Bonjour/bonsoir à tout ceux qui passent par ici,
Un nouveau chapitre de Memphis in May, en espérant que ça vous plaise. Je vois via les stats qu'il y a un peu de passage, mais comme j'ai peu de reviews bah je sais pas trop si c'est juste très mauvais ou si c'est juste la flemme de laisser un petit mot (que j'ai moi aussi parfois, j'avoue!)! M'enfin, c'est le lot de la plupart des auteurs de fics donc voila, j'espère en tout cas que ça vous plaira!
Alors je précise que la partie sur l'accent du Missouri, je l'ai totalement inventé. J'ai essayé de me renseigner, comme pour la majorité des éléments de cet fic, mais je n'ai rien trouvé, alors vive l'imagination! Comme j'imagine que peu d'entre vous sont des spécialistes des accents sudistes, je pense que vous serez indulgents...
BONNE LECTURE
Chapitre 11
Memphis, Tennessee – 1er mai 2017, 9h08
Une délicieuse odeur de café chaud emplit soudain ses narines, accompagnée d'une très légère note de parfum aux accents vanillés. Il ne put s'empêcher de laisser un léger « Mmmmm » s'échapper de ses lèvres, alors que commençait à s'y dessiner un sourire. Excellente façon de démarrer la journée.
Une petite voix se fit entendre. « Sam ? »
- Il dort… » répondit-il en bâillant, refusant toujours d'ouvrir les yeux. Il n'avait décidemment plus l'habitude de se lever aussi tôt. Tâtonnant au hasard sur le matelas pour récupérer sa montre, il trouva Honey roulé en boule dans un coin de couette, ronronnant légèrement sous la caresse impromptue de Sam. Décidemment, ce n'était pas un matin habituel.
Il entendit le rire léger de Rachel. « Je peux peut-être te réveiller avec la promesse d'un bon café et d'une brioche… ? »
Sam consentit à ouvrir un œil. « Brioche ? » répéta-t-il, une pointe d'envie dans la voix.
« Faite ce matin, je suis passée au magasin sur Vance Avenue. ». Rachel était vêtue d'une jolie robe à fleurs et semblait déborder d'énergie.
Il eut un rire franc et se redressa légèrement en se frottant les yeux. « Tu connais déjà le quartier alors que tu es arrivée hier ?! Rachel Berry, vous êtes pas croyable ! ».
Rachel, occupée à lui verser une tasse de café, haussa les épaules en souriant. « J'ai toujours été une lève-tôt. ». Il savait qu'elle disait vrai. A l'époque du lycée c'était déjà le cas, ce qu'il trouvait alors un peu flippant et pas vraiment normal. Mais aujourd'hui, il ne pouvait pas dire qu'il était contre. Il trouva enfin sa montre, et ouvrit des yeux ronds en observant l'heure.
« En même temps, 9h08, c'est pas si tôt ! Merde, j'avais prévu de me lever plus tôt, désolé Rachel…
- Ce n'est pas grave, j'ai déjà pris tous les renseignements pour me prendre à la fac, nous sommes dans les temps. » répondit-elle d'un ton assuré.
Elle s'approcha de Sam pour lui apporter son mug de café. Conscient d'être en boxer (« La classe, Sammy ! » pensa-t-il avec amertume), il remonta pudiquement la couette en se redressant, l'oreiller calé contre le mur. Rachel sembla ne pas noter son geste et sortit un carnet rose de son sac posé sur la table basse. Une bouffée de parfum vanillé parvint à nouveau au nez de Sam. C'est donc elle qui sentait si bon ? Il prit une gorgée de café et se donna mentalement une belle baffe pour chasser cette pensée. Bon Dieu, le célibat devait vraiment commencer à lui peser, s'il se mettait à avoir de telles idées sur Rachel Berry. Elle était mignonne. Belle, même. Mais enfin, c'était Rachel et...
D'une manière tout à fait bienvenue, elle interrompit le train des pensées de Sam en récitant l'itinéraire qu'elle avait vérifié via Internet. « Si tu prends ta douche dans… » (elle jeta un coup d'œil à sa montre) « deux minutes, nous avons tout à fait le temps d'attraper ce bus-ci, en bas de ta rue ...» (elle désigna le plan qu'elle avait dessiné sur son carnet. En couleur.) « et d'arriver à l'université avec un petit quart d'heure d'avance. Parfait pour trouver le bâtiment sans risquer d'être en retard ! ».
