Bonjour/Bonsoir à tous.
Je vous retrouve aujourd'hui pour un nouveau chapitre. Vous avez vu je fais des progrès, je ne vous ai pas abandonnés trop longtemps.
Bonne lecture à tous
Fin du chapitre précédent :
Sur le chemin vers le parc, je croisais Sunny et Ruby qui se rendaient au Palace, le lieu de rencontre préféré des riches Capitoliens. Elles semblaient se soutenir l'une l'autre. Ce soir, elles avaient moins de chance que moi. Je repensais à Cooper et au fait que nous venions tous d'horizons différents mais que pour le moment nous étions tous dans la même galère. Je comprenais pourquoi il voulait me faire réagir, si nous ouvrions les yeux, nous pourrions comprendre que nous étions au final tous les mêmes et qu'ensemble nous serions plus forts.
Chapitre 11 :
La soirée fut agréable au côté de Wind. Elle me parla de son district, des paysages, des gens, des traditions. Ses paroles étaient ma façon à moi de voyager. Je n'étais tout de même pas à plaindre, j'avais eu la chance que peu de personne n'avait : pouvoir visiter chaque district. Alors que la quasi-totalité des habitants de Panem ne quittait jamais leur district de naissance.
Pourtant, les récits de Wind ne restaient qu'un infime voyage, ne permettant pas d'appréhender la complexité de chaque territoire. Mais en étant vainqueur, j'avais la possibilité de côtoyer toutes ces personnes venant de tant d'endroits différents. Leurs histoires combinaient aux nombreuses images que je trouvais en feuilletant les bouquins de ma bibliothèque personnelle, comblaient un peu mon désir de voyager et de découvrir tout cela par moi-même.
En effet, j'aurais aimé voyager à travers Panem. De plus, cela faisait déjà un moment que je n'étais plus allée au district Dix, le ministre Coradelo me l'avait interdit en guise de punition. Et les venues au Capitole avaient elles aussi été réduites un maximum cette dernière année.
D'après ce que j'avais compris, les déplacements entre districts étaient possibles avant. Enfin, du moins après la première édition d'Expiation. Une fois que les tensions avaient été apaisées et que le peuple avait compris que les Hunger Games seraient là pour un long moment encore, les groupes d'opposants au régime s'étaient faits de plus en plus rare. Et le gouvernement, plus clément à l'époque avait décidé de lâcher la bride et de permettre les déplacements jusque là impossible. Bien sûr, il fallait en avoir les moyens ou que sa profession le permette, mais rien ne l'interdisait désormais.
Malgré tout, après quelque temps, les dirigeants s'étaient aperçus que cela facilitait l'échange entre les personnes. Dans le meilleur des cas, ces personnes liaient des liens d'amitiés ou d'amour. Mais dans le pire des cas, les échanges d'idées ravivaient les braises encore chaudes des groupes protestataires, toujours inoffensifs à l'époque, pourtant, leur simple existence était un fléau pour le pouvoir du Capitole. Les habitants déménageaient pour se rapprocher, soit de l'être aimé, soit d'un district plus prospère. Ce qui créa de grandes inégalités dans les territoires les plus pauvres : en effet, la classe la plus aisée désertait les lieux en masse. Ce qui faisait naitre encore plus d'animosité au sein de chaque district.
Alors il y eut de nouvelles restrictions de déplacement, limitant ces derniers aux professionnels. Les déménagements furent interdits. Ceux ayant la possibilité de voyager étaient devenus les porte-paroles de leur district, partageant leur histoire avec les autres. C'était de cette façon que les groupes protestataires se sont de nouveaux agrandis clandestinement, faisant en sorte de partager la réalité de Panem à chacun. Mais ils avaient compris qu'ils ne devaient pas faire de vague, pour ne pas être privés davantage. Ils attendaient le moment opportun pour frapper un grand coup.
A l'approche de la deuxième édition d'Expiation les esprits commençaient de nouveau à s'échauffer. C'était une chose d'accepter les Hunger Games chaque année mais les éditions d'Expiation n'avaient rien de banal. Tout le monde savait que plus aucune règle ne tenait.
Les opposants en avaient profités pour s'infiltrer au Capitole et assassiner le président Cicéron. Peu de temps après, un nouveau président prenait la tête de Panem, Snow alors que son beau-père, le successeur idéal était mystérieusement décédé. De suite, il a voulu prouver qu'il n'était pas aussi laxiste que son prédécesseur. Il a instauré tout un tas de nouvelles règles de circulation, condamnant l'accès au Capitole aux non-invités. Mais surtout, quelques jours après sa prise de pouvoir, le thème de la deuxième édition d'Expiation était révélé. Il était évident pour tous les habitants, que ce thème n'était pas dû au hasard. C'était clairement une menace, une épée de Damoclès au dessus de leur tête indiquant que pour la sécurité de leur enfant, il valait mieux ne pas faire d'impaire.
