaient des réponses.

"Tom ?" Il tendit une main mais ne trouva pas Voldemort. Au lieu de quoi, ses doigts se posèrent sur une épaule saillante couverte d'une chemise de nuit usée. "Réponds-moi, bon sang !"

"Potter, cessez ce raffut." Snape se mit en position assise et le foudroya du regard.

"Euh..." Le brun ne savait absolument pas quoi répondre, maintenant qu'il avait partagé un moment si intime avec lui et l'avait profondément empalé sur son sexe.

Le maître des potions soupira. "Comment vous sentez-vous ?"

"Fatigué. Malade. Tom refuse de me parler. Il est en colère, je crois."

"Oh, alors c'est Tom, maintenant ?" Snape se redressa un peu plus, les bras croisés.

"Il déteste quand je l'appelle comme ça." Harry lui lança un regard troublé. "Que s'est-il passé, professeur ?"

"Vous m'avez trainé dans mon lit pour me baiser," lâcha t-il avec un rictus méprisant. "Malgré mon avertissement sur le fait que vous le regretteriez, je dois dire."

"C'est pas ce que je veux dire." Il le savait déjà et ne regrettait rien. Pas vraiment, puisque cette expérience lui avait parut si naturelle et familière sur le moment. Mais bien entendu, il n'allait pas avouer cela à Snape.

Le maître des potions se pinça l'arrête du nez. Il avait l'air épuisé et Harry se demanda s'il l'avait tenu éveillé toute la nuit. Il n'avait absolument aucune idée de l'heure.

"La potion de mémoire est destinée à aiguiser les capacités de mémoire et de concentration pendant un certain temps, pas plus de trois heures en général. Cela dit, dans votre cas, la potion n'a pas rencontré une seule collection de souvenirs, mais deux. Elle a amélioré votre accès à des souvenirs qui n'étaient pas les vôtres. La potion a simplement fait son travail."

"J'ai vu toute sa vie défiler devant mes yeux." Une vague de nausée commençait à l'envahir. "Je me suis rappelé avoir couché avec vous, tué mes parents, essayé de me tuer. Et j'ai aimé ça." Il eut un haut le coeur et son estomac se retourna, avant qu'il ne se penche au bord du lit pour vomir.

"Oui, c'est exactement ce dont j'avais besoin pour terminer ma nuit en beauté. Harry Potter qui vomit sur mon parquet." Le matelas bougea, indiquant que Snape s'était relevé.

Le brun grogna. Le fond de sa gorge était en feu, un peu comme s'il venait d'ingurgiter de l'acide. La flaque nauséabonde devant son visage disparut et un verre d'eau entra dans son champ de vision.

"Buvez et sortez d'ici." Son professeur tourna abruptement les talons vers l'autre côté du lit, mais sa chemise de nuit grisâtre ne fit que voleter autour de ses chevilles, n'ayant pas l'élégance de sa robe de sorcier habituelle.

"Quelle heure est-il ?" Harry prit lentement une gorgée d'eau en tentant de s'asseoir.

"Six heures."

"Six heures du matin ?" Il se redressa avec sursaut, renversant la moitié de son verre sur les draps.

"Non, six heures du soir, exactement un an depuis le fiasco de votre potion de mémoire. Je vous ai juste laissé moisir pendant tout ce temps dans mon lit." Snape agita sa baguette et une brise effleura son corps, séchant les draps humides. "Êtes-vous incapable de vous contrôler, Potter ?"

"Je me sens pas très bien." Il reposa son verre sur la table de chevet où il fut surprit de trouver ses lunettes. Il les enfila et commença à sortir du lit. Ses mouvements furent lents et calculés, son corps était courbaturé de partout et chaque muscle le faisait souffrir.

"Vous avez été pris de convulsions," répliqua Snape. Il avait les bras croisés et pas même cette posture parvint à lui rappeler l'ancien professeur que Harry avait connu pendant sept ans. À présent qu'ils avaient couché ensembles, il avait bien peur que cette image ne soit plus jamais la même.

"Ça fait mal. J'ai mal partout," murmura t-il, posant un pied à terre, une main appuyée sur l'une des colonnes du lit.

"Je ne peux pas vous donner de potion anti-douleur. Merlin seul sait ce que cela pourrait produire sur vous."

"Je parie que vous seriez content de me voir souffrir."

"Au cas où vous l'auriez oublié, Potter, j'ai fait le serment de ne pas vous blesser. Je sais maintenant que certaines potions ont un effet particulier dans votre état actuel, alors je ne prendrais aucun risque. Surtout lorsque c'est ma vie qui est en jeu."

Harry renifla avec mépris. "Ouais, c'est toujours vous et votre foutue vie, hein ? Vous étiez drôlement pressé d'accepter ce serment."

Snape était livide. "Vous faîtes corps avec le Seigneur des Ténèbres depuis des semaines. La nuit dernière, vous vous êtes même comporté comme lui au lit, Potter. Et maintenant, vous osez douter de mes motivations ? Je ne vous vois pas en train de vous démener pour vous débarrasser une fois pour toute de lui !"

"J'y peux rien ! Il est tout le temps là ! Il tuerait mes amis si je tente quoique ce soit, si j'ose même penser à faire quoique ce soit, ne comprenez-vous pas ?" Pour une raison quelconque, il était crucial que Snape puisse comprendre cela. Sans doute parce que lui seul connaissait sa situation.

"Je comprends plus que vous ne l'imaginez, Potter. C'est pourquoi je vous prierai de ne pas questionner mes motivations. Maintenant, dehors !" s'écria le maître des potions en pénétrant dans le salon.

Harry repéra ses affaires sur une chaise à l'entrée de la chambre et tituba jusque là, s'appuyant contre le mur pour garder l'équilibre. Il réussit à se rhabiller même si cet exploit lui prit au moins dix minutes, glissant ses lacets à l'intérieur de ses chaussures. Ses doigts étaient trop engourdis pour qu'il arrive à les attacher.

La traversée du salon fut aussi laborieuse, tandis que Snape l'attendait avec impatience près de la porte ouverte.

Il passa le bureau du professeur avant de se retourner vers lui. "Je ne regrette pas," fit-il prudemment en jaugeant son expression, qui demeura impassible. "Je ne regrette pas d'avoir couché avec vous. C'était... bien."

Snape lui claqua la porte au nez.

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fin de la partie IV