Sam eut un sourire. « Ca tombe bien, j'aime beaucoup prendre mon café dans la salle de bain, en me préparant ! Euh, si tu permets…
- Oh, bien sûr… ! ». Rachel se retourna pour faire face à la fenêtre, tandis que Sam s'enroulait avec dignité dans sa couette pour rejoindre la douche. Bien que délogé sans ménagement, Honey se frotta à ses jambes. « J'espère vraiment que je ne te perturbe pas trop… » continua-t-elle d'un ton légèrement inquiet.
Arrivé sur le pas de la porte, Sam dit du ton le plus dégagé qu'il put adopter : « Hey, ne dis pas ça, je suis ravi de t'avoir ici! Et ça me fait plaisir de t'aider ! A quoi servent les amis, hein ? ».
Elle attendit qu'il disparaisse dans la salle de bain pour pousser un profond soupir et se mordre la lèvre. Il lui fallait vraiment mettre de l'ordre dans ses idées, et vite. Les choses allaient rapidement devenir bizarres, voire carrément ambiguës, si elle ne retrouvait pas le contrôle. Après tout, elle n'était pas encore accro, juste un peu … troublée. Peut-être que c'était à cause de ce qu'il lui avait appris sur son passé. Une envie de le protéger, d'effacer la peine. Peut-être était-elle célibataire depuis trop longtemps… et, merde, qu'est-ce qu'il était… oui, beau (elle avait bien failli tomber à la renverse ce matin, en tombant sur un Sam endormi, torse nu et enroulé autour de sa couette. Ce n'était pas son genre d'accorder de l'importance à ces choses-là, mais… juste… whaou. Elle avait rougi et s'était précipité dehors pour trouver une occupation un peu plus appropriée.). Ou alors était-ce encore une preuve de son immaturité émotionnelle et son incapacité à avoir des relations amoureuses en dehors du Glee Club ? Elle grimaça à cette idée. N'avait-elle rien apprit en 5 ans ? Des fois, et malgré le soutien de Quinn et de Tina, elle avait définitivement l'impression de stagner. Oui, les années New Directions avaient été formidables, mais peut-être devait-elle passer à autre chose ?
Honey grattait à la porte de la salle de bain, espérant visiblement rejoindre Sam. Elle se dirigea vers lui, se pencha pour le prendre dans ses bras et lui lança : « Ne t'attache pas trop à Sam. On est là que pour un mois. »
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Memphis, Tennessee – Université de Memphis; 1er mai 2017, 9h55
Devant l'entrée du bâtiment B7 de l'Université de Memphis, Rachel et Sam étudiaient le plan de répartition des salles. « Bureau 152… C'est là ! ». Rachel se tourna vers Sam avec un sourire. « D'après nos échanges de mails, chaque séance devrait durer deux heures.
- Combien de cours par semaine, déjà ?
- Quatre. »
Sam poussa un sifflement admiratif, et prit son plus bel accent du Sud : « Avec ça tu devrais sonner plus authentique que le King ! ».
Elle lui tira la langue mais ne put s'empêcher de rire. « Le but n'est pas non plus de chanter Meet me in St Louis à la sauce Elvis… ». Elle gravit deux marches en direction de l'entrée. « Qu'est ce que tu vas faire, en attendant ? ».
Sam s'étira. « Je sais pas trop. Réfléchir à ce qui pourrait t'intéresser pendant ton séjour, je suppose. On se retrouve pour déjeuner, ici, et puis on pourrait aller se promener sur les bords du Mississippi… ». Il lança un regard à Rachel, un peu incertain de sa réaction. Proposer à une fille qui habite New York de se balader sur les rives d'un fleuve certes mythique, mais qui du côté de Memphis n'a rien de très joli, ce n'était sans doute pas l'idéal. Sam fit une légère grimace. Vois les choses en face, mec. Vous n'avez pas grand-chose en commun. Rachel sentit l'hésitation de Sam, et lui toucha le bras avec douceur quelques secondes. « C'est parfait ! ». Elle décida alors de jouer à fond la carte de la touriste yankee. « On verra un de ces espèces de bateaux à roue, comme dans les films ? ».