La victoire d'Haymitch fût vue par Snow comme le pied de nez des districts face à l'autorité renaissante du Capitole. C'est pour cela qu'il le brisa, pour que son image ne puisse pas être mise à profit.
Après ça, Snow avait réussie à maintenir son autorité contre vents et marées, n'hésitant pas à user de la force et la violence lorsque des tensions refaisaient surface dans un district. Il « rafraichissait les mémoires » comme me l'avait dit Haymitch.
Pour moi les conversations avec les vainqueurs c'était aussi une façon de découvrir l'envers du décor. Dans le Douze, on ne parlait pas de ça, c'était en quelque sorte taboue. Les gens avaient déjà assez de mal à se maintenir en vie pour perdre des forces précieuses dans des protestations contre le gouvernement en place. Tout ceci semblait bien loin pour eux, par contre les ruines encore fumantes du Treize ne l'était pas et dans leur tête le calcul était vite fait.
Le petit déjeuner, le lendemain matin, se passa dans le calme. Les tributs quittèrent la table pour partir dans leur chambre jusqu'à l'heure où Effie leur indiquerait de descendre à l'entrainement.
J'en profitai pour aller parler à Peeta.
Je toquai à la porte de sa chambre.
— C'est Lauréa, est-ce que je peux te déranger un instant ?
Il vint m'ouvrir.
— Oui bien sûr, entre.
Je m'assis dans un des deux fauteuils présents dans la chambre, puis j'indiquai à Peeta d'en faire de même.
— C'est à propos de ce que j'ai dit à Taylor hier soir, me questionna Peeta en s'asseyant.
— Oui en effet. Je veux juste te prévenir.
— Me prévenir de quoi ? demanda-t-il sans aucun agressivité.
— Tout dépend de ton état d'esprit à l'approche de tes Jeux. La conversation d'hier matin avant l'entrainement me laisse penser que tu essayes de mettre plus en avant Katniss que toi-même. Est-ce que je me trompe ?
— Il faut bien que quelqu'un le fasse pour elle, m'expliqua-t-il comme si cela était naturel. Tu penses que j'ai baissé les bras c'est ça ?
— Je dois avouer que l'idée m'a traversé l'esprit mais j'ai comme l'impression que tu es trop intelligent pour ça.
— Je veux juste qu'elle ait toutes ses chances, je sais qu'elle est capable de le faire.
— Et tes chances à toi Peeta ? Il ne faut pas que tu les oublies, le conseillai-je.
— Je sais qu'un seul peut en ressortir vivant et lorsque je regarde à long terme, je vois seulement qu'elle en a plus que moi.
— C'est pas vraiment le discours de quelqu'un qui n'a pas baissé les bras ça, dis-je gentiment.
Il sourit à mes paroles.
— Je voulais juste te dire, repris-je, que la stratégie qu'on a mise en place peut te sembler facile maintenant, mais que dans l'arène elle risque de te détruire.
— On dirait que tu sais parfaitement de quoi tu parles, déclara-t-il timidement. C'est … c'est ce qui t'est arrivée avec le garçon du district Quatre ?
J'acquiesçai d'un signe de tête ayant subitement la gorge nouée. L'évocation de mon amitié avec Cross me faisait mal comme jamais, c'était à croire que l'ambiance des Jeux rendait son souvenir plus réel comme si je pouvais sentir sa présence près de moi.
Je décidai de lui expliquer mon histoire.
— Haymitch et Taylor m'avaient conseillé de me rapprocher de lui pour attirer les sponsors et être en sécurité auprès des carrières. Mais je ne pensais pas m'attacher à lui à ce point, tout est différent dans l'arène, la peur qui plane au dessus de ta tête soude les liens plus vite et plus fort.
Je n'avais pas finis mon explication mais j'en restais là, je n'avais pas envie de lui raconter à quel point on se sentait vide lorsque la personne avec laquelle on a tissé ses liens venait à disparaitre.
— Je te conseille juste d'être prudent et de ne pas trop prendre les choses trop à cœur. Penses à toi surtout.
Il ne s'opposa pas à ce que je venais de dire. J'espérais qu'il voit où je voulais en venir.
J'allais le laisser seul lorsqu'il me posa une question.
— Tu me conseillerais d'imaginer l'après Jeux ?
Je ne savais pas trop de quoi il voulait parler exactement, beaucoup de chose se passe après les Jeux. Nous ne sommes plus jamais les mêmes après ça mais pour lui ça signifie aussi de revenir auprès des siens. Je supposai que c'était là où il voulait en venir.
— Si ça peut t'aider de te voir rentrant au Douze alors oui, je te conseille de le faire. Je suis là pour vous donner le plus de chance possible d'y arriver.
— Lorsque j'imagine le Douze à la fin de ses Jeux, je ne vois que la famille de Katniss qui s'effondre si une autre personne qu'elle en sort vainqueur.
Je voulus lui répondre, lui parler de sa famille à lui mais je savais que ça serait inutile après ce qu'il nous avait appris hier sur sa mère. J'ouvris la bouche dans l'espoir de trouver quelque chose de percutant à dire, lorsqu'il reprit la parole.
— Je ne baisse pas les bras, je te promets, me rassura-t-il à la hâte. Je te remercie pour tes conseils, je vais tâcher d'en faire bon usage. Mais … commença-t-il.
— Qu'est ce qui te tracasse ?
— Je ne peux pas m'empêcher de me demander si c'est légitime d'espérer vivre alors qu'on sait que notre retour signifie de briser des familles.
Sa remarque me fit l'effet d'un poignard enfoncé en plein ventre. Comment pouvais-je répondre à ça ? Je me posais à mon tour cette question. Le fait de ne jamais y avoir pensé me faisait encore plus honte que la réponse que j'y apportais. Lors du duel final, je n'étais qu'une orpheline sans personne m'attendant à mon retour. Comment ma victoire pouvait être plus légitime que celle de ce pauvre garçon du Sept. Je revoyais ses parents et son tout jeune frère lors de la Tournée de la Victoire. Ils avaient dû espérer jusqu'au dernier moment, jusqu'au coup de canon que leur fils reviendrait parmi eux.
J'avais ce goût désagréable dans la bouche et un poids dans l'estomac. Les yeux de Peeta étaient toujours braqués sur moi à attendre une réponse. Si je ne lui disais rien il penserait avoir raison et donc ne se donnerait pas la peine de se battre. Il fallait que je lui réponde, j'étais son mentor c'était ma mission.
— Tu es différent Peeta. J'espère que je ne serai pas la seule personne à le remarquer. Tu peux faire de cette différence une force, tu peux avancer dans les Jeux grâce à elle. Je pense avoir compris ton but et même si ça ne me plait pas de l'admettre, n'abandonne pas ton humanité c'est elle qui t'amènera jusqu'à l'accomplissement de ce but.
— Compte sur moi pour ça, déclara-t-il, sûr de lui.
— Très bien. N'oublie pas les consignes pour l'entrainement, conclus-je avec un clin d'œil.
Comment pouvait-il les oublier ? Taylor lui bassinait les oreilles avec ça.
D'ailleurs je n'allais pas lui parler de cette conversation, ni à Haymitch. Ce n'était pas mon rôle d'encourager un tribut à préférer sauver la vie d'un autre plutôt que la sienne. Mais ce n'étais pas clairement ce que j'avais dit, certes les apparences laissaient penser ça mais c'était calculé. Si Peeta se bat pour ramener Katniss à sa famille comme il semblait bien être partit pour le faire, il se battrait en quelque sorte pour sa vie. Donc ça les maintiendrait tout les deux dans les Jeux.
Mais ça, c'était seulement dans le cas où j'avais bien compris les intentions de Peeta.
Le reste de la matinée se déroula normalement dans la salle des sponsors. Le premier entrainement de nos tributs s'était bien passé, mais les Carrières, et notamment ceux du Deux, avaient fait forte impression dès le début. Je constatais que Cooper et Enobaria avaient beaucoup de monde à leur table de négociation, Cato faisait figure de favoris auprès des parieurs comme des sponsors.
J'observais aussi la table juste à côté. Light, le jeune mentor du Un était en pleine négociation avec une femme âgée coiffée d'une crête orange sur la tête. Ruby, la jolie blonde aux mèches rouges restait en retrait de cette conversation, c'était sa première année en tant que mentor et elle semblait un peu perdue et pas très à l'aise.
Finnick quant à lui était comme à son habitude un vrai poisson dans l'eau, arrivant même avec son sourire ravageur à capter l'attention de la dame à la crête orange qui arrêta d'écouter Light le laissant parler dans le vide un instant. Finnick avait un réel pouvoir de persuasion, il pouvait raconter n'importe quoi, tout le monde buvait ses paroles. Pourtant, on ne pouvait pas dire que les mentors du Un ou du Deux manquaient de charme. Mais entre le regard perçant de Light et le sourire de Finnick, la femme fit vite son choix.
C'était peu être ça le problème de ces mentors, ils semblaient froids et souvent austères, alors que Finnick rayonnait en permanence. En revanche, Ruby et Cooper n'avaient pas encore ce masque de glace, peut-être viendrait-il avec le temps.