Sam eut un sourire. « On les trouve plutôt du côté de la Nouvelle-Orléans, mais bon, qui sait, peut-être ?! ».
Il paraissait plus sûr de lui. « Ouf ! » pensa-t-elle avec soulagement, avant de rajuster son gilet et vérifier que sa robe n'était pas trop froissée. « Ca va, comme ça ? » demanda-t-elle machinalement.
« Très… euh, bien, enfin, c'est joli ». Il se maudit en silence. Jolie sortie, Sammy… « Parfaite pour apprendre le plus bel accent du monde ! ». Rachel leva vers lui ses grands yeux, qui reflétaient une légère anxiété. « Il ne va pas te manger, Rach' ! On est plus civilisés que tu ne le penses ! ».
Elle émit un léger gloussement. « Rendez-vous à midi ?
- OK ! »
Rachel prit une longue inspiration et rentra dans le bâtiment baigné de soleil.
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« Professeur McCaskill ? »
Un homme d'une quarantaine d'années avec une véritable crinière poivre-et-sel leva les yeux vers Rachel. Elle nota le Stetson en équilibre sur le porte-manteau. C'était décidemment le signe de ralliement, dans le coin. Dire qu'elle avait toujours pensé que c'était plus ou moins un cliché.
« Miss Berry, j'imagine. ». Ouh la la, cet accent ! Elle se demanda si c'était sa façon de parler au quotidien, ou s'il forçait le trait histoire de l'impressionner. Ses yeux rieurs semblaient indiquer que c'était plutôt la deuxième hypothèse qui s'approchait de la vérité. « Je suis Skip McCaskill, professeur de linguistique, et comédien à mes heures perdues… ». Skip ?! Les parents sont parfois cruels… « Voila pourquoi vous m'intéressez, mademoiselle. J'apprécie de travailler avec des comédiens. En plus, je ne suis pas contre les revenus apportés par ces petits cours particuliers. Sachez que votre argent me permettra en partie de financer les décors de la pièce du club d'art dramatique, qui manque cruellement de budget. Vous venez d'où, Miss ?
- De l'Ohio.
- Hum. Alors vous devez savoir ce que sont les budgets réservés à la culture dans les Etats autres que ceux de New York et de Californie. A savoir à peu près rien. »
Elle sourit. Il était plutôt sympathique, fantaisie capillaire mise à part. Il se leva et reprit son discours. « L'accent de St Louis est l'accent le plus rependu dans l'Etat du Missouri. On peut considérer, pour schématiser, qu'il est à mi-chemin entre l'accent du nord de l'Arkansas et l'accent de l'ouest du Tennessee. Vous n'avez donc pas sonné à la mauvaise porte, Miss Berry. Je suis de Collierville, voyez-vous. ». Il eut un sourire un peu moqueur en voyant que Rachel n'avait strictement aucune idée de ce dont il parlait. Il aurait pu inventer un nom complètement improbable, il aurait eu le même effet. « Dans l'ouest de l'Etat, Miss. »
Elle se contenta d'hocher la tête en marmonnant un vague « Ah… ». Que répondre ?!
« Ca veut dire que je peux vous apprendre ce que vous cherchez. » ajouta-t-il tranquillement. Il prit un marqueur et inscrivit Les bases de la maîtrise de l'accent du Sudsur le tableau blanc. « L'important, Miss Berry, c'est de trouver le bon rythme. Nous parlons la même langue, croyez-moi. La principale différence, c'est le rythme imprimé à la phrase. En dehors de quelques particularités de prononciation, bien sûr… ». Rachel sortit son carnet rose et commença à recopier les instructions.
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Ils avaient beaucoup parlé des New Directions lors de leur balade de l'après-midi. Les bons moments, mais aussi les déceptions, petites ou grandes. Rachel fut sur le point de poser deux-trois questions sur lui et sa famille, mais se souvenant des événements de décembre elle décida, « pour une fois ! » se dit-elle, de se retenir. Le sujet Mercedes, par contre, vient sur le tapis assez naturellement, tout comme le fait de parler de Finn ne posa pas de problème.