Aux alentours de midi, nous quittâmes le bâtiment pour son jumeau plus chaleureux. En arrivant, je partis saluer les vainqueurs dans le secteur du trèfle que je n'avais pas eu l'occasion de voir avant. Les fauteuils et les tables étaient la seule différence de mobilier entre la salle des sponsors et des vainqueurs. Ces derniers étaient disposés différemment à chaque coin de la pièce, formant soit un cœur, soit un trèfle, un carreau ou un pique. Les Carrières s'installaient dans les deux derniers et nous dans le trèfle, personne n'allait jamais dans le cœur.
Brutus nous avait dit une fois que le trèfle était parfait pour nous car si nous étions là c'était uniquement grâce à la chance, ce jour là Johanna failli lui arracher les yeux.
Après avoir saluait tout le monde je m'installais sur la confortable banquette arrondie qui formait le troisième foliole. J'étais seule, mais Johanna et Finnick étaient justes derrière moi sur une autre banquette. Je profitais d'être seule pour jeter un regard sur les écrans non loin de moi pour vérifier comment évoluaient les paris. J'étais perdue dans mon analyse lorsque quelqu'un frappa sur la table au centre du cercle représentant la feuille. Je me retournai brusquement dans un sursaut pour faire face à Wind.
— Oups, désolée. Je ne voulais pas te faire peur. Je vais nous commander à manger, tu veux la même chose que d'habitude ? me proposa-t-elle en désignant l'îlot central où des muets étaient déjà en train de s'afférer.
— Oui, c'est parfait merci. Tu veux que je vienne avec toi ?
— Non, pas besoin, je suis de retour dans une minute.
Elle haussa les épaules d'une manière enfantine comme elle le faisait souvent et me gratifia d'un sourire radieux qui mit en valeur son petit nez de souris, puis tourna les talons vers le centre de la pièce. J'avais parfois du mal à réaliser qu'elle était maman d'une petite fille. Ça devait être dur pour elle de la quitter durant les Jeux mais elle ne laissait rien transparaitre, elle disait que son mari veillait sur elle et qu'elle savait qu'elle était en sécurité.
Cooper et Ruby firent leur entrée dans la pièce, en passant devant moi ce dernier me salua et me présenta la jeune femme.
— Vous voulez vous assoir un instant ? Vous pouvez manger avec nous si vous voulez, mon amie Wind va bientôt amener ce qu'il faut, leur proposai-je.
La jolie blonde lança un regard inquiet vers les Carrières puis à Cooper. Ce dernier se décida pour elle. Il n'avait apparemment rien à faire de ce que pouvait penser les autres, et il était bien décidé à vaincre les préjugés et les barrières qui existaient entre nos deux groupes.
— Avec plaisir, lança-t-il en s'affalant sur la banquette.
Une fois Wind revenue, nous mangeâmes ensemble. Ruby était à l'aise tout comme Cooper. Wind nous racontait les péripéties de sa fille ce qui nous fit rire et attira l'attention de Johanna toujours installait sur les fauteuils dans mon dos.
— Qu'est ce que c'est que ça ? s'interrogea-t-elle. Des brebis égarées, dit-elle en désigna Cooper et Ruby.
— Ils sont encore tout neufs, c'est normal, lui expliqua Finnick qui s'était retourné lui aussi.
— Ah ! s'exclama Johanna. Ils n'ont pas encore subit le lavage de cerveau par ces sangsues de Carrières.
Taylor attira son attention et elle se retourna et Finnick en fit de même.
— C'est rien, juste Johanna Mason et son humour… commençai-je.
— Tranchant ? proposa Ruby.
Wind ne put retenir un rire. J'imaginai Johanna et sa hache.
— Tranchant et le mot qui convient, accordai-je gentiment.
Le reste de la phase d'entrainement se déroula normalement et sans réel problème pour nos tributs ou pour nous même. Jusqu'au jour de l'entrainement final devant les juges.
Merci pour votre lecture.
Voilà ici on apprend à découvrir de nouveaux vainqueurs même si je n'oublie pas les anciens. Bon désolée, pas de dialogue avec Katniss, elle est un peu sauvage encore ;)
Comme promis je vais faire une liste personnages/acteurs mais progressivement pour pas que ça fasse trop d'info à la fois (je ménage vos cerveaux, c'est bien non ?). Donc je vais faire avec les personnages présents dans ce chapitre pour commencer.
Je suppose que je me dois tout d'abord de parler de Lauréa et j'ai envie de vous laisser l'imaginer comme vous voulez. Je ne veux casser le mythe de personne donc je ne vais coller aucun visage officiel sur elle :p.
Pour Taylor (attention imagination de ma part) : Taylor Lautner.
Cooper (mentor du Deux) : Colton Haynes
Ruby (mentor du Un): Emily Bett Rickards (faut lui rajouter des mèches rouges)
Wind (mentor du Cinq): Ashley Greene
Light (mentor du Un) : Lucas Till
C'est tout pour cette fois.
J'attends vos réactions sur ce chapitre avec impatience.
Passez une bonne soirée, à très vite.