« Tu as quelqu'un dans ta vie ? » avait alors demandé Rachel, assise dans l'herbe à côté de Sam, sur une rive ensoleillée du Mississippi. Les rires des enfants et les exclamations des touristes qui se promenaient masquèrent en partie, du moins elle l'espérait, sa gêne de poser une question pareille.
Sam joua un instant avec un brin d'herbe. « En ce moment ? Non.
- Oh ! ». Rachel se demanda comment rebondir après une réponse aussi succincte, et opta pour le silence. Elle sourit en voyant un bateau à roue s'approcher doucement et glisser sur le fleuve. Cette région était décidemment surprenante.
De façon assez inattendue, Sam reprit la parole. « Après Mercedes, … Disons que j'ai mis du temps à m'en remettre. Avec le recul, je me dis que ces ruptures-là, tu sais, celles qui sont provoquées en grande partie par la distance, celles qui s'éternisent parce que personne ne veut s'avouer que c'est fini et surtout personne ne veut être celui qui la provoque… Ce sont les pires. »
Rachel hocha la tête. Oh oui, elle voyait. La séparation avec Finn avait été atroce, longue, faite de disputes, de réconciliations, de jalousie et de larmes à répétition. Elle prit le relai de Sam et dit : « Une séparation brutale… Sur le coup c'est pire, mais au moins c'est plus facile de guérir. Et de mettre ça derrière soi. »
Sam tourna la tête vers elle : « Comme toi et Jessie ?
- Comme toi et Quinn ? » répliqua-t-elle sans hésiter.
Il eut un sourire amer, et reporta son attention vers le fleuve. « Bref, Mercedes a fini par me tromper… ». Rachel resta bouche bée sous l'effet du choc, ce qui provoqua un rire de Sam. « Eh ben, on peut dire que j'ai ménagé mon effet de surprise !
- Non mais, c'est… inattendu… Enfin, c'est vrai que je n'avais plus vraiment de contacts avec elle depuis la fin du lycée, mais bon…
- Elle n'allait pas s'en vanter non plus… Et puis, je la comprends. Notre couple, c'était… devenu une comédie. Et depuis, » (il marqua une pause) « la mort de Papa et Stevie, j'ai eu quelques aventures, mais rien de sérieux.
- Moi non plus. » Sauf que tu n'as eu aucune aventure, espèce de menteuse. Rachel se détesta cordialement pour la phrase qu'elle venait de prononcer, mais garda une expression neutre.
« Toujours concentrée sur ta carrière, hein ?
- Ou semblant de carrière, plutôt… grommela Rachel
- Hey ! Rôle principal à Broadway ! Ne me dis pas que ça vaut rien !
- J'espère que ça va marcher… »
Sam se leva, et aida Rachel à se remettre sur ses pieds. « Ma main à couper que ça marchera, Rach' ! ». Elle garda son bras sous le sien le reste de la balade.
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Memphis, Tennessee – locaux de WBMI ; 1er mai 2017, 19h57
Installés dans la salle réservée aux animateurs, des plats chinois à emporter devant eux sur la large table en bois, Rachel et Sam observaient par la bais vitrée la foule qui se pressait sur Beale Street. Joyce couvrait pour la radio le festival ce soir, et ils entendaient sa voix douce à travers les enceintes disposées dans la salle de pause. Rachel prit ses baguettes. « On est pas vraiment raccord avec l'esprit du festival, niveau nourriture !
- Envie de barbecue, Rach' ?!
- Beurk ! Non merci… ». Elle essaya de prendre son meilleur accent : « J'ai encore des efforts à faire pour devenir une vraie fille du Missouri ! »
Sam lui fit un sourire encourageant. Elle laissa échapper un soupir de frustration. « C'est si minable ?! »
Sam parut chercher ses mots. « Il y a du mieux ! » finit-il par dire. « Et puis, c'est déjà mieux que la tentative de Rory de prendre l'accent portoricain pour West Side Story… ». Ils eurent un fou rire d'une bonne minute en se remémorant l'hilarante tentative du pauvre Rory de passer pour un Shark crédible. « Tu as vu la vidéo, alors ?
- Seule erreur de casting d'Artie, je dois dire ! » dit Sam en piochant dans son plat.
Rachel parut réfléchir un moment. « Tu aurais fait un bon Tony, je crois… ». Bien que flatté (OK, TRES flatté), Sam se contenta de répondre nonchalamment : « Je n'étais pas là de toute façon, alors… ».
Il s'empressa de changer de sujet. « Un petit tour dans Beale Street ? »
Rachel se leva sans hésiter. « Je te suis ! »
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Memphis, Tennessee - 1er mai 2017, 22h39
Elle avait connu des événements incroyables à New York. Le rassemblement pour le réveillon du 31 décembre sur Times Square. Les avant-premières sur Broadway. Ces moments où une foule immense se rassemble et où on se sent toute petite. Et paradoxalement plus vivante. Mais ce début de festival sur Beale Street, alors que pourtant le nombre de personnes rassemblées est à peine comparable, l'énergie qui se dégage de chaque rue de Memphis électrisait Rachel. Elle souriant d'une oreille à l'autre, bercée par cette musique si peu familière, le blues, qu'elle découvrait à chaque coin de rue. Elle accepta une bière et s'installa avec Sam sur l'estrade réservée à l'équipe et aux installations de WBMI (« Le carré VIP ! » fit Sam en riant). Un peu en hauteur, assis à l'extrême-gauche de l'estrade, ils observaient la foule à leur pied. « Ca te plait ? » demanda Sam avec le sourire.
« C'est incroyable ! » lâcha-t-elle en réponse, en toute sincérité.
« Et ce n'est que le premier soir ! ».
En croisant le regard de Joyce, celle-ci lui fit un clin d'œil et lui lança son Stetson, qu'elle attrapa à la volée.
Sam l'observa à la dérobée. « Excellent réflexe, Miss Berry ! ».
Les spectateurs flânant dans les rues semblaient s'être rassemblés autour d'un groupe posté à une centaine de mètres de l'installation de la radio. Sam fit un signe à l'assistant réalisateur pour l'inviter à aller voir ce qui plaisait tant au public. Max acquiesça et s'éloigna en direction du rassemblement. « Je me demande ce que c'est… » fit Sam d'un ton rêveur.
Rachel sauta en bas de l'estrade. « Alors allons-y !
- Tu n'es pas trop fatiguée ? »
Elle mit ses mains sur ses hanches. « Tu rigoles, j'espère ?! Allez ! »
Ils se dirigèrent vers le groupe de spectateurs, qui applaudissaient le morceau qui venait de s'achever. L'affluence était telle qu'ils ne distinguaient pas les musiciens. Une nouvelle chanson commençait, et Sam reconnut tout de suite les premières mesures, tout comme la plupart des passants qui s'invitèrent mutuellement à danser. Il se tourna vers Rachel. « Tu danses ?
- Bien sûr. »
En silence, ils commencèrent à tourner au rythme si doux d'une reprise de « Dance me to the end of love » de Leonard Cohen.
Oh let me see your beauty when the witnesses are gone
Let me feel you moving like they do in Babylon
Show me slowly what I only know the limits of
Dance me to the end of love
Dance me to the end of love
Ils ne parlaient pas, chacun perdu dans ses pensées et limitant au minimum le contact visuel avec l'autre, chacun luttant contre ce qu'il sentait arriver, ce sentiment sourd, menaçant, vain car non réciproque.
Dance me to the children who are asking to be born
Dance me through the curtains that our kisses have outworn
Raise a tent of shelter now, though every thread is torn
Dance me to the end of love
« J'aime cette version… » dit Sam à Rachel, afin de rompre le silence. « Avec cette voix, c'est … ». Il s'arrêta en pleine phrase et fronça les sourcils.
« Quoi ? » demanda Rachel, cherchant son regard. Elle sembla réfléchir une seconde, puis elle comprit et ouvrit des yeux ronds. Ils n'eurent qu'à tourner la tête pour apercevoir entre deux Stenton un Puck visiblement d'excellente humeur, qui les salua en levant son verre de bière dans leur direction.
« Ca promet d'être intéressant ! » commenta Sam avec un sourire, tandis que Rachel lâcha le bras de Sam et répondit à Puck d'un signe de la main.